Mesrine, l'instinct de mort

ECRANS | de Jean-François Richet (Fr-Canada, 1h53) avec Vincent Cassel, Cécile de France, Gérard Depardieu…

François Cau | Vendredi 17 octobre 2008

Difficile d'évoquer ce premier volet du diptyque Mesrine sans signaler que non seulement sa seconde partie est meilleure, mais qu'elle se passe largement de cette longue introduction. C'est la grande faiblesse de L'Instinct de mort : au bout de deux heures remplies jusqu'à la gueule d'explosions, de péripéties et de suspense, on ne sait toujours rien de Jacques Mesrine, et surtout pas ce que Richet veut raconter du personnage. Ici, c'est plutôt Kill Mesrine : trimballé à coups d'ellipses béantes d'époque en époque, de pays en pays, de genre en genre, Mesrine n'est qu'un pantin, prétexte à un exercice de style assez vain et parfois ridicule. Mesrine fait la guerre d'Algérie, Mesrine en Espagne, Mesrine trouve un Deuxième souffle et enfin, gratinés, Mesrine au Québec et Mesrine en Amérique avec vieil indien et Grand Canyon fordien. N'importe quoi ? Oui, et ce serait ludique si Richet s'avérait aussi inspiré que dans ses précédents films. Mais quand il filme une scène d'évasion comme du Peter Berg avec caméra épileptique et montage illisible, ça sent plus le pop-corn que la mise en scène. Curieuse entrée en matière donc : L'Instinct de mort ne sert à rien mais se regarde sans ennui en tant que film d'action bourrin. Laissons, comme le film, les choses en suspens et attendons le 19 novembre L'Ennemi public n°1 pour tirer des conclusions sur ce Mesrine.
Christophe Chabert

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"L'Empereur de Paris" : Vidocq, retour gagnant

ECRANS | De Jean-François Richet (Fr, 1h50) avec Vincent Cassel, Freya Mavor, Denis Ménochet…

Vincent Raymond | Mardi 18 décembre 2018

Galérien évadé reconverti en marchand, Vidocq (Vincent Cassel) veut prouver au chef de la sûreté non seulement qu’il est innocent des crimes dont on l’accuse, mais aussi que les méthodes de la police sont dépassées. Alors il recrute son équipe de repentis et emplit les prisons à sa façon… Quand le cinéma historique télescope ironiquement l’actualité… Non pas en présentant l’ascension d’un ancien truand vers les sommets du pouvoir, mais en montrant comment l’État sait parfois sinueusement manœuvrer pour garantir son intégrité. Qui mieux que Vidocq peut incarner ce mélange de duplicité talleyrandesque et de méritocratie à la française ? Cette légende dorée du proscrit devenu superflic, usant de la langue et du surin de la canaille pour mieux protéger le bourgeois. Un "bon" voyou, en somme, et donc un parfait personnage pour le réalisateur Jean-François Richet qui s’offre ici une reconstitution épique et soignée remplaçant avantageusement la blague ésotérico-fantastique de Pitoff avec Depardieu (2001), et rappelant la série avec Brasseur. Son film souscrit aux exigences du divertissement, mais magnifie les côtés sombres, les alcôves et le

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