Transgenre(s)

Christophe Chabert | Lundi 9 septembre 2013

Photo : "Rocky horror picture show" de Jim Sharman


Le festival gay et lesbien Vues d'en face fait coup double ce vendredi 13 septembre. Pendant que beaucoup ne penseront qu'à valider leur ticket d'euro-millions, les organisateurs se souviendront du navet signé Sean Cunningham (Vendredi 13 quoi!) où des petites pépées se faisaient joyeusement décimer par un tueur masqué façon Brûleurs de loups – mais en fait, c'était sa mère ! Bref, ils proposeront à la Cinémathèque de Grenoble une nuit où le fantastique fêtera son mariage (pour tous) avec la cause gay à travers trois films, nuit qui servira de 13e édition au festival et leur permettra de se synchroniser avec le calendrier – la 14 édition aura ainsi lieu en 2014. Contrairement à tout bon sandwich, c'est le milieu qui manque de goût, puisque Zombies of mass destruction est une petite pochade bis qui surfe sur la mode zombie et ses dérivés comiques, de Shaun of the dead à Zombieland.

Les deux autres morceaux de la soirée sont nettement plus consistants. À commencer par le Rocky horror picture show, film culte parmi les films cultes, qui doit sa réputation à l'extraordinaire partouze des genres qu'il propose : un peu de mythologie fantastique Sean Cunningham Dracula, ici transformé en « sweet transvestite from Transylvania », ainsi qu'une version bodybuildée et peroxydée du monstre de Frankenstein –, pas mal de comédie musicale et une grosse dose de dérision qui a fait déborder le spectacle de l'écran à la salle aux cours de projections à l'interactivité débridée. Ce n'est pas pour rien si le film termine la soirée – il faudra sans doute passer un coup d'aspi dans la salle Juliet Berto après !

Pour la commencer, Vues d'en face a choisi le film le plus intimiste de Peter Jackson, Créatures célestes, loin de ses premiers délires gores transgressifs. La transgression est pourtant bien là, mais nettement plus feutrée, dans cette histoire d'amour passionnelle et criminelle entre deux adolescentes, que Jackson raconte avec des percées oniriques dans l'imaginaire de ses jeunes filles en fleur.

Christophe Chabert

Vues d'en face, 13e édition
Salle Juliet Berto, vendredi 13 septembre à 20h.


The Rocky Horror Picture Show

De Jim Sharman (ÉU, 1h40) avec Tim Curry, Susan Sarandon...

De Jim Sharman (ÉU, 1h40) avec Tim Curry, Susan Sarandon...

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Une nuit d'orage, la voiture de Janet et Brad, un couple coincé qui vient de se fiancer, tombe en panne. Obligés de se réfugier dans un mystérieux château, ils vont faire la rencontre de ses occupants pour le moins bizarres, qui se livrent à de bien étranges expériences.


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Vingt ans pour Vues d’en face

ECRANS | Festival / Sorti des radars au printemps, Vues d'en face est de retour dans quelques jours. Heureuse nouvelle !

Vincent Raymond | Mardi 8 septembre 2020

Vingt ans pour Vues d’en face

Qui s’apprête à souffler ses 20 bougies aujourd’hui est doublement embarrassé. D’une part parce que l’acte en lui-même d’éteindre par l’air expiré, si symbolique pourtant, est désormais proscrit pour des raisons prophylactiques ; de l’autre à cause d’une fameuse sentence de Paul Nizan certifiant de toute son aigreur (ou jalousie d’homme mûr ?) : « J'avais vingt ans et je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. » Vous parlez d’un accueil ! Considérons plutôt le verre bien rempli, car il n’est hélas pas donné à tout un chacun d’atteindre la double dizaine, et notamment aux festivals. Vues d’en face peut en témoigner : quand il ne s’agit pas d’une baisse (ou coupe) de subventions, c’est un coronavirus qui vient s’en mêler. Mais à 20 ans, il est aussi capable de rebondir pour transformer son édition printanière en rendez-vous automnal. Plus ramassée sur un week-end, la programmation ne perd rien de ses multiples identités LGBT+, ni de sa propension à voir du pays : le Portugais L'ange gardien, l’Étasunien Tell it to the bees, l’Italien

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Longues-vues au festival Vues d'en face

ECRANS | Zoom sur la nouvelle édition du festival international du film LGBT+ prévue du vendredi 15 au mardi 19 mars au Club.

Aurélien Martinez | Mardi 12 mars 2019

Longues-vues au festival Vues d'en face

Dix-neuvième édition déjà pour Vues d’en face, le « festival international du film LGBT+ » dont le cœur battant se déroule au Club, mais qui essaime également ici (des bibliothèques par exemple) et là (dans des lieux d’exposition) histoire de toucher un maximum de public. Et de lui donner à voir des propositions centrées sur les questions LGBT, encore trop secondaires dans le cinéma mainstream – au pif, combien de personnages homosexuels dans les films qui sortent chaque semaine en salle ? Alors si, au fil des ans, le festival a réduit la voilure (on est maintenant sur cinq jours de projection au Club) et crée de facto moins l’événement, il reste tout de même un temps fort de la vie culturelle locale, notamment parce qu’il donne à voir des longs-métrages étrangers souvent difficilement visibles. Comme celui qui fera l’ouverture au Club : Kanarie de Christiaan Olwagen, sur un jeune homme blanc en Afrique du sud qui va se découvrir… et surtout découvrir ce à quoi il participe implicitement. Ou encore celui qui, présenté en clôture, a reçu le Queer Lion lors d

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Un peu de Baston et beaucoup d’amour pour la soirée de clôture de Vues d'en face

Soirée | Avec une programmation pour le moins atypique et audacieuse à base notamment de Liza Monet et Supermusique.

Damien Grimbert | Lundi 12 mars 2018

Un peu de Baston et beaucoup d’amour pour la soirée de clôture de Vues d'en face

Pour fêter en beauté la clôture de sa 18e édition, l’équipe de Vues d'en face, festival du film LGBT de Grenoble, n’a pas fait dans la demi-mesure. Confiée aux bons soins de l’équipe parisienne Baston, la programmation joue la carte de l’outrance, du kitsch assumé et de la déconne décomplexée. Pour ce que ça vaut, on est pour notre part ravis de voir un line-up qui tranche aussi radicalement avec ce que l’on a l’habitude de voir sur Grenoble, et n’hésite pas à mélanger les genres les plus divers sans souci du qu’en-dira-t-on. En tête d’affiche, on retrouvera ainsi Liza Monet (photo), inoubliable interprète de Yaourt aux fruits et reine autoproclamée du trap/R’n’B option variété (on vous recommande au passage la vision de l’excellent documentaire Cagole Forever, dans lequel elle apparaît). Toujours en live, le non moins divisif duo Supermusique

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Vues d'en face, un festival pour « comprendre les manières différentes de voir la vie »

ECRANS | Si, cette année, le festival Vues d’en face a été avancé d’un mois (pour, selon l’équipe, éviter d’être en concurrence frontale avec trop de manifestations culturelles grenobloises), son esprit reste évidemment le même : à savoir défendre un cinéma peu vu sur les écrans et, surtout, centré sur les questions liées aux LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). On en parle avec sa présidente Émilie Gonnot.

Aurélien Martinez | Mardi 6 mars 2018

Vues d'en face, un festival pour « comprendre les manières différentes de voir la vie »

Certes, la dix-huitième édition de Vues d’en face, festival international du film LGBT de Grenoble, a débuté le 2 mars avec un "before" éparpillé dans la ville ; mais c’est bien à partir du vendredi 9 mars qu’il va s’installer au Club, son QG historique, et ce pour cinq jours. Avec toujours une ligne double : présenter des films dont les personnages sont issus de la communauté LGBT, et défendre des enjeux de société contemporains (les familles homoparentales, la procréation médicalement assistée, le changement de sexe, le féminisme…) via des documentaires et des fictions. « C’est ça mais pas que » selon Émilie Gonnot, présidente de Vues d’en face que l’on a interrogée. « Certes, l’historique du festival fait que l’on est sur ces questions, mais l’idée plus large qui nous guide est le vivre ensemble, le fait de comprendre les manières différentes de voir la vie. D’où peut-être un troisième axe, qui serait celui de la lutte contre les discriminations au sens large du terme. » Vues d’en face est une manifestation engagée ? « Oui, car on ne choisit pas for

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The Rocky Horror Électro Show

Ciné-spectacle | Jeudi 1er et vendredi 2 février, les Barbarins fourchus vont proposer un drôle de spectacle autour du film culte qu'est le "Rocky Horror Picture Show". Voilà qui donne très envie...

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« Un exutoire total » : voilà comment Jean Guillaud des Barbarins fourchus présente la nouvelle création de la compagnie grenobloise pensée avec « des musiciens, des comédiens, des circassiens ou encore une danseuse ». Tout ce beau monde étant réunis pour porter haut les couleurs du film musical culte The Rocky Horror Picture Show, « ode à la tolérance et la liberté sexuelle » sortie en 1975 et que quelques compagnies ont adoptée depuis pour en faire un véritable show interactif où des fans rejouent les répliques et musiques du film devant un public qui les connaît toutes par cœur. Mais avec les Barbarins, on ne sera pas dans « le simple copier-coller » comme cela peut se faire à New York ou Londres, mais face à « un ciné-spectacle, même si l’expression ne sonne pas très bien ». « Le film est là tout le long en personnage principal, mais on intervient beaucoup dessus. Donc pour des puristes du film, ou ceux qui sont fans des shows qui existent depuis les années 1980, ça risque d’être déconcertant ! On propose plutôt une sorte de film parallèle qui, par moments, s’emboite parfaitement avec l’original, e

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"Transit Havana" : corps de rêve

ECRANS | Vues d'en face, le festival du film gay et lesbien de Grenoble, propose mardi 19 décembre, dans le cadre de ses séances mensuelles au Club, l'avant-première d'un documentaire sur la communauté transexuelle cubaine.

Aurélien Martinez | Mardi 12 décembre 2017

C’est l’histoire d’Odette, Juani ou encore Malú. Des transexuel.le.s qui, à Cuba, attendent de vivre (et surtout s’épanouir) dans le corps qui leur correspond. Sauf que, pour utiliser des termes bassement matériels, la demande est plus importante que l’offre : chaque année, des chirurgiens européens débarquent sur l’île pour mener seulement cinq opérations. Celles et ceux qui n’ont pas été retenus n’auront qu’à patienter douze mois de plus… Dans Transit Havana, le documentariste néerlandais Daniel Abma suit ces protagonistes touchants dans leur combat parfois titanesque contre l’administration mais aussi contre leur entourage et contre une partie de la société. Il les filme avec retenue (même s’il les questionne parfois frontalement) et arrive du coup à capter quelques moments de vérité forts. Un film au plus près de ces hommes et ces femmes, mais également au plus près d’une société cubaine en plein changement depuis la fin de l'embargo américain… Inédit en France, ce documentaire sera présenté en séance unique au Club grâce à Vues d'en face, le festival du film gay et lesbien de Grenoble qui a lieu

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Vues d'en face : regardez-nous, encore et encore

Festival | Zoom sur la nouvelle édition (un brin réduite par rapport aux précédentes) du festival international du film gay et lesbien de Grenoble prévue principalement au cinéma Le Club. Une manifestation on ne peut plus nécessaire.

Julien Homère | Lundi 3 avril 2017

Vues d'en face : regardez-nous, encore et encore

Le printemps arrive, l’heure d’hiver passe et Vues d’en face revient. Du haut de ses 17 ans, en dépit d'une baisse drastique des subventions départementales et régionales qui l'a contraint à réduire la voilure, le Festival international du film gay et lesbien de Grenoble fait tout pour devenir majeur. Et prouve une nouvelle fois sa nécessité à ceux qui en douteraient. Cruelle époque, cruels films… Dans une société qui cloisonne et compartimente les sexualités, les œuvres sélectionnées montrent ainsi la place difficile de l’homosexualité dans la maladie (le court-métrage P*to F*ggot), la famille (le drame Plus jamais seul, en ouverture), l’exode (le très alambiqué Fronteras) ou le monde adolescent (Heartstone, film islandais éveillant la curiosité… mais il faudra attendre la clôture pour le découvrir). Kiki, documentaire de Sara Jordenö s

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