Chacun sa nuit
de Jean-Marc Barr et Pascal Arnold (Fr, 1h40) avec Lizzie Brocheré, Arthur Dupont...
Devant la déroute absolue que constitue ce quatrième film du tandem Barr/Arnold, on ne peut que tenter quelques commentaires apaisés. Parlons donc de direction artistique : quand la lumière tombe n'importe où, que les décors sont meublés à la sauvette avec des éléments d'une laideur médusante, que le cadreur, par ailleurs incapable de poser la caméra sur pied même dans les plans fixes, ne cherche surtout pas à les dissimuler, il y a un gros problème, puisqu'on ne peut même plus regarder l'écran. Alors, du coup, les dialogues ineptes, le scénario indigne - tout au plus tombe-t-on au niveau d'un pauvre porno, puisqu'il ne sert que de sauce froide entre les scènes de cul, une toutes les dix minutes - les acteurs épouvantables, les a-t-on vraiment vus ? Par contre, ce que l'on constate avec certitude, c'est à quel point le cinéma français est incapable actuellement de parler une langue commune à tous ses cinéastes, chacun œuvrant dans son coin en ne cherchant surtout pas à regarder ce que font ses confrères. Preuve d'une diversité salutaire après des années de conformisme ? Disons plutôt grand désarroi d'une production trop orgueilleuse pour voir que sans ce socle commun, une tour de Babel n'érige pas de grands artistes, mais s'enfonce chaque semaine un peu plus dans le chaos.CC