"Dark Way" de Quai d'Orsay : la britpop peut aussi venir de Grenoble

Quai d'Orsay + Holy Two



ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

Concert de sortie d'album / Espoir fort appuyé en son fief grenoblois (Cuvée grenobloise 2015 ; une du "Petit Bulletin" en 2016 ; soutien du feu Ciel, de la Belle électrique, de la Ville de Grenoble...), le quatuor Quai d'Orsay, qui publie enfin son premier album "Dark Way" ce vendredi 13 octobre (jour du concert à la Source), se revendique pourtant, comme son nom l'indique, d'un ailleurs évident : l'héritage britpop. Et cela s'entend. En bien.

Sait-on encore ce qu'est la britpop, du nom de cette éruption panbritannique du mitan des années 1990 qui vit jaillir de son cratère quelques têtes ne parvenant jusque-là pas à s'extraire de l'anonymat (Pulp, Blur, Radiohead), quelques pépites pas très polies (Oasis, Supergrass) et des feux de pailles vaporisés jusqu'à l'horizon (Cast, Bluetones, Elastica, Shed Seven, Gene, Sleeper...) ? Une tradition bien plus ancienne remontant peut-être moins aux Beatles qu'aux Kinks ou aux Zombies ?

à lire aussi : Quai d'Orsay : They can be pop-rock heroes

Ou encore ce qui se produisit entre les deux, cette émergence d'un courant dit "ligne claire" incarné par Prefab Sprout, les Pale Fountains ou les groupes du label Sarah Records, largement coiffés par les Smiths, la banane et l'ego surplombants de Morrissey ? Ou tout cela à la fois sans doute, plus pas mal de choses glissées ça et là dans les interstices de l'histoire... Alors quand on dit des Grenoblois de Quai d'Orsay (Rémi Guirao, Basil Belmudes, Vadim Bernard et Charles Sinz) qu'en bon ministère des affaires musicales étrangères ils bichonnent les relations franco-britanniques et qu'ils relèvent de la britpop, de quoi parle-t-on ?

Apartés folk

Eh bien d'un peu tout ça à la fois justement. En ouverture de leur premier album Dark Way, les arpèges de guitares d'I don't want to waste my time (attention, tube) nous ramènent sur le champ (et le chant) vers les Smiths et leur This Charming man. Puis le très folk Only love in her eyes semble fusionner les apartés folk de Noel Gallagher et les alcôves acoustiques du Radiohead séminal passés à la steel-guitar. Tandis que les ascensionnels You know I know all about you et Floating through the stars vers ce Rover que l'on sait aimer fureter en terres étrangères lui aussi (chez Bowie notamment).

Avec cette recette imparable (arpèges cristallins, cordes et cuivres cajoleurs, voix en apesanteur), Quai d'Orsay se fait ainsi une spécialité des ballades quelque peu emphatiques (mais toujours efficaces car magiquement orchestrées) chères à la britpop, de Stereophonics à Manic Street Preachers (Julietta, Lydie).

Quant à ce chemin sombre, Dark way, qui donne son titre à l'album, on le trouve en queue d'album (de comète), morceau-titre comme échappé de chez Sarah Records et ses groupes aux basses mélodiques et aux guitares carillonnantes évoquant déjà le post-rock. Sur la pochette de son album, le chemin de Quai d'Orsay monte. Sans doute à raison. Pour combien de temps ? Ç'a toujours été la question subsidiaire de la britpop.

Quai d'Orsay + Holy Two
À la Source vendredi 13 octobre à 20h30

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