Trance

ECRANS | De Danny Boyle (Ang, 1h35) avec James MacAvoy, Vincent Cassel, Rosario Dawson…

Christophe Chabert | Mardi 23 avril 2013

La dégringolade continue pour Danny Boyle depuis qu'il n'a plus son scénariste Alex Garland à ses côtés. Après l'agaçant 127 heures, le voilà qui se fourvoie dans Trance, nanar improbable qui, à force de vouloir manipuler le spectateur, se perd lui-même dans son labyrinthe d'intrigues où un commissaire-priseur (MacAvoy) se fait hypnotiser par une médecin charmante (Rosario Dawson) pour retrouver la mémoire et, surtout, le tableau de Goya qu'il a subtilisé au nez et à la barbe des voleurs avec qui il s'était associé (Vincent Cassel joue le chef).

À partir de là, c'est du grand n'importe quoi, avec une mise en scène clipée sur fond de techno, des choix de production ringards, des incohérences à la pelle et surtout une avalanche de twists même pas amusants. Il suffit de dire que l'un d'entre eux, crucial pourtant, repose sur le rasage d'une toison pubienne, pour mesurer l'ampleur de la cata. Certes, cela conduit à une magnifique nudité frontale comme on en voit peu par les temps puritains qui courent. N'empêche, Trance reste un ratage phénoménal.

Christophe Chabert


Trance

De Danny Boyle (Ang, 1h35) avec James McAvoy, Vincent Cassel... Commissaire-priseur expert dans les œuvres d’art, Simon se fait le complice d'un gang pour voler un tableau. Dans le feu de l’action, il reçoit un coup sur la tête. À son réveil, il n’a plus aucun souvenir de l’endroit où est caché le tableau.
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"Hors Normes" : leurs jours heureux

ECRANS | D'Éric Toledano & Olivier Nakache (Fr., 1h54) avec Vincent Cassel, Reda Kateb, Hélène Vincent…

Vincent Raymond | Lundi 21 octobre 2019

Au sein de leurs associations respectives, Bruno (Vincent Cassel) et Malik (Reda Kateb) accueillent ou accompagnent des adolescents et jeunes adultes autistes mettant en échec les circuits institutionnels classiques. Quelques jours dans leur vie, alors qu’une enquête administrative frappe la structure de Bruno… Ceux qui connaissent un peu Nakache et Toledano savent bien que la réussite (et le succès) de leurs meilleurs films ne doit rien au hasard, plutôt à une connaissance intime de leurs sujets ainsi qu’à une envie sincère de partage : Nos jours heureux puis Intouchables puisaient ainsi, à des degrés divers, dans leur vécu commun et complice. Ainsi, Hors Normes n’exploite pas un filon en abordant à nouveau la question du handicap, mais souligne l’importance que les deux auteurs accordent aux principes d’accueil et d’entraide sous-tendant (en théorie) notre société ; cet idéal républicain décliné au fronton des bâtiments publics qu’ils célèbrent film après film

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"Yesterday" : all you need is The Beatles

ECRANS | Un musicien sans succès se retrouve seul au monde à connaître le répertoire des Beatles et se l’approprie : sa vie change alors radicalement. Après "Steve Jobs", Danny Boyle reste dans l’univers Apple pour cette fable morale, musicale et nostalgique aux inspirations multiples.

Vincent Raymond | Lundi 1 juillet 2019

Jack Malik (Himesh Patel) a du succès à la guitare auprès de ses amis ; un peu juste pour vivre de ses chansons. Une nuit, un accident mystérieux le laisse le visage en vrac et riche d’un trésor : il s’est réveillé dans un monde où les Beatles n’ont jamais existé. Et lui seul connaît leurs chansons… Quel musicien n’a jamais rêvé (ou cauchemardé) connaître le sort de Jack Malick ? Puisque les Beatles, aux dires de John Lennon en 1966, étaient « plus populaires que Jésus », cela équivaudrait-il à se retrouver en position mosaïque, recevant les Tables de la Loi ? Débordant largement du registre musical, l’influence du groupe a été – et demeure – telle dans la culture contemporaine pop que son effacement pourrait légitiment causer un hiatus civilisationnel. Le postulat de départ est intellectuellement séduisant et, surtout, réjouissant pour les amateurs des Quatre de Liverpool. Ils savourent non seulement la renaissance du catalogue entier, mais ont droit en bonus à des surprises moins prévisibles et plus authentiquement émouvantes que celles parfumant d’habitude les biopics musicaux. Face A : Love me doux Le scénar

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"L'Empereur de Paris" : Vidocq, retour gagnant

ECRANS | De Jean-François Richet (Fr, 1h50) avec Vincent Cassel, Freya Mavor, Denis Ménochet…

Vincent Raymond | Mardi 18 décembre 2018

Galérien évadé reconverti en marchand, Vidocq (Vincent Cassel) veut prouver au chef de la sûreté non seulement qu’il est innocent des crimes dont on l’accuse, mais aussi que les méthodes de la police sont dépassées. Alors il recrute son équipe de repentis et emplit les prisons à sa façon… Quand le cinéma historique télescope ironiquement l’actualité… Non pas en présentant l’ascension d’un ancien truand vers les sommets du pouvoir, mais en montrant comment l’État sait parfois sinueusement manœuvrer pour garantir son intégrité. Qui mieux que Vidocq peut incarner ce mélange de duplicité talleyrandesque et de méritocratie à la française ? Cette légende dorée du proscrit devenu superflic, usant de la langue et du surin de la canaille pour mieux protéger le bourgeois. Un "bon" voyou, en somme, et donc un parfait personnage pour le réalisateur Jean-François Richet qui s’offre ici une reconstitution épique et soignée remplaçant avantageusement la blague ésotérico-fantastique de Pitoff avec Depardieu (2001), et rappelant la série avec Brasseur. Son film souscrit aux exigences du divertissement, mais magnifie les côtés sombres, les alcôves et le

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"Fleuve noir" : fascinant concerto noir orchestré par Erick Zonca

ECRANS | de Erick Zonca (Fr., 1h54) avec Vincent Cassel, Romain Duris, Sandrine Kiberlain…

Vincent Raymond | Mercredi 4 juillet 2018

Flic lessivé et alcoolo, le capitaine Visconti enquête sur la disparition de Dany. Très vite, il éprouve une vive sympathie pour la mère éplorée de l’ado, ainsi qu’une méfiance viscérale pour Bellaile, voisin empressé, professeur de lettres et apprenti écrivain ayant donné des cours privés à Dany… Des Rivières pourpres à Fleuve noir, Vincent Cassel a un sens aigu de la continuité : les deux films sont on ne peut plus indépendants, mais l’on peut imaginer que son personnage de jeune flic chien fou chez Kassovitz a, avec le temps, pris de la bouteille (n’oubliant pas de la téter au passage) pour devenir l’épave chiffonnée de Quasimodo au cheveu gras et hirsute louvoyant chez Zonca. Cette silhouette qui, entre deux gorgeons, manifeste encore un soupçon de flair et des intuitions à la Columbo ; ce fantôme hanté par ses spectres. Terrible dans sa déchéance et désarmant dans son obstination à réparer ailleurs ce qu’il a saccagé dans son propre foyer, ce personnage est un caviar pour un comédien prêt à l’investir physiquement. C’est le cas de Cassel, qui n’avait pas eu à habiter de

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Hadra Trance Festival : bons baisers du centre de la France

Festival | C’est officiel : le festival, pensé à Grenoble mais déplacé l’an passé loin de l’Isère, revient là-bas à Vieure, en Auvergne, du 7 au 10 septembre. On fait le point avec son directeur Benoît Allirol, souvent sur la route donc.

Aurélien Martinez | Vendredi 28 avril 2017

Hadra Trance Festival : bons baisers du centre de la France

Festival psytrance de référence en France organisé par des Grenoblois, le Hadra Trance Festival se retrouve depuis l’an passé parachuté à Vieure, dans l’Allier (Auvergne), après avoir dû quitter Lans-en-Vercors suite aux élections municipales de 2014. Du coup, comment s’est passée cette première édition hors de l’Isère ? Benoît Allirol, directeur du festival : « C’était bien mais dur, car organiser un festival en moins de quatre mois, sur un territoire que nous ne connaissions pas, n’a pas été évident [ils avaient galéré pour trouver un nouveau terrain d’accueil, et avaient du coup dû annuler l’édition 2015 – NDLR]. Surtout qu’à la base, vu les délais, ça ne devait pas être un festival mais une soirée des quinze ans de l’association Hadra. » Finalement, tout s’est vite transformé en festival, même s’il était plus petit qu’à Lans-en-Vercors – 6000 personnes sur trois jours et deux nuits, contre 15 000 et un soi

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"T2 Trainspotting" : l'honnête retour des héro(ïnomane)s

ECRANS | Vingt ans après avoir entubé son monde dans "Trainspotting", Mark (Ewan McGregor) règle ses dettes avec les intérêts. Quant au réalisateur Danny Boyle, il fait sagement fructifier le capital sympathie de ses défoncés en dealant du shoot visuel et sonore aux quadras nostalgiques de leurs vingt ans. Une honnête rechute.

Vincent Raymond | Vendredi 24 février 2017

Saisi par le remords (entre autres impérieuses raisons), Mark Renton quitte sa planque d’Amsterdam et retourne à Édimbourg où Sick Boy semble prêt à tout lui pardonner, à condition qu’il l’aide à ouvrir un bordel. Mais le pire est à craindre : Begbie s’est évadé de prison… Souvent, la suite tardive d’un succès "générationnel" se révèle honteuse ou paresseuse – on s’abstiendra, par charité, de rappeler les exemples des Inconnus, des Bronzés, de Trois Hommes et un couffin ou de tant d’autres merveilles. Montées pour de mauvaises raisons (aisément d€vinabl€$), elles déçoivent leurs fans transis, qui n’osent pas s’avouer désappointés devant le naufrage de leurs illusions. Sans scintiller ni déchoir, Trainspotting 2 peut se targuer d’être une "bonne" suite. On se ca(l)me ! Danny Boyle donne ce qu’ils attendent à ses clients : il prolonge les péripéties de sa bande presque assagie de junkies en usant d’une intriguette prétexte à une suite de sketches parfois réussis – la méthode a jadis fait ses preuves dans les Don Camillo. Il ne se risque pas à la surenchère trash ou destroy ; le ferait-il qu’il tom

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L'édition 2016 du festival Hadra aura lieu en Auvergne

ACTUS | Bonne nouvelle : après l’annulation de la précédente édition, le festival de psytrance va revenir début septembre, mais loin de l’Isère. Rendez-vous du 2 au 4 septembre au centre de la France : à Vieure dans l’Allier. Pourquoi ce choix ? On est allés le demander aux principaux intéressés. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 8 avril 2016

L'édition 2016 du festival Hadra aura lieu en Auvergne

« Alors voilà, nous y sommes ! Deux années que nous attendions de pouvoir annoncer la neuvième édition du Hadra Trance Festival… Et ce jour est finalement arrivé ! » Voilà comment commence le communiqué de presse que l’association Hadra, très branchée musique électronique et en particulier trance psychédélique, a envoyé à la presse ce vendredi 8 avril. Un retour qui était très attendu comme l’édition précédente avait dû être annulée. « En 2014 avait eu lieu la huitième édition du festival sur la commune partenaire de Lans-en-Vercors en Isère. Cette édition, unanimement acclamée et fréquentée (15 000 personnes / jour avaient assisté à l'événement), la cinquième consécutive sur le site du stade de neige, avait malheureusement été la dernière, faute de soutien politique après les municipales de mars 2014 et le changement de majorité. » À la recherche du temps perdu Flash back : en septembre 2014, l’association Hadra était

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Avant Danny Boyle, les autres Steve Jobs sur écran

ECRANS | Alors que sort ce mercredi 3 février le très attendu "Steve Jobs" de Danny Boyle, retour sur la figure du boss d'Apple dans les films de cinéma ou de télévision, que ça soit dans des fictions ou des documentaires.

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Avant Danny Boyle, les autres Steve Jobs sur écran

Mélange de coups d’éclat, d’échecs cinglants, d’incessantes résurrections professionnelles et de drames personnels, la vie du fondateur d’Apple était de nature à inspirer les esprits romanesques – d’autant plus titillés par son culte maladif du secret et son art consommé d’une communication maîtrisée. Hollywood ne pouvait rester indifférent à cette poule aux œufs, ou plutôt aux pommes d’or. Le petit écran fut le premier à s’intéresser au phénomène avec Les Pirates de la Silicon Valley (1999) de Martyn Burke, tourné juste après le retour gagnant de Jobs aux manettes de la firme de Cupertino. Racontant sur un mode semi-drolatique l’émergence d’une nouvelle industrie, ce téléfilm se centre sur le portrait croisé des deux frères ennemis Bill Gates (Anthony Michael Hall) et Steve Jobs (Noah Wyle, le Dr Carter de la série Urgences). L’orignal apprécia tellement la performance qu’il invita Wyle à l’imiter à ses côtes, sur la scène de l’Apple Expo 2000. Jobs eut aussi droit à de nombreuses parodies ; la plus fameuse sous les traits de Steve Mobbs, patron de Mapple en 2008 dans l’épisode Les Apprentis Sorciers de la série

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"Steve Jobs" : Boyle et Sorkin réinventent le biopic

ECRANS | Après s’être notamment égaré en racontant les tribulations gore d’un randonneur se sciant le bras pour survivre (“127 heures”), Danny Boyle avait besoin de se rattraper. Il fait le job avec une évocation stylisée du patron d’Apple, première super-pop-star économique du XXIe siècle. Vincent Raymond

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

« Penser “différent” »… Érigé en précepte par Steve Jobs lui-même, le slogan exhortant à la rupture créative et intellectuelle semble avoir guidé le scénariste Aaron Sorkin et le réalisateur Danny Boyle dans ce travail d'adaptation de la biographie (autorisée) du charismatique fondateur d’Apple : un pavé signé par Walter Isaacson détaillant par le menu l’existence de Jobs et listant les innovations à mettre à son actif. Plutôt que de se lancer dans une illustration chronologique standard, visant l’exhaustivité en suivant le sempiternel et prévisible « sa vie, son œuvre », l’un et l’autre ont emprunté un chemin de traverse. Jobs ayant été, au-delà de toutes les controverses, une manière de stratège imposant sa vision d’une réalité distordue (et finalement, modelant la réalité à ses désirs), Sorkin et Boyle lui ont donc taillé un écrin biographique hors norme. Pour le cinéaste, cela passait par l’abandon de marques de fabrique virant au tic, comme les effets de montage épileptoïdes ou le recours à une bande originale utilitaire, ma

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Tale of tales

ECRANS | De Matteo Garrone (It-Fr-Ang, 2h13) avec Salma Hayek, Vincent Cassel, Toby Jones…

Christophe Chabert | Mardi 30 juin 2015

Tale of tales

Que Matteo Garrone n’ait pas souhaité s’enfermer dans le réalisme suite au succès de Gomorra est une bonne chose ; d’ailleurs, lorsqu’il osait la stylisation dans Reality, il parvenait à déborder l’hommage à l’âge d’or de la comédie italienne pour en retrouver l’esprit esthétique. Avec Tale of tales, les choses se compliquent : abordant un genre en vogue (les contes et l’héroïc fantasy) via l’adaptation d’un classique de la littérature italienne, il tente le grand pont vers l’imaginaire pur, entrecroisant plusieurs récits où l’on retrouve des monstres, des sorcières, un roi, des reines et des princesses. Or, le style Garrone s’avère assez vite à la traîne de son ambition : jamais la mise en scène ne parvient à donner le souffle nécessaire pour nous faire pénétrer cet univers baroque et fantastique. D’où une suite d’hésitations fatales : entre le sérieux et la dérision, l’auteurisme et le divertissement, le film à sketchs et le film choral… Mal construit (l’épisode des faux jumeaux est de loin le plus faible, et le scénario le traîne comme un boulet

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Partisan

ECRANS | Sur le thème de la communauté repliée hors du monde, Ariel Kleiman fait beaucoup moins bien que Shyamalan et Lanthimos. Pire, son premier film, dépourvu de tension dramatique et incapable de déborder son programme scénaristique, est carrément rasoir. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 5 mai 2015

Partisan

Partisan est le genre de premier film qui a tout pour être aimé : un sujet fort (comment un homme énigmatique, mi-hipster, mi-gourou, décide de créer une communauté de femmes et d’enfants vivant selon ses propres règles hors de la civilisation), un environnement qui ne demande qu’à être exploré (une sorte de rétro-futurisme mais qui pourrait aussi être la conjonction déboussolante d’un présent industriel et d’une application pratique des théories de la décroissance) et même un Vincent Cassel troublant en patriarche imposant à tout prix le bonheur à sa "famille". L’Australien Ariel Kleiman s’inscrit dans la lignée de son compatriote David Michôd qui, l’an dernier, avait tenté lui aussi avec son étrange The Rover de donner une dimension politique à un cinéma marqué par les codes du genre. Mais la comparaison s’arrête là et les éloges attendront : Partisan souffre très vite de sa faiblesse dramaturgique et d’un scénario programmatique que la mise en scène, malgré d’authentiques tentatives pour instaurer un climat trouble et dérangeant, ne parvient jamais à so

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L'avenir appartient à Hadra (?)

ACTUS | En l'Hadra festival on croit, et l'équipe qui porte le projet aussi. Mais voilà, le gros événement estival dédié à la musique trance, générateur d'une grande partie des ressources de l'association grenobloise, a été délogé l'an passé du site de Lans-en-Vercors et la pérennité du projet s'annonce compliquée. Le staff ne perd cependant pas espoir et poursuit ses activités, avec notamment une soirée (complète) à la Belle électrique samedi 28 février. On fait le point avec le directeur Benoît Allirol. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 24 février 2015

L'avenir appartient à Hadra (?)

« Nous avions déjà organisé des soirées dans des grandes salles à Grenoble, comme au Summum (3000-4000 personnes) ou à l'Heure Bleu (1400), mais ce n'était que des "one shot". Avec la Belle électrique, c'est une réelle opportunité qui s'ouvre à nous. À l'échelle locale c'est important même si bien sûr nous n'arrêterons pas nos événements à l'Ampérage, à raison d'un ou deux tous les ans. » Benoît Allirol, directeur de l'association Hadra, se réjouit de cette soirée Lighting by Hadra complète deux semaines avant le jour J.« Ça manifeste une réelle attente du public grenoblois, il faut réagir par rapport à cette demande. » Pour cette nuit de la trance, l'équipe a vu les choses en grand avec une belle programmation et une scénographie soignée (la marque de fabrique Hadra). Un regain d'enthousiasme bienvenu car, malgré un public présent, l'avenir d'Hadra et de ses différentes manifestations n'est pas garanti, la faute à une situation financière complexe. Show must go on « Il est important de savoir que 2014 s'est finie avec deux licenciements économiques, nous ne sommes plus que trois salariés. Pour l'instant, à très

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Captives

ECRANS | D’Atom Egoyan (Canada, 1h52) avec Ryan Reynolds, Rosario Dawson, Scott Speedman…

Christophe Chabert | Mardi 6 janvier 2015

Captives

On ne va pas s’appesantir sur ce Captives déjà sérieusement éreinté à Cannes, donc probablement voué à un four façon The Search. Déjà parce qu’il n’y a pas si longtemps, Atom Egoyan était un cinéaste vraiment pertinent, travaillant la déconstruction de l’espace et du temps non pas, comme ici, pour en faire un gimmick ou un paresseux effet de signature, mais pour créer une vraie mélancolie dans ses films. Ensuite parce qu’il n’y a pas grand-chose à raconter sur ce thriller neurasthénique qui ne parvient jamais à camoufler son goût de déjà-vu, où un père, huit ans après la disparition de sa fille, pense avoir la preuve qu’elle est toujours vivante. Vaguement inspiré par des faits divers traumatisants genre Natascha Kampusch, il est d’abord totalement plombé par des personnages au-delà du cliché (et un pédophile à moustache, un !) puis par l’esprit de sérieux d’un Egoyan qui ne peut pas aborder un sujet sans en faire une thèse (les nouvelles images, l’enfance maltraitée, tout ça…) oubliant l’élémentaire nécessité de ne pas sombrer dans les lieux communs du genre. Quant aux

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Mission trance

MUSIQUES | Devenu en l’espace d’une petite dizaine d’années l’un des événements incontournable de l’été isérois (et plus largement des amateurs de trance psychédélique à (...)

Damien Grimbert | Mardi 15 juillet 2014

Mission trance

Devenu en l’espace d’une petite dizaine d’années l’un des événements incontournable de l’été isérois (et plus largement des amateurs de trance psychédélique à travers le monde), le Hadra Trance Festival fête cette année, du 21 au 24 août, sa dernière édition dans le cadre enchanteur du parc naturel de Lans-en-Vercors, la nouvelle municipalité n’ayant pas souhaité ré-accueillir le festival l’an prochain. On rappelle le principe pour les nouveaux venus : quatre jours et trois nuits de musique non-stop, une scène principale dédiée à la psytrance, une scène alternative ouverte aux musiques du monde, à l’ambient, au dub et à la bass music, et, pour la première fois cette année, une troisième scène chill-out pour recharger les batteries au calme. Sans oublier un village temporaire réunissant divers stands, des conférences, ateliers et autres cours de yoga, et enfin une luxuriante et impressionnante scénographie qui orne l’ensemble du festival et vaut (presque) le détour à elle toute seule. Dernière particularité pour terminer, la programmation elle-même, entièrement composée, à quelques exceptions près, d’artistes émergents et/ou peu connus du grand public. Vous voilà à jour !

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Vue imprenable

MUSIQUES | Ça peut paraître absurde à première vue, et c’est pour ça qu’on le précise : il est tout à fait possible de passer un excellent moment au Hadra Trance Festival (...)

Damien Grimbert | Mardi 1 juillet 2014

Vue imprenable

Ça peut paraître absurde à première vue, et c’est pour ça qu’on le précise : il est tout à fait possible de passer un excellent moment au Hadra Trance Festival sans avoir d’affection particulière pour la trance psychédélique. Si le festival s’est imposé en l’espace de sept éditions comme l’un des plus gros rassemblements français – voire européens – dédiés au genre, il dispose en effet de plusieurs autres atouts. Un cadre magnifique en plein cœur du Parc Naturel du Vercors, une organisation à la fois très pro et très cool qui permet d’éviter la désagréable sensation d’être bringuebalé d’un espace à un autre comme un troupeau de moutons, une scénographie et une décoration hors du commun, des festivaliers détendus et souriants venus des quatre coins du monde… Sans oublier les innombrables à-côtés qui font tout le charme du festival : une scène alternative dédiée aux sonorités ambient, world, bass music et dub, un chill-out (inauguré cette année) permettant de se détendre et de se ressourcer, un village accueillant conférences, ateliers et cours de yoga… et un pays différent mis à l’honneur chaque année. Après l’Afrique du Sud l’an passé, c’est ainsi le Viet

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Du côté des festivals

MUSIQUES | Les gros festivals musicaux de la région ont dévoilé leur prog, parfois au compte-gouttes pour faire le max de bruit possible. On fait le point afin d’y voir plus clair et cocher les bons jours sur le calendrier.

Aurélien Martinez | Jeudi 22 mai 2014

Du côté des festivals

Le Cabaret frappé Du 21 au 26 juillet, à Grenoble Frànçois and The Atlas Mountains, l’un des meilleurs groupes de pop made in France, mais aussi le vétéran Tricky (ancien membre fondateur, et démissionnaire, de Massive Attack), le masqué Cascadeur, le Français Fakear et son électro, ou encore le mariage attendu entre Moriarty et Christine Salem : une poignée de noms nous donne bien envie. À noter que les dates de chaque concert seront précisées plus tard.   Les Rencontres Brel

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X-Men : Days of future past

ECRANS | Pour son retour à la mythologie X-Men, Bryan Singer signe un blockbuster stimulant visuellement, intellectuellement et politiquement, où il se plaît à courber l’espace et le temps, dans sa narration comme dans la chair de ses plans. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 20 mai 2014

X-Men : Days of future past

Un futur dévasté, peuplé de camps et de charniers, où humains et mutants sont ensemble victimes de robots (les « sentinelles ») capables d’imiter les éléments et les métaux ; et l’Amérique des années 60, encore traumatisée par la mort de Kennedy et en pleine crise du Vietnam, où Nixon développe sa politique réactionnaire et où les mutants commencent à se structurer en mouvement révolutionnaire. Le défi de ce X-Men : Days of future past consiste à replier le futur sur le passé en une seule temporalité fictionnelle, enjambant le présent qui avait été celui de la première trilogie et dont Bryan Singer avait su tirer de stupéfiants blockbusters engagés et personnels, bourrés de sous-textes et développant ses personnages comme autant d’icônes de la culture populaire. Ce nouveau volet, qui marque son retour aux manettes mais aussi en grande forme après les déconvenues Superman et Jack le chasseur de géants, en ajoute une poignée dès son ouverture, impressionnante. Au milieu d’un décor en ruine, une mutante aide ses camarades à combattre les sentinelles en creusant des brèches spatio-temporelles qui forment autant de trouées visuelles à l’int

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« On est plus optimistes que confiants »

ACTUS | Mi-octobre, l’association Hadra, spécialisée en trance psychédélique, lançait un appel aux dons pour combler un « déficit de l'ordre de 150 000 € ». On fait le point à l’occasion de la soirée de soutien organisée à l’Ampérage. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 28 octobre 2013

« On est plus optimistes que confiants »

Quand une structure lance un appel aux dons, c’est que les choses vont mal. Pour l’association grenobloise Hadra, le mal est avant tout financier. Benoit Allirol, directeur d’Hadra : « Un appel de la sorte, ce n’est pas une démarche anodine. Mais on se disait qu’on ne passerait sans doute pas la barre du 31 décembre. Et imaginer Hadra disparaître après douze années d’existence, sept éditions du festival, ce n’était pas possible. On ne peut pas laisser un public et des artistes [via le label – ndlr] sur le carreau... » Le déficit pour cette année se monte à quelque 150 000 € (sur 1 021 500 € de charges), du fait notamment d’une édition 2013 du festival qui n’a pas tenu ses promesses niveau remplissage. Une situation qui n’est pas propre à Hadra, comme l’ont constaté de nombreux programmateurs – dont ceux de Rocktambule, qui ont carrément dû

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L'association Hadra lance un appel aux dons

ACTUS | "L’avenir du festival est en péril et avec lui l'association Hadra dans son ensemble, ses activités et ses emplois... L'urgence et le sérieux de la situation nécessitent que nous fassions appel au plus grand nombre."

Aurélien Martinez | Jeudi 10 octobre 2013

L'association Hadra lance un appel aux dons

Nous avons souvent évoqué dans nos colonnes le festival Hadra, et plus généralement l'association qui le porte (comme ici dans une interview en 2012). Aujourd'hui, Hadra lance un appel aux dons pour sa survie – un déficit de 150 000 euros est évoqué. « Dès la fin du festival [en août 2013], nous avons entamé des rencontres auprès de nos partenaires publics, collectivités locales et territoriales, qui sont très attentifs à la pérennisation du projet associatif d'Hadra. Mais qui pour autant, à l'image du Conseil Général de l'Isère, ne peuvent pas encore s'avancer sur un soutien concret, un positionnement pourtant essentiel pour envisager l'issue possible de cette crise ! » Lire l'appel aux dons ici. Après l'annulation de la prochaine édition de

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Style et artistes

MUSIQUES | Zoom sur le Festival Hadra

Régis Le Ruyet | Vendredi 29 juin 2012

Style et artistes

La psy trance est un mouvement musical en forme de quête tribale qui démarre à Goa, après la rencontre de hippies avec les musiques électroniques issus de l’acid house. Un mélange de boucles acid et de nappes synthétiques qui connaît son heure de gloire auprès des ravers dans les années 90, pour peu à peu disparaitre des ondes au début des années 2000, supplanté par des courants musicaux plus radicaux. En tête d’affiche de cette édition 2012 du festival, les Balkan Beat Box et leurs influences ethno mondiales entendues au Magasin il y a deux mois. Partageant ce style gypsie électro ; Rona Hartner (l’héroïne du film Gadjo Dilo) et Dj Tagada promettent d’ensorceler la fête d’accents balkan beats. Pas forcément parlant pour tout le monde, Cosmosis est pourtant l’un des vétérans des musiques psy trance de Goa, membre des groupes Total Eclipse et Hallucinogen. Ses sets à la guitare électrique délivrent des énergies rock aux sonorités old school. De circonstance, l’écurie Hadra est présente au grand complet sur le festival, dont les filles de Secret vibes naviguant aux confins des horizons ethniques sur des rythmiques électroniques. Représentant le courant progressif dark, Va

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Les montagnes du bonheur

MUSIQUES | Dans un décor très coloré à vous faire décoller les rétines, du 30 août au 2 septembre, de jour comme de nuit, une centaine d’artistes psy trance, dub step et assimilés se suivront sur les deux scènes à flanc de montagne du festival Hadra, à Lans-en-Vercors. Émilie, chargée de communication d’Hadra, nous en dit plus sur ce dancefloor psychédélique en plein air. Propos recueillis par Régis Le Ruyet

Régis Le Ruyet | Vendredi 29 juin 2012

Les montagnes du bonheur

Comment est née l’association Hadra ?Émilie Angénieux : Hadra emprunte son nom à un rituel de danse mystique et symbolique de la communauté marocaine Aïssawa d’où est originaire Driss, l’un des quatre membres fondateurs et mentor de notre association. Au départ, ce sont trois amis qui, après avoir assistés à un festival psytrance en Zambie, ont voulu rejouer cette musique à Grenoble. Pour faciliter l’organisation de leurs soirées, ils ont donc monté Hadra, un mouvement associatif qui, d’année en année, a pris de l’essor. Ainsi, nous fêterons en même temps que la sixième édition du festival le onzième anniversaire de nos activités. Quelles sont-elles ?En dehors de la vitrine du festival, nous avons fondé en 2004 un label pour produire les artistes Hadra, à ce titre la compilation Resistrance de Driss marque notre trentième sortie d’albums. Sur un autre plan, nous organisons des ateliers Trancemission pour initier des jeunes du département aux pratiques du djing, vjing, et à la musique assistée par ordinateur. Enfin, nous sommes également très présents sur le département et la région à travers l’événementiel. I

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A dangerous method

ECRANS | La rivalité entre Freud et son disciple Carl Gustav Jung, un sujet complexe mais idéal pour David Cronenberg, qu’il rend passionnant pendant 45 minutes, avant de laisser la main à son scénariste, l’académique Christopher Hampton. Christophe Chabert

François Cau | Vendredi 16 décembre 2011

A dangerous method

Au détour d’une séquence de séduction entre Sabina Spielrein (Keira Knightley, qui donne beaucoup d’elle-même à ce personnage de femme hystérique découvrant la nature sexuelle de son mal) et Carl Gustav Jung (Michael Fassbender, loin de l’animalité de Shame, comme cherchant à déchirer le corset moral qui l’enserre), celle-ci lui dit : «Dans chaque homme, il y a une part féminine». L’admirateur de David Cronenberg saisit instantanément ce qui renvoie à l’œuvre du cinéaste canadien : la sexualité comme révélateur de la confusion des genres. A dangerous method raconte le conflit entre Freud, qui pense que tout est explicable par la nature libidinale des êtres, et Jung, qui croit que certains phénomènes proviennent d’un inconscient collectif. Mais il dit aussi qu’il y a une part d’inexplicable dans le désir et que la chair prend toujours le dessus sur le cerveau. Malaise dans la civilisation Comment raconter cette rivalité intellectuelle sans s’empêtrer dans des couches de dialogues explicatifs ? Cronenberg trouve de belles parades à cet écueil : par la mise en scène, comme lors de ce passage remarquable où le dispositif d’analyse inventé par Jung se transforme en

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Le Moine

ECRANS | De Dominik Moll (Fr-Esp, 1h40) avec Vincent Cassel, Déborah François, Sergi Lopez…

François Cau | Mardi 12 juillet 2011

Le Moine

Adapter le livre culte de Matthew Lewis, resté fameux pour son approche fantastique et feuilletonesque de la religion catholique, était un défi que Dominik Moll a pris visiblement à contresens. Plutôt que de s’engouffrer dans les outrances offertes par cette histoire baroque et iconoclaste (un moine rigoriste succombe à la tentation en se faisant abuser par une diablesse masquée, avant de commettre des crimes pour dissimuler son péché), il prend tout extrêmement au sérieux et déballe un bric-à-brac visuel qui manque et de souffle, et de rythme. Aucun vertige, aucun trouble, aucune fascination et surtout aucun plaisir à la vision de ce film tétanisé d’un bout à l’autre, à l’image d’un Vincent Cassel bridé par son jeu, à qui on conseillera d’aller voir la prestation de Banderas dans La Piel que habito pour voir qu’on peut s’amuser tout en composant un personnage glacé et ambivalent. Christophe Chabert Sortie le 13 juillet

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« On est un peu une agence de voyage »

MUSIQUES | A l’occasion de la 5e édition du Hadra Trance Festival, du 7 au 10 juillet prochain à Lans-en-Vercors, rencontre avec Annabelle et Driss, présidente et trésorier de l’association. Propos recueillis par Damien Grimbert

François Cau | Mercredi 25 mai 2011

« On est un peu une agence de voyage »

Le Petit Bulletin:Comment a évolué le festival, depuis sa création en 2005 ?Annabelle et Driss : Au niveau de la fréquentation, on est passé de 1400 personnes en 2005, à 2200 en en 2006, 3950 en 2008, et 6100 l’an passé. Et cette année, on aimerait arriver aux alentours de 8000 personnes, c’est de toute façon le chiffre nécessaire pour équilibrer le budget… On a aussi rajouté une journée supplémentaire pour pouvoir installer un peu le festival sur la durée, créer plus d’échanges, de rencontres, de liens entre les gens... et également devenir plus accessible au public étranger. Et depuis l'an passé, la scène qui autrefois s’appelait le chill-out est devenue une véritable scène alternative, avec plus d'ouverture musicale que la scène principale, surtout axée sur les différents styles de psytrance. Il y aura de l'ambient, du downtempo, mais aussi du dub, du dubstep, de la fusion électro/musiques du monde, des musiques traditionnelles... On propose aussi des performances, des stands de massages, de bien-être, d'artisanat, de produits locaux. Et enfin une partie plus sociale, avec des conférences, des projections de film

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127 heures

ECRANS | de Danny Boyle (ÉU-Ang, 1h35) avec James Franco…

François Cau | Mercredi 16 février 2011

127 heures

Privé du souffle romanesque et euphorique qui faisait oublier les tics cinématographiques de Slumdog Millionnaire, Danny Boyle se plante en beauté avec 127 heures. L’histoire vraie d’Aron Ralston, amateur de sports extrêmes coincé pendant cinq jours dans une crevasse, la main bloquée par un lourd rocher, devient à l’écran une centrifugeuse à images dont le but ultime est de ne pas assumer qu’il ne se passe rien à l’écran — et pas beaucoup plus dans la tête de son personnage. Comme si Sofia Coppola avait fait de Somewhere un reportage de 50 minutes inside ! Boyle filme tout, dans toutes les positions, avec toutes les caméras disponibles, sauf… le calvaire de son héros et la performance de son acteur, ce qui pourtant constituait l’intérêt majeur du projet. À la place, on a droit à des plans récurrents sur des montres ou à l’intérieur d’une gourde, des travellings aériens traversant des centaines de kilomètres, des flashbacks sur des partouzes dans lesquelles on ne voit pas un seul sein (du puritanisme pur, car quand il s’agit de montrer Aron se sectionnant le bras, Boyle se délecte d’images gore !), et des séquences d’hallucinations pour, au propre comme au figuré, noyer le poisso

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"Black swan" : Darren Aronofsky et Natalie Portman mènent la danse

ECRANS | Une jeune danseuse introvertie cherche à se dépasser pour incarner le double rôle d’une nouvelle version du "Lac des cygnes". Sans jamais sortir d’un strict réalisme, Darren Aronofsky fait surgir le fantastique et le trouble sexuel dans un film impressionnant, prenant et intelligent.

Christophe Chabert | Jeudi 3 février 2011

Éternel espoir d’une prestigieuse troupe de ballet new-yorkaise, Nina est à deux pas d’obtenir le sésame qui fera décoller sa carrière : le premier rôle d’une nouvelle création du Lac des Cygnes montée par un énigmatique et ambigu chorégraphe français, Thomas. Elle réussit haut la main les auditions dans la peau du cygne blanc, mais sa puérilité et son manque d’érotisme laissent planer un doute sur sa capacité à incarner son envers démoniaque, le cygne noir. D’autant plus qu’une jeune recrue, Lily, paraît bien plus à l’aise qu’elle, libre dans son corps et assumant une sexualité agressive qui nourrit sa prestation. Nina est un personnage polanskien, cousin de celui de Deneuve dans Répulsion, mais accomplissant un trajet inversé : plutôt que de choisir la claustration conduisant à une folie homicide et autodestructrice face à la "menace" du désir, Nina doit au contraire sortir d’elle-même et de l’appartement dans lequel elle vit avec une mère surprotectrice, danseuse ratée reportant sur sa progéniture ses ambitions avortées — là, on est plutôt du côté du Carrie de De Palma. Elle subira cette révélation du sexe comme une transformation monstrue

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