Casting haut de gamme

François Cau | Lundi 12 septembre 2011

Photo : Marcel Hartmann - Getty Images


Michel Fau, comédien au talent resplendissant (on l'a souvent vu chez Olivier Py), se fait aussi metteur en scène de temps à autres. Avec Julie Depardieu dans le rôle titre, il a ainsi monté Nono, l'une des toutes premières pièces de Sacha Guitry qui installa la verve de l'auteur à succès. Nous n'avons pas vu ce spectacle évoquant une jeune femme entretenue qui vogue d'homme à homme, mais le duo aux manettes intrigue. À découvrir mi-décembre au Théâtre municipal de Grenoble.

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Electrochoc, puissance 12

Festival | Zoom sur la nouvelle édition du « festival de musiques électroniques et arts numériques » organisé jusqu’au samedi 8 avril à Bourgoin-Jallieu.

Damien Grimbert | Jeudi 30 mars 2017

Electrochoc, puissance 12

Lancer un festival dédié aux musiques électroniques et aux arts numériques à Bourgoin-Jallieu, ce n’était pas forcément gagné d’avance. Mais avec désormais douze éditions à son actif, force est de reconnaître qu’Electrochoc, lancé à l’initiative de la "scène de musiques actuelles" Les Abattoirs, a bel et bien remporté son pari. En optant pour le parti pris d’une programmation ouverte et fusionnelle, axée avant tout sur le mélange des genres (électro et rock, électro et hip-hop, électro et world) ainsi que la présence de têtes d’affiche fédératrices (cette année les Puppetmastaz et Skip&Die), le festival s’est ainsi imposé progressivement en outsider de choix dans la région. Ce qui ne l’empêche pas quand l’envie lui prend de défendre aussi à l’occasion une ligne artistique plus ambitieuse comme le démontre la venue ce vendredi 7 avril de l’excellente formation Konono n°1 (en photo), orchestre polyrythmique iconoclaste de République Démocratique du Congo à l’époustouflante présence scénique. Fondé dans les années 1960 à Kinshasa, puis redécouvert il y a maint

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Du bon usage de Fau

SCENES | En 2011, lors de la cérémonie des Molières, débarqua sur le plateau le comédien Michel Fau habillé en cantatrice d’opéra. Il était venu pour interpréter un grand air (...)

Aurélien Martinez | Mardi 24 février 2015

Du bon usage de Fau

En 2011, lors de la cérémonie des Molières, débarqua sur le plateau le comédien Michel Fau habillé en cantatrice d’opéra. Il était venu pour interpréter un grand air du répertoire qui commence comme ceci : « On nous dit que le temps qui glisse est un salaud / Que de nos chagrins il s'en fait des manteaux… » Du Bizet ? Du Lully ? Du Rameau ? Pas du tout : du Carla Bruni. Un décalage entre la posture et la chanson qui déclencha l’hilarité de la salle, et que Michel Fau a aussi testé avec d’autres – sa version du Je veux de Zaz est savoureuse. L’homme de cinquante ans est ainsi un curieux personnage qui navigue depuis vingt-cinq ans dans le milieu du théâtre français, toujours avec son originalité et son talent qui sautent aux yeux, notamment dans les nombreux spectacles d’Olivier Py auxquels il a participé – lui qui adore se travestir était une magnifique tante Geneviève dans Les Illusions comiques. La synthèse entre ses différentes facettes s’étant faite dans son Récital emphatique, seul-en-scène

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Les Yeux jaunes des crocodiles

ECRANS | De Cécile Telerman (Fr, 2h02) avec Emmanuelle Béart, Julie Depardieu, Patrick Bruel…

Christophe Chabert | Mardi 8 avril 2014

Les Yeux jaunes des crocodiles

Il était presque fatal que le cinéma s’empare des best-sellers de Katherine Pancol, et c’est donc Cécile Telerman qui s’y colle avec Les Yeux jaunes des crocodiles. Laborieuse, irritante et impersonnelle, son adaptation s’applique à ne pas trahir le roman initial, si bien qu’on a l’impression de le feuilleter chapitre par chapitre, les séquences s’enchaînant mécaniquement sans liant dramaturgique. Tout ça pour raconter comment une bourgeoise superficielle et hautaine (Béart, qui cabotine assez mal) va se servir de sa sœur poissarde (Depardieu, qui se sort assez bien du marasme) pour assouvir ses rêves de réussite littéraire. Comme souvent dans le cinéma populaire français, la critique sociale n’est que feinte ; selon une optique contestable, on est une ratée parce qu’on ne fait pas d’efforts pour s’en sortir et la bêtise des riches profite involontairement à des pauvres dénués de pragmatisme. Ici, la caricature n’est là que pour conforter, et non pourfendre, un système qui ne peut envisager autre chose que l’argent comme gage ultime d’accomplissement. La sous-intrigue vaudevillesque entre Jacques Weber, Édith Scob et Karole Rocher l’illustre parfaitement, où la

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Possessions

ECRANS | D’Éric Guirado (Fr, 1h45) avec Jérémie Rénier, Julie Depardieu, Alexandra Lamy…

François Cau | Vendredi 2 mars 2012

Possessions

L’affaire Flactif (ou affaire du Grand Bornand) avait marqué la France : un couple de prolos du nord avait assassiné puis tenté de faire disparaître les corps d’une famille, dont les époux étaient aussi leurs propriétaires. Qu’on le prenne par tous les bouts, le fait-divers disait avec une grande brutalité l’écart béant qui se creusait entre ceux qui ont tout (réussite, argent, maison) et ceux qui doivent leur donner le peu qu’ils ont. Éric Guirado, en transposant librement cette histoire traumatisante, fait lui aussi un grand écart avec l’optimisme réconciliateur du Fils de l’épicier : Possessions est une œuvre au noir, jamais rassurante, et c’est cette obstination à plonger au fond de l’horreur qui en fait le prix, ainsi que son apparente entre deux conditions différentes. Le malentendu part de là : les différences entre les deux couples ne sont pas si tranchées que cela, et c’est bien le matérialisme dans lequel ils évoluent qui creuse le fossé. C’est la mise en scène qui le souligne, comme dans cette scène où le son et le montage tentent de saisir l’odeur délicate d’un parfum de luxe déclenchant la pulsion de convoitise. Si le film n’atteint pas toujours ce

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Double casquette

SCENES | Au printemps dernier, le comédien Michel Fau avait illuminé la très planplan cérémonie des Molières, avec sa réinterprétation baroque et appuyée du Quelqu’un m’a dit (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 7 décembre 2011

Double casquette

Au printemps dernier, le comédien Michel Fau avait illuminé la très planplan cérémonie des Molières, avec sa réinterprétation baroque et appuyée du Quelqu’un m’a dit de Carla Bruni, provoquant rires dans la salle et gêne chez la mère de l’intéressée. Un exemple parmi d’autres qui résume toute la fantaisie et le sens aigu de la conception de personnages chez l’un des plus grands acteurs français, souvent vu dans les spectacles d’Olivier Py (ah, la tante Geneviève des Illusions comiques !). Bonne nouvelle : on le croisera jeudi 15 et vendredi 16 décembre au Théâtre municipal de Grenoble, aux côtés de Julie Depardieu, pour la pièce Nono de Sacha Guitry : une comédie comme l’auteur savait en faire, avec triangle amoureux et autres complications vaudevillesques – Nono est la maîtresse d’un jeune riche dont le meilleur ami (Michel Fau) tombe amoureux. Aux commandes de cette mise en scène que nous n’avons pas vue mais qui a déjà reçu de nombreux éloges (dont une nomination aux derniers Molières pour Julie Depardieu), on retrouve encore Michel Fau, qui joue donc sur deux tableaux. AM

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