Slow Joe dans la peau

Street Art | Le visage de Slow Joe, figure du quartier, orne désormais l'un des murs de la mairie du 1er grâce à Don Mateo.

Louis Beaufort | Mardi 4 avril 2017

Photo : © Louis Beaufort


En février dernier, se découvrait l'ultime album de Slow Joe and The Ginger Accident : Let Me Be Gone. Une dizaine de titres envoûtants et brumeux, servis par la voix lourde et rocailleuse de Slow Joe, crooner indien de naissance et lyonnais d'adoption. Quasiment un an après le décès de ce dernier, une soirée en son hommage se tiendra au Club Transbo, le 13 avril prochain, afin de célébrer l'homme comme le dernier opus du groupe, en compagnie du Ginger Accident.

Lorsque Slow Joe était encore dans les parages, il était fréquent de le croiser en terrasse place Sathonay, en train de griffonner l'un de ses nombreux carnets ou discutant avec les commerçants du coin. C'est sous forme de clin d'œil et afin de prolonger cette présence dans le quartier que Jean-Pierre "JiPé" Bouchard, 3e adjoint au maire du 1er arrondissement, a eu l'idée de "tatouer" Slow Joe sur les murs de la mairie.

Pour réaliser ce projet, il a fait appel à un autre habitué des pentes de la Croix-Rousse, le peintre Don Mateo, artiste prolifique et adepte des collages-pochoirs sauvages depuis 2010. Cette fois-ci, c'est sous forme de peinture qu'il a œuvré avec un portrait sobre et tarantinesque de Slow Joe, lunettes de soleil vissées sur le nez et regard tourné vers le ciel. Une image qui correspond bien au chanteur : à la fois incontournable et discret.

Prochainement, ce sera au tour d'Hubert "Cleet Boris" Mounier, chanteur emblématique de L'Affaire Louis Trio, de se rappeler au bon souvenir des Lyonnais. Une peinture-hommage qui se situera place Chazette, juste à côté du tunnel de la Croix-Rousse et non loin du studio où L'Affaire avait l'habitude de répéter tout comme… Slow Joe, encore quelques mois auparavant.

The Ginger Accident
Au Club Transbo le jeudi 13 avril


Slow Joe and the Ginger accident

Hommage au chanteur
Fnac Bellecour 85 rue de la République Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Big Ben ouvre une galerie à Vaise

Street Art | Si la rue est le terrain de jeu où le street artiste Big Ben a fait ses gammes, c’est en intérieur que se joue sa nouvelle partition avec l’ouverture de The Big Ben Art Show à Vaise.

Sarah Fouassier | Mardi 10 septembre 2019

Big Ben ouvre une galerie à Vaise

L’atelier galerie de Big Ben, qui a ouvert ses portes en juillet, accueille sa seconde exposition dans un lieu imaginé par l’artiste comme une galerie « équitable dont le but est de donner un point d’exposition et de vente aux artistes pour les aider à vivre de leur art. Je veux réduire au maximum les frais des artistes tout en proposant des œuvres à petits prix. » En se localisant Grande rue de Vaise, Big Ben introduit la préoccupation artistique dans une aire en mutation dont l’unique souci est de commercer des biens communs destinés aux habitants du quartier. « Les voisins sont contents d’avoir de l’art ici. Cette implantation, je la perçois comme un acte militant dans un quartier à la population mélangée où l’on ne vient pas forcément. J’ai envie que les gens se déplacent ici. » Si aller à Vaise n’est pas encore dans les habitudes des habitants des autres arrondissements, Big Ben compte bien nous y attirer en exposant autant

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One, two... street art ! on compte sur les kids

Street Art | Initier les enfants à cet art manuel, coloré et funky, en voilà une bonne idée. Ceux qui ont vu les kids s’éclater avec les bombes lors des ateliers au Trublyon Festival en septembre savent de quoi on parle. Les autres, vous allez le découvrir.

Lisa Dumoulin | Mardi 24 octobre 2017

One, two... street art ! on compte sur les kids

Que celui qui n’a jamais rêvé de dessiner sur les murs de sa chambre d’enfant jette le premier feutre ! Organisée par l’association Little Beaux Arts avec l’aide du Musée en Herbe (le premier musée pour enfant en France, spécialiste de la médiation culturelle pour kids), l’exposition One, two... street art ! souhaite initier et sensibiliser le jeune public, dès trois ans, au street art. Avec un parcours pédagogique et ludique, accompagné d’un livret-jeu et ponctué d’activités. L’idée est de leur faire découvrir l’art et la discipline, en commençant par... le commencement. Les bases sont solides, notamment grâce aux artistes, galeries et collectionneurs privés qui ont apporté leurs pierres à l’édifice pour présenter des œuvres historiques et fondatrices. Banksy, Shepard Fairey, Villeglé, JonOne, Miss Tic, C215, Invader, Speedy Graphito, RERO, Cope2… Tous sont représentés afin de donner aux jeunes visiteurs un aperçu bien construit de ce mouvement artistique vivant et contemporain. Fluo kids On découvre ensuite une série d’œuvres inédites en très grand format et réalisées spécialement pour l'événement par une dizaine d’artistes français : C

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Des gouzous à la Croix-Rousse

Street Art | En before de l’exposition Wall drawings. Icônes urbaines, qui s’ouvrira au MAC le 30 septembre prochain, l’association Troi3 et l'artiste Cart'1 (...)

Sébastien Broquet | Mardi 20 septembre 2016

Des gouzous à la Croix-Rousse

En before de l’exposition Wall drawings. Icônes urbaines, qui s’ouvrira au MAC le 30 septembre prochain, l’association Troi3 et l'artiste Cart'1 nous convient à passer un dimanche coloré, bien loin de la grisaille. Sept street artistes venus du monde entier se partageront les murs du collège Maurice-Scève (8 rue Louis Thévenet dans le 4e) toute la journée en mode festif : à commencer par le grand Jace venu de La Réunion, papa des célèbres gouzous, mais aussi le Mexicain Saner, le Chinois Wenna, Teck (Ukraine), Seth Land (Julien "Seth" Malland - Les Nouveaux Explorateurs) et deux autres Réunionnais qui montent, Kid Kréol & Boogie. En prime, quatre locaux qui comptent : Cart'1 lui-même, mais aussi Brusk, Pec et Don Mateo. Il y aura des DJs pour assurer l'ambiance (Boolimix, Chylorama...) ; mais aussi des transats et des huitres. Bref, on voit mal pourquoi aller passer son dimanche ailleurs.

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Jusqu'au bout, art de rue

Street Art | « Gloire à l'art de rue, jusqu'au bout art de rue » : c'est par ces premiers mots en 2001 que la Fonky Family rendait hommage aux activistes de l'art (...)

Louis Beaufort | Vendredi 16 septembre 2016

Jusqu'au bout, art de rue

« Gloire à l'art de rue, jusqu'au bout art de rue » : c'est par ces premiers mots en 2001 que la Fonky Family rendait hommage aux activistes de l'art urbain. Depuis des décennies, la rue a toujours été un support privilégié pour quiconque voudrait partager, se faire entendre et fédérer. C'est avec cette volonté que le festival Graff-ik’ Art lancera sa 4e édition du 17 septembre au 1er octobre, sur le thème : L’Art de transmettre ?. Un rassemblement sur plusieurs journées, centré sur les arts urbains (graphiques, musicaux et chorégraphiques), des performances live et des ateliers d’initiation collaboratifs. En parallèle et toujours avec la même assiduité, différentes galeries continueront de promouvoir les valeurs généalogiques du street art. L'occasion de réfléchir sur la thématique de L’art Engagé chez Spacejunk avec une sélection de six artistes (re)connus pour leurs démarches humanistes et sociales :

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So Long, Slow Joe

Rock | C'est un communiqué de son ami, découvreur, mentor et guitariste Cédric De la Chapelle qui a annoncé la nouvelle. Slow Joe, chanteur de Slow Joe & the Ginger Accident, s'en est allé dans la nuit de dimanche à lundi. À Lyon depuis une dizaine d'années pour y vivre une carrière aussi tardive que spectaculaire, Joseph Manuel Rocha, avait passé plus de 60 ans dans son Inde natale. Il était pourtant sans doute l'un de nos rockers les plus lyonnais. Une figure familière et singulière, sympathique autant qu'énigmatique qui manquera beaucoup à ceux qui l'ont croisé, vu et surtout écouté chanter.

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 mai 2016

So Long, Slow Joe

Il y a un vrai-faux dicton qui dit que, pour un Lyonnais, « est lyonnais toute personne ayant posé au moins une fois le pied sur le quai de le gare de Perrache. » Ceci valant particulièrement quand on est une personne célèbre, un artiste ou quelqu'un qui a réussi. Joseph Manuel Rocha était les trois. Et il était Lyonnais bien qu'ayant passé plus de 60 années en Inde à vivre mille vies, pas toujours rose. Il était Lyonnais, car il a vécu la dernière de ses mille vies à Lyon — dans les environs de la place Sathonay où il décédé dans la nuit de dimanche à lundi. Cette vie là a commencé quand le musicien Cédric de La Chapelle a repéré ce vieil homme à la voix de crooner sur une plage de Goa et décidé de l'emmener dans ses bagages, donnant par là-même naissance à Slow Joe (le surnom de Joseph) & the Ginger Accident. Une carrière débutée à 64 ans, des tas de concerts, un buzz médiatique important porté par cette belle histoire et le résultat musical de cette rencontre accidentelle qui accouchera aussi de deux albums, Sunny Side Up et Lost for love (le troisième était, selon Cédric De la Chapelle, en cours de finalisation et sera posthume).

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Cleet Boris, chanteur de l'Affaire Louis' Trio, est décédé

MUSIQUES | Cleet Boris, chanteur de L'Affaire Louis' Trio, est décédé ce jour à l'âge de 53 ans, des suites d'une rupture aortique foudroyante. C'est son ami Benjamin (...)

Sébastien Broquet | Lundi 2 mai 2016

Cleet Boris, chanteur de l'Affaire Louis' Trio, est décédé

Cleet Boris, chanteur de L'Affaire Louis' Trio, est décédé ce jour à l'âge de 53 ans, des suites d'une rupture aortique foudroyante. C'est son ami Benjamin Biolay qui a annoncé la nouvelle sur son compte Instagram, confirmée par son éditeur : « Les éditions Dupuis ont la douleur de vous faire part de la disparition d’Hubert Mounier ce matin, 2 mai 2016. » Hubert Mounier de son vrai nom était né à Lyon en 1962 et avait fondé le groupe de pop L'Affaire Louis' Trio vingt ans plus tard. Le groupe connaîtra le succès en 1987, avec le titre Chic Planète. Depuis, toujours sous son pseudonyme de Cleet Boris, il avait publié plusieurs bandes dessinées, dont le premier, J’ai réussi, était paru en 1985. La pochette de l'album de Chic Planète était dessinée par son ami dessinateur, Yves Chaland. Son éditeur précise dans un communiqué : « En 2011, les éditions Dupuis parvenaient enfin à le faire revenir à sa table à dessin avec La maison de pain d’épices, un récit autobiographique racontant au jour le jour les affres de la création musicale du disque éponyme. Depuis, Hubert travaillait sur un immense p

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Lyon's Club

MUSIQUES | Qu'elle soit un concept fumeux ou pas, la scène musicale lyonnaise est là et bien là. La preuve avec ce petit passage en revue – non exhaustif – d'un automne rock'n'gone. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 23 septembre 2014

Lyon's Club

Lors d'une discussion en ligne portant sur les coiffeurs, leurs pronostics de football et l'Olympique de Marseille, un grand connaisseur du rock et de bien d'autres choses nous lâcha, magie d'un fil de discussion : «le concept de groupes lyonnais, well... ». Certes, toute personne rejetant l'idée que l'on puisse être Lyonnais juste «parce qu'on a fait sécher ses chaussettes une fois à Lyon», comme nous l'a récemment exposé notre critique cinéma maison, souscrira sans mal à cette réflexion. Mais on ne va pas faire comme si "ces gens-là" n'existaient pas puisqu'ils ne cessent de nous prouver le contraire. Telle Billie, qui nous prépare quelques remixes des titres de son album Le Baiser. L'excellent album de Denis Rivet – ex-King Kong Vahiné pour les intimes – est à venir, lui, le 30 octobre, et Denis jouera un peu partout pendant cet automne à commencer par ce même jour, le

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Un Indien dans la ville

MUSIQUES | Fort d'un premier album chaudard baptisé "Sunny Side Up", Slow Joe & the Ginger Accident, mariage d'un lapin lyonnais et d'une carpe indienne, vient démontrer sur la scène du festival Plug & Play que derrière la belle histoire, il y a des talents dont il aurait été ballot que le destin ne les réunisse pas. Présentation de l'artiste, du festival et interview d'un autre de ses invités. Textes et entretien : Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 6 janvier 2012

Un Indien dans la ville

Il y a quelques années nous avions rencontré, à l'occasion d'un dossier du Petit Bulletin consacrée aux lauréats du regretté tremplin Dandelyon (parmi lesquels on trouvait également Coming Soon) un certain Cédric de la Chapelle. Cédric était alors le leader enflammé et roux de S., un groupe de rock français particulièrement hardcore et assez génial qui, s'il avait percé, aurait probablement rendu fou plus d'un référenceur Google. Plus calme à la ville, Cédric, qui nous avait reçu chez lui à la coule du côté de la place Sathonay, était alors prof de maths et, entre deux roulages de clopes et deux bières, ne semblait pas imaginer une seconde être un jour happé par le succès, cette Money Mama («Money talks, bullshit walks») chantée par Slow Joe & the Ginger Accident, le groupe dont il est aujourd'hui l'instigateur. Dartford indien Car entre temps, on connaît l'histoire, Cédric de la Chapelle est allé traîner son short de bain en 2007 sur une plage de Goa et comme dans un récit du Perceval de Kaamelott, y a croisé un vieux. Dans Kaamelott, c'est là que les choses auraient pris fin (le vieux serait mort ou quelque chose comme

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Hubert Mounier

MUSIQUES | Hubert MounierAprès un retour discographique (et graphique) remarqué (voir PB n°615), avec sa double (disque + BD) Maison de Pain d'Épice, Hubert (...)

Dorotée Aznar | Mardi 14 juin 2011

Hubert Mounier

Hubert MounierAprès un retour discographique (et graphique) remarqué (voir PB n°615), avec sa double (disque + BD) Maison de Pain d'Épice, Hubert Mounier/Cleet Boris retrouve cette fois la scène jeudi 16 juin au Transbordeur. Un retour aussi attendu par le musicien que par le public. Quant à ceux qui ont raté la récente exposition lyonnaise de ses plus belles planches à l'A.del Galerie ils pourront se rattraper avec une reprise de l'expo jusqu'au lundi 27 juin, au même endroit (33, rue Auguste Comte). Et même une dédicace samedi 18 et dimanche 19 juin dans le cadre de Lyon BD festival au Palais du commerce.Un accueil digne de ce grand monsieur. SD

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In BD with Mounier

ARTS | BD / Comme Fabio Viscogliosi ou Kent, Hubert Mounier/Cleet Boris fait partie de ces Lyonnais qui n'ont jamais vraiment choisi entre la BD et le rock. (...)

Dorotée Aznar | Lundi 28 mars 2011

In BD with Mounier

BD / Comme Fabio Viscogliosi ou Kent, Hubert Mounier/Cleet Boris fait partie de ces Lyonnais qui n'ont jamais vraiment choisi entre la BD et le rock. Sans doute parce que, pour cette génération, la double culture était une évidence. À cet égard, ses premières publications dans la revue lyonnaise Rock & BD à la fin des années 70 étaient plutôt prémonitoires. Cette fois, Cleet Boris a donc suivi pendant plusieurs années les pérégrinations de son Docteur Frankenstein, Hubert Mounier, dans les affres de la création, de la dépression, du sevrage (alcool et cigarette). Puis de la confiance retrouvée. Dans les coulisses de la genèse du disque La Maison de Pain d'Épice, Boris porte sur Mounier un regard et un trait «ligne claire» sans concession, ni auto complaisance, ramenant l'acte de création à ce qu'il est : un petit tas de doutes et de tâtonnements au beau milieu de la vie de tous les jours. Dans ce récit, l'auteur glisse même beaucoup d'autodérision et d'humour, notamment dans la description de l'amitié pleine de franchise qui unit Hubert Mounier et Benjamin Biolay (un vrai personnage de BD), chacun étant à la fois le disciple et le mentor de l'autre. Si ce Journal d'un disque n'est

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La Maison du Bonheur

MUSIQUES | Album / Sur "Sans Nouvelles", qui clôt quasiment "La Maison de Pain d'Épice", Hubert Mounier chante : «je suis heureux comme avant/Heureux comme un vieux (...)

Dorotée Aznar | Lundi 28 mars 2011

La Maison du Bonheur

Album / Sur "Sans Nouvelles", qui clôt quasiment "La Maison de Pain d'Épice", Hubert Mounier chante : «je suis heureux comme avant/Heureux comme un vieux disque à tourner sans fin/À chanter toujours le même refrain». Celui qui, avec l'Affaire Louis Trio, contait "L'Homme aux Mille Vies" semble en avoir vécu quelques-unes. Et au bout s'être retrouvé. Car si "La Maison de Pain d'Épice" est le quatrième album solo d'Hubert Mounier, on pourrait croire que c'est le premier. Le précédent, "Affaire Classée", était, il est vrai, un album de reprises (magnifiques) de l'Affaire Louis Trio. Et sur les deux premiers, "Le Grand Huit" et "Voyager Léger", planait l'ombre envahissante de Benjamin Biolay, béquille amicale d'un auteur-compositeur décomposé. Vieilli, usé, fatigué, Mounier mais conscient aujourd'hui que «malgré la menace de n'être nulle part à sa place (…) il faut bien voir le monde en face et profiter du jour qui passe», comme il le rime sur "Fatalitas", l'un des tubes en puissance d'un disque qui en compte de nombreux. Réenchanté par une vie privée épanouie et une paternité inespérée, «lâché» par un Benjamin Biolay trop pris par sa carrière, Mounier a pris le taureau par les cornes

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Double Je

MUSIQUES | Entretien / Hubert Mounier. Réconcilié avec son double Cleet Boris, l'ancien chanteur de l'Affaire Louis Trio revient en force avec un double projet baptisé La Maison de Pain d'Épice : soit un disque, signé Hubert Mounier, et la BD qui en conte la genèse via Cleet Boris. Avec pour fêter ça, une exposition lyonnaise aux accents pop. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Lundi 28 mars 2011

Double Je

Petit Bulletin : Une exposition Cleet Boris/Hubert Mounier, c'est une première, non ? Hubert Mounier : Complètement. Je raconte des histoires et je m'efforce de faire des bouquins qui aient de l'intérêt quand on les achète, mais je ne me suis jamais considéré comme un grand dessinateur. Alors exposer, cela me paraissait tout de suite un peu prétentieux mais j'ai fini par me laisser convaincre. Avec La Maison de Pain d'Épice, le disque et la BD, c'est aussi la première fois que vos deux activités principales, la BD et la musique, se rejoignent en un projet commun. Cela a-t-il une saveur particulière ? Oui, même si j'avais déjà mis en scène l'Affaire Louis Trio en BD. Mais c'est la première fois que mon double Cleet Boris raconte la vraie vie d'Hubert Mounier. J'avoue que, de moi-même, je n'y aurais pas pensé. Mais quand Dupuis me l'a demandé, l'occasion était trop belle pour que je ne tente pas de réunir mes deux passions. C'est encore une manière pour Cleet Boris de rattraper Hubert Mounier par le col...Si la BD est signée Cleet Boris c'est surtout par pudeur car jamais je n'avais été aussi exposé. Dans mes chansons, j'arrive toujours à év

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Éloge de la lenteur

MUSIQUES | Musique / S’il n’y a plus d’âge pour partir à la retraite, il n’y a pas d’âge non plus pour en revenir. Slow Joe, 67 ans, en est sans doute l’exemple le (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 5 mars 2010

Éloge de la lenteur

Musique / S’il n’y a plus d’âge pour partir à la retraite, il n’y a pas d’âge non plus pour en revenir. Slow Joe, 67 ans, en est sans doute l’exemple le plus criant. Des années que cet Indien né à Bombay vivait paisiblement à Goa au rythme, lent donc, du soleil et des petits boulots. Au rythme aussi des chansons qu’il interprétait pour son plaisir depuis des décennies. C’est au cours d’un voyage sur place que le musicien lyonnais Cédric de la Chapelle rencontre Joe le lent, tombe en arrêt devant son talent sexagénaire et l’enregistre a capella. De retour à Lyon, il compose la musique qui lui semble aller avec et deux ans plus tard, Slow Joe estomaque en improbable découverte des Transmusicales, accompagné d’un groupe mis au point par Cédric, The Ginger Accident. Entre album à venir et documentaire en préparation, le conte de fée est tel qu’on se pince presque pour y croire. Mais au-delà, il y a la musique. Et le fait est que, tout en ne gâtant pas l’histoire, elle se suffit à elle-même : Slow Joe chante comme Elvis soudainement téléporté dans le corps d’un Sammy Davis Jr croisé Gandhi. Pour Cédric de la Chapelle, même si l’intention n’était pas là c’est aussi l’occasion de prouv

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