Dans le rétro-liseur

CONNAITRE | En attendant la rentrée et son avalanche de parutions, voici une sélection non exhaustive de livres ayant marqué l’année. Et donc, à emporter durant les vacances. Gaël Dadies

Aurélien Martinez | Lundi 16 juillet 2012

Photo : Skyline-Photo


Sur la route ; le rouleau original, Jack Kerouac (Folio) : à lire d'urgence plutôt que d'aller voir la version cinématographique décevante. Le roman clé et fondateur de la Beat Generation enfin publié dans toute sa folie. 

MetaMaus, Art Spiegelman (Flammarion) : Superbe livre illustré dans lequel, vingt-cinq ans après la publication de Maus, Art Spiegelman revient sur le processus de création et l'élaboration de cette œuvre majeure, prix Pulitzer 1992.   

Mr Peanut, Adam Ross (10/18) : Malgré tout l'amour qu'il porte à sa femme Alice, David ne peut s'empêcher de rêver de la mort de celle-ci. Jusqu'au jour où Alice est retrouvée morte. Et pour de bon. D'une puissance narrative imparable et construit autour d'une enquête policière, ce roman dissèque les déchirements de couples poussés dans leurs retranchements.

Avant d'aller dormir, S. J. Watson (Sonatine) : Devenue amnésique après un accident de voiture, Christine consigne la trace de ses souvenirs et de ses journées dans son journal pour ne pas les oublier le lendemain. Jusqu'à ce qu'elle découvre sa véritable histoire. Un suspens habilement distillé dans ce thriller sur la construction de notre identité par nos souvenirs et qui  se dévore de bout en bout.    

Une femme avec personne dedans, Chloé Delaume (Seuil) : Après le suicide d'une lectrice, l'auteur revient, par une trituration du langage, sur des épisodes de sa vie. Il y est question d'amour, de souffrance, de ménage à trois mais surtout de la tentative pour remplir le vide de ce corps qu'elle occupe. Un petit traité d'apocalypse de poche.

Le système Victoria, Eric Reinhardt (Stock) : Brillant roman où, à travers la liaison passionnelle de David et Victoria, Reinhardt décrypte les rouages de l'univers libéral et du capitalisme financier. Un livre haletant aux scènes d'amour très bien écrites. L'été sera chaud !

Les Hommes qui me parlent, Ananda Devi (Gallimard) : Évocation poétique de la difficulté d'exister en tant que femme aussi bien dans la vie qu'en littérature. Premier récit autobiographique et portrait tout en finesse de cette femme qui revient sur son parcours à travers les figures masculines qui la hantent.

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"Songe d'une nuit grenobloise" : cartographie onirique avec Chloé Delaume

CONNAITRE | Adepte des collaborations indisciplinées favorables à l’émancipation des formes artistiques et artiste associée au Magasin des Horizons, l’autrice Chloé Delaume (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 4 décembre 2018

Adepte des collaborations indisciplinées favorables à l’émancipation des formes artistiques et artiste associée au Magasin des Horizons, l’autrice Chloé Delaume expérimente des moments d'expérience collective autour de l'écriture afin d'en élargir les horizons. C'est à deux de ces moments que nous pourrons assister et/ou participer dans les jours qui viennent. Tout commencera jeudi 6 décembre à 19h à la Bobine où les étudiants et étudiantes du master création de l'Université Grenoble Alpes et l'association étudiante Kiffer la Prose proposeront une série de lectures performées encadrées par l'artiste. Puis, le lendemain, rendez-vous à 19h30 à la librairie les Modernes où tout un chacun est invité à participer à un atelier d'écriture dans le cadre d'un projet fascinant intitulé Dream Operator et visant à recenser les rêves des Grenoblois. Peut-on cartographier l'inconscient d'une ville ? L'urbanisme est-il soluble dans l'onirisme ? Sommes-nous libres quand nous rêvons ? Voici quelques questions que soulève cette aventure que Chloé Delaume compte mener jusqu'en 2021. Avec un peu de chance, on y trouvera des idées pour un prochain budget participa

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"La Chambre des époux" : l’amour et la violence (de la maladie) par Éric Reinhardt

Lecture musicale | L'auteur français proposera samedi 16 décembre au Théâtre municipal de Grenoble une lecture musicale à trois voix de son dernier roman.

Aurélien Martinez | Mardi 12 décembre 2017

Publié lors de la dernière rentrée littéraire, La Chambre des époux d'Éric Reinhardt est un roman aussi bien agaçant que captivant, l’auteur français démultipliant les formes de son récit jusqu’à l’excès. Pourtant, son sujet contient dejà en lui-même un potentiel dramatique fort. « Nicolas est compositeur de musique. Un jour, sa femme Mathilde apprend qu’elle est atteinte d’un grave cancer du sein qui nécessite une intense chimiothérapie. Alors que Nicolas s’apprête à laisser son travail en plan pour s’occuper d’elle, Mathilde l’exhorte à terminer la symphonie qu’il a commencée. » D’où des scènes poignantes, notamment celles en Italie en fin de texte, mais parasitées par la mise à distance faussement sarcastique de l’auteur qui, des pages durant, se met également en scène – il est passé par la même épreuve avec sa femme lorsqu’il écrivait Cendrillon. À voir donc sur quelles parties de ce roman puzzle il s’attardera lors de la lecture qu’il propose, à l’invitation des bibliothèques de Grenoble, en compagnie de la fascinante comédienne Mélodie Richard (que l’on avait mise en une du PB en 2014 lors de son passag

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Huit auteurs à découvrir au Printemps du Livre de Grenoble

Littérature | C’est parti pour la nouvelle édition du fameux Printemps du Livre qui, du mercredi 5 au dimanche 9 avril, investira plusieurs lieux de Grenoble et de l’agglo (dont, trois jours durant, le Musée de Grenoble et ses nombreux espaces) pour des rencontres avec des romanciers, des conférences, des spectacles, des expositions… Afin de profiter au mieux de cette émulation littéraire, on a sélectionné huit auteurs à découvrir. Suivez-nous.

La rédaction | Mardi 4 avril 2017

Huit auteurs à découvrir au Printemps du Livre de Grenoble

Jonathan Coe S'il fallait définir la quintessence de l'écrivain anglais – anglais et non britannique –, celle-ci tiendrait en deux mots : « Jonathan Coe ». Dieu sait s'il y a de la concurrence dans l'Angleterre des lettres, de Julian Barnes à Nick Hornby en passant par Martin Amis et Will Self, mais Coe c'est autre chose. À vrai dire, il partage avec chacun d'eux des traits communs, mais il est le seul à les réunir tous. Lui seul parvient, de Testament à l'Anglaise jusqu'à aujourd'hui sa presque suite Numéro 11 (un roman à sketches auscultant la période Blair-Cameron), à rendre universelles les problématiques et caractéristiques de son pays. Portant ainsi à un tel degré sur l'Angleterre un regard acéré tout en étant doux, amer mais empreint d'un humour so british plein d'autodérision et de charme. SD À la bibliothèque Aragon (Pont-de-Claix) vendredi à 19h (rencontre) Au Musée de Grenoble samedi à 15h30 (rencontre) et dimanche à 11h (lecture) ________ Céline Minard L’auteure française Céline Minard clive, entre admirateurs de son monde radical et lect

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Éric Reinhardt et la femme d’à côté

CONNAITRE | Il y a du Flaubert dans L’Amour et les forêts, nouveau roman d’Éric Reinhardt qui fait suite à quelques hits de la littérature des années 2000 – Le Moral des (...)

Aurélien Martinez | Mardi 2 décembre 2014

Éric Reinhardt et la femme d’à côté

Il y a du Flaubert dans L’Amour et les forêts, nouveau roman d’Éric Reinhardt qui fait suite à quelques hits de la littérature des années 2000 – Le Moral des ménages (2001), Cendrillon (2007) ou encore Le Système Victoria (2011). Du Flaubert surtout en Bénédicte Ombredanne, Madame Bovary moderne qui se présente un jour à l’auteur dans une lettre qui le touchera, expliquant avoir été bouleversée par Cendrillon. Puis elle se confiera davantage, évoquant un mari qui la harcèle et l’empêche de vivre. Avec l’espoir que le pouvoir des mots l’aidera. Éric Reinhardt, après une introduction à la première personne détaillant la rencontre avec cette fameuse Bénédicte Ombredanne (une fiction nourrie à la réalité), déploie alors un récit tout sauf linéaire et attendu, offrant son héroïne une résonnance forte. Car l’écrivain sait ausculter notre monde contemporain avec recul et finesse, en délaissant cette fois-ci la société dans son ensemble (le libéralisme débridé du Système Victoria par exemple) pour se concentrer sur les affres de l’intime, en convoquant un certain romantisme très actuel dans le style. Et offre en filigrane un

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Itinérances

ARTS | Fortement marqué par les différentes formes de contre-culture apparues et développées dans les années 50, 60 et 70 (musiques underground, films expérimentaux, (...)

Damien Grimbert | Mardi 13 mai 2014

Itinérances

Fortement marqué par les différentes formes de contre-culture apparues et développées dans les années 50, 60 et 70 (musiques underground, films expérimentaux, graphisme DIY, cinéma bis…), Arnaud Maguet en interroge dans son travail les grands mythes fondateurs et leur place dans notre mémoire collective. Il n’est donc guère surprenant de le retrouver à l’œuvre derrière cette exposition construite autour des thèmes du voyage, de l’errance et de la route, qui réunit des pièces conçues entre 2006 et 2013 (en solo ou en collaboration avec l’artiste Olivier Millagou), mais également créées spécialement pour l’occasion comme le dispositif d’écoute La Voix de la Route, qui rassemble un disque vinyle enregistré par son ami Fred Bigot lors d’un voyage itinérant de trois mois en voiture au cœur des États-Unis et un poster tiré d’une photo prise par l’artiste dans le désert de Californie. Le spectre de Jack Kerouac et la mythologie des road-movies américains ne sont pour autant pas les seuls convoqués, comme en témoignent l’installation Yokohama mon amour, inspirée par les constructions sur pilotis de la ville portuaire de Yokohama au Japon, ou les photogr

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"Sur la route" : Antoine Rigot, on the road again

Cirque | Avec "Sur la route", Antoine Rigot a élaboré un spectacle d’une très grande force basé sur sa propre histoire de funambule accidenté. Rencontre.

Aurélien Martinez | Jeudi 23 décembre 2010

On peut voir ce spectacle comme le résultat d’un long processus d’adaptation à un corps nouveau, qui ne répond plus comme avant… Antoine Rigot : Après l’accident [il a été victime en 2000 d’une chute qui l’a paralysé, NdlR], j’ai eu le sentiment d’avoir tout perdu. Je travaillais physiquement, grâce au langage du corps. Mon travail artistique prenait sens sur le fil, à travers l’acrobatie. Après la chute, il y a donc eu un gros questionnement. D’un certain côté, je me suis senti perdu… Mais ensuite, j’ai rapidement reçu différents soutiens qui m’ont permis de me raccrocher. C’est notamment la jeune génération de circassiens qui est venue vous chercher… Oui, c’était pour Le Fil sous la neige, mon précédent spectacle. Ils m’avaient demandé de transmettre, en tant que concepteur du spectacle. Là, pour Sur la route, je fais les deux, concepteur et interprète, avec ce besoin de me remettre en scène… Remonter sur scène pour la première fois depuis votre accident, en utilisant la métaphore qu’offre Œdipe sur la route, le roman d’Henry Bauchau…

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