Famille je vous aime

Aurélien Martinez | Mardi 6 janvier 2015

Photo : Adrien Patry


C'est la grande réussite de la fin d'année dernière à Grenoble : la mise en scène de Mon frère, ma princesse, excellent texte de l'auteur jeunesse Catherine Zambon, par la metteuse en scène Émilie Le Roux. Centré sur un petit garçon qui veut simplement mettre des robes, sans comprendre pourquoi cela peut tant choquer, le spectacle est surtout une ode formidable aux liens familiaux, la grande sœur d'Alyan défendant coûte que coûte son petit frère face à tous ceux qui lui veulent du mal.

La création a déjà de nombreuses dates de tournée prévues dans toute la France, dont une en janvier au Coléo de Pontcharra. Avant, on l'imagine, un retour à Grenoble la saison prochaine au vu du succès rencontré lors des premières représentations à l'Espace 600 en décembre.

Mon frère, ma princesse, vendredi 23 janvier au Coléo (Pontcharra)


Mon frère, ma princesse

De Catherine Zambon, par Les veilleurs, ms Émilie Le Roux. À partir de 8 ans Alyan est un petit garçon. Pourtant il préfèrerait être une princesse ou une fée. Seule sa sœur Nina est consciente de son chagrin. Elle est décidée à le défendre envers et contre tous. Que faire quand son petit frère est différent et que le monde entier semble n’y rien comprendre ?
Le Coléo Avenue Jean-François Champollion Pontcharra
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Actifs malgré tout

SCENES | Témoignages. Ils auraient dû retrouver leur public en novembre, mais le second confinement les en a empêchés. On a pris des nouvelles de trois de nos artistes grenoblois préférés.

La rédaction | Mardi 8 décembre 2020

Actifs malgré tout

Grégory Faive On a adoré sa prestation en Kid survolté et bavard dans Western !, la pièce chorale de Serge Papagalli. Grégory Faive (photo) aurait dû être seul sur la scène du Théâtre 145 du 24 au 26 novembre, pour présenter Le discours, une adaptation du roman-monologue de Fabcaro. Il a finalement dû se contenter d’un filage devant un public professionnel, restreint et masqué. Une aubaine cependant pour le comédien, avide de retours sur son travail et ravi de remonter sur scène, même dans ces conditions particulières. Le spectacle devait partir en tournée : quelques dates ont pu être reportées en mai et juin 2021. Avant cela, il sera finalement joué à Grenoble pour trois autres représentations au 145, les 18, 19 et 20 février prochains. On espère avoir l’occasion d’en reparler avec Grégory, tant il a su nous embarquer dans cette histoire folle autour d’un quadra largué par sa copine et qui psychote sévère au cours d’un repas de famille. Assez en tout cas pour nous faire rire, nous émouvoir et nous suggérer que toute ressemblance avec des personnes réellement existantes n’est pas fortuite. / MK Émilie Le Roux

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Mardi 3 novembre, la metteuse en scène Émilie Le Roux dévoilera son nouveau spectacle "La Morsure de l’âne"

SCENES | Si vous nous lisez souvent, vous avez dû remarquer que nous avons quelques artistes grenoblois fétiches. La metteuse en scène Émilie Le Roux en est, elle (...)

Aurélien Martinez | Mardi 20 octobre 2020

Mardi 3 novembre, la metteuse en scène Émilie Le Roux dévoilera son nouveau spectacle

Si vous nous lisez souvent, vous avez dû remarquer que nous avons quelques artistes grenoblois fétiches. La metteuse en scène Émilie Le Roux en est, elle qui développe depuis une quinzaine d’années un théâtre tout public ouvert sur la jeunesse ; un théâtre poétiquement fort en plein dans notre époque et ses questionnements – le genre, l’identité, les migrations… Bonne nouvelle : du mardi 3 au samedi 7 novembre sur la scène de la MC2, elle dévoilera son nouveau spectacle La Morsure de l’âne d’après un texte de l’autrice Nathalie Papin. « Nathalie Papin nous propose d’explorer notre rapport à la mort, à travers une œuvre mordante, légère et fondamentale sur ce qui nous rend vivant, sur ce que c’est qu’être en vie », écrit-elle en note d’intention. On a hâte de découvrir ça.

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Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Les théâtres de Grenoble et de l'agglomération ont de nouveau dégainé des programmations bourrées de propositions qu'on avait envie de défendre. Suivez-nous ! Par Aurélien Martinez et Nadja Pobel

La rédaction | Mercredi 14 octobre 2020

Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Western ! À Grenoble et aux alentours (ce que l’on appelle de par chez nous le Dauphiné), Serge Papagalli est une légende qui foule les scènes de la région depuis maintenant 50 ans. Pour célébrer cet anniversaire comme il se doit, et avant de le croiser fin novembre sur grand écran dans le film Kaamelott (le fameux Guethenoc le paysan, c’est lui) d’Alexandre Astier, notre homme se lance dans le western-spaghetti et théâtral, lui qui revendique fièrement ses origines italiennes. Avec une douzaine de comédiennes et comédiens à ses côtés (dont pas mal de fidèles de chez fidèles toutes générations confondues), son Western ! était forcément très attendu par un paquet de monde. Dont nous. AM À la MC2 du mardi 13 au jeudi 22 octobre Au Théâtre Jean-Vilar (Bourgoin-Jallieu) vendredi 6 et samedi 7 novembre Au

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Émilie Le Roux : « Regarder ensemble le monde d’aujourd’hui »

Spectacle | Du théâtre, de la musique, quelque 90 artistes professionnels et amateurs au plateau… "Et tout ce qui est faisable sera fait", nouvelle création de la metteuse en scène grenobloise, dont la première est prévue samedi 4 mai à la MC2, a de quoi fortement intriguer. On vous en dit un peu plus en sa compagnie.

Aurélien Martinez | Lundi 29 avril 2019

Émilie Le Roux : « Regarder ensemble le monde d’aujourd’hui »

« Qu’est-ce qui s’oppose à Auschwitz dès lors que c’est faisable ? De n’importe quelle façon, n’importe quand et par n’importe qui, tout ce qui est possible est aussi faisable et tout ce qui est faisable sera fait. » Utiliser comme point de départ d’un projet artistique une phrase aussi forte que celle du dramaturge allemand Heiner Müller a de quoi plomber. Pourtant, à ce qu’on a pu en voir en répétition, et, surtout, connaissant bien le travail d’Émilie Le Roux (une artiste qui questionne frontalement notre monde sans toutefois sombrer dans le défaitisme), on imagine que Et tout ce qui est faisable sera fait sera plutôt porteur d’un espoir, même infime, même décalé… Rien que son titre, d’ailleurs, peut le laisser penser, qui revêt un sens très lourd remis dans la citation initiale mais qui peut aussi se lire, seul, comme une injonction à changer tous ensemble. Ce que le cœur de cette drôle d’aventure artistique confirme : une entreprise menée conjointement par la compagnie Les Veilleurs d’Émilie Le Roux, le « collectif de musiciens jazz et musiques improvisées » le Tricollectif et, surtout, de nombreux amate

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"En attendant le Petit Poucet" : le chant du départ

Jeune public | Mardi 3 et mercredi 4 avril, la metteuse en scène Émilie Le Roux proposera à la Bobine ce spectacle créé notamment pour « ouvrir une discussion sur les migrations et l’immigration avec les plus jeunes ».

Aurélien Martinez | Mardi 27 mars 2018

C’est l’un des enjeux les plus forts du monde actuel, à partir duquel les générations futures nous jugeront (sans doute durement au vu de ce que l’on fait – ou l’on ne fait pas) : le sort réservé aux réfugiés. « Nous voulions permettre d’ouvrir une discussion sur les migrations et l’immigration avec les plus jeunes » a écrit la metteuse en scène Émilie Le Roux dans la note d’intention de son En attendant le Petit Poucet. Un spectacle créé en 2016 qui a permis à la compagnie grenobloise Les Veilleurs de lancer son cycle "Migrations [passer & demeurer]" – La Migration des canards, sa dernière création vue en janvier dernier à l’Espace 600, en est le deuxième volet, centré sur le "demeurer". Et donc ce En attendant le Petit Poucet évoque lui le "passer", avec deux gamins (campés par Kim La

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"La Migration des canards" : fille de bonne famille

Théâtre | La metteuse en scène grenobloise Émilie Le Roux, de la compagnie les Veilleurs, revient avec une nouvelle proposition tout public (à partir de 12 ans) centrée sur le parcours d'une jeune fille d'immigrés. Un spectacle fort à découvrir mercredi 24 et jeudi 25 janvier à l'Espace 600.

Aurélien Martinez | Lundi 22 janvier 2018

Une phrase dans la note d'intention de La Migration des canards, nouveau spectacle de la compagnie grenobloise Les Veilleurs (à qui l'on doit notamment la réussite jeune public Mon frère, ma princesse), résume parfaitement l’ambition de cette proposition issue de leur cycle "Migrations [passer & demeurer]". « Loin des clichés, nous découvrons de l’intérieur [au sein d’une famille] les conséquences de ce que l’on pourrait nommer "l’injonction d’exemplarité" faite aux immigrés, comme si pour légitimer leur présence, ils ne devraient pas seulement faire bien, ils devraient faire mieux. » Une "injonction d'exemplarité" que l'auteure Élisabeth Gonçalves a fait porter, dans un monologue dont la metteuse en scène Émilie Le Roux s'est emparée, à la jeune fille d'un couple de gardiens. Seule en scène, au cœur d'une scénographie et d'une bande-son contrecarrant avec le côté quotidien du récit, la comédien

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PB d'or 2015 : théâtre et danse

SCENES | Cette année, deux spectacles de théâtre nous ont fait un bien fou. Et un ponte de la danse a dû faire ses cartons.

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : théâtre et danse

Le PB d’or des spectacles grenoblois qui font du bien : Rue des voleurs (Bruno Thircuir) et Mon frère, ma princesse (Émilie Le Roux) Que ce soit avec le roman Rue des voleurs de Mathias Énard (sur un jeune ­Marocain qui finira à Barcelone) ou la pièce jeune public Mon frère, ma princesse de Catherine Zambon (sur un gamin de cinq ans qui veut simplement porter des robes), deux metteurs en scène grenoblois (Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies et Émilie Le Roux des Veilleurs) ont, cette année, embrassé avec finesse des thèmes sociétaux forts pourtant sujets aux crispations et aux délires les plus dingues – la question des migrants pour l’un et celle des études de genre pour l’autre. En a résulté deux spectacles dépassionnés et, surtout, passionnants qui illustrent parfaitement comment des artistes peuvent défendre un discours humaniste et intelligent simp

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Émilie Le Roux : « Le jeune public ? Du tout public ! »

Théâtre | Émilie Le Roux, metteuse en scène grenobloise à la tête de la compagnie Les Veilleurs, proposera cette semaine un drôle de spectacle avec 106 interprètes (106, oui) pour marquer la fin de sa résidence à l’Espace 600, la scène jeune public de Grenoble. On en a profité pour évoquer avec elle tout un tas de sujets allant du théâtre jeune public en général à sa grande réussite "Mon frère, ma princesse" en passant par les relations difficiles entre les artistes et la Ville de Grenoble. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 8 décembre 2015

Émilie Le Roux : « Le jeune public ? Du tout public ! »

Vous terminez cette semaine plus de trois ans de résidence à l’Espace 600 de Grenoble avec le spectacle Allez, Allez, Allons qui n’a pas l’air d’être une toute petite chose ! Émilie Le Roux : C’est un spectacle multidisciplinaire avec du chant, de la musique, du théâtre de texte qui réunit 106 interprètes au plateau, dont des comédiens fidèles de la compagnie mais aussi une bonne partie de non-professionnels âgés de 10 et 90 ans ! Car on avait la volonté de créer une rencontre entre les générations… Que verra-t-on sur scène ? Ce sera un cabaret avec des textes qui vont de Tchekhov à Falk Richter en passant par Kafka, Olivier Py ou encore Calaferte. Et musicalement, on entendra des choses qui vont de Chopin à Philippe Katerine en passant bien évidemment par Camille [le titre du spectacle est emprunté à l’un de ses morceaux – NDLR]. Et ce sera un spectacle exceptionnel, un "one shot"… Forcément, car on n’emmènera pas ces 106 personnes en tournée ! Et puis on voulait finir cette résidence p

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Une saison théâtrale du côté de la scène locale

SCENES | Plusieurs compagnies grenobloises (ou apparentées) reprennent cette saison des spectacles créés les années précédentes. Mais comme ils sont excellents, pourquoi se priver de les (re)découvrir ?

Aurélien Martinez | Mardi 15 septembre 2015

Une saison théâtrale du côté de la scène locale

Ces dernières années, les metteurs en scène grenoblois ont livré des spectacles qui ont connu un succès considérable ici et là. On va passer rapidement sur le cas Grégory Faive et de son Pourvu qu’il nous arrive quelque chose dont on a dit du bien maintes fois – en gros, c’est du théâtre généreux et drôle sur les coulisses du théâtre. Créée en 2011, la pièce sera de retour dans l’agglo pour deux dates : le vendredi 11 décembre à la Faïencerie (La Tronche) et le jeudi 14 janvier au Grand Angle (Voiron). Une autre aventure théâtrale qui risque de suivre la même voie (celle du succès), peut-être même en encore plus grand : Mon frère, ma princesse (photo) d’Émilie Le Roux. Du jeune public pour tous sur un petit garçon qui veut porter des robes créé en 2014 à l’Espace 600 et repris le mercredi 20 janvier à l’Odyssée d’Eybens. À noter que cette saison, l’Espace 600 pro

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"Mon frère, ma princesse" : mauvais garçon

Théâtre | Avec "Mon frère, ma princesse", la metteuse en scène grenobloise Émilie Le Roux signe un spectacle poignant sur un enfant «qui ne veut pas être un garçon». L'une des plus belles réussites de l'année écoulée, et assurément le futur succès d'un théâtre jeune public ouvert à tous les publics. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 9 décembre 2014

C'est l'histoire d'un gamin aux envies de robe de fée qui exprime ses désirs avec l'innocence de ses cinq ans, sans comprendre pourquoi ces désirs peuvent tant déranger – ses parents, ses camarades de classe... C'est l'histoire d'une sœur prête à tout pour protéger « son frère, sa princesse », du nom de la pièce jeunesse de Catherine Zambon publiée en 2012, avant qu'une partie rance de la France décide de se braquer contre tout ce qui touche de près ou loin aux études de genre. C'est surtout une histoire à serrer le cœur dont s'est emparée la metteuse en scène grenobloise Émilie Le Roux. Au centre du récit, Alyan et sa grande sœur. Leurs scènes communes sont les plus justes, les plus émouvantes, Catherine Zambon ayant su trouver les mots pour décrire toute la tendresse d'une sœur pour son petit frère. Leurs monologues en avant scène sont désarmants, illustrant comment un monde est capable de briser un gosse au nom de raisons obscures expliquées comme évidentes, voire naturelles. « La nature elle s’est trompée, je le sais bien elle s’est trompée, j’ai pas su me concentrer alors elle a mis dessus moi des morceaux qui ne sont

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Théâtre en tous genres

SCENES | Cette semaine à l’Espace 600, la metteuse en scène grenobloise Émilie Le Roux dévoile son passionnant projet "Boys’n’girls", sous-titré « conformité – indentité – liberté ». Avec trois formes théâtrales courtes, dont une lecture très juste du "Tabataba" de Bernard-Marie Koltès. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 22 avril 2014

Théâtre en tous genres

Les réflexions autour du genre et de ses représentations (qu’est-ce qui nous rend homme ou femme au-delà de notre sexe biologique ?) agitent fortement notre société, entre débats nécessaires et fantasmes complètement dingues. Prendre la question par le biais artistique est une option sensée pour déplacer les enjeux, permettant ensuite d’ouvrir un espace de discussion moins réducteur qu’un simple pour ou contre. Comme on a pu le constater après une représentation de Tabataba de Bernard-Marie Koltès, l’un des auteurs de théâtre français contemporains les plus intéressants, par la compagnie Les veilleurs d’Émilie Le Roux. L’histoire d’une sœur déstabilisée par le comportement de son frère non conforme aux représentations qu’elle se fait de la masculinité. « Pourquoi tu ne sors pas, la nuit, quand tous les garçons de ton âge sont déjà dans la rue en chemise, avec le pli du pantalon bien repassé, et qu’ils tournent autour des filles ? Tout Tabataba est dehors, tout Tabataba est bien habillé, les garçons draguent les filles et les filles ont

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Ses années de jeunesse

SCENES | Après un passage par la case mythologie avec Antigone, retour à Thèbes, la metteuse en scène grenobloise Émilie Le Roux (compagnie Les Veilleurs) revient à ses (...)

Aurélien Martinez | Mardi 16 octobre 2012

Ses années de jeunesse

Après un passage par la case mythologie avec Antigone, retour à Thèbes, la metteuse en scène grenobloise Émilie Le Roux (compagnie Les Veilleurs) revient à ses premières amours : les spectacles en direction du jeune public. On se souvient ainsi de son hypnotique Pays de Rien, créé en 2007 et qui reçut un accueil enthousiaste. Cette fois-ci, elle choisit de s’atteler à Lys Martagon, pièce écrite par l’auteur Sylvain Levey suite à une période de résidence à l’Espace 600. Soit l’histoire d’une jeune fille de quatorze ans qui découvre la Villeneuve à sa façon – en parlant aux arbres par exemple. Le soir, elle retrouve sa mère, qui, loin de l’innocence de sa fille, voit la vie lui filer entre les doigts. Un texte foisonnant et prolixe, qui nécessite une mise en scène habile capable de canaliser la fougue du personnage de Lys, « qui parle trop » comme elle l’explique elle-même

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« Ne pas désespérer l’enfant »

SCENES | La compagnie grenobloise Les Veilleurs, menée par Émilie Le Roux, vient de signer pour une résidence de trois ans à l’Espace 600, la scène jeune public de l’agglo nichée au cœur de la Villeneuve. Une résidence qui débutera avec la reprise du très beau spectacle Lys Martagon. Rencontre avec Émilie Le Roux pour évoquer le présent et le futur. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 11 octobre 2012

« Ne pas désespérer l’enfant »

Lys Martagon est un texte de l’auteur Sylvain Levey, écrit à la Villeneuve...Émilie Le Roux : Oui. En 2009, Sylvain était venu en résidence ici plusieurs semaines, il avait rencontré les habitants. Il logeait chez quelqu’un du quartier, et a ainsi vécu ce que vit le personnage de Lys : le grand écart entre cette réalité urbaine qu’est la Villeneuve, et en même temps, cet appel des montagnes qui entourent complètement le quartier. Du coup, il a inventé le personnage de Lys Martagon qui vit à la montagne avec sa mère, descend à la ville tous les jours, et qui est dans cette tension entre le monde urbain et la nature dans laquelle elle a grandi. Vous aviez déjà monté ce texte en 2010...Quand Sylvain a écrit le texte, il savait qu’il allait finir entre mes mains, parce que ça faisait partie de la commande. Il savait aussi qu’il serait créé avec des amateurs – ceux de l’Espace 600 en l’occurrence. Il y a donc eu le spectacle, et j’avais plutôt envie que ça s’arrête là. Mais plusieurs professionnels nou

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Antigone et les garçons

Théâtre | Émilie Le Roux, metteuse en scène grenobloise qui nous avait plutôt habitués à monter du jeune public, revient cette fois-ci avec sa version d’Antigone. Sa (...)

Aurélien Martinez | Lundi 14 février 2011

Antigone et les garçons

Émilie Le Roux, metteuse en scène grenobloise qui nous avait plutôt habitués à monter du jeune public, revient cette fois-ci avec sa version d’Antigone. Sa version, forcément : car s’attaquer aujourd’hui à ce genre de tragédies plus que référencées suppose de prendre parti. Le sien est donc celui des croisements : au texte de Sophocle répond principalement celui de l’auteur contemporain belge Henry Bauchau. Ces matériaux en poche, elle commence alors sa pièce juste après le voyage qu’Antigone vient d’effectuer avec Œdipe, ancien roi de Thèbes. Un voyage dont on ne saura rien, la metteuse en scène choisissant de ne pas assommer le spectateur avec moult références pour mieux l’emmener dans l’histoire : celle d’une femme revenue dans une ville changée, maintenant ravagée par la guerre que se livre ses deux frères Étéocle et Polynice, sous l’œil de leur oncle Créon. Si le rendu est d’une grande tenue, fruit d’une réelle maîtrise du langage théâtral, on reste cependant plus que dubitatif quant au fondement même de cette proposition. Plutôt que d’utiliser la figure chargée d’Antigone comme pâte à modeler théâtrale source d’interprétations et de fantasmes, Émilie Le

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Les isolés

SCENES | Critique / Après avoir été comédienne et metteure en scène, Nathalie Papin se consacre à l’écriture de théâtre en direction de la jeunesse. Elle est entre autres l’auteur de Le pays de rien, pièce métaphorique et philosophique aux allures de conte contemporain. Séverine Delrieu

Séverine Delrieu | Mercredi 6 février 2008

Les isolés

Dans le pays de rien, un roi perpétue la tradition maternelle : il fait table rase de toutes expressions, émotions, pensées, des dangers confinés derrière les barreaux de cages. A sa fille, il veut imposer cette manière de voir le monde. L’arrivée d’un jeune garçon fait vaciller ce monde sécurisé, ultra refermé, un monde de silence à la fois rassurant (le monde est maîtrisé) et angoissant (la vie grouille et hurle aussi de douleur dehors). Avec finesse, et économie de mots, la dramaturge aborde la privation des libertés, la dictature, le repli identitaire, les murs visibles érigés entre les états, et invisibles construits dans une famille. La relation fille/ père, exclusive donc étouffante, s’avère déstructurante aussi dès lors qu’elle est coupée de la mémoire, des racines. Rien de simple donc, ni de binaire dans cette pièce que Nathalie Papin écrit en 2002. Si le Roi oppresseur inconscient est malheureux, le jeune garçon dans son désir de sauver «la meute d’enfants qui traînent avec leur rêves et qui n’ont pas d’endroit pour les étaler», impose une autre vue à la jeune fille. Cette dernière, perdue au milieu de sentiments ambivalents, se pousse à se définir, à choisir sa route

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