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MUSIQUES | Une sélection de morceaux emblématiques de Patti Smith. FC

François Cau | Lundi 31 octobre 2011

Land (Horses, 1975)

Un morceau de plus de 9 minutes, d'une extravagante liberté, incroyable fusion entre ses primes activités poétiques influencées par les auteurs de la Beat Generation et ses velléités de prophète rock – chacun de ses albums contiendra au moins un de ces morceaux de bravoure, comme une marque de fabrique à contre-courant des formats radiophoniques déjà devenus la norme. Le texte, d'une longueur forcément épique, commence par être quasi murmuré. Les doublures voix se font plus pressantes, le riff de guitare monte vite en puissance, en rythme sur les scansions du prénom du “héros“. Le chant amène progressivement la mélodie à l'aide de mantras répétitifs et addictifs, puis le morceau prend son envol, avec une fougue jamais démentie. Le texte, collage surréaliste exécuté à grands renforts de néologismes, est une invraisemblable épopée tour-à-tour drôle, glauque, perverse et enlevée.  

Pissing in a river (Radio Ethiopia, 1976)

Une superbe ballade rock, fiévreuse, désespérée, l'attente d'un être aimé dont on sait qu'il ne ressent rien en retour. Quand la poésie s'y fait triviale, à l'image de son titre ou du terrible vers « My bowels are empty, excreting your soul », c'est pour mieux nous étouffer sous son fatalisme. Débuté par un seul accompagnement au piano, dont on sentirait presque la douleur au bout de chaque note, le morceau prend une ampleur sidérante à chaque nouveau mouvement, s'autorise un semblant de respiration avec un solo pour mieux revenir à la charge.

Because the night (Easter, 1978)

Une intro pianotée désormais reconnaissable entre mille, une montée à la douceur piégée, un refrain définitif, qui vous reste en tête des jours durant. Le classique des classiques, que même la putride reprise de Cascada n'a pas réussi à saloper. D'un premier jet écrit par Bruce Springsteen, Patti Smith remanie les paroles et tire un brûlot rock à la sensualité trouble, où l'amour et la luxure dansent à contretemps, où le désir pour l'autre devient une meurtrissure. Springsteen interprètera tout de même sa version sur scène, mais tout boss soit-il avec tout le respect qui lui est dû, il faut tout de même avouer que ses paroles, beaucoup plus terre à terre, sont bien moins marquantes.  

People have the power (Dream of life, 1988)

Un titre particulièrement délicat, puisqu'il ouvre un album faisant suite à neuf années de silence radio pour l'artiste, retirée de la scène pour élever ses enfants. Wave (1979) se terminait par le titre éponyme, texte parlé sur une mélopée anxiogène et terminé par une série de « Goodbye », conclusion lapidaire et cinglante d'un album globalement plus pop (comme en témoigne l'entraînant single Frederick). Là, dès les premières mesures de People have the power, ouverture très springsteenienne annonciatrice d'un refrain enfonçant largement le clou de cette influence, le retour à une esthétique plus rock s'impose. Le chant est quant à lui plus tenu, moins sur la corde raide et plus efficace. Pour ce qui est du texte, Patti Smith démontre qu'elle n'a rien perdu de sa force poétique, ici au service de sa conviction militante majeure, martelée avec l'énergie d'une observatrice distante qui revient aux affaires. Les fans hardcore seront ensuite rassurés par la fragilité de Dream of life, la férocité implicite de Where duty calls, ou l'immédiate beauté de Going under ou Wild Leaves.

Dead to the world (Gone Again, 1996)

Une  nouvelle absence conséquente, marquée cette fois-ci par les disparitions de son frère, de son époux et collaborateur Fred Smith, de son ami Robert Mapplethorpe (dont elle parle dans son ouvrage Just Kids), de son pianiste, de Jeff Buckley (présent sur cet album dans le morceau Beneath the Southern Cross, pour sa dernière performance en studio) et de Kurt Cobain, qu'elle venait de rencontrer (le titre About a boy lui est dédié). Une véritable hécatombe, qui aurait plongé plus d'un artiste dans la sinistrose totale. Patti Smith, si elle ne manque pas d'imprégner de sa tristesse des textes somptueux comme rarement, revient aux sources de son sillon esthétique, débarrassé des quelques tics eighties de Dream of Life ou du caractère un peu fourre-tout de Wave. Tout éclectique soit-il, Gone Again s'écoute d'une traite, fait fi de tout pathos mais bouleverse, comme sur cette ballade aux discrets échos dylaniens, dont le final peut s'appréhender comme la note d'intention de tout l'album : «  Dead to the world / Alive I awoke ».

Jubilee (Trampin', 2004)

L'ouverture de l'un de ses derniers albums studio résonne comme la réaffirmation du propos de People have the power – le renouveau viendra de l'union de tous les peuples, dans l'embrassade d'une destinée commune. Cette évidence, qu'elle n'aura eu de cesse de répéter dans le versant activiste de sa carrière, est pour le coup soutenue par une construction opérant à sa manière la refonte du classic rock aux accents politisés impulsé par Bob Dylan. Notamment grâce à son vieux complice Lenny Kaye, qui s'autorise même un (rapide) solo à la guitare.

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"Nomadland" : une reconquête de l’Ouest

ECRANS | Une année en compagnie d’une sexagénaire jetée sur la route par les accidents de la vie. Un road trip à travers les décombres d’un pays usé et, cependant, vers la lumière. Poursuivant sa relecture du western et des grands espaces, Chloé Zhao donne envie de (re)croire à la possibilité d’un rêve américain. Primé au Tiff, Lion d’Or à Venise, Oscar du meilleur film.

Vincent Raymond | Mercredi 9 juin 2021

L’Ouest, le vrai : frappé par la désindustrialisation. Où les baraques préfabriquées sont ouvertes aux quatre vents et les villes devenues fantômes. Où une partie de la population, victime de maladies professionnelles, dort au cimetière et les survivants… survivent comme ils le peuvent. Certains, comme Fern à bord de son vieux van, ont pris la route et joint la communauté des nomades, enchaînant les boulots saisonniers au gré des latitudes. Loin d’une partie de plaisir, son voyage sera tel un pèlerinage l’obligeant à se priver du superflu, l’autorisant à se défaire du pesant… Inspiré d’un livre-enquête de Jessica Bruder consacré aux victimes collatérales de la crise des subprimes de 2008 (des sexagénaires privés de toit poussés au nomadisme), Nomadland s’ouvre sur un carton détaillant l’exemple de la ville d’Empire dans le Nevada, passée de florissante à miséreuse, et nous fait suivre sa protagoniste en âge d’être à la retraite, cumulant des petits jobs précaires chez les nouveaux rois de l’économie. Des éléments à charges supplémentaires contre l’ubercapitalisme, direz-vous ; un

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Quand la saison 20/21 joue les prolongations

SCENES | Depuis le 19 mai, les lieux de culture peuvent rouvrir et accueillir du public. Beaucoup de théâtres de Grenoble et de l'agglomération ont donc annoncé des spectacles à enfin voir dans leurs murs avant la traditionnelle pause estivale. Mais où aller ? Tentatives de réponses subjectives en 11 points – dont un très gros et très alléchant.

Aurélien Martinez | Lundi 17 mai 2021

Quand la saison 20/21 joue les prolongations

La MC2 en fête Quand l'immense MC2 revient dans le jeu après une longue période sans public (elle était fermée, comme tous les lieux de culture en France, depuis fin octobre), c'est avec un mois qui envoie du lourd ! « Plus de 20 propositions regroupant 50 représentations gratuites ou payantes vous seront ouvertes pour notre plus grande joie et votre plus grand plaisir », annonce le directeur Arnaud Meunier, qui proposera certains des spectacles et concerts de la saison ayant du être annulés. Et non des moindres : L'Étang de la passionnante metteuse en scène Gisèle Vienne avec Adèle Haenel sur le plateau ; 31 rue Vandenbranden du génial collectif bruxellois de danse-théâtre Peeping Tom en collaboration avec le prestigieux Ballet de l’Opéra de Lyon ; ou e

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Un petit miracle télévisé

Danse | "Miracles", le très beau dernier spectacle de Bouba Landrille Tchouda, est un peu sorti de l’ombre, il y a deux grosses semaines, à l’occasion d’une représentation professionnelle à la MC2. Toujours coupés du public, le chorégraphe grenoblois et ses danseurs seront les invités d’un programme télévisé lundi 29 mars.

Martin de Kerimel | Samedi 27 mars 2021

Un petit miracle télévisé

« Nous avions réussi à créer Miracles après le deuxième confinement. Une série de représentations devait suivre. Tout est tombé à l’eau et, malgré un bon accueil de la presse nationale, nous nous retrouvons avec une pièce que personne n’a vue. Nous sommes privés de ce que j’aime : présenter nos spectacles au plus grand nombre. » Ainsi nous parlait Bouba Landrille Tchouda au début du mois de février dernier, frustré de devoir subir la crise sanitaire et renoncer à présenter son travail dans des conditions "normales". Bien que les choses n’aient pas évolué sur ce point, le chorégraphe grenoblois sera mis en avant lundi 29 mars, à la télévision. Avec sa compagnie, Malka, il sera l’un des invités de Culturebox l’émission, le programme de la chaîne éphémère, animé par Daphné Bürki et Raphäl Yem à partir de 20h10. D’après nos informations, cela permettra de montrer un extrait de Miracles. « Une danse sous influence » Cette pièce met

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En attendant le public... (épisode 2)

SCENES | L'équipe du Petit Bulletin est repartie à la rencontre des compagnies de théâtre et de danse pour recueillir leurs impressions sur la crise sanitaire et l'évolution de leur travail au quotidien. Cinq d'entre elles nous ont répondu pour témoigner de leurs incertitudes persistantes, mais aussi, parfois, d'un relatif optimisme.

La rédaction | Vendredi 5 février 2021

En attendant le public... (épisode 2)

Yoann Bourgeois – Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) « C’est difficile car cette crise a touché le cœur de nos activités. Mais c’est aussi difficile pour moi de dire que c’est difficile parce que je sais que beaucoup d’autres sont plus impactés que nous au CCN2, qui sommes une institution assez solide économiquement. Même si, bien sûr, notre économie repose beaucoup sur la diffusion – on tournait énormément –, presque totalement à l’arrêt depuis un an. » Pour Yoann Bourgeois, codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble (en binôme avec Rachid Ouramdane), cette crise sanitaire a chamboulé énormément de choses, notamment au niveau artistique puisque trois de ses créations sont en suspens : Hurricane, pour le ballet de l’Opéra de Göteborg en Suède, répétée entre janvier et mars 2020 mais qui n’a pu pour l’instant être jouée que le soir de la première en mars (on devrait cependant la voir la saison prochaine à la MC2) ; I wonder where the dreams I don't remember go, pour la fameuse

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"Wendy": île (et elle) était une fois

ECRANS | ★★★★☆ De Benh Zeitlin (É.-U, 1h52) avec Devin France, Lowell Landes, Shay Walker… En salles le 23 décembre.

Vincent Raymond | Mardi 8 décembre 2020

Quand le train fantôme s’arrête en bas de chez elle, la jeune Wendy n’hésite pas : avec ses deux frères, elle quitte le bouiboui familial et la Louisiane pour l’aventure offerte par Peter Pan. Sur son île fantastique, les enfants s’ébattent libres, sans vieillir. Seule condition : respecter les règles… Depuis Les Bêtes du Sud sauvage (2012) on attendait le retour et la confirmation de Benh Zeitlin ; quel plaisir de retrouver son empreinte intacte dans cette adaptation de Peter Pan somme toute cohérente avec son univers épique à hauteur d’enfants, où l’action progresse par envolées spiralées, autant portées par un irrésistible mouvement musical et la voix off que par un somptueux flamboiement visuel ! À la fois conte, transe new age et opéra, le cinéma de Zeitlin (et tout particulièrement Wendy) fouille les sensations primales de l’enfance pour retrouver la sincérité originelle du regard. Ce qui n’exclut pas une certaine violence psychologique rappelant Sa Majesté des mouches : ladite enfance est dévorée par l’apprentissage (ou la

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12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Avec des chorégraphes qu'on connaît (très) bien, des nouvelles têtes, des reprises... Il y aura de quoi faire cette saison dans l'agglomération grenobloise !

Aurélien Martinez | Lundi 19 octobre 2020

12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Miracles Le très productif chorégraphe hip-hop (mais pas que) Bouba Landrille Tchouda, qu’au Petit Bulletin nous suivons avec plaisir depuis (presque) ses débuts (on en a écrit des lignes élogieuses sur ses spectacles !), dévoilera cet automne sa nouvelle création. Avec, comme souvent avec lui, une note d’intention pleine de beaux principes – extrait : « dans un dispositif scénique léger, trois interprètes exploreront, dans un va-et-vient entre l’intime et l’extérieur, la question de l’inter-dépendance, qui nous bouscule tout autant qu’elle nous enrichit ». D’accord ! AM Au Grand Angle (Voiron) mardi 10 novembre Au Théâtre municipal de Grenoble jeudi 12 et vendredi 13 novembre Loto3000

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"Honeyland" : elle en connaît un rayon

ECRANS | ★★★☆☆ De Tamara Kotevska & Ljubomir Stefanov (Mac., 1h26) avec Hatidze Muratova, Nazife Muratova, Hussein Sam…

Vincent Raymond | Mardi 8 septembre 2020

Ultime apicultrice traditionnelle des montagnes macédoniennes, Hatidze vit isolée en compagnie de sa vieille mère impotente. Sa relation apaisée à la nature est chamboulée par l’installation à côté de chez elle d’une smala folklorique et inconséquente qui va parasiter ses ruches… Ce documentaire étonne à plus d’une enseigne. Par son esthétique, tout d’abord : miracle d’une photographie parfaitement composée et contrastée, capable de magnifier l’âpreté des décors, la misère des intérieurs, l’ingratitude des physiques. Par sa forme, ensuite : si l’on sait qu’un documentaire est souvent scénarisé, celui-ci présente une construction dramatique d’une impeccable linéarité pouvant rivaliser avec nombre de fictions (dont celles de Kusturica, pour rester dans l’ambiance et la proximité géographique ; mais sans la musique) tant la caméra sait anticiper certaines séquences-clefs, tant les rebondissements sont variés. Un hymne à l’or liquide des travailleuses du miel, à une lisière aussi flou que troublante entre cinéma et réel.

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"Lands of Murders" : Allemagne année 2

ECRANS | De Christian Alvart (All., 2h09) avec Felix Kramer, Trystan Pütter, Nora von Waldstätten…

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Allemagne de l’Est, 1992. Deux policiers sont envoyés dans une petite bourgade pour enquêter sur la disparition de deux adolescentes. Le contexte de la chute du Mur, l’hostilité ambiante, la découverte de trafics connexes et leurs méthodes divergentes rendent leur mission très difficile… Outre un goût du lucre et de la facilité conjugué à un manque d’esprit d’initiative, on se demande souvent ce qui motive, chez un producteur, la mise en œuvre d’un remake. En général, la nouvelle version se contente de toiletter l’original (ou de la "rebooter") en l’accommodant au parfum du moment ; plus rares sont les propositions singulièrement alternatives, ou les variations pertinentes. On se souvient (ou pas, si l’on peut) de l’inutile Fonzy, décalque sans intérêt du Québécois Starbuck. Lands of Murders est heureusement pour lui et nous d’une autre étoffe. Transposition du polar d’Alberto Rodríguez Las Isla Minima, le film de Christian Alvart démontre par l’exemple l’universalité de la tra

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Coup double

Centre d'art | En réunissant Philippe Calandre et Sylvie Réno dans une exposition intitulée "Dédoublement(s) de réalité", plus que la simple question de la représentation, c’est celle de la reproduction que nous propose d’explorer l’espace Vallès.

Benjamin Bardinet | Mardi 23 juin 2020

Coup double

Pas toujours flatteurs, les reflets que nous renvoient les miroirs incitent parfois à la réflexion... il en va de même pour les œuvres d’art. Pensée comme un dialogue ouvert entre des oeuvres qui jouent de leur capacité à re-produire les choses (des photographies et des maquettes), la nouvelle exposition de l’espace Vallès se propose comme un parcours interrogeant la surenchère productive qui caractérise le monde qui est le nôtre. Philippe Calandre utilise la photographie pour créer des images fantasmées d’un urbanisme cauchemardesque, inspiré par celui des mégapoles contemporaines. À grands coups de retouches numériques, de subtils montages et de discrets collages, il caricature gentiment la mégalomanie des architectes et de leurs commanditaires. Surgissant dans des environnements urbains totalement désertés de toute présence humaine, ces architectures semblent autant issues de l’imagination de l’artiste que de l’environnement qu’il photographie – en atteste une série de dessins d’architectures oniriques qui semblent avoir été réalisée en plein sommeil. Reproductions en carton Paradoxes et retournements sont également au cœur du travail de Sylvie Réno. L’a

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Agnieszka Holland : « Sans médias indépendants courageux et objectifs, impossible d’assurer l’existence d’une démocratie »

Interview | Un œil sur le passé, l’autre sur le présent, Agnieszka Holland a tourné "L’Ombre de Staline" avec, comme toujours, une conscience aiguë des problématiques historiques, humanistes et politiques. Rencontre éclairante avec la cinéaste, l’avant-veille du confinement…

Vincent Raymond | Mercredi 24 juin 2020

Agnieszka Holland : « Sans médias indépendants courageux et objectifs, impossible d’assurer l’existence d’une démocratie »

Comment se fait-il que ce personnage, Gareth Jones, soit resté aussi longtemps dans l’ombre de l’Histoire et comment est-il arrivé sur votre table ? Agnieszka Holland : Ce n’était pas mon idée. Le film a été conçu par une jeune journaliste américaine, Andrea Chalupa, qui m’a contactée : elle avait un scénario assez bien achevé et fait tous les travaux de documentation, de repérage. On l’a retravaillé ensuite pendant un certain temps. C’était son premier scénario mais elle écrivait pour plusieurs médias. Elle est d’origine ukrainienne par ses deux parents et son grand-père a été l’un des témoins principaux de l’Holodomor. Il a vécu cette famine, il en est presque mort, et il a aussi vu beaucoup d’événements qu’il a décrits. On en a montré certains, comme le char avec les cadavres dans lequel on jette un enfant. Après la guerre, ce grand-père qui s’était retrouvé dans un camp de prisonniers allemand, avait décidé de ne pas retourner en Union soviétique. Et alors qu’il attendait son visa pour l’Amérique, il eu entre les mains le livre d’Orwell,

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"L'Ombre de Staline" : le premier qui dit la vérité

Cinéma | Comment la famine du Holodomor provoquée par le régime soviétique fut révélée par un journaliste au monde qui ne le crut pas… Agnieszka Holland réhabilite la mémoire de Gareth Jones, aventurier de la vérité, dans un biopic épique et à la Lean, point à la ligne.

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Londres, 1933. Ex-conseiller de l’ancien Premier ministre Lloyd George, le journaliste Gareth Jones décide d’aller à Moscou pour interviewer Staline sur les prodiges accomplis par l’économie soviétique. Sur place, il contourne la propagande et découvre la réalité… « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté », chantait jadis Guy Béart sur un air presque guilleret. Tragique est la destinée des lanceurs d’alerte ! Soit ils sont moqués ou ostracisés ; soit on leur réserve un sort plus funeste en tentant de les museler voire de les éliminer. Les choses n’ont guère changé depuis les temps archaïques. Ni depuis Gareth Jones (1905-1935). L’œil de Moscou Agnieszka Holland poursuit avec ce dernier film son voyage à travers l’histoire politique si mouvementée du XXe siècle. Peut-être a-t-elle d’ailleurs trouvé un alter ego en la personne de ce journaliste qui fut le premier à interviewer Hitler après son élection et à avoir l’instinct de percer le paravent soviétique. Quand les correspondants étrangers basés à Moscou se fa

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Juliette Binoche : « Il y a une rebelle chez moi »

Interview | Alors que sa sortie a été courageusement maintenue sur les écrans malgré l’ombre du Covid-19, et que des affiches ont été indûment taguées en marge des cortèges du 8-mars, Martin Provost et Juliette Binoche reviennent sur la genèse de ce film qui, bien qu’il use du second degré, n’en est pas moins féministe.

Vincent Raymond | Jeudi 12 mars 2020

Juliette Binoche : « Il y a une rebelle chez moi »

Juliette, êtes-vous une "bonne épouse" ? Juliette Binoche : Je suis parfaite : je fais la cuisine, je repasse, je couds (rires). Martin Provost : J’en sais quelque chose : sur le plateau, c’était un régal… JB : Sinon il ne m’aurait pas castée ! (rires) Heureusement que c’est un film… Vous connaissiez le cinéma de Martin ? JB : Oui ! Il a une façon d’aimer les personnages qu’il filme et d’avoir un sens du féminin. Et d’aborder les thèmes que je trouve importants comme l’artiste et la création : dans Séraphine, je trouve ça passionnant. Martin est quelqu’un qui aime la vie. On rit et on s’entend souvent sur les mêmes choses. Notre rencontres était évidente, je dirais. Martin, comment êtes-vos tombé sur l’existence de ces "écoles ménagères" ? MP : Par une ami

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"La Bonne Épouse" : l’école des femmes

ECRANS | Un long-métrage féministe qui laisse une petite place à une histoire d'amour : porté par une jolie distribution, le nouveau film de Martin Provost est plutôt réussi. Grâce notamment à un second degré réjouissant.

Vincent Raymond | Mardi 10 mars 2020

La brutale disparition de son époux oblige Paulette Van Der Beck à prendre les commandes de l’école ménagère familiale en déclin qu’il était censé diriger. Mais en cette veille de Mai-68, les jeunes élèves ne tiennent plus à devenir des fées du logis soumises en tout point à leur mari… Sortant avec une certaine malice quelques jours après que l’on a célébré la Journée internationale des droits des femmes, La Bonne Épouse rappelle avec un second degré évident les vertus et commandements jadis prodigués aux jeunes filles ; le hiatus entre les us de l’époque patriarcale serinés par une institution vitrifiée dans la tradition et l’éclosion d’une nouvelle société n’en paraît que plus comique ! Dans cette ambiance provinciale patinée façon Choristes, Martin Provost bénéficie de surcroît d’un trio féminin de choc : Juliette Binoche (apprêtée et maniérée comme Micheline Presle dans Les Saintes Chéries) en directrice prenant la vague de l’émancipation féminine, Yolande Moreau en vieille fille éberluée par ces c

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Écrans magiques

Festivals | Présente dans la programmation des festivals de cinéma Voir Ensemble, À vous de voir et Plein les yeux, l’animation japonaise jeune public n’a pas toujours profité d’une telle reconnaissance. Retour sur les raisons de ce (tardif) changement de statut et décryptage de quelques-uns des films à l’affiche ces prochains jours.

Damien Grimbert | Mardi 18 février 2020

Écrans magiques

C’est une histoire désormais bien connue. À l’origine de nombreux films remarquables depuis la fin des années 50, et bénéficiant d’une présence sur les (petits) écrans français dès la fin des années 70, l’animation japonaise jeune public a néanmoins dû attendre l’orée des années 2000 pour enfin commencer à être reconnue à sa juste valeur. S’il n’est pas le premier film d’Hayao Miyazaki à être sorti dans les salles françaises et d’une certaine reconnaissance critique (Porco Rosso, Mon Voisin Totoro et Princesse Mononoké lui avaient auparavant pavé la voie), Le Voyage de Chihiro est en revanche sans conteste celui par le biais duquel tout a changé. Immense succès public (1, 34 million d’entrées l’année de sa sortie en France), le métrage a ainsi permis à l’intégralité des productions du Studio Ghibli de s’imposer en véritables incontournables, et modifié irrémédiablement le regard porté par le grand public sur les films d’animation en provenance du Japon. Ouvrant de fait la voie, quelques années plus tard, à toute une nouvelle génération de réalisateurs (Mamoru Hosoda, Makoto Shinkai, Masaaki Yuasa, Keiichi Hara…), qui n’auraient sans doute jama

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"J’ai pas toujours dansé comme ça" : autoportrait d’un jeune danseur en feu

Danse | Arrivé à Grenoble en provenance du Cameroun alors qu'il n'avait que sept ans, Bouba Landrille Tchouda danse depuis qu'il est enfant. D'où l'idée et l'envie de présenter un solo sur son parcours.

Aurélien Martinez | Mardi 28 janvier 2020

« On n’avait pas besoin de cours de danse, on se jetait juste par terre sur le bitume et c’était tout de suite génial. On dansait pour être ensemble. » Son arrivée gamin à Grenoble depuis le Cameroun et le froid inattendu qui l’a saisi ; sa découverte de la danse et notamment de la capoeira qui a enrichi son hip-hop ; son premier spectacle vu au Cargo (aujourd’hui MC2) qui le fit carrément pleurer ; les rencontres qui, ensuite, changèrent sa vie (notamment Jean-Claude Gallotta)… Avec J’ai pas toujours dansé comme ça, le chorégraphe et danseur Bouba Landrille Tchouda propose un court solo dans lequel il raconte autant qu’il danse ses débuts – il va jusqu’en 2001, année de la fondation de la compagnie Malka. Un solo qui, paradoxalement, peut parler autant à celles et ceux qui le fréquentent et connaissent la vie culturelle grenobloise qu’aux autres, tant sa narration et ses questionnements embrassent large. Bouba Landrille Tchouda ne réécrit pas son histoire pour se donner le beau rôle, ce qui donne une réelle sincérité

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"Nous, l’Europe, banquet des peuples" : ensemble, tout redevient possible

Théâtre (mais pas que) | « Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes », écrivait en 1952 Jean Monnet, fondateur de la Communauté européenne. C’est beau. Sauf que (...)

Aurélien Martinez | Mardi 7 janvier 2020

« Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes », écrivait en 1952 Jean Monnet, fondateur de la Communauté européenne. C’est beau. Sauf que cette aventure humaine, cette utopie progressiste, a du plomb dans l’aile en ce début de XXIe siècle. D’où le spectacle Nous, l’Europe, banquet des peuples que le metteur en scène et compositeur Roland Auzet a dévoilé cet été au Festival d’Avignon, et qui tourne depuis. Un long chant d’après un texte de l’auteur Laurent Gaudé pour défendre l'idée d'une Europe ouverte, inclusive, humaniste... Et une pièce qui prend la forme d'un grand cabaret de 2h30 avec, sur le plateau, tout un tas de monde – des comédiens et comédiennes de diverses nationalités, un grand chœur… L’ambition est aussi belle que les intentions de Monnet. Alors certes, ça part dans tous les sens (même s'il y a une sorte de fil conducteur chronologique démarrant il y a presque deux siècles), on se noie parfois entre les tableaux (malgré, paradoxalement, le côté didactique de l'aventure), mais en ressort un enthousiasme généreux grâce, notamment, à quelques passages musicaux captivants et

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"Rose Valland, en quête de l'art spolié" : l’espionne qui aimait les œuvres d’art

Exposition | Figure atypique de la Résistance, originaire de Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, Rose Valland contribua à retrouver la trace de bon nombre d’œuvres d’art dérobées par les nazis. Organisée par le Musée dauphinois l’exposition « Rose Valland. En quête de l’art spolié », lui rend hommage et nous offre l’occasion de revenir sur son étonnante carrière.

Benjamin Bardinet | Mardi 12 novembre 2019

La "mode" a parfois de bons côtés. Ces dernières années, il s’agit de redonner aux figures féminines la place qui leur revient. Rose Valland, avec la réédition de son autobiographie et la publication de nombreux livres qui lui ont été consacrés, fait partie des récentes bénéficiaires de cette tendance. Toutefois, il est nécessaire de mettre en perspective un autre élément de contexte historique qui a contribué à sa réhabilitation : depuis 1997, le gouvernement français a mis en place une véritable étude sur la spoliation des biens juifs en France, sujet auquel Rose Valland eut le courage de s’atteler dès le début des faits, alors même que la Wehrmacht occupait Paris et que sa possible défaite était de l’ordre de la science-fiction. Revenons brièvement sur le parcours exemplaire de cette isèroise de condition modeste pour mieux comprendre son engagement. Entrée en résistance Rapidement montée à Paris pour terminer ses études aux Beaux-Arts, Rose Valland mène conjointement un cursus à l’École des hautes études et à l’École du Louvre où elle soutient sa thèse. Dans un milieu encore largement dominé par les hommes, bien que bardée de

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Rencontres autour du film ethnographique : voyage au bout de la nuit

Festival | Pour leur 23e édition, les Rencontres autour du film ethnographique se focalisent sur le thème alléchant de la nuit. Et proposent, du vendredi 8 au lundi 18 novembre, une programmation d’une époustouflante diversité dans son contenu mais également sa forme.

Damien Grimbert | Mardi 5 novembre 2019

Rencontres autour du film ethnographique : voyage au bout de la nuit

On ne va pas se mentir. Pour le néophyte, un festival dédié au film ethnographique peut a priori sembler une proposition un peu pointue, voire intimidante. Ce dont a parfaitement conscience Jacopo Rasmi, coordinateur du festival aux côtés de Nina Moro : « On est très attentifs à cette notion d’accessibilité : on essaie de construire une programmation très variée, pour permettre au public d’entrer dans le festival avec des films immédiatement abordables pour ensuite transiter vers d’autres formes de cinéma plus exigeantes ou expérimentales. Il y a vraiment l’idée d’accompagner chaque spectateur, à la fois par le biais d’intervenants, qui vont pouvoir créer une forme d’échange entre le film et le public, et par la création de moments de convivialité où l’on peut boire un verre, manger, discuter de manière informelle… ». À ce titre, l’espace du Train Fantôme de la compagnie Ici Même, à côté de l’Estacade, se transformera le temps du festival en une sorte de quartier général permanent pour accueillir le spectateur. Errances nocturnes

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"Le Char et l'Olivier, une autre histoire de la Palestine" : sacré enfer !

Cinema | De Roland Nurier (Fr., 1h41) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Un retour sur la douloureuse situation actuelle des Palestiniens tentant d’expliquer comment (et par qui) leur pays leur a été confisqué, appuyé par les témoignages de nombreux intellectuels, diplomates palestiniens ou non, juifs ou non… Reconnaissons à Roland Nurier du courage d’avoir par ce documentaire voulu aborder l’une des questions les plus épineuses et les plus vitrifiées du monde. Surtout en assumant de partager le point de vue des Palestiniens – sans acrimonie de ton ni hostilité de principe vis-à-vis des Israéliens, c’est important de le préciser. Car ce genre de position vaut en général à qui la tient des volées d’anathèmes et des accusations infamantes de révisionnisme et/ou d’antisémitisme. Or le propos n’est pas de s’abriter derrière la contestation de l’existence de l’État d’Israël (c’est son lieu d’implantation qui est critiqué) pour manifester un archéo-néo-antisémitisme putride, mais d’empiler des faits historiques incontestables en les recontextualisant. Entre autres, que le sionisme théorisé par Herzl était contemporain des grandes politiques colonialistes, ou que la culpabilité ressentie par la

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Les six expositions à ne pas louper cet automne à Grenoble (avec, forcément, Picasso)

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Suivez-nous au Musée de Grenoble, au Centre du graphisme ou encore dans divers musées départementaux.

La rédaction | Mardi 24 septembre 2019

Les six expositions à ne pas louper cet automne à Grenoble (avec, forcément, Picasso)

Picasso, au cœur des ténèbres (1939-1945) Blockbuster en perspective ! Mais attention, si le Musée de Grenoble consacre une exposition à ce monstre sacré de la création du XXe siècle qu’est Picasso, c’est pour se pencher sur une période peu connue et peut-être pas toujours facile à aborder : celle des années de guerre. Pas d’œuvres archi-connues à l’horizon, ni aucune représentation directe de la guerre, mais plutôt une sorte de journal intime et pictural de ces années sombres que le maître espagnol choisit, a contrario de bon nombre d’artistes, de passer à Paris, sous occupation allemande… Au Musée de Grenoble du 5 octobre au 5 janvier Alain Le Quernec, du dernier cri Alain Le Quernec a la particularité d’avoir toujours mené conjointement sa carrière de graphiste à celle de professeur d’arts plastiques. Un goût pour la pédagogie qu’il tient peut-être de sa formation avec un affichiste polonais dont il a suivi la formation et auquel le centre du graphisme a rendu ho

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Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Un programme entre solo, chorégraphie de groupe, reprise bienvenue ou encore concours tourné vers l'avenir.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Vertikal À chaque spectacle, Mourad Merzouki confronte la danse hip-hop à une difficulté qui lui donne matière à création. Ce furent la musique baroque (Boxe, boxe), les arts numériques (Pixels) ; voici qu'il titille la verticalité du plateau avec des murs mouchetés de prises d'escalade et des déplacements latéraux. Si, au début, ses danseurs sont trop la démonstration de tous les mouvements possiblement réalisables avec cette contrainte et que le chorégraphe multiplie les séquences de danse qu'il superpose (on ne sait plus où et qui regarder), peu à peu, il oublie l'épate et se dégage alors une sensation d'apesanteur : les interprètes s'emparent des accroches du mur avec une facilité feinte. Et sa troupe respire avant d'embrayer sur un bouquet final saisissant. À la MC2 du mercred

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Les sept merveilles de la saison prochaine

Saison 2019/2020 | Chaque année en septembre, nous sortons notre panorama de rentrée culturelle nourri en conseils culturels de tous ordres. Mais comme nous n’avons pas envie de vous laisser dépourvu l’été venu, voici un avant-goût centré sur les spectacles à d’ores et déjà réserver dans les salles de l’agglo pour ne pas se trouver bête lorsque la billetterie affichera complet.

La rédaction | Mardi 2 juillet 2019

Les sept merveilles de la saison prochaine

Ash Le chorégraphe Aurélien Bory réalise souvent des portraits dansés de femme. Après Stéphanie Fuster et Kaori Ito, il a travaillé avec l’interprète indienne Shantala Shivalingappa. Le résultat est un solo envoûtant construit avec de nombreuses images évocatrices, notamment grâce à de la cendre au sol ou encore à une immense feuille de papier en fond de scène qui sert de percussions. Et à la présence magnétique de la danseuse, entre tradition et modernité. À l’Hexagone (Meylan) mardi 26 et mercredi 27 novembre L’Homme à tête de chou Créée en 2009 d’après l’album de Serge Gainsbourg repris par Alain Bashung (que l’on entend sur la bande-son mais que l’on n’a jamais vu sur scène, son état de santé à l’époque puis, factuellement, sa mort ne lui ayant pas permis d’être face au public), cette chorégraphie de Jean-Claude Gallotta est une pure merveille chargée en émotions qui n’est pas écrasée par ce double hommage (ce que l’on aurait pu craindre), mais au contraire aérée par la grammaire "gallottienne" ici à

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Les trois soirées de la mi-juin

Soirées | Suivez-nous au Vieux Manoir, à l'Ampérage et à la Bobine.

Damien Grimbert | Lundi 10 juin 2019

Les trois soirées de la mi-juin

14 & 15.06.19 > Vieux Manoir Manoir Solidaire C’est le genre d’initiative qu’on ne peut que cautionner : vendredi 14 et samedi 15 juin au club le Vieux Manoir, l’entrée sera délivrée gratuitement en échange d’une denrée alimentaire non périssable (riz, pâtes, conserves…) qui sera reversée aux Restos du cœur. L’occasion rêvée de découvrir aux platines un line-up composé de quelques-unes des principales forces vives de la scène électronique locale, avec Tauceti (photo), Jissbass et Endrik Schroeder le vendredi, et Easy Tiger, Vouiz, Polaar et Sinnermen le samedi. 15.06.19 > Ampérage Subversion #7 Lancées à l’automne dernier, les soirées Subversion du collectif The Dare Night auront vu en l’espace de six éditions défiler la crème de la nouvelle scène techno, indus et EBM européenne, dans une ambiance exaltée. Pour ce septième et ultime volet en forme de bouquet final, c’est le Berlinois Inhalt der Nacht qui tiendra le haut du pavé avec un DJ-set de 3h. Également au line-up, deux lives haute intensité, l'un signé par le duo toulousain Imperial Black Unit et l'autre par

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"Wonderland, le royaume sans pluie" de Keiichi Hara sera en avant-première samedi au Méliès

ECRANS | Connu pour Un été avec Coo (2007) ou Miss Hokusai (2015), Keiichi Hara fait partie de la nouvelle génération d’auteurs d’animes japonais. Dans ses films, (...)

Élise Lemelle | Mardi 11 juin 2019

Connu pour Un été avec Coo (2007) ou Miss Hokusai (2015), Keiichi Hara fait partie de la nouvelle génération d’auteurs d’animes japonais. Dans ses films, il développe des thématiques singulières comme la critique des médias, la recherche des origines ou encore la cruauté des humains envers la nature. Sélectionné en compétition officielle au prestigieux Festival d'animation d’Annecy, son nouveau long-métrage Wonderland, le royaume sans pluie, en salle fin juillet, sera présenté en avant-première exceptionnelle samedi 15 juin à 13h45 au Méliès, en sa présence. On appelle ça un événement.

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"Happy Manif" : alors on danse ensemble avec David Rolland

Danse | Attention, spectacle participatif ! Avec Happy Manif, à vivre en plein air mercredi 15 mai à 15h et 19h30 à La Tronche grâce à la Faïencerie, le (...)

Nadja Pobel | Mardi 30 avril 2019

Attention, spectacle participatif ! Avec Happy Manif, à vivre en plein air mercredi 15 mai à 15h et 19h30 à La Tronche grâce à la Faïencerie, le chorégraphe David Rolland (un diplômé en pharmacie qui fut l'interprète de Blanca Li ou Odile Duboc) demande aux spectateurs de jouer le jeu. Casque vissé sur les oreilles, chacun exécute ainsi les demandes des chefs de bande. On voyage alors à travers l'histoire de la danse en reproduisant (ou en tentant de reproduire !) des gestes d’Anna Halprin, Vaslav Nijinski, Isadora Duncan ou encore Merce Cunningham. « La voix favorise à la fois des moments de contemplation (regarder un même paysage en écoutant différentes musiques) et des temps d’expérimentation physique (vibrer comme une feuille, apprendre à faire onduler ses bras…) » (extrait de la note d’intention). Une proposition tout autant ludique que riche en informations qui contribue parfaitement à désacraliser le spectacle vivant – si tant est qu’il le faille.

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"M" : maudite communauté ultra-orthodoxe

ECRANS | De Yolande Zauberman (Fr, 1h46) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 19 mars 2019

Israël. Ancien enfant-chanteur, Menahem a été abusé sexuellement par plusieurs membres de sa yeshiva. L’homme qu’il est devenu s’est éloigné de la religion et de sa famille. Quinze ans plus tard, il revient dans le quartier orthodoxe de Bnei Brak pour faire la lumière sur ce passé occulté... Comme en écho au Grâce à Dieu de François Ozon, la documentariste Yolande Zauberman met ici en accusation le silence coupable d’une communauté qui, par omission ou au nom d'une solidarité aveugle revendiquée par de supposées traditions, a laissé commettre non pas un mais plusieurs crimes pédophiles. Son immersion documentaire dans Bnei Brak accompagne Menahem entre élégie et résilience sur le difficile chemin de la révélation et de ses réconciliations. Dans le même temps, elle révèle une invraisemblable quantité de tabous comme l’obscurantisme régnant autour des questions intimes chez les ultra-orthodoxes – la méconnaissance du sexe opposé n’en constituant que la surface. Heureusement, il semble qu’une nouvelle gé

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"Rebelles" : le crime conserve

ECRANS | de Allan Mauduit (Fr, 1h27) avec Cécile de France, Yolande Moreau, Audrey Lamy…

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Une ex-reine de beauté passée de la pole danse à Pôle Emploi, tout juste embauchée dans une conserverie, tue par accident le contremaître qui tentait de l’agresser. Avec l’aide de deux collègues, elle fait disparaître le corps et découvre que le vilain cachait un sacré magot… Cette comédie sociale aux allures de de western made in Hauts-de-France possède de bons atouts dans son jeu, à commencer par son trio d’actrices (Cécile de France, Yolande Moreau et Audrey Lamy) rompues à tous les registres, et souvent engagées dans des rôles où l’humanisme affleure sous l’humour. Leur alliance tient de surcroît de la synergie de caractères, rappelant ces buddy movies tels que Comment se débarrasser de son patron (1980) de Colin Higgins, usant de la blague parfois lourdingue pour promouvoir la libération féminine d’une masculinité aussi dominatrice que débile – il y a d’ailleurs ici quelques furieux spécimens d’abrutis. Allan Mauduit aurait toutefois gagné à creuser davantage vers Petits meurtres entre amis (1994), son humour noir restant encore un peu pâle, surtout comparé à des productions a

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Denys Arcand : « Le cadre du thriller est comme celui de la tragédie »

ECRANS | Conteur jovial à la vue perçante, Denys Arcand analyse la société avec une précision clinique et livre des constats doux-amers sur son évolution. Entre polar et comédie, "La Chute de l'Empire américain", nouvel opus de sa trilogie (après "Le Déclin de l'Empire américain" et "Les Invasions barbares") teinté de philosophie, fait mal à la conscience. Rencontre.

Vincent Raymond | Jeudi 21 février 2019

Denys Arcand : « Le cadre du thriller est comme celui de la tragédie »

À quel moment avez-vous choisi la tonalité de votre nouveau film La Chute de l'Empire américain ? Denys Arcand : Je ne sais jamais quel film je vais commencer quand j’en termine un ! Là, il s’était produit une espèce de règlement de comptes à Montréal : un chef de gang noir avait été abattu pour avoir prêté allégeance au "mauvais" leader de la mafia calabraise. Ce chef de gang avait une fausse boutique de mode dans le centre de Montréal, qui en fait était une banque : rien que dans la section ouest de Montréal, son commerce récoltait cinq millions de dollars par mois et lessivait l’argent. Dans mon film, on a la récolte de deux mois. Le patron de la mafia calabraise a décidé de l’exécuter, et il y a plusieurs morts. Ça a été extrêmement violent, d’autant que ça s’est passé à midi et demi en plein milieu de rues passantes. J’ai pris des notes, j’ai rencontré un inspecteur de police mêlé à l’histoire et j’ai commencé à m’intéresser à la manière dont on pouvait fa

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"La Chute de l’Empire américain" : Denys Arcand, troisième claque

ECRANS | de Denys Arcand (Qué, 2h09) avec Alexandre Landry, Maripier Morin, Rémy Girard…

Vincent Raymond | Lundi 18 février 2019

Docteur en philosophie, Pierre-Paul est accablé par la conscience de son savoir comme par l’état du monde. Bénévole auprès de nécessiteux, il livre des colis pour subsister. Son existence va changer quand, témoin d’un hold-up, il récupère une énorme somme appartenant à un gang… Annoncé comme le troisième opus complétant Le Déclin de l’Empire américain (1987) et Les Invasions barbares (2003), ce film boucle une manière de trilogie où la continuité s’effectuerait non dans la poursuite des aventures des personnages des épisodes précédents, mais à travers une analyse de l’air du temps. Comme si le réalisateur Denys Arcand carottait tous les quinze ans l’atmosphère québécoise et l’interprétait en une pièce cinématographique. Seule constante : des héros déboussolés, déphasés par rapport au cours de l’époque. Cette Chute… pourrait bien être l’apogée de la trilogie. Car elle combine une intrigue de polar solidement ficelée à des paradoxes d’éthique à tiroirs (un bien illégal mal acquis peut-il profiter si les intentions sont louables ? des voleurs de voleurs méritent-ils d'échappe

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"La Balade sauvage" : balade culte signée Terrence Malick

ECRANS | Galvaudée par force d'emplois inappropriés, l’expression a perdu de sa substance. Mais en toute objectivité, La Balade sauvage (1973) – Badlands de son (...)

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Galvaudée par force d'emplois inappropriés, l’expression a perdu de sa substance. Mais en toute objectivité, La Balade sauvage (1973) – Badlands de son titre original – mérite son qualificatif de film fondateur. Mettant en vedette Sissy Spacek et Martin Sheen autant qu’il valorise leur jeunesse, ce premier long-métrage d’un cinéaste au caractère déjà bien trempé, Terrence Malick, est emblématique d’un cinéma volontiers divergent pratiqué par le Nouvel Hollywood : cassant les codes et les "bonnes pratiques" héritées des années Hays (du nom de ce code américain de censure appliqué à partir des années 1930). Comme dans Bonnie and Clyde (1968), on y suit un couple d’amants s’engageant dans un road-movie meurtrier ; comme dans Macadam Cowboy (1969), un duo d’anti-héros aux rêves trop grands est voué à une fin pathétique – le "happy ending" n’est plus de rigueur dans une Amérique aux espoirs fanés, glissant dans le désenchantement social et payant la facture de la guerre du Vietnam. Demeure dans cette histoire d’amours adolescentes contrariées la

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"Border" : la pas si monstrueuse parade

ECRANS | La rencontre de deux êtres à la monstruosité apparente, une enquête sur des monstruosités cachées et des éveils sensuels peu humains… Chez Ali Abbassi, la Suède est diablement fantastique et plus vraie que nature.

Vincent Raymond | Mardi 8 janvier 2019

Dotée d’un physique ingrat, Tina possède un odorat hors du commun lui permettant de repérer les fraudeurs à la frontière où elle est douanière. Un jour, elle détecte Vore, suspect au physique aussi repoussant que la sien. En sa compagnie, elle va découvrir qui elle est réellement… Par ses personnages rivalisant avec l’immonde Jo "Le Ténia" Prestia (Irréversible) ou le répugnant Willem "Bobby Peru" Dafoe (Sailor & Lula), le cinéaste Ali Abbasi interroge ici en premier chef la féconde question de la monstruosité, travaillant le traditionnel syntagme affichée/effective : la disgrâce physique n’étant pas le réceptacle obligé d'une âme hideuse. Le fantastique abonde d’exemples contraires : souvenons-nous de Freaks ou de La Belle et la Bête. Mais s’il tient du conte initiatique, Border ne se borne pas à traiter des seules apparences et oppositions ; il explore cette zone grise, intermédiaire, aux contours indistincts et flous constituant la frontière, dans les nombreuses acceptions du concept. Et montre que toute démarcation doit être perçue comme relative, surtout quand on la donne

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"Sugarland" en ciné-débat ce jeudi au Club

ECRANS | Vous avez encore le goût de la bûche en fond de gorge, des chocolats gloutonnement engouffrés avant la nouvelle année et un embryon de culpabilité au moment (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 janvier 2019

Vous avez encore le goût de la bûche en fond de gorge, des chocolats gloutonnement engouffrés avant la nouvelle année et un embryon de culpabilité au moment d’enchaîner les sempiternelles galettes des rois ? Vous êtes mûr·e pour, jeudi 10 janvier à 20h au Club, (re)voir le documentaire de Damon Gameau Sugarland (2018) révélant la caramélisation extrême de nos organismes, conditionnés par une industrie agro-alimentaire avide de nous faire avaler par quintaux un sucre aussi inutile qu’addictif. Une séance suivie d’un débat proposée par l’Association française des diététicien nutritionnistes. Bon appétit !

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"I Feel Good" : faible fable

ECRANS | de Benoît Delépine & Gustave Kervern (Fr, 1h43) avec Jean Dujardin, Yolande Moreau, Jean-Benoît Ugeux…

Vincent Raymond | Lundi 24 septembre 2018

Partisan du libéralisme et du moindre effort depuis sa naissance, Jacques (Jean Dujardin) est convaincu qu’il aura un jour l’idée qui le fera milliardaire. C’est pourtant en peignoir qu’il débarque chez sa sœur Monique (Yolande Moreau), à la tête d’une communauté Emmaüs. Fauché comme les blés, mais avec une idée… Les Grolandais ont fait suffisamment de bien au cinéma ces dernières années pour qu’on ne leur tienne pas rigueur de cet écart, que l’on mettra sous le compte de l’émotion suscitée par la disparition prématurée de leur président Salengro le 30 mars dernier. Le fait est que la greffe Dujardin ne prend pas chez eux, même si son personnage est censé porter des valeurs totalement étrangères à leur cosmos habituel. Sans doute s’agit-il de deux formes d’humour non miscibles, faites pour trinquer hors plateau, pas forcément pour s’entendre devant la caméra. I Feel Good se trouve aussi asphyxié par son manque d’espace(s). Baroque et hétéroclite, le décor de la communauté est certes inspirant, avec ses trognes explicites et son potentiel architectural (hélas sous-exploité), mais Delépine

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Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec des grands noms de la danse contemporaine comme des plus confidentiels mais non moins passionnants.

La rédaction | Mardi 18 septembre 2018

Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Comme un trio « La littérature, pensais-je, pouvait peut-être encore faire danser les mots, ces mots qui attendent patiemment qu’on les pousse dans un corps brûlant les pieds sur demi-pointe. » Voilà ce qu’écrit le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta en note d’intention de sa prochaine création qu’il dévoilera en avant-première fin septembre à la MC2. Une pièce pour trois interprètes basée sur le fameux Bonjour Tristesse de Françoise Sagan, roman culte plein de fougue. On en attend beaucoup. À la MC2 jeudi 27 septembre et du mardi 11 au samedi 15 décembre À l’Agora (Saint-Ismier) vendredi 28 septembre À l’Oriel (Varces) samedi 29 septembre SEИS La compagnie Arcosm, qui fut en résidence les trois dernières saisons à la Rampe, reviendra à Échirol

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Quantic, la musique en toute décontraction

Concert | « Après une tournée mondiale à guichets fermés, le prolifique producteur et multi-instrumentiste anglais basé à New York sera à Grenoble le lundi 9 juillet » annonce fièrement la Belle électrique. On vous en dit plus.

Damien Grimbert | Mardi 3 juillet 2018

Quantic, la musique en toute décontraction

Pour peu que vous ne soyez pas un spécialiste affûté des sonorités soul, funk, jazz, cumbia, salsa et bossa-nova, et que vous ayez manqué son remarqué passage au festival Jour & Nuit en 2014, il est probable que le nom de Quantic vous dise vaguement quelque chose… sans réussir à le replacer plus précisément. Il faut dire aussi que le DJ et musicien multi-instrumentiste (guitare, basse, piano, orgue, saxophone, accordéon, percussions…) semble tout faire pour brouiller les cartes. De son Angleterre natale à la Colombie où il part s’installer en 2007, en passant par Brooklyn où il réside désormais, Will Holland de son vrai nom a en effet enregistré pas moins d’une vingtaine d’albums depuis le début des années 2000. Certains en solo, d’autres en collaboration avec des chanteuses (comme Alice Russell, ou plus récemment Nidia Góngora), et la plupart, enfin, au sein de différents groupes de sa création (Quantic Soul Orchestra, Ondatrópica, Flowering Inferno… pour ne citer que les plus prolifiques). Seule constante pour ce musicien inépuisable, un sens du groove irréprochable, et une capacité à mettre en transe chacune des scènes qu’il traverse. Parions qu

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Une toile sous les étoiles : notre sélection de films en plein air pour cet été

Sélection | Des amis et/ou de la famille, le soleil qui se couche, une petite couverture pour s’asseoir, un écran géant et des bons films : comme chaque été, les communes de l’agglomération grenobloise proposent plusieurs séances de cinéma en plein air à celles et ceux qui ne passent pas les deux mois d’été au bord de la mer (ou ailleurs). Sélection du meilleur, en toute subjectivité bien sûr.

La rédaction | Mardi 3 juillet 2018

Une toile sous les étoiles : notre sélection de films en plein air pour cet été

L’Ascension Lundi 9 juillet à Échirolles (Village Sud, placette Pôle Jacques-Prévert) Lundi 30 juillet à Saint-Martin-d’Hères (terrain sportif Henri Maurice) Vendredi 17 août à Saint-Égrève (parc de l'Hôtel de Ville) Jeudi 30 août à Eybens (devant le CLC) L’an passé sortait en salle ce feel-good movie multipliant les plans plein cadre sur des personnages aux mines réjouies et bienveillantes, respirant l’air pur des montagnes et le bonheur de vivre. Soit l’histoire d’un jeune gars de Saint-Denis parti sans préparation aucune à l’assaut de l’Everest afin de conquérir la fille dont il est épris. Pas révolutionnaire, mais sympathique… Ma vie de courgette Mercredi 11 juillet à Fontaine (parc de la Poya) Jeudi 12 juillet à Grenoble (jardin du Musée de l’Ancien Évêché) Jeudi 19 juillet à Grenoble (parc Soulage) Jeudi 2 août à Crolles Là, on est sur l’un des meilleurs films de 2016 grâce à sa délicatesse, sa sensibilité dépourvue de sensiblerie et son

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Avec Bouba Landrille Tchouda, les amateurs mènent la danse

Danse | Samedi 2 juin aura lieu à l’Heure bleue la première de "Vies violences – Les gens d’à côté", création montée par la compagnie Malka avec des danseurs amateurs. Le chorégraphe Bouba Landrille Tchouda nous en dit plus.

Alice Colmart | Mardi 29 mai 2018

Avec Bouba Landrille Tchouda, les amateurs mènent la danse

Au Petit Bulletin, on connaît bien le travail entre hip-hop et danse contemporaine du chorégraphe Bouba Landrille Tchouda. Mais avec Les gens d’à côté, deuxième épisode de son triptyque Vies violences, ce dernier a changé de créneau. « C’est un projet qui me tenait à cœur depuis la création de la compagnie Malka. Je voulais construire un spectacle réunissant seulement des amateurs dont aucun ne serait auditionné à l’avance » nous explique-t-il. Ainsi, depuis plusieurs mois, des jeunes participants venus de Grenoble, Échirolles et Saint-Martin-d’Hères répètent ensemble sur le thème sensible qu’est la violence. « On a réfléchi en groupe sur ce qui pouvait nous interpeler, nous comme nos voisins, comme étant violent. Et on a monté une chorégraphie qui ne raconte pas la violence mais esquisse des sensations de violence...» Des danseurs, des vrais Si le travail mené tout au long des répétitions avec ces amateurs « n’a pas été le même qu’avec des professionnels », Bouba Landrille Tchouda n’a pourtant pas lésiné sur le niveau d’exigence. « Tu nous

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Florence Verney-Carron : « Je ne pense pas que Tomorrowland provoque un déséquilibre »

ACTUS | Alors qu'une nouvelle tribune, initiée cette fois par les grands festivals de musiques électroniques de tout le pays, demande aux élus d'être plus attentifs à l'écosystème français, Florence Verney-Carron, vice-présidente à la culture de la Région, a tenu à s'exprimer au sujet de la fronde des acteurs culturels locaux face à la subvention accordée au festival belge Tomorrowland.

Sébastien Broquet | Mardi 3 avril 2018

Florence Verney-Carron : « Je ne pense pas que Tomorrowland provoque un déséquilibre »

Au tour des festivals de musiques électroniques de l'ensemble du pays de réagir à l'arrivée de Tomorrowland à l'Alpe d'Huez. Une tribune est parue via le magazine Trax, signée par tous les grands acteurs de la techno et de ses dérivés, parmi lesquels Nuits sonores, Weather Festival, Astropolis, Positive Education à Saint-Étienne, Tapage Nocturne et bien sûr Holocène, directement impacté puisque se déroulant à Grenoble à la même période que l'événement hivernal de la franchise belge. « Si nous voulons faire face à l'hégémonie des multinationales du divertissement qui s'implantent en France et se livrent une guerre à coups de millions d'euros, et préserver notre

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Tomorrowland : « Le festival sera porté sur les délégations tourisme et économie » annonce finalement la Région

ACTUS | Les services culturels de la Région ont reçu mercredi 21 mars des représentants du milieu de la culture pour déminer le front de protestation s'étant érigé face à l'annonce de Laurent Wauquiez de vouloir subventionner à hauteur de 400 000 euros le festival commercial Tomorrowland. On fait le point.

Sébastien Broquet | Jeudi 22 mars 2018

Tomorrowland : « Le festival sera porté sur les délégations tourisme et économie » annonce finalement la Région

La mobilisation de plusieurs acteurs régionaux des musiques actuelles n'est pas restée lettre morte du côté de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Les services de la Région ont annoncé mercredi 21 mars à leurs représentants que le budget culture ne serait finalement pas impacté par l'arrivée du festival belge Tomorrowland. « Notre région peut se réjouir d’avoir réussi à capter un événement d’envergure internationale. C’est la raison pour laquelle ce festival sera porté sur les délégations tourisme et économie. Le budget culture ne sera pas impacté » a précisé jeudi 22 mars la Région dans un nouveau communiqué, à rebours du précédent envoyé le vendredi 9 mars dans lequel Laurent Wauquiez était alors très clair sur "l'ambition culturelle" du projet : « Tomorrowland Winter sera un événem

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Alpe d'Huez : Laurent Wauquiez s'extasie pour le festival Tomorrowland à hauteur de 400 000 euros

ACTUS | Tomorrowland, l'un des plus gros festivals du monde basé à Anvers, installera du 13 au 15 mars 2019 une édition hivernale à l'Alpe d'Huez (Isère), largement subventionnée par la Région.

Sébastien Broquet | Vendredi 9 mars 2018

Alpe d'Huez : Laurent Wauquiez s'extasie pour le festival Tomorrowland à hauteur de 400 000 euros

C'est par un communiqué de presse de la Région Auvergne-Rhône-Alpes que l'on apprend ce vendredi 9 mars l'arrivée à l’Alpe d’Huez d'une version hivernale du festival Tomorrowland. Ce festival accueille chaque année depuis 2005 à Boom, dans la province d’Anvers en Belgique, plus de 400 000 festivaliers. À l'Alpe d'Huez, 30 000 personnes sont attendues. Laurent Wauquiez, qui rêvait de son grand festival (au départ de rock, comme l'avaient révélé nos confrères de Lyon Capitale), accueille donc la grande foire de l'eurodance et ce en grande pompe : 400 000 euros de subvention vont lui être alloués, ce qui fait de la Région son premier financeur public. « Une participation inédite » dixit la Région elle-même. Ce qui démontre aussi l'incapacité du président de Région de monter ou de prendre part à un projet original, l'Alpe d'Huez s'étant portée candidate pour importer ce festival très commercial, qui avait déjà lancé des éditions au Brésil ou aux États-Unis en joint-venture avec des industriels américains du divertissement, SFX

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"England Is Mine" : il était une fois Morrissey

ECRANS | de Mark Gill (G-B, 1h34) avec Jack Lowden, Jessica Brown Findlay, Jodie Comer…

Vincent Raymond | Mercredi 14 février 2018

Binoclard passant le plus clair de son temps dans sa chambre à écrire tout le mal qu’il pense de la scène rock locale ou à mimer ses artistes vénérés, Steven Patrick Morrissey attend l’heure propice. Celle où il lâchera son boulot d’employé de bureau pour montrer ce qu’il a dans les tripes… Des tripes de végétarien, cela va sans dire pour qui connaît le prosélytisme du leader des Smiths en la matière. Mais, et c’est le moindre des mérites de ce film, il n’a rien de ces biopics ordinaires rivés sur la légende dorée de la célébrité dont ils retracent le parcours, et qui insistent sur ses particularismes ou ses épiphanies avec une discrétion de marteau-piqueur. Ici, c’est à peine si un plan sur une assiette de légumes atteste du régime non carniste du futur chanteur. Autrement dit, si son "identité végane" est prise en compte, elle n’est pas considérée comme déterminante dans sa construction artistique. Corollaire : les exégètes de Morrissey n’apprendront rien qu’ils ne sachent déjà sur leur idole ; quant à ceux qui ne le connaissent pas, ils suivront l’itinéraire d’une jeunesse britannique presque lambda, entre punk et n

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Balladur et Treasure Island : indie rock en toute décontraction

MUSIQUES | Jeudi 8 février, on a rendez-vous à la Baf avec deux duos qui promettent un beau moment de communion primitive.

Damien Grimbert | Mardi 6 février 2018

Balladur et Treasure Island : indie rock en toute décontraction

Il y a toujours quelque chose d’assez jouissif à découvrir des groupes venus d’horizons qu’on imagine plutôt abrasifs et radicaux (noise bruitiste, cold-wave glaciale…) s’ouvrir à des univers plus pop, exotiques et colorés sans jamais renier pour autant leur héritage musical et leur goût pour l’expérimentation. Déjà parce qu’ils font par là preuve d’une ouverture d’esprit et de curiosité qui fait parfois un peu trop défaut à la scène indie rock "canal historique" ; et ensuite – surtout – parce que cette rencontre entre le chaud et le froid, la pop et l’expérimental, aboutit souvent à la création d’entités sonores lo-fi superbement chamarrées, aussi inédites qu’euphorisantes. <a data-cke-saved-href="http://balladur.bandcamp.com/album/super-bravo" href="http://balladur.bandcamp.com/album/super-bravo">Super Bravo by Balladur</a> Déjà venus nous rendre visite chacun de leur côté au cours de ces dernières années, les deux duos Balladur

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Oiseaux-Tempête : étonnants voyageurs

Concert | Avec cette fois le Liban comme point d'ancrage, la formation Oiseaux-Tempête continue son voyage géographico-musical au cœur du fracas du monde. Pour un résultat magnifique et tumultueux qui, entre post-rock et jazz, restitue la crudité et la violence d'une réalité vue par le prisme d'une musique aussi organique que conceptuelle. À découvrir sur la scène de la Source.

Stéphane Duchêne | Mardi 23 janvier 2018

Oiseaux-Tempête : étonnants voyageurs

C'est dans les voyages que le groupe Oiseaux-Tempête trouve son inspiration ; et par eux qu'il s'exprime. Un voyage musical passé jusqu'ici par la Grèce (Oiseaux-Tempête en 2013) et une Turquie en pleine ébullition (Utopiya?). Cette fois, c'est le Liban qui fait office d'étape du carnet de voyage des meneurs Frédéric D. Oberland et Stéphane Pigneul sur leur dernier album en date AL-'AN (soit "maintenant" en arabe). Là, ils sont allés à la rencontre de musiciens locaux pour un trip musical qui mêle jazz, noise et post-rock et se décline en trois langues : l'anglais, l'arabe et le français. Pour eux, il s'agit ici de témoigner de la richesse culturelle de ce concentré de la culture méditerranéenne qu'est le pays du grand cèdre, mais aussi de toutes ces douleurs et de tous ces drames (Through The Speech Of Stars, qui transpose en 17 minutes le poème de l'écrivain palestinien Mahmoud Darwich Red Indian's Penultimate Speech to the White Man), tout en s'échappant au-delà des frontières des pays voisins (Damas figure sur la carte de ce disque avec Bab Sharqui).

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"Sugarland" : le sucre, notre poison quotidien

ECRANS | Pour prouver la nocivité du sucre, le documentariste australien Damon Gameau s’est imposé le régime moyen de ses compatriotes et a observé les résultats sur son organisme. Une plongée terrifiante dans nos assiettes donnant envie de gourmander nos dirigeants. Sans aucune douceur.

Vincent Raymond | Samedi 20 janvier 2018

Après avoir découvert ce documentaire, le moindre hydrate de carbone d’extraction industrielle vous semblera plus pathogène qu’un virus Ebola fourré au cyanure ; même l’écoute d’un titre de Sixto Rodriguez vous incitera à tester votre glycémie à jeun et d’expier par précaution avec une heure de step. Sortant sur les écrans en pleine période de détox, Sugarland aura-t-il une influence sur la consommation de crêpes au sucre durant la Chandeleur d’ici moins de dix jours ? Peu de chances, en tout cas, de le voir programmé dans des salles vendant du pop-corn : il y a des limites au masochisme. Le réalisateur australien Damon Gameau, lui, l’est tout de même un brin. Suivant le principe de Super Size Me (documentaire de Morgan Spurlock sorti en 2004 et consacré à l'industrie du fast-food), il s’inflige devant la caméra pendant deux mois le régime "normal" d’un de ses compatriotes comptant 40 cuillers à café de sucre quotidiennes ! Des sucres cachés, présents dans l’alimentation transformée en apparence saine et/ou bio, qu’il ingurgite donc sans même recourir à la "junk food". Évidemment cata

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"Heartstone - Un été islandais" : la vie secrète des jeunes

ECRANS | de Gudmundur Arnar Gudmundsson (Isl.-Dan., 2h09) avec Baldur Einarsson, Blær Hinriksson, Sveinn Ólafur Gunnarsson…

Vincent Raymond | Jeudi 21 décembre 2017

Un été boréal pour Thor, jeune ado coincé dans son village de pêcheurs d’Islande. Quand ses grandes sœurs ne se liguent pas pour le mettre mal à l’aise, il traîne ici ou là avec son pote Christian. Mais ce dernier éprouve plus que de l’amitié pour Thor, lequel en pince pour une fille… Ce stupéfiant premier-long métrage conjugue vision tellurique de paysages baignés d’un jour quasi constant, et regard délicat sur l’écheveau de drames intimistes se nouant parmi un groupe d’ados désœuvrés, abandonnés à leur sort – mais surtout par leurs parents. Un vertigineux contraste au service d’une histoire aussi poignante que sensible, où le cinéaste donne à partager les douleurs, les frustrations, les colères d’un âge compliqué. Amitié fusionnelle des uns, stigmatisation des autres, indifférence des adultes… C’est un tableau banal de l’adolescence, mais également une photographie nette du moment où l’expression d’une différence engendre des mises au ban du groupe aussi cruelles que soudaines. Admirablement ouvragée, cette œuvre sombre renvoie cependant une irradiante lumière. Il faut suivre de près l'Islandais Gudmundur Arnar Gudmundsson. S

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"L'Échappée belle" : vieux routards que jamais

ECRANS | de Paolo Virzì (It.-Fr., 1h52) avec Helen Mirren, Donald Sutherland, Christian McKay…

Vincent Raymond | Mercredi 3 janvier 2018

Ella et John ont décidé de rouler vers le Sud à bord de leur vieux camping-car, comme autrefois, mais à l’insu de leurs enfants – ce qui n’est pas pour les rassurer, car John est atteint d’Alzheimer et Ella d’une autre saloperie. Il s’agit sans doute de leur dernière balade en amoureux… L’affiche et la thématique visent les spectateurs et spectatrices susceptibles de s’identifier à des comédiens avec qui ils partagent, outre les tracas de l’âge, le privilège d’appartenir à une génération "à part" : celle, notamment de la libération sexuelle ou des luttes contre la Guerre au Vietnam. Voir ces témoins du "flower power" sillonner, éberlués, leur Amérique en train de se recroqueviller sur Trump ou se pencher sur les causes de la rupture générationnelle existant entre ces géniteurs décomplexés et leurs enfants bien plus coincés aurait pu s’avérer captivant. Malheureusement, les considérations socio-politiques passent au second plan, s’effaçant au profit de séquences plus "faciles" en émotions. Et si l’empathie que l’on éprouve pour le duo Mirren-Sutherland atténue l’agacement, elle ne parvient toutefois pas à dynamiser ce film souffrant d’une rédhibitoire impress

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Géométrie européenne à la Biennale internationale d’art non objectif

Exposition | Leurs lignes ne dessinent pas les contours de l’Europe, elles se diluent dans une abstraction géométrique qui défend une expression minimale. Les traits des artistes invités à la 4e Biennale internationale d’art non objectif sont cependant européens. Pour cette nouvelle édition, le commissaire et artiste Roland Orépük donne un angle politique à la manifestation et invite "Nous autres, we other" à nous retrouver aux Moulins de Villancourt autour de la création pure.

Charline Corubolo | Mardi 3 octobre 2017

Géométrie européenne à la Biennale internationale d’art non objectif

Bien avant que ne se dessine l’Union européenne que l'on connaît aujourd'hui, des artistes de différents pays se sont regroupés par goût commun ou en réaction à une mouvance artistique. C’est ainsi qu’au début du XXe siècle émerge dans cet espace européen un art qui va contre la figuration, un art qui conceptualise la création elle-même. Une abstraction qui trouve sa genèse dans une esthétique dépouillée qui se radicalise avec des artistes tels que Piet Mondrian, pour qui les couleurs et les angles droits riment avec équilibre et rythme, et Theo Van Doesburg qui, dès 1917 avec la revue De Stijl, ancre ces principes plastiques en y introduisant l’oblique. À la fin des années 1930, les tendances abstraites prolifèrent alors en se fédérant : Cercle et Carré (1929), Art Concret (1930) et Abstraction-Création (1931-1936). Irréductibles abstraits Une émulation artistique qui compte toujours des adeptes à l’orée du XXIe siècle comme en témoigne la Biennale internationale d’art non objectif qui se tient actuellement à Pont-de-Claix. Une dénomination empruntée à l’artiste Auguste Herbin qui théorise en 1949 sa peinture, faite de

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Danse : dix spectacles pour une saison

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Que les amateurs de danse se rassurent : plusieurs salles à Grenoble et dans l'agglo proposent d'excellents spectacles de danse. En voici dix, sélectionnés par nos soins.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Danse : dix spectacles pour une saison

Welcome Les spectacles interprétés par des enfants inspirent généralement au critique professionnel la plus profonde méfiance. Sauf quand c’est la chorégraphe Josette Baïz qui met en scène son groupe Grenade, composé de jeunes danseurs issus de quartiers d’Aix-en-Provence et Marseille. Dans ce cas, nos aigreurs s’envolent et l’on applaudit chaudement le résultat au vu du talent des interprètes, qui reprendront ici plusieurs pièces composées uniquement par des chorégraphes femmes comme Dominique Hervieu et Blanca Li Pochette Surprise. On sera dans la salle pour découvrir le résultat. À la Rampe (Échirolles) les 11 et 12 octobre My ladies rock L’un des tubes du chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta s’intitule

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Treasure Island : le meilleur des deux mondes

MUSIQUES | Le duo franco-japonais formé en 2010 à Osaka sera samedi 13 mai au Bauhaus Bar. Vous aussi ?

Damien Grimbert | Mardi 9 mai 2017

Treasure Island : le meilleur des deux mondes

Passionnant duo franco-japonais formé en 2010 à Osaka, Treasure Island est né d’une collaboration entre les musiciens Yann Berne (dont on avait déjà pu découvrir le projet solo lo-fi bruitiste Dokutoramo il y a de cela environ un an) et Kanako Mitsuzumi, qui gère à ses côtés le très recommandable label cassette Black Ship. Réunissant sur scène voix, guitare, synthés et tout un attirail de machines, le groupe est l’auteur d’une curieuse hybridation musicale chantée en anglais, japonais et français, à la croisée de la synth-pop vintage et d’une sorte de post-punk néo-tribal plus abrasif. De ces influences a priori antinomiques naît paradoxalement un vaste champ des possibles, où les frontières entre pop et expérimental s’effacent pour laisser place à d’étranges mélopées multilingues portées par des rythmiques complexes et envoûtantes qui ne ressemblent, et c’est suffisamment rare pour le souligner, à pas grand-chose d’autres. Auteur de multiples concerts en France, Suisse et Belgique et de deux albums sortis respectivement en 2015 et 2016, Treasure Island sera en live samedi 13 mai au Bauhaus Bar et on vous recommande chaudement de ne pas rater

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Max Graef, Bon Entendeur et Talaboman : les 3 soirées du week-end

MUSIQUES | Rendez-vous à l'Ampérage, au Vertigo et à la Belle électrique.

Damien Grimbert | Mardi 2 mai 2017

Max Graef, Bon Entendeur et Talaboman : les 3 soirées du week-end

05.05.17 > Ampérage Max Graef Nouveau collectif local en activité depuis six mois à peine, Groove Jam réunit cinq jeunes passionnés de musiques électroniques bien déterminés à redonner leur place aux sonorités house, groove et funky au sein de la nuit grenobloise. Pour leur troisième soirée de la saison, ils ont ainsi fait appel au DJ/producteur berlinois Max Graef, fondateur des labels Box Aus Holz et Money $ex Records, bien connu pour sa capacité à infuser ses sélections house de fines influences jazz, hip-hop, R’n’B et latin-funk. 05.05.17 > Vertigo Bon Entendeur Trio d’amis réunissant Pierre Della Monica et Arnaud Bonet derrière les platines et Nicolas Boisseleau au management, Bon Entendeur s’est fait connaître par le biais d’une série de mixtapes finement ciselées construites sous forme d’hommage à la culture française, entremêlant extraits d’interviews de figures patrimoniales comme Jacques Brel, Richard Bo

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