Villa Gillet & Le Petit Bulletin
Immersion dans
L’Atelier des Récits 2022

Lee Unkrich ("Coco") : « On voulait vraiment que ça respire mexicain »

Coco
De Lee Unkrich (ÉU, 1h40) avec Andrea Santamaria, Ary Abittan

Piller de Pixar, le réalisateur de "Monstres & Cie", du "Monde de Nemo" ou de "Toy Story 2 & 3" est à nouveau à la manœuvre pour "Coco", qu’il évoque avec sa productrice Darla K. Anderson.

Quel est le point de départ de Coco ?

à lire aussi : "Coco" : Pixar os secours des ancêtres

Lee Unkrich : L’inspiration est tout simplement venue du Mexique, dont j’appréciais depuis toujours le "Día de muertos" – le Jour des morts. Quand j’ai commencé à écrire sur ce sujet, je me suis rendu compte qu’il n’y avait aucune histoire sur cette fête, que c’était une idée assez unique. Au fur et à mesure de mes recherches, j’ai découvert combien l’idée du souvenir de sa famille y était important. Il y avait là le potentiel pour une histoire universelle, drôle, dramatique, visuellement très belle et avec un vrai cœur. Ça m’a touché.

Avez-vous conçu le Pays des morts comme un miroir à celui des vivants, puisqu’on y boit, mange, dort ?

à lire aussi : Vice-Versa : la Révolution Pixar

LU : Non, on n’a pas pensé à cette notion de miroir, mais on a fait beaucoup de recherches pour la préparation, ce qui nous a aidés pour concevoir Santa-Cecilia, la ville du monde des vivants où vit Miguel. Évidemment, on ne pouvait pas faire de recherches pour le monde des ancêtres, alors on a fait appel à l’imagination. On aurait pu faire n’importe quoi, mais on voulait vraiment que ça respire mexicain, que ce soit plein de vie comme dans la vie réelle et que cela apparaisse comme familier non seulement à Miguel, mais également au public afin qu’il partage pleinement ses émotions.

Il y a d’ailleurs un côté parc d’attractions…

LU : (rires) En quelque sorte. Ce devait être un endroit sympathique, drôle, plein de couleurs, de musiques, de vie… "Día de muertos" est une célébration : on ne vient du monde des ancêtres qu’une fois par an pour voir sa famille, tout le monde doit être heureux comme un gamin, tout excité.

à lire aussi : Rentrée cinéma 2017 : les quatorze films qui feront notre automne

Pourquoi Coco n’est-il pas sorti au moment de la Toussaint ?

Darla K. Anderson : Il a bénéficié d’une sortie anticipée au Mexique, au moment de "Día de muertos" le 1er novembre ; aux États-Unis, il y aurait eu de la confusion avec Halloween le 31 octobre. Pour nous, c’est avant tout un film qui parle de la famille, du fait d’être ensemble ; des valeurs qui sont représentése par des fêtes comme Thanksgiving aux États-Unis et surtout Noël partout dans le monde. C’était donc une évidence pour nous de le faire coïncider avec ces dates-là.

Qu’est-ce qui a changé le plus dans votre façon de travailler depuis vos premiers films ?

LU : J’ai davantage confiance en moi qu’au début. Maintenant, lorsque je commence un film, quoiqu’il arrive, je sais qu’il sera fini – alors que ce n’était pas le cas auparavant. Je panique beaucoup moins, j’ai plus de recul. À part ça, c’est toujours aussi difficile de trouver et de raconter une bonne histoire. Quant à la technologie, elle est tellement avancée que l’on peut maintenant faire ce que l’on veut et c’est génial ; quoi qu’on imagine, on peut tout mettre à l’écran.

Tout est-il vraiment possible ?

LU : Oui. Bien sûr, certaines choses n’ont pas encore été faites, mais c’est parce qu’on ne veut pas les faire chez Pixar – comme des être humains qui ressemblent à des êtres humains. La vraie question, c’est : comment les faire de manière efficace en restant dans le budget.

Coco fait "jouer" Frida Kahlo morte. Avez-vous dû demander une autorisation pour utiliser l’image de l’artiste défunte ?

DA : Bien sûr, il fallait créer un partenariat avec la Fondation Frida Kahlo pour avoir l’autorisation de le faire.

LU : On a essayé de faire un vrai travail de partenariat avec tous les personnages authentiques représentés dans le film. La Fondation Frida Kahlo a ainsi demandé de petits ajustements subtils, notamment dans sa façon de jouer.

DA : Et l’on a eu du mal à trouver des enregistrements de sa voix – ça n’existe pas. On ne savait pas comment refaire sa voix.

LU : On sentait une certaine liberté, en fin de compte : montrer Frida Kahlo dans la mort, c’est de la pure imagination ; ça donne quelques degrés de liberté pour jouer avec le personnage.

Le titre Coco, qui fait référence à l’arrière grand-mère, s’est-il imposé tout de suite ?

LU : Ce n’était pas le titre initial… car il n’y en avait pas au départ. Quand on fait des films chez Pixar, on donne toujours un nom de code pendant la phase de travail. Pour celui-ci, c’était Coco et il est resté. C’était le cas également avec Toy Story – on est tous d’accord, c’est un nom un peu stupide, “histoire de jouets”, mais c’est ça qui est resté. Coco c’est pareil. On avait pourtant fait des listes avec des centaines de titres potentiels, mais on a choisi celui-ci parce qu’il était simple. J’aimais bien aussi le côté énigme. Avant de voir le film, on ne sait pas pourquoi il porte le nom de l’arrière grand-mère ; à la fin, on comprend qu’elle est au cœur de l’histoire.

pour aller plus loin

vous serez sans doute intéressé par...

Vendredi 11 mars 2022 Signé par la prodige Domee Shi, le nouveau Pixar, "Alerte Rouge", confirme la suprématie du studio satellite de Disney mais hélas ne bénéficie pas d’une sortie en salle : à l’instar de "Soul" et de "Luca", il n'est visible que sur la plateforme...
Mardi 19 octobre 2021 De la mémoire comme un bien précieux à préserver, pour qu’une vérité historique non corrompue soit transmise par-delà les années… Ce qui est, somme toute, la raison (...)
Mardi 18 février 2020 Présente dans la programmation des festivals de cinéma Voir Ensemble, À vous de voir et Plein les yeux, l’animation japonaise jeune public n’a pas toujours profité d’une telle reconnaissance. Retour sur les raisons de ce (tardif) changement de...
Lundi 15 juillet 2019 En donnant à voir une deuxième version de son film d'animation culte sorti en 1994, les studios Disney seraient-ils en train de préfigurer un cinéma nouvelle génération ? Derrière l’histoire du cycle de la vie et des successions naturelles, en...
Vendredi 19 octobre 2018 Le cinéma martinérois Mon Ciné aime le cinéma d’animation, et le fera savoir dimanche 28 et mardi 30 octobre en participant à la Fête du cinéma d’animation organisée (...)
Lundi 2 juillet 2018 De retour à l’animation après une parenthèse en prises de vues réelles, Brad Bird donne une suite superlative à ses "Indestructibles", où le divertissement n’exclut pas le politique. La marque de Pixar.  
Lundi 27 novembre 2017 Un petit Mexicain parcourt le Royaume des Morts pour déjouer une malédiction familiale et obtenir une bénédiction en retour. Coutumier des quêtes en milieu hostile ("Monstre & Cie", "Le Monde de Nemo"), Lee Unkrich pousse plus loin le curseur et...
Mardi 13 décembre 2016 Sa semaine rituelle de deuil accomplie, un couple de quinquagénaires ayant perdu son fils prend des détours baroques pour achever sa consolation. Tout sauf funèbre, cette tranche de vie après la mort est l’œuvre d’un prometteur jeune cinéaste...
Mardi 19 avril 2016 de Vincent Kesteloot & Ben Stassen (Bel., 1h30) animation
Mardi 9 février 2016 De Janis Cimermanis (Let., 45min) animation
Mardi 24 novembre 2015 Après avoir conquis les esprits et les cœurs au printemps grâce à "Vice-Versa", le studio Pixar sort son second film de l’année. Est-ce une si bonne nouvelle que cela ?
Mardi 1 septembre 2015 "​Le Petit Prince", adaptation de Saint-Exupéry qui, cet été, a ravi du public à "Vice-Versa" (et divisé la rédaction du Petit Bulletin), ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir : la fin 2015 s’annonce riche en productions animées...
Mardi 16 juin 2015 "Vice-Versa", chef-d’œuvre absolu signé Pete Docter, est un nouveau cap pour la révolution initiée depuis vingt ans par les studios Pixar dans le cinéma d’animation. Ou comment une bande de geeks est venue bousculer le monstre Disney, qui n’est pas...
Mardi 16 juin 2015 Les studios Pixar et Pete Docter donnent une singulière lecture de ce que l’on appelle un film-cerveau en plongeant dans la tête d’une fillette de onze ans pour suivre les aventures de… ses émotions ! Aussi ambitieux qu’intelligent, drôle, émouvant...
Dimanche 7 juillet 2013 Déception pour le nouveau Pixar : la greffe entre l’univers de "Monstres et Cie" et celle du film de campus ne prend qu’à moitié, et le scénario paraît bien attendu par rapport à celui du précédent "Rebelle". Christophe Chabert
Mardi 4 décembre 2012 Longtemps désertique, avec quelques rares oasis de créativité, le cinéma d’animation français a connu depuis dix ans une fulgurante accélération au point de devenir à la fois une industrie et un laboratoire. À l’occasion de la sortie d’"Ernest et...
Vendredi 12 octobre 2012 Musique baroque / Vincent Dumestre, génial taquineur de guitare ancienne, luth et théorbe, fonde le Poème harmonique en 1998. Une compagnie musicale dont le (...)
Mercredi 15 ao?t 2012 Mais qui arrêtera les studios Pixar ? Leur retour à une histoire originale après deux prolongations de franchises maison donne lieu à une pure merveille, chef-d’œuvre scénaristique et leçon de mise en scène animée.
Lundi 21 novembre 2011 de Jean-François Laguionie (Fr, 1h16) animation
Mercredi 14 avril 2010 Portrait / L’année 2010 permet à Gérard Depardieu de retrouver de grands rôles dans de bons films. CC
Jeudi 16 avril 2009 D’Anne Fontaine (Fr, 1h53) avec Audrey Tautou, Benoît Poelvoorde, Alessandro Nivola…
Mercredi 10 janvier 2007 On va pas vous casser les noix ou toute autre partie du corps avec le retour de Stallone. Non, la nouvelle qui secoue (modérément) le landernau de la (...)

restez informés !

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter