Des palaces thermaux au pavillon Expo 67 : quand le casino raconte une histoire d'architecture
Direction Divonne-les-Bains, à 1h30 de Lyon. Ici, le Casino éponyme a rouvert le 8 novembre 2024 après deux ans de chantier. Le bâtiment Art déco de 1954 rappelle qu'en France comme ailleurs, les salles de jeu relèvent autant du patrimoine bâti que du loisir. À l'autre bout du globe : même logique à Montréal où le plus grand casino du Canada occupe l'ancien pavillon français de l'Expo 67. Un bâtiment signé par un architecte parisien.Le grand public associe les casinos aux machines à sous. Les historiens de l'architecture, eux, y voient autre chose : des commandes publiques ambitieuses, souvent adossées à une station thermale, un festival ou une exposition universelle. La France en compte 202 aujourd'hui, pour un produit brut des jeux de 2, 72 milliards d'euros en 2024 selon le cabinet Xerfi. Un marché stable, dominé par les groupes Barrière et Partouche. Mais surtout un parc immobilier que l'on visite parfois comme un musée. Suivez le guide de Lyon à Montréal en passant par le Québec.
Divonne, l'Art déco restauré à la lettre
Le Casino de Divonne, exploité par Partouche, a ouvert en 1954 sous l'impulsion de Marcel Anthonioz, alors maire de la ville thermale. Deux ans de travaux viennent de s'achever. Le groupe assume un parti pris clair : moderniser sans trahir. Restaurant La Coupole inspiré de l'Art déco, lames de lumière, matières sobres et palette de teintes chaudes. L'ensemble revendique l'héritage du bâtiment d'origine, dans une commune de l'Ain classée station thermale depuis 1923, à quinze minutes de Genève. Divonne fait figure de cas d'école. La plupart des grands casinos français ont suivi la même trajectoire : un essor lié aux eaux, une architecture soignée, puis des rénovations qui respectent la silhouette initiale.
Un héritage qui dépasse les frontières
La France n'a pas le monopole de ce patrimoine. D'autres pays ont fait le même choix : transformer des bâtiments historiques en salles de jeu gérées par l'État. Le Canada en offre l'exemple le plus abouti. En effet, la province de Québec opère ses casinos via Loto-Québec, une société d'État fondée en 1969. Le jeu en ligne s'est ajouté plus tard à cet écosystème, avec des règles qui varient d'une province à l'autre. Pour s'y retrouver, les joueurs canadiens consultent des plateformes spécialisées comme casino.ca, qui compare l'offre du casino en ligne disponibles au pays, détaille les bonus et rappelle le cadre légal applicable. Le cas de Montréal, quant à lui, illustre autre chose : ce que devient un bâtiment mythique une fois que l'événement qui l'a fait naître s'achève.
Quand l'Expo 67 devient salle de jeu au Canada
En 1967, Montréal accueille l'Exposition universelle pour le centenaire du Canada. Plus de 50 millions de visiteurs parcourent les 90 pavillons installés sur l'île Notre-Dame, île artificielle créée à partir des terres excavées du métro montréalais. Le pavillon de la France, le plus vaste de l'expo avec ses 250 000 pieds carrés, sort de terre en 1966. Il est signé par l'architecte français Jean Faugeron et ses confrères québécois d'André Blouin Architectes. Coût de construction à l'époque : 4, 5 millions de dollars. Huit étages, structure en béton et acier, enveloppe rythmée par des lames brise-soleil en aluminium qui ont fait la réputation du bâtiment.
Puis l'Expo s'achève. Les pavillons tombent un à un. Celui de la France survit, transformé tour à tour en salle d'exposition, puis en Palais de la Civilisation. En 1992, Loto-Québec retient le site pour accueillir le premier casino d'État de la province. Les travaux durent dix mois. Le Casino de Montréal ouvre le 9 octobre 1993, presque sous une pluie battante. L'architecte Bruce Allan, chargé de la conversion, racontera plus tard que les lames d'aluminium rappelaient des cartes déposées en éventail sur une table de jeu. Le bâtiment aura trouvé sa seconde vie.
Vingt ans après, une nouvelle extension absorbe l'ancien pavillon du Québec, conçu en 1967 par l'architecte suisse Gustave Maeder. Le chantier dure quatre ans, coûte 300 millions de dollars, et remporte plusieurs prix d'architecture intérieure en 2014. L'ensemble accueille aujourd'hui six étages, plus de 3 000 machines et environ 80 tables. Le Cabaret du Casino, salle de 500 places, programme des spectacles toute l'année. Six millions de visiteurs fréquentent le site chaque année selon Loto-Québec.
À Lyon aussi, l'Art déco se raconte
Pas besoin de traverser l'océan pour lire cette histoire. Le quartier des Gratte-ciel de Villeurbanne, inauguré en 1934 sous la houlette du maire Lazare Goujon, reste un manifeste Art déco à ciel ouvert, avec son hôtel de ville, son palais du travail devenu TNP et sa piscine toujours en service.
De leur côté, le théâtre de la Croix-Rousse et la Bourse du travail complètent un héritage que les Journées européennes du patrimoine remettent chaque septembre en lumière. Dans ce paysage, Divonne et Montréal racontent la même chose : un bâtiment n'a pas qu'une vocation. Il en a plusieurs et les plus belles réutilisations sont souvent celles qu'on n'avait pas prévues.
