Les Rencontres-i, fabrique de grandes utopies

ACTUS | Début la semaine prochaine de la septième édition des Rencontres-i, biennale mixant habilement arts et sciences. Une aventure atypique, aventureuse et passionnante portée par l’Hexagone, la scène nationale de Meylan amenée à devenir un pôle national sur ces questions. De ça, et d’autres choses encore, on a longuement causé avec le directeur Antoine Conjard.

Aurélien Martinez | Vendredi 20 septembre 2013

Photo : Laurent Philippe (spectacle "Robot!" de Blanca Li)


Les Rencontres-i, c'est donc une « biennale arts sciences »... Mais encore ?!
Antoine Conjard : Il s'agit de mixer arts et sciences au regard de quelque chose. Le triptyque est important : quand il y a une relation à deux, binaire, on est vite dans le ping-pong. En revanche, dès que l'on rajoute un troisième plan, une dynamique se met en route. C'est donc arts et sciences avec ce troisième côté qu'est la société, le territoire... Car ce n'est pas les artistes et les scientifiques dans leur bocal, c'est les artistes et les scientifiques sur le territoire.

Avec, au cœur du projet depuis 2002, l'idée de programmer des spectacles atypiques...
Les Rencontres, au départ, ont été faites pour présenter des projets artistiques qui sortent du cadre traditionnel, qui ne rentrent pas trop dans la boîte du théâtre et qui interrogent la relation arts et sciences. Mais on ne présente pas forcément des spectacles technologiques : je ne veux surtout pas que ce soit la seule image que l'on garde de cette relation. Par exemple, la compagnie Les Ateliers du spectacle utilise beaucoup de technique, avec plein d'objets sur le plateau, sans toute fois rester sur la technologie elle-même. Ces artistes se questionnent ainsi sur nos modes de pensée et la manière de faire fonctionner notre cerveau.

Depuis sa création, la biennale gagne en importance et en visibilité. L'idée doit évidemment être d'en faire un grand événement, à la manière par exemple de la Biennale de la danse de Lyon...
Le jour où l'on aura cette importance, on aura fait un vrai grand chemin ! Mais avec le conseil régional, on est dans cette perspective : on est une biennale de Rhône-Alpes, on se donne les moyens d'avoir une dimension populaire dans cette relation à la science qui peut être tout à fait ludique. On voit bien l'engouement que les gens ont pour Experimenta [salon ouvert au public qui a lieu à la Maison Minatec – ndlr], ou des spectacles comme celui de Blanca Li [Robot !, création chorégraphique avec des robots – ndlr].

Sauf qu'une biennale comme la vôtre doit sans doute demander plus de travail d'explication qu'une biennale de la danse, dont l'intitulé parle de lui-même...
On a toujours un travail d'éclaircissement à faire ! Car on cherche sans cesse, et ce n'est pas quand on cherche qu'on dit les choses les plus simples. En même temps, on arrive progressivement à avoir un angle d'approche lisible et compréhensible par tous. Quand on disait arts et sciences en 2002, les gens nous regardaient avec des gros yeux et ne comprenaient pas trop ce que ça voulait dire. Aujourd'hui, ce type d'initiative est partout, sur toute la planète. Il y a par exemple plus de 350 festivals dans le monde qui abordent ces questions.

Vous dirigez cette biennale, qui a été impulsée par l'Hexagone de Meylan, que vous dirigez aussi. Une scène nationale qui va très prochainement changer d'appellation...
Peut-être que l'on restera Hexagone scène nationale arts sciences, peut-être que l'on deviendra un centre national arts et sciences... En tout cas, ça démontre la volonté du Ministère de la culture de franchir une nouvelle étape avec nous...

Ce pôle arts sciences est une aventure atypique dans le paysage culturel français...
Oui, ça n'existe nulle part ailleurs. C'est d'ailleurs très clairement dit dans le préambule du document que l'on a rédigé pour défendre le projet : l'objectif, c'est de pouvoir partager cette expérience avec d'autres. Ce n'est donc pas de créer un nouveau label, mais de faire en sorte qu'il y ait une porte d'entrée pour le monde artistique et culturel dans le monde scientifique. Et que ça soit au service de l'activité de la société française. Le centre national va donc avoir des missions plus larges qu'une simple scène nationale, avec notamment un rôle de veille – comprendre ce qui est en train de se passer entre arts et sciences sur le territoire – et une dimension recherche.

Le CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives) est un des piliers de cette biennale, avec l'Atelier arts sciences hébergé en son sein. Une sorte de maison de cohabitation entre scientifiques et artistes...
C'est une porte d'entrée dans le monde scientifique pour les artistes, et vice versa. Les champs de la pensée humaine sont aujourd'hui tellement larges et bouleversés par la technologie que ça serait quand même dommage de se priver de ce type de relation.

À travers cet atelier, vous imaginez des spectacles, qui seront présentés pour la première fois pendant la biennale. Comment le travail se fait-il au sein de l'atelier ? Prenons l'exemple de Bionic Orchestra 2.0, création du beatboxer Ezra qui sera dévoilée à la Maison de la musique de Meylan...
Le travail commence par une exploration avec l'artiste et les scientifiques de ce que ces derniers sont capables d'offrir. Ou de ne pas offrir : il y a des technologies qui ne seront prêtes que dans dix ans, ce n'est donc pas la peine de commencer maintenant. Il faut aussi voir quelles sont les idées et les envies de l'artiste. Une fois ce travail de repérage effectué, on essaie de construire des hypothèses. Par exemple, avec Ezra, on imaginait qu'avec les ondes alpha du cerveau, on pourrait peut-être guider les ordinateurs pour modifier le son et la lumière. Bon, apparemment, ce n'est pas encore possible dans un espace où il y a du bruit et où l'artiste bouge beaucoup. Donc l'idée d'un gant est arrivée. Ensuite, il y a toute la phase de mise en œuvre du prototype, qui bien souvent devient la première pièce efficace. C'est plus qu'une maquette du coup ! C'est une phase qui prend du temps, et qui ne va pas aussi vite qu'on le voudrait : là, en ce moment, Ezra est sur les dents, parce que ça ne marche pas tout à fait comme ça devrait marcher compte tenu de l'échéance du spectacle et du rendez-vous avec le public !

Ezra a donc conçu un gant interactif avec les chercheurs grenoblois...
Ce qui est assez magique, c'est que l'on a les toutes dernières technologies du territoire grenoblois qui vont à la rencontre des vieilles technologies grenobloises – les deux siècles d'histoire de la ganterie. Jean Strazzeri, le gantier avec lequel on travaille, est ravi de cette nouvelle aventure ! Donc ce gant en cuir est truffé de nouvelles technologies, avec des contacteurs sur les phalanges qui permettent à Ezra de faire des loops – enregistrer des morceaux de son qu'il va rejouer et pouvoir mixer les uns avec les autres. De plus, sur le dessus du gant, il y a des capteurs qui permettent de piloter le niveau du son, la spatialisation... C'est un outil qui va servir dans le cadre du spectacle vivant, certes. Mais quand on est capable de piloter un ordinateur avec un gant, on peut s'en servir pour d'autres choses que le spectacle – pour des personnes handicapées, pour piloter une machine quelconque... Ce sera une autre partie du centre arts et sciences qui sera d'évaluer et de faciliter le transfert de technologie du monde du spectacle vers d'autres industries.

Pour finir : l'Hexagone est un théâtre important dans le paysage culturel grenoblois, que l'on a toujours connu pluridisciplinaire. Ce pas prononcé vers un nouveau statut augure-t-il d'un changement de cap concernant la programmation à l'année du lieu ?
L'objectif est de rester pluridisciplinaire, en accueillant du cirque, de la danse, du théâtre, des musiques... Mais cette pluridisciplinarité aura la couleur arts et sciences. Ça va être un gros travail d'éditorialisation. Je vais chercher des spectacles qui ont une actualité dans la pensée et dans l'activité scientifique et technologique. Mais quand on parle de spectacles arts et sciences, on ne parle pas que de spectacles technologiques. L'économie, ça fait partie des sciences humaines. L'ethnologie, l'histoire aussi par exemple... D'un coup, on voit que le champ est très large.

Les Rencontres-i, du jeudi 3 au dimanche 13 octobre, dans divers lieux. Plus d'infos sur la programmation dans nos prochaines éditions.


Robot !

Chor. Blanca Li, dès 7 ans. Danse et automates musicaux. Sur la relation complexe de l’homme à la machine avec huit danseurs dont les mouvements déclenchent des instruments de musique absurdes
Hexagone 24 rue des Aiguinards Meylan
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Bionic Orchestra 2.0

Nouveau spectacle du beatboxer Ezra qui raconte sa propre histoire, celle du rapport passionnel qu’entretient l’humain avec la machine. Par de simples mouvements de la main, Ezra pilote la démultiplication de sa voix et la circulation du son et de la lumière dans l’espace à l’aide d’un gant interactif développé sur mesure en collaboration avec la Cie Organic Orchestra et l’Atelier Arts Sciences.
Maison de la Musique 4 avenue du Granier Meylan
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Experimenta 2013

Salon
Phelma de Grenoble INP - Minatec 3 Parvis Louis Néel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Jérôme Villeneuve est le nouveau directeur de l'Hexagone

Nomination | La scène nationale de Meylan connaît officiellement le nom de son nouveau directeur : il s'agit de Jérôme Villeneuve, 34 ans (...)

Valentine Autruffe | Lundi 11 octobre 2021

Jérôme Villeneuve est le nouveau directeur de l'Hexagone

La scène nationale de Meylan connaît officiellement le nom de son nouveau directeur : il s'agit de Jérôme Villeneuve, 34 ans et président de l'association Arcan (Association ressource pour la création artistique numérique), qui organise plusieurs événements autour des arts, de la science et du numérique, comme Negotium ou DN[A]. Titulaire d'un doctorat en "Ingénierie de la Cognition, de l’Interaction, de l’Apprentissage et de la Création", il est également chercheur au sein de la cellule "Arts Numériques et Immersions Sensorielles", construite avec le Ministère de la Culture, le CNRS, l’Université Grenoble Alpes et installée au laboratoire GIPSA. Le profil de Jérôme Villeneuve, très orienté art et sciences, a logiquement été retenu pour l'Hexagone, dont un pan important de la programmation est tourné vers cette dualité : le théâtre organise notamment la biennale Experimenta, et travail

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Antoine Conjard, directeur de l’Hexagone : « On a le sentiment que la saison est terminée »

Spectacle | « Suite aux consignes nationales liées à la pandémie du Covid-19, nous sommes contraints d’annuler au minimum tous les spectacles prévus au mois de mars et avril 2020 » : c'est ce qu'a écrit l’équipe de l’Hexagone sur son site web, dès les mesures de confinement adoptées. On a appelé Antoine Conjard, le directeur de cette scène nationale arts sciences basée à Meylan, pour savoir s’il avait maintenant le recul pour nous en dire plus.

Aurélien Martinez | Jeudi 2 avril 2020

Antoine Conjard, directeur de l’Hexagone : « On a le sentiment que la saison est terminée »

Quel est le quotidien d’un directeur dont le théâtre est fermé ? Antoine Conjard : Il est particulier mais je me suis organisé pour être en connexion avec toute l’équipe. Très tôt, avant les décisions d’interdiction des rassemblements de plus de 1 000 personnes, on avait commencé à s’organiser en vue d’un possible confinement. On a fait en sorte que toute l’équipe de l’Hexagone puisse faire du télétravail dans de bonnes conditions : tout le monde en ce moment peut donc communiquer et se parler afin de préparer la suite. Quelle suite ? Imaginez-vous rouvrir le théâtre avant juin et la fin de la saison culturelle 2019/2020 ? Ça, on n’en sait rien. On avance au jour le jour en fonction des annonces du gouvernement, mais c’est sûr qu’on a le sentiment que la saison est terminée. Même si on ne peut pas le dire tant que ce n’est pas effectif. Qu’en est-il des spectacles qui ont dû être annulés du fait de la fermeture du théâtre ? Globalement, on a une position de principe : il faut faire en sorte que les cho

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Simple question de l’été #6 : pourquoi certaines salles de spectacle sont-elles subventionnées ?

ACTUS | S’il existe des salles de spectacle privées qui vivent (plus ou moins) bien, les salles publiques, elles, comptent sur la contribution des différents acteurs publics (ville, département, région, État…) lorsqu’elles bouclent leur budget annuel. Antoine Conjard, directeur de la scène nationale l’Hexagone de Meylan, nous explique pourquoi.

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Simple question de l’été #6 : pourquoi certaines salles de spectacle sont-elles subventionnées ?

« Si nous n’avions pas d’argent public, les places de spectacle de l’Hexagone qui sont à 12 ou 13€ en moyenne seraient à 40 ou 50€. C’est pour cela que les prix des places dans les salles privées sont plus élevés que ceux des salles publiques. Car après tout, accueillir des spectacles génère des coûts. Il faut entretenir l’espace dont on dispose, accueillir les artistes et les équipes, mais aussi rémunérer correctement les personnes qui travaillent au sein de notre structure. » Mais encore ? « Il faut aussi savoir que le secteur public spectacle vivant travaille à la création contemporaine, pour permettre l’échange entre les chercheurs que sont les artistes et les spectateurs. Nous voulons permettre à ces derniers de découvrir des formes de spectacle qu’ils n’auraient pas l’occasion de voir si nous n’existions pas. » Plus d'infos sur l'Hexagone de Meylan : www.theatre-hexagone.eu

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Biennale arts-sciences : les changements, c’est maintenant

Festival | On l’a appris au détour d’une conversation, l’Hexagone de Meylan n’ayant encore rien officialisé publiquement : la biennale arts-sciences Les Rencontres-i va changer de nom (ce sera Experimenta) et de dates (en février plutôt qu’en octobre). On a du coup essayé d’en savoir plus en allant directement à la source.

Aurélien Martinez | Mardi 28 mars 2017

Biennale arts-sciences : les changements, c’est maintenant

« On avait de nombreux noms pour nos différentes activités entre la biennale Arts-Sciences, les Rencontres-i, Experimenta… Il nous a paru important de nous recentrer en trouvant le format le plus immédiatement compréhensible à la fois pour le public de l’agglomération et pour nos partenaires extérieurs, notamment à l’étranger. » Voilà qui est clair comme nous l’a expliqué Antoine Conjard, directeur de l’Hexagone de Meylan et de la biennale arts-sciences que ce même Hexagone organise : le nom du « salon arts, sciences et technologies » organisé chaque année à Minatec devient le nom de la biennale dans son ensemble, les Rencontres-imaginaires étant délaissées pour une appellation plus explicite. « Pour la petite histoire, quand on en a parlé avec des partenaires japonais, pour eux il n’y avait pas photo : Experimenta était le nom le plus évident. Ils comprennent tout de suite ce que ça veut dire. » « On est sur du marketing territorial » Et quitte à changer le nom

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« Pour une ambition culturelle métropolitaine à la hauteur de la capitale des Alpes »

Tribune | En 2016, Grenoble Alpes Métropole définit ce que sera l’intérêt métropolitain dans plusieurs domaines afin de construire ses politiques publiques. Ainsi en est-il de la culture pour laquelle la nouvelle collectivité doit délimiter les contours de son engagement. Au-delà de l’éventuel transfert d’équipements à l’euro près entre les communes et la métropole, c’est l’occasion de faire le point sur ce qu’est la culture à Grenoble et son agglomération et sur l’ambition que cette réflexion peut nourrir.

Antoine Conjard, directeur de l’Hexagone Scène Nationale Arts Sciences | Mardi 24 mai 2016

« Pour une ambition culturelle métropolitaine à la hauteur de la capitale des Alpes »

Dans l’histoire de la décentralisation, la vie culturelle grenobloise est un creuset de la vie culturelle française. Aujourd’hui encore les artistes et acteurs culturels grenoblois sont des références et irriguent nombre de réseaux à l’échelle européenne et internationale. Mon intention ici n’est pas de faire un inventaire exhaustif mais de faire prendre conscience de la chance que chaque habitant de l’agglomération a d’avoir la possibilité d’être au contact d’œuvres et d’artistes qui participent du mouvement mondial des idées, des émotions. L’importance de ce contact interdit toute politique de repli et engage à articuler action territoriale et ouverture internationale. Nous n’avons pas suffisamment conscience de cette chance, qui trop souvent est confondue avec une forme d’élitisme. Gageons que la formule de Jean Vilar « élitaire pour tous » soit toujours et plus que jamais d’actualité : offrir le meilleur au plus grand nombre. La culture, a contrario d’un bien matériel, ne s’épuise pas dans sa consommation mais se démultiplie dans le partage. « S’élever, d’urgence! » Le rapport à la création et à l’art en général est un moyen unique pour chaqu

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On va voir quoi ?

SCENES | La biennale arts sciences Les Rencontres-i débute cette semaine. Une fois n’est pas coutume, nous n’avons quasiment pu voir aucun des spectacles programmés pendant ces dix jours de festival. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas vous parler de ceux qui nous donnent envie! Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 26 septembre 2013

On va voir quoi ?

À la rue, O. Bloque Débuter un festival arts sciences par un spectacle de l’auteure et metteuse en scène Marina Damestoy, notamment connue pour avoir initié les mouvements sociaux Génération Précaire et Jeudi-Noir, tel est le premier pari des Rencontres-i. Une création sur une jeune femme issue d’une famille aisée qui devient SDF par la force des choses, et dont on nous a vanté la pertinence du propos. Vendredi 4 octobre à 20h et samedi 5 à 18h, au CLC (Eybens) Robot ! Faire danser des robots? Une idée originale de l'exubérante chorégraphe espagnole Blanca Li. Sur scène, aux côtés des danseurs, on retrouvera donc des petits robots appelés Nao – ceux qui dansent le mieux parmi la faune robotique selon l’artiste. On veut bien la croire, tant les vidéos disponibles le prouvent. Reste à savoir si tout ceci fera spectacle... Vendredi 4 et samedi 5 octobre à 20h, à l’Hexagone (Meylan) Bionic Orchestra 2.0 Deuxième version de cette proposition du beatboxer Ezra, présentée en 2011 toujours dans le cadre des Rencontres-i : une création musicale, visuelle et interactive mêlant human

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La science des rêves

SCENES | En 2003, les Rencontres-i voyaient le jour. Impulsé par l’Hexagone de Meylan et le CEA, ce qui deviendra par la suite une biennale s’intéresse d’emblée aux (...)

Aurélien Martinez | Mardi 3 septembre 2013

La science des rêves

En 2003, les Rencontres-i voyaient le jour. Impulsé par l’Hexagone de Meylan et le CEA, ce qui deviendra par la suite une biennale s’intéresse d’emblée aux relations entre art et science. Si, au début, on a eu un peu de mal à comprendre où l’équipe organisatrice voulait aller (on se souvient par exemple d’une édition 2009 un brin confuse), force est de constater que le projet s’affine et devient bigrement intéressant – l’Hexagone se transforme même cette saison en « scène nationale arts sciences », ce qui la différencie encore plus de l’autre scène nationale du coin (la MC2). Pour cette septième édition, en plus du salon Experimenta, on pourra découvrir de nombreux spectacles (Blanca Li, Daniel Danis, Pierre Meunier, Mathurin Bolze...) dans la dizaine de salles de l’agglo partenaires. Plus d’infos dans le Petit Bulletin du 25 septembre. AM Les Rencontres-i, du jeudi 3 au dimanche 13 octobre.

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C’est notre choix

SCENES | Une sélection subjective et arbitraire de quelques évènements incontournables du festival. AM

François Cau | Vendredi 16 septembre 2011

C’est notre choix

Un parcours inaugural Les Rencontres-i 2011 débuteront avec un parcours original, l’équipe de la biennale aimant beaucoup les parcours - elle en proposera de nombreux. À 16h30, rendez-vous à la gare téléphérique, pour monter à la Bastille assister au vernissage des expositions Degrés de lumière et T.O.E. La première se propose d’associer lumière et musique, les trois artistes italiens ayant étroitement collaboré avec deux chercheurs du CEA. La seconde, conçue pour le Centre d’art Bastille, est une exposition collective autour de la notion d’énergie (le thème de ces Rencontres-i). À 18h30, départ pour le CCSTI – La Casemate où sera présentée XYZT, les paysages abstraits, l’exposition d’Adrien Mondot et de Claire Bardainne dont on attend énormément (on vous en reparlera une fois vue). À 20h45, tout le monde sera confortablement installé sur les sièges de l’Hexagone de Meylan pour découvrir une ébauche de L’Écorce du vent, projet autour de la lumière qui a gagné le prix A.R.T.S 2010 (un prix créé par l’Atelier arts-sciences dans le but de récompenser les collaborations innovantes et fructueuses entre artistes et scientifiques). Et la soirée se terminera p

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Science friction

SCENES | FESTIVAL/ À la fin du mois débuteront les Rencontres-i, organisées par l’Hexagone de Meylan. Une biennale arts-sciences en plein développement qui s’impose petit à petit comme l’un des évènements culturels de l’agglo les plus excitants. Rien que ça, oui. Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 16 septembre 2011

Science friction

La science d’un côté, l’art de l’autre. Les deux se regardent en chien de faïence. « Pourquoi vient-il me sucrer une part de budget pour des bagatelles de bobos quand moi, je travaille pour l’avenir de l’humanité ? » s’exclame la première, sûre d’elle et de sa légitimité. « Espèce de technophile sans aucune humanité qui va nous mener droit dans le mur » lui rétorque le second, d’un ton dénigrant et méprisant. Le décor est planté : on pourrait avoir ici affaire à un western moderne où deux mondes qu’a priori tout oppose s’affronteraient dans une lutte sans merci. Mais rien de tout ça. Car l’on est à Grenoble, là où rien ne se passe jamais comme on l’attend. Grenoble : une terre d’asile pour les scientifiques les plus réputés, carrément surnommée la « Silicon Valley » à la française par les plus ambitieux du fait de son positionnement en recherche et développement. Un territoire riche en laboratoires, universités et entreprises, également généreusement pourvu niveau culturel, à la grâce de politiques passées volontaristes (on cite souvent le Conseil général dans ce cas-là, alors citons-le) et d’acteurs locaux extrêmement impliqués. Ce qui fait dire là aussi aux plus ambitieux que

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« Pour une politique culturelle d’agglomération »

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Aurélien Martinez | Vendredi 24 septembre 2010

« Pour une politique culturelle d’agglomération »

Le bassin grenoblois est extrêmement riche culturellement, notamment niveau spectacle vivant. On dénombre ainsi deux douzaines de plateaux de théâtre (dont deux scènes nationales : la MC2, la plus grande de France, et l’Hexagone, l’une des plus petites), offrant ainsi au public un choix considérable. Un public qui suit souvent en nombre, comme nous l’ont tous affirmé les directeurs, et comme nous pouvons nous en rendre compte chaque soir. Des spectateurs qui voyagent de ville en ville, sans se soucier des frontières administratives. À l’Hexagone par exemple, selon son taulier, un tiers du public vient de Meylan, un autre tiers de Grenoble et un dernier tiers de l’agglo (hors Grenoble). Pourtant, il n’existe pas de politique culturelle d’ensemble gérée par l’agglomération, ce que regrettent unanimement les directeurs que l’on a interrogés, comme nous l’explique Jacky Rocher de la Rampe : « Il va vraiment falloir se questionner là-dessus. Parce que si jamais les resserrements budgétaires devenaient trop importants, j’ai un peu peur des réflexes d’un certain nombre de villes et d’élus qui fassent des politiques culturelles pour leur ville exclusivement. C’est un immense

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Baisse-moi

ACTUS | Comment un directeur de salle aborde cette rentrée où sont annoncées des baisses de financements de toutes parts (État, département…). Comment voit-il l’avenir compte tenu de ces incertitudes ? Quel regard porte-t-il sur son métier et sur les activités culturelles en général ? On a rencontré trois des principaux directeurs de salle de l’agglo pour évoquer avec eux ces sujets. Magnéto. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 24 septembre 2010

Baisse-moi

En France, les activités culturelles sont financées à hauteur de 70 à 80% par les collectivités locales. Ainsi, un théâtre comme l’Hexagone reçoit 22% de ses subventions de la part de l’État, les 78 % restants provenant des collectivités – la ville de Meylan en premier lieu, puis le conseil régional, et enfin le conseil général. Or, outre la possible suppression de la clause de compétence générale (1) un temps prévue par la réforme des collectivités territoriales, plusieurs facteurs pourraient condamner ces financements multiples : que ce soit du côté des collectivités territoriales, en quête constante de financement du fait du transfert de nombreuses compétences sur leurs épaules, et de la disparition de certaines de leurs recettes, ou du côté de l’État avec sa politique de diminution de ses coûts de fonctionnement (2). «Les flous ne sont jamais bénéfiques» «Que font les collectivités locales aujourd’hui ? On leur a supprimé la taxe professionnelle, on leur dit qu’il y aura des compensations en euros constants garanties sur deux-trois ans – quid d'après ? Donc, les collectivités elles-mêmes prennent peur, font gaffe et anticipent. La plupa

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