Je vous souhaite d'être follement aimée

ECRANS | De Ounie Lecomte (Fr, 1h40) avec Céline Sallette, Anne Benoit, Elyes Aguis…

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

Ounie Lecomte n'en a pas fini avec la thématique de l'adoption. Un sujet intime qu'elle avait déjà abordé frontalement (sans laisser d'impérissable souvenir, d'ailleurs) dans Une vie toute neuve (2008), inspiré de son propre parcours. Plus abouti, ce nouveau film a pour figure centrale une kiné née sous X décidée à retrouver sa mère biologique pour calmer ses tourments existentiels ; il dresse cependant le portrait de trois, voire quatre générations chamboulées dans leur identité.

Malgré des atouts de poids, allant de la musique d'Ibrahim Maalouf à la distribution "auteur" de prestige (une lignée Françoise Lebrun/Anne Benoît/Céline Sallette, tout de même…), malgré un questionnement légitime sur le droit de connaître ses origines, et une approche tactile des relations entre les personnages, Je vous souhaite d'être follement aimée se distend peu à peu, s'égare et se dissout dans ses propres interrogations, pendant que le spectateur anticipe sur des rebondissements cousus de fil blanc. Dommage.


Je vous souhaite d'être follement aimée

De Ounie Lecomte (Fr, 1h40) avec Céline Salette, Anne benoit...

De Ounie Lecomte (Fr, 1h40) avec Céline Salette, Anne benoit...

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Elisa, kinésithérapeute, part s’installer avec son jeune fils, Noé, à Dunkerque, ville où elle est née sous X. Quelques mois plus tôt, elle y a entrepris des recherches sur sa mère biologique, mais cette femme a refusé de dévoiler son identité.


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Des femmes au sommet

CONNAITRE | Livre / Les femmes alpinistes du Népal sont à l'honneur d'un bel ouvrage récent. On vous raconte.

Martin de Kerimel | Mardi 8 décembre 2020

Des femmes au sommet

Et si ascension rimait avec émancipation ? C’est la conclusion de la sociologue Anne Benoit-Janin, qui vient de signer Les Népalaises de l’Everest, un livre-enquête passionnant, publié aux éditions Glénat. Le fruit d’une investigation menée sur place, à la faveur de nombreuses rencontres avec ces femmes alpinistes dans l’Himalaya. « Il faut savoir qu’avant d’imaginer escalader les montagnes, les femmes népalaises doivent affronter de nombreux handicaps, explique l’autrice. Elles viennent généralement d’un milieu très pauvre. C’est pourquoi, une fois mariées, elles n’ont plus le droit de quitter leur foyer, si ce n’est pour travailler dans les champs. » Celles qui se lancent dans l’aventure en paient parfois le prix, étant ensuite rejetées par leurs familles. La pionnière, Pasang Lhamu Sherpa, avait 31 ans quand elle est arrivée sur le toit du monde en 1993, soit quarante ans tout de même après les premiers hommes (Edmund Hillary et le Sherpa Tensing Norgay). Elle est décédée au cours de la descente, mais son nom continue d’être honoré dans son pays. Depuis, d’autres suivent son exemple, encore peu nombreuses. Anne Benoit-Janin avoue avoir été

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"Une belle équipe" : sorties de leur réserve

ECRANS | De Mohamed Hamidi (Fr., 1h35) avec Kad Merad, Alban Ivanov, Céline Sallette…

Vincent Raymond | Mardi 14 janvier 2020

Un seul point. C’est ce qu’il manque à l’équipe de foot de Clourrières pour assurer son maintien. Sauf que les joueurs ont tous été suspendus après une bagarre. Alors, l’entraîneur monte une équipe féminine pour les trois ultimes rencontres. Et se heurte à l’hostilité machiste du village… Alors qu’il s’apprêtait à en débuter le tournage en 2018, Kad Merad prévenait que ce film n’aurait rien à voir avec Comme des garçons, cette comédie-fiction bâtie sur l’histoire de la première équipe de France de football féminine. On le confirme : Mohamed Hamidi ne s’intéresse ni à la romance ni à la reconstitution historique, mais au difficile basculement des mentalités vers une société paritaire, le football étant le symptôme (ou le déclencheur) d'une prise de conscience : troquer le ballon contre la charge domestique ordinairement dévolue à leurs épouses équivaut à une castration pour ces messieurs. Le réalisateur (qui, au passage, remercie ses six sœurs au générique) s’amuse à montrer à quel point la sensibilité masculine est asymétrique : chatouilleux sur leurs "privilèges" envolés, les hommes sont aveugles au fait que les affiches publicitaires utilise

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Ibrahim Maalouf : jazz star

Concert | Les rock stars existent dans tous les domaines musicaux, même en jazz. La preuve samedi 26 octobre sur la scène du Summum.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 octobre 2019

Ibrahim Maalouf : jazz star

Du jazz au Summum ? Rare sensation, mais il faut bien avouer que le parcours d'Ibrahim Maalouf est peu commun. Le trompettiste depuis longtemps ferraille dans les chemins de traverse, puisant dans les musiques latines et la pop mainstream d'autres pistes pour nourrir ses inspirations, pour aller plus loin que la figure déjà respectée qu'il aurait pu incarner, celle d'un descendant de Miles Davis, de Jon Hassell et d'Erik Truffaz. Le Libanais, modèle d'ouverture et de subtilité, que l'on a pu voir au petit matin dans un studio de télévision après onze heures d'avion improviser avec Samy Pageaux-Waro une mélopée tirant des larmes à la maquilleuse en plateau, est capable d'initier des moments d'émotion intenses dans quasi toutes les configurations, même immenses comme le Summum. Depuis son premier album en 2007, le neveu d'Amin Maalouf n'a ainsi cessé de défricher de nouveaux territoires, allant chercher un auditoire loin d'être acquis au jazz pour le ramener dans son giron, du moins l'initier, à l'instar de S3ns, dernier album en date très accessible, pas forcément renversant, mais là n'est pas l'enjeu : Ibrahim Maalou

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"Mais vous êtes fous" : de la poudre aux yeux

ECRANS | De Audrey Diwan (Fr, 1h35) avec Pio Marmaï, Céline Sallette, Carole Franck…

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

Dentiste apprécié, mari et papa aimant, Roman (Pio Marmaï) cache sa cocaïnomanie. L’une de ses fillettes étant victime d’une surdose, la police et les services sociaux débarquent : la famille entière se révélant positive à la drogue, les enfants sont placés. Et l’image du bonheur parfait est pulvérisée… Audrey Diwan a tiré son argument d’une histoire vraie en modifiant, comme le veut la coutume, les noms et situations des protagonistes afin qu’ils ne soient pas identifiables. Partant d'un fait divers à énigme qui aurait pu ne tenir qu’en un court-métrage (en clair, comment ont-ils tous pu être contaminés par le père ; ce dernier les a-t-il délibérément empoisonnés ?), la réalisatrice a su étoffer son propos en composant un film où l’addiction prend des significations supplémentaires et se transforme en bombe à fragmentation. S’ouvrant sur la dépendance aux stupéfiants, le drame bifurque en effet vers un récit centré autour du manque : celui éprouvé par des parents privés de leur progéniture, et puis surtout celui que les deux amants Roman et Camille (Céline Sallette) officiellement séparés ressentent l’un po

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"Corporate" : entreprise de destruction

ECRANS | De Nicolas Silhol (Fr, 1h35) avec Lambert Wilson, Céline Sallette, Stéphane De Groodt…

Julien Homère | Mardi 4 avril 2017

Responsable des ressources humaines, Émilie se trouve impliquée dans une enquête de l’inspection du travail après que s’est produit un suicide dans son entreprise. Jusqu’où restera-t-elle fidèle à sa hiérarchie ? D’une grande rigueur réaliste et peuplé d’un casting hétéroclite venant de la télé, du théâtre ou du cinéma classique, Corporate dissèque les méthodes de management amorales mais totalement acceptées par nos entreprises modernes. Enveloppant son histoire d’une mise en scène économe, froide et sans éclat, son discours sur l’injustice sociale demeure louable mais aurait été plus audible dans un documentaire (même si ce n'était pas le but comme nous l'a expliqué le réalisateur en interview). À se demander si le récit de Nicolas Silhol ne passe pas à côté de son sujet tant l’inspectrice du travail (justement campée par Violaine Fumeau) et son regard sur cet univers sans pitié placent au second plan une intrigue policière dispensable.

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Ibrahim Maalouf : « Je suis un musicien d'aujourd'hui »

MUSIQUES | Le passionnant Ibrahim Maalouf revient à Grenoble avec ses musiciens pour un concert, plus pop que les précédents, dans l’immense Summum. Nous en avons profité pour poser quelques questions à celui qui, en dix ans d’une carrière fulgurante, est devenu une véritable rock star de la trompette.

Aurélien Martinez | Mardi 29 novembre 2016

Ibrahim Maalouf : « Je suis un musicien d'aujourd'hui »

Des salles combles partout en France, des tournées internationales, des récompenses à la pelle : vous êtes une véritable rock star ! Vous voyez-vous comme ça ? Ibrahim Maalouf : Oulala, pas du tout ! Je me sens très chanceux, c'est sûr, mais c'est le résultat de nombreuses années de travail intense, et de galères aussi. Ce n'est pas arrivé du jour au lendemain. Donc, je profite du succès, sans la sensation de l'avoir volé. Mais en sachant aussi que nos métiers sont comme ça : un jour t'es en haut, un jour t'es en bas de la vague. J'espère donc que je continuerai longtemps à susciter l'enthousiasme, mais peu importe ce qui arrive à l'avenir, je ferai toujours mon métier avec autant d'amour et d'envie. En ce moment, vous êtes donc sur le haut de la vague… Quelques jours après Grenoble, vous allez même faire la mythique salle parisienne de Bercy. Vous n’avez pas un peu le vertige ? C'est la plus grande salle de France, certes… Et le dernier jazzman passé par là, c'est Miles Davis en 1984. Donc c'est sûr que ça fait peur ! Mais bon, sur scène, je vais faire la seule chose que je pense à peu près savoir

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Professeur Ibrahim Maalouf

MUSIQUES | En plus d'être un trompettiste virtuose doublé d'une véritable rock star (comme il le prouvera sur la scène du Summum), Ibrahim Maalouf est un professeur déterminé. Fervent défenseur de l'improvisation musicale, il se bat contre un enseignement sclérosé qui freine selon lui la créativité des jeunes élèves.

Gabriel Cnudde | Dimanche 4 décembre 2016

Professeur Ibrahim Maalouf

S'il aime s'exprimer sur scène avec sa trompette, Ibrahim Maalouf apprécie tout autant prendre la parole dans les salles de classe. Parce qu'un artiste qui ne participe pas à la transmission de ses connaissances n'en est pas vraiment un explique-t-il. Issu d'une famille d'enseignants, le trompettiste virtuose a commencé à gagner son premier argent de poche avec des cours privés avant d'atteindre de prestigieux conservatoires pour instruire les plus jeunes. Seulement, comme lorsqu'il compose et monte sur scène, Ibrahim Maalouf n'apprécie pas les cases qu'ont créées ses prédécesseurs. Opposant à une vision jugée rétrograde de l'enseignement de la musique classique en France une approche différente, le musicien va parfois au clash avec les directions. En 2013, il démissionne de son poste au Conservatoire d'Aubervilliers, où il juge l'enseignement trop « figé ». C'est qu'il n'entend pas faire de ses élèves des trompettistes d'orchestre ou des solistes. Son cheval de bataille à lui, c'est l'improvisat

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Les Rois du monde

ECRANS | De Laurent Laffargue (Fr., 1h40) avec Sergi López, Céline Sallette, Éric Cantona, Romane Bohringer…

Vincent Raymond | Mardi 22 septembre 2015

Les Rois du monde

Jeannot Sanchez est du genre sanguin : il a passé du temps en prison pour avoir tranché à la hache les doigts d’un type qui s’était égaré sur l’épaule de sa compagne Chantal. Mais comme pendant son incarcération, Chantal s’est mise en ménage avec Jacky, le boucher du coin, Jeannot s’emploie à la reconquérir. À sa manière taurine et anisée… Derrière sa bonhomie coutumière, on avait presque oublié le Sergi López inquiétant de Harry, un ami qui vous veut du bien (2000), capable d’une animalité furieuse et ravageuse. Avec Les Rois du monde, Laurent Laffargue se fait fort de nous rafraîchir la mémoire dans ce film étrange qui, s’il se nourrit volontiers d’un pittoresque local (Casteljaloux, dans le Sud-Ouest de la France), ne saurait se réduire à de la « gasconnerie » folklorique. Car c’est tout un climat qu’il suscite et ressuscite, rappelant ce cinéma des années quatre-vingt en travaillant la pesanteur atmosphérique rurale comme un personnage (L’Été meurtrier, 37°2 le matin ou L’Été en pente douce). Quant aux « rois » de ce monde, ce sont en réalité de petits seigneurs dérisoi

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Jazz à Vienne 2015 : la programmation

MUSIQUES | La programmation de Jazz à Vienne ? Du classique jamais trop classique, des habitués qui prennent le temps de se changer, des têtes d'affiches de tous ordres. Bref, Vienne tel qu'en lui même : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

Après un premier vrai-faux départ sous forme d'Extra Night avec Pharrell Williams, c'est en mode pas moins happy que va débuter cette année Jazz à Vienne le 26 juin avec un week-end aux accents carnavalesques de la Nouvelle Orléans : de la légendaire figure locale Allen Toussaint au Dirty Dozen Brass Band et à la fascinante et prometteuse Leyla McCalla. En passant, on serait tenté de dire "bien sûr", par Dee Dee Bridgewater qui, après avoir gratifié Vienne de tout le spectre esthétique de la black music, revient en compagnie du New Orleans Jazz Orchestra. Et puisqu'on en est à parler des habitués du festival – ceux dont on a l'impression qu'ils sont là même quand ils ne le sont pas, comme Jean-Jacques Milteau, Éric Bibb, Didier Lockwood ou Éric Truffaz – on ne peut faire l'économie d'un Marcus Miller qui, en compagnie de l'ONL, dirigé pour l'occasion par Damon Gupton, retourne aux sources musicales et géographiques du jazz – un projet au départ discographique baptisé Afrodeezia et première in

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Ibrahim Maalouf : un air venu d’ailleurs

MUSIQUES | Il y a quelques mois, Ibrahim Maalouf sortait son cinquième album, Illusions : un mélange détonnant de musiques traditionnelles orientales et de rock (...)

Guillaume Renouard | Mardi 15 avril 2014

Ibrahim Maalouf : un air venu d’ailleurs

Il y a quelques mois, Ibrahim Maalouf sortait son cinquième album, Illusions : un mélange détonnant de musiques traditionnelles orientales et de rock vitaminé. L’occasion de constater l’ampleur du chemin parcouru depuis ses premiers pas en tant que musicien classique. L’artiste libanais s’est rendu célèbre par ses talents de trompettiste qu’il exprime sur des airs qui ne ressemblent à aucun autres, mêlant classique, cool jazz et influences orientales. Au fil de ses cinq albums, il a collaboré avec des artistes en tout genre, de Sting à Arthur H en passant par Vincent Delerm et Oxmo Puccino. Un éclectisme qui lui a permis d’enrichir ses influences et de s’ouvrir à de nouveaux horizons musicaux, pop-rock en tête. Pour sa prestation à la MC2, il sera accompagné de trois (!) trompettistes, ainsi que de son quintette habitu

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Un château en Italie

ECRANS | De et avec Valeria Bruni Tedeschi (Fr, 1h44) avec Louis Garrel, Céline Sallette…

Christophe Chabert | Jeudi 24 octobre 2013

Un château en Italie

Une actrice qui ne joue plus rencontre un acteur qui en a marre de jouer ; avec lui, elle veut avoir un enfant. Pendant ce temps, son frère se meurt du sida et sa mère, aristocrate déchue, veut vendre le château familial… Il est plus facile pour un chameau et Actrices, les deux premiers films réalisés par Valeria Bruni Tedeschi, exaspéraient par l’impudeur avec laquelle elle étalait sa vie et son métier, sans jamais trouver une forme cinématographique autre que l’ordinaire de l’auteurisme à la française. Un château en Italie fait la même chose, et quiconque connaît un peu sa biographie – qui, pas de bol, est en partie aussi celle de sa très médiatique sœur – passera son temps à chercher les clés pour démêler ce qui relève ici de la vérité et de la fiction. Un jeu aussi vain que lassant, qui pousse parfois loin la plaisanterie – Garrel travesti refusant un rôle à un cinéaste manifestement gay, si ce n’est pas une référence à l’affaire Laurence Anyways… Dommage, car Bru

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Ici-bas

ECRANS | De Jean-Pierre Denis (Fr, 1h35) avec Céline Sallette, Éric Caravaca…

François Cau | Vendredi 13 janvier 2012

Ici-bas

En 1943 à Périgueux, Sœur Luce, chrétienne dévouée, tombe amoureuse d’un aumônier résistant qui s’apprête à quitter les ordres. Malentendu presque lacanien : elle pense que leurs chemins, y compris spirituels, se croisent et confond le désir qu’il éprouve pour elle avec l’amour qu’elle porte pour le Christ. Beau sujet que Jean-Pierre Denis, réalisateur rare des Blessures assassines, tente de marier avec sa peinture de la France en guerre. Mais le manque de moyens de la reconstitution, les clichés d’un dialogue sans aucun naturel ni quotidienneté, donnent à Ici-bas des allures de téléfilm France 3 Région. Il faut attendre le dernier tiers, où le cinéaste pousse sa logique jusqu’à la plus grande noirceur, pour que le film s’extirpe de cette glaise théâtrale, se débarrassant au passage (et c’est tant mieux) de tout soupçon de bondieuserie. Dans cette dernière partie, la troublante Céline Sallette tombe le masque de l’illuminée et révèle une cruauté particulièrement effrayante. CC

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Ibrahim Maalouf : « Je n’aimais pas la trompette »

MUSIQUES | Entretien avec Ibrahim Maalouf, trompettiste franco-libanais. À mi-chemin entre le jazz et la musique orientale, ses deux premiers albums ont été acclamés par la critique. Sur scène, c'est accompagné de son quintet qu'il propose de redécouvrir sa musique, dans une version plus rock. Propos recueillis par Laurence Magnaudet

François Cau | Mercredi 24 novembre 2010

Ibrahim Maalouf : « Je n’aimais pas la trompette »

Vous êtes issu d'une famille de musiciens. La musique a été une évidence pour vous ? Ibrahim Maalouf : Oui et non. Mon père m'a appris la trompette très tôt, mais j'avais envie de faire autre chose. Je voulais devenir architecte. Et puis j'ai intégré le Conservatoire national supérieur de musique de Paris, et j'ai commencé à participer aux concours internationaux. Je me disais que je devais aller le plus loin possible dans ce que je pouvais faire dans le registre classique. Je l'ai fait. Et puis j'ai voulu arrêter. Arrêter la musique ? Pourquoi ? D'abord je n'aimais pas la trompette. J'en ai fait parce que c'était l'instrument de mon père et que j'avais des facilités. Mais je trouvais le son trop dur. Si aujourd'hui je devais refaire d'un instrument, ce serait quelque chose de plus doux, comme le piano ou la guitare. La trompette, ça peut être doux, mais à l'époque, je ne le savais pas. Et finalement, vous avez décidé de continuer, mais dans un autre registre... Oui. J'ai rencontré Maurice André, qui m'a dit de trouver mon propre son. J'ai repris la trompette, ma

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Trompette hurlante

MUSIQUES | «Ce qu'on propose sur scène est très différent des albums. On doit jouer un ou deux titres des disques, et encore, dans des versions complètement modifiées. Sur (...)

François Cau | Jeudi 16 septembre 2010

Trompette hurlante

«Ce qu'on propose sur scène est très différent des albums. On doit jouer un ou deux titres des disques, et encore, dans des versions complètement modifiées. Sur scène, c'est beaucoup plus rock. Si les gens viennent pour entendre le disque, ils peuvent être déçus. Lors d'un concert, un homme est même parti en hurlant à l'escroquerie.» Dans l’interview qu’il accordait à nos adorables confrères lyonnais en juillet dernier, Ibrahim Maalouf a le mérite de la franchise presque suicidaire. Mais honnêtement, après avoir écouté Diasporas et Diachronism en boucle, ce genre de précaution nous ferait plutôt bigrement envie. Cet ancien collaborateur de Vincent Ségal, M, Amadou & Mariam, Arthur H, Lhasa (qui lui fit découvrir l’électro) ou même Vincent Delerm (ça arrive même aux meilleurs) a tracé sa propre voie jazz, éclectique, élégante, joueuse. Son concert du 3 décembre à la Rampe d’Echirolles est attendu avec fébrilité.

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