Sils Maria

ECRANS | D’Olivier Assayas (Fr, 2h03) avec Juliette Binoche, Kristen Stewart…

Christophe Chabert | Mardi 19 août 2014

La prétention qui suinte de la première à la dernière image de Sils Maria ne surprendra pas ceux qui, comme nous, ont pris en grippe le cinéma d'Olivier Assayas. Il y raconte, sans le moindre scrupule de crédibilité, comment une star entre deux âges (Juliette Binoche, qui pose tout du long en alter ego de Juliette Binoche) décide de reprendre la pièce qui l'a rendue célèbre et dont l'auteur s'est éteint, comme par hasard, au moment où elle allait lui rendre hommage en Suisse. Elle laisse le rôle de la jeune première à une nymphette hollywoodienne (Chloë Grace Moretz) et endosse celui de la femme mûre, ce qui déclenche chez elle un psychodrame dont le souffre-douleur sera son assistante (Kristen Stewart, la seule à surnager en adoptant un très respectable profil bas au milieu du désastre).

« Tu l'as vu, mon Persona ? » (film de Bergman) nous susurre Assayas tout du long avec une finesse éléphantesque, des coquetteries stylistiques de grand auteur (le faux film muet, la musique classique) et une manière très désagréable de désigner ce qui est de l'art et ce qui n'en est pas. Les blockbusters de super-héros ? Des merdes à regarder avec des lunettes 3D ridicules… Internet ? Un aspirateur à scandales pour faire mousser des célébrités à l'ego enflé… L'Amérique ? Un mirage fascinant qui masque une profonde inculture… Le problème, c'est qu'Assayas pipe les dés de sa démonstration en réalisant des pastiches grotesques plutôt qu'en s'appuyant sur des exemples réels – seul Sydney Pollack aura droit à une assez basse attaque ad hominem. Sils Maria semble contaminé par cette logique du faux mal fichu, ressemblant à un premier jet ni réfléchi, ni dégrossi, un cinéma de roi fainéant à l'arrogance même pas dissimulée, qui se termine sur une scène de théâtre contemporain pour un ultime et piteux cliché de mise en scène…

Christophe Chabert

Sortie le 20 août


Sils Maria

De Olivier Assayas (2h3) avec Juliette Binoche, Kristen Stewart, Chloë Grace Moretz

De Olivier Assayas (2h3) avec Juliette Binoche, Kristen Stewart, Chloë Grace Moretz

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À dix-huit ans, Maria Enders a connu le succès au théâtre en incarnant Sigrid, jeune fille ambitieuse et au charme trouble qui conduit au suicide une femme plus mûre, Helena. Vingt ans plus tard on lui propose de reprendre cette pièce, mais cette fois de l'autre côté du miroir, dans le rôle d'Helena...


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Juliette Binoche : « Il y a une rebelle chez moi »

Interview | Alors que sa sortie a été courageusement maintenue sur les écrans malgré l’ombre du Covid-19, et que des affiches ont été indûment taguées en marge des cortèges du 8-mars, Martin Provost et Juliette Binoche reviennent sur la genèse de ce film qui, bien qu’il use du second degré, n’en est pas moins féministe.

Vincent Raymond | Jeudi 12 mars 2020

Juliette Binoche : « Il y a une rebelle chez moi »

Juliette, êtes-vous une "bonne épouse" ? Juliette Binoche : Je suis parfaite : je fais la cuisine, je repasse, je couds (rires). Martin Provost : J’en sais quelque chose : sur le plateau, c’était un régal… JB : Sinon il ne m’aurait pas castée ! (rires) Heureusement que c’est un film… Vous connaissiez le cinéma de Martin ? JB : Oui ! Il a une façon d’aimer les personnages qu’il filme et d’avoir un sens du féminin. Et d’aborder les thèmes que je trouve importants comme l’artiste et la création : dans Séraphine, je trouve ça passionnant. Martin est quelqu’un qui aime la vie. On rit et on s’entend souvent sur les mêmes choses. Notre rencontres était évidente, je dirais. Martin, comment êtes-vos tombé sur l’existence de ces "écoles ménagères" ? MP : Par une ami

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"La Bonne Épouse" : l’école des femmes

ECRANS | Un long-métrage féministe qui laisse une petite place à une histoire d'amour : porté par une jolie distribution, le nouveau film de Martin Provost est plutôt réussi. Grâce notamment à un second degré réjouissant.

Vincent Raymond | Mardi 10 mars 2020

La brutale disparition de son époux oblige Paulette Van Der Beck à prendre les commandes de l’école ménagère familiale en déclin qu’il était censé diriger. Mais en cette veille de Mai-68, les jeunes élèves ne tiennent plus à devenir des fées du logis soumises en tout point à leur mari… Sortant avec une certaine malice quelques jours après que l’on a célébré la Journée internationale des droits des femmes, La Bonne Épouse rappelle avec un second degré évident les vertus et commandements jadis prodigués aux jeunes filles ; le hiatus entre les us de l’époque patriarcale serinés par une institution vitrifiée dans la tradition et l’éclosion d’une nouvelle société n’en paraît que plus comique ! Dans cette ambiance provinciale patinée façon Choristes, Martin Provost bénéficie de surcroît d’un trio féminin de choc : Juliette Binoche (apprêtée et maniérée comme Micheline Presle dans Les Saintes Chéries) en directrice prenant la vague de l’émancipation féminine, Yolande Moreau en vieille fille éberluée par ces c

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"La Vérité" : tout sur sa mère

ECRANS | De Hirokazu Kore-eda (Fr.-Jap., 1h47) avec Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Ethan Hawke, Margot Clavel…

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Star de cinéma, Fabienne vient de publier ses mémoires titrés La Vérité et va entamer un nouveau tournage. Sa scénariste de fille, Lumir, son époux et leur petite Charlotte, débarquent alors de New York. Leur séjour permettra de régler de vieilles querelles, mais aussi panser des plaies… « On ne peut se fier à sa mémoire ». Aux allures de mantra, cette réplique est un peu la clef de La Vérité : on l’entend sortir de la bouche de Lumir (reprochant les arrangements de sa mère avec la vérité dans son livre), mais aussi de celle de la fantasque Fabienne, faisant remarquer en retour à sa fille que le point de vue d’une enfant est trompeur. Si l’actrice revendique dans sa vie comme son art le "mentir vrai" d’Aragon, en assumant également une incorrigible mauvaise foi et ses caprices, elle sait, par le bénéfice de l’âge, que toute vérité est relative, subjective. Que la perfection qu’elle suppose, forcément impossible à atteindre. Et que l’écrit est un pis-aller au jeu, donc à la vie. Acteurs 1, scénaristes 0 ? Difficile de savoir qui aura le dernier mot ! Kore-eda accomplit ici une œuvre d’une v

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"Greta" : l'affaire est dans le sac

ECRANS | de Neil Jordan (ÉU-Irl, 1h38) avec Isabelle Huppert, Chloë Grace Moretz, Maika Monroe…

Vincent Raymond | Lundi 10 juin 2019

Serveuse à New York, Frances trouve un soir dans le métro un élégant sac à main. Il appartient à Greta, une excentrique vieille Française qui conquiert vite la jeune fille. Frances découvre alors combien Greta peut se montrer intrusive et inquiétante. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ? Depuis combien de temps n'avait-il pas été plaisant de voir Isabelle Huppert à l'écran ; c'est-à-dire appelée pour autre chose qu'un rôle lui donnant le prétexte d'être soit une victime à la passivité suspecte (pour ne pas dire consentante), soit une épave bourgeoise – les deux n'étant pas incompatibles ? Le réalisateur irlandais Neil Jordan a eu le nez creux en pensant à elle : d'ordinaire agaçantes, les minauderies de son jeu se révèlent ici franchement inquiétantes et servent à asseoir la dualité de son personnage de prédatrice : sous des dehors lisses et respectables, sans âge, Greta tient du vampire, auquel il ne faut jamais ouvrir sa porte si l'on veut s'en prémunir, mais qui ne vous lâchera pas si vous l'invitez chez vous. Jordan s'y connaît sur le sujet. Le terme a beau paraître galvaudé, on peut parler en l'occurrence de suspense hitch

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"Celle que vous croyez" : le cœur a ses réseaux (sociaux)…

ECRANS | Sous une identité d’emprunt, une quinquagénaire délaissée noue, grâce à Internet, une liaison avec un vingtenaire, retardant sans cesse le moment de la rencontre. Une trouble romance à distance magnifiquement interprétée par Juliette Binoche et François Civil.

Vincent Raymond | Lundi 25 février 2019

Son jeune amant l’ayant quittée sans élégance, Claire tente de se rapprocher de lui en se liant sur Facebook avec Alex, son colocataire. Entre Alex et Clara, l’alias de 24 ans que la quinquagénaire s’est créée, va naître une relation érotique d’autant plus trouble qu’elle reste virtuelle et aveugle… Adapté d’un roman de Camille Laurens, Celle que vous croyez n’est justement pas ce que l’on pourrait croire – à savoir un thriller érotique, ni une fable sur la digitalisation des relations humaines. Portant sur la solitude et la peur de l’abandon, ce film se révèle également un exercice de style autour du récit, dans ses différents niveaux d’imbrication (avec, peut-être, un rebondissement final en trop) et l’incertitude de son authenticité : en effet, l’histoire est recomposée à partir du discours partiel de Claire à sa psy (aux omissions et travestissements de la vérité près) et se trouve amendée par un roman offrant une version alternative de la réalité. Tout est paroles, faux-semblants, mensonges et fantasmes dans ce qui résonne comme la version contemporaine d’un échange épistolaire libertin, d’une romance à la sensualité moins charnelle que v

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François Civil : « Avec Juliette Binoche, j’ai pris une leçon absolue ! »

ECRANS | Déjà impressionnant dans "Le Chant du loup" en salle depuis la semaine dernière, François Civil poursuit sa démonstration en jouant la victime d’une séduction aveugle ourdie par Juliette Binoche dans "Celle que vous croyez" de Safy Nebbou. Entretien décontracté.

Vincent Raymond | Mardi 26 février 2019

François Civil : « Avec Juliette Binoche, j’ai pris une leçon absolue ! »

Vous étiez "Oreille d’or" dans Le Chant du loup. Ici, votre personnage joue plutôt de sa voix et de ses yeux, puisqu’il est photographe… François Civil : (rires) Je ne m’en étais pas rendu compte ! Le début de ma carrière est un parcours des sens : dans Mon Inconnue qui sort bientôt [le 3 avril], ce sera le toucher, puisque je serai écrivain. Peut-être être que je serai nez dans le prochain ? Vous l’étiez déjà un peu dans Ce qui nous lie de Klapisch... Ah voilà : c’était le nez et le goût. Bon, ben ma carrière est bientôt finie (rires) ! Cela ne vous a pas freiné de n’avoir ici qu’une petite p

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"Doubles vies" : Olivier Assayas sous les couvertures...

ECRANS | de Olivier Assayas (Fr, 1h48) avec Guillaume Canet, Juliette Binoche, Vincent Macaigne…

Vincent Raymond | Lundi 14 janvier 2019

Dirigeant avec pugnacité et passion une maison d’édition, Alain (Guillaume Canet) s’interroge : sur ses publications – il vient de refuser l’énième opus de son ami nombriliste Léonard (Vincent Macaigne) –, sur l’évolution de son métier à l’heure du numérique, sur le couple qu’il forme avec Séléna (Juliette Binoche), une comédienne de série… Bonne nouvelle : après l’éprouvant Personal Shopper, Olivier Assayas a tourné la page pour évoquer en français deux sujets on ne peut plus hexagonaux : les chassés-croisés amoureux et le milieu du livre – deux passions tricolores qui se croiseront prochainement à nouveau dans Le Mystère Henri Pick de Rémi Bezançon prévu pour le 6 mars. L’approche est habile, car on ne sait en définitive s’il s’agit d’une réflexion profonde sur les mutations des industries culturelles (s’apprêtant, après avoir glissé du monde des lettres à celui des chiffres, à basculer dans celui, binaire, de la digitalisation) pas

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"Voyage à Yoshino" : graine de mystère

ECRANS | de Naomi Kawase (Jap.-Fr., 1h49) avec Juliette Binoche, Masatoshi Nagase, Takanori Iwata…

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

Vingt ans après une mystérieuse épreuve intime, Jeanne est de retour dans la forêt de Yoshino en quête d’une plante médicinale très rare aux vertus universelles. Hébergée par Tomo, un forestier taciturne, elle apprend à lire les signes annoncés par une vieille aveugle un peu mage… La cinéaste Naomi Kawase aime le vent, les forêts, la nature, les cérémonials prandiaux, les mourants et les morts. Un joyeux programme qu’elle recombine à l’envi et avec une frénésie enviable, et des succès inégaux. Ce Voyage… fait penser à Un beau soleil intérieur de Claire Denis ou à Sils Maria d’Olivier Assayas : des prétextes à filmer Juliette Binoche – qui le mérite et parvient à elle seule, par la grâce de sa personne, à justifier ou à porter un film à l’intrigue ténue. Cette quête semi-és

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"High Life" : Claire Denis de la Terre à l’hallu

ECRANS | de Claire Denis (Fr-All-GB-Pol, 1h51) avec Robert Pattinson, Juliette Binoche, André Benjamin…

Vincent Raymond | Mardi 6 novembre 2018

Loin du système solaire, un module spatial. À son bord, un équipage de relégués cornaqués par une infirmière déglinguée a embarqué pour une mission suicide : l’exploration d’un trou noir et de ses potentialités énergétiques. Mais le pire péril réside-t-il à l’extérieur ou à l’intérieur ? Que Claire Denis s’essaie à la science-fiction galactique n’a rien de stupéfiant en soi : elle s’était déjà confrontée au fantastico-cannibale dans Trouble Every Day (2001). En vérité, ce n’est pas le genre qui modèle son approche, mais bien la cinéaste qui, par son style et son écriture, modèle le cinéma de genre. High Life tient donc du conte métaphysique et du roman d’apprentissage : il zone davantage dans les environs ténébreux de 2001 et de Solaris qu’aux confins opératiques de Star-Wars-Trek. Claire Denis semble de surcroît s’ingénier à vider son film de sa puissance épique : sa déconstruction de la chronologie du récit, réduit à des lambeaux juxtaposés, absorbe, à l’instar du trou noir, toute velléité de spectaculaire cosmique. Seuls les accords languides de Stuart Staples d

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"Come as you are" : la mauvaise éducation

ECRANS | de Desiree Akhavan (ÉU, 1h31) avec Chloë Grace Moretz, Sasha Lane, John Gallagher Jr.…

Vincent Raymond | Mercredi 4 juillet 2018

1993. Surprise en plein ébat avec une camarade, la jeune Cameron est envoyée par sa tante dans un camp religieux de "réhabilitation" pour les adolescents "déviants" placé sous la férule des frère-sœur Marsh. Au sein du groupe, Cameron tente de préserver son intime personnalité… Ah, cette vieille obsession puritano-normative de guérir l’homosexualité par la réclusion et la prière... Dans l’idée (et l’efficacité), cela rejoint l’antique sacrifice des vierges pour s’assurer de bonnes récoltes ; le fait de croire que l’on peut infléchir des événements sur lesquels l’on n’a aucune prise en sadisant ses semblables au nom de l’intérêt général. La prétendue maison de rééducation religieuse des Marsh est à la fois un lieu de retrait du monde pour des familles honteuses de l’orientation de leur enfant ("cachons ce gay que nous ne saurions voir") et un centre de torture psychologique. Paradoxalement, le confinement des ados et les chambrées non mixtes tendent à annuler le lavage de cerveau hétéro opéré pendant la journée. La réalisatrice irano-américaine Desiree Akhavan épouse avec beaucoup de justesse et de sensibilité ce sujet. Elle montre comment Cam

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"Un beau soleil intérieur" : rayonnante Juliette Binoche pour éteinte Claire Denis

ECRANS | de Claire Denis (Fr., 1h34) avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine…

Vincent Raymond | Mardi 26 septembre 2017

Isabelle, parisienne à la quarantaine flamboyante, traverse une mauvaise passe sentimentalement parlant. Les hommes ne manquent pourtant pas dans sa vie : un amant balourd, son ex mesquin, un jeune comédien qui boit trop, un voisin fantasque. Mais aucun ne ranime sa petite flamme… Tout musicien qui se respecte éprouve, en présence d’un stradivarius, la nécessité de le faire vibrer entre ses doigts. Juliette Binoche est de ce bois dont les instruments d’exception sont faits : une source d’inspiration, de vie et de naturel à même de sauver bien des scripts défaillants ; un sauf-conduit pour film sans centre de gravité. Un beau soleil intérieur ne tient que sur (et grâce à) elle : Claire Denis se contente de la filmer dans tous ses états (une aubaine), chopant forcément des instants magiques de vérité au milieu d’un océan de pas grand-chose. C’est moins ouvragé que lorsque Sautet façonnait du sur-mesure pour Romy Schneider. Le pompon du "what the fuck" revient au face-à-face final avec Depardieu jouant les médiums, balafré par le générique. Aucun plan ne montre les deux comédiens ensemble – m

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"Ghost in the Shell" : humains, après tout

ECRANS | À l’instar de ces héros humains améliorés par les machines, ce film en prises de vues réelles s’hybride avec toutes les technologies visuelles contemporaines pour revisiter le classique anime de Mamoru Oshii (1997). Une (honnête) transposition de Rupert Sanders, davantage qu’une adaptation.

Vincent Raymond | Mardi 28 mars 2017

Dotée d’un corps cybernétique augmentant ses capacités humaines, le Major (Scarlett Johansson) a été affectée à la Section 9, une unité d’élite dépendant du gouvernement. Sa prochaine mission vise à combattre un criminel capable de pirater les esprits, mais aussi de lui révéler un passé qu’on lui a dissimulé… En s’appropriant le joyau de Oshii, Rupert Sanders touche à un tabou. Ghost in the Shell constitue en effet un jalon dans l’histoire des "anime" : il est le premier à avoir été universellement considéré comme un film "adulte" (en tout cas moins familial ou jeune public que les Takahata et Miyazake) ainsi qu’une œuvre de science-fiction visionnaire, dans la lignée des adaptations de Philip K. Dick ou Asimov. Sa narration elliptique, intriquant anticipation et tensions géopolitiques, ajoutée à son esthétique élégante et épurée, l’ont érigée en référence d’un futur dystopique… dépassé. Bien en chair Car depuis vingt ans, EXistenZ, Matrix puis la réalité virtuelle ont rattrapé certaines des projections de l’anime. Sanders et ses scénaristes l’ont donc "déshabillé", conservant l'essentie

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"Un jour dans la vie de Billy Lynn" : Post trauma, luxe

ECRANS | De ses dommages collatéraux en Irak à ses ravages muets sur un soldat texan rentré au bercail pour y être exhibé comme un héros, la guerre… et tout ce qui s’ensuit. 24 h de paradoxes étasuniens synthétisés par un patron du cinéma mondial, le polyvalent Ang Lee.

Vincent Raymond | Mardi 31 janvier 2017

Suggérant à la fois un roman de Zweig et une chanson des Beatles, le titre français de Billy Lynn's Long Halftime Walk ne trahit pas, loin s’en faut, l’esprit du film de Ang Lee. Son apparente banalité le contient en effet dans son entier, respectant l’unité de temps en dessinant une perspective plus vaste. Tout se déroule durant la journée particulière de Thanksgiving : ayant accompli un acte héroïque en Irak, le jeunot Billy Lynn bénéficie d’une permission exceptionnelle au Texas afin, notamment, de parader au sein de son unité durant le spectacle de mi-temps d’un match de football américain. Avant de participer à cette mise en scène aussi grotesque qu’obscène - censée galvaniser ou distraire, on ne sait guère, une populace déconnectée de la réalité du terrain -, le troufion aura essuyé les suppliques de sa sœur l’incitant à se faire réformer, découvert la béance entre l’image que se font les civils du front et la réalité, mais surtout été bombardé intérieurement d’envahissants souvenirs constitutifs d’un traumatisme latent. Full frontal, Foule frontale Ang Lee montre dans ce stupéfiant raccourci la germination progressive du trauma à travers s

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"Personal Shopper" : Assayas invente le film fantastique-lol

ECRANS | de Olivier Assayas (Fr., 1h45) avec Kristen Stewart, Lars Eidinger, Sigrid Bouaziz…

Vincent Raymond | Mardi 13 décembre 2016

Avec Personal Shopper, Olivier Assayas s’essaie au "film fantastique-lol", truc si improbable qu’il devrait prêter à rire tant il se prend indûment au sérieux. Las, d’aucuns lui ont dû lui trouver une insondable profondeur, une beauté ineffable, au point de le juger digne de figurer dans un palmarès. En découle un aberrant Prix de la mise en scène à Cannes, dépouillant de fait Cristian Mungiu de l’intégrité de ses justifiés lauriers pour Baccalauréat. On suit donc ici une jeune Américaine, Maureen, chargée de garnir la penderie parisienne d’une quelconque vedette, entre une session d’emplettes et une vague séance de spiritisme. Car Maureen, plus ou moins médium ayant perdu son frère jumeau, guette sa manifestation post mortem… Prolongation morne et inutile du ticket Kristen Stewart-Olivier Assayas, après l’inégal

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"Ma Loute" : À manger et à boire…

ECRANS | Si Roméo était fils d’un ogre pêcheur et Juliette travestie, fille d’un industriel de Tourcoing, peut-être que leur histoire ressemblerait à cette proto-comédie de Bruno Dumont. Un régal pour l’œil, mais pas une machine à gags. En compétition officielle à Cannes.

Vincent Raymond | Lundi 16 mai 2016

Quel accueil des spectateurs non francophones – et tout particulièrement les membres du jury du festival de Cannes – peuvent-il réserver à Ma Loute ? Grâce aux sous-titres, ils saisiront sans peine le dialogue de ce film dans son intégrité, mais ils perdront l’une de ses épaisseurs : la saveur des intonations snobinardes et des borborygmes modulés avec l’accent nordiste – forçant les non-Ch’tis à accoutumer leur oreille. Cela étant, si les mots seuls suffisaient à Bruno Dumont, il ne serait pas l’énigmatique cinéaste que l’on connaît ; d’autant plus indéchiffrable avec ce huitième long-métrage, qui prolonge son désir de comédie engagé avec la série P’tit Quinquin. Dans le fond, Dumont ne déroge guère ici à ses obsessions : capter l’hébétude quasi mystique saisissant un personnage simple après une rencontre inattendue, puis observer ses métamorphoses et ses transfigurations. Certes, les situations se drapent d’un cocasse parfois outrancier et empruntent au burlesque du cinématographe ses ressorts les plus usés (chutes à gogo, grimaces à foison, bruitages-gimmicks…). Mais il ne s’agit que d’un habillage comique ; derrière une façade pei

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"Café Society" : Hollywoody boulevard

ECRANS | Le 47e opus de Woody Allen-réalisateur semble avoir été taillé sur mesure pour effectuer l’ouverture de la 69e édition du festival de Cannes : glamour, artifices et nostalgie des vieilles bobines s’y bousculent. On passe un charmant moment, sans être transporté…

| Mercredi 11 mai 2016

Un film situé, au moins partiellement, dans les arcanes du Hollywood de l’âge d’or ne pouvait que finir (ou, à tout le moins, commencer sa carrière) sur la Croisette. Café Society tend une sorte de miroir temporel pareil à une vanité à la foule des producteurs, cinéastes, comédiens, agents qui se pressent aux marches du Palais et dans les réceptions pour participer à la gigantesque sauterie cannoise. Car du cinéma, il ne montre absolument rien si ce n’est un extrait de La Dame en rouge (1935) de Robert Florey. En cela, il se situe aux antipodes de Avé César des frères Coen qui avait effectué l’ouverture de la Berlinale. Ici, les stars demeurent cachées dans leurs résidences exubérantes, ou des noms évoqués par paquets de dix, d’éphémères symboles de puissance dans l’Usine à rêve, totalement privées de substance et d’incarnation. Woody et ses doubles C’est plus la nostalgie jazzeuse, l’élégance du cadre et les vestes cintrées qui intéressent Woody Allen dans ce décor-prétexte. Les plateaux, il leur a déjà réglé leur compte dans Hollywood Ending (2002), comédie décriée et pourtant

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Cannes 2014, jours 9 et 10 : La fin - enfin !

ECRANS | "Jimmy’s hall" de Ken Loach (sortie le 2 juillet). "Alleluia" de Fabrice Du Welz (date de sortie non communiquée). "Whiplash" de Damien Chazelle (sortie le 24 décembre). "Sils Maria" d’Olivier Assayas (sortie le 20 août). "Leviathan" d’Andrei Zviaguintsev (sortie le 24 septembre).

Christophe Chabert | Dimanche 25 mai 2014

Cannes 2014, jours 9 et 10 : La fin - enfin !

Il faut savoir arrêter une guerre, dit-on. Un festival de cinéma aussi, avec comme bilan chiffré 32 films vus (plus trois vus avant d’y aller), et quelques blessés légers — après une telle foire, on se dit chaque année qu’on ne nous y reprendra plus. Et, quand on relit ce qu’on a écrit à chaud, on se lamente de notre propre médiocrité en se répétant obstinément que ce métier est aussi vain que stupide — peut-être la conséquence de cette arrogance insupportable qui règne à Cannes, où personne ne salue les gens qui travaillent à faire vivre le festival, mais où tout le monde saute au cou du premier imbécile friqué venu. Film de combat Il faut savoir arrêter une guerre. Oui, mais après, comment fait-on pour réconcilier les combattants ? C’est la question posée par Ken Loach dans son dernier film, Jimmy’s Hall — son dernier, disait-il avant de le présenter, mais ça avait l’air moins clair lors de la conférence de presse. Ce n’est pas une suite au Vent se lève, mais un prolongement, ce moment où, la guerre terminée, la nation irlandaise, divisée par des crimes fratricides, doit réapprendre à vivre ensemble et reformer une communaut

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Camille Claudel 1915

ECRANS | De Bruno Dumont (Fr, 1h35) avec Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent…

Christophe Chabert | Jeudi 7 mars 2013

Camille Claudel 1915

Avec ce Camille Claudel 1915, Bruno Dumont aura au moins réussi une chose : montrer que rien ne résiste au dogmatisme de sa démarche, ni actrice star, ni reconstitution d’époque, ni évocation d’un personnage réel. Même les véritables pensionnaires de l’asile où Camille Claudel se trouve enfermée sont réduits par la caméra de Dumont à n’être que des figures grimaçantes sorties d’une toile de Jérôme Bosch, ersatz des comédiens amateurs de ses films précédents. Dans le dossier de presse, le réalisateur et son actrice parlent de la « rienté » (sic) qu’on voit à l’écran : Camille ne fait rien et il ne se passe rien, elle attend la visite de son frère Paul en regardant la lumière et en préparant ses repas. C’est en fait Paul qui intéresse vraiment Dumont : une scène résume son discours, celle où, en écrivant une lettre, il bande ses muscles comme pour éprouver son propre corps. Depuis La Vie de Jésus, la question du dualisme chrétien hante Dumont, du pêché charnel à la libération de l’esprit hors de son incarnation terrestre. Il rabâche la question dans des films de plus en plus exsangues, focalisés sur cette quête religieuse (spirit

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Après mai

ECRANS | D’Olivier Assayas (Fr, 2h02) avec Clément Métayer, Lola Creton, Carole Combes…

Christophe Chabert | Mercredi 7 novembre 2012

Après mai

De L’Eau froide à Carlos, la révolution politique avortée des années 70 hante le cinéma d’Olivier Assayas. Aujourd’hui, il s’y attaque de front à travers un récit aux relents autobiographiques où la jeunesse de son époque prend la route et le maquis pour contester la société conservatrice et prôner le marxisme et le maoïsme. Ce devrait être une fresque portée par un souffle romanesque fort ; ce n’est à l’arrivée qu’un film d’Assayas, où les états d’âme amoureux des personnages prennent le pas sur l’esprit d’une période, réduite à un simple folklore. Aux clichés hallucinants des scènes d’ouverture (manif, gaz lacrymo, pochettes de disques rock, lycéen faisant de la peinture abstraite dans sa chambre, créature garrellienne en longue robe blanche ânonnant un texte incompréhensible) succède un récit mal raconté, bourré de symboles transparents (la jeunesse se consume, alors tout brûle autour d’elle) et joué par des acteurs peu convaincants (exception faite de Lola Creton). Surtout, le film prend acte d’une démission de son auteur face à son sujet : Gilles, alter

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À cœur ouvert

ECRANS | De Marion Laine (Fr, 1h28) avec Juliette Binoche, Edgar Ramirez…

Aurélien Martinez | Mardi 17 juillet 2012

À cœur ouvert

Un couple de chirurgiens spécialisés dans les opérations du cœur s’aime, puis se déchire, l’alcoolisme du mari entrant en conflit avec la maternité non désirée de sa femme. Sur le papier, c’est assez banal, et c’est effectivement tout le problème : Marion Laine ne sait jamais trop s’il faut contourner le cliché (option psychodrame) ou s’y enfoncer (option mélodrame), et À cœur ouvert louvoie longuement entre ces deux écueils, jusqu’à un dernier acte complètement raté, avec une embardée onirique mal maîtrisée et passablement cucul. Pourtant, dans la première partie, elle réussissait l’impossible : rendre crédible à l’écran le couple Binoche-Ramirez, en arrivant à instaurer une troublante complicité physique entre eux. Si elle s’était contentée de suivre ce fil-là (le détail amoureux et sa destruction), si elle ne l’avait recouvert d’une pelle de psychologie facile, elle aurait sans doute transcender ce que son argument avait d’anecdotique. C’est, à l’arrivée, très loin d’être le cas. Christophe Chabert

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Dark shadows

ECRANS | Tim Burton met un frein à la crise créative qu’il traversait depuis trois films avec cette comédie où il cherche à renouer avec la fantaisie noire de ses débuts, sans y parvenir totalement. Christophe Chabert

Aurélien Martinez | Jeudi 10 mai 2012

Dark shadows

Dark shadows permet à Tim Burton de faire le point sur l’évolution de son cinéma ces dernières années. Il est frappant, à la vision du film, de voir qu’y cohabitent parfois au sein d’une même séquence, souvent d’un champ à son contrechamp, le cinéaste enclin au bricolage et à l’artisanat mais aussi son pendant récent, le réalisateur converti au numérique se contentant de griffer ses plans en illustrateur prodige. Plus encore, cette dualité se retrouve dans les deux thèmes abordés par le scénario : la figure du freak confronté au monde de la norme, et sa déclinaison contestable qui en fait le défenseur d’une petite entreprise familiale qui irait vendre au monde entier sa bizarrerie. On se souvient de l’épilogue craignos d’Alice au pays des merveilles, où Alice reprenait le flambeau paternel pour aller envahir le marché chinois… C’est à peu près là que commence Dark shadows : Barnabas Collins (Johnny Depp, qui cabotine plus intelligemment que d’habitude) est, au XVIIIe siècle, le jeune héritier d’une fortune construite par ses parents, prolos de Liverpool devenus richissimes entrepreneurs dans un port de pêche du Maine, dont ils ont littéralement

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La Vie d'une autre

ECRANS | De Sylvie Testud (Fr-Lux-Bel, 1h37) avec Juliette Binoche, Matthieu Kassovitz...

Aurélien Martinez | Vendredi 10 février 2012

La Vie d'une autre

Pour son premier film, Sylvie Testud adapte La Vie d'une autre de Frédérique Deghelt, roman sous influence américaine à en juger par son pitch : alors qu'elle termine ses études et tombe amoureuse, une jeune femme se réveille quinze ans plus tard, mariée, mère, aux commandes d'une multinationale et dans un appartement parisien à dix millions d'euros. Soit le script de Big ou de 30 ans sinon rien, en plus bourgeois et maquillé à la française. Quels enjeux une fois rigolé avec le gap spatio-temporel et cet autre moi (facile quand le personnage est blindé) ? Le comique s'évaporant, sans génie et plombé par Juliette Binoche à moitié folle, le film dévoile son intrigue : le couple en crise, situation difficile quand la veille on rencontrait l'autre. Il y avait de quoi s'amuser ou tirer une leçon de philosophie avec si peu. Testud tente le coup, mais se limite à un laïus flou sur le temps qui passe pour dire qu'il faut profiter de la vie. Bah oui, l'eau ça mouille. Jérôme Dittmar

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Twilight 4 : Révélation 1ère partie

ECRANS | De Bill Condon (EU, 1h57) avec Kristen Stewart, Robert Pattinson…

François Cau | Mercredi 16 novembre 2011

Twilight 4 : Révélation 1ère partie

Rebaptisé “Twilight : Pénétration“ par quelques mauvais esprits, ce quatrième volet de l’inénarrable saga pseudo fantastique marque en effet la fin de l’abstinence pour Bella et Edward, légitimée par leur adhésion aux liens sacrés du mariage. Que les parents, les mormons et les parents mormons se rassurent, ils ne s’adonneront au supplice de la chair qu’une seule fois, et cette saillie se soldera par une grossesse extrêmement douloureuse. Et malgré les pressions de son entourage, Bella la juste n’en démordra pas et gardera l’enfant, quitte à mettre sa vie en péril. Faut-il pour autant prendre ce film pour une propagande anti-sexe et pro-life ? A vrai dire, ce n’est pas non plus comme si on nous laissait le choix, puisqu’il ne s’y passe strictement rien d’autre. Ah si : des loups-garous sont embusqués alentour, et leur assaut de trois minutes montre en main sera expédié de façon illisible. Mais le plus choquant dans ce navet à la forme indigente et au fond réactionnaire reste encore son prix : 127 millions de dollars pour un mélodrame poussif et absurdement elliptique dans un loft, avec des effets spéciaux de synthèse et une direction artistique risibles, c’est le comble de l’ind

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Welcome to the Rileys

ECRANS | De Jake Scott (ÉU, 1h50) avec James Gandolfini, Kristen Stewart…

François Cau | Jeudi 4 novembre 2010

Welcome to the Rileys

Doug Riley s’est éloigné de sa femme après la mort de leur fille de 15 ans. Sa maîtresse décède à son tour et, au cours d’un congrès à la Nouvelle-Orléans, il rencontre une jeune strip-teaseuse à la dérive. Sur un coup de tête, il s’installe chez elle et décide, sans contrepartie, de lui servir de protecteur. Argument ténu, possiblement scabreux, que Jake Scott et son scénariste Ken Hixon traitent avec une délicatesse et une justesse touchantes. Welcome to the Rileys croit dans les capacités du cinéma pour restituer toute la bouleversante fragilité des êtres et les rapports complexes qu’ils entretiennent entre eux. Des séquences comme les retrouvailles entre Doug et sa femme, ou celle où Doug repousse les avances de Malliory, reposent sur une étonnante capacité à saisir le temps qui s’écoule, la répétition d’un geste, les hésitations d’un corps. Très beau, très émouvant, le film doit beaucoup à la rencontre entre le massif Gandolfini et la frêle Stewart : tous deux s’emploient à s’écarter de leurs rôles mythiques (Tony Soprano pour lui, Bella pour elle), sans vraiment y parvenir. Mais cela renforce la vérité de leurs personnages, en quête éperdue d’une nouvelle vie, d’un autre hori

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Carlos

ECRANS | Olivier Assayas surprend et enthousiasme avec cette œuvre monstre retraçant l’itinéraire du célèbre terroriste international, de sa «naissance» à sa chute, avec un indiscutable sens de l’action et de l’épique. Christophe Chabert

François Cau | Vendredi 2 juillet 2010

Carlos

Tout d’abord, précisons que ce Carlos-là est la version cinéma d’une trilogie télévisuelle de 5h30. S’il est conseillé de se procurer le DVD proposant l’intégrale, on ne peut que pousser à aller voir ce digest sur grand écran, ne serait-ce que pour apprécier le beau cinémascope utilisé par Assayas, définitivement inadapté à l’expérience télé. Au-delà de ces considérations finalement négligeables (et ayant déjà empoisonné sa sélection cannoise), Carlos témoigne de ce qui arrive quand un cinéaste mineur (et on reste poli), au formalisme embarrassant de vanité, croise soudain un sujet en or qui non seulement transcende son cinéma, mais éclaire d’une légitimité nouvelle son style. Cette reconstitution épique et fiévreuse du parcours d’Ilich Ramirez Sanchez dit Carlos, révolutionnaire beau gosse devenu terroriste international puis spectre avachi de sa propre légende, est un vrai film d’action. Non seulement parce qu’il réserve quelques inoubliables morceaux de bravoure (le carnage de la rue Toullier, la prise d’otages de l’OPEP), mais aussi parce que les personnages sont saisis dans un mouvement perpétuel, ce que la caméra agitée d’Assayas retranscrit à la perfection.

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