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Marue, partager le plancher

Publié Mercredi 25 février 2026

Cuisine coréenne / Une pétillante cantine franco-coréenne a ouvert place Gailleton. Intimiste.

Photo : La façade discrète quoique orange ©AS/LePetitBulletin

C'est un endroit secret, par la force des choses. Minuscule, il est planqué dans le coin sud-ouest de la place Gailleton, derrière le monument dédié au maire et médecin. Surtout, les moteurs de recherche s'avèrent bien incapables d'en trouver la trace. La faute, certainement à son nom, que ces derniers, si intelligents et si bienveillants, identifient comme le fruit d'une coquille. A-t-on voulu parler d'une voie, d'une artère ? Ou d'une sainte ? Non, d'un restaurant, et coréen. Maru, au pays du matin calme, désigne un plancher. Une maison traditionnelle coréenne est composée de toutes sortes de planchers, qui ont des noms différents selon leur confection et leur rôle. Au milieu de la demeure, il y a un maru central, en quelque sorte ouvert à tous les vents, c'est le daecheongmaru. Le maru qui fait le lien entre les pièces et entre les gens : les enfants y jouent, on y célèbre les mariages, on y dort quand il fait trop chaud, on y fait sécher les piments aussi. Le "Marue" de la place Gailleton, est une référence à ce maru-là. 

Boudin love

Il est un cube dans lequel on trouve tout à la fois : quatre tables, la cave à vins et la cuisine. Derrière le comptoir s'agite une veste de l'institut Paul Bocuse, floquée Jung Hwa Won Aubert. Elle aussi semble multifonctions. Avant de reprendre ce local, elle s'était fait connaître par ses talents de vinificatrice. C'est le domaine bourguignon et biodynamique Ballorin qui lui a donné sa chance, celle d'élaborer une cuvée de pinot noir en 2023. Elle l'a fait "à la beaujolaise", avant un élevage en partie en jarres coréennes, celles qui servent normalement à la fermentation du kimchi. Le côté un peu "foufou" que l'on retrouve dans ce jus craquant, ça vient de là. La cuvée Sois sage - c'est la traduction littérale de son nom, et c'est ironique - est épuisée, sauf ici. Est-ce que Madame refera du vin ? On ne sait pas, en attendant elle a glissé derrière les fourneaux. Non sans talent, là non plus. On commence le déjeuner par un boudin coréen, sa chair mêlée à un peu de vermicelles de riz, assaisonnée d'une huile de poireau, d'une huile piquante aussi, le tout posé sur des chapeaux de champignons, sous des pickles de radis, et parsemé, bonne idée, de parmesan. Ensuite un beau filet de dorade poêlé sur peau, avec des tranches de navets - selon la recette de sa mère. On ne sait pas son secret, mais ceux qui craignent le tubercule peuvent y aller sans crainte, le tout accompagné d'une poignée de pleurotes et d'une sauce autour du soja. Excellent, accompagné d'un bol de riz. Enfin le tiramisu coréen s'avère moins convenu que prévu avec de la pâte de haricots rouges et de fruits rouges. Allez-y, mais sans prévoir de rendez vous à 14h : la cheffe est seule en salle et en scène, et puis la carte des vins, quoique ultra-courte, mérite d'être abordée.

Boudin noir sur assiette noire ©AS/LePetitBulletin

Marue
Menu 29€. Verre de vin 7€.
8 place Gailleton, Lyon 2e
De 9h à 16h. Fermé mercredi et dimanche.

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