Jazz à Vienne 2015 : la programmation

MUSIQUES | La programmation de Jazz à Vienne ? Du classique jamais trop classique, des habitués qui prennent le temps de se changer, des têtes d'affiches de tous ordres. Bref, Vienne tel qu'en lui même : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Après un premier vrai-faux départ sous forme d'Extra Night avec Pharrell Williams, c'est en mode pas moins happy que va débuter cette année Jazz à Vienne le 26 juin avec un week-end aux accents carnavalesques de la Nouvelle Orléans : de la légendaire figure locale Allen Toussaint au Dirty Dozen Brass Band et à la fascinante et prometteuse Leyla McCalla. En passant, on serait tenté de dire "bien sûr", par Dee Dee Bridgewater qui, après avoir gratifié Vienne de tout le spectre esthétique de la black music, revient en compagnie du New Orleans Jazz Orchestra.

Et puisqu'on en est à parler des habitués du festival – ceux dont on a l'impression qu'ils sont là même quand ils ne le sont pas, comme Jean-Jacques Milteau, Éric Bibb, Didier Lockwood ou Éric Truffaz – on ne peut faire l'économie d'un Marcus Miller qui, en compagnie de l'ONL, dirigé pour l'occasion par Damon Gupton, retourne aux sources musicales et géographiques du jazz – un projet au départ discographique baptisé Afrodeezia et première incursion de Miller chez Blue Note.

Ou d'un George Benson qui, dans un esprit similaire, se fendra d'un tribute au crooner Nat King Cole sur lequel il travaille depuis... 30 ans.

Les ambassadeurs

Au rayon célébration, c'est quasi un auto-hommage que se fait le Golden Gate Quartet à l'occasion de ses 80 ans, dont le line-up changeant – le temps faisant son œuvre – est aussi et surtout une histoire de transmission et de mutation.

Idem pour la Family Stone, l'une des deux émanations de la formation originelle, remaniée elle-aussi, qui accompagna l'extraterrestre du funk Sly Stone ; la reformation des Ambassadeurs de Salif Keita, institution malienne des années 70 ; ou encore pour ce qui pourrait bien être l'événement du festival, la réunion de Gilberto Gil et Caetano Veloso (plus rare que son compère), pères du tropicalisme et indéfectibles amis qui s'attachent à faire infuser autant qu'à diffuser la musique brésilienne.

De retrouvailles en rencontres et expérimentations il n'y a qu'un pas franchi via le Nil par le désormais incontournable Ibrahim Maalouf et la rose anglo-égyptienne de la world music Natacha Atlas ; ou la nouvelle peau musicale d'un Tigran revenant une fois de plus métamorphosé, ici en trio lorgnant le rock progressif.

Et puisqu'on a commencé avec une "grosse tête" d'affiche, n'oublions pas Sting, reconverti musicien (alter-) mondialiste depuis quelques lustres et qui devrait faire se pâmer quelques âmes sensibles.

Jazz à Vienne
Du 26 juin au 11 juillet

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Jazz à Vienne : les derniers noms

Festival | Jazz à Vienne complète sa programmation avec quatre nouvelles soirées de choix. Revue de détail.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Jazz à Vienne : les derniers noms

Bien décidé à se tenir à peu près normalement, à partir de fin juin, Jazz à Vienne avait annoncé la majeure partie de sa programmation début avril. La voici désormais complète avec l'ajout de quelques noms et non des moindres, qui avancent le début des festivités au 23 juin. Le festival allobroge vient en effet d'annoncer la tenue de quatre nouvelles soirées au théâtre antique. Le 24 juin d'abord, une soirée New Generation en compagnie du Portico Quartet et du Tigran Hamasyan trio (auxquels s'ajouteront les talents Adami Jazz Gauthier Toux et Nils Petter Molvaer). Le 26 juin ensuite pour une soirée Brésil avec deux amis de longue date, Seu Jorge & Rogê, enfin sur scène ensemble, et une carte blanche à Lucas Santana. Le samedi 3

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Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

Festival | Et si le monde d'après commençait le 25 juin en l'antique théâtre de Vienne avec pour bande-son un peu (beaucoup) de jazz ? Alors que sonne la débandade au royaume des festivals estivaux, Jazz à Vienne veut y croire en dévoilant une programmation à l'ancienne avec de vrais musiciens à présenter à un public en chair et en os. Les promesses n'engageant que ceux qui y croient, on y croit. Un peu.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 avril 2021

 Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

18 soirées, trois hommages, huit cartes blanches, voilà ce que nous promet Jazz à Vienne pour son édition 2021 placée sous le signe de la « relance », du « combat » et de la « générosité ». Il faudra au moins ça pour que le festival débute bien le 23 juin (prochain, pas 2022) et se termine comme une fleur le 10 juillet. Ça, de bonnes doses de vaccins et accessoirement de chance aussi. Car quand on dit « voilà ce que nous promet Jazz à Vienne », il faut bien admettre qu'il s'agit davantage d'un vœu pieu déguisé en promesse de la part d'un événement malgré tout conscient du caractère incertain de l'avenir quand on se trimballe un présent pareil. Mais enfin bon puisque programmation il y a, alors parlons de programmation sans nous attarder, ça nous changera, sur les moyens de la mettre sur scène cet été et devant un public avec ça. Tout commencerait donc le 23 juin avec une soirée qui commence à trouver le temps long puisque déjà prévue pour l'an dernier : celle de l'ouverture qui accueillera le petit fiancé de Jazz à Vienne, Jamie Cullum, et

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Ibrahim Maalouf : jazz star

Concert | Les rock stars existent dans tous les domaines musicaux, même en jazz. La preuve samedi 26 octobre sur la scène du Summum.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 octobre 2019

Ibrahim Maalouf : jazz star

Du jazz au Summum ? Rare sensation, mais il faut bien avouer que le parcours d'Ibrahim Maalouf est peu commun. Le trompettiste depuis longtemps ferraille dans les chemins de traverse, puisant dans les musiques latines et la pop mainstream d'autres pistes pour nourrir ses inspirations, pour aller plus loin que la figure déjà respectée qu'il aurait pu incarner, celle d'un descendant de Miles Davis, de Jon Hassell et d'Erik Truffaz. Le Libanais, modèle d'ouverture et de subtilité, que l'on a pu voir au petit matin dans un studio de télévision après onze heures d'avion improviser avec Samy Pageaux-Waro une mélopée tirant des larmes à la maquilleuse en plateau, est capable d'initier des moments d'émotion intenses dans quasi toutes les configurations, même immenses comme le Summum. Depuis son premier album en 2007, le neveu d'Amin Maalouf n'a ainsi cessé de défricher de nouveaux territoires, allant chercher un auditoire loin d'être acquis au jazz pour le ramener dans son giron, du moins l'initier, à l'instar de S3ns, dernier album en date très accessible, pas forcément renversant, mais là n'est pas l'enjeu : Ibrahim Maalou

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"My Songs" : un jour, un des Sting

Concert | C'est en réinterprétant ses grands hits que Sting a trouvé cette année une énième manière de se réinventer, passe-temps favori de ce chanteur en perpétuelle mue. Il sera sur la scène du Summum lundi 28 octobre.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 octobre 2019

Il serait tentant de ne voir en Sting que le dinosaure en chef de ce drôle de machin mal branlé que fut le reggae blanc, puis, en solo, une sorte de crooner tantrique et engagé (l'Amazonie, sa grande cause). Et dans les deux cas un pourvoyeur de hits FM en cascade. Mais on serait loin du compte, Gordon Sumner de son vrai nom s'étant ensuite allègrement empifré à tous les râteliers musicaux qui ont eu l'heur de se présenter devant lui. Pour le meilleur et pour le pire. Pour le meilleur lorsqu'il bifurqua vers le jazz et le r'n'b aux côtés d'Ira Coleman, Mary J. Blige ou Ibrahim Maalouf ; publia, avec le luthiste bosniaque Edin Karamazov, Songs from the Labyrinth, un album de musique baroque à la reprise de chansons du XVIIe siècle britannique signées John Dowland. Pas rassasié, on le vit ensuite accoucher d'un album hommage aux ouvriers des chantiers navals de Newcastle (The Last Ship) et jouer Dionysos dans un spectacle musical de Steve Nieve. Sacrés refrai

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Grenoble : 33 concerts pour un automne musicalement dense et varié

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Avec du rock, de la pop, de la chanson, du rap, du jazz, voire tout ça à la fois. Et à Grenoble comme dans l'agglo bien sûr.

La rédaction | Mercredi 18 septembre 2019

Grenoble : 33 concerts pour un automne musicalement dense et varié

Shake Shake Go C'est entre le live et l'infiltration d'internet que le groupe franco-gallois mené par Poppy Jones et Marc Le Goff s’est révélé, à force de tournées aux côtés de pointures comme James Blunt et Rodrigo y Gabriela et par la grâce d'un tube qui fit exploser leur notoriété à travers le monde – la ballade England Skies (2015), tête des charts digitaux, synchro en séries et dans la pub. Quelques mois plus tard sort l'album All in Time auquel succède l'an dernier Homesick mené par un autre single, beaucoup plus rock, Dinosaur. Le formatage est là et bien là mais la formule (on pense à des Lumineers avec une voix féminine) tape toujours dans le mille, mettant d’accord, en plus du public, une partie de la presse, des Inrocks au Figaro – qui sont pourtant rarement d'accord. À la Source jeudi 26 septembre Xavier Machault & Martin Debisschop Jamais à cours de projets, Xavier Machault s'

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"Une part d'ombre" : présumé coupable

ECRANS | De Samuel Tilman (Bel, 1h30) avec Fabrizio Rongione, Natacha Régnier, Baptiste Lalieu…

Vincent Raymond | Mardi 21 mai 2019

Père et mari comblé, professeur apprécié, David peut compter sur sa bande d’amis. Du moins, c’est ce qu’il croyait : entendu comme témoin puis suspect dans une affaire de meurtre, il voit ses fidèles potes s’éloigner quand une facette de son existence qu’ils ignoraient est mise au jour… N’y aurait-il pas comme une once d’inspiration "simenonesque" dans ce thriller aussi belge que l’était le créateur de Maigret ? C’est ici en effet moins l’enquête (et ses rebondissements portant sur les dessous ou les recoins de la vie de David) qui importe que l’étude psychologique des personnages (la dynamique de groupe) et la morale que l’on peut en tirer. Une morale évidemment peu réjouissante quant à la valeur des relations humaines et la potentielle hypocrisie que chacun peut recéler. En accentuant le plus possible la subjectivité, le réalisateur Samuel Tilman accroît le sentiment de malaise, voire de paranoïa, de son protagoniste admirablement servi par l’ambigu Fabrizio Rongione. Le comédien, malheureusement trop rare, dégage un je-ne-sais-quoi de trouble et d’inquiétant rendant crédible l’hypothèse de la culpabilité, alors que rien ne

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DJ Stingray, renaissance électro

Soirée | Fervent défenseur d’une électro sombre, breakée et futuriste, DJ Stingray est une véritable légende de l’ombre de la scène de Détroit, au sein de laquelle il officie depuis plus d’une trentaine d’années. Retour sur son parcours peu commun à l’occasion de son passage mardi 7 mai à l’Ampérage, à l’initiative de The Dare Night et du festival lyonnais Nuits Sonores.

Damien Grimbert | Mardi 30 avril 2019

DJ Stingray, renaissance électro

Si, pour le commun des mortels, le terme "électro" sert avant tout de bannière un peu floue pour définir l’ensemble des musiques électroniques, il désigne aussi un courant musical bien spécifique, né au début des années 1980 de la rencontre entre la synth-pop des groupes Kraftwerk et Yellow Magic Orchestra et les rythmiques naissantes du hip-hop. À la suite du succès massif du Planet Rock d’Afrika Bambaataa en 1982, l’électro va se diffuser comme une traînée de poudre, de Los Angeles à Miami en passant par Détroit, où, sous l’influence de Juan Atkins et de son groupe Cybotron, elle va progressivement donner naissance aux rythmes 4x4 répétitifs de la techno… qui ne tarderont pas à l’éclipser sur les pistes de danse. Si elle reste depuis confinée à un relatif underground, l’électro n’a pourtant jamais vraiment disparu, et reste la principale force motrice d’artistes comme DJ Stingray. Patience et longueur de temps DJ depuis 1983 et producteur depuis 1987, Sherard Ingram de son vrai nom est pendant longtemps resté dans l’ombre. Alors que tant d’artistes de Détroit voient leur carrière décoller, il passe les années 1990 à tra

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Jazz à Vienne 2019 : voici la programmation

Festival | Jazz à Vienne vient d'annoncer un programme d'autant plus touffu qu'il ne s'étale que sur une quinzaine (du 28 juin au 13 juillet). En voici les grandes et incontournables lignes.

La rédaction | Mardi 19 mars 2019

Jazz à Vienne 2019 : voici la programmation

À lire sur le PB Lyon.

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John Zorn, Chassol et Hocus Pocus programmés à Jazz à Vienne 2019

Annonce | Jazz à Vienne dévoile les premiers noms de l'édition 2019 et celui de l'auteur convié à réaliser l'affiche de la prochaine édition : Jacques de Loustal.

La rédaction | Mardi 20 novembre 2018

John Zorn, Chassol et Hocus Pocus programmés à Jazz à Vienne 2019

Plus d'info sur le site du PB Lyon.

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Jazz (en) fusion à Jazz à Vienne grâce à Magma

Festival | Avec Magma, Christian Vander a opéré dès la fin des années 1960 une petite révolution musicale dont beaucoup ne se sont jamais remis et dont lui-même n'est jamais sorti. Toujours au front, le légendaire batteur aux étranges glossolalies sera à Jazz à Vienne mercredi 11 juillet pour opérer la fusion du Théâtre antique.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Jazz (en) fusion à Jazz à Vienne grâce à Magma

À ce jour, en quasiment 50 ans de carrière, Magma a enregistré plus de live que d'albums studio et, de fait, il est peu de personnes qui, pour s'être trouvées un jour à un concert de Magma, toutes époques confondues, n'en ont pas gardé de sérieuses séquelles, plaçant là le groupe parmi les expériences musicales live les plus intenses qui puissent exister. Les plus sérieusement vrillées aussi car un concert de Magma ne ressemble, encore aujourd'hui, à aucun autre. Sans doute parce que Magma ne ressemble à personne. C'est que son fondateur Christian Vander a été à bonne école, grandissant, grâce à un père musicien, dans le giron direct de grands batteurs tels qu'Elvin Jones (frappeur de Coltrane) et Kenny Clarke, des amis de la famille à l'esprit libre comme l'air. Et quand on se fait offrir sa première batterie par le maverick de la trompette Chet Baker, c'est que l'on est promis à un destin particulier. Plus grand que la vie et au-delà du raisonnable, c'est ainsi qu'ont toujours résonné les projets de Vander, dont l'influence principale reste le free-jazz – la liberté toujours – de John Coltrane. Zeuhl Lorsqu'il c

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"Atlas des déplacements" : mythologies du paysage au Musée Hébert

Exposition | L'exposition collective "Atlas des déplacements", qui se déploie sur les deux niveaux de l’annexe du Musée Hébert, convoque une déambulation physique et mentale, personnelle et collective, au cœur de la notion de territoire. Une proposition qui, à travers une quinzaine œuvres, redéfinit notre environnement. Visite guidée.

Charline Corubolo | Mardi 23 janvier 2018

Après les balades urbaines crayonnées de Mathias Poisson au Vog de Fontaine et la Montagne défaite photographique d’Olivier de Sépibus dans les jardins du Musée de l’Ancien Évêché, nous continuons de chroniquer les expositions de la manifestation iséroise Paysage > Paysages. Direction cette fois-ci le Musée Hébert, avec un Atlas des déplacements qui tient de la mythologie selon la formulation du sémiologue français Roland Barthes, le paysage étant ici à la fois mode de signification et forme figurée. Une ligne mystifiée qui se promène le long d’une quinzaine d’œuvres sous forme d’expérimentations, de tracés et d’objets pour rendre visible les mouvements des paysages, puisque l’immobilité est illusoire. L’espace-temps est alors dilué

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Jazz à Vienne rend hommage à la légende John Coltrane

Jazz | Quoi de plus normal que de célébrer les 50 ans de la disparition du géant du sax ténor John Coltrane dans un festival de jazz ? Quoi de plus évident que de le faire à Jazz à Vienne ? Qui de plus qualifié pour cela que le vénérable, et lui aussi légendaire, Archie Shepp, entouré pour l'occasion d'un groupe all-star pour dire son suprême amour de celui qu'on appelait « Trane » ? Lundi 3 juillet est assurément LA soirée à ne pas louper cette année à Jazz à Vienne.

Stéphane Duchêne | Mardi 20 juin 2017

Jazz à Vienne rend hommage à la légende John Coltrane

Il y a des rencontres et des figures qui vous changent une vie. En ce qui concerne le saxophoniste de jazz américain Archie Shepp, ce sera celle de John Coltrane. Shepp a 23 ans lorsqu'il voit Coltrane sur scène un soir de 1960 au Five Spot à New York. Le jeune homme est déjà musicien (piano, clarinette, sax alto), jazzman, mais Coltrane est, lui, déjà un poids lourd comme on dirait en boxe et, plus que ça, un génie. La révélation est telle qu'elle pousse Shepp à passer, comme lui, au sax ténor. Rapidement, il fait partie avec des musiciens comme Cecil Taylor, Don Cherry et Ornette Coleman, des pionniers inspirés par quelques travaux remontant aux années 1940 déjà qui, las des conventions du be-bop ou du hard-bop, décident d'en briser les codes, d'en casser le tempo et d'en libérer les improvisations. Ce sont les débuts du free-jazz. Coltrane est lui aussi en train d'emprunter ce virage qui donnera lieu à quelques classiques du genre tels que A Love Supreme. La route des deux hommes n'a alors de cesse de se recroiser. Ascension C'est par l'entremise de Coltrane que Shepp signe chez Impulse ! où il publier

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François Marry : « Avoir un discours politique sans être moralisateur »

MUSIQUES | Effectif remanié, nouvelle approche musicale, textes à la résonance plus politique... Sur son quatrième album "Solide Mirage", le groupe français Frànçois & the Atlas Mountains semble avoir abordé un nouveau cycle qui doit autant aux circonstances et à l'ère du temps qu'à une volonté de se renouveler sans se renier. Explications avec François Marry, montagne en chef, avant leur passage à la Belle électrique.

Stéphane Duchêne | Lundi 15 mai 2017

François Marry : « Avoir un discours politique sans être moralisateur »

Vos trois premiers albums constituent une trilogie à laquelle Piano Ombre (2014), qui a connu un beau succès (grâce notamment​ au mini tube La Vérité), a mis fin. Comment avez-vous abordé ce nouveau cycle qui s'ouvre avec Solide Mirage (2017) ? François Marry : Les premiers albums avaient été enregistrés dans le sud, notamment près de Bordeaux, ce qui donnait quelque chose d'assez solaire et d'assez pastoral. Là, on a créé Solide Mirage à Bruxelles, où une partie du groupe s'est installée. Le groupe a aussi changé de line-up : un nouveau jeune génie belge [David Nzeyimana alias Le Colisée – NDLR] est arrivé, ce qui a pas mal rafraîchi notre son. C'était un vrai challenge d'appréhender la création d'un album de manière différente. On avait déjà beaucoup tourné avec ces morceaux, ce qui nous a permis d'y mettre un côté plus instinctif, moins alambiqué, avec plus de guitare. Comme à chaque aventure de Frànçois

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"Solide Mirage" : les beaux mirages de Frànçois & The Atlas Mountains

Critique | Zoom sur le nouvel album du (passionnant) groupe français avant son passage par le Belle électrique jeudi 18 mai.

Stéphane Duchêne | Lundi 15 mai 2017

Piano Ombre, le fantastique troisième album de Frànçois & The Atlas Mountains, ayant clos une trilogie qui avait installé le groupe sur la carte du rock hexagonal (et même plus), un nouveau départ s'imposait pour François Marry & co. On peut même dire qu'il s'est imposé de lui-même dans le contexte d'une installation bruxelloise de leur leader, d'un changement de line-up (Pierre Loustaunau et Gérard Black sont partis, David Nzeyimana est arrivé) et de la tragique actualité qui a secoué 2015. Voilà donc Solide Mirage, disque au titre en forme d'oxymore qui, dès son premier extrait en single, annonçait une nouvelle tonalité. Une basse sévère, des guitares en boucles, un thème grave (celui des migrants fracassant leur rêve sur notre Occident si peu accueillant) : ainsi s'avance ce Grand dérèglement qui ouvre l'album et pourrait aussi être pour le groupe un aveu de changement de cap où le politique le disputerait à la poétique si par

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Jazz à Vienne 2017 : voici la programmation !

Festival | Jazz à Vienne, qui regarde souvent et encore vers l'avenir en faisant mûrir en son sein les jeunes talents, jette un joli coup d'œil cette année au passé et à ses disparus sous la forme d'une demie-douzaine d'hommages, parmi lesquels Fela, Prince ou David Bowie. Sans compter quelques autres morceaux de choix (De La Soul, Mary J. Blige...) pour tous les goûts.

Stéphane Duchêne | Lundi 27 mars 2017

Jazz à Vienne 2017 : voici la programmation !

On analyse tout ça sur le site du PB Lyon.

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Frànçois & The Atlas Mountains en mai à la Belle électrique

Plus loin | C’est une chouette date que vient de s’offrir la Belle électrique : le groupe du Français François Marry débarquera le jeudi 18 mai à Grenoble pour défendre (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 1 mars 2017

Frànçois & The Atlas Mountains en mai à la Belle électrique

C’est une chouette date que vient de s’offrir la Belle électrique : le groupe du Français François Marry débarquera le jeudi 18 mai à Grenoble pour défendre Solide Mirage, son quatrième album qui fait suite à deux chefs-d’œuvre : Piano Ombre en 2014 et E Volo Love en 2011. Des musiciens qui produisent de véritables bijoux pop (Les Plus Beaux, La Vérité ou encore le tout récent Grand Dérèglement) comme on les aime tant, c’est-à-dire ouverts à de nombreuses autres influences. On en reparle plus longuement en temps voulu.

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Notre sélection de concerts et spectacles à offrir à Noël

ACTUS | Comme chaque année en décembre, tout le monde se demande quoi mettre à qui sous le sapin. Laissons à nos confrères les suppléments en papier glacé vantant les mérites de produits high-tech capables de vider un porte-monnaie en deux secondes et autres biens de consommation qui en jettent une fois le papier déballé mais n’ont plus aucune utilité dès le 26 décembre, et optons pour une sélection 100% immatérielle à base de spectacles et de concerts. C'est cadeau !

La rédaction | Mardi 6 décembre 2016

Notre sélection de concerts et spectacles à offrir à Noël

Jeff Mills Pour les vétérans de l’électro Jeff Mills ? Une véritable légende de la musique électronique, à la fois technicien hors pair, artiste inspiré et figure historique de la scène techno de Détroit. Avec sa création atypique de 2014 baptisée Planets, il a réinterprété l’une des partitions les plus célèbres du répertoire symphonique classique (Les Planètes de l’Anglais Gustav Holst, composée il y a un siècle) pour un voyage dans le système solaire (d’où le titre) en dix mouvements. Et autant (voire plus) d’émotions, comme « le mélange du classique et de la musique électro produit toujours des résultats inattendus » selon lui. On le croit sur parole. À la MC2 vendredi 31 mars De 10 à 29€ ______ Julien Doré Pour les amateurs de chanson française à tendance hipster On a toujours regardé avec intérêt Julien Doré, même s’il y a toujours eu un petit quelque chose en lui qui ne nous convainquait pas totalement – son personnage de dandy adepte des références

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Ibrahim Maalouf : « Je suis un musicien d'aujourd'hui »

MUSIQUES | Le passionnant Ibrahim Maalouf revient à Grenoble avec ses musiciens pour un concert, plus pop que les précédents, dans l’immense Summum. Nous en avons profité pour poser quelques questions à celui qui, en dix ans d’une carrière fulgurante, est devenu une véritable rock star de la trompette.

Aurélien Martinez | Mardi 29 novembre 2016

Ibrahim Maalouf : « Je suis un musicien d'aujourd'hui »

Des salles combles partout en France, des tournées internationales, des récompenses à la pelle : vous êtes une véritable rock star ! Vous voyez-vous comme ça ? Ibrahim Maalouf : Oulala, pas du tout ! Je me sens très chanceux, c'est sûr, mais c'est le résultat de nombreuses années de travail intense, et de galères aussi. Ce n'est pas arrivé du jour au lendemain. Donc, je profite du succès, sans la sensation de l'avoir volé. Mais en sachant aussi que nos métiers sont comme ça : un jour t'es en haut, un jour t'es en bas de la vague. J'espère donc que je continuerai longtemps à susciter l'enthousiasme, mais peu importe ce qui arrive à l'avenir, je ferai toujours mon métier avec autant d'amour et d'envie. En ce moment, vous êtes donc sur le haut de la vague… Quelques jours après Grenoble, vous allez même faire la mythique salle parisienne de Bercy. Vous n’avez pas un peu le vertige ? C'est la plus grande salle de France, certes… Et le dernier jazzman passé par là, c'est Miles Davis en 1984. Donc c'est sûr que ça fait peur ! Mais bon, sur scène, je vais faire la seule chose que je pense à peu près savoir

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Professeur Ibrahim Maalouf

MUSIQUES | En plus d'être un trompettiste virtuose doublé d'une véritable rock star (comme il le prouvera sur la scène du Summum), Ibrahim Maalouf est un professeur déterminé. Fervent défenseur de l'improvisation musicale, il se bat contre un enseignement sclérosé qui freine selon lui la créativité des jeunes élèves.

Gabriel Cnudde | Dimanche 4 décembre 2016

Professeur Ibrahim Maalouf

S'il aime s'exprimer sur scène avec sa trompette, Ibrahim Maalouf apprécie tout autant prendre la parole dans les salles de classe. Parce qu'un artiste qui ne participe pas à la transmission de ses connaissances n'en est pas vraiment un explique-t-il. Issu d'une famille d'enseignants, le trompettiste virtuose a commencé à gagner son premier argent de poche avec des cours privés avant d'atteindre de prestigieux conservatoires pour instruire les plus jeunes. Seulement, comme lorsqu'il compose et monte sur scène, Ibrahim Maalouf n'apprécie pas les cases qu'ont créées ses prédécesseurs. Opposant à une vision jugée rétrograde de l'enseignement de la musique classique en France une approche différente, le musicien va parfois au clash avec les directions. En 2013, il démissionne de son poste au Conservatoire d'Aubervilliers, où il juge l'enseignement trop « figé ». C'est qu'il n'entend pas faire de ses élèves des trompettistes d'orchestre ou des solistes. Son cheval de bataille à lui, c'est l'improvisat

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Annulation du concert de Salif Keita à la Belle électrique

MUSIQUES | Le concert de Salif Keita initialement prévu le mercredi 16 novembre à la Belle électrique ne pourra être assuré par l'artiste. Comme nous en informe la (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 9 novembre 2016

Annulation du concert de Salif Keita à la Belle électrique

Le concert de Salif Keita initialement prévu le mercredi 16 novembre à la Belle électrique ne pourra être assuré par l'artiste. Comme nous en informe la salle, Salif Keita a été invité, en tant que haut dignitaire de la culture malienne, à donner un concert à Marrakech dans le cadre de la COP 22 qui s’y tient en ce moment. Une date de report est actuellement en cours d'étude. Les personnes ayant acheté un billet seront remboursés. Pour toute question, merci de vous tourner vers le service billetterie de la Belle électrique ou d'écrire à contact@la-belle-electrique.com.

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Salif Keita : bonne acoustique

MUSIQUES | L'immense chanteur malien vient parcourir son riche répertoire de musique traditionnelle mandingue à la Belle électrique, pour une soirée acoustique forcément magique. À cette occasion, on remonte le fil de son histoire.

Sébastien Broquet | Mardi 8 novembre 2016

Salif Keita : bonne acoustique

Mise à jour : mauvaise nouvelle, le concert est annulé ___ Au début des années 1980, un vent de fraîcheur souffle sur l'hexagone : les radios deviennent libres, Jack Lang annexe le ministère de la culture et des nouveaux médias issus de l'underground explosent – Actuel en tête. Pour nourrir cette décennie bien plus intense et créative qu'on ne le dit, beaucoup de protagonistes ouvrent grand leurs yeux et leurs oreilles vers les autres continents, se détachant ainsi des modes londoniennes ou new-yorkaises. La sono mondiale se révèle aux yeux de l'Occident et nombre d'artistes venus d'Afrique, des Antilles et d'Amérique latine traversent les océans pour propager groove et messages post-coloniaux. Parmi eux, le Malien Salif Keita, qui s'installe à Paris. Un albinos doublement rejeté car rompant la tradition en devenant chanteur, lui qui est issu d'une famille princière descendant directement du grand empereur mandingue Soundiata Keita. DE L

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Ils re-Vienne (à Jazz à Vienne)

MUSIQUES | Quel est le comble pour un festival de jazz ? De faire du classique. Ce pourrait être une blague récurrente du côté du Théâtre antique de la cité allobroge, mais c'est aussi la formule qui fait de Jazz à Vienne un incontournable de l'été. Où, en sus, il reste toujours quelque chose à découvrir.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Ils re-Vienne (à Jazz à Vienne)

Toi aussi joue chaque année avec Jazz à Vienne au bingo des noms – c'est un peu comme compter les ponts ou les Peugeot rouges sur l'autoroute avec papa et maman lors des départs en vacances. Qui est venu? Qui revient ? Quand et comment ? Quand l'a-t-on vu pour la dernière fois ? Qui opère son baptême du feu ? Et toi, dis, quand reviendras-tu ? Reste qu'un festival qui parvient à ce point à fidéliser ses invités ne peut être qu'un événement où l'on a envie de revenir, y compris en tant que spectateur. Et puis il y a ce travail de défrichage de l'ombre avec les scènes dites annexes, qui depuis tant d'années laisse aux jeunes pousses le temps de fleurir et de revenir en tête d'affiche – on pourrait appeler cela la jurisprudence Cecile McLorin Salvant / Chromb / Gregory Porter. Forever Chet Il faudra donc compter cette année, outre les précités, sur les présences de Diana Krall, de l'immense guitariste John McLaughlin, de l'incontournable Erik Truffaz, de la désormais pop star internationale Ibrahim Maalouf (photo), invité dans les plus grands raouts planétaires (cf Cannes), de Goran Bregovic et de son Orchestre des mariages et des enterrements (ce qu

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Florence Verney-Carron : « Marquer de façon visible l’action de la région »

ACTUS | Depuis l'élection de Laurent Wauquiez (Les Républicains) à la tête de la région Auvergne Rhône-Alpes en décembre dernier, le monde de la culture s'est inquiété, parfois offusqué, au minimum s'est posé des questions, notamment suite à une déclaration pour le moins malheureuse en pleine campagne sur les formations « fantaisistes » de circassien et de marionnettiste. C'est peu dire que Florence Verney-Carron, vice-présidente en charge de la culture, est attendue par pas mal de monde. On l’a rencontrée.

Sébastien Broquet | Mardi 3 mai 2016

Florence Verney-Carron : « Marquer de façon visible l’action de la région »

En janvier, après l'élection, vous demandiez du temps avant de dévoiler votre feuille de route concernant la culture. Aujourd’hui, pouvez-vous nous dire quels sont les points qui vont être privilégiés ? Florence Verney-Carron : C’est la première fois qu'une élection se déroulait en décembre. C’était très compliqué de nous atteler au budget 2016 en si peu de temps. Durant ces trois premiers mois, j’ai analysé pas mal de choses. On avait un certains nombre de principes, déjà évoqués par Laurent Wauquiez durant la campagne, notamment deux points très forts : d'abord accompagner évidemment les créateurs culturels de premier plan, ensuite encourager l’émergence – ce qui est l’essentiel pour une collectivité publique. Ça nous a amenés à tracer deux grands points de notre politique culturelle : avoir une offre de qualité partout, même dans les endroits les plus reculés du territoire, et y apporter beaucoup d’attention : ce peut-être une librairie, un festival, un cinéma. Le second point, ce sera de respecter et d’encourager tous les lieux de création. Et comme nous arrivons au moment de la fusion des régions, il est aussi

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Le Fils de Joseph

ECRANS | de Eugène Green (Fr./Bel., 1h55) avec Victor Ezenfis, Natacha Régnier, Fabrizio Rongione…

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

Le Fils de Joseph

En acclimatant au 7e art son obsession viscérale pour la prononciation baroque, Eugène Green est devenu l’auteur d’une œuvre anticonformiste, unique car identifiable dès la première réplique. Il exige en effet de ses interprètes l’usage de la liaison systématique et appuyée, telle que codifiée par son courant de prédilection – au risque de créer des impressions (fautives) de mauvaises liaisons en cascades. Inscrite dans un dialogue déclamé d’une voix blanche par des comédiens semblant avoir reçu pour consigne d’adopter le plus désincarné des jeux possibles, cette particularité participe donc d’un ensemble singulier : son style, auquel on peut souscrire comme à une convention ou à un dogme religieux. Un intégrisme bien inoffensif, s’il prête à sourire : à côté d’Eugène Green, le rigoriste Rohmer passerait pour un cuistre barbarisant la langue française ! Tous deux ont cependant en commun la fascination pour les lettres classique et la jeunesse, ainsi que l’art d’attirer à eux les acteurs – au point d’en faire des apôtres. Déjà convoqués par le passé, Natacha Régnier, Fabrizio Rongione et Mathieu Amalric sont ainsi réunis autour de ce Fils de Joseph.

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Jazz à Vienne dévoile sa programmation

MUSIQUES | Les festivals s'effeuillent en cette fin d'hiver : au tour de Jazz à Vienne de présenter son programme, relevé et concentré sur les valeurs sûres. Voici notre top 5 (et la programmation complète).

Sébastien Broquet | Mardi 29 mars 2016

Jazz à Vienne dévoile sa programmation

Article à retrouver sur le site du PB Lyon.

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Je vous souhaite d'être follement aimée

ECRANS | De Ounie Lecomte (Fr, 1h40) avec Céline Sallette, Anne Benoit, Elyes Aguis…

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

Je vous souhaite d'être follement aimée

Ounie Lecomte n’en a pas fini avec la thématique de l’adoption. Un sujet intime qu’elle avait déjà abordé frontalement (sans laisser d’impérissable souvenir, d’ailleurs) dans Une vie toute neuve (2008), inspiré de son propre parcours. Plus abouti, ce nouveau film a pour figure centrale une kiné née sous X décidée à retrouver sa mère biologique pour calmer ses tourments existentiels ; il dresse cependant le portrait de trois, voire quatre générations chamboulées dans leur identité. Malgré des atouts de poids, allant de la musique d’Ibrahim Maalouf à la distribution "auteur" de prestige (une lignée Françoise Lebrun/Anne Benoît/Céline Sallette, tout de même…), malgré un questionnement légitime sur le droit de connaître ses origines, et une approche tactile des relations entre les personnages, Je vous souhaite d'être follement aimée se distend peu à peu, s’égare et se dissout dans ses propres interrogations, pendant que le spectateur anticipe sur des rebondissements cousus de fil blanc. Dommage.

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Caetano & Gil : amicalement vôtre

MUSIQUES | « Deux amis, un siècle de musique », c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 juin 2015

Caetano & Gil : amicalement vôtre

« Deux amis, un siècle de musique », c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène avec chacun une guitare et un répertoire immense. Caetano & Gil se sont un peu les Brett Butler et Danny Wilde de la musique brésilienne, aux trajectoires individuelles marquées mais dont le destin restera irrémédiablement lié pour l'Histoire, l'esprit indissociable malgré les désaccords et les différences. Nés la même année, en 1942, et tous deux grandis à Salvador de Bahia, l'un est blanc issu d'un milieu modeste, l'autre noir et fils de médecin, les deux sont très engagés politiquement mais quand Gil est nommé ministre de Lula (premier président de gauche depuis leurs propres tribulations tropicalistes), Veloso est dubitatif avant de se raviser. Leurs caractères aussi sont rigoureusement opposés – Veloso est un hyperactif et bon vivant, Gil un gros dormeur (et c'est lui qui sera ministre) et quasiment maître zen – mais ils se complètent comme se complétaient Lennon et Macca et se sont trouvés comme on trouve l'amour, chacun vouant à l'autre une admiration sans bornes et jamais envieuse.

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Caetano Veloso et Gilberto Gil : tropicales mélodies

MUSIQUES | Réunis pour une tournée commune très attendue qui passe par Jazz à Vienne, Caetano Veloso et Gilberto Gil ont initié, à la fin des années 1960 et en amont de leurs immenses carrières internationales, l'une des grandes révolutions musicales et culturelles du Brésil : le tropicalisme. Un mouvement contestataire contesté qui a durablement marqué les esprits en libérant, parfois contre leur gré, les consciences brésiliennes. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 30 juin 2015

Caetano Veloso et Gilberto Gil : tropicales mélodies

Trop radicales ou trop avant-gardistes, il est des épiphanies dont on ne mesure pas immédiatement la portée. On connaît par cœur l'histoire de l'électrification de Bob Dylan qui, un soir de 1965 au festival de Newport, en dépit de l'incrédulité qu'elle suscita, changea à jamais la face du rock. C'est à peu près au même phénomène qu'ont assisté les Brésiliens en 1967, lorsque sur la scène de TV Record, Gilberto Gil, Caetano Veloso et Os Mutantes ont fait exploser ce qui était alors le canon de la musique brésilienne, à savoir la bossa nova, laissant l'acoustique et les costumes bien mis au placard au profit d'une pop à tête chercheuse arborant cheveux longs et idées pas plus courtes. Vite conspués pour cette rupture radicale avec l'ordre culturel établi, Veloso et Gil, hippies poussés dans le chaudron culturel bahianais, ne font pourtant rien d'autre qu'actualiser les principes édictés par le concept de «cannibalisme culturel» d'Oswaldo Andrade qui, en 1928, prônait la nécessité pour le Brésil d'absorber la culture internationale.

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Jazz à Vienne à tous les temps

MUSIQUES | Entre éternels retours et renouvellement forcenés des talents, Jazz à Vienne continue pour sa 35e édition de puiser aux sources du jazz tout en se posant en laboratoire de la musique de demain. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 juin 2015

Jazz à Vienne à tous les temps

On pourrait dire cela de chacune des éditions de Jazz à Vienne, mais c'est particulièrement vrai pour celle-ci : elle marque un retour aux sources, et même plusieurs. D'abord avec une ouverture en forme d'hommage et de déclaration d'amour à la ville-mère du jazz, La Nouvelle-Orléans. Où l'on croisera entre autres Dee Dee Bridgewater, mais aussi la fascinante Leyla McCalla, et dont le point d'orgue sera la présence, peu commune, du pianiste, chanteur, auteur-compositeur et surtout producteur de R'n'B originel Allen Toussaint. Comme chaque année, c'est un retour aux sources en chaîne qui s'opère derrière. Retour un peu permanent avec l'éternel comeback de figures comme George Benson ou Didier Lockwood, mais aussi de genres oubliés, avec le légendaire Golden Gate Quartet, qui prêche le gospel depuis 80 ans, et Gilberto Gil et Caetano Veloso, ce couple inspiré qui mit le feux aux poudres de la musique brésilienne (et de la musique tout court) à la fin des années 60 pour accoucher d'un mouvement qu'on appela "tropicalisme". Dans le genre "all-stars", ne pas manquer non plus le "featuring" de princes maliens (Salif Keita, Cheick Tidiane Seck et Amadou Baga

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Le coup du chapeau de Pharrell Williams

MUSIQUES | Producteur branché devenu star mondiale au gré d'une ascension exponentielle, Pharrell Williams est aujourd'hui le nouveau roi de la pop. Et en plus, il a un chapeau à poser sur un éventuel melon.

Stéphane Duchêne | Mercredi 17 juin 2015

Le coup du chapeau de Pharrell Williams

« L'homme est un animal à chapeau mou qui attend l'autobus 27 au coin de la rue de la Glacière » écrivait Alexandre Vialatte qui n'avait sans doute pas tort sur toute la ligne – en tout cas pas sur la ligne 27. Mais la maxime de l'inoubliable chroniqueur du journal La Montagne, il faut bien le reconnaître, ne s'applique guère au cas de Pharrell Williams, accueilli comme un pharaon en concert spécial pré-Jazz à Vienne. Le natif de Virginia Beach a beau arborer comme un symbole de la marque qu'il est devenu la mère de tous les chapeaux mous – ce fameux galure Vivienne Westwood "Petit Prince-style" et hors de prix qui a tant fait parler – il n'a pas attendu longtemps l'autobus du succès, ni même que celui-ci l'emmène sur une autoroute de la gloire tapissée de dollars. L'ascension fut progressive mais a semblé aller en s'accélérant de manière exponentielle : des productions R'n'B recherchées (à tous les sens du terme) du duo Neptunes au succès intergalactique de l'album GIRL stratosphérisé par le tube Happy, mascotte musicale de Moi, Moche et Méchant 2

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Jazz à Vienne 2015 : la programmation

MUSIQUES | La programmation de Jazz à Vienne ? Du classique jamais trop classique, des habitués qui prennent le temps de se changer, des têtes d'affiche de tous ordres. Bref, Vienne tel qu'en lui même : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

Article complet ici.

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Pharrell Williams cet été à Jazz à Vienne

MUSIQUES | Après Stevie Wonder l'an passé, Jazz à Vienne reconduira en 2015 sa doublement bien nommée "Extra Night" en accueillant dans le Théâtre antique l'auteur du tube (...)

Benjamin Mialot | Mardi 23 décembre 2014

Pharrell Williams cet été à Jazz à Vienne

Après Stevie Wonder l'an passé, Jazz à Vienne reconduira en 2015 sa doublement bien nommée "Extra Night" en accueillant dans le Théâtre antique l'auteur du tube interplanéntaire Happy (et, pour ce qui nous concerne, l'un des trois cerveaux de N.E.R.D.). À la différence de la légende soul, c'est toutefois en amont du festival que se produira Pharrell : mardi 23 juin, soit trois jours avant le début officiel des réjouissances (qui se poursuivront jusqu'au 11 juillet). Les places seront en vente à partir du mardi 6 janvier (pour des prix allant de 65 à 79€). Pensez à doubler le nœud à votre mouchoir : il n'y aura certainement pas pour tout le monde.

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Awards 2014 musique

MUSIQUES | L’award de la langue qu’on aime bien entendre : le français Juillet 2014 : le groupe Frànçois & the Atlas Mountains livre le meilleur concert de la (...)

Aurélien Martinez | Mardi 23 décembre 2014

Awards 2014 musique

L’award de la langue qu’on aime bien entendre : le français Juillet 2014 : le groupe Frànçois & the Atlas Mountains livre le meilleur concert de la seizième édition du Cabaret frappé – non, ce n’était pas celui de Tricky ! Octobre 2014 : les Innocents, groupe culte des années 90 à la musique intemporelle, se reforment en mode duo et passent par la Source de Fontaine. Novembre 2014 : le "pop father" Étienne Daho enflamme littéralement la MC2. Trois exemples qui ont une fois de plus confirmé (ou démontré à ceux qui l’ignoraient) que

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Cabaret frappé – jour 4 : pop the music

MUSIQUES | La soirée de jeudi, avec les excellents Cascadeur et Frànçois and The Atlas Mountains, a tenu toutes ses promesses. Mieux : elle nous a même permis de découvrir, sous le kiosque à 19h, un charmant petit groupe (Natas loves you) dont on attend avec impatience le premier album.

Aurélien Martinez | Vendredi 25 juillet 2014

Cabaret frappé – jour 4 : pop the music

La vie est belle. Le soleil de nouveau de la partie. Le Jardin de ville blindé. C’est l’été, et le Cabaret frappé nous a permis de débuter la soirée d’hier avec la musique de Natas loves you, « à la croisée entre Metronomy et les Beatles » dixit leur bio. Carrément ! Sur scène, le jeune groupe luxembourgeois basé à Paris déploie un petit côté Phoenix agréable, et offre du coup une savoureuse pop indé parfois psychédélique. Et en anglais. Tout comme nous, le public semblait conquis. Info : leur premier album baptisé The 8th Continent est attendu pour le 6 octobre. On écoutera ça avec intérêt. En anglais ou en français 21h, sous le chapiteau, on avait rendez-vous avec le casqué Cascadeur et ses musiciens. Une claque entre pop dansante et ballades aériennes administrée par des excellents musiciens et une voix brillamment maîtrisée. « On pouvait se demander comment le trompe-la-mort réussirait son numéro de haute-voltige en

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Frànçois & the Atlas Mountains : les guerriers de l’ombre

MUSIQUES | Entre luminosité aveuglante et zones d’ombre, transe magique et mélancolie, évidence et mystère, Frànçois & the Atlas Mountains ont bouclé avec "Piano Ombre" une admirable trilogie discographique qui n’a cessé de les pousser vers les sommets. Ils seront présents cet été à Musilac (Aix-les-Bains) et au Cabaret frappé (Grenoble). Interview. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 8 juillet 2014

Frànçois & the Atlas Mountains : les guerriers de l’ombre

François Marry a un visage de statue antique, le port altier d’un chef de guerre, un regard transparent qui semble scanner le monde qui l’entoure, mais aux intentions indéchiffrables. « En vérité, la vérité » sur François, on n’est pas près de la connaître. Ainsi, lorsqu’on lui demande de commenter le parcours d’un groupe, le sien, qui a mis le temps (ou l’a pris, ou l’a subi – près de dix ans – avant de parvenir à l’unanimité critique qui entoure le tout chaud sixième album Piano Ombre), François lâche, laconique et impassible tel un centurion drapé dans une toge de pudeur et de défiance, et comme un clin d’œil au titre de sa dernière œuvre, un « qui va piano va sano » dont il faudra se contenter. Publié comme son prédécesseur E Volo Love (2011), déjà passablement acclamé, sur le prestigieux label anglais Domino Records, Piano Ombre leur a valu les couv’ simultanées de Magic, Tsugi et des Inrocks – un triplé rare. Un album avec lequel François et ses Atlas Mountains bouclent une trilogie entamée avec Plaine inondable (2009), leur premier album notablement remarqué : « Piano Ombre

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Quincy et cie

MUSIQUES | Rares sont les hommes de l’ombre de l’industrie musicale dont le nom est aussi évocateur que celui de Quincy Jones. à part Phil Spector et George Martin, et peut-être Berry Gordy de la Motown et Sam Philips de Sun Records. Aucun d’entre eux n’aura toutefois été aussi omniscient et omniprésent que Quincy Jones dans la musique américaine. Preuve qu’il l’est toujours, à plus de quatre-vingt ans, il nous présente à Jazz à Vienne ses derniers protégés. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 juin 2014

Quincy et cie

Pour le grand public, Quincy Jones sera à jamais l’homme qui se cache derrière les plus grands succès de l’ascension fulgurante de Michael Jackson. Celui qui fit d’un jeune homme au talent inégalé une superstar planétaire, “The King of Pop“. Mais Jones, producteur de génie – et par producteur, il faut entendre toutes les acceptions de ce terme – est aussi et surtout un musicien né. Ou presque né, gagné par le virus de la musique dès son enfance. Clark Terry lui apprend la trompette à treize ans et Ray Charles l’art de la composition – tant pis si c’est en braille. Il a quinze ans lorsqu’il joue aux côtés de Billie Holiday et Cab Calloway. à la fin de ses études, il rejoint l’orchestre d’un Lionel Hampton bluffé par ses compositions. On dit partout que Quincy a une oreille phénoménale et les plus grands jazzmen s’arrachent ses arrangements. Après un détour par Paris dans les années 50, où il en profite pour suivre les cours de la papesse de la pédagogie musicale Nadia Boulanger – et accessoirement pour diriger Barclay Musiques – Jones revient aux States pour se rapprocher de la pop et enchaîne les succès avec Peggy Lee (If you Go), Lesley Gore (It’s my Party), Sin

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Du côté des festivals

MUSIQUES | Les gros festivals musicaux de la région ont dévoilé leur prog, parfois au compte-gouttes pour faire le max de bruit possible. On fait le point afin d’y voir plus clair et cocher les bons jours sur le calendrier.

Aurélien Martinez | Jeudi 22 mai 2014

Du côté des festivals

Le Cabaret frappé Du 21 au 26 juillet, à Grenoble Frànçois and The Atlas Mountains, l’un des meilleurs groupes de pop made in France, mais aussi le vétéran Tricky (ancien membre fondateur, et démissionnaire, de Massive Attack), le masqué Cascadeur, le Français Fakear et son électro, ou encore le mariage attendu entre Moriarty et Christine Salem : une poignée de noms nous donne bien envie. À noter que les dates de chaque concert seront précisées plus tard.   Les Rencontres Brel

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Frànçois & the Atlas Mountains, Cascadeur, Joe Bel & co au Cabaret frappé

MUSIQUES | Le Cabaret frappé, prévu du 21 au 26 juillet au Jardin de ville grenoblois, vient de dévoiler plusieurs noms.

Aurélien Martinez | Jeudi 24 avril 2014

Frànçois & the Atlas Mountains, Cascadeur, Joe Bel & co au Cabaret frappé

L'éternel débat sur le thème “qui est le meilleur groupe français ?” vient d'être interrompu par la sortie du génial Piano Ombre de Frànçois & the Atlas Mountains. Après l'aqueux et l'ensoleillé E Volo Love, Frànçois Marry & cie livrent une version forestière de leur œuvre, quelque part entre Françoiz Breut, les Talking Heads, Tunng et une inspiration grosse comme le Ritz. Un disque magnifique qu’ils donneront à entendre cet été au Cabaret frappé (la date n’est pas annoncée, mais ce sera entre le 21 et le 26 juillet). Autres noms annoncés par l'équipe du festival : la pop d’As Animals, l’électro blues de

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Ibrahim Maalouf : un air venu d’ailleurs

MUSIQUES | Il y a quelques mois, Ibrahim Maalouf sortait son cinquième album, Illusions : un mélange détonnant de musiques traditionnelles orientales et de rock (...)

Guillaume Renouard | Mardi 15 avril 2014

Ibrahim Maalouf : un air venu d’ailleurs

Il y a quelques mois, Ibrahim Maalouf sortait son cinquième album, Illusions : un mélange détonnant de musiques traditionnelles orientales et de rock vitaminé. L’occasion de constater l’ampleur du chemin parcouru depuis ses premiers pas en tant que musicien classique. L’artiste libanais s’est rendu célèbre par ses talents de trompettiste qu’il exprime sur des airs qui ne ressemblent à aucun autres, mêlant classique, cool jazz et influences orientales. Au fil de ses cinq albums, il a collaboré avec des artistes en tout genre, de Sting à Arthur H en passant par Vincent Delerm et Oxmo Puccino. Un éclectisme qui lui a permis d’enrichir ses influences et de s’ouvrir à de nouveaux horizons musicaux, pop-rock en tête. Pour sa prestation à la MC2, il sera accompagné de trois (!) trompettistes, ainsi que de son quintette habitu

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Jazz à Vienne 2014, la programmation

ACTUS | Entre stars du rock, chouchous assignés à résidence et métamorphes musicaux, Vienne parvient chaque année à faire du neuf avec une formule qui n'en finit plus de faire ses preuves. À l'image d'une édition 2014 (27 juin – 12 juillet) de haute volée qui s'achèvera en apothéose.

Stéphane Duchêne | Mardi 18 mars 2014

Jazz à Vienne 2014, la programmation

Article à lire sur l'édition lyonnaise du Petit Bulletin

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La Vie domestique

ECRANS | D’Isabelle Czajka (Fr, 1h33) avec Emmanuelle Devos, Julie Ferrier, Natacha Régnier…

Christophe Chabert | Mardi 24 septembre 2013

La Vie domestique

Version lénifiante et léthargique d’un épisode de Desperate housewives, La Vie domestique est une sorte de cauchemar qui prendrait l’allure d’une sieste tranquille dans le jardin. Claquemuré dans une banlieue bourgeoise parisienne, le film suit quatre femmes au bord de la crise de nerfs, réduites à un pesant statut d’épouses ou de mères. La plus lucide – Emmanuelle Devos – tente de s’affranchir de ce patriarcat en retrouvant un job et en dispensant des ateliers de littérature à des élèves en difficulté, mais elle finira elle aussi par rentrer résignée dans ses pénates. Les autres se traînent entre shopping, MacDo, dégustation de Nespresso et considérations sur la vie, soit le grand chelem du placement produit et de la scène à ne pas faire – on y ajouterait bien ce moment, ahurissant, où le mari de Devos vante les mérites d’Agnès Obel, avec bio Itunes en guise d’argumentaire. Où Isabelle Czajka veut-elle en venir avec ce regard sourdement ricanant sur des personnages confits dans l’aigreur ? Aucune critique sociale ne pointe à l’horizon sinon un vague drame en lointain arrière-plan, noyé dans les détails anodins et les travellings dans le parc avec petit

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Wanted : Rodriguez

MUSIQUES | Attendu comme le Messie, le Sugar Man Rodriguez a déçu lors de ses récentes prestations parisiennes. Et si, à la veille de son concert à Jazz à Vienne, en première partie de Ben Harper, on attendait finalement un peu trop de cet extraordinaire songwriter qui a déjà beaucoup donné sans jamais rien demander ? Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Dimanche 30 juin 2013

Wanted : Rodriguez

« Sugar Man (…), je suis fatigué de ce cirque (…), las de ces jeux dangereux. » À presque 71 ans, Rodriguez est un homme fatigué qui a raté son rendez-vous avec la gloire. C'est elle qui, tel un dealer, l'a rattrapé maintes fois par le col pour mieux le repousser : « False friend » (Sugar Man) d'un homme dont les dépendances occasionnelles n'ont jamais inclus argent ni célébrité, aujourd'hui trimbalé, à cet âge pré-canonique, le long d'une interminable tournée mondiale. Ses concerts parisiens – pris d'assaut – se sont révélés catastrophiques – loin de ses prestations américaines et anglaises. Rodriguez a promis de se « reprendre ». Comme s'il nous devait quoi que ce soit.     À coups de compte-rendus au pire scandalisés, au mieux condescendants, on l'a dit fatigué, dépassé, quasi aveugle, de nouveau porté sur la boisson, trop vieux. Qu'on ne s'y trompe pas : voir aujourd'hui un concert de Bob Dylan n'est p

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Jazz à Vienne se dévoile

ACTUS | Pas facile de se distinguer quand on porte le nom de la capitale d'un autre pays ou celui d'un département situé à l'autre bout de la France... à Vienne. (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 21 mars 2013

Jazz à Vienne se dévoile

Pas facile de se distinguer quand on porte le nom de la capitale d'un autre pays ou celui d'un département situé à l'autre bout de la France... à Vienne. N'est pas Rome qui veut. Encore que. Car chaque saison, la cité des Allobroges nous rejoue en son Théâtre antique des jeux du cirque jazzy dont le premier temps consiste à présenter les gladiateurs à la foule. Jazz à Vienne, ceux qui vont jouer te saluent. Et ils sont nombreux, comme on le prouve ici!

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À l’orée du blues

MUSIQUES | Quoi de plus revitalisant pour un genre musical que de se mêler à ses racines ? C’est ce qu’Eric Bibb offre au blues en compagnie de Habib Koité, griot malien qui vient insuffler le sourire à la mélancolie de la musique noire-africaine par excellence. Une rencontre, un album, une tournée : quoi de plus enthousiasmant pour le public ? Laetitia Giry

Laetitia Giry | Lundi 18 mars 2013

À l’orée du blues

Cela fait déjà plus de dix ans que les deux sieurs se sont rencontrés : Eric Bibb, bluesman américain aux innombrables albums, et Habib Koité, griot malien hyperactif musicalement. Immédiatement, ils jouent ensemble et se découvrent « une superbe compatibilité musicale », dixit Eric Bibb dans une vidéo postée sur le site de son camarade. Tout de suite, l’envie de monter un projet commun les titille… Mais ils prennent le temps, et l’album Brothers in Bamko voit le jour en 2012. L’enregistrement se déroule au Mali et constitue une expérience spirituelle particulière pour le bluesman : « c’était mon premier voyage dans l’Afrique de l’ouest, un grand moment pour moi en tant que Noir-américain, j’ai senti comme une sorte de retour après plusieurs centaines d’années ». L’idée d’un album mélangeant leurs deux identités sans être guidé plus par l’une ou par l’autre semble aussi juste qu’appropriée car, comme il le dit très bien, « le blues est un enfant du nouveau monde. Ce n’est pas de la musique européenne, mais pas non plus de la musique africaine, c’est la combinaison de l’expérience de vivre en Amérique depuis plusieurs centaines années, tout

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Cloud Atlas

ECRANS | Projet épique, pharaonique et hors des formats, Cloud Atlas marque la rencontre entre l’univers des Wachowski et celui du cinéaste allemand Tom Tykwer, pour une célébration joyeuse des puissances du récit et des métamorphoses de l’acteur. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 13 mars 2013

Cloud Atlas

Qu’est-ce que cette «cartographie des nuages» qui donne son titre au nouveau film des Wachowski ? Stricto sensu, c’est une symphonie qu’un jeune ambitieux (et accessoirement, homosexuel) va accoucher de l’esprit d’un vieux musicien reclus qui fait de lui son assistant. Métaphoriquement, mais toujours dans le film, c’est cette comète, marque de naissance qui relie les personnages principaux par-delà les lieux et les époques, dessinant peu à peu le plan du dédale narratif qui se déroule sous nos yeux (ébahis). Plus symboliquement encore, on sent ici que Lana et Andy Wachowski ont trouvé dans le best seller qu’ils adaptent une matière à la hauteur de leurs ambitions, un film qui se voudrait total, englobant le ciel et la terre, le passé, le présent et le futur. Mégalomanes mais conscients de l’ampleur du projet, ils ont su délégué une part de la tâche à l’excellent cinéaste allemand Tom Tykwer, donnant une singularité supplémentaire à Cloud Atlas, qui n’en manquait déjà pas : celle d’une œuvre absolument personnelle signée par des personnalités extrêmement différentes. Partouze des genres Or, justement, Cloud Atlas

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Le bluesman et le griot

MUSIQUES | C'est l'histoire désormais classique, mais dont on ne se lassera jamais, du bluesman américain qui se lance en quête des sources du blues comme David (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 11 janvier 2013

Le bluesman et le griot

C'est l'histoire désormais classique, mais dont on ne se lassera jamais, du bluesman américain qui se lance en quête des sources du blues comme David Livingstone chercha celles du Zambèze. Et qui, remontant toujours un peu plus loin, finit en Afrique, là où tout a commencé et où tout continue. Déjà exilé en Europe, le New-Yorkais Eric Bibb a rencontré au Mali Habib Koité. Pas à proprement parler l'archétype du bluesman africain tel qu'on l'imagine, d'Ali Farka Touré à Tinariwen : plutôt un chanteur, un conteur, l'héritier d'une famille de griots – ces porteurs de la tradition orale dont le statut ne se transmet que par le sang. Qui plus est un musicien qui a depuis longtemps internationalisé sa musique (on y retrouve notamment des traces de flamenco). Ensemble, les deux musiciens ont enregistré Brothers in Bamako, un album minimaliste, petite merveille de douceur sur lequel très rapidement, on ne sait plus qui du bluesman ou du griot est venu à la rencontre de l'autre. Qui a remonté le fleuve et qui l'a descendu. SD Eric Bibb et Habib Koité – « Brothers in Bamako », le Mercredi 27 mars au Centre Culturel Jean-Ja

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Le Capital

ECRANS | De Costa-Gavras (Fr, 1h53) avec Gad Elmaleh, Gabriel Byrne, Natacha Régnier…

Christophe Chabert | Mercredi 7 novembre 2012

Le Capital

Incorrigible Costa-Gavras ! Il semble être le dernier à croire aux vertus du cinéma à thèse, ce rouleau compresseur de la dénonce courroucée dont l’objet varie au gré des circonstances politico-sociales. Ici, c’est le libéralisme qui en prend plein les dents, du moins en apparence. En montrant l’accession d’un énarque anonyme à la tête d’une grande banque européenne pour préparer sa reprise en main par des actionnaires avides, puis sa détermination à conserver le poste et les avantages qui vont avec, Gavras décrit un prototype de crapule que l’on devrait se plaire à détester. Conçu comme un thriller (la musique, envahissante, nous le fait bien comprendre), Le Capital s’égare toutefois dans une triple intrigue sentimentale aussi démonstrative et lourde que son propos politique. Mais là n’est pas le plus grave : par scrupule ou par paresse, Gavras invente une conscience à son anti-héros, qui se manifeste à l’écran par des flashs de violence fantasmée avant retour à la réalité. Le procédé est cinématographiquement éculé et dédouane le personnage de sa bassesse, pourtant affichée dès le départ (l’argent, l’argent, l’argent). On a oublié de parler de Gad Elmaleh : son jeu mo

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Monsieur Propre

MUSIQUES | Légende précoce de la basse jazz-funk, producteur et compositeur pour Miles Davis avant la trentaine et king du slapping infernal, Marcus Miller est également auteur d'une œuvre solo fouineuse et groovy. À l'image de son dernier disque "Renaissance". Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 19 octobre 2012

Monsieur Propre

D'aucuns auraient tendance à penser que le slapping, cette méthode consistant à frapper les cordes d'une basse, qui envahit un temps la variété et le soft-rock, souvent pour le pire – on en a même vu chez François Feldman période Joue pas –, est une technique quelque peu ringarde. Il suffit pour se défaire de cet a priori tenace de se plonger dans l'oeuvre de Marcus Miller, mètre-étalon de la base jazz-funk contemporaine. On s'apercevra au passage que les albums de bassiste peuvent aussi dépasser le simple cadre du culte de cet instrument rythmique, vaguement ornementé de quelques fioritures censées le mettre en valeur (trompette, saxo, piano, plus rarement appeau à canards). Peut-être parce qu'il a touché à plusieurs disciplines (chez Aretha Franklin, Elton John, Jean-Michel Jarre, Claude Nougaro) et aussi à d'autres engins (la clarinette et la clarinette basse notamment), Miller, musicien de studio reconnu on l'aura compris, n'est pas de ces ayatollahs-là, et n'oublie pas de composer des morceaux sur lesquels la basse est certes partie prenante mais partie seulement. Sans doute parce qu'à la vingtaine, dans les années 80, le bassiste a beaucoup côtoyé

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Oiseaux Jazz

MUSIQUES | Qui dit été dit festivals, qui dit festivals dit jazz, qui dit jazz dit "Jazz à Vienne", point de rencontre annuel de la grande migration des jazzeux du monde entier. Stéphane Duchêne

Aurélien Martinez | Jeudi 21 juin 2012

Oiseaux Jazz

Avec l'été et l'avènement des festivals, on assiste chaque année à une migration qui pourrait nous rappeler celle de certains volatiles sensibles au climat (oies, grues, etc...). Chaque été, à la même période, c'est la grande transhumance des jazzmen, irrésistiblement attirés par la qualité du climat français, et ici, rhônalpin, et la qualité de ses sites antico-historico-touristiques. Parmi ceux-ci, le théâtre antique de Vienne n'est pas le moins prisé. Or, la notoriété et le talent de ces drôles d'oiseaux aux cris étranges, trompettistes, saxophonistes, chanteurs, pianistes, guitaristes, n'est pas sans attirer de concert toute une foule d'amateurs qui, elle aussi opère une migration vers ce lieu de rassemblement, comme le fauve attiré par la pause réhydratation d'un troupeau de flamands roses. Passage de témoin Cette année, à Vienne, les oiseaux sont encore une fois loin de se cacher pour mourir, même si une partie d'entre-eux n'est pas de prime jeunesse. Mais ce sont eux qui ont construit la légende du jazz et par là d'un festival qui n'a de jazz que la raison sociale, car toutes les espèces de musiques y sont acceptées ou presque. Eux, les

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Juliette sans Roméo

SCENES | Théâtre / Pour sa nouvelle création, Natacha Dubois, que l’on avait découverte en 2009 avec un efficace Pour en finir avec le jugement de Dieu sur Antonin (...)

Aurélien Martinez | Lundi 19 mars 2012

Juliette sans Roméo

Théâtre / Pour sa nouvelle création, Natacha Dubois, que l’on avait découverte en 2009 avec un efficace Pour en finir avec le jugement de Dieu sur Antonin Artaud, développe toujours une esthétique très rock (la présence sur scène à chaque fois de musiciens), et une approche du théâtre réfléchie et intéressante. À savoir porter sur le plateau non pas une simple pièce, mais un véritable propos. La metteuse en scène a ainsi composé un spectacle autour de la figure de Juliette R, femme tondue après la Seconde Guerre mondiale pour un amour jugé immoral avec un Allemand. Pour cela, elle a demandé à l’auteure Flora Donars d’écrire un texte autour de cette histoire, en la mêlant à celle de Roméo et Juliette, de Shakespeare. Partir d’un fait et tirer le fil pour évoquer le destin de cette femme (qui a véritablement existé) et la période extrêmement tendue et violente de l’après-guerre : le pari était audacieux. Et visuellement, la scénographie, avec cet astucieux mur fait de plusieurs boîtes comme autant de coffres à trésors et souvenirs, illustre parfaitement la vie déco

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