« Comprendre les sciences, c'est comprendre le monde dans lequel on vit »

Sciences | L’association La Casemate, centre de culture scientifique fondé en 1979, s’est transformée en établissement public de coopération culturelle (EPCC). Elle intégrera le nouveau Centre de sciences de Pont-de-Claix l’année prochaine. Nous sommes allés interroger sa nouvelle présidente et sa directrice pour savoir ce qui allait changer et si l’indépendance serait toujours de mise sous une gouvernance très politique.

Jérémy Tronc | Jeudi 11 mars 2021

Photo : (c) Jérémy Tronc


Après cinq ans de gestation, l'établissement public de coopération culturelle La Casemate est officiellement né le 1er janvier dernier. Avec la MC2 Grenoble, c'est le deuxième EPCC sur le territoire et l'un des tous premiers en France à vocation scientifique. Le premier conseil d'administration de la nouvelle structure s'est tenu le 13 janvier, avec un duo féminin à sa tête. Sa présidente, Corine Lemariey, est adjointe au maire de Varces et conseillère métropolitaine déléguée à l'égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations. Jeany Jean-Baptiste, en poste depuis trois ans, reste directrice de l'établissement, auquel sera rattaché le centre de sciences de Pont-de-Claix dont l'ouverture est prévue fin 2022. Qu'est-ce qui va changer pour la Casemate ? Quels sont les enjeux de cette nouvelle structure ? Comment va-t-elle fonctionner ? Réponses de la directrice et de la présidente.

Corine Lemariey, qu'est-ce qui vous a amené à ces nouvelles fonctions ?
C. L. :
Je suis élue et adjointe au maire de Varces-Allières-et-Risset depuis un certain nombre d'années et je suis conseillère métropolitaine. Or il existe des structures satellites dans l'agglomération dans lesquels les élus sont administrateurs. J'ai été pressentie par Christophe Ferrari pour prendre la présidence de l'EPCC. Pour mon goût pour la culture scientifique, parce que je suis une femme et en raison de la proximité géographique de Varces avec Pont-de-Claix, où se trouvera le futur Centre de sciences. Le conseil d'administration de la Casemate m'a ensuite élue à l'unanimité à mon poste.

Pourquoi avoir transformé l'association Casemate en EPCC ?
C. L. :
L'EPCC est en projet depuis 2015. Une délibération cadre a été votée par le conseil métropolitain pour fixer les enjeux et les objectifs de la métropole au regard de la culture scientifique, technique et industrielle. L'idée est d'avoir une politique globale sur le territoire menée par un seul organisme qui va gérer les deux structures : la Casemate d'un côté, et, de l'autre, ce que certains ont réduit à un Planétarium mais qui sera beaucoup plus que cela : un Centre de sciences qui s'intéressera aussi au climat, à l'environnement et aux sciences du vivant. L'intérêt est que tout le monde travaille ensemble, sans concurrence.

J. J.-B. : L'EPCC représente une forme d'engagement de l'université et de l'académie, qui sont les membres fondateurs, et des collectivités - Département, Région et Métropole - pour apporter un soutien financier et coconstruire cette politique de culture scientifique pour les métropolitains et au-delà. Il répond également à une politique d'aménagement du territoire, avec la Casemate qui est plutôt au nord et le Centre de sciences situé au sud de la métropole. La Casemate sera davantage tournée vers l'expérimentation, la fabrication, le DIY. Le Centre de sciences, lui, sera orienté sur la terre, l'univers et l'environnement avec deux propositions complémentaires : un planétarium et une salle immersive 3D. Il s'adressera davantage au grand public, avec une capacité plus importante.

Quels sont les changements notables apportés par l'EPCC ?
C. L. :
Une association vit avec des subventions versées annuellement. Avec un EPCC, le montant des financements est édicté dans les statuts. L'idée est d'assurer une pérennité. Avec l'EPCC, la Casemate devient beaucoup plus solide et acquiert une visibilité nationale et européenne, plus difficile à obtenir avec une structure associative classique. Il a fallu trouver des organismes qui acceptent de le financer : le Département, la Région et Grenoble Alpes Métropole. L'EPCC est constitué d'un conseil scientifique et d'un comité d'orientation stratégique. Ses membres vont aiguiller le conseil d'administration qui sera décisionnaire sur la politique à mener à la Casemate. Nous passons ainsi d'une gouvernance associative à une gouvernance politique.

Avec une telle gouvernance, comment la Casemate peut-elle rester indépendante ?
J. J.-B. :
S'il y a une gouvernance politique c'est pour porter une dynamique de politique publique sur un principe de coopération. C'est normal que les politiques soient parties prenantes du conseil d'administration. Chaque collectivité donne mandat à cet EPCC pour promouvoir cette politique de centre de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI) sur le territoire métropolitain. C'est cohérent.

C. L. : Le directeur ou la directrice d'un EPPC est choisi en fonction de son projet culturel et scientifique, avec un mandat et un terme à ce mandat. Quand le projet est validé, le conseil d'administration, composé de personnes variées, met tout en œuvre pour que le projet se développe. On est toujours dans la démocratie, où chacun a le droit de s'exprimer, de présenter son argumentaire. L'objectif est d'être représentatif de la société civile avec ses contradictions, ses controverses. En tant que présidente, je ne vais pas moi-même donner des orientations.

Quels sont vos intentions et vos souhaits avec cet EPCC ?
C. L. :
Que la diffusion de la culture scientifique soit aussi large que possible au sein de la métropole. Que les enfants de Proveysieux, par exemple, puissent accéder à la Casemate et au Centre de sciences de la même manière que les enfants de Grenoble. Qu'ils soient formés de la même façon et qu'il n'y ait pas une culture des champs et une culture de la ville. Nous ferons en sorte d'aller vers eux et qu'ils viennent à nous.

J. J.-B. : Cette nécessité d'aller sur les territoires est réelle mais nos moyens ne sont pas extensibles. Il faut donc parvenir à dynamiser ces territoires en s'appuyant sur les acteurs en place comme les bibliothèques et les écoles pour que cette infusion du savoir sa fasse à tous les niveaux.

C. L. : L'autre aspect important est celui des femmes et des sciences. Nous voulons promouvoir la science auprès des femmes en termes professionnels. On constate que les filles, qui réussissent aussi bien que les garçons à l'école, se tournent plutôt vers les sciences de l'humain et très peu vers le numérique. Il y a une forme de conditionnement, relayé par la cellule familiale et les différentes structures, qui freine les orientations des filles vers ce secteur. Il y a aussi des problèmes d'identification des filles à ces métiers. Il faudrait de la discrimination positive : c'est ce qui va leur donner confiance.

J. J.-B. : L'une des missions des Centres de sciences est de permettre à des jeunes de rencontrer des professionnels de ces métiers. Pas forcément des docteurs et des ingénieurs, mais aussi des techniciens. Ils peuvent ainsi se rendre compte de la réalité de ce que va être ce métier, de vérifier s'il est conforme à leurs attentes et de valider leur orientation professionnelle. L'EPCC doit aussi agir comme une interface entre les universités et les organismes de recherche d'un côté, et la société de l'autre, avec ses questionnements qui émergent. Cette démarche de comprendre la science est assez nouvelle, alors que c'est de plus en plus complexe. Un Centre de sciences doit faire la mise en lien entre ces mondes qui parfois ne se rencontrent pas, en adoptant un discours et des modes opératoires accessibles à tous.

On le voit dans l'actualité : la société doute et se méfie de plus en plus des sciences. Quel rôle peut jouer la Casemate face à cette défiance ?
C. L. :
Un rôle essentiel. Tout le monde n'est pas obligé d'avoir une curiosité pour la science. En revanche, lorsqu'on a cette curiosité-là, il faut pouvoir accéder à des données fiables, valables, vérifiées et apporter cette culture à ceux qui le souhaitent et notamment aux plus jeunes. C'est un devoir aujourd'hui, d'autant plus que cette société numérique est de moins en moins comprise. Prenons l'exemple de la 5G. Il existe de nombreuses informations contradictoires qui ont toutes parfois une part de vérité. Il existe des discours militants, politiques, technicistes. Il faut permettre à ses différents discours élaborés de s'exprimer et de se confronter pour que les gens puissent se faire leur avis. On n'est pas ici pour infliger des vérités sur la manière de penser. Comprendre les sciences, c'est comprendre le monde dans lequel on vit.

J. J.-B. : La Casemate a comme ambition de donner à voir la complexité des enjeux scientifiques et techniques. Je rebondis sur la 5G. Il y a des enjeux en termes d'usage, des enjeux techniques, de développement scientifique, etc. Une approche culturelle va permettre d'aborder ce sujet dans sa globalité, en abordant la question des usages et ses dimensions sociologiques. Les sciences humaines et sociales sont vraiment au cœur de nos démarches. Ce qui nous importe, c'est de savoir comment ces développements scientifiques et techniques vont impacter nos vies. Il ne s'agit pas de glorifier les sciences et les techniques mais justement de les questionner en termes d‘usages, d'apport dans nos vies, et de voir comment elles les bouleversent. Ce qui est primordial, c'est d'avoir une diversité de points de vue et d'analyser pourquoi il y a des craintes. L'objectif de la Casemate, ce n'est pas de dire c'est bien ou si ce n'est pas bien, mais de donner des clés pour trier et comprendre, alors qu'on est submergé par des informations virales.

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La Casemate, Wikipédia et les femmes scientifiques

Événement | Jusqu’au 14 mars, la Casemate organise un nouvel éditathon ouvert à tous. Le but : enrichir les pages Wikipédia de biographies de femmes scientifiques. À vos ordinateurs : on vous explique tout !

Jérémy Tronc | Jeudi 11 mars 2021

La Casemate, Wikipédia et les femmes scientifiques

En 2016, Wikipédia en français comptait 450 000 biographies d’hommes, contre 75 000 de femmes (soit 14% de femmes). Cette proportion est encore inférieure quand il s’agit de femmes scientifiques (8 à 10%). Alors comment rééquilibrer le contenu ? Depuis cinq ans, la Casemate propose une solution en marge de la journée internationale pour le droit des femmes : un éditathon, c’est-à-dire une opération d’enrichissement des pages et de correction des biographies déjà en ligne. « Une session de formation à distance permet toujours d’apporter les prérequis et le mode opératoire aux volontaires débutants », explique Jeany Jean-Baptiste, directrice de la Casemate. Les participants contribuent ensuite sur l’encyclopédie en ligne selon le thème fixé. Ils peuvent créer un article, en traduire un depuis un Wikipédia étranger, en corriger ou enrichir un existant, ajouter des sources, légender des photos déjà en ligne, en trouver de nouvelles libres de droit. À Grenoble, le thème "Femmes des sciences de la terre" a été retenu. À Toulouse, les athlètes informatiques se penchent sur les "Femmes de l’intelligence artificielle". Une petite compétition entre les deux vi

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Objectif Terre

Sciences | Initié par Grenoble Alpes Métropole et coordonné par la Casemate, un vaste programme d’événements culturels et scientifiques va démarrer : "Une Saison aux couleurs de la Terre". Explications.

Martin de Kerimel | Lundi 11 janvier 2021

Objectif Terre

Et un, et deux, et trois ! Pour la troisième année consécutive, la Métropole lance une initiative de vulgarisation de la culture scientifique, à destination du public le plus large. Son intention est d’anticiper sur l’ouverture du Centre des sciences métropolitain, attendu à Pont-de-Claix l’année prochaine. Après avoir, au cours des deux saisons précédentes, orienté nos regards vers les étoiles et parlé des sciences de l’environnement, la collectivité se consacre désormais à notre chère planète. Et bien qu’elle soit encore fermée, du fait des strictes conditions sanitaires imposées par le gouvernement, la Casemate est à nouveau chargée de coordonner l’ensemble du programme. Pour sa partie propre, elle espère prochainement pouvoir ouvrir les portes de sa nouvelle exposition destinée aux enfants, "Le Jardin extraordinaire". Questions... et réponses ! Les plantes sont-elles vivantes ? Comment naissent-elles ? Qu’en est-il des fruits et légumes ? C’est notamment sur ces sujets que les plus jeunes trouveront de quoi étancher leur curiosité. L’idée ne sera évidemment pas de

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"Une saison pour la planète"... et pour la culture scientifique !

CONNAITRE | Une programmation culturelle dédiée à l’environnement et à la biodiversité : voilà le concept de cette manifestation qui débute ce mois-ci dans toute l’agglo.

Sandy Plas | Mardi 10 septembre 2019

Événement au long cours porté par la Casemate et Grenoble Alpes-Métropole, "Une saison pour la planète" propose une vaste programmation culturelle, sur le thème des sciences de l’environnement et de la biodiversité. Jusqu'en février 2020, le public est invité à découvrir des expositions, sorties dans la nature, rencontres, ateliers ou conférences, organisés par une trentaine d’acteurs locaux. Parmi eux, on retrouve notamment le Muséum d’histoire naturelle de Grenoble, la Maison de la nature et de l’environnement de l’Isère (MNEI), la médiathèque d’Eybens, la MJC Bulles d’Hères, le Musée de la chimie de Jarrie, la Ligue de protection des oiseaux ou encore l’Université Grenoble Alpes. « Le but est d’offrir des rendez-vous assez variés pour que tous les publics puissent faire leurs choix », explique Jeany Jean-Baptiste, directrice de la Casemate, le Centre de culture scientifique, technique et industrielle de Grenoble. Planète sur orbite "Une saison pour la planète" fait suite à l’événement "

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Transfo, un festival pour « réfléchir à la place du numérique dans nos vies »

Festival | Après une première édition l’an passé, Transfo, « premier festival du numérique 100% alpin », revient cette année du 24 au 31 janvier. Pour en savoir plus, on a rencontré Jeany Jean-Baptiste, directrice du centre de culture scientifique, technique et industrielle grenoblois la Casemate, qui co-organise pour la première fois l’événement aux côtés de la fédération French Tech in the Alps.

Nathalie Gresset | Lundi 21 janvier 2019

Transfo, un festival pour « réfléchir à la place du numérique dans nos vies »

« Le numérique a bouleversé notre quotidien et continue de le faire. Il a par exemple modifié notre rapport à la culture en permettant de mettre en ligne divers contenus – musique, livres, visites virtuelles… – accessibles à tous. Mais cette accessibilité pose plusieurs questions comme celles du plagiat, des droits d’auteur… » Pour la directrice de la Casemate Jeany Jean-Baptiste, qui co-organise la deuxième édition du Festival Transfo, « la technologie n’a pas un impact neutre » et le festival doit « outiller nos concitoyens, les aider à développer un regard critique et les accompagner dans cette transition numérique afin de ne laisser personne au bord du chemin ». D’où le fait que les manifestations, prévues dans l’agglomération grenobloise comme dans tout le sillon alpin (Annecy, Chambéry, Valence… – « nous souhaitons être au plus proche des gens en leur proposant des activités sans qu’ils aient à aller loin de chez eux »), seront déclinées à travers quatre angles : l’impact du numérique sur l’environnement et la société, la sa

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"Les Mondes inconnus" : l'univers à portée de main

Exposition | Dans le cadre du programme d’événements scientifiques "Une saison dans les étoiles", l’exposition fortement axée jeune public "Les Mondes inconnus", qui se tient à la Casemate, au Muséum et sur le campus, permet d’explorer les sciences si mystérieuses que sont celles de l’univers. On l'a visitée.

Alice Colmart | Mardi 16 octobre 2018

L’exposition Les Mondes inconnus étant découpée en trois parties présentées dans trois lieux distincts, il faut donc faire un choix pour la débuter. Pour nous, le décollage fut à la Casemate. « Pour que les enfants comprennent comment ça se passe dans l’espace, il faut que ce soit interactif. Beaucoup de choses vont leur permettre de découvrir et de chercher » : voilà ce que nous a expliqué à notre arrivée Élodie Weber, chargée de communication du fameux centre de culture scientifique, technique et industrielle grenoblois. Ainsi, pour commencer, un espace pour « se localiser » propose des manipulations consistant à replacer les planètes dans un tableau de bois qui illustre le système solaire. Et pour avoir une idée précise de la manière « dont on observe le ciel » est exposé à ses côtés un véritable télescope donné par le Groupe d'astronomie du Dauphiné. Dans la deuxième partie, « on voyage ». On entre dans une navette spatiale dans laquelle on observe différents corps célestes (« une étoile, le soleil, une lune, un astéroïde… ») ainsi que différents cailloux (« les cailloux de

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Jeany Jean-Baptiste : « À la Casemate, on ne s’est pas autorisés à être effondrés »

ACTUS | Depuis cet été, le centre de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI) de Grenoble répondant au doux nom de Casemate (rapport au lieu où il se trouve, au pied de la Bastille) a une nouvelle directrice en la personne de Jeany Jean-Baptiste (l’ancien directeur Laurent Chicoineau étant parti au CCSTI de Toulouse). On l’a rencontrée pour faire connaissance, et surtout revenir avec elle sur l’incendie que la Casemate a subi fin novembre.

Aurélien Martinez | Mardi 23 janvier 2018

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Comment se porte la Casemate depuis l’incendie qui, dans la nuit du 21 novembre 2017, a détruit son Fab Lab (« laboratoire qui dope l’inventivité en donnant accès à des outils de fabrication numérique ») ? Jeany Jean-Baptiste : En fait, l’incendie n’a pas détruit que le Fab Lab mais aussi toute l’infrastructure du premier étage. Depuis, même si les matériaux et les machines qui ont brûlés sont encore sur le toit-terrasse en attendant d’être très vite apportés à la déchetterie, les locaux ont été décontaminés – c’est le terme technique. Donc on a presque récupéré un plateau nu en état d’être reconstruit [le reste du bâtiment, notamm

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Incendiée, la Casemate veut (et va) renaître

ACTUS | Le Fab Lab du centre de culture scientifique, technique et industrielle grenoblois a été victime d'un incendie. Mais ses activités vont continuer, grâce notamment à un appel aux dons.

Aurélien Martinez | Mardi 28 novembre 2017

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En avril dernier, nous consacrions un long article (d’où est issue cette photo) au Fab Lab grenoblois, « laboratoire qui dope l’inventivité en donnant accès à des outils de fabrication numérique » que l’on avait baptisé « l'atelier des bricoleurs de futur ». C’est lui, situé à l'étage du Centre de culture scientifique, technique et industrielle de Grenoble (plus communément appelé la Casemate), qui a été volontairement incendié dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 novembre par un groupe dénonçant cette « institution notoirement néfaste par sa diffusion de la culture numérique ». Visiblement, les incendiaires n’ont pas dû se rendre souvent au Fab Lab et, plus largement, à la Casemate… Les dégâts sont considérables. « Nous n’avons pas l’intention de baisser les bras, mais pour envisager un nouveau départ, nous avons besoin de machines, d’outils, de matériaux et, pour en racheter, nous avons besoin de vous » on

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Nuit des musées 2017 / Musées en fête : notre sélection

Événement | Samedi 20 mai, c’est la fameuse Nuit européenne des musées, événement couplé en Isère à un week-end baptisé Musées en fête. On a bien lu tous les programmes des lieux qui participeront (des musées donc, mais aussi d’autres institutions culturelles) et on en a sélectionné six, en accès libre bien sûr. Suivez-nous.

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Une nuit portes ouvertes au Musée de Grenoble Un week-end festif dédié aux lieux d'expo de Grenoble et de l'agglo doit forcément prendre en considération le Musée de Grenoble et ses collections impressionnantes qui, on le rappelle une nouvelle fois, rivalisent avec celles des grands musées français – voire internationaux. Et ce même si rien de fou n'est organisé pendant ces deux jours par la vénérable institution. Le musée et son expo temporaire consacrée au peintre Fantin-Latour seront ainsi en accès libre le samedi de 18h30 à minuit et le dimanche toute la journée. C’est déjà ça. À noter tout de même que l’association Musée en musique proposera, le dimanche à 14h30, une « sieste musicale » dans le patio du musée avec le quintette vocal Sparkling Voices, et ce sera en accès libre. Une visite des coulisses au Musée dauphinois Un musée, c'e

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Fab Lab : l’atelier des bricoleurs de futur

reportage | Les Fabs Labs, « réseau mondial de laboratoires qui dopent l’inventivité en donnant accès à des outils de fabrication numérique », sont en plein essor depuis quelques années. On a testé celui de la Casemate (le Centre de culture scientifique, technique et industrielle de Grenoble) qui s’ouvre tous les mercredis aux makers, défenseurs de l’opensource et autres curieux pour des soirées baptisées Open Lab. Reportage.

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On entre dans le Fab Lab de la Casemate comme dans une caverne aux merveilles. Sous les voûtes de pierre de cet ancien abri militaire, qui donne son nom au lieu actuel, on trouve des machines, des fils, des écrans, et des gens qui s’activent à relier tout ça. « Vous pouvez venir au Fab Lab pour fabriquer presque tout par vous-même. Plus qu’un atelier partagé, c’est une communauté de "ceux qui font", qui réparent, qui inventent, qui bricolent, qui recyclent, qui détournent… » nous explique le site du Fab Lab. Diego, responsable des soirées Open Lab, accueille une dizaine de curieux, de tous âges, et leur fait découvrir les lieux tandis que d’autres sont déjà dans le vif. « Tous les mercredis, l’Open Lab est un espace de test, de préparation, d’expérimentation, où chacun peut passer une vingtaine de minutes sur les machines. » Rapide tour de présentation : imprimantes 3D, découpeuses laser, ShopBot (grande fraiseuse), déco faite d’objets suspendus fabriqués dans l’atelier… « Ici, quand on fabrique d

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Grenoble ramène sa science

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Au regard de l’agenda de la semaine, la culture scientifique ne saute pas forcément aux yeux à Grenoble et dans l’agglo, alors que la capitale des Alpes est réputée pour être à la pointe dans ce domaine. Un constat qui n’a pas effrayé Élise Delaforge, jeune docteure en biophysique qui a décidé d’importer l’événement Pint of Science à Grenoble : des rencontres avec des scientifiques autour de thèmes précis et dans un bar, pour désacraliser la chose. Le festival entame sa seconde édition grenobloise. « À Grenoble, les gens ont l’habitude d’être curieux » explique-t-elle. Un point de vue que partage Gilles Grand, des Cafés sciences et citoyens de l’agglomération grenobloise, même si selon lui il reste « une certaine défiance du public envers la science ». D’où son envie de « faire le lien entre les citoyens et les scientifiques ». Sur le même principe de rencontres, son association œuvre depuis 10 ans pour la vulgarisation et a su fédérer une communauté – « entre 40 et 80 personnes minimum à chacune de nos rencon

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La Casemate présente des expos, mais ce n’est pas vraiment un musée… Laurent Chicoineau : Effectivement ! Nous n'avons pas de collections. C'est un lieu de partage et de communication scientifique, de vulgarisation… L'idée est vraiment d'être beaucoup plus interactif, d'être dans l'actualité contemporaine. Nous organisons des expositions temporaires sur ces sujets, au nombre de deux par an. Celle baptisée À quoi tu joues ? a par exemple été développée avec des collectifs locaux et des designers de Rhône-Alpes qui ont tous répondu à un appel à projet sur la question : "comment le jeu vidéo parle du numérique ?" L'interactivité est donc au cœur de notre centre de culture scientifique technique et industrielle. Vous visez « à diffuser et promouvoir la culture scientifique auprès de tous les publics ». En pratique, lequel est majoritaire ? Celui des scientifiques ou le grand public ? On constate beaucoup d'intérêt général pour des questions scientifiques et techniques.

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