Gaz de France

ECRANS | De et avec Benoît Forgeard (Fr., 1h26) avec Olivier Rabourdin, Philippe Katerine, Alka Balbir…

Vincent Raymond | Mardi 12 janvier 2016

À l'image de son auteur-interprète Benoît Forgeard ou de son comédien principal Philippe Katerine (qui vont jusqu'à l'incarner à la ville dans leur esthétique vestimentaire et leur art de vivre kitsch-vintage), Gaz de France cultive un ton décalé épris de non-sense. Une sorte de burlesque froid et languide, dont les effets comiques naissent d'une improbable combinaison entre l'absurde, le contemplatif et le bavard musical.

Pas tout à fait ratée, ni vraiment réussie, cette farce auteuriste et bariolée empruntant à la politique-(science-)fiction use de diverses stratégies pour compenser un budget qu'on suppose étriqué. Les décors, d'abord, sans doute voulus comme arty, design et épurés ; hélas, ils trahissent plutôt le carton-pâte fauché.

Reste la distribution, solide, rehaussée par la présence magnétique d'Alka Balbir. Voilà en l'occurrence un procédé aussi déloyal que pervers, puisqu'il vise à obtenir notre libidineuse et concupiscente indulgence. Nous ne sommes pas dupes… *soupir*


Gaz de France

De Benoît Forgeard (Fr, 1h26) avec Olivier Rabourdin, Philippe Katerine...

De Benoît Forgeard (Fr, 1h26) avec Olivier Rabourdin, Philippe Katerine...

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Dans la France des années 2020, Michel Battement, l'éminence grise du chef de l'état, doit d'urgence remonter la cote de popularité du président Bird afin d'empêcher la chute imminente du régime. Au fin fond des sous-sols surchargés de l’Élysée, il organise une consultation secrète, en compagnie des meilleurs cerveaux du pays.


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"Le Lion" : l’espion qui venait de l’asile

ECRANS | De Ludovic Colbeau-Justin (Fr., 1h35) avec Dany Boon, Philippe Katerine, Anne Serra…

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

Médecin en hôpital psychiatrique, Romain s’est vu confier le cas de Léo Milan, "le Lion", un malade surexcité se disant agent secret. Quand la compagne de Romain disparaît, le Lion y voit un coup des services ennemis et accepte d’aider son toubib, à condition qu’il le fasse évader… Inépuisable mais loin d’être simple à réussir, le buddy movie est un genre payant lorsque sa mécanique, bien huilée, est respectée : il suffit en général d’allier deux caractères dissemblables, et plus spécifiquement d’adjoindre à un costaud sûr de lui un velléitaire ayant le tracassin (clown banc & auguste), et de les plonger dans une quête : compte à rebours, poursuite, fuite etc. Force est de constater que les scénaristes du duo Matt Alexander ont respecté les codes à la lettre. Et que l’association fonctionne entre Dany Boon – de plus en plus attiré par les emplois physiques – et Philippe Katerine — qui ne surexploite pas ici, à raison, son aura de Pierrot lunaire. Cavale burlesque autant que film d’action dans la lignée des Bébel-Lautner (la B.O. très blaxploitation en rajoute une jolie couche vintage années 1970), la réalisation de Ludovic Colbeau-Justin est à la

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Katerine à confesse

Pop | Retour en forme olympique d'un très grand Katerine, livrant avec Confessions sa complexité évangélique comme on s'offre entièrement. La Belle Électrique est promise à la renverse.

Stéphane Duchêne | Mardi 28 janvier 2020

Katerine à confesse

Allez donc le choper, le Katerine : réalisateur what the fuck (Peau de cochon) ; clown chez Gilles Lellouche et Éric Judor ou dans Le Lion aux côtés de Dany Boon, panouillant chez Claire Denis ou Jonathan Demme ; ancien roi confidentiel de l'easy-listening intronisé mangeur de banane ; chevauchant de concert avec Arielle Dombasle et Alkpote, The Herbaliser et Pink Martini ; reprenant M

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Philippe Katerine sera à la Belle électrique en février

Annonce | Ce n’est pas parce que notre panorama musique et spectacle vivant vient d'être publié que les annonces des salles s’arrêtent. La preuve : la Belle (...)

La rédaction | Jeudi 19 septembre 2019

Philippe Katerine sera à la Belle électrique en février

Ce n’est pas parce que notre panorama musique et spectacle vivant vient d'être publié que les annonces des salles s’arrêtent. La preuve : la Belle électrique nous a récemment informés qu’elle recevrait l’immense et bien barré Philippe Katerine samedi 1er février pour défendre Confessions, son dixième album à paraître en novembre (avec pas mal d'invités comme il l'explique dans la petite vidéo ci-dessous). Degré d’excitation extrême de notre côté. Du vôtre, ça vous laisse un peu de temps pour relire (et écouter) notre article « Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons » toujours disponible ici.

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"Yves" : robot après tous

ECRANS | Un rappeur en échec se retrouve propulsé au sommet grâce à l’aide de son réfrigérateur intelligent, qui va peu à peu exciter sa jalousie… Une fable contemporaine de Benoît Forgeard sur les périls imminents de l'intelligence artificielle, ou quand l’électroménager rompt le contrat de confiance. Grinçant.

Vincent Raymond | Lundi 24 juin 2019

En galère personnelle et artistique, Jérem (William Lebghil) s’est installé chez sa feue grand-mère pour composer son album. Mentant sur sa situation, il s’inscrit pour devenir testeur d’un réfrigérateur tellement intelligent baptisé Yves qu'il va devenir son valet, son confident, son inspirateur et finalement son rival… Mieux vaut rire, sans doute, de la menace que constituent les progrès de l’intelligence artificielle et le déploiement – l’invasion – des objets connectés dans l’espace intime. D’un rire couleur beurre rance, quand chaque jour apporte son lot "d’innovations" dans le secteur du numérique et des assistants personnels ou de l’agilité des robots androïdes. Sans virer dans le catastrophisme ni prophétiser pour demain le soulèvement des machines décrit par la saga Terminator, mais en envisageant un après-demain qui déchante lié à l’omniprésence de ces technologies ou à notre tendance à tout leur déléguer inconditionnellement. Mister Freezer Yves n’es

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Odyssée analogique avec Ceephax Acid Crew

Soirée | Rendez-vous vendredi 14 décembre à l’Ampérage pour le constater.

Damien Grimbert | Mardi 11 décembre 2018

Odyssée analogique avec Ceephax Acid Crew

C’est rien de moins que l’un des secrets les mieux gardés de la constellation électronique européenne qu’a décidé d’inviter l’asso Hysteresis pour la prochaine édition de sa soirée Hystérie, ce vendredi 14 décembre à l’Ampérage. En activité depuis la fin des années 1990, l’Anglais Andy Jenkison est en effet l’auteur sous l’alias Ceephax Acid Crew d’une discographie aussi démesurée que démentielle, qui n’est pas sans rappeler celle d’artistes comme Squarepusher (son grand frère), Aphex Twin ou encore DMX Krew. Même penchant pour le live, les sonorités analogiques old-school et les mélodies rétro-futuristes, même facilité à varier les registres, de la techno acid à l’IDM, en passant par l’ambient, le breakbeat, la house primitive, la drill’n’bass, ou la chiptune… Un univers certes bien défini mais dont Ceephax Acid Crew maîtrise les moindres nuances à la perfection, transformant chacun de ses lives en véritable épopée sonore laissant l’auditeur à la fois chancelant et ébahi.

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Moodie Black : de bruit et de fureur

Concert | Le groupe américain, à ranger dans la drôle de case du noise rap, sera mercredi 23 mai au Bauhaus bar. On vous en dit plus.

Damien Grimbert | Mardi 15 mai 2018

Moodie Black : de bruit et de fureur

Si des styles musicaux comme la noise et le rap peuvent, a priori, sembler antinomiques, leur rencontre n’en a pas moins engendré depuis le début des années 1990 une flopée de groupes hautement recommandables. De Techno Animal à Dälek en passant par Food For Animals, El-P et son label Def Jux ou plus récemment des formations comme Death Grips et Clipping, le genre n’a ainsi cessé de s’enrichir au fil du temps au point de donner naissance à une véritable scène, marginale certes, mais bel et bien réelle au plan international. Originaire de Phoenix, en Arizona, et désormais installé entre Los Angeles et Minneapolis, Moodie Black, duo formé en 2004 par Chris Martinez et Sean Lindhall, fait à n’en pas douter partie des formations les plus marquantes du genre. Découvert par le biais d’une série d’EPs lo-fi frontaux, brutaux et jusqu’au-boutistes, le groupe a progressivement évolué vers un registre plus downtempo teinté d’influences shoegaze, sans renier pour autant son goût pour l’expérimentation, la noirceur et les sonorités abrasives. Comme en témoigne Lucas Acid, dernier album en date dont la retranscription sur scène devrait, on en prend le pari

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"7 Minuti" : grand sujet ; petit film

ECRANS | de Michele Placido (It.-Fr.-Sui., 1h28) avec Ottavia Piccolo, Anne Consigny, Clémence Poésy

Vincent Raymond | Jeudi 3 mai 2018

Dilemme pour un groupe de délégué·e·s du personnel, qui doit statuer sur l’abandon de sept minutes de pause déjeuner en échange du sauvetage de son usine. Tel est le marché pervers proposé par leur futur actionnaire majoritaire. La division s’installe parmi les salarié·e·s… Mettons au crédit du réalisateur italien Michele Placido l’idée de transposer ce fait social survenu à Yssingeaux en Italie puisque le capitalisme n’a pas de frontière, et la pertinence d’en faire un huis clos : cette situation d’un choix cornélien (face à un marché de dupes !) renvoie au fameux 12 hommes en colère de Sidney Lumet. Les similitudes s’arrêtent là. Du fait de sérieux problèmes d’écriture, dont de grotesques effets de suspense théâtraux destinés à différer la divulgation de la fameuse mesure (on se croirait dans Le Prénom) ; à cause également de quelques personnages féminins au-delà de la caricature et d’une mise en scène contemplative là où du vif aurait été nécessaire, on s’agace au lieu de compatir. Un grand sujet potentiel, qui

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"L'Ordre des choses" : dura lex, sed Frontex

ECRANS | de Andrea Segre (It.-Fr.-Tun., 1h55) avec Paolo Pierobon, Giuseppe Battiston, Olivier Rabourdin…

Vincent Raymond | Lundi 5 mars 2018

Jadis bretteur de compétition, Rinaldi est désormais un superflic chargé par le gouvernement italien de garantir l’étanchéité de la frontière européenne avec la Libye. En visite dans un camp de réfugiés dirigé par ses interlocuteurs africains, il est abordé par une jeune femme. Va-t-il l’aider ? Toute l’ambiguïté de la politique européenne en matière et d’accueil et d’aide humanitaire aux réfugiés (qu’ils soient politiques, climatiques ou économiques) se trouve résumée dans ce film, illustrant à sa manière le concept du mort/kilomètre. Tant que ce haut fonctionnaire gère des flux abstraits, étudie des dossiers et peut rapporter de ses déplacements à l’étranger des bijoux typiques pour son épouse ou enrichir sa propre collection d’échantillons de sable, le cours confortable de son existence ne connaît pas de perturbation. La conscience en veilleuse, bien abritée derrière la raison d’État (ou plutôt des États de l’UE), Rinaldi – impeccable Paolo Pierobon – mène une vie identique à celle de n’importe quel homme d’affaires. Sauf que son business d’import/export concerne l’humain e

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"Pour le réconfort" : Vincent Macaigne sera vendredi au Club

ECRANS | Comédien expérimenté dont on a souvent vanté les mérites dans ces pages, Vincent Macaigne signe avec Pour le réconfort (sortie mercredi 25 octobre) son (...)

Vincent Raymond | Mardi 24 octobre 2017

Comédien expérimenté dont on a souvent vanté les mérites dans ces pages, Vincent Macaigne signe avec Pour le réconfort (sortie mercredi 25 octobre) son premier long-métrage en tant que réalisateur, dans lequel il a choisi de ne pas s’octroyer le premier rôle. Émettrait-il des doutes sur ses qualités d’interprète ? Voilà qui est peu probable, si l’on considère le nombre et la valeur des cinéastes ayant fait appel à ses talents ces dernières années. Si vous pensez néanmoins qu’il faut le réconforter, ou si vous désirez tout simplement découvrir son film en sa compagnie, rendez-vous au Club vendredi 27 octobre à 20h15.

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"Un beau soleil intérieur" : rayonnante Juliette Binoche pour éteinte Claire Denis

ECRANS | de Claire Denis (Fr., 1h34) avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine…

Vincent Raymond | Mardi 26 septembre 2017

Isabelle, parisienne à la quarantaine flamboyante, traverse une mauvaise passe sentimentalement parlant. Les hommes ne manquent pourtant pas dans sa vie : un amant balourd, son ex mesquin, un jeune comédien qui boit trop, un voisin fantasque. Mais aucun ne ranime sa petite flamme… Tout musicien qui se respecte éprouve, en présence d’un stradivarius, la nécessité de le faire vibrer entre ses doigts. Juliette Binoche est de ce bois dont les instruments d’exception sont faits : une source d’inspiration, de vie et de naturel à même de sauver bien des scripts défaillants ; un sauf-conduit pour film sans centre de gravité. Un beau soleil intérieur ne tient que sur (et grâce à) elle : Claire Denis se contente de la filmer dans tous ses états (une aubaine), chopant forcément des instants magiques de vérité au milieu d’un océan de pas grand-chose. C’est moins ouvragé que lorsque Sautet façonnait du sur-mesure pour Romy Schneider. Le pompon du "what the fuck" revient au face-à-face final avec Depardieu jouant les médiums, balafré par le générique. Aucun plan ne montre les deux comédiens ensemble – m

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Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons

Playlist | Depuis 25 ans, Philippe Katerine se promène dans le vaste monde de la chanson française, naviguant à sa marge tel un dadaïste pop tout en produisant par moments, et presque sans le faire exprès, de véritables tubes. Pour bien comprendre tout le génie qui se cache derrière le personnage fantasque, on remonte le fil de l’histoire en dix titres emblématiques de son parcours.

Aurélien Martinez | Lundi 13 mars 2017

Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons

1996 : Parlez-vous anglais Mr Katerine ? Après Les Mariages chinois, premier album qu’il enregistre tout seul dans son coin, et L'Éducation anglaise, deuxième tentative sur laquelle il ne chante carrément pas (c’est sa sœur et sa compagne de l’époque qui s’y collèrent), Phillipe Katerine publie en 1996 Mes mauvaises fréquentations, bijou qui lancera véritablement sa carrière. On perçoit déjà un côté gentiment décalé, à l’image de ce Parlez-vous anglais Mr Katerine ? très bossa-nova, même si le plus grand des voyants aurait bien eu du mal à prédire la voie (ou plutôt les voies) suivie(s) ensuite par Katerine. 1999 : Je vous emmerde Présent sur Les Créatures, album ambitieux enregistré avec la formation jazz et musique improvisée The Recyclers, ce morceau emmène Katerine sur un terrain qu’il va de plus en plus affectionner au fil des ans : celui de la chanson théâtrale, où la forme compte autant que le fond. Ici, c’est un Katerin

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Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Panorama rentrée 2017 | Les prochains mois, il y aura du bon, voire du très bon, à écouter dans les salles grenobloises et de l'agglo. On vous détaille nos coups de cœur.

La rédaction | Mardi 3 janvier 2017

Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Yael Naim et le Quatuor Debussy À la faveur d'un concert exceptionnel à Lyon en 2015, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable et plus travaillée. La chanteuse et le quatuor baroque ont donc lancé une tournée qui revisite avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de la franco-israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. À la Rampe (Échirolles) Jeu 12/01 et ven 13/01 _______ Camera Les années 1970 inspirent plus que jamais les artistes d'aujourd'hui et ce ne sont pas les Berlinois de Camera qui diront le contraire. Figure de proue de la renaissance du krautrock, ce genre tombé aux oubliettes pendant de longues années, le trio guitare-clavier-batterie n'a rien de conventionnel. Il épr

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"Hibou" : petit premier film pour Ramzy Bedia

ECRANS | de & avec Ramzy Bedia (Fr., 1h23) avec également Élodie Bouchez, Étienne Chicot, Philippe Katerine…

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

Si vous avez vu Frank (2015) de Lenny Abrahamson, portrait du leader d’un groupe de rock recouvrant sa tête d’une sphère pour parvenir à affronter le monde extérieur ; si vous avez lu/vu La Moustache (2005) d’Emmanuel Carrère, l’histoire d’un malheureux qui, après avoir rasé son attribut pileux, constate avec effroi que personne ne remarque la différence et finit par s’interroger sur sa propre existence ; alors vous pouvez faire l’impasse sur Hibou racontant comment un type ignoré par tous soigne sa self-estime en enfilant un costume de grand-duc – l’oiseau, pas l’artisto. Le style de Quentin Dupieux, dont Ramzy Bedia est un fidèle, se devine à chaque recoin, mais dans des dilutions homéopathiques. Car il ne suffit pas de convoquer des personnages aux mœurs saugrenues dans une ville d’Amérique du Nord ni se revendiquer Gondry pour signer un film d’avant-garde. Ici, les ruptures ne sont pas des ellipses, mais des trous dans un scénario bâclé ou mal bouclé, et la candeur trop appuyée pour être honnête. Son argument de départ tenant de l’anecdote

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Cabaret frappé – jour 5 : satisfaction

MUSIQUES | Un vendredi soir au sommet sous le chapiteau avec les "ambianceurs" Acid Arab et WhoMadeWho. Et une excellente découverte en amont : Nova Heart.

Aurélien Martinez | Samedi 25 juillet 2015

Cabaret frappé – jour 5 : satisfaction

Bon, ça c'est fait. La dernière soirée payante du Cabaret frappé aura été la plus réussie niveau ambiance. Il faut dire que le festival avait convoqué des artistes qui savent excellemment bien retourner un dancefloor. Ça a commencé sans préliminaires avec le duo de DJs (en mode trio pour ses concerts) Acid Arab et sa musique orientale passée au shaker électro. Une heure intense, commencée à 21h devant une foule grandissant au fil des minutes, qui a démontré l’originalité et la réussite de ce projet atypique musicalement solide. Du coup, avec les trente minutes d'attente avant l'arrivée du second groupe, changement de plateau oblige, on aurait pu craindre une baisse significative de tension côté public. Surtout que placer Acid Arab en ouverture de soirée était risqué… Mais les heures de passage sont visiblement décidées en fonction de la renommée des artistes. Et ce

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Cabaret frappé : notre sélection

MUSIQUES | Les choses ont pas mal bougé à Grenoble ces derniers mois depuis l'élection d'un maire vert. Mais pas Cabaret frappé, festival d'été de la ville, si éco-citoyen que sa programmation semble être le fruit d'un tri de talents hautement sélectif. Exemples. La rédaction

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 juin 2015

Cabaret frappé : notre sélection

Sallie Ford Avec Slap Back (littéralement "gifler en retour" ou "rendre une gifle"), la rockeuse vintage à lunettes Sallie Ford a laissé de côté le revival rock fifties et ses oripeaux de Buddy Holly 2.0 à chromosomes XX pour un garage rock à fort effet décapant sur lequel elle a entièrement pris les rênes après la séparation d'avec The Sound Outside – remplacé par un groupe 100% féminin. Et c'est un peu des Breeders – et même des Pixies parfois – en mode psychédélique que l'on entend au détour de ces pop songs cinglantes. SD Mardi 21 juillet, sous le chapiteau Vieux Farka Touré Digne fils de son père, la légende Ali Farka Touré, Vieux Farka Touré est davantage célébré aux États-Unis où l'on sait mieux que tout vient de là et donc du blues que dans nos contrées. Son album The Secret y avait fait un carton quand, sur Mon Pays, il célèbre tout à la fois son Mali natal – se désolant de ce qui s'y passe – en une approche transversale du blues que

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Eastern boys

ECRANS | Évitant les clichés et s’aventurant vers le thriller, Robin Campillo raconte dans un film fort et troublant les rapports d’amour et de domination entre un quadra bourgeois et un immigré ukrainien sous la coupe d’une bande violente. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 1 avril 2014

Eastern boys

La première demi-heure d’Eastern boys fait un peu peur. Après avoir dragué dans une gare Marek, un jeune et bel Ukrainien, en lui proposant contre rémunération de le rejoindre dans son grand appartement de la région parisienne, Daniel, gay quadra étouffé dans sa morgue bourgeoise, voit en fait débarquer toute sa bande qui va piller consciencieusement meubles, écran plat, Playstation et œuvres d’art. La scène, étirée jusqu’au malaise, pourrait passer pour un spot de pub en faveur du FN sur le mode du "méfiez-vous de ces hordes d’immigrés prêts à voler vos biens et violer votre propriété privée". Mais Robin Campillo, qui avait déjà réussi avec son premier long Les Revenants (matrice de la fameuse série) et ses scénarios pour Laurent Cantet à explorer des zones troubles de la société française contemporaine, a un dessein beaucoup plus dérangeant. Le marché de dupe initial – du sexe contre de l’argent – va se concrétiser quand Marek revient, seul cette fois, chez lui : une relation de dépendance mutuelle se noue entre eux, Daniel fixant règles et tarifs, Marek conservant un pied dans sa "famille" à qui il cache ses activités de prostitué. Cette relation ref

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Ovnis psyché

MUSIQUES | Formation rock psychédélique japonaise culte, Acid Mothers Temple & The Melting Paraiso U.F.O. n'est pas le genre de groupe qu'on croise tous les (...)

Damien Grimbert | Samedi 12 octobre 2013

Ovnis psyché

Formation rock psychédélique japonaise culte, Acid Mothers Temple & The Melting Paraiso U.F.O. n'est pas le genre de groupe qu'on croise tous les jours. Né au sein d'une communauté beatnik de trente personnes installée dans les montagnes à proximité d'Osaka et composée d'artistes, de musiciens, de pêcheurs, de paysans et même d'ex-yakuzas, le collectif musical à géométrie très variable fondé en 1995 par Makoto Kawabata joue une musique à peu près aussi singulière que son background. Basée en grande partie sur l'improvisation, cette dernière s'apparente à une sorte de rock psychédélique 60's/70's bardé d'influences anachroniques (noise, drone, musique concrète, électro expérimentale, hard rock, free jazz...), qui peut passer progressivement d'atmosphères complètement planantes à un déferlement de décibels incontrôlable. En termes de discographie, là encore, le chaos apparent règne en roi : plus d'une soixantaine d'albums sortis depuis 1997, et de nombreuses déclinaisons musicales périphériques (Acid Mothers Gong, Acid Mothers Temple & The Cosmic Inferno, et encore cinq ou six autres du même acabit). Sur scène enfin, une discipline dans laquelle le groupe est passé

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Soirée

MUSIQUES | Acid Washed

François Cau | Lundi 10 octobre 2011

Soirée

Signé sur le label de référence Record Makers, ce duo parisien composé de Richard d’Alpert et Andrew Claristidge sera de passage ce samedi au Bar MC2 aux côtés de Stuff et YCHTCLB pour un DJ Set qui s’annonce mémorable. Partageant avec ses camarades de label un goût prononcé pour les compositions soignées et les mélodies marquantes, Acid Washed est l’auteur d’un excellent album éponyme sorti à l’automne passé, où s’entremêlent sonorités vintage et productions dernier cri. Passionnés de techno de Detroit et de Chicago house old-school, de disco européenne et de pop synthétique, Richard et Andrew croisent ces différentes influences dans leurs mixes avec une classe folle, à même de convaincre aussi bien les amoureux de Giorgio Moroder et de Kraftwerk que les fans de Daft Punk ou du label DFA. Du très bon travail !

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Quand le plomb devient or

MUSIQUES | On connaissait Philippe Katerine version années 90 début 2000, auteur compositeur français au talent certain qui livra plusieurs albums émaillés de petits (...)

François Cau | Jeudi 29 septembre 2011

Quand le plomb devient or

On connaissait Philippe Katerine version années 90 début 2000, auteur compositeur français au talent certain qui livra plusieurs albums émaillés de petits chefs-d’œuvre (Je vous emmerde, Mort à la poésie...). On rencontra ensuite le Philippe Katerine période collants roses et sa kyrielle de tubes pop à l’efficacité redoutable (Louxor j’adore, 100% VIP...) – notre homme poussant à l’extrême sa recherche de la ritournelle parfaite dans un dernier album-concept renfermant des morceaux courts, souvent répétitifs et entêtants (ce qui en agaça plus d’un). Et voilà maintenant que nous arrive un Philippe Katerine porte-drapeau de la variété française, façon La Chance aux chansons 2.0. Pendant un an, sur un site web spécifique, on a pu découvrir au fil des semaines cinquante-deux reprises de standards français (Capri c’est fini, Comme un avion sans ailes, L’idole des jeunes…) avec Katerine à la voix, et le groupe Francis et ses peintres à l’orchestration. Des reprises qui, souvent, emmènent l’original ailleurs : la fine équipe a ainsi déniaisé le Ne partons pas fâchés de Raphaël avec des chœurs enfa

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L’Ange du mal

ECRANS | De Michele Placido (Ita, 2h05) avec Kim Rossi Stuart, Filippo Timi…

François Cau | Mercredi 31 août 2011

L’Ange du mal

Après Romanzo Criminale, Michele Placido poursuit son exploration de la criminalité italienne avec ce biopic de Renato Vallanzasca, gangster aussi dangereux que charismatique campé avec beaucoup de conviction par Kim Rossi Stuart. La bonne nouvelle, c’est qu’en dehors de quelques montages syncopés et tape-à-l’œil, le réalisateur arrête de se prendre pour Scorsese et resserre sa mise en scène sur son personnage principal. La mauvaise, c’est que cette sobriété entraîne une absence de point de vue dommageable. L’Ange du mal se contente d’aligner les faits sans jamais les réfléchir, les inscrire dans une quelconque évolution ou tenter de percer les motivations de son antihéros. Braqueur et détenu violent, tueur de flics, fille de l’air devant l’éternel mais pas si mauvais bougre (!), Vallanzasca, dans le film, n’agit finalement que par simple pragmatisme. En taule, il cherche à s’évader ; en liberté, il redevient un criminel. Voilà le constat, pour le moins sommaire, dressé par L’Ange du mal… FC

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