"Les Invisibles" : enfermées dehors

ECRANS | De Louis-Julien Petit (Fr, 1h42) avec Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noémie Lvovsky…

Vincent Raymond | Mardi 8 janvier 2019

Photo : JC Lother


Manu dirige L'Envol, un centre d'accueil de jour pour femmes SDF. La tutelle municipale ayant décidé de sa fermeture prochaine, lui et ses éducatrices entrent en campagne pour accélérer la réinsertion de leurs habituées. Quitte à outrepasser leur rôle et à tricher avec les règles…

Louis-Julien Petit va-t-il devenir le porte-voix des sans-voix, le relai des opprimé·es et des victimes du déclassement social, avec Corinne Masiero en égérie ? Discount (2015) pointait les aberrations éthiques d'une grande distribution préférant détruire des denrées au seuil de péremption plutôt que de les distribuer aux nécessiteux ; Les Invisibles dénonce dans la foulée les rigidités administratives du secteur social, ainsi que la disparition de l'humain dans la "gestion" (prenons à dessein des expressions comptables, c'est dans l'air du temps) d'une misère déplacée dans des méga-complexes hors des villes.

S'il recourt volontiers à la comédie de caractère réaliste et aigre-douce prisée par Paul Laverty (en manifestant une nette prédominance pour les figures féminines), Petit a encore du mal à s'affranchir de la double influence du scénariste de Loach et d'un "cinéma à gags" plus classique avec ses récurrences, sa construction dramatique et ses effets attendus. Voire ses personnages : le premier plan sur les dreads en carton de Sarah Suco permet de comprendre qu'elle sera celle par qui la merde arrivera. Espérons toutefois que Petit persévère dans la recherche d'une voie médiane qui le fera passer des films "concernants" sympathiques à un geste cinématographique majeur.


Les Invisibles

De Louis-Julien Petit (Fr, 1h42) avec Audrey Lamy, Corinne Masiero...

De Louis-Julien Petit (Fr, 1h42) avec Audrey Lamy, Corinne Masiero...

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Suite à une décision municipale, l’Envol, centre d’accueil pour femmes SDF, va fermer. Il ne reste plus que trois mois aux travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les femmes dont elles s’occupent : falsifications, pistons, mensonges… Désormais, tout est permis !


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Filles de joie

"Filles de joie" : les mamans et les putains | De Frédéric Fonteyne & Anne Paulicevich (Fr.-Bel., int.-12 ans avec avert., 1h21) avec Sara Forestier, Noémie Lvovsky, Annabelle Lengronne…

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Filles de joie

Axelle, Dominique et Conso, trois voisines du Nord de la France, franchissent la frontière belge chaque jour pour proposer leurs faveurs en maison close afin d’améliorer un ordinaire misérable. Leurs rêves sont en berne. L’usure morale le dispute à la déchéance physique et au mépris des proches… Comme chez Brassens, « c’est pas tous les jours qu'elles rigolent /Parole, parole », les trois “filles“ du titre. La joie reste sous cloche dans ce film à la construction aussi subtile que décalée, rendant bien compte de la situation bancale de chacune au sein du groupe, autant que de leur individualité. Nous ne sommes pas ici dans l’habituel configuration des filières de l’Est ou du Sud et des portraits de filles réduites en esclavage par des réseaux mafieux, puisque ces travailleuses du sexe n’ont pas de souteneur. En apparence, seulement : l’argent qu’elles gagnent si péniblement ne leur profite pas, servant à nourrir la mère azimutée et les gosses de l’une, financer les extras des enfants ingrats de l’autre, alimenter les rêves chimériques d’extraction sociale de la troisième… La prostitution est rarement un choix, et le trio composé par Frédéric Fonteyne

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Juliette Binoche : « Il y a une rebelle chez moi »

Interview | Alors que sa sortie a été courageusement maintenue sur les écrans malgré l’ombre du Covid-19, et que des affiches ont été indûment taguées en marge des cortèges du 8-mars, Martin Provost et Juliette Binoche reviennent sur la genèse de ce film qui, bien qu’il use du second degré, n’en est pas moins féministe.

Vincent Raymond | Jeudi 12 mars 2020

Juliette Binoche : « Il y a une rebelle chez moi »

Juliette, êtes-vous une "bonne épouse" ? Juliette Binoche : Je suis parfaite : je fais la cuisine, je repasse, je couds (rires). Martin Provost : J’en sais quelque chose : sur le plateau, c’était un régal… JB : Sinon il ne m’aurait pas castée ! (rires) Heureusement que c’est un film… Vous connaissiez le cinéma de Martin ? JB : Oui ! Il a une façon d’aimer les personnages qu’il filme et d’avoir un sens du féminin. Et d’aborder les thèmes que je trouve importants comme l’artiste et la création : dans Séraphine, je trouve ça passionnant. Martin est quelqu’un qui aime la vie. On rit et on s’entend souvent sur les mêmes choses. Notre rencontres était évidente, je dirais. Martin, comment êtes-vos tombé sur l’existence de ces "écoles ménagères" ? MP : Par une ami

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"La Bonne Épouse" : l’école des femmes

ECRANS | Un long-métrage féministe qui laisse une petite place à une histoire d'amour : porté par une jolie distribution, le nouveau film de Martin Provost est plutôt réussi. Grâce notamment à un second degré réjouissant.

Vincent Raymond | Mardi 10 mars 2020

La brutale disparition de son époux oblige Paulette Van Der Beck à prendre les commandes de l’école ménagère familiale en déclin qu’il était censé diriger. Mais en cette veille de Mai-68, les jeunes élèves ne tiennent plus à devenir des fées du logis soumises en tout point à leur mari… Sortant avec une certaine malice quelques jours après que l’on a célébré la Journée internationale des droits des femmes, La Bonne Épouse rappelle avec un second degré évident les vertus et commandements jadis prodigués aux jeunes filles ; le hiatus entre les us de l’époque patriarcale serinés par une institution vitrifiée dans la tradition et l’éclosion d’une nouvelle société n’en paraît que plus comique ! Dans cette ambiance provinciale patinée façon Choristes, Martin Provost bénéficie de surcroît d’un trio féminin de choc : Juliette Binoche (apprêtée et maniérée comme Micheline Presle dans Les Saintes Chéries) en directrice prenant la vague de l’émancipation féminine, Yolande Moreau en vieille fille éberluée par ces c

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"La Consolation" : Cyril Mennegun, radical à plein temps

ECRANS | de Cyril Mennegun (Fr., 1h20) avec Alexandre Guansé, Corinne Masiero…

Vincent Raymond | Mardi 4 avril 2017

Daniel vient d’apprendre la disparition d’une femme importante pour lui, avec laquelle il n’avait plus aucun contact. Il se rend dans une maison à la campagne pour veiller sa dépouille et peut-être, enfin, faire la paix avec elle. Avec lui-même aussi… La radicalité dont le réalisateur français Cyril Mennegun avait fait preuve dans Louise Wimmer (2012, César du meilleur premier film) se trouve ici poussée à son paroxysme : âpreté du sujet, ascèse du dialogue, minimalisme des plans et des mouvements. Exercice de style (volontaire) autour de la question du dépouillement, d’un retour sur soi par l’ineffable, La Consolation prend le temps d’investir le temps, de nous confronter à l’austérité dérangeante de la longueur et au mystère du lacunaire. Au spectateur de se plonger dans les incertitudes de Daniel, d’identifier les causes de ses silences, d’accomplir à ses côtés le chemin d’une acceptation avant d’obtenir une éventuelle consolation. On touche là à une expérience sensorielle face à u

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Sauvages

ECRANS | de Tom Geens (G.-B./Fr./Bel., 1h45) avec Paul Higgins, Kate Dickie, Jérôme Kircher, Corinne Masiero…

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

Sauvages

Filmer la résilience comme un tableau naturaliste, en restituant sans les enjoliver des sensations primaires, le contact direct avec les éléments. Puis montrer le réapprentissage de la parole, de la communication, de la civilisation en passant d’une quasi abstraction visuelle à une poétique élaborée de l’image… Le parti-pris de Tom Geens est sacrément osé : avec un minimum d’explications, il pose un drame né d’un traumatisme, lequel s’enchâsse dans un mystère et se raccorde à une sorte de légende mystique ! Tout va pourtant se déployer progressivement, logiquement, comme un végétal étend sa ramure avec le temps. On parle ici d’expérience de cinéma pour le spectateur. VR

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Rosalie Blum

ECRANS | de Julien Rappeneau (Fr., 1h35) avec Noémie Lvovsky, Kyan Khojandi, Alice Isaaz, Anémone…

Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Rosalie Blum

On se réjouissait de voir portée à l’écran une BD parmi les plus originales de cette dernière décennie ; dommage que pour son premier film en tant que réalisateur, le scénariste Julien Rappeneau ait manqué le coche en signant cette adaptation de l’œuvre de Camille Jourdy. A-t-il été trop fidèle à l’original ? Pas assez rigoureux sur la direction d’acteurs ? Seul le décor urbain d’une province insipide (pardon pour la ville de tournage) semble ne pas souffrir de la transposition. Ce n’est pas le cas de certains personnages. Si Kyan Khojandi offre une neutralité bienveillante au sien, Noémie Lvovsky, dans le rôle-titre, surjoue l’effacement chuchoté avec une affection calamiteuse. Révélée dans des emplois pétulants, à l’aise lorsqu’il s’agit de faire passer force ou menace, la réalisatrice-actrice se montre beaucoup moins convaincante dans les minauderies. On se console ici avec des comédiens égaux à eux-mêmes (au point qu’ils doivent être inquiétants dans la vie quotidienne), Anémone et Philippe Rebbot…VR

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Discount

ECRANS | De Louis-Julien Petit (Fr, 1h45) avec Maurice Barthélémy, Corinne Masiero, Pascal Demolon…

Christophe Chabert | Mardi 20 janvier 2015

Discount

« Solidaires » clame l’affiche de Discount. Un slogan autant politique que publicitaire finalement éclairant sur l’ambivalence de cette comédie sociale, où les employés d’un supermarché hard discount décident de s’unir pour venir en aide à ceux qui sont menacés de licenciement. Élan de solidarité, donc, qui se traduit par une drôle d’idée : piller le supermarché et aller revendre les marchandises pour moins cher encore dans un local clandestin. Autrement dit : pour gagner sa vie, il ne s’agit pas de faire la révolution ou de dénoncer les méthodes dégueulasses de la grande distribution, mais d’en reproduire le modèle dans une économie parallèle. Tout le monde y gagne, clients comme employés, et même la société marchande et libérale, dont on ne fait que critiquer les excès, pas la nature. Au-delà de ce discours politique confus et inconséquent, Discount ne brille pas par sa mise en scène, simple travail de réalisation où le tournage sert à stocker un maximum de plans que le montage triera en espérant trouver un "rythme". Quant aux acteurs, certains sont déjà au bord de leur propre caricature, à commencer par Corinne Masiero, qui sait sans doute j

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Tiens-toi droite

ECRANS | De Katia Lewkowicz (Fr, 1h35) avec Marina Foïs, Laura Smet, Noémie Lvovsky…

Christophe Chabert | Mardi 25 novembre 2014

Tiens-toi droite

Désireux de redonner du souffle à un féminisme attaqué de toute part par les tenants réacs de la pensée zemmourienne, Tiens-toi droite s’enfonce dans un récit multiple dont les contours sont particulièrement flous. Les protagonistes sont présentées par une voix-off introductive (la mère de famille nombreuse, la miss réduite à un objet sexuel, la chef d’entreprise dont la vie personnelle est entamée par son activité professionnelle) mais en cours de route, Lewkowicz en rajoute une quatrième, une petite fille boulotte obsédée par les canons de la beauté féminine telle que la société les impose. Impossible de voir dans ce genre de coup de force narratif autre chose qu’un grand fouillis qui semble avoir échappé à tout contrôle : si Tiens-toi droite a un sujet, il n’a à proprement parler aucune forme, ni scénaristique, ni filmique, avançant au gré des intentions de son auteur et de séquences sans début, ni fin, visiblement tournées dans la continuité puis charcutées par un montage hystérique. Le film paraît surtout totalement coupé du monde réel, fantasme d’une cinéaste qui oublie le spectateur, proche de ces piles de romans français qui déferlent à la rentr

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Les Invisibles

ECRANS | Avec ce splendide documentaire sur les homosexuels nés dans l’entre-deux guerres, Sébastien Lifshitz signe une ode à la liberté, au combat et à l’amour, en même temps qu’une belle galerie de portraits de ces « héros de la vie ordinaire ». Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 22 novembre 2012

Les Invisibles

Dans la dernière séquence des Invisibles, une petite embarcation quitte le Vieux Port de Marseille : la caméra est braquée sur Bernard et Pierre, tous deux septuagénaires ; l’un commente les différents forts qui entourent la ville, l’autre a un peu froid et veut remettre sa veste. Pierre se lève et, dans un geste qui en dit long sur la tendresse qui les unit, Bernard l’aide à s’habiller. Impossible de ne pas penser alors à un autre geste, si puissant, vu sur les écrans récemment : celui de Trintignant caressant la main d’Emmanuelle Riva pour la soulager de sa douleur dans Amour. Du documentaire de Sébastien Lifshitz à la fiction d’Haneke circule une même question : qu’est-ce qui reste de l’amour quand celui-ci ne peut plus être charnel ? Ce n’est pas exactement le sujet des Invisibles, mais c’est une bonne façon de comprendre à quel point le projet du cinéaste déborde de multiples pistes aussi inattendues que passionnantes. «L’individu est plus fort que les carcans sociaux» Au départ donc, l’envie de parler de ces homosexuels qui, nés d

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Camille redouble

ECRANS | Actrice condamnée à jouer les silhouettes dans des films gore, Camille voit son existence partir à vau-l’eau quand son mari Éric décide de la quitter, et se (...)

Christophe Chabert | Jeudi 6 septembre 2012

Camille redouble

Actrice condamnée à jouer les silhouettes dans des films gore, Camille voit son existence partir à vau-l’eau quand son mari Éric décide de la quitter, et se laisse glisser dans les volutes de cigarettes et les vapeurs d’alcool – apesanteur retranscrite dans un générique génial, comme on n’en voit pas souvent dans le cinéma français. Par la grâce d’un horloger un peu sorcier et après un nouvel an très arrosé, elle fait un malaise et se réveille le 1er janvier 1985 à l’hôpital, dans la peau de l’ado qu’elle était alors, quelques jours avant de rencontrer Éric et quelques semaines avant la mort de sa mère. Sur ce canevas, qui tient autant de Nietzsche – supporter de revivre la totalité de son existence, douleur et plaisir confondus – que du Coppola de Peggy Sue s’est marié, Noémie Lvovsky, devant et derrière la caméra, s’offre une fantaisie foutraque dans laquelle elle place de vrais moments de mélancolie. Convoquant une galerie de personnages secondaires hauts en couleur et s’entourant d’un groupe de copines au bord de l’hystérie, cousines burlesques de celles qu’elle mettait en scène dans La Vie ne me fait pas peur, Lvovsky privilégie une énergie juvénile à la f

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Louise Wimmer

ECRANS | De Cyril Mennegun (Fr, 1h20) avec Corinne Masiero, Jérôme Kircher…

François Cau | Jeudi 22 décembre 2011

Louise Wimmer

Louise Wimmer, femme de ménage approchant la cinquantaine, n’a plus d’autre solution après s’être séparée de son mari que de dormir dans sa voiture, en attendant que les services sociaux lui proposent un HLM. Un personnage digne des frères Dardenne, que la comédienne Corinne Masiero transforme en warrior social, refusant de poser en victime, élaborant des stratagèmes de survie pour conserver sa dignité. Il y a, dans les meilleurs moments de ce premier film signé Cyril Mennegun, quelque chose d’électrique, une tension qui renvoie à l’obstination de son héroïne, et que le cinéaste capte par une mise en scène précise, soignant les cadres et la lumière pour éviter de tomber dans le pléonasme visuel (film sur les pauvres = film pauvre). Hélas, le film s’éparpille aussi dans des digressions qui sentent le remplissage. Malédiction des premières œuvres françaises en ce moment : même réduites à une durée minimum (80 minutes), on a le sentiment qu’il y a encore une demi-heure de trop, comme si leurs auteurs étaient passés un peu trop vite du court au long-métrage.Christophe Chabert

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Présumé coupable

ECRANS | De Vincent Garenq (Fr, 1h45) avec Philippe Torreton, Noémie Lvovsky…

François Cau | Mercredi 31 août 2011

Présumé coupable

Un cran au-dessus d’Omar m’a tuer, mais pas beaucoup plus, Présumé coupable revient sur l’affaire d’Outreau à travers le regard d’Alain Marécaux, huissier de justice accusé à tort de viols pédophiles en réunion, puis victime d’un engrenage judiciaire conduit par le tristement célèbre juge Burgaud. C’est justement ce regard univoque, cette absence de contrechamp au drame de Marécaux qui emmène Présumé coupable sur les rails rouillés du film-dossier. Le protagoniste est absolument innocent aux yeux du spectateur, comme il est absolument coupable aux yeux de la justice ; son calvaire ne donne lieu qu’à de l’indignation, jamais à des interrogations. De même, les personnages qui l’entourent sont enfermés dans un manichéisme démonstratif (Burgaud, chargé au-delà de toute limite) ou par le style télévisuel français (l’avocat parle comme un avocat, les flics comme des flics …). La mise en scène de Garenq trouve parfois son ton, mais surtout quand elle l’emprunte au Audiard d’Un prophète. Quant à Philippe Torreton, il a beau payer physiquement de sa personne pour être crédible, il n’arrive jamais tout à fait à faire oublier l’acteur derrière le personnage. Christophe Chabert

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INSTALLATION

ARTS | Les Invisibles Belle, intrigante, à la croisée de multiples disciplines est l’installation urbaine de Local.Contemporain, faisant suite à leur recherche et (...)

| Mercredi 7 mars 2007

INSTALLATION

Les Invisibles Belle, intrigante, à la croisée de multiples disciplines est l’installation urbaine de Local.Contemporain, faisant suite à leur recherche et dernière revue sur Les Invisibles. Dans une station service hors service, un espace oublié, invisible, délaissé, au cœur de la ville, Place Bir-Hakeim exactement, Local.Contemporain tente d’attire l’attention, le regard, de titiller les sens sur et vers ce que l’on a du mal à voir, à repérer dans cet espace, pris là comme symbole de tous ces autres lieux Invisibles. Dans la station service, rien n’a été ajouté. Ou presque. Seulement des appuis sur des présences botaniques, ornithologiques ; des amplifications d’odeurs, des présences sonores. Les installations sont assumées par différents artistes d’ici et d’ailleurs. Elles affûtent le regard, révélent la fragilité, la particularité d’un ensemble. Là où l’œil ne s’attarde pas habituellement, nous regarderons. Des guides nous accompagnerons dans ce champ des possibles découvertes. Un lieu que nous prendrons le temps de regarder du 8 au 23 mars de 13h à 18h.

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