Les dix concerts immanquables de l'automne

MUSIQUES | Il y aura du monde les prochains mois dans les différentes salles de l'agglo grenobloise, dont beaucoup de très bons musiciens. Comme Jay Jay Johanson, Kraftwerk, Christophe, The Jon Spencer Blues Explosion, Socalled...

Stéphane Duchêne | Mercredi 16 septembre 2015

Jay Jay Johanson

« Hey ! Content de te voir, ça va Jay Jay ?! » Toujours bof apparemment à en croire la pochette d'Opium et son contenu. Jay Jay, ça va tellement que lors d'une interview sur France Culture, à la journaliste qui fait le bilan de sa carrière « Alors, vous avez 45 ans... », il répond sans rire « non j'en ai 50 » – alors qu'en fait, il en a 45. Bon.

Mais Jay Jay, ça va tellement qu'il a sorti cette année – à 50 ans bientôt 68, donc, ne le contredisons pas – son dixième album studio en un peu moins de 20 ans. Sur la période, le Suédois aura à peu près tout fait, y compris s'afficher en Bowie capillairement attenté sur un disque qui flirtait parfois avec la grande époque de Steph de Monac' (Comme un ouragan, donc).

Mais Jay Jay, ça va tellement, donc, qu'il nous revient avec un truc bien opiacé qui semble regarder directement dans le verre de Whiskey qu'il nous avait servi en 1996 et nous l'avait révélé en Chet Baker efflanqué aux cheveux blonds et à l'âme bleue faisant le sexe avec Portishead : une sorte de trip-hop jazz comme on aurait même plus l'idée d'en écouter en 2015, n'était ce (très) vieux Jay Jay.

Stéphane Duchêne

Mercredi 14 octobre à la Source (Fontaine)

Christophe

Sa tournée Intime – Cricri, seul au piano avec ses classiques –, Christophe y a travaillé comme s'il lui avait fallu tout réapprendre. Lui, l'ancien faux chanteur à minettes, reconverti en homme de machines et de claviers, toujours à la recherche au fil des ans de matière sonore à styliser, s'est mis au piano, qu'il disait lui-même mal maîtriser, et a bossé d'arrache-pied, la peur et la rage au ventre.

Comme souvent avec Christophe, et même débarrassé de ces textures à empiler sur la console, le résultat est simplement bouleversant. En déshabillant ses chansons, en livrant, à nu, sa voix d'oisillon étranglé, Christophe leur offre peut-être le plus beau des costumes et frappe sans détours là où ses chansons ont toujours visé, directement au cœur – on met au défi quiconque de ne pas verser une larme sur J'l'ai pas touchée ou Les Marionnettes. Souvent repris, souvent cité, souvent hommagé, Christophe prouve avec ce projet en lequel lui-même croyait difficilement que le meilleur interprète de Christophe, c'est encore Christophe lui-même.

SD

Jeudi 29 octobre à la Belle électrique

Mdou Moctar

Il sera aisé de voir en Mdou Moctar, brillant guitariste touareg, une sorte de Prince du Ténéré. Et pour cause, Mdou Moctar s'est fait un petit plaisir en réalisant son Purple Rain personnel, film financé via Kickstarter qui n'est ni plus ni moins qu'un remake de la bio filmée de Prince, mais version Mdou Moctar. Ou comment un jeune musicien touareg versé dans l'électro-blues-rétro-futuriste (car, oui, comme Prince, Moctar se livre à de bien étranges mélanges de genres et de textures sonores), bref comment un jeune musicien touareg parvient à faire son trou à Agadez tout de mauve vêtu.

Non content de jouer le premier rôle d'Akounak Teggdalit Taha Tazoughai, Mdou Moctar en a également écrit la BO – en 2013, il avait déjà sorti l'album Afelan. En attendant qu'il change son nom pour un symbole ou s'affiche avec Ophélie Winter, Mdou Moctar se présentera en trio blues à la Bobine, histoire qu'on voit celle de la star en vrai, de bobine.

SD

Vendredi 6 novembre à la Bobine

The Jon Spencer Blues Explosion

Increvable et boulimique de projets, de blues déglingué et donc de projets à base de blues déglingués (orientation rockabilly toutefois concernant son groupe Heavy Trash), l'ami Jon Spencer n'a pour autant jamais lâché la rampe et le manche du Blues Explosion, le projet qui l'a fait exploser. Après le désossant Meat & Bone il y a trois ans, Spencer et ses deux acolytes explosifs (Bauer ! Simmins ! au rapport!) nous reviennent avec Freedom Tower : No Wave Dance Party 2015.

Un hommage à New York à laquelle ils ont juré fidélité et à la tour résiliente érigée en lieu et place des Twins, enregistré au studio House of Tone, repaire du label Daptone. Ne pas s'attendre pour autant à quelque envolée soul, le Blues Explosion fait du Blues Explosion avec ces génuflexions, ces à-coups et ces passes d'armes guitaristiques dignes d'une bagarre de rue. Si certains ont envisagé un jour de s'asseoir sur le trône d'un Jon Spencer qu'on pourrait croire vieillissant (cette année est celle de son demi-siècle) mais toujours aussi frénético-électrique sur scène, il faudra aller le lui prendre le couteau entre les dents et chaussé d'une bonne paire de bottes.

SD

Mercredi 11 novembre à la Belle électrique

Socalled

À la fois pianiste, chanteur, rappeur, auteur, compositeur, producteur, mais aussi photographe, magicien, marionnettiste, réalisateur et on en passe, le touche-à tout canadien surdoué et multi-primé Josh Dolgin (alias Socalled) dispose d'un CV qui pourrait en intimider plus d'un… Accumulant les projets collaboratifs à la vitesse de l'éclair et multipliant les concerts sur les cinq continents, l'artiste découvert il y a maintenant une douzaine d'années au sein de collectif Klezmer Madness! de David Krakauer n'a pourtant rien du virtuose inaccessible, bien au contraire.

Entièrement voué au groove sous toutes ses formes (musique klezmer, jazz, funk, hip-hop, dancehall, électro, musiques orientales), Socalled ne semble avoir d'autre objectif que de faire passer du bon temps à son audience par tous les moyens nécessaires, comme en témoigne une fois encore son incroyablement créatif cinquième album solo Peoplewatching.

Damien Grimbert

Jeudi 12 novembre à la Source (Fontaine)

Jozef van Wissem + Arlt

S'il était deux étrangetés à réunir sur un même plateau dans le seul but de réunir des... étrangetés, alors présenter le même soir Jozef van Wissem et Arlt à la Bobine est sans doute la meilleure idée qui soit. D'un côté, Jozef van Wissem qui a consacré sa vie au luth baroque pour jouer les figures rock, se faisant une autre spécialité en noircissant les BO de quelques films, à commencer par ceux de Jim Jarmusch (Only Lovers Left Alive) avec lequel il est très souvent fourré dans quelque lieu sombre à composer ou interpréter son folk pour vampire huit fois centenaire.

De l'autre, Arlt, duo pas moins aride même si bien plus drôle, qui décape la chanson française à coups de langue (aux deux sens du terme) et de textes conçus comme des cadavres exquis qui bougeraient encore mais sentiraient très fort. À deux voix, et à l'aide de leurs guitares très sèches, les Arlt conduisent à une sorte de transe malaisante qui, malgré des moyens bien différents, vise la même fin que celle de Jozef van Wissem : le vertige. Prévoir une cure de magnésium.

SD

Vendredi 13 novembre à la Bobine

Kraftwerk

Soyons honnêtes, il n'y avait guère que Kraftwerk pour nous inventer un concept de concert de rock (ou d'électro, mais Krafwerk compte aussi beaucoup dans l'histoire du rock, il n'y a qu'à voir comme leur découverte par Bowie a donné un nouvel élan à la carrière du Thin White Duke) avec lunettes 3D. Et en faire autre chose qu'un gadget pour gogo : ce spectacle, prouesse technique hallucinante comme l'ont toujours été les prestations de Kraftwerk à travers les époques et les moyens dont elles permettaient de disposer, fut rien moins que l'événement de Nuits Sonores 2014, le fameux festival électro lyonnais.

C'est que le discours des hommes-machines allemands sur les progrès technologiques (l'autoroute, le nucléaire, l'informatique, la robotique) et ses dérives déshumanisantes a rarement été plus d'actualité qu'aujourd'hui, et si l'on s'en tient à l'époque à laquelle est apparu Kraftwerk, totalement visionnaire, posant ainsi la question de la place et du statut de l'artiste sur scène (robot ou humain ?) face à la foule enlunettée et donc un peu obligée.

SD

Vendredi 13 novembre à la MC2

Claire Diterzi

Claire Diterzi et Le Petit Bulletin, c'est une histoire d'amour forte entamée il y a presque dix ans lorsqu'elle sortit son premier album solo Boucle. Claire Diterzi et le public français, c'est une histoire d'amour contrastée, l'auteure-compositrice-interprète n'ayant jamais accédé au statut d'icône de la chanson française auquel elle pourrait pourtant prétendre.

La faute à sa musique, sans doute trop riche et barrée ? Mais une Camille a bien réussi sur ce domaine… La faute à son monde mis en scène et pas forcément des plus accessibles aux premiers abords ? Christine and the Queens prouve le contraire… Définitivement, on ne comprend pas, surtout que son tout frais nouvel album (69 battements par minute) est une fois de plus une réussite nourrie aux mélodies solides, aux guitares entraînantes et à l'ironie débordante – L'avantage avec les animaux c'est qu'ils t'aiment sans poser de questions, Envoie le steak, Je suis un pédé refoulé

Aurélien Martinez

Samedi 14 novembre à l'Heure bleue (Saint-Martin-d'Hères)

Toumani & Sidiki Diabaté

En matière de kora, un Diabaté peut aisément en cacher un autre, car c'est bien souvent une affaire de famille qui remonte aux premières lunes. Il eut donc été étonnant que le géant du luth malien Toumani Diabaté n'engendre pas un grand joueur de kora comme l'avait fait son propre père avant lui. D'ailleurs, pour compliquer un peu l'arbre généalogique mais faciliter le travail du destin, le fils de Toumani Diabaté se prénomme également Sidiki, comme son grand père – le grand-père de Sidiki, pas de Toumani.

Toujours est-il qu'à même pas un quart de siècle, Sidiki est déjà plus qu'une référence dans le monde des griots. Ce qui ne l'a pas empêché d'avoir le trac de sa vie le jour où il a dû monter sur scène avec papa la première fois – c'est dire un peu l'aura que dégage Toumani. Ensemble, ils ont enregistré à Londres (et non au Mali), où toutes les portes leurs sont ouvertes, un album qui porte leur prénom car, à les entendre, jouer le nom des Diabaté est implicite.

SD

Mercredi 18 novembre à la Source (Fontaine)

Piers Faccini & Vincent Segal

À force, ce projet réunissant le chanteur anglo-italo-cévennol (d'adoption) et le plus qu'éclectique violoncelliste de Bumcello est devenu un classique immortalisé par le très beau Songs of Time Lost, recueil de reprises tous azimuts de vieilles chansons italiennes, de folk-songs, de traditionnelles créoles ou allemands, de blues et de toutes ces sortes de choses avec lesquelles ces deux adorables musiciens n'en finissent plus de tourner. Pour la bonne et simple raison qu'il s'agit pour eux de rattraper ce temps perdu induit par le titre de leur projet.

Rencontrés dans une soirée parisienne il y a plus de 20 ans, il a fallu ce temps à cette amitié musicale et humaine pourtant immédiate pour prendre corps sous la forme d'une véritable et durable collaboration à quatre mains. Le résultat ne nous fait aucunement regretter que ces deux-là aient laissé mûrir la chose avant d'en cueillir les beaux fruits. Du genre bio et ramassé à la main avec amour.

Vendredi 20 novembre à la MC2


Jay-Jay Johanson

+ 1ère partie Midnight Bloom
38 avenue Lénine Fontaine
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Christophe


La Belle Électrique 12 esplanade Andry-Farcy Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Kraftwerk 3D

MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Le Piers est à venir

Folk -world | Bien que solidement campé dans les sauvages cévennes qui l'ont adopté, le musicien anglo-italien Piers Faccini continue de multiplier les voyages immobiles sur son dernier disque.

Stéphane Duchêne | Samedi 10 juillet 2021

Le Piers est à venir

Voyage vertical et plutôt de bas en haut, si l'on en croit son titre Shapes of the Fall (Les formes de la chute). Chute physique mais aussi morale puisque Faccini y dresse le constat, pas nouveau mais compliqué à imprimer pour le commun des mortels, de la chute qui vient, celle de notre civilisation, du monde, bref de tout ce qui part à vau-l'eau sur cette planète à commencer par le climat. Ce voyage, cette belle descente aux enfers, le folkeux la double d'une descente vers le sud. Convoquant les pulsations gnawas et les transes africaines (toujours ce tropisme world dans son folk) dans ce trip étourdissant qui, pour évoquer la fin du monde, semble vouloir aller puiser à ses sources géographiques. Cela donne des morceaux vertigineux comme Foghorn Calling ou Dunyas (et ses sublimes arrangements de cordes), entre deux balades teintées de mélancolie lumineuse. Celle de l'espoir qui malgré tout demeure, sinon autant se jeter par les fenêtres du monde. Faccini déçoit rarement, mais on tient peut-être là un chef-d'œuvre tel qu'il n'en a malgré tout pas livré depuis longtemps. Un genre de chef-d'œuvre en péril qu'il va falloir chérir.

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Les livres de la Ressourcerie cherchent leurs lecteurs

ACTUS | À deux pas de la rue de Stalingrad (Grenoble), la Ressourcerie, gérée par le réseau Ulisse Grenoble Solidarité, collecte des objets auprès des particuliers et (...)

Sandy Plas | Jeudi 20 mai 2021

Les livres de la Ressourcerie cherchent leurs lecteurs

À deux pas de la rue de Stalingrad (Grenoble), la Ressourcerie, gérée par le réseau Ulisse Grenoble Solidarité, collecte des objets auprès des particuliers et les propose ensuite à la vente. Parmi ces dons, un grand nombre de livres vient remplir chaque année les rayonnages de la boutique installée au 2, rue Hippolyte Muller, après être passés par un tri sélectif, pour écarter les ouvrages en mauvais état. Mais après 4 mois passés sur les rayons, ceux qui ne trouvent pas preneurs doivent laisser la place aux nouveaux venus qui font leur entrée à la Ressourcerie, au grand regret de Jean-Christophe Guédon, responsable de cette librairie de seconde-main. « C’est vraiment dommage car des pans entiers de la librairie restent très peu fréquentés, alors qu’il y a un grand choix d’ouvrages intéressants et à des prix qui dépassent rarement les 3 euros pièce. » Il lance donc aujourd’hui un appel aux lecteurs grenoblois, pour les inciter à pousser les portes de la bou

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"Possessor" : de la mort des marionnettes

ECRANS | Possessor aurait pu constituer l’Easter Egg idéal du festival Hallucinations Collectives, si… Mais avec des si, les cinémas seraient ouverts et on ne serait pas obligé de voir le Grand Prix de Gérardmer en direct to DVD en espérant qu’il sorte enfin sur grand écran…

Vincent Raymond | Mercredi 14 avril 2021

Dans un monde parallèle, une firme hi-tech vend à ses très fortunés clients ses "talents" consistant à téléguider neurologiquement des individus afin qu’ils commettent des meurtres ciblés. Tasya Vos, l’une de ces marionnettistes du subconscient, éprouve de plus en plus de difficultés à sortir de ses missions. Et la dernière qu’elle accepte pourrait bien lui être également fatale… En d’autres circonstances, on aurait été embarrassé d’évoquer le père à travers le fils. Mais ici, tout, du thème au style organique choisis par Brandon, renvoie au cinéma de David Cronenberg et tend à démontrer par l’exemple (et l’hémoglobine) la maxime « Bon sang ne saurait mentir ». Non qu’il s’agisse d’un film par procuration, plutôt de la perpétuation logique d’un esprit, de la manifestation d’un atavisme cinématographique. Avant que le concept soit énoncé et surtout banalisé dans toutes les gazettes, l’idée de l’Humain augmenté, quel que soit le moyen choisi (hybridation vidéo, amélioration psychique, branchement neuronal, mutation, duplication…) mais toujours à ses risques et périls, a t

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Soleil vert

Reprise | On s’en approche de plus en plus. En 1973, le film post-apocalyptique de Richard Fleischer apparaissait comme une dystopie du même acabit que La Planète (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Soleil vert

On s’en approche de plus en plus. En 1973, le film post-apocalyptique de Richard Fleischer apparaissait comme une dystopie du même acabit que La Planète des Singes : on frissonnait pour rire sans y croire vraiment. Légèrement dépassé dix ans plus tard, Soleil vert revient comme un boomerang aujourd’hui, en particulier grâce sa visionnaire séquence d’ouverture résumant la course à l’abîme créée par la révolution industrielle. Pollution, désertification, famines, inégalités sur-creusées, ciel ocre et humains légalement asservis (coucou Uber). Ne manque qu’un élément faisant tout le sel de ce film se déroulant en 2022, c’est-à-dire demain, que le Pays Voironnais vous propose de découvrir gratuitement mercredi 14 octobre à 20h30 au Cap de Voreppe, dans le cadre du mois de la transition alimentaire. Bon appétit !

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"Tenet" : au temps pour lui

ECRANS | Attendu comme le Messie, le nouveau Nolan peut exploser le box-office si les spectateurs consentent à voir plusieurs fois ce Mission : Impossible surnaturel pour être sûr de bien le comprendre. Il y aura donc un avant et après Tenet. Encore que…

Vincent Raymond | Mercredi 26 août 2020

Agent travaillant pour une organisation gouvernementale, Tenet est chargé d’enquêter sur un trafic de matériaux aux propriétés physiques insolites puisqu’ils inversent le cours du temps. Derrière tout cela se cache un mafieux russe cruel, Sator, doté d’une belle femme malheureuse… Quand un concept surpasse la chair de l’intrigue… Nolan nous a habitués à manipuler — et de façon osée — les deux composantes “deleuziennes“ du cinéma : l’image-temps et l’image-mouvement. À modeler la texture de la première pour qu’elle accueille la seconde. Une démarche aussi productive qu’inventive entamée avec Inception, poursuivie avec Interstellar et étrangement Dunkerque (où le montage approfondissait différemment l’intrication d’espaces temporels disjoints et cependant parallèles). Tenet suit logiquement cette ligne, aussi sûrement qu’une obsession proustienne pour le temps perdu, avec donc ce qu’elle comporte de désespoir. Si les problématiques sont excitantes — irradier des objets ou des personnes pour qu’ils aillent à

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"Just Kids" : seuls les mômes

ECRANS | De Christophe Blanc (Fr.-Sui., 1h43) avec Kacey Mottet Klein, Andrea Maggiulli, Anamaria Vartolomei…

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Après la mort accidentelle de leur père, Mathis, 10 ans, se retrouve sous la responsabilité de Jack, 19 ans. Une charge bien lourde pour les deux : le cadet ne tient guère en place, et le jeune adulte espère un miracle en reprenant les combines louches et foireuses du paternel… Comment totalement détester ce film sur la trajectoire de gamins livrés à eux-mêmes, en manque de père et de repères, hésitant entre suivre les traces d’un défunt peu reluisant ou créer de nouvelles attaches ? Mais comment totalement aimer ce film aux criants airs de déjà-vu chez Téchiné, Kahn, Bercot ou Doillon, entre autres cinéastes plutôt fréquentables par ailleurs ? Le road movie familial initiatique, les jeunes fratries confrontées ensemble et individuellement à des problématiques de deuil, l’incorporation d’une sous-trame noire sont censés apporter un chaos supplémentaire à la situation instable des personnages, et donc de la surprise. Mais ces relances narratives procèdent dans ce contexte de la simple logique, pour ne pas dire de la convention. Sinon, il y a quelques beaux plans du Grenoblois, pour les amateurs.

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"Wet Season" : cours particuliers

ECRANS | D'Anthony Chen (Sing.-Taïw., 1h43) avec Yann Yann Yeo, Christopher Ming-Shun Lee, Koh Jia Ler…

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Singapour. Ling enseigne le chinois à des élèves de terminale à qui cette matière importe peu et peine à avoir un enfant. Épouse dévouée, elle s’occupe du père paralytique de son mari fuyant. L’un de ses élèves se rapproche alors d’elle, alors qu’au-dehors, la mousson s’abat sur le pays… Le hasard fait se succéder sur les écrans français à quelques semaines d’intervalle La Beauté des choses (1995), l’inédit de Bo Widerberg, et ce nouveau film d'Anthony Chen qui se répondent de façon stupéfiante. Bien que le contexte historique (la Seconde Guerre mondiale en Suède chez Widerberg, Singapour aujourd’hui chez Chen) et le point de vue (l’adolescent pour l’un, l’enseignante pour l’autre) soient opposés, la trame est identique : un lycéen un peu à part noue une relation "inappropriée" avec une enseignante mariée et délaissée par son époux, alors que gronde une menace extérieure (ici, climatique). Un argument de fantasme à deux sous (à dessous ?) qu’Anthony Chen habille de nombreuses ramifications signifiantes en composant l’entourage de Ling. Celle-ci apparaît en effet comme totalement marginalisée : à son foyer, elle s’occupe de son beau-p

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Trois soirées à ne pas rater

Sorties | On a repéré pour vous trois immanquables pour la semaine, à partir du 4 décembre. Au programme : rap et techno en divers lieux grenoblois.

Damien Grimbert | Mardi 3 décembre 2019

Trois soirées à ne pas rater

04.12.19 > EVE Lean Chihiro Déjà trois années qu’on entend parler de Lean Chihiro, jeune rappeuse parisienne d’à peine 20 ans définie par un univers à la fois très singulier… et très dans l’air du temps : références à la pop-culture japonaise tous azimuts, stylisme irréprochable, flow ultra mélodique explorant les frontières entre chant et rap, affection particulière pour les infrabasses saturées au point de faire trembler les murs… Précisons qu’elle rappe essentiellement en Anglais, ce qui lui fait au moins un point commun avec les groupes ASM et Mû, avec lesquels elle partagera l’affiche de ce concert organisé par Retour de Scène. 06.12.19 > Ampérage DE_dust II Ça fait longtemps qu’on défend dans ces pages le DJ et producteur français Panteros 666, son approche très ouverte et décloisonnée des styles musicaux, sa passion sincère pour la grosse techno des années 90, la cyberculture et les nouvelles technologies… On est donc ravi de le voir venir présenter son nouveau projet en collaboration avec Romain Casa, DE_dust II, un live techno / acid / warehouse inspiré par le jeu vidéo Counter Strike

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"L'Angle mort" : au revoir mon amour

ECRANS | De Patrick-Mario Bernard & Pierre Trividic (Fr., 1h44) avec Jean-Christophe Folly, Isabelle Carré, Golshifteh Farahani…

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

Dominick (Jean-Christophe Folly) possède depuis l’enfance l’étrange pouvoir de se rendre invisible. Une faculté dont il fait un usage modéré (chaque "passage" lui coûtant cher en énergie vitale) car elle suscite aussi, surtout, moult quiproquos gênants avec ses proches. Est-ce un don ou une malédiction ? Les histoires de couples perturbés par des interférences créées par des mondes parallèles – ésotériques ou psychiques – forment "l’ordinaire fantasmatique" du cinéma de Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic, collectionneurs de discordances en tout genre. Dancing (2003) et L’Autre (2009) traquaient déjà en effet des irruptions singulières dans ce que l’on nomme la normalité, en adoptant des constructions cinématographiques volontiers elliptiques, mentales ou peu linéaires. Est-ce ici l’influence d’Emmanuel Carrère, qui leur a soufflé l’argument de L’Angle Mort ? Sans déroger à leur propension au fantastique, ce film manifeste un changement de forme radical, adoptant une narration plus posée et une structure de conte contemporain à morale philosophique – comme si R

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"Chambre 212" : la clé des songes

ECRANS | De Christophe Honoré (Fr.-Bel.-Lux., 1h27) avec Chiara Mastroianni, Vincent Lacoste, Camille Cottin…

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Vingt ans après le début de son idylle avec Richard (Benjamin Biolay), Maria (Chiara Mastroianni) quitte le domicile conjugal pour faire le point dans l’hôtel d’en face, chambre 212. La nuit étant propice aux prodiges, Maria est submergée par les fantômes de ses amours du temps jadis, et ceux de son conjoint. Chambre 212 est un peu une version sentimentale (et érotisée) du Christmas Carol de Dickens où le personnage visité par des esprits du passé et se baladant dans des uchronies ne serait plus Scrooge l’avaricieux mais une quadragénaire random en plein cas de conscience. Et où les apparitions – en l’occurrence des doubles de ses amants d’antan – seraient plus désorganisées. Cette fantaisie grave oscillant entre le réalisme cru du drame sentimental et une artificialité assumée, comme elle module du cocasse au bizarre, évoque le cinéma de Blier où tous les temps et destins se superposent dans un cauchemar quantique ; où les personnages coexistent parfois sous divers âges et visages. On ne s’étonnera donc pas que le réalisateur de Merci la vie ! compte parmi les remerciements au géné

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Les Dauphinoises de l'impro : 5, 4, 3, 2, 1... impro !

Festival | Vendredi 27 et samedi 28 septembre, ce tout nouveau festival posera ses valises au Jeu de paume à Vizille et au Péage-de-Vizille. On vous en dit un peu plus.

Nathalie Gresset | Mardi 24 septembre 2019

Les Dauphinoises de l'impro : 5, 4, 3, 2, 1... impro !

Les Dauphinoises de l'impro : voilà un nom explicite. Créé par Jean-Christophe Garcia, passionné d’impro et comédien amateur depuis deux ans, l’événement a pour ambition de « faire découvrir cette discipline aux habitants de la vallée de l’Oisans et leur donner envie de la pratiquer », explique le fondateur. Cet art originaire du Québec est « riche en apprentissages. Quand on fait de l’impro, on ne peut pas tricher, on doit se mettre à nu, lâcher prise. Nos barrières tombent et des liens forts se créent rapidement ». Pour cette grande première, le programme s’annonce rythmé et intergénérationnel avec notamment des matches d’impro, une comédie musicale improvisée ou encore un spectacle « destiné aux enfants de 6 à 12 ans ». Au total, une quarantaine de comédiens amateurs et professionnels de la Ligue impro38, des compagnies la CieGALe, les Artscène et les Eloquents se donneront la réplique et animeront ces deux journées. « Les spectateurs seront dans le bain du début jusqu’à la fin entre les spectacles, les moments d’impr

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"La Source" : planche de salut

ECRANS | de Rodolphe Lauga (Fr, 1h45) avec Sneazzy, Thomas Goldberg, Christophe Lambert…

Vincent Raymond | Lundi 22 juillet 2019

Désœuvré, vivant comme une malédiction la nécessité de reprendre l’entreprise de plomberie familiale de son père défunt, Samir s’imagine un autre avenir loin de la cité, en devenant surfeur pro. Même s’il n’a jamais mis les pieds sur une planche de sa vie. Et qu’il ne sait pas nager… Du parcours "éclaboussant" de Karim Braire, le réalisateur (et surfeur) Rodolphe Lauga a ôté toute l’écume sulfureuse et le ressac saumâtre : Samir en constitue une version à la fois épurée et fictionnalisée dans le bon sens du terme, puisque seul compte le récit initiatique d’un ado refusant le déterminisme socio-familial pour s’accomplir dans une inexplicable passion, en suivant son instinct. On objectera que le schéma est classique, mais le film l’est moins, qui déroge à tous les clichés du cinéma de banlieue ou du cinéma de glisse : l’une et l’autre sont en effet considérées ici comme des éléments contextuels, non comme des prétextes à images chocs ou spectaculaires. Par ailleurs scénariste (notamment des deux derniers Canet), Lauga

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Le dancefloor au scalpel à la Belle électrique

Semaine thématique | On déroule le sommaire de la "semaine du dancefloor" qu'organise la salle grenobloise du mardi 18 au vendredi 21 juin

Damien Grimbert | Mardi 11 juin 2019

Le dancefloor au scalpel à la Belle électrique

Après, entre autres, le punk et les musiques populaires jamaïcaines, c’est cette fois au dancefloor de faire l’objet d’une semaine thématique à la Belle électrique. Au programme, on retrouvera ainsi mardi 18 une projection du documentaire "historique" (il fut diffusé pour la première fois sur Arte en 1996) Universal Techno de Dominique Deluze, qui retrace la genèse du genre à Détroit en compagnie de ses trois pères fondateurs : Juan Atkins, Derrick May et Kevin Saunderson. Un gros morceau, au même titre que la conférence du lendemain (mercredi 19 donc), qui réunira Michel Amato alias The Hacker et Jean-Yves Leloup, l’un des meilleurs critiques et journalistes français dans le domaine des musiques électroniques (on vous recommande chaudement ses passionnants ouvrages parus chez l’éditeur Le Mot et Le Reste), et accessoirement curateur de la récente exposition-événement Électro, de Kraftwerk à Daft Punk en place à la Philharmonie de Paris. Jeudi 19, place à une soirée dansante au bar de la Belle électrique chorégraphiée et mise en scène par Yannick Siméon

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Polytech s'offre "Interstellar"

ECRANS | Rendez-vous mardi 5 mars à Mon Ciné pour (re)découvrir le bijou de Christopher Nolan sorti il y a cinq ans.

Vincent Raymond | Mardi 26 février 2019

Polytech s'offre

Il fut un temps où la Warner parvenait à concilier mieux qu’aucune major sa tête et son cœur (enfin, le muscle devant son cœur, son portefeuille), en abritant en son giron une foule d’auteurs garantissant à la fois prestige international et écrasants triomphes au box-office. De cette époque à Kubrick ou Kazan ne reste qu’un Eastwood bientôt nonagénaire. Parmi la relève, les Wachowski sont au purgatoire, Paul Thomas Anderson (hélas trop peu rentable) a été exfiltré ; Cuarón a succombé aux beaux yeux billets verts de Netflix. Demeure le fidèle Christopher Nolan, rarement décevant (c’est-à-dire souvent plus que profitable), qui de surcroît met le monde en transe avec ses histoires emplies de paradoxes scientifiques, d’effets visuels hypnotiques et de stars oscarisées par camions entiers. Tel Interstellar (2014). Encouragé par le succès d’Inception (2010), aventure exploratoire de l’infiniment intime des songes, où les protagonistes se dotaient du pouvoir d’investir et de modeler leurs mondes intérieurs à leur convenance (quitte à s’y trouver piégé), Interstellar poursuit dans le

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"Moi, Maman, ma mère et moi" : sa mère la fantôme

ECRANS | de Christophe Le Masne (Fr, 1h27) avec Grégory Montel, Olivia Côte, Philippe Rebbot…

Vincent Raymond | Mardi 12 février 2019

Après vingt ans d’absence, Benoît est de retour dans la maison familial pour faire du tri avant, peut-être, de la vendre. Entre deux engueulades avec son frère et ses sœurs, il subit les visites intempestives et insistantes de sa mère. Problème : elle est morte l’année d’avant… Du réalisme magique made in Pays de la Loire, pourquoi pas après tout… À condition de ne pas être trop regardant sur l’intrigue, façon secret de famille de feuilleton estival, et de tolérer l’arythmie générale qui réclame de supporter dix minutes plan-plan à chaque fois qu’il y a quinze secondes dynamiques. Dommage, car il y a de bonnes idées ou personnages (comme le voisin magnétiseur susceptible) au milieu des incohérences (le puzzle intact après trois décennies au bord de la flotte). Pour cette réunion de famille, le cinéaste Christophe Le Masne a fait appel à des interprètes ayant tous un haut potentiel de sympathie. Sans doute est-ce parce que lui-même comédien, il a eu la délicatesse de laisser à chacune et chacun un "solo" leur permettant d’avoir une partition face au groupe. L’attention, louable, a le défaut d’être un peu trop systématique et de se borner à la

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"Cet étrange objet du réel" : l'Espace Vallès aux frontières du réel

Exposition | L'exposition collective proposée le centre d'art de Saint-Martin-d'Hères réunit six artistes dont les pratiques variées ont pour point commun d'intriguer le regard et de susciter la curiosité. Visite guidée.

Benjamin Bardinet | Mardi 4 décembre 2018

S'il y a bien une chose d'étrange dans la nouvelle exposition de l’Espace Vallès (dont le titre détourne le titre d’un fameux film de Luis Buñuel), c'est la manière dont les œuvres disparates parviennent à proposer un parcours visuel assez stimulant en forme de rebonds comme dans la comptine Trois petits chats... Alors suivons-le ! Passé la porte d'entrée, notre regard est accueilli par les masques de Nadine Lahoz-Quilez. Fabriqués à partir de plumes, de perles ou de faux cheveux, ils ont la particularité étrange de ne représenter aucune des parties du visage (nez, yeux, bouche...) et donnent l'impression paradoxale qu'ils nous tournent le dos, renforçant ainsi leur capacité à nous dissimuler. La question de la dissimulation est également au cœur du tableau-installation saugrenu de Johan Parent dans lequel deux loupes en mouvement invitent le spectateur à ausculter la surface noire d'une toile monochrome. Conditionné par la lente rotation mécanique de ces loupes, notre œil est ensuite irrésistiblement attiré par les immenses vortex graphiques de Philippe Veyrunes. S'approchant de ces deux gigantesques dessins,

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"Mission Impossible – Fallout" : redoublement en 6e

ECRANS | Suite directe de "Rogue Nation", "Fallout" revisite les fondamentaux de la franchise "Mission Impossible" en passant la sixième vitesse. La rapidié, une manière comme une autre pour Tom Cruise de défier le temps qui passe…

Vincent Raymond | Jeudi 19 juillet 2018

Censé empêcher un groupe terroriste de s'emparer de sphères de plutonium, Ethan Hunt (Tom Cruise) compromet sa mission afin de sauver un membre de son équipe. Le CIA lui met alors dans les pattes l’agent Walker (Henry Cavill) chargé d’évaluer l’IMF ; charge à lui de récupérer les éléments radioactifs… Pour ce sixième opus, on ne change pas une équipe qui gagne (des dollars), et encore moins l’architecture narrative de la franchise : une nouvelle fois, il est ici avéré qu’une taupe trahit l’Agence et des preuves accablantes s’accumulent contre Hunt ; lequel, placé en fragilité, doit jouer contre sa hiérarchie pour sauver le monde avant même de prouver son innocence. Voilà qui n’est pas sans rappeler la trame de l’excellent film inaugural de De Palma (1996). Impression renforcée par un finale à coup d’hélicoptères, une large inscription territoriale du film entre Paris et Londres et le démasquement grâce à un masque du traître de l’histoire. Les références à l’épisode matriciel deviennent des révérences assumées. Éternelle genèse Vingt ans plus tard, cette constance apparente peut sembler étonnante dans

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"The Strange Ones" : frères de sang

ECRANS | de Christopher Radcliff et Lauren Wolkstein (ÉU, 1h21) avec Alex Pettyfer, James Freedson-Jackson, Emily Althaus…

Vincent Raymond | Mercredi 11 juillet 2018

Nick est adulte, Sam un pré-ado ; tous deux font la route ensemble, se présentant comme des frères. Mais le sont-ils vraiment ? Et pourquoi sillonnent-ils la campagne américaine, dormant dans des motels ou à la belle étoile ? Ce road movie étrange joue la carte de la suggestion et du proto-fantastique, entre narration elliptique et linéarité contrariée. The Strange Ones est en effet balafré d’analepses et de prolepses, comme pour dissimuler avec la plus grande ostentation possible (c’est-à-dire lui donner davantage d’écho lors de sa révélation) son drame matriciel. En maniant l’allusif, en accentuant sans raison apparente certains aspects du réel (notamment en composant avec l’insondable étrangeté de la nature) mais aussi en pratiquant cette forme de récit "déconstruite" plus proche de la spirale que de la ligne droite, les réalisateurs Christopher Radcliff et Lauren Wolkstein font naître une forme d’angoisse diffuse. Une atmosphère rappelant les climats oppressants du Blue Velvet (1986) de David Lynch quand celui-ci demeurait à la lisière du bizarre sans totalement basculer. Film mental, f

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"Plaire, aimer et courir vite" : un peu, pas du tout et pas avec les bonnes chaussures

ECRANS | Pour raconter ses jeunes années entre Rennes et Paris, quand le sida faisait rage, le cinéaste Christophe Honoré use de la fiction. Et les spectateurs se retrouvent face à un pensum dépourvu de cette grâce parfois maladroite qui faisait le charme de ses comédies musicales. En compétition à Cannes 2018.

Vincent Raymond | Vendredi 11 mai 2018

Paris, 1993. Écrivain dans la radieuse trentaine, célibataire avec un enfant, Jacques (Pierre Deladonchamps) a connu beaucoup de garçons. Mais de ses relations passées, il a contracté le virus du sida. Lors d’une visite à Rennes, il fait la connaissance d’Arthur (Vincent Lacoste), un jeune étudiant à son goût. Et c’est réciproque… Il faudrait être d’une formidable mauvaise foi pour, quelques mois après le triomphe de 120 battements par minute, taxer Christophe Honoré d’opportunisme parce qu’il situe son nouveau film dans les années 1990 à Paris – ces années de l’hécatombe pour la communauté homosexuelle, ravagée par le sida. Car Plaire, aimer et courir vite s’inscrit dans la cohérence de sa filmographie, dans le sillage de Non ma fille, tu n’iras pas danser (20

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"Katie Says Goodbye" : demande à la poussière

ECRANS | Dans son premier film, volet inaugural d’une trilogie à venir, le réalisateur Wayne Roberts plonge la comédienne Olivia Cooke dans le cœur profond des États-Unis. Une réussite sans une once de misérabilisme.

Vincent Raymond | Lundi 16 avril 2018

Fleur pure éclose au milieu d’un trou désertique perdu dans le sud ouest états-unien, Katie vit avec sa mère immature, dispense chaque jour son sourire dans le diner où elle bosse et fait des passes avec quasi tout le monde afin de partir à Frisco pour devenir esthéticienne. Un ange de bonté, qui va pourtant subir le pire… Bien malin qui parvient dès les premières images à dater ce film renvoyant une image atemporelle ou, à tout le moins, figée dans le rose-bonbon années 1950 des États-Unis : aucun des marqueurs coutumiers de la "contemporanéité" que sont les écrans ou les smartphones ne vient perturber ce microcosme figé dans une époque idéalisée, bien que totalement révolue. Des enclaves bien réelles, rappelant ces patelins aperçus récemment dans le film Lucky de John Carroll Lynch ou le documentaire America

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"Ernest et Célestine en hiver" : ours dort

ECRANS | de Julien Chheng & Jean-Christophe Roger (Fr., 0h45) animation

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

Quatre nouvelles aventures de l’ours musicien et de sa copine-colocataire la souris, glanées avant l’hibernation d’Ernest. L’occasion de rencontrer Bibi l’oie sauvage qu’ils ont élevée, la Souris verte dérobant les objets abandonnés ou Madame Tulipe, voisine du tandem aimant danser… L’ambition de ce programme de courts-métrages est plus modeste que long-métrage ayant donné vie cinématographique en 2012 aux personnages de Gabrielle Vincent : on est ici dans le bout-à-bout d’épisodes formatés pour une diffusion télévisuelle. D’où la question : en dépit de leur qualité formelle tout à fait comparable au film de Benjamin Renner, Stéphane Aubier & Vincent Patar, que font-ils sur grand écran sans "plus-value", sans liant ? On tolère de perdre une partie de l’univers des personnages et de la noirceur ayant fait d’Ernest & Célestine un objet à la poésie complexe ; pas vraiment d’assister à une sorte de projection de DVD grand format.

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Théâtre : les 15 pièces à voir cette saison à Grenoble et aux alentours

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | On a épluché l'ensemble des programmes des salles de l'agglo, et on en a sorti ce qui nous semble le plus pertinent. Sortez votre agenda : il y aura de quoi faire les prochains mois.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Théâtre : les 15 pièces à voir cette saison à Grenoble et aux alentours

Le Oliver Saint-John Gogerty Mais que l’on aime au PB les Chiche Capon, clowns déjantés créateurs d’univers forts et de personnages très, mais alors très très hauts en couleur. Après avoir présenté leur LA 432 l’an passé au Théâtre municipal, ils reviennent cette saison dans les mêmes murs avec un précédent spectacle sur l’évolution de l’homme à la réputation plus que flatteuse – le spectacle, pas l’évolution. Et qui se trouve être celui qu’ils préfèrent dans l’ensemble de leur répertoire – c’est ce qu’ils nous avaient affirmé l’an passé en interview. On sera dans la salle. Au Théâtre municipal de Grenoble le 19 octobre Saigon

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"Le Christ aveugle" : mysticisme religieux... et linéaire

ECRANS | de Christopher Murray (Chi.-Fr., 1h25) avec Michael Silva, Bastian Inostroza, Ana Maria Henriquez…

Vincent Raymond | Mardi 9 mai 2017

Depuis son enfance, Michael est persuadé d’être une sorte d’élu de Dieu, capable de miracles. Prêchant souvent dans le désert, il s’attire davantage d’hostilité que d’écoute. Un jour, il part guérir un ami d’enfance victime d’un accident. Ses fidèles le suivent, guettant le prodige… Dans le foisonnement actuel du cinéma chilien, Christopher Murray tente une entrée par le versant du mysticisme religieux – les évangélistes de tout poil ayant particulièrement la cote en Amérique du Sud. Cette fiction n’en est une qu’à demi, puisqu’il s’est nourri du quotidien des habitants de la Pampa del Tamarugal, de leur décor et de leurs histoires pour composer la trame du film. Ce sont eux également qui ont été choisis pour en être les interprètes – normal que Le Christ aveugle leur soit dédié. Grâce à cette approche, Murray conserve une indiscutable vérité (les visages émaciés, les corps suppliciés par l’indigence ou la maladie ne mentent pas) ; il retranscrit également le besoin muet d’un peuple abandonné de croire en l’impossible – fût-il promis par un semi-illuminé. Dommage qu’il manque d’une vision réellement originale pour no

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Et si l’entreprise sauvait la culture?

ACTUS | La crise que connaît depuis des années le monde culturel laisse de la place à de nouvelles initiatives. Start-ups ou financements mixtes naissent à Grenoble pour pallier le manque de soutien des collectivités publiques. Retour sur plusieurs exemples locaux, comme la Belle Électrique ou Short Édition.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 7 février 2017

Et si l’entreprise sauvait la culture?

La situation économique de la culture commence à devenir alarmante en France. Rien qu’à Grenoble, on ne compte plus les festivals qui s’arrêtent (Rocktambule), les salles qui ferment (le Ciel), les assos qui périclitent (Sasfé à la Villeneuve). Certains acteurs de l’agglomération tentent de trouver des solutions comme l’a remarqué Olivier Zerbib, sociologue de la culture et du management de l’innovation à l’IAE (Institut d’administration des entreprises) de Grenoble. « Puisque le ministère de la Culture ne donne pas de direction, puisque la Ville de Grenoble ne diffuse qu’un discours comptable, la culture cherche de nouvelles sources de financement. » La Belle Électrique organisait ainsi en septembre dernier l’événement Culture < > Futur, qui avait lieu au Musée de Grenoble. On y « découvrait et échangeait sur les tendances culture, entrepreneuriat et numérique » nous explique Alban Sauce, de l’association MixLab (qui gère la salle de con

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Yael Naim et le Quatuor Debussy : corps à cordes

MUSIQUES | Depuis plus d’un an, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (deux violons, un alto et un violoncelle) sont tombés en amour. Un amour qui prend la forme d’une tournée revisitant avec douceur le répertoire passé et présent de la Franco-Israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties cette semaine à la Rampe d’Échirolles.

Stéphane Duchêne | Lundi 9 janvier 2017

Yael Naim et le Quatuor Debussy : corps à cordes

Ce n'était qu'un concert surprise en juin 2015, né du désir de rencontre d'une chanteuse qui les multiplie, Yael Naïm, et d'un quatuor de chambre qui n'aiment rien tant que briser les barrières à coups d'archets. Au départ donc, forcément, un concert de presque rien ; trois ou quatre titres (bizarrement, aucun des protagonistes ne semble se souvenir du chiffre exact), presque improvisé. « On a travaillé un peu en amont, mais on ne s'est vraiment rencontrés avec le quatuor que le jour même. C'était super, c'est un quatuor classique très pointu et en même temps très ouvert, complètement rock'n'roll » explique Yael Naim. Et quelque chose s'est produit qui n'était pas prévu. Quelque chose de magique. « J'ai rarement vécu une telle émotion dans un concert, on s'est vraiment sentis très chanceux d'être là. » Christophe Colette, violoniste du quatuor, d'ajouter : « Ce concert improvisé, sur le pouce, a été tellement magique qu'avec les membres du quatuor, on se surprenait à prendre autant de plaisir à écouter Yael qu'à jouer avec elle. » Le genre de moment pour lequel on aimerait pouvoir dire : j'y étais.

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Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Panorama rentrée 2017 | Les prochains mois, il y aura du bon, voire du très bon, à écouter dans les salles grenobloises et de l'agglo. On vous détaille nos coups de cœur.

La rédaction | Mardi 3 janvier 2017

Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Yael Naim et le Quatuor Debussy À la faveur d'un concert exceptionnel à Lyon en 2015, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable et plus travaillée. La chanteuse et le quatuor baroque ont donc lancé une tournée qui revisite avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de la franco-israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. À la Rampe (Échirolles) Jeu 12/01 et ven 13/01 _______ Camera Les années 1970 inspirent plus que jamais les artistes d'aujourd'hui et ce ne sont pas les Berlinois de Camera qui diront le contraire. Figure de proue de la renaissance du krautrock, ce genre tombé aux oubliettes pendant de longues années, le trio guitare-clavier-batterie n'a rien de conventionnel. Il épr

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Les MJC se font ajuster, à Grenoble comme dans la région

Secteur associatif | Début novembre, c’était le clap de fin pour la Fédération rhônalpine des MJC (maisons des jeunes et de la culture). Les 95 emplois de cette tentaculaire organisation (200 associations affiliées, 145 000 adhérents) sont supprimés. Résultat : quatre directeurs grenoblois se sont fait virer, et les finances ne sont pas au beau fixe.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 6 décembre 2016

Les MJC se font ajuster, à Grenoble comme dans la région

« On n’a plus de directeur depuis octobre. » C’est le constat amer de la secrétaire de la MJC grenobloise Anatole France. Pourtant Karim Chamon, l’ex-patron, squatte toujours son bureau près du cours de la Libération (photo). « J’ai encore plus de travail depuis que je suis au chômage : je m’occupe des paies, de la compta… » égraine-t-il affairé dans des dossiers. En buvant son quatorzième café de la journée, il s’explique : « Je suis directeur bénévole à la MJC en attendant ma réembauche en janvier. » Son employeur, jusque-là la fédération régionale des MJC, était en redressement judiciaire depuis mai 2016. Sans repreneur, elle vient d’être liquidée, ce qui a des conséquences sur tous les territoires. À Grenoble par exemple, quatre des sept directeurs de MJC étaient employés par elle. Ils ont tous été réembauchés par leur MJC : Anatole France (pour bientôt), Lucie Aubrac, Parmentier et Abbaye. Aujourd’hui, le constat est sans appel :

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The French Bastards en BO

MUSIQUES | Ils sont trois et auraient sans doute pu devenir compositeurs de musique de films. Eux ont préféré mettre leur talent au service d'un jazz énergique et sautillant aux influences multiples. Le résultat est pour le moins original.

Gabriel Cnudde | Mardi 6 décembre 2016

The French Bastards en BO

On pourrait les confondre avec un album de l'Inspector Cluzo. Seulement voilà, The French Bastards ne font pas du hard rock. On pourrait plutôt parler de hard jazz tant l'énergie dégagée par leurs compositions n'a rien à envier aux riffs bourrés de distorsion et de fuzz de leurs homologues à gros amplis. S'il faut du talent et un certain courage pour se lancer dans le hard rock en 2016, il en faut d'autant plus pour proposer un jazz accessible à tous. C'est pourtant ce que font Jean-Christophe Prince (premier rédac chef du PB pour la petite histoire, il y a plus de 20 ans donc), Guillaume Lannoy et Xavier Bray, concert après concert, enregistrement après enregistrement. Et pour l'heure, les trois Grenoblois le font très bien. Bande originale Pianiste avec probablement un peu plus de dix doigts, Jean-Christophe Prince compose ce qui est ensuite réarrangé par l'ensemble de la formation.

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Culture sous haute surveillance politique

politique culturelle | Fini le temps où les politiques culturelles étaient construites main dans la main avec les artistes et les professionnels ? Aujourd’hui, les élus semblent de plus en plus vouloir se réapproprier ce secteur avec, parfois, des méthodes abruptes et des arguments spécieux – ah, le fameux mot élitisme mis à toutes les sauces. Retour sur les derniers faits en date, notamment à Seyssinet-Pariset.

Jean-Baptiste Auduc | Lundi 31 octobre 2016

Culture sous haute surveillance politique

« On n’a pas très envie de revenir sur ce sujet. » Voilà ce qu’on nous répond à l’Ilyade de Seyssinet-Pariset lorsqu'on cherche à joindre l’équipe pour évoquer les difficultés qu’elle rencontre avec la mairie (de droite) et l’adjoint à la culture Frédéric Battin. Retour en mars 2016. La directrice de la salle de spectacle, Noémi Duez, boucle sa programmation pour la prochaine saison. Mais juste avant le dévoilement de celle-ci, la mairie lui demande un changement : sur les 17 spectacles prévus, un va devoir disparaître de la plaquette. Ce sera Vous reprendrez bien une petite danse, pièce de danse contemporaine présentant des personnes âgées. Comme l’Ilyade est une salle municipale (ce qui est le cas de nombreuses autres dans l’agglo), l’élu à la culture dispose d’un droit de regard. « Je me dois de donner une couleur à la programmation. Il nous a semblé que ce spectacle était celui qui correspondait le moins à ce que nous voulions pour l’Ilyade. » La programmation est pourtant un travail en soi, confié à la directrice et son équipe. Alors pourquoi cette décision, justifiée entre autr

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Avec "Apnée", les Chiens de Navarre ne manquent pas d’air

ECRANS | de Jean-Christophe Meurisse (Fr., 1h29) avec Céline Fuhrer, Thomas Scimeca, Maxence Tual…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Avec

Deux hommes et une femme pénètrent dans une mairie en robe de marié-e pour convoler ensemble. L’élu, excédé, leur signifiant que « ce n’est pas encore possible », ils partent alors à la poursuite de chimères, se heurtant au passage à diverses contingences du réel… Au générique, le trio fait du patin à glace avec pour seule tenue des masques de catch mexicain, avant de barboter dans une baignoire placée dans la vitrine d’un magasin. Rien n’effraie la compagnie théâtrale Les Chiens de Navarre dans ce collage aussi inégal que foutraque : les séquences s’enchaînent comme des petites saynètes indépendantes, selon les règles souples du coq-à-l’âne et au gré d’une fantaisie absolue. À croire que le film a été fabriqué en semi-impro durant les périodes de vacances de la troupe, comme une récréation. Cela ne gâche pas sa fraîcheur, mais en fait un objet relativement anodin, car convenu dans sa forme – Apnée n’est pas À bout de souffle non plus, si vous voyez la fine allusion. Mentions spéciales toutefois à quelques idées rigolotes post-surréalistes (tel le Christ décrucifié incapable de marc

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Août dans le Trièves avec le festival Mens alors

CONNAITRE | Entre le 8 et le 13 août, on croisera notamment le duo Arlt ou encore le spectacle "Le Petit cirque" de Laurent Bigot. Deux grands moments.

Aurélien Martinez | Lundi 18 juillet 2016

Août dans le Trièves avec le festival Mens alors

Treizième édition pour Mens alors, festival « d’échange et de création » situé à Mens (forcément), au sud de Grenoble. Et une édition qui, comme toujours, va sur plusieurs terrains, dont des passionnants. Ainsi du duo (et couple) Arlt, qu’on pourrait négligemment ranger dans la boîte chanson française, mais qui est plutôt à rapprocher de la famille des déglingueurs de langue. Arlt, ce sont ainsi des jongleries poétiques frémissantes voire bondissantes, lorgnant vers le folk, livrées en toute intimité, en mode trio pour leur concert du mercredi 10 août. À noter que d’autres beaux noms de la musique d’aujourd’hui (le bluesman suédois Bror Gunnar Jansson, le flûtiste Joce Mienniel en mode quartette, le trio du très jazzy François Raulin...) se côtoieront pendant la semaine de festivités. Côté spectacles, entre un ciné-concert pour orgue et une fantaisie théâtrale tout public, on aura notamment droit le vendredi 12 aoû

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"L'Outsider" : Jérôme Kerviel sur grand écran

ECRANS | Christophe Barratier, réalisateur notamment des "Choristes", remise patine et chansonnette pour prendre le parti de Jérôme Kerviel face à la loi des marchés. Il réalise une jolie plus-value au passage : grâce à ce film maîtrisé, la séance se clôt par une forte hausse de la valeur de son cinéma.

Vincent Raymond | Lundi 20 juin 2016

Qu’il semble loin le temps des Choristes, de Faubourg 36 ou de La Nouvelle Guerre des boutons ; cette époque laissant croire que Christophe Barratier préférait idéaliser un passé de carton-pâte, baigné d’insouciance nostalgique, comme s’il fuyait toute représentation du présent. Pour son premier film réellement contemporain, le cinéaste se paie le luxe de traiter frontalement un sujet en or que beaucoup de ses confrères français auraient sans doute évacué comme le mistigri : "l’affaire Kerviel". Frontalement, c’est-à-dire sans recourir à ce faux-nez habituel qu’est "l’évocation de faits réels" – une touchante pudeur visant à se prémunir d’éventuelles poursuites. Ici, tout étant avéré, Barratier cite nommément et sans barguigner les protagonistes et les raisons sociales impliquées dans la crise de la Société générale en 2008 – on se croirait dans un film américain ! Défi d’initier L’Outsider raconte la bourse, la mécanique

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« Jérôme Kerviel est la personne la plus fiable que je connaisse »

ECRANS | Après le Pape, Jérôme Kerviel a trouvé en Christophe Barratier un nouveau témoin de moralité de poids. Rencontre avec le cinéaste de "L'Outsider", en salle ce mercredi 22 juin.

Vincent Raymond | Lundi 20 juin 2016

« Jérôme Kerviel est la personne la plus fiable que je connaisse »

Pourquoi ce titre L'Outsider ? Christophe Barratier : Quelqu’un m’a dit un jour : « Jérôme Kerviel n’était pas fait pour être trader, il est arrivé comme un outsider ». Quand ce jeune homme de Pont-l’Abbé est arrivé sur le desk, personne ne soupçonnait que deux ans plus tard il gagnerait 200 fois plus que les autres, et serait huit ans plus tard l’auteur du plus grand scandale financier de tous les temps. Après l’avoir rencontré, quelque chose ne collait pas dans cette histoire. C’est la personne la plus fiable que je connaisse : je n’hésiterais pas à lui confier les clés de mes maisons, la garde de ma fille, ce que vous voulez… Comment se fait-il que ce type-là, pour moi l’un des plus honnêtes, soit connu comme le plus grand fraudeur de tous les temps ? La version de la Société générale du "loup solitaire terroriste" ne résiste pas à l’épreuve des faits quand on fait 8 jours d’enquête. N’est-ce pas aussi vous L’Outsider, dans l

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Les Malheurs de Sophie

ECRANS | Cinéaste aux inspirations éclectiques (mais à la réussite fluctuante), Christophe Honoré jette son dévolu sur deux classiques de la Comtesse de Ségur pour une surprenante adaptation à destination des enfants autant que des adultes… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Lundi 18 avril 2016

Les Malheurs de Sophie

La filmographie de Christophe Honoré ressemble à la boîte de chocolats de Forrest Gump (« on ne sait jamais sur quoi on va tomber »), à la différence notable que chacune de ses douceurs est dûment ornée d’une étiquette… omettant de signaler sa teneur en poivre ou piment. Résultat : appâtés par ses distributions appétissantes, becs sucrés et novices ressortent invariablement de ses films la gueule en feu ; quant aux autres, à force d’être échaudés, ils ont appris la méfiance et à espérer davantage de saveur dans la “seconde couche”, lorsque l’enrobage les déçoit. Sophistication, heurs et malheurs Bien que prolifique auteur de romans jeunesse, Honoré n’avait encore jamais franchi le pas au cinéma, où il flirte avec un public de préférence âgé de plus de 16 ans. S’emparant d’un pilier des bibliothèques respectables que sont Les Malheurs de Sophie, il procède à l’inverse de Jean-Claude Brialy, lequel avait réalisé en 1981 une transposition sagement premier degré, aux remugles de vieille confiture. Plutôt qu’égrener les sottises de la gamine dans une enfilade de saynètes (ce que l’ouvrage, dans sa forme théâtrale, incite à faire, et l’amorce du

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Remember

ECRANS | de Atom Egoyan (Can., 1h35) avec Christopher Plummer, Martin Landau, Bruno Ganz…

Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Remember

Dénué de quiétude, le cinéma d’Atom Egoyan porte en lui les remous d’un drame originel, d’une fracture violente dont chaque film observe les conséquences — ou plutôt, les séquelles. Nul besoin d’être grand clerc pour déceler dans cette obsession comme dans ses nombreux films marqués par les voyages ou les pèlerinages, des références au cataclysme que fut le génocide des Arméniens. Egoyan a fait de la mémoire des disparus l’un des piliers majeurs de sa carrière, et des survivants leurs dépositaires luttant pour qu’elle ne soit pas oblitérée. Sans doute le plus connu, De beaux lendemains (1997) en constitue un exemple loin d’être isolé : Exotica (1994) ou plus récemment Captives (2014) racontaient en adoptant la forme du thriller comment ceux qui restent dissolvent leur vie présente dans réactivation obstinée de leurs souvenirs. Remember croise à nouveau les genres en mêlant thématique historique (de la grande Histoire, puisqu’il s’agit de la traque d’un ancien nazi)

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Noël tardif au Magasin

ARTS | En parallèle de l'exposition de Didier Faustino prolongée jusqu'au 27 mars, le Magasin présente les lauréats de ses expositions de Noël 2013 et 2014. L'occasion de retrouver des artistes intéressants, avec comme grand gagnant le médium vidéo.

Charline Corubolo | Mercredi 24 février 2016

Noël tardif au Magasin

Quand, chaque année au mois de décembre, la célébration de la naissance du divin enfant approche, le Magasin, centre national d'art contemporain de Grenoble, n'est pas avare en cadeaux et propose sa traditionnelle exposition de Noël. Organisée depuis 2007 à l'Ancien musée de peinture place de Verdun, elle rassemble entre 20 et 30 artistes ayant un lien avec la région Rhône-Alpes. Une proposition qui permet une ouverture sur la création artistique locale, et qui se trouve accompagnée de la remise de deux distinctions : le prix de la Ville de Grenoble, décerné par le jury qui a sélectionné les jeunes créateurs, et le prix Édouard Barbe, donné par un groupe de collectionneurs. Pour chaque cru, deux artistes sont donc mis en avant et fort d'une excellente cuvée en 2013, dont un prix ex aequo, et en 2014, le Magasin présente aujourd'hui les lauréats de ces deux éditions, dans ses murs cette fois-ci. Le temps d'une exposition sont ainsi réunis les couronnés Laura Haby, Mükerrem Tuncay, Stéphanie Solinas, Laura Kuusk et Christophe Tournay. Un concentré de talents contemporains qui s'expriment en photographie, en installation, en peinture et en vidéo. Gloire à la vi

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JC Prince, du PB à la chanson

MUSIQUES | La vie est bien faite : la semaine de sortie du numéro 1000, Jean-Christophe Prince, premier rédacteur en chef du PB, est en concert à l’Atrium de Fontanil-Cornillon avec ses chansons. Ça valait bien une interview, dans laquelle le tutoiement est évidemment de rigueur. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 19 janvier 2016

JC Prince, du PB à la chanson

Après six ans à la tête de la rédaction du PB (de 1993 à 1999 pour être précis), tu t’es lancé au début des années 2000 dans la musique. Ça a fait quoi de changer de statut, de passer de l’autre côté de la barrière ? Jean-Christophe Prince : J’avais vraiment aimé être au Petit Bulletin, mais c’était bien d’arrêter… Ça m’a fait plaisir de ne plus être du côté de ceux qui regardent, de me retrouver parmi ceux qui proposent des choses. Tu n’as pas eu peur d’être attendu au tournant ? Non, pas vraiment. Même si, pour l’anecdote, les musiciens de Grenoble ne m’ont pas fait spécialement un accueil chaleureux. Je ne dis pas ça par aigreur, ça m’avait plutôt fait marrer d’ailleurs ! Et comme je n’avais pas forcément été toujours tendre dans le PB, c’était de bonne guerre. En plus, musicalement, tu as décidé de faire de la chanson, genre pas forcément le plus défendu au PB… Non, effectivement ! Après le PB, je me suis laissé porter pendant trois-quatre ans par les choses que je faisais naturellement. J’ai toujours écrit, donc l

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Diabaté, pair et fils

MUSIQUES | On ne présente plus Toumani Diabaté, sans doute le plus grand joueur de kora vivant – on peut discuter de l'attribution du titre avec Ballaké Sissoko. Mais (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 10 novembre 2015

Diabaté, pair et fils

On ne présente plus Toumani Diabaté, sans doute le plus grand joueur de kora vivant – on peut discuter de l'attribution du titre avec Ballaké Sissoko. Mais en matière de kora, si Sissoko c'est Maradona, Diabaté c'est Pelé. On ne soulignera pas non plus que, traditionnellement, le droit d'exercice du luth malien se transmet de père en fils au long de lignées de griots, seuls autorisés, en théorie, à pratiquer cet instrument. Tradition plus que respectée dans la famille Diabaté puisque Toumani tient de son père, Sidiki, ce qu'il a transmis à son fils, Sidiki, symboliquement baptisé en hommage au précédent. Et il faut croire que l'obsession généalogique de la tradition malienne n'est pas vaine tant il semble que le génie attaché à la kora coule quelque part dans les veines et se transmet biologiquement (ce qui est rare en matière de génie). Car, âgé d'à peine un quart de siècle, Sidiki est déjà lui-même une référence en matière de kora à laquelle l'ombre pourtant pesante du paternel ne semble pas parvenir à faire de l'ombre. Ce serai

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Noblesse de l'Arlt

MUSIQUES | Duo si singulier qu'il parvient à désosser la langue, qui est pourtant un muscle, Arlt invente dans la déconstruction une nouvelle chanson française dont la noblesse est dans la démarche, bancale et incertaine, réaliste et insensée. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 10 novembre 2015

Noblesse de l'Arlt

« Ça tremble et tout ce qui tremble est vrai » chantait le duo Arlt sur l'album Feu la figure. Ainsi est la musique d'Arlt : elle tremble et elle est vraie. Elle est vraie parce qu'elle tremble. Parce qu'elle vibre et saute comme un nerf sous la peau, parce qu'elle roule des galoches à la langue française mais sans salive, à sec, comme pour la râper autant que la faire déraper, bien décidée à casser le moule de ce boulet au pied de la chanson française qu'est le (néo-)réalisme. Ses paroles, Sing Sing (Florian Caschera, moitié masculine), les voit comme des riffs de langage. On pourrait tout aussi bien dire des rifts, séparant les phrases, coupant la narration comme on scinderait un continent d'un tremblement. Un art de la découpe et du rafistolage où Arlt manie les vents contraires du souffle, les paradoxes linguistiques et les filouteries de la lo-fi comme personne. En fait, la langue française intéresse moins le duo que la langue tout court et la musique qu'elle produit. Pas étonnant que le duo chante « Je ne sais plus de quoi on parle, si c'est de la mort qui vient ou bien si c'est du café qui brûle, si c'est de l'amour qui s'en va ou

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Kraftwerk 3D : l'attaque des clones

MUSIQUES | Musiques anti-spectaculaires par excellence, la house, la techno et toutes leurs copines interprétées du bout des doigts et la tête baissée voient régulièrement (...)

Benjamin Mialot | Mardi 10 novembre 2015

Kraftwerk 3D : l'attaque des clones

Musiques anti-spectaculaires par excellence, la house, la techno et toutes leurs copines interprétées du bout des doigts et la tête baissée voient régulièrement leurs vertus évocatrices surlignées par des scénographies ou projections d'une complexité à faire passer la Fête des lumières lyonnaise pour une expo de GIF animés – oui, ça existe ; non, ça ne devrait pas. C'est le crâne aux orbites rougeoyantes de Boys Noize, c'est la sphère recouverte d’une toile de cinéma de DJ Shadow, c'est la pyramide encadrée de néons de Daft Punk, c'est l'amas de polygones taillé pour le "mapping" d'Amon Tobin, c'est le cube en échafaudage d’Étienne de Crécy... Pour avoir préfiguré ces musiques et érigé la rigidité au rang de performance, Kraftwerk ne pouvait qu'aller encore plus loin dans la recherche d'un équilibre entre fond sonore et forme scénique. C'est là qu'intervient la 3D, déployée par le truchement d'une paire de lunettes guère plus sophistiquée que celles distribuées dans les paquets de céréales. Un accessoire à l'image de l'univers développé par Ralf Hütter et ses copies successives au fil des ans : à la fois désuet et à la pointe. Des paysages aux textures d'un a

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Kraftwerk : poupées de son

MUSIQUES | La MC2 reçoit, le temps d'un exceptionnel concert en trois dimensions, le groupe qui a fait entrer les musiques amplifiées dans l'ère numérique : Kraftwerk, quatuor allemand dont les compositions matricielles ont été aux musiques électroniques ce que les chansons des Beatles furent à la pop. Retour sur quarante ans d'une carrière visionnaire. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 novembre 2015

Kraftwerk : poupées de son

L'an passé dans Adieu au langage, Jean-Luc Godard, équipé d'un dispositif stéréoscopique de son invention, nous faisait redécouvrir le monde comme on ne sait plus le regarder : libéré de la platitude des écrans, rendu à la beauté de ses aspérités naturelles. Autre bricoleur de génie s'il en est, Ralf Hütter s'apprête lui à nous montrer celui de demain comme on ne l'a jamais vu, du fond d'un tout autre type de salle obscure : la salle René Rizzardo de la MC2, où il donnera ce vendredi avec Kraftwerk un concert en 3D, expérience de spectateur inédite et, surtout, synthèse de quatre décennies d'incubation et de suivi de la dernière grande révolution musicale en date. Retour vers le futur Synthétiser justement, composer, donner matière à ce qui n'en a pas, est une obsession qu'a cultivée ce claviériste dès le conservatoire. Celui de Düsseldorf, où il rencontre au tournant des années 1970 le flûtiste Florian Schneider, de six ans son aîné, dans un cours d'improvisation, pratique alors considérée comme un vecteur d'affranchisse

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Le double effet Claire Diterzi

MUSIQUES | Il y a (au moins) deux niveaux de lecture possibles de l’œuvre de Claire Diterzi. Le premier consiste à prendre ses chansons pour ce qu’elles (...)

Aurélien Martinez | Mardi 10 novembre 2015

Le double effet Claire Diterzi

Il y a (au moins) deux niveaux de lecture possibles de l’œuvre de Claire Diterzi. Le premier consiste à prendre ses chansons pour ce qu’elles sont : des petits bijoux très bien écrits (Infidèle sur son premier album Boucle) et orchestrés (Ce que j'ai sur le cœur sur Rosa la Rouge) à placer très haut dans le monde hétéroclite de la chanson française. Le deuxième consiste à déceler toute l’ironie dont l’auteure-compositrice-interprète est capable, très loin d’un premier degré bas de plafond. Car depuis plus de dix ans, Claire Diterzi s’amuse avec tous les codes de la chanteuse très féminine (À Quatre Pattes sur Tableau de chasse) cherchant l’amour (Aux marches du palais sur Rosa la Rouge, en duo avec Lambert Wilson) quitte à se ramasser ens

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Mdou Moctar : futurisme touareg

MUSIQUES | Le guitariste fait entrer le blues touareg de ses aînés dans l'ère 2.0. Brillant.

Damien Grimbert | Mardi 3 novembre 2015

Mdou Moctar : futurisme touareg

On commence à vous connaître, vous êtes du genre à qui on le ne la fait pas. Alors quand on vous parle d’un bluesman touareg prodige originaire du désert du Niger, tout de suite vous pensez à Tinariwen, à Bombino ; vous vous croyez en terrain connu. Sauf que le cas de Mdou Moctar est un peu différent. Nettement plus jeune que ses glorieux aînés, le guitariste s’est en effet d’abord fait connaître en enrichissant ses compositions psychédéliques d’une boîte à rythmes et d’un usage pour le moins surprenant de l’autotune, cette technique de modification de la voix si prisée dans le raï et la pop globalisée. Et avant de sortir sur disque, Anar, son premier album enregistré en 2008, s’échangeait avant tout sur les téléphones portables des jeunes de sa région. Repéré par l’ethnomusicologue de Portland Christopher Kirkley, boss de l’excellent label Sahel Sounds, Mdou Moctar se fait ainsi connaître du public oc

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New York, No York avec The Jon Spencer Blues Explosion

MUSIQUES | Sur son dernier album, au prétexte de célébrer une liberté retrouvée symbolisée par la Freedom Tower, le Jon Spencer Blues Explosion déclare son amour inextinguible à cette vieille femme qu'est la Grosse Pomme. Et le lui dit par tous les trous fumants. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 3 novembre 2015

New York, No York avec The Jon Spencer Blues Explosion

Jamais aussi à son affaire que lorsqu'il s'agit de jouer les Screamin' Jay Hawkins (un Américain du siècle dernier très rhythm and blues) efflanqués, prêcheur de bon temps à prendre avant que l'Apocalypse ne vienne nous gratter la viande et nous ronger les os, Jon Spencer et son duo d'acolytes qui font trois ravalent leur précédent Meat & Bone pour nous jouer la grand-messe commémorative d'un New York renaissant mais néanmoins, pour une part, révolu. Freedom Tower – No Wave Dance Party 2015, voilà l'affaire. La Freedom Tower, c'est donc cette tour de Babel post-moderne célébrant la Liberté autant que son fantôme, le souvenir de la catastrophe et le devoir de redresser pour deux la puissance érectile américaine jadis portée par les jumelles déchues. Le superphallus enfin érigé sur l'ancienne béance de Ground Zero, c'est surtout cette vieille hydre de Blues Explosion qui bande comme un démon, un os non pas dans le nez, comme le précité Screamin', mais bien dans le pantalon. Car s'il s'agit de rendre hommage (« Come on fellas, we gotta to pay respect », commande Spencer sur l'inaugural Funeral) ou du moins de tro

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Christophe : intime idée

MUSIQUES | Son Intime Tour se terminera jeudi à la Belle électrique. L'occasion de (re)découvrir ses morceaux à poil, sans filtre synthétique.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 octobre 2015

Christophe : intime idée

Évidemment, l'idée n'est pas de lui. On s'en serait douté. L'animal beau bizarre, il le martèle, n'aime pas se retourner sur le passé – même récent. Alors cet Intime Tour, fait de concerts laissant une large part à l'improvisation et à la rencontre, figé pour l'éternité sur un disque, ce n'est pas une idée très "Christophe friendly". Et comme à son habitude, il ne s'en cache pas. « C'est une idée de la maison de disques. Je venais de signer avec Capitol, chez qui sort mon prochain album studio, et c'était le contrat. Un album live de la tournée, un album studio et même probablement un album de duos à suivre. Cet album, je ne l'ai pas écouté, et c'est probablement ce qui m'a permis de continuer cette tournée, ça m'aurait bloqué. » (lire son interview ici) Le fait est que les maisons de disque n'ont pas toujours de mauvaises idées. Car c'est bien la première fois qu'on approche autant au ras un Christophe enfin à nu, sans protection sonore, sans filtre synthétique. Juste sa voix et quelques ac

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Christophe : « Les gens aiment mon espèce de voix »

Concert | En queue de comète d'un "Intime Tour" déjà bouclé, Christophe livrera son dernier récital piano-voix à la Belle électrique, en attendant un album pour le printemps. Retour avec l'intéressé sur une tournée pas jouée d'avance faite de piano, de voix, de rencontres et de tâtonnements.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 octobre 2015

Christophe : « Les gens aiment mon espèce de voix »

Lors de notre dernier entretien pour l'édition lyonnaise du Petit Bulletin, vous preniez quelques leçons de piano, en vue de l'Intime Tour ; un exercice que vous redoutiez beaucoup. Résultat, un an et demi de tournée : finalement, ça s'est plutôt bien passé... Christophe : Oh, je ne suis pas devenu un virtuose en deux ans. Après quelques cours d'explications des claviers, pour comprendre des choses comme les augmentations d'accords, j'ai laissé naturellement jouer ma technique d'autodidacte. Mais c'est vrai que j'ai d'abord été très intimidé par cet instrument. Rien qu'à penser qu'il pouvait y avoir des pianistes dans la salle... C'est un complexe que j'ai un peu perdu en m'amusant. J'ai une main gauche qui est très très faible, c'est dommage pour un pianiste, mais bon, c'est comme ça, je ne l'aurai jamais. J'ai 70 balais maintenant. Avez-vous expérimenté un nouveau rapport à votre public dans le dépouillement piano-voix comme dans la manière d'aborder vos chansons ?

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Des histoires en attente grâce à Short Édition

ACTUS | Quand innovation et culture se rencontrent, ça donne naissance à un beau projet : la startup grenobloise Short Édition lance son "distributeur d'histoires courtes" pour rendre l'attente plus plaisante dans certains lieux publics de la ville.

Charline Corubolo | Vendredi 16 octobre 2015

Des histoires en attente grâce à Short Édition

Ça s'active à Grenoble. Après Paysages-in-situ, jeu de faussaire basé sur des œuvres représentant des vues de l'Isère qui rencontre un franc succès, voici une nouvelle initiative "made in Gre" qui surprend et emballe. La Ville vient ainsi de donner borne blanche à Christophe Sibieude, cofondateur et président de Short Édition, éditeur communautaire d'histoires courtes, pour le lancement d'un drôle de projet. Depuis quelques jours, huit étranges bornes ont ainsi envahi différents lieux de la ville (voir liste ci-dessous). Loin de distribuer des Malabar et autres caries à retardement, ces prototypes loués par la municipalité proposent aux personnes coincées dans une file d'attente d'éditer une histoire de une, trois ou cinq minutes en pressant un bouton, dans le but de rendre le moment plus plaisant. Nouvelles, BD courtes ou poèmes, les récits s'impriment sur des tickets se

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Présumés Innocents

MUSIQUES | Loin du tapage d'une reformation hystérique, JP Nataf et Jean-Christophe Urbain ont ravivé avec l'impeccable "Mandarine" la flamme mélomane des Innocents. Réhabilitant au passage le souvenir parfois faussé d'un groupe qui compte finalement beaucoup plus que l'enfilade de tubes livrés deux décennies durant au cœur d'une véritable encyclopédie pop. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 13 octobre 2015

Présumés Innocents

Chienne de vie. Vraiment. Quand on voit la vitesse à laquelle s'est rempli le Transbordeur lyonnais à l'annonce d'un concert surprise des Insus (soit Téléphone reformé en mode clando pour faire genre) et qu'on constate avec quelle discrétion est accueilli le retour des Innocents, eh bien messieurs dames on vous le dit comme on le pense, quelque chose branle dans le manche, il y a du mou de veau dans l'Hygiaphone et le monde est décidément « aussi parfait qu'il est plat » – c'est-à-dire surtout plat. Parce que, si on peut se permettre de parler un peu musique, les Innocents, c'est quand même un Autre Finistère que Téléphone. Ironique, quand on songe que les deux groupes ont été portés par une ribambelle de tubes dopés par les radios. Sauf que, concernant Téléphone, il y a les tubes, taillés pour les stades ou les soirées quadras qui dégénèrent après minuit et c'est tout. Du côté des Innocents, il y a les tubes aussi mais ceux-ci cachent un énorme malentendu. Geste frère, frères de geste Car, lorsqu'on écoutait dans les années 80-90's tous leurs hits (on vous fait grâce de la liste,

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Le Quatuor Debussy : «décloisonner les musiques»

SCENES | En juin 2013, le prestigieux festival lyonnais Les Nuits de Fourvière fut illuminé par "Opus", création mêlant nouveau cirque, danse et musique, emmenée par la compagnie australienne Circa et le Quatuor Debussy. Une réussite entre poésie et force dans laquelle les interprètes, circassiens comme musiciens, offrent une vision sublimée d'un art collectif. Avant le passage du spectacle par la Rampe d’Échirolles, rencontre avec Christophe Collette, premier violon et membre fondateur du Quatuor Debussy. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 26 mai 2015

Le Quatuor Debussy : «décloisonner les musiques»

Comment est née l’idée d’une rencontre sur scène entre votre Quatuor Debussy et la compagnie australienne Circa ? Christophe Collette : La rencontre a été provoquée par Dominique Delorme, directeur du festival lyonnais Les Nuits de Fourvière, qui connaît notre appétence pour les croisements artistiques. Un jour à Montréal, il est tombé sur Yaron Lifschitz, directeur artistique de la compagnie Circa, qui lui a parlé de son envie depuis des années de faire quelque chose autour de Chostakovitch [compositeur russe de la période soviétique – NDLR]. Comme Dominique savait qu’on était depuis des années un des quatuors spécialistes de Chostakovitch, il a voulu que l’on se rencontre avec Yaron pour voir si ça pouvait marcher. Ce n’est pas la première fois que vous collaborez avec des artistes venus du spectacle vivant – Mourad Merzouki, Maguy Marin, Anne Teresa De Keersmaeker… On fait ça depuis presque vingt ans, on a été très novateurs dans cette démarche artistique. Sa

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Kraftwerk en concert en novembre à la MC2 Grenoble

MUSIQUES | Rendez-vous le vendredi 13 novembre à la MC2 avec les pionniers allemands des musiques électroniques.

Aurélien Martinez | Mercredi 22 avril 2015

Kraftwerk en concert en novembre à la MC2 Grenoble

C’était l’événement de l’édition 2014 de Nuits sonores, le fameux festival électro lyonnais : la venue du groupe par lequel tout a commencé. À savoir Kraftwerk, quatuor allemand dont les compositions matricielles ont été aux musiques électroniques ce que les chansons des Beatles furent à la pop. Et voilà qu’une info inattendue vient de tomber : les Allemands se produiront à nouveau en France cet automne, pour plusieurs concerts exceptionnels. Dont un à Grenoble, à la MC2, le vendredi 13 novembre. Dans le langage courant, on appelle ça un événement. Dans le langage plus familier, on appelle ça une putain d’excellente nouvelle. Ouverture de la billetterie vendredi 24 avril à 10h dans tous les points de vente habituels et sur rpo.net. Tarif unique de 55 euros.

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