1=0 : plus que zéro

MUSIQUES | Dans la tradition rugueuse du spoken-word sur fond de mur de guitares, 1=0 décape le rock binaire en une forme de savant déséquilibre rageur renvoyant aux grandes heures d'aînés comme Diabologum. A découvrir absolument.

Stéphane Duchêne | Mardi 7 février 2017

De grosses guitares flirtant avec le post-punk, le post-rock, le shoegazing option mur de son, et du spoken word révolté, balancé d'une voix blanche comme une angine. Il n'en faut pas plus pour ramener un groupe à la comparaison ultime : Diabologum. Soit l'alpha et l'oméga d'un rock rappé jusqu'à la moëlle, de la langue tordue jusqu'à l'entorse, du cœur ravalé dans la bouche, et de ses fondateurs, que sont Michel Cloup et Arnaud Michniak.

Même Fauve avait eu droit à cette comparaison. Il y avait peu de chances que le trio 1=0 y échappe. Moins situationniste que les Toulousains de Diabologum, moins fleur bleue gnangnan que Fauve, 1=0 envoie un autre genre de sauce dont le fond est pourtant puisé à la même source, celle de la colère froide, celle du plomb dans l'aile autant que dans la tête, celle du son comme cri du cœur.

Le cri d'une génération non pas née sous X mais sous Y ou Z et qui conserve la douleur lancinante et vaine de ses aînés, comme une réponse binaire au Génération X de Douglas Coupland et au Moins que zéro de Bret Easton Ellis, élevée au culte de l'instant sans lendemain. « J'essaie de m'imaginer avec le même boulot dans un an, mais aucune image ne vient », écrivait Coupland. 1 aujourd'hui, peut-être 0 demain. SD

À la Source, jeudi 10 février

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Nastassja Martin : rouge baiser

Story | Dans un sublime récit baptisé Croire aux fauves, l'anthropologue Nastassja Martin raconte sa terrible rencontre avec un ours, sa reconstruction physique et psychologique et l'étrange métamorphose qu'elle induit. Un texte infiniment poétique qui est aussi une plongée dans l'intimité du travail des anthropologues, ces chamanes de notre temps.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 janvier 2020

Nastassja Martin : rouge baiser

«L’ours est parti depuis plusieurs heures maintenant et moi j’attends, j’attends que la brume se dissipe. La steppe est rouge, les mains sont rouges, le visage tuméfié et déchiré ne se ressemble plus. » Ainsi débute Croire aux fauves, sans exposition, sans les présentations d'usage, à vif, avec pour tout décor connu : la steppe. Une femme gît dans ce paysage, en sang, la mâchoire broyée et le cuir chevelu cisaillé. Elle vient de croiser un ours. De trop près. Drôle d'endroit pour une rencontre ? Plutôt deux fois qu'une : à cet endroit, sur un plateau glaciaire du Kamtchatka, d'ordinaire les ours ne s'aventurent guère – il n'y a rien pour faire bombance. Le truc, c'est que les humains non plus. Sauf ce jour-là donc, où la femme a vu l'ours et avec lui sa dernière heure arriver avant que l'animal, inexplicablement, ne se ravise. Cette femme, c'est l'autrice elle-même, Nastassja Martin, anthropologue élevée au savoir du grand Philippe Descola et spécialisée dans l'étude des peuples arctiques sur un terrain de jeu immense allant de l'Alaska à la Sibérie extrême-orientale. On avait ainsi pu lire, dans Les Âmes sauvages, le récit de son séjour chez les Gwic

Continuer à lire

Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Panorama rentrée 2017 | Les prochains mois, il y aura du bon, voire du très bon, à écouter dans les salles grenobloises et de l'agglo. On vous détaille nos coups de cœur.

La rédaction | Mardi 3 janvier 2017

Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Yael Naim et le Quatuor Debussy À la faveur d'un concert exceptionnel à Lyon en 2015, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable et plus travaillée. La chanteuse et le quatuor baroque ont donc lancé une tournée qui revisite avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de la franco-israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. À la Rampe (Échirolles) Jeu 12/01 et ven 13/01 _______ Camera Les années 1970 inspirent plus que jamais les artistes d'aujourd'hui et ce ne sont pas les Berlinois de Camera qui diront le contraire. Figure de proue de la renaissance du krautrock, ce genre tombé aux oubliettes pendant de longues années, le trio guitare-clavier-batterie n'a rien de conventionnel. Il épr

Continuer à lire

Fauve aux Rencontres Brel

MUSIQUES | Rendez-vous le mercredi 22 juillet à Saint-Pierre-de-Chartreuse (Isère)

Aurélien Martinez | Lundi 13 avril 2015

Fauve aux Rencontres Brel

Voilà, on vient d’apprendre le nom de la grosse tête d’affiche que les Rencontres Brel devaient encore annoncer : ce sera le groupe Fauve, qui était au Summum de Grenoble la semaine dernière. Retrouvez notre article ici. La programmation musicale du festival de Saint-Pierre-de-Chartreuse est donc complète. Elle est disponible ici, avec l'onglet billetterie.

Continuer à lire

Fauve : vous avez dit Blizzard ?

MUSIQUES | Mis sur orbite par un impressionnant EP baptisé "Blizzard", Fauve a ensuite confirmé à peu près partout sauf sur disque. Au point de faire aujourd'hui la tournée des Zénith, dont le Summum, alors que le deuxième long format du groupe est sorti à l'automne dernier dans l'indifférence générale. Blizzard ? Comme c'est blizzard. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 7 avril 2015

Fauve : vous avez dit Blizzard ?

Quelle étrange trajectoire que celle de Fauve. Démarré par un bouche à oreille en forme de traînée de poudre, d'un public de forcenés diffusant vers la hype puis un plus large horizon médiatique jusqu'au suremballement (un dossier de "une" dans Libération lui a été consacré, mettant tous les cadors de la rédaction à contribution pour analyser le phénomène tout en célébrant mollement son prétendu génie), c'est au moment où le groupe squatte un à un tous les Zénith de France que le soufflé semble être lourdement retombé. Bien entendu, ces Zénith sont pleins – mais à quelques exceptions près, pas complets (comme à Grenoble). Pourtant, c'est comme s'il y avait eu une sorte de jet-lag entre l'explosion non pas seulement médiatique mais surtout artistique du groupe et cette tournée. Comme si celle-ci avait été réservée un peu tôt par les promoteurs pour se dérouler trop tard. Car là où Fauve a été le plus intéressant – et peut-être était-ce l'attrait de la nouveauté – c'était sur son EP Blizzard qui cinglait vraiment sur le visage. C'est d

Continuer à lire

Fauve, génération spontanée

MUSIQUES | On aurait pu continuer d'appeler Fauve : Fauve ≠. Mais d'une, ça commence à être un peu relou ; et de deux, Fauve « = » plus que « ≠ ». Car (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Fauve, génération spontanée

On aurait pu continuer d'appeler Fauve : Fauve ≠. Mais d'une, ça commence à être un peu relou ; et de deux, Fauve « = » plus que « ≠ ». Car oui, Fauve = succès dingo = deuxième album à venir en 2015 = passage au Summum, cet écrin à Calogero et autres sommités variéto-rock. Oui, Fauve, non pas la musculeuse danseuse aux 85 dents de Danse avec les stars, non, non, le Fauve Corp. (parce que oui, on peut dire Fauve Corp. aussi), ce petit attroupement de jeunes dégoûtés de la vie qui a retourné le cerveau du rock français avec ses hymnes mi-rap mi-chou, mi-figue mi-rock, au début aussi tranchants qu'un couteau japonais et puis aujourd'hui vachement moins – attendons quand même la suite discographique, soit pour l'heure deux titres en février, avant de nous prononcer définitivement sur leur cas. Quoi qu'il en soit, il y a longtemps qu'on n'avait vu pareille génération spontanée et pareille ascension.

Continuer à lire

Notre sélection de Noël

ACTUS | Les bouquins, DVD et autres CD, c’est bien pour Noël, certes. D’ailleurs, tous les magazines y vont de leur sélection. De notre côté, on a préféré se pencher sur les spectacles et concerts des six prochains mois qui pourront ravir vos proches. Oui, du coup, sous le sapin, il n’y aura qu’un bout de papier (le ticket d’entrée) ; et alors ?!

Aurélien Martinez | Mardi 9 décembre 2014

Notre sélection de Noël

Pour les spectateurs qui en ont marre du théâtre à papa (ou maman) Succès du Festival d’Avignon 2013, la relecture théâtralisée des Particules élémentaires de Michel Houellebecq par le jeune Julien Gosselin est l’événement théâtral de l’année – du mardi 10 au samedi 21 mars à la MC2. Un spectacle captivant qui s’inscrit dans son temps sans tomber dans le modernisme à tout prix. Fort, très fort. 04 76 00 79 79 ou www.mc2grenoble.fr Pour les "tendance" Christine and The Queens, c’est la sensation chanson française (mais pas que) du moment. Une pop glacée et hypnotique diablement séduisante qui remplit des salles de plus en plus grandes. À l’heure où nous écrivions ces lignes, il restait douze places pour son concert du mardi 3 mars à la Belle électrique. Oui, que douze.

Continuer à lire

Cabaret frappé jour 2 : explosion fauve

MUSIQUES | C’était la soirée la plus attendue du festival, la seule à afficher complet depuis des semaines. Elle a tenu toutes ses promesses, avec un Lescop à l’aise et – surtout – un collectif Fauve électrique. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mercredi 24 juillet 2013

Cabaret frappé jour 2 : explosion fauve

En 2002, sur son premier album Ceci n’est pas un disque, le groupe de hip-hop décalé TTC livrait l’un de ses meilleurs titres : De pauvres riches. « Putain c’est la merde / Pourquoi tu dis ça ? / Chez moi c’est la misère / Ah ouais t'as trop raison / Ici c’est la galère / Reprends du champagne man, de toute façon ce week-end on se barre sur la côte. » Il y a de ça chez le collectif Fauve : un côté problèmes de riches scandés façon rappeur sur une musique très rock. Un truc à n’écouter qu’au premier degré comme on l’écrivait ici (même si les parodies sont nombreuses sur le web). « Nique ta mère le blizzard » hurle d’ailleurs, comme un jeune du XVIe parisien en pleine rébellion, le survolté meneur du collectif, qui n’hésite pas à ouvrir le concert avec le titre Saint Anne. « Enfin voilà, je vous dresse le tableau : je suis né dans une famille plutôt aisée / J’ai toujours été privilégié / J’

Continuer à lire

Au Cabaret !

MUSIQUES | Tout se passe à Grenoble entre la poire et le fromage et entre kiosque (pour les concerts gratuits programmés à 19 h ou à minuit) et chapiteau. Avec néanmoins (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 juillet 2013

Au Cabaret !

Tout se passe à Grenoble entre la poire et le fromage et entre kiosque (pour les concerts gratuits programmés à 19 h ou à minuit) et chapiteau. Avec néanmoins une exception le 28 juillet avec un concert final de Dark Dark Dark qui méritera bien de monter jusqu'au Ciel pour l'occasion. Et puisqu'on parle d'occasion, Le Cabaret frappé est toujours l'occasion de (re)découvrir dès le premier soir de bien étranges créatures comme le Big Ukulele Syndicate qui reproduit l'esprit de l'Ukulele Orchestra of Great Britain, fameuse formation de reprise tous horizons au Ukulele donc (d'où le nom). Le même soir, le métissage musical se poursuivra avec le folk hybride de la canadienne d'origine haïtienne Melissa Laveaux et le soul man casqué Cody Chesnutt.   Le mardi, on se refait un coup de 14 juillet avec neuf jours de retard. Au programme : l'électro-rock de Pan en gu

Continuer à lire

Le beau Blizzard

MUSIQUES | Passé en quelques mois du statut de buzz autogéré à celui de phénomène de foire perpétuellement sold out, le collectif Fauve redéfinit les contours du rock français à coups de spoken word qui se mord la langue. À n'écouter qu'au premier degré. Comprendre : en grelottant dans le "Blizzard", du titre de son premier EP. Stéphane Duchêne

Aurélien Martinez | Jeudi 11 juillet 2013

Le beau Blizzard

« Toutes choses égales par ailleurs », comme disent les sociologues, Fauve n'est égal à rien, cultive la différence jusqu'à porter le signe "≠" en blason. Quand certains clament « on boit et puis on danse », ici, on vomit d'avoir trop trinqué ; on régurgite des logorrhées dégorgées sans filtre, à ravaler comme telles au risque du dégoût ; on cristallise moins la pensée par le verbe qu'on ne la dynamite pour en ramasser les miettes. Se ramasser soi-même à la petite cuiller pour charrier des tractopelles d'illusions à retrouver. Raviver une lueur d'espoir à laquelle on s'accroche comme à la poignée d'herbe qui nous suspend à la falaise. Les influences sont pourtant là, prégnantes et avouées comme les Pixies, le Wu-Tang, Lou Reed, ou fantomatiques : on ne peut s'empêcher d'entendre là l'écho, c'est le mot, d'une formation de jeunes révoltés qui ne disait pas son nom, The Feelies. Fauve, c'est The Boy with the Perpetual Nervousness au carré.

Continuer à lire

Encore des nouveaux noms pour le Cabaret Frappé

ACTUS | Et voici que le Cabaret Frappé frappe à nouveau avec l’annonce de nouveaux talents conviés à venir ambiancer le festival grenoblois entre le 22 et le 27 (...)

Aurélien Martinez | Lundi 13 mai 2013

Encore des nouveaux noms pour le Cabaret Frappé

Et voici que le Cabaret Frappé frappe à nouveau avec l’annonce de nouveaux talents conviés à venir ambiancer le festival grenoblois entre le 22 et le 27 juillet. Outre les Jurassiens de Catfish ; Mineral, le projet de Craig Walker, ex-voix des désormais pénibles Archive ; et la venue quasi obligatoire de Lescop (c’est bien simple, on le verra partout cet été, si tant est qu’on ne l’ait pas déjà beaucoup vu), on notera le grand retour du petit prodige allemand Konstantin Gropper, plus connu sous le nom de Get Well Soon, dont le premier album, Rest Now Weary Head ! You Will Get Well Soon, avait tant marqué les esprits qu’on s’est presque trop habitué à son talent sur les deux suivants. En voici d’autres qui marquent les esprits depuis quelques mois et n’ont sans doute pas fini de le fai

Continuer à lire

Rompre le silence

MUSIQUES | Tout au long de l'album, l'ambiguïté demeure. Deuil ? Séparation ? Les deux ? Un «je», des «tu», comme un dialogue intérieur avec la (les) personne(s) (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 9 mai 2012

Rompre le silence

Tout au long de l'album, l'ambiguïté demeure. Deuil ? Séparation ? Les deux ? Un «je», des «tu», comme un dialogue intérieur avec la (les) personne(s) perdue(s) auquel serait invité l'auditeur. Est-ce qui rend cet album si bouleversant ? Sans doute. Au fond, peu importe de savoir car c'est une histoire «universelle, banale, mon histoire, notre histoire», comme il le murmure en préambule de l'album, avant que ne commencent les choses sérieuses. Ce sont les premières notes de Cette colère, manière de comptage d'abatis après un ouragan intime. C'est l'un des plus beaux morceaux écrits par Michel Cloup depuis longtemps. Sur un fond de guitares post-rock ascensionnelles Cloup scande : «Recycler cette colère / Car aujourd'hui plus qu'hier / Cette colère reste mon meilleur carburant». C'est le Cloup de Diabologum et d'Expérience, écorché vif et révolté  celui qui imaginait «de la neige en été» et «des flammes toutes les dix maisons», qui reprenait

Continuer à lire

Un disque à la gum : retour sur #3, l'album culte de Diabologum

MUSIQUES | «Les Diabologum ne sont rien et leurs zélateurs moins que rien». À la sortie de #3 en 1996, le bien nommé troisième album de Diabologum provoque des réactions (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 9 mai 2012

Un disque à la gum : retour sur #3, l'album culte de Diabologum

«Les Diabologum ne sont rien et leurs zélateurs moins que rien». À la sortie de #3 en 1996, le bien nommé troisième album de Diabologum provoque des réactions épidermiques. Celle-ci est signée Rock & Folk, qui qualifiera les Toulousains de «groupe à la gomme». C'est que #3 surprend, comme une gifle à laquelle on ne s'attend pas. Jusque-là, sur C'était un lundi après-midi semblable aux autres ou Le Goût du jour, Diabologum, formé en 1990 et signé sur le mythique label Lithium, véritable labo du rock et d'une chanson française non encore affublée de l'épithète à claques «nouvelle», évolue dans l'expérimentation (collages, samples, critiques des médias et de l'art officiel) et le second degré lo-fi et low-profile. #3, dont la pochette nuageuse est affublée de cette phrase Ce n'est pas perdu pour tout le monde, c'est une tout autre mayonnaise : un laboratoire dans le laboratoire, du bromure dans le Lithium, dont l'art, au cynisme et à l'idéalisme réversibles, culmine ici dans un surprenant fatras sonique jonché de saillies crypto-situationnistes qui n'ont pas vieilli d'un pouc

Continuer à lire

C(l)oup de blues

MUSIQUES | À la suite d'un «drame domestique» qui l'a profondément changé, l'ex-Diabologum et Expérience Michel Cloup a recyclé en solo sa colère sur "Notre Silence". Un album bouleversant, synonyme de nouveau départ, à découvrir sur la scène du Clacson. Propos recueillis Stéphane Duchêne

Aurélien Martinez | Mercredi 9 mai 2012

C(l)oup de blues

Sur le titre Cette colère, il apparaît que la colère que vous pensiez avoir apprivoisée avec l'âge est réapparue suite à un drame personnel pour, dites-vous, devenir votre «meilleur carburant». Est-ce la colère qui a engendré ce disque ?Michel Cloup : Non, ce sentiment est très présent dans le disque, mais n'en est pas l'élément central. J'ai effectivement souvent exprimé, dans chacun de mes différents projets, une colère, pour tout un tas d'autres raisons que le drame domestique qui m'a touché. Là, je voulais surtout rendre les différents états par lesquels on passe quand on perd quelqu'un. La colère, puis les souvenirs qui reviennent, la tristesse, le manque. C'était un cheminement personnel, aller au cœur de ce processus en étant exhaustif dans le rendu. Mais quand je parle de perte, c'est au sens large ; les gens n'ont pas besoin de mourir pour qu'on les perde. Paradoxalement, on sent aussi dans cet album une sorte d'apaisement, beaucoup de pudeur.Exactement. Même, si je ne me suis jamais autant livré, cet album n'est pas une psychanalyse. Le but n'était pas de raconter mes petits malheu

Continuer à lire