Dysmorphia, festival à contre-courant

Concerts & soirées | Réunissant cinq jours durant une vaste constellation d’artistes aux confluences de la techno, de la noise, de l’ambient et des musiques expérimentales, la deuxième édition du festival Dysmorphia, organisé par l’asso. La Métamorphose, séduit par ses choix esthétiques tranchés.

Damien Grimbert | Lundi 29 janvier 2018

Il y a les festivals musicaux qui se contentent d'accumuler les éternelles mêmes têtes d'affiche consensuelles et bien identifiées, histoire d'attirer le plus vaste public possible. Et ceux qui préfèrent miser sur la prise de risque, afin de faire la part belle aux découvertes et aux artistes coup de cœur. De toute évidence, le festival Dysmorphia appartient à la deuxième catégorie.

Construit autour de six évènements distincts (trois soirées dans des bars, un concert à la Bifurk, une grosse soirée à la Belle électrique et un after le dimanche matin à l'Ampérage), ce dernier propose ainsi une programmation partagée à part égale entre DJs issus des principaux collectifs électroniques grenoblois, figures émergentes de l'underground français (Deux Boules Vanille, Postcoïtum, Apollo Noir) et valeurs sûres de la scène club européenne (Rebekah, Psyk).

Nouvelles frontières

Si le grand raout techno du samedi soir constitue à n'en pas douter le centre névralgique du festival, on aura, paradoxalement, tendance à privilégier au sein de sa programmation des évènements plus singuliers. On pense notamment à la soirée du jeudi au Bauhaus bar avec 55h22, Denis Morin et Zero Crossing Point, largement ouverte à l'IDM et aux sonorités expérimentales, et bien sûr au très attendu concert entre noise et électronique du vendredi à la Bifurk.

Ce dernier sera en effet l'occasion de découvrir enfin en live, aux côtés des formations Çub et Postcoïtum, les fascinantes envolées polyrythmiques du duo post-tribal Deux Boules Vanille (photo), composées à l'aide de deux batteries reliées par des capteurs à des synthétiseurs analogiques fabriqués maison.

À ne pas manquer enfin, l'alléchant after du dimanche matin, qui accueillera, en plus du B2B micro-house de Shosh & Pisku, l'envoûtant live ambient onirique d'Ölf et les expérimentations downtempo entre new age et psyché du Parisien Apollo Noir, nouvelle recrue du label Tigersushi dont on entend le plus grand bien.

Festival Dysmorphia
Dans divers lieux du mercredi 31 janvier au dimanche 4 février


Ben Camus + Orbes + PGHN

Techno / House / Disco
Le Canberra 430 avenue de la Passerelle Saint-Martin-d’Hères
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Denis Morin + 55h22 + Zero crossing point

IDM - Expé
Bauhaus 20 rue Chenoise Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Deux boules vanille + Postcoïtum + Çub

Électro
La Bifurk 2 rue Gustave Flaubert Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Dysmorphia w/La Métamorphose

Redrum (ex Mark XIII) 8 rue Lakanal Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Rebekah + psyk + WTR + Pause

Techno
La Belle Électrique 12 esplanade Andry-Farcy Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Apollo Noir + Shosh & Pisku + ÖLF + Kyu b2b Lensois

Techno
L'AmpéRage 163 cours Berriat Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

"Just Charlie" : surface de séparation

ECRANS | De Rebekah Fortune (GB, 1h39) avec Harry Gilby, Karen Bryson, Scot Williams…

Vincent Raymond | Mardi 14 mai 2019

Jeune footballeur doué, Charlie Lindsay est repéré dans son club par un recruteur, au grand bonheur de son père qui aurait aimé être pro. Mais Charlie se sent mal dans sa peau : au plus profond de lui, il se sait femme. Quand son entourage l’apprend, les réactions divergent… Il en va du football comme d’un culte en Angleterre (et tout particulièrement à Manchester) : on s’y consacre avec dévotion, on entre dans un centre de formation comme dans les ordres avec, outre l’ambition de faire triompher les couleurs de son église/club, la promesse d’un paradis bien terrestre. Ce prérequis semble nécessaire pour comprendre pourquoi la "confession" courageuse (en réalité, l’affirmation de son identité) de Charlie est perçue par certains proches comme la trahison d’un apostat. Pour son père, qui fantasmait une carrière par procuration, c’est une double peine : croyant perdre un fils et un futur glorieux, son rejet égoïste est aussi violent que celui des homophobes excluant Charlie… ou lui cassant la figure. Girl de Lukas Dhont avait déjà,

Continuer à lire

Collectif Résonance : « On veut être la vitrine des musiques électroniques grenobloises »

ACTUS | Samedi 13 octobre, le tout frais collectif Résonance, se présentant comme « l'union de près d'une quinzaine de structures grenobloises défendant les musiques électroniques », organise un double événement de lancement. On a rencontré trois de ses membres histoire d’en savoir plus sur cet ambitieux projet.

Aurélien Martinez | Mardi 9 octobre 2018

Collectif Résonance : « On veut être la vitrine des musiques électroniques grenobloises »

Comment est né le collectif ? Émilie Angénieux (association Hadra) : Le collectif est né en novembre 2017 quand il y a eu le deuxième appel à projets de la Ville de Grenoble concernant le bâtiment Clé de Sol [situé dans le parc Hoche – NDLR]. À ce moment, beaucoup d’associations se sont réunies pour parler des musiques électroniques et de leur place à Grenoble. Et on s’est une nouvelle fois dit que même si le vivier grenoblois était énorme, il n’y avait pas d’accompagnement des pratiques qui était fait, et pas de visibilité institutionnelle. D’où l’idée de faire quelque chose ensemble et de candidater à l’appel à projets. Après l’audition en janvier, la Ville nous a contactés pour nous dire que notre projet était intéressant, mais que MixLab [association pilotant la Belle électrique – NDLR] serait gestionnaire du bâtiment [avec un projet d’accompagnement de la scène musicale locale – NDLR]. Tout en nous précisa

Continuer à lire

Les trois soirées de la semaine

Soirées | Direction le Black Lilith et/ou le Drak-Art le vendredi 25 mai et la Bobine le mardi 29.

Damien Grimbert | Mardi 22 mai 2018

Les trois soirées de la semaine

25.05.18 > Black Lilith Alpine Funk Classics Vol.1 Release Party Pour fêter la sortie du premier volume de son projet collaboratif Alpine Funk Classics, le collectif Shoganai organise une soirée pluridisciplinaire au Black Lilith. Au programme, un concert de jazz avec Marthe et TRIODD, une performance audiovisuelle ambient expé de Lei, une exposition de Juliette Piedagni et une flopée de lives et DJ-sets hautement recommandables : Exit Strategies, Nineteen Entities, Binary Digit & The Fresh Prince of Doner, Jean Pierre Pepone B2B Jean Pierre Parpaing… 25.05.18 > Ampérage Calling Marian / Hydrangea / Persepher / Paoli Pour sa nouvelle soirée à l’Ampérage, l’association La Métamorphose a composé un line-up à la fois 100% féminin et 100% techno, oscillant entre les « rythmiques percutantes et brutales d’une techno acid jusqu’aux mélodies sauvages et oniriques de l’ambient techno ». Côté live, on retrouvera ainsi Calling Maria et Persepher, tandis qu’Hydrangea (en photo) et Paoli seront en charge des DJ-sets. À ne pas manquer enfin, les créations visue

Continuer à lire

Une dernière danse ce samedi soir à la Belle électrique

MUSIQUES | Cette année encore, la Belle électrique a décidé de consacrer sa dernière soirée de la saison (samedi 1er juillet à partir de 23h) à différentes forces (...)

Damien Grimbert | Mardi 27 juin 2017

Une dernière danse ce samedi soir à la Belle électrique

Cette année encore, la Belle électrique a décidé de consacrer sa dernière soirée de la saison (samedi 1er juillet à partir de 23h) à différentes forces vives issues de la scène associative électronique locale. Du côté de La Métamorphose, le ton sera résolument techno avec aux platines Optamystik, qui sera ensuite rejoint par son complice PGHN aux côtés duquel il forme le duo QADIK, plus orienté rave. Chez Mouvement Perpétuel c’est cette fois le groove et la house music qui seront à l’honneur, par l’intermédiaire des sets d’Amen et de Maxime Krk. Groove toujours pour Mogan et Bernadette, en charge pour leur part de défendre les couleurs du collectif Groove Jam. Enfin, les assos The Dare Night et Nymphony Records, représentées respectivement par Pause et Karl Keis pour la première et Merick pour la seconde, joueront de leur côté la carte de la conciliation en oscillant à tour de rôle entre house et techno.

Continuer à lire

B-Face à Varces : de la bourse aux vinyles au véritable festival

Événement | Rendez-vous samedi 13 mai, à Varces donc et en musique, pour le constater.

Damien Grimbert | Mardi 9 mai 2017

B-Face à Varces : de la bourse aux vinyles au véritable festival

Initiée en 2014 sous la forme d’une "simple" bourse aux vinyles, la manifestation culturelle B-Face, organisée à Varces par le centre socio-culturel de Varces-Allières-et-Risset, n’a cessé de gagner en ambition année après année au point de se transformer, pour sa quatrième édition, en véritable festival. Aux côtés des traditionnels stands de disques, expositions et animations en tout genre (ateliers participatifs parents-enfants, démonstration de sérigraphie, blind-tests…), B-Face a ainsi concocté cette année une véritable programmation musicale digne de ce nom, réunissant pas moins de sept groupes différents oscillant entre rock, noise, pop, folk, punk, électro et psyché. Après une première salve de concerts gratuits en plein air l’après-midi (avec Sourdure et As A New Revolt), c’est la salle l’Oriel qui prendra le relais le soir venu, avec les prestations de Titus d’enfer, It It Anita (en photo), Blood Sport, God !Zilla et Noyades. Soit autant de formations farouchement indépendantes (fidèles ainsi à l’esprit très "Do It Yourself" du festival) réunies par différentes associations bien connues de l

Continuer à lire

Distorsion techno avec la Métamorphose

MUSIQUES | Ce week-end sera Dysmorphia ou ne sera pas ! Mais nulle crainte, derrière ce nom à l’accent grec ne se cache pas une douteuse anomalie, mais un (...)

Charline Corubolo | Mardi 7 février 2017

Distorsion techno avec la Métamorphose

Ce week-end sera Dysmorphia ou ne sera pas ! Mais nulle crainte, derrière ce nom à l’accent grec ne se cache pas une douteuse anomalie, mais un festival infusé de house et de techno. Organisée par la Métamorphose, cette première édition de Dysmorphia investit la Belle électrique vendredi et samedi soir, pour finir de remuer ton cérumen d’addict aux beats à l’Ampérage le dimanche matin, avec un after jusqu’à midi. Côté son, les organisateurs ont balayé les fréquences habituelles : « Au niveau des têtes d’affiche, l’objectif c’était vraiment de faire venir des Djs qui sont rares sur la région, ou qui ne sont jamais venus, comme Gary Beck, et de présenter des artistes locaux pour leur donner de la visibilité. On veut mélanger tout le monde » explique Pierre Gheno, membre de l’association. Aux côtés de Gary Beck, « figure internationale de la techno dans le monde », on retrouve Spencer Parker, Java Deep et bien d’autres encore. Pour la touche locale, rendez-vous avec Kli.M, The Mister X, Qadik… pour une véritable distorsion du temps par la techno. Festival Dysmorphia À la Belle Electrique. Vendredi 10 et samedi 11 février + after

Continuer à lire

Zoom sur le nouveau festival Electro Kinetics

MUSIQUES | Nouveau venu parmi les festivals de rentrée, Electro Kinetics, organisé conjointement par les assos Carton-Pâte Records et La Métamorphose, se déroulera du (...)

Damien Grimbert | Vendredi 9 septembre 2016

Zoom sur le nouveau festival Electro Kinetics

Nouveau venu parmi les festivals de rentrée, Electro Kinetics, organisé conjointement par les assos Carton-Pâte Records et La Métamorphose, se déroulera du mardi 13 au samedi 17 septembre dans cinq lieux différents (la Bobine, le O’Brother Kfé, l’Ampérage, le Parc Paul Mistral ainsi qu’un lieu tenu secret). Si la programmation (23 artistes au total, tous orientés house ou techno) sera composée dans sa grande majorité d’artistes issus des deux associations, on retrouvera néanmoins quelques invités de marque le week-end venu, comme Oniris, Timid Boy (en photo) ou encore Moteka.

Continuer à lire

Quatre assos grenobloises sinon rien

MUSIQUES | Samedi 2 juillet, c'est soirée électro à la Belle électrique. Et ce sont des Grenoblois qui prennent les manettes.

Damien Grimbert | Mardi 28 juin 2016

Quatre assos grenobloises sinon rien

C’est une évidence trop souvent passée sous silence : la vie nocturne grenobloise ne serait rien sans le travail de défrichage quotidien mené par les assos électro locales. Ce sont elles qui accouchent des propositions artistiques les plus aventureuses, en invitant des DJs internationaux que personne d’autre ne se risquerait à programmer. Elles également qui permettent aux artistes émergents grenoblois de trouver une famille d’accueil, au sein de laquelle ils pourront grandir et se développer. Elles enfin qui sont les garantes de la vitalité de la plupart des soirées, en se démenant au quotidien pour attirer un nouveau public à venir partager leurs coups de cœur musicaux. Ce n’est donc que justice de voir ce samedi quatre de ces associations mises à l’honneur à la Belle électrique, le temps d’une soirée 100% locale. À l’affiche, les artistes du label Micropop Records, dont on vous a déjà vanté plus d’une fois les mérites, les vétérans chevronnés du crew Icône, en activité depuis maintenant deux décennies, les activistes techno de

Continuer à lire

Arm égal

MUSIQUES | Avec Derrière moi, son dernier album, Psykick Lyrikah poursuit son exploration d’un hip hop français singulier. Rencontre avec Arm, tête chercheuse de la formation. Propos recueillis par François Cau

François Cau | Mercredi 9 novembre 2011

Arm égal

A vos débuts, à travers les références citées dans Des lumières sous la pluie, on a pris l’habitude de vous présenter comme un rappeur français, mais qui a lu Camus et Dostoïevski… est-ce que cette image ne vous a pas en quelque sorte isolé du milieu comme du public ?Arm : C’était du pain béni pour les journalistes d’avoir un côté rap et littérature, deux choses apparemment incompatibles… A l’époque, il y avait toute cette scène de rap indépendant avec TTC, le Klub des Losers, James Delleck, La Caution, tout le monde était mis là-dedans alors que chaque formation faisait un son différent, et je n’en faisais pas partie. Cette pseudo-scène n’a jamais existé ou tenu, donc je n’en ai pas vraiment souffert. En revanche, à un moment donné, j’ai rencontré beaucoup de gens qui me félicitaient de faire une musique « plus intelligente que du rap », et ça me mettait vraiment mal à l’aise. Sous-entendu : il faut être illettré pour faire du rap…Voilà. C’est une musique que j’aime, et que j’aime pour certains de ses clichés aussi, ça fait partie du délire. Les textes de Derrière moi semblent plus amers, plu

Continuer à lire

Acte réussi

MUSIQUES | Musique / Lettré, fiévreux, et inspiré, le hip-hop de Psykick Lyrikah ne revendique néanmoins aucune autre étiquette. Entretien avec le rappeur Arm, à l’occasion de la sortie d’un nouvel album sur Idwet, “Acte”, et d’un passage très attendu à la Bobine. Propos recueillis par Damien Grimbert

Christophe Chabert | Mercredi 16 mai 2007

Acte réussi

Le Petit Bulletin : Comment s’est fait la connexion avec Olivier Mellano, qui a signé les compositions de ce nouvel album ?Arm : Je l’ai rencontré à la fin de la conception de l’album Des lumières sous la pluie, on cherchait des arrangements pour un titre et le label a pensé à lui, déjà très actif dans le paysage musical. Il a finalement joué sur trois morceaux, puis nous l’avons invité pour le concert des Transmusicales de Rennes en décembre 2004. À partir de là, j’ai su que c’était avec ce monsieur que j’avais envie de continuer à travailler, c’était la première fois que j’étais impressionné à ce point par une façon de travailler, et une faculté à ne jamais se contenter des choses trop évidentes. Du coup ce nouveau disque Acte est aussi le fruit d’une formidable rencontre et de l’évolution de Psykick Lyrikah. Peux-tu revenir sur sa genèse ?Tout est parti d’un concert guitare/voix, à Rennes en 2006. On a tenté cette formation le temps d’un live, en réadaptant des textes déjà existants. Puis finalement on a gardé deux ou trois morceaux dans la poche, qu’on a intégré au set live de Psykick, ou lors de cartes blanches d’Olivier. C’est justement à la suit

Continuer à lire