Zoom sur les artistes de la 15e Cuvée grenobloise

MUSIQUES | La fameuse compilation dédiée à la scène locale sort ce mercredi 27 janvier. Qui trouve-t-on dessus ? Et quels groupes joueront cette semaine à la Bobine, à la Bibliothèque centre-ville ou à la Belle électrique pour la promouvoir ? Réponses.

Stéphane Duchêne | Mardi 26 janvier 2016

À force de cuvées, la grenobloise, ourdie par Retour de scène-Dynamusic, devrait finir par s'autoproclamer AOC : Sainte-Émergence ou Château-La Pompe à talents. Le nom reste à trouver et, pour l'heure, c'est donc Cuvée grenobloise, 2016 et 15e millésime. Comme chaque année, le jury de la désormais fameuse compilation de talents locaux (émergents à divers niveaux) s'est enfilé quelques bonnes rasades de production locale avant d'en sélectionner un échantillon représentatif de nectar du cru.

Représentatif car au-delà de la qualité intrinsèque et de l'engagement des acteurs (critères essentiels), tous les genres se trouvent ainsi représentés, un peu à la manière des sélections régionales du Printemps de Bourges. Il n'est pas de chapelle musicale qui passe sous le radar : rouge qui tache rock et son tanique avec Quintana, blanc acide coupé à la vodka de Cash Misère (prime de la meilleure étiquette pour le titre Poursuitovksy), chanson sulfatée de Bleu, ou reflets abstraits d'un Dzihan ou d'un Nikitch, étoiles montantes de l'électro.

De même, les mélanges ne sont non seulement pas interdits mais surtout conseillés à l'exemple de Fill, drôle de trip-pop au détachement aristocratique assaisonné de street spirit hip-hop. Sans parler du blues en bulu (un dialecte camerounais) de Maya Kutsi, l'une des pépites de la compilation, à notre humble avis, avec le folk aérien de Dear Blue Bears (photo) et la pop so british revival 80's de Selfish Doll : trois preuves que le fait d'appartenir à ce qu'on appelle communément une scène locale ne veut plus dire grand-chose à l'heure du village global musical.

Ce que le dub arabisant de Saadji fait plus que confirmer main dans la main avec Tactical Groove Orbit qui, bien que très différents, semblent tous deux avoir été nourris à la même sève dub d'une célèbre fondation asiatique – les époques passent mais le dub reste à Gre. La vigne de tous ces groupes est peut-être plantée sur les coteaux qui surplombent la cuvette grenobloise, mais à n'en pas douter leurs cépages viennent parfois de très loin et auraient partout ailleurs pu donner le même vin ou presque. C'est sans doute pourquoi l'AOC n'est pas si importante.

Cuvée grenobloise, sortie le mercredi 27 janvier. Points de vente : Fnac Victor Hugo, la Bifurk, billetterie des concerts de Retour de scène–Dynamusic et par correspondance.

Les concerts prévus.


Nouvelle Cuvée Grenobloise


Bibliothèque centre-ville 10 rue de la République Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Cuvée Grenobloise

Nikitch (électro) + Akor & Tracker (ghetto funk)
Bar-restaurant de la Belle Électrique 12 esplanade Andry-Farcy Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Cuvée Grenobloise

Scène locale
La Bobine 42 boulevard Clemenceau Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Cuvée grenobloise : l'appel est ouvert !

Scène locale | Comme à chaque rentrée, on vous signale l’appel à participation de la Cuvée grenobloise, ce dispositif de soutien à la scène locale qu’on ne présente plus. (...)

Hugo Verit | Mardi 7 septembre 2021

Cuvée grenobloise : l'appel est ouvert !

Comme à chaque rentrée, on vous signale l’appel à participation de la Cuvée grenobloise, ce dispositif de soutien à la scène locale qu’on ne présente plus. Si ? Vraiment, vous ne connaissez pas ? Bon d’accord… Toujours portée par l’association Retour de Scène, la Cuvée a pour objectif de valoriser des artistes locaux « à travers la diffusion, la formation, la programmation et la mise en réseau ». En résumé, les lauréats ont l’occasion de rencontrer du beau monde et, surtout, de jouer sur de jolies scènes du territoire (Magic Bus, Cabaret Frappé…). Attention, ne postulez pas si : votre expérience scénique se limite à un tour de chant devant papa, maman et tonton ; votre truc, c’est les reprises ; vous êtes déjà pas loin de la gloire ; vous n’êtes pas isérois. Rien de tout cela ? Alors la Cuvée vous tend les bras… tout du moins jusqu’au 19 septembre, date limite d’envoi des candidatures.

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"The Father" : ça tourne pas daron

ECRANS | L'écrivain français Florian Zeller adapte l’adaptation britannique de sa pièce à succès en embarquant une distribution et une équipe technique expérimentées. Le résultat s’avère conforme aux craintes : un aimant à Oscar lisse et propret ayant plus à voir avec le théâtre que le cinéma.

Vincent Raymond | Jeudi 20 mai 2021

Octogénaire vivant dans un vaste appartement londonien, Anthony (Anthony Hopkins) sombre dans la démence. Pour lui, le temps se diffracte : il confond présent et passé, sa fille Anne (Olivia Colman) avec l’assistante de vie, oublie jusqu’à la mort de sa cadette… Sa perception relative de cette altération affecte son humeur, le rendant agressif et paranoïaque. D’ultimes protections avant le lâcher-prise final… Tant de dithyrambes ont déjà été dites et écrites sur Le Père (pièce et film) que porter un avis contraire semble tenir d’une posture stérilement provocatrice façon Serge Kaganski époque Amélie Poulain ; tentons toutefois d’avancer quelques arguments… S’il n’est pas rare qu’un triomphe de la scène trouve une prolongation "naturelle" sur les écrans, métamorphoser un matériau théâtral en projet cinématographique n’en demeure pas une affaire aisée. S’affranchir de la contrainte du huis clos que la scène impose généralement constitue la principale préoccupation des réalisateurs : certains s’en accommodent en créant d’artificielles "aérations" visuelles, d’autres laissent le flux et la tension verbale sculpter les séq

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Tigadrine : coup de blues (sahraoui) à la fac

Concert | Alors que les scènes sont toujours fermées (on le saura), le campus de l'Université de Grenoble a accueilli en résidence le blues iséro-sahraoui de Tigadrine, dont une captation live est proposée ce jeudi sur les réseaux.

Stéphane Duchêne | Mercredi 10 février 2021

Tigadrine : coup de blues (sahraoui) à la fac

Dans la famille blues touareg, aussi vaste que le Sahara dans l'ombres des parrains Tinariwen, je demande les cousins grenoblois. Et voici donc Tigadrine, sélectionné dans la dernière Cuvée grenobloise. Le groupe de Saint-Martin-d'Hères était ces jours derniers en résidence sur le campus de l'Université de Grenoble. Il y a enregistré un concert joué devant un parterre de professionnels de la profession, qui sera diffusé ce jeudi 11 février. Le genre d'initiatives qui sera renouvelé chaque mois par l'association SEVE et Mix'Arts pour donner un peu de baume au cœur de la déshérance étudiante actuelle. Tigadrine donc : de la tradition touareg, mise en bouture avec le funk et le blues, comme d'usage chez les artilleurs nomades, Tigadrine, fondé en 2018, a hérité cet invraisemblable sens du groove qui convoque volontiers quelques déhanchés reggae. Mais la tradition en question, qui recouvre le Sahara, du Sud de l'Algérie au Mali, en passant par le Tchad et le Niger, explore ici davantage sur les confins occidentaux du genre, à savoir le Sud-Maroc, les styles assouf et ishumar et les dialectes hassani et berbères. Elle se métisse même, puisque, c'est un fait, le désert gagne

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Du classique... et du nouveau !

Cuvée grenobloise | Ouf ! La crise sanitaire n’est pas venue à bout de la Cuvée grenobloise, qui adopte une forme nouvelle pour sa vingtième édition. On en a discuté avec Retour de Scène, l’association qui soutient le projet depuis 2014.

Martin de Kerimel | Lundi 8 février 2021

Du classique... et du nouveau !

Avouons-le tout net : on aurait bien aimé avoir entre les mains le nouveau CD de la Cuvée grenobloise. Il faudra faire sans : en cette année très particulière, les artistes amateurs réunis par Retour de Scène ne seront pas regroupés sur une compilation. En revanche, l’association a déjà commencé à les mettre en avant autrement, c’est-à-dire avec des playlists sur les plateformes de streaming musical (Deezer, Spotify et Soundcloud) ou des vidéos Micro Cuvée, sur Youtube et les réseaux sociaux. Quatorze groupes sont ainsi propulsés dans la lumière pour cette édition 2021. Désormais, au total, ce ne sont pas moins de 250 formations qui ont bénéficié de ce dispositif, lancé d’abord par l’association Dynamusic et repris, donc, par Retour de Scène. « Ce qui marque une étape importante cette année, ce n’est pas tellement cet anniversaire, mais plutôt le remplacement de notre support de promotion physique par d’autres outils, note Pascal Souvignet, chargé de l’accompagnement artistique au sein de l’association. La Cuvée sera moins figée dans le temps. C’est important, dans la mesure où les artistes émergents évoluent beaucoup. » Rock, élec

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Fameux florilège

MUSIQUES | Punk rap. Artiste polyvalent, Bleu Russe signe un best of remarquable, éclectique et enrichi de morceaux inédits. On l'a écoute et trouvé très bon, jusque dans ses collaborations avec d'autres musiciens.

Hugo Verit | Mardi 8 décembre 2020

Fameux florilège

/ Punk rap Chaque sortie de Bleu Russe est un mélange de surprise et d’évidence. Comme s’il était toujours là où l’on s’attendait à ne pas l’attendre… Et c’est peut-être bien cet équilibre – instable donc subtil – entre cohérence absolue et liberté totale qui donne à son œuvre autant de puissance. Ça n’a jamais été aussi limpide qu’à l’écoute de Poubelle Marron, un best-of soigneusement désordonné augmenté de quelques morceaux inédits, un autoportrait foutraque, malicieux, profond, dur et tendre : très ressemblant. Voilà cinq ans que David Litavicki (son nom sur ses papiers d’identité) a lancé ce projet solo de rap/rock/punk/pop/etc. Quatre albums et un EP dont ce nouveau disque retrace brièvement l’histoire, de son point de départ avec Javel, un premier tube sans batterie, au plus récent La beauté du geste, doux manifeste irrévocable. Une plongée dans tout ce qui fait le style de Bleu Russe : son écriture en cut-up ciselé, sa colère toujours justifiée contre les administrations, une certaine sublimation de la banalité des existences, des instrus précises et efficaces. Et surtout, un sérieux penchant pour le collectif. On compte beaucoup

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La Belle continue en extérieur

MUSIQUES | Concerts / Après une première édition en juillet dernier qui avait rencontré un joli succès, la Guinguette de la Belle Électrique fait son retour du 10 au 20 septembre sur l’esplanade Andry Farcy sous une forme un peu plus ambitieuse. Revue de détail.

Damien Grimbert | Mardi 8 septembre 2020

La Belle continue en extérieur

Ç'avait été l’une des surprises bienvenues de juillet dernier : loin de céder au marasme ambiant post-confinement, l’équipe de la Belle Électrique avait retroussé ses manches et organisé, avec les moyens du bord, trois soirs par semaine et pendant trois semaines, une programmation gratuite en plein air réunissant concerts, DJ-sets, bar et food truck sur l’esplanade juste à côté du lieu. Une proposition qui avait su fédérer un large public dans une ambiance très conviviale, sans contrevenir pour autant aux réglementations sanitaires en vigueur. À défaut de pouvoir maintenir l’édition 2020 de leur festival Jour et Nuit, les organisateurs ont donc décidé de remettre le couvert deux semaines durant en septembre, tout en s’offrant le luxe de "booster" un peu l’ampleur de leur programmation par la même occasion. Si la première semaine ne démérite pas, avec notamment un plateau rock/garage le vendredi, une soirée pop/électro le samedi et une jolie proposition afro-caraïbes le dimanche, c’est surtout la deuxième semaine qui retient notre attention en termes d’affinités musicales. On attend en effet beaucoup du retour des talentueux Hollandais du Mauskovic Dance Band, dont le curieux sy

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Avis aux amateurs !

MUSIQUES | Accompagnement / C’est dans une atmosphère de doutes mêlés d’espoir que Retour de Scène-Dynamusic lance son traditionnel appel à candidature pour la Cuvée grenobloise 2021.

Hugo Verit | Mardi 8 septembre 2020

Avis aux amateurs !

Ce dispositif de valorisation et d’accompagnement de la scène locale est lui aussi impacté par la crise sanitaire : « Notre objectif premier est de diffuser les artistes en organisant des événements donc tout reste incertain sur ce point. Mais l’idée est aussi de communiquer régulièrement et de proposer des formations, d’organiser des rencontres avec des professionnels », rappelle Pascal Souvignet, chargé de l’accompagnement artistique. En plus de l’épidémie, la 20e édition de la Cuvée grenobloise est surtout marquée par un changement majeur : la disparition de la compilation habituelle qui sortait en format physique et numérique. Une grande première : « Sortir une compilation implique une forte exigence sur la qualité de réalisation des morceaux. On avait donc tendance à sélectionner des groupes déjà bien avancés dans leur développement. Cette année, on s’ouvre plus vers une sphère d’amateurs très motivés qui ont besoin de soutien. On s’intéresse à la globalité du projet. » À la place de la compilation, Retour de Scène promet « une campagne de diffusion plus régulière et plus interactive, en publiant plusieurs playlists numériques au c

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Bleu Russe, la rage décontractée

Musique | Présentation d'albums (1/3) : Le Petit Bulletin vous propose une nouvelle mini-sélection de disques. Nous avons tout particulièrement aimé les dernières livraisons de Bleu Russe.

Damien Grimbert | Mardi 23 juin 2020

Bleu Russe, la rage décontractée

En dépit de ses cinq années d’existence et d’une discographie mine de rien déjà conséquente, il nous aura fallu un certain temps pour apprivoiser la musique de Bleu Russe, projet solo de David Litavicki (Churros Batiment, Poupard…). Le temps peut-être pour l’artiste de s’affranchir de certaines influences originelles un peu trop présentes à ses débuts (celles du Toulousain Arnaud Michniak et de son groupe Programme pour n’en citer qu’une)… Et pour nous de s’habituer à son flow en mode spoken-word, assez particulier. Sortis respectivement en février et en mai, Serrures et Palmiers, son dernier album, et Missives d’Amour vol. 2, sa dernière mixtape, viennent cependant confirmer ce qu’on avait déjà pressenti lors de ses derniers passages live : l’alchimie entre chant et instrumentaux fonctionne désormais à plein régime, ces derniers, piochant dans une gamme de registres bien trop vaste pour être ici énumérée, dépassant amplement leur simple statut « fonctionnel » pour se révéler de précieux alliés à la création d’une ambiance propre à sublimer les textes incisifs de l’artiste. Désormais frontalement assumé, le caractère parfois bancal du projet est devenu un vérit

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Filles de joie

"Filles de joie" : les mamans et les putains | De Frédéric Fonteyne & Anne Paulicevich (Fr.-Bel., int.-12 ans avec avert., 1h21) avec Sara Forestier, Noémie Lvovsky, Annabelle Lengronne…

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Filles de joie

Axelle, Dominique et Conso, trois voisines du Nord de la France, franchissent la frontière belge chaque jour pour proposer leurs faveurs en maison close afin d’améliorer un ordinaire misérable. Leurs rêves sont en berne. L’usure morale le dispute à la déchéance physique et au mépris des proches… Comme chez Brassens, « c’est pas tous les jours qu'elles rigolent /Parole, parole », les trois “filles“ du titre. La joie reste sous cloche dans ce film à la construction aussi subtile que décalée, rendant bien compte de la situation bancale de chacune au sein du groupe, autant que de leur individualité. Nous ne sommes pas ici dans l’habituel configuration des filières de l’Est ou du Sud et des portraits de filles réduites en esclavage par des réseaux mafieux, puisque ces travailleuses du sexe n’ont pas de souteneur. En apparence, seulement : l’argent qu’elles gagnent si péniblement ne leur profite pas, servant à nourrir la mère azimutée et les gosses de l’une, financer les extras des enfants ingrats de l’autre, alimenter les rêves chimériques d’extraction sociale de la troisième… La prostitution est rarement un choix, et le trio composé par Frédéric Fonteyne

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"La Fille au bracelet" : maillons à partir avec la justice

ECRANS | De Stéphane Demoustier (Fr., 1h36) avec Melissa Guers, Chiara Mastroianni, Roschdy Zem…

Vincent Raymond | Mardi 11 février 2020

Sur une plage estivale, la police interpelle Lise, 16 ans. Deux ans plus tard, la cheville ceinte d’un bracelet électronique, la jeune femme s’apprête à comparaître pour l’assassinat de sa meilleure amie. Le procès va révéler un visage insoupçonné de Lise. En particulier pour ses parents… Deux plans d’une brillante maîtrise encadrent La Fille au bracelet : l’interpellation de Lise, vue à distance sans autre son que le bruit océanique des vacanciers alentour ; et puis Lise, une fois le jugement prononcé, accomplissant un geste si particulier qu’il ne permet pas de statuer sur son innocence ni sa culpabilité. Deux plans qu’on aurait pu voir chez Ozon ou Haneke, exposant sans imposer, donnant en somme la "règle du jeu" au public : « Voici les faits objectifs, à vous de vous prononcer en votre âme et conscience. » Certes, si l’on en sait un peu plus que des jurés lambda en s’invitant dans le foyer familial de la jeune fille un peu avant et pendant le procès, ce film de prétoire suit scrupuleusement la procédure, dans son crescendo dramatique ponctué de révélations, coups et rebondissements, sans jamais désopacifier l’affaire, b

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"Portrait de la jeune fille en feu" : consumée d’amour

ECRANS | Sur fond de dissimulation artistique, Céline Sciamma filme le rapprochement intellectuel et intime de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Noémie Merlant / Adèle Haenel, qui a récolté le Prix du scénario au dernier Festival de Cannes.

Vincent Raymond | Lundi 16 septembre 2019

Fin XVIIIe. Officiellement embauchée comme dame de compagnie auprès d’Héloïse, Marianne a en réalité la mission de peindre la jeune femme qui, tout juste arrachée au couvent pour convoler, refuse de poser car elle refuse ce mariage. Une relation profonde, faite de contemplation et de dialogues, va naître entre elles… Il est courant de dire des romanciers qu’ils n’écrivent jamais qu’un livre, ou des cinéastes qu’ils ne tournent qu’un film. Non que leur inspiration soit irrémédiablement tarie au bout d’un opus, mais l’inconscient de leur créativité fait ressurgir à leur corps défendant des figures communes, des obsessions ou manies constitutives d’un style, formant in fine les caractéristiques d’une œuvre. Et de leur singularité d’artiste. Ainsi ce duo Héloïse-Marianne, autour duquel gravite une troisième partenaire (la soubrette), rappelle-t-il le noyau matriciel de Naissance des pieuvres (2007) premier long-métrage de Céline Sciamma : même contemplation fascinée pour une jeune femme à l’aura envoûtante, déjà incarnée par Adèle Haenel, mêmes souffrances dans l’affirmation d’une ide

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Céline Fuchs, nouvelle directrice de l'Heure bleue : « Le projet de Saint-Martin d’Hères m’intéressait bien »

ACTUS | On a rencontré la nouvelle directrice de la salle martinéroise avant la présentation de saison prévue mercredi 11 septembre.

Nathalie Gresset | Mardi 10 septembre 2019

Céline Fuchs, nouvelle directrice de l'Heure bleue : « Le projet de Saint-Martin d’Hères m’intéressait bien »

Après avoir été pilotée pendant 12 ans par Vincent Villenave, désormais directeur du Grand Angle à Voiron, la scène régionale de l’Heure Bleue de Saint-Martin-d’Hères s’est dotée d’une nouvelle directrice artistique en la personne de Céline Fuchs. La Spinalienne d’origine, qui a pris ses fonctions le 8 juillet en tant que directrice du spectacle vivant de la mairie, connaît déjà bien la région :« j'ai fait mes études à l’Institut de géographie alpine de Grenoble dont j’ai été diplômée en 2000. J’ai ensuite commencé ma carrière comme muséographe pour le Musée dauphinois et d’autres lieux. En parallèle, j’étais aussi pas mal impliquée dans le milieu associatif au sein de structures comme Cap Berriat, Peuple et culture… » En 2005, c’est à Rumilly en Haute-Savoie qu’elle se rend pour parfaire son expérience en travaillant 14 ans pour la mairie, d’abord comme responsable du service culturel, puis, à partir de 2010, en tant que directrice artistique et administrative

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La rentrée ciné 2019, au(x) fil(ms) des semaines…

ECRANS | Sortie triomphalement au printemps, "Parasite" de Bong Joon-ho, la Palme d’or du dernier Festival de Cannes, laisse un boulevard aux films de l’automne, qui se bousculent au portillon. À vous de les départager ; ex aequo autorisés.

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

La rentrée ciné 2019, au(x) fil(ms) des semaines…

18 septembre Avec Portrait de la jeune fille en feu, Céline Sciamma (Bande de filles, Tomboy, Naissance des pieuvres...) filme, sur fond de dissimulation artistique, le rapprochement intime et intellectuel de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Noémie Merlant / Adèle Haenel. Prix du scénario à Cannes. À la même date, venu de Venise et des étoiles, Ad Astra, dans lequel James Gray embarque Brad Pitt pour un voyage galactique – après le Tarantino, Brad place ses billes pour l’Oscar. 25 septembre Dans un futur proche, un petit village aid

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"Haut les filles" : 36 chants d’elles

ECRANS | de François Armanet (Fr, 1h19) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 2 juillet 2019

Alors que la scène française contemporaine semble renaître grâce à l’énergie des rockeuses, François Armanet part à la rencontre de quelques-unes de celles qui ont marqué de leurs voix, textes, notes et présence le dernier demi-siècle… Ce panorama du rock au féminin, à la fois agréable et foutraque par son côté joyeusement a-chronologique, s’avère fatalement frustrant : il manque forcément dans cette évocation les témoignages des disparues dont on aurait aimé entendre le point de vue (et d’écoute), comme France Gall. Et puis on déplore les impasses sur quelques voix importantes, telle que celle de Corine Marienneau (ex Téléphone), trop souvent marginalisée, ou celle de Zazie aux abonnées absentes, quand certaines artistes du moment se retrouvent sur-représentées. Le showbiz ne change pas, infligeant ses purgatoires ici, cajolant ses favoris là… Heureusement, il accorde une place prépondérante à cette figure majeure qu’est Françoise Hardy, dont la carrière et le parcours à nul autre pareil vaudraient bien une dizaine de documentaires. Sa voix posée et ses mots simples tranchent avec le commentaire spiralé lu par par Élisabeth Quin, tout droit

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"Liz et l'oiseau bleu" : flûte à bec

ECRANS | De Naoko Yamada (Jap, 1h29) animation

Vincent Raymond | Mardi 16 avril 2019

Mizore, hautboïste timide, a toujours été fascinée par Nozomi, sa si solaire camarade flûtiste. Alors que se profile le concours musical de fin d’année, les deux lycéennes sont troublées par les résonances à leur propre relation causées par le morceau choisi, Liz & l’oiseau bleu… À l’instar de l’anamorphose grotesque chibi ou du méchant arborant un inamovible sourire sardonique, la lycéenne en uniforme et jupe courte constitue une figure classique du manga comme de l’anime : elle incarne un idéal intemporel à la fois évocateur d’une forme de nostalgie et de désir, et permet une excellente identification du public lorsque la trame fait vibrer une corde sensible. Ce qui est le cas ici – et le sera encore prochainement dans le joli mélo Je veux manger ton pancréas de Shinichiro Ushijima (sur les écrans le 21 août). Dans cette histoire gouvernée par les non-dits d’une introvertie, les sentiments s’expriment au-delà des paroles grâce à des regards échangés ou aux modulations de la musique : langage autant qu’art, elle souffre de l’altération du lien entre Mizore et Nozomi. Un malentendu en est la cause, prouvant l’in

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La Tête bleue, un lieu culturellement « undergroud et basé sur l’autogestion »

ACTUS | À Grenoble, au milieu de la rangée de pizzerias des quais, se trouve La Tête bleue, salle « underground », associative et multidisciplinaire. À sa tête, Laurence Jugie et son petit groupe d’amis passionnés de culture. Ils nous ont ouvert les portes à la veille d’un nouveau concert.

Alice Colmart | Mardi 29 janvier 2019

La Tête bleue, un lieu culturellement « undergroud et basé sur l’autogestion »

« La Tête bleue, c’est une référence à l’un des accessoires du lieu qui sert de présentoir à mes chapeaux » raconte Laurence Jugie, notamment chapelière et, surtout, l’une des créatrices de cette petite salle de 70m² lovée sur le quai Perrière. Ici, « tout est artisanal », de la décoration de la scène (recouverte de tapis aux allures orientales) au concept. « On peut à la fois assister à des expos, des projections de films, des performances, des concerts… » C'est en 2012 que naît le projet, un peu par hasard. « La mairie avait mis aux enchères ce local et on ne voulait pas que ce soit une autre pizzeria comme il y en a déjà énormément sur les quais ! Au début, ça a été gênant pour nos voisins. En plus d’une peur de concurrence, il y avait une incompréhension sur nos activités. » Des activités très variées donc… « Un véritable espace de travail » Côté concert par exemple, la salle accueille toute l’année des groupes pop-rock, des artistes de chanson française, des DJs… Samedi 2 février,

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"À cause des filles..?" : les surprises de l'amour de Pascal Thomas

ECRANS | À la fois désuète et très contemporaine, cette imbrication de sketches parlant de l’éternel jeu de chat et chien que se jouent femmes et hommes signe le retour de Pascal Thomas dans son genre de prédilection : la comédie de mœurs chorale. Sous le satin, le papier de verre…

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Sortant de l’église où elle vient de convoler, une mariée voit avec stupeur son époux s’enfuir avec une autre femme. Lors de la noce qui s’ensuit, invités et témoins de ce coup de théâtre rivalisent d’anecdotes illustrant l’insondable versatilité de la vie conjugale… Les plus vénérables se souviendront du film de Clément Duhour La Vie à deux (1958), florilège d’histoires de couples glanées dans les œuvres de Guitry dessinant une mosaïque du tandem conjugal à l’époque du vieux maître. Le réalisateur Pascal Thomas nous offre une réactualisation de ce portrait de plus en plus abstrait, de sa touche alerte et fantaisiste. Défauts inclus : on ne le reprendra plus sur ses post-synchro hasardeuses qui, avec le temps, confinent à la marque de fabrique autant que ses distributions d’habitués (Christian Morin, Bernard Ménez, Victoria Lafaury) ou ses aphorismes. Celles qui nous ont bien eus Parmi cette collection de sketches, certains semblent adaptés de ces histoires insolites (et pourtant authentiques) jadis racontées par Pierre Bellemare – telle celle du chauffeur de taxi père

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La Cuvée grenobloise : 18 ans et du changement

ACTUS | Alors que sort ce mercredi 30 janvier le 18e volume de sa compilation annuelle et toujours aussi éclectique de jeunes talents locaux, "La Cuvée grenobloise" opère cette année quelques ajustements dans son dispositif d'accompagnement scénique.

Stéphane Duchêne | Lundi 28 janvier 2019

La Cuvée grenobloise : 18 ans et du changement

Avec le volume 18 de sa traditionnelle compilation, la Cuvée grenobloise célèbre en quelque sorte sa majorité, et prouve à quel point la source de l'émergence musicale iséroise ne semble pas prête de se tarir. Cette année, le dispositif a frôlé la centaine de candidatures, son jury de professionnels en ayant sélectionné 12. Certains projets n'en sont qu'au tout début de leur parcours quand d'autres sont plus chevronnés : une volonté à part entière nous a confié Pascal Souvignet, coordinateur du projet pour l'association Retour de scène-Dynamusic, que de suivre des artistes à différents stades d'une jeune carrière. Esthétiquement aussi la cuvée ratisse large puisque la chanson (Leïla Huissoud, à qui on a remis un PB d'or l'an passé) y côtoie le métal (les bien nommés Titans Fall Harder qui tombent sacrément drus), le punk jovial (Resto Basket) l'électro pop cheloue (Bleu Tonn

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"We will drum you" : Fills Monkey bien frappés

Humour musical | Critique du show que les deux batteurs-bateleurs présenteront vendredi 25 janvier au Summum.

Aurélien Martinez | Lundi 21 janvier 2019

Deux batteurs et des blagues (sans paroles) : voilà comment on peut sommairement décrire le phénomène Fills Monkey. Leur premier spectacle baptisé The incredible drum show, et présenté à l’époque comme un « show humorythmique », avait ainsi la fraîcheur de ces aventures inattendues – si Buster Keaton et Charlie Chaplin avaient été musiciens et s’étaient rencontrés sur scène, ça aurait pu donner ça comme on l’écrivait à l’époque. Et de ces aventures qui partent de pas grand-chose pour terminer en incroyable succès. Revoici aujourd’hui Sébastien Rambaud et Yann Coste, dix ans après leurs débuts, avec un très attendu nouveau spectacle (We will drum you) qui n’a plus rien d’artisanal. Et qui s’éloigne du concept de base (deux batteurs virtuoses se chamaillant gentiment avec leurs baguettes et tout un tas d’autres trucs) pour l’augmenter de différentes manières – notamment en virant les batteries de la scène pendant un moment. D’o

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PB d'or 2018 : musique

C'était 2018... | Avec des musiciens du coin, un festival ou encore des associations locales.

La rédaction | Mardi 18 décembre 2018

PB d'or 2018 : musique

Le PB d’or de la meilleure reprise de l’année : "Elle a les yeux revolver" par M-O-R-S-E C’est de loin l’un des morceaux qu’on a le plus écouté en boucle ces derniers mois – alors qu’on n’est pourtant pas spécialement fans de l’original. Porté par une maîtrise parfaite de l’autotune et une mélancolie prégnante, la reprise par le Grenoblois M-O-R-S-E du tube 80’s de Marc Lavoine nous a plongés dans un état de béatitude totale, au même titre d’ailleurs que les autres chansons de son excellent premier album Apathique, sorti à l’automne sur le label Cindys Tape. Le PB d’or du festival qui a enfin trouvé sa formule idéale : Jour & Nuit Une programmation musicale vaste, pointue et foisonnante à même de satisfaire tous les publics

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Embarquez pour la nouvelle saison de la Cinémathèque de Grenoble !

ECRANS | Rendez-vous jeudi 20 septembre pour un lacement de saison aquatique et gratuit.

Vincent Raymond | Mardi 18 septembre 2018

Embarquez pour la nouvelle saison de la Cinémathèque de Grenoble !

Après avoir clos sa précédente saison par le traditionnel Festival du film court en plein air, voici que la Cinémathèque effectue le lancement de la nouvelle les pieds dans l’eau – ou presque. C’est en effet un film trentenaire sentant les embruns, les algues et les coraux qui a été retenu pour accompagner, jeudi 20 septembre à 20h, la présentation 2018/2019 : Le Grand Bleu de Luc Besson. Vilipendé à Cannes où il a été présenté, mais triomphalement reçu par le public, il a réuni à l’époque plus de 9 millions de spectateurs dans les salles. Cette séance aquatique (et gratuite) annoncera l’un des premiers rendez-vous de la saison : le cycle Cinéma/Odyssée, avec entre autres Trois jours en Grèce et Méditerranée de Jean-Daniel Pollet (jeudi 27) et Film Socialisme de Jean-Luc Godard présentés par Pierre-Damien Huygue (vendredi 28) ou encore Ce cher mois d’août de Miguel Gomes (jeudi 11 octobre). Quant à la suite, laissez-vous porter par les

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"C’est qui cette fille" : folle de lui

ECRANS | de Nathan Silver (Fr-ÉU, 1h23) avec Lindsay Burdge, Damien Bonnard, Esther Garrel…

Vincent Raymond | Mercredi 4 juillet 2018

Quand Gina, hôtesse de l’air américaine, rencontre Jérôme à Paris, c’est le coup de foudre. Elle décide donc de s’installer en face de chez lui, pour être au plus près de sa vie, qu’elle va investir avec le sourire. Sauf que Jérôme n’avait pas vraiment prévu cela… Malgré son nom aguicheur, l’érotomanie n’a rien d’une partie de plaisir puisque les malades croient dur comme fer être aimé·e·s par des individus qui ne leur ont en général rien demandé mais sur lesquels ils·elles ont fait une mystérieuse fixation. Tristes, embarrassantes et parfois tragiques, ces situations sont du pain bénit pour les scénaristes et cinéastes amateurs de psychoses délirantes : sans ces cas pathologiques, nous n’aurions pas eu ni L’Histoire d’Adèle H., ni Anna M. – ni À la folie… pas du tout, mais bon… Gina-l’hôtesse de l’air entre dans ce club de femme fascinées et fascinantes, victimes d’un amour non bijectif et transformant en enfer l’univers de leur cible. Dans C’est qui cette fille ?, Nathan Silver ne tire pas pour autant sa romance vénéneuse vers le thriller : affectueusement proche de Gina, il en fait l’héroïne fa

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"Ma fille" : Valeria Golino, éternelle mater dolorosa

ECRANS | de Laura Bispuri (All-It-Sui, 1h37) avec Valeria Golino, Alba Rohrwacher, Udo Kier…

Vincent Raymond | Mardi 26 juin 2018

Fillette sarde de 10 ans, Vittoria découvre Angelica et sa vie dépenaillée à mille lieues de l’existence modeste mais rangée dans laquelle Tina, sa mère, veut l’élever. Sauf que la délurée Angelica est sa génitrice biologique. Vittoria va se rapprocher d’elle, au grand dam de Tina… Valeria Golino semble s’être fait une spécialité des emplois de mère courage, usant sa plénitude quadragénaire et son regard triste dans des histoires de familles à problèmes majuscules avec une grâce jamais entamée ; Ma fille le prouve à nouveau, même si la comédienne occupe ici, à égalité avec Alba Rohrwacher (ici, dans le rôle de la serpillère, mère du sang mais pas de cœur), un rôle secondaire. Car la réalisatrice italienne Laura Bispuri place réellement l’enfant au centre du récit, adoptant le plus souvent son point de vue afin que l’on perçoive son dilemme, ses (dés)espoirs, ses chagrins... Cela, sans un mot de sa part ou presque. Pour rendre compte de cette écartèlement permanent, qui se retrouve dans la rousseur de Vittoria, entre la brune Tina et la blonde Angelica, le film aurait mérité de s’appeler Mes mères !

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Les trois soirées de la semaine

Soirées | Direction le Black Lilith et/ou le Drak-Art le vendredi 25 mai et la Bobine le mardi 29.

Damien Grimbert | Mardi 22 mai 2018

Les trois soirées de la semaine

25.05.18 > Black Lilith Alpine Funk Classics Vol.1 Release Party Pour fêter la sortie du premier volume de son projet collaboratif Alpine Funk Classics, le collectif Shoganai organise une soirée pluridisciplinaire au Black Lilith. Au programme, un concert de jazz avec Marthe et TRIODD, une performance audiovisuelle ambient expé de Lei, une exposition de Juliette Piedagni et une flopée de lives et DJ-sets hautement recommandables : Exit Strategies, Nineteen Entities, Binary Digit & The Fresh Prince of Doner, Jean Pierre Pepone B2B Jean Pierre Parpaing… 25.05.18 > Ampérage Calling Marian / Hydrangea / Persepher / Paoli Pour sa nouvelle soirée à l’Ampérage, l’association La Métamorphose a composé un line-up à la fois 100% féminin et 100% techno, oscillant entre les « rythmiques percutantes et brutales d’une techno acid jusqu’aux mélodies sauvages et oniriques de l’ambient techno ». Côté live, on retrouvera ainsi Calling Maria et Persepher, tandis qu’Hydrangea (en photo) et Paoli seront en charge des DJ-sets. À ne pas manquer enfin, les créations visue

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"La Belle et la Belle" : moi, en pas mieux

Encore ? | de Sophie Fillières (Fr., 1h35) avec Sandrine Kiberlain, Agathe Bonitzer, Melvil Poupaud…

Vincent Raymond | Mardi 13 mars 2018

Quand Margaux, 20 ans, rencontre Margaux, 45 ans… Chacune est l’autre à un âge différent de la vie. La surprise passée, l’aînée paumée tente de guider la cadette en l’empêchant de commettre les mêmes erreurs qu’elle. Mais qui va corriger l’existence de qui ? À l’instar de nombreux "films du milieu" tels que Camille redouble de Noémie Lvovsky ou Aïe de la même Sophie Fillière, il flotte dans La Belle et la Belle comme une tentation du fantastique. Mais un fantastique un brin bourgeois, qui ne voudrait pas (trop) y toucher ; admettant sagement les faits disruptifs et restant à plat, en surface, sans déranger le moindre objet. Un effet de style ? Plutôt l’incapacité à créer une ambiance par la mise en scène, puisqu’ici tout se vaut. Vous qui entrez dans ce film, ne redoutez pas les atmosphères à la Ruiz, de Oliveira ou des Larrieu ; ne redoutez rien, d’ailleurs, si ne ce n’est le mol écoulement du temps. On a coutume de qualifier de "fantaisies" ces comédies d’auteur redondantes tournées dans des catalogues Ikéa à poutres apparentes et des TGV, en oubliant que ce mot même de "fantaisie

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Les Filles de Simone : « La maternité reste un angle mort du féminisme »

Théâtre | Et voici un spectacle intelligent et, surtout, très drôle sur les difficultés à être mère, rôle pas naturellement évident. Son titre ? "C'est (un peu) compliqué d'être l'origine du monde". Enthousiastes que nous sommes, nous en avons discuté avec Tiphaine Gentilleau, l’une des deux comédiennes du bien nommé collectif Les Filles de Simone.

Aurélien Martinez | Mardi 27 février 2018

Les Filles de Simone : « La maternité reste un angle mort du féminisme »

Comment est né ce spectacle centré sur la maternité ? Tiphaine Gentilleau : En fait, avec Chloé [Olivères, la deuxième comédienne sur scène – NDLR], on a été enceintes à trois mois d’intervalle, ce qui a soulevé pas mal de questions en nous – sur le milieu professionnel, médical… Sachant qu’avant, on se questionnait déjà sur le fait de faire du théâtre avec nos convictions féministes. En en discutant, on s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup d’expériences partagées, de vécus pas très simples qui étaient en fait d’une banalité sans nom. Donc on s’est dit qu’il y avait vraiment un sujet pour en faire un spectacle. Quelles ont été vos sources d’inspiration ? On a beaucoup lu sur le sujet. On a découvert par exemple l’historienne Yvonne Knibiehler, qui a véritablement axé son travail sur l’histoire de la maternité. En la lisant, ça nous a vraiment confirmé qu’il y avait un sujet. Du coup, on a nourri toutes nos improvisations et recherches sur le plateau de différentes lectures – Simone de Beauvoir, Élisabeth Badinter, Antoinette Fouque ou encore Marie-Caroline Missir et Louise Tourret, deu

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Dernière marche pour les Inouïs du Printemps de Bourges

MUSIQUES | Ils sont huit rhônalpins présélectionnés pour les Inouïs du Printemps de Bourges, ce tremplin national révélateur, le plus souvent, des talents musicaux de demain. Huit à devoir encore franchir la dernière étape dans l'épreuve du live. Huit dont quatre seront sur la scène de la Bobine vendredi 2 février. Présentations.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 janvier 2018

Dernière marche pour les Inouïs du Printemps de Bourges

Dans un célèbre télé-crochet musical, on appellerait ça "l'épreuve du feu". Seuls quelques heureux élus sont passés entre les mailles de la présélection pour accéder à l'ultime étape des Inouïs du Printemps de Bourges : le live. En Rhône-Alpes (les anciennes régions ont été ici conservées), ils sont huit à batailler pour une place (ou deux, ou trois, ou peut-être zéro, selon un calcul savant qu'il serait trop long d'expliquer ici) et un beau coup de projecteur au Printemps. Huit répartis en deux groupes de quatre pour ces ultimes auditions. Ainsi, dès que Saint Sadrill, Leïla Huissoud, Parquet et Pratos auront achevé d'en découdre sur la scène du Marché Gare à Lyon, ce sera au tour de Nikitch (photo), Tracy de Sa, Terrenoire et Kcidy de tenter d'accrocher le pompon sur celle de la Bobine. Le premier, de son vrai nom Nicolas Morant, aura l'avantage (qu'on se rassure, il ne sert à rien) de jouer à domicile, dans la catégorie électro/funk/house, et appartient à cette faune d'anciens musiciens classiques qui ont décidé de mettre leur virtuosité aux services des sons de l'époque.

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« Un Taratata de la scène locale » pour la Cuvée grenobloise 2018

ACTUS | Ce mercredi 31 janvier sort la dix-septième édition de la "Cuvée grenobloise", compilation musicale de l’association Retour de scène – Dynamusic qui a pour noble ambition de mettre en avant les artistes du coin. Avant de découvrir certains de ces talents sur scène dans des concerts estampillés "Cuvée" (dont un gros, façon Taratata donc, au Prunier sauvage le jeudi 1er février), on parle de ce projet avec celui qui le coordonne.

Aurélien Martinez | Lundi 29 janvier 2018

« Un Taratata de la scène locale » pour la Cuvée grenobloise 2018

« Avec la Cuvée grenobloise, on cherche à valoriser les projets musicaux isérois par l’élaboration d’une compilation, qui d’ailleurs cette année, petite nouveauté, est un livre-disque » nous explique Pascal Souvignet, coordinateur du projet au sein de l’association grenobloise Retour de scène – Dynamusic. Et quel chouette livre-disque (9€), tout de jaune vêtu, qui présente très bien, en textes et en images, les musiciens et musiciennes retenus par un jury d’une quinzaine de professionnels locaux – des tourneurs, des programmateurs, des membres d’association… « Comme chaque année, on a sélectionné des artistes aux parcours très différents, des professionnels aux débutants. Par exemple, le premier titre de la nouvelle Cuvée est celui de Spaarks, projet tout neuf de deux jeunes. » Quatorze noms donc (sur quatre-vingt-cinq propositions reçues), dont certains ne sont pas des inconnus à Grenoble. « On s’est récemment imposés une règle : chaque artiste ne pourra pas être

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Les 20 concerts de l'hiver et du printemps à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle | Avec de la pop d'ici et d'ailleurs, de la chanson en VF ou encore des grosses têtes d'affiche.

La rédaction | Mardi 9 janvier 2018

Les 20 concerts de l'hiver et du printemps à Grenoble

Mendelson 2017, année électorale, Mendelson publie Sciences Politiques, une œuvre au noir sociétale (comme souvent avec la formation de Pascal Bouaziz) dont chaque morceau plaque sur une reprise de classiques de Bruce Springsteen, Marvin Gaye, The Jam, Leonard Cohen, Lou Reed, The Stooges & co un texte en français à la terrible résonance sociétale (Les Peuples, Le Soulèvement, La Guerre) et à la poésie toute mendelsonienne. Un projet à part auquel le live devrait donner une saveur particulière, et qui sera précédé sur scène, en première partie, par l’excellent trio grenoblois Pelouse dont on a souvent vanté les mérites dans ces colonnes. À la Source vendredi 19 janvier Oiseaux-Tempête & Mondkopf La Grèce (Oiseaux-Tempête), la Turquie en révolte (Ütopiya?), le Liban (AL-'AN)... Partout où ils se posen

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Danse dans l’ombre avec Boy Harsher

Concert | Dimanche 3 décembre au Ciel (qui rouvrira exceptionnellement pour l'occasion), on a rendez-vous avec un étrange jeune duo américain. On fait les présentations.

Damien Grimbert | Mardi 28 novembre 2017

Danse dans l’ombre avec Boy Harsher

Auteur d’une pop synthétique à la fois dansante, mélodique et torturée venant puiser ses influences dans le versant le plus sombre de la musique des années 1980 (cold wave, indus, drone, noise et EBM), Boy Harsher évolue dans un créneau musical déjà passablement défriché ces dix dernières années. Pour autant, ce qui fait toute la force de ce jeune duo américain formé en 2013 à Savannah, dans le sud des États-Unis, et désormais relocalisé dans le Massachusetts, c’est justement sa capacité à s’approprier cet univers comme si personne ne l’avait jamais fait avant lui, conférant de fait à sa musique une intensité et une puissance d’évocation assez stupéfiantes au regard de la frugalité des moyens à sa disposition. Hypnotiques et entraînantes, les compositions synthétiques minimalistes de Gus Muller, couplées au chant vaporeux de Jae Matthews, happent ainsi l’auditeur de leurs trois sorties discographiques dans un univers sonore hanté et mélancolique d’une amplitude assez impressionnante, déclinant avec subtilité une myriade de microclimats et d’atmosphères au fil des différents morceaux. Un mot pour finir sur le

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Les Filles de Illighadad : haut les filles !

Concert | Connue pour être l'une des rares joueuses de guitare du Niger, Fatou Seidi Ghali est sans doute la meilleure. C'est ce que laisse entendre en tout cas son groupe, Les Filles de Illighadad, au sein duquel, armée de son instrument, elle pratique un blues mêlant blues touareg et tambour traditionnel, jusqu'à atteindre un forme ravissante de psychédélisme magiquement transfrontière. À découvrir jeudi 16 novembre sur la scène de la Bobine.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 novembre 2017

Les Filles de Illighadad : haut les filles !

Elles sont de Illighadad, un village niché en plein cœur du désert du centre du Niger non répertorié sur Google Maps, et ce sont des jeunes femmes. Alors trivialement, elles se sont baptisées Les Filles de Illighadad, et cela suffit à les distinguer. Cela et le fait que la meneuse du groupe, Fatou Seidi Ghali, est l'une des rares guitaristes femmes du Niger. Jusque-là, si la tradition nigérienne, et plus particulièrement touareg, n'exclut pas les femmes de la pratique de la musique, la guitare et le blues, mis en lumière par le succès international de Tinariwen et Mdou Moctar entre autres, se conjuguaient exclusivement au masculin. Sans attendre qu'on lui donne la permission, comme toutes les femmes qui font avancer les sociétés, Fatou Seidi Ghali a donc choisi de s'emparer des choses. À commencer par une guitare chipée à son frère. Au départ, il s'agissait simplement de passer le temps, avec ses cousines Alamnou Akrouni et Mariama Salah Assouan qui l'accompagnent au chant. De faire chanter sa famille aussi.

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Quintana : à fond la guitare

Concert | Jeudi 16 mars, l'Ampérage sera le théâtre d'un déferlement électrique. Sa cause ? Le Quintana Dead Blues eXperience, nouveau projet du fameux bluesman-rockeur atomique Piero Quintana.

Stéphane Duchêne | Mercredi 15 mars 2017

Quintana : à fond la guitare

Depuis qu'on vous a présenté l'an dernier le dernier d'une longue série de disque de Piero Quintana (plus de 25 ans d'expérience dans le domaine), ce bluesman-rockeur atomique a encore fait de la route et du son. Avec des expériences aussi diverses que les premières parties de Jojo Hallyday, Christine & The Queens ou Gaëtan Roussel, des contextes où il faut en avoir sous la pédale pour se distinguer face à un public tout acquis à la cause de quelqu'un d'autre. Mais Quintana n'a jamais eu besoin que de lui-même pour s'imposer et en imposer. En atteste la suite de son projet : Quintana Dead Blues eXperience, qui radicalise un peu plus la façon de son album 69. Soit Quintana, voix "born from the dark side" comme revenue d'une expérience de mort imminente, et attitude façon L'Équipée Sauvage avec Marlon Brando. « Une guitare à fond » (c'est lui qui le dit et on peut lui faire confiance) à qui il fait d'ailleurs subir les meilleurs et les pires outrages ; une GrooveBox MC909 (autrement dit un sampler) pour seule compagne difficile à dompter ; et des chansons tantôt à décorner les bœufs (Please, Ki

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Riad Sattouf : « J’ai envie de rencontrer tous mes lecteurs »

Interview / Bande dessinée (et cinéma) | Alors que le deuxième tome de ses "Cahiers d’Esther" vient de sortir, Riad Sattouf, passionnant auteur de BD (son "Arabe du futur" est un véritable succès) et réalisateur de deux bijoux cinématographiques (dont un, malheureusement, incompris), sera mardi 7 mars à Grenoble, dans deux librairies. On lui a passé un coup de fil en amont.

Aurélien Martinez | Lundi 27 février 2017

Riad Sattouf : « J’ai envie de rencontrer tous mes lecteurs »

Vous êtes une figure très populaire de la BD française actuelle. Quasiment une star ! Et vous continuez tout de même les rencontres dans les librairies : c’est sympa ! Riad Sattouf : Je fais des bandes dessinées "professionnellement" depuis quinze ans, mais c'est une grande passion qui me suit depuis l'enfance. Au début, je n’avais pas énormément de lecteurs mais j’étais déjà heureux de vivre de ma passion. Alors maintenant que j’en ai beaucoup, je suis encore plus heureux et j’ai du coup envie de tous les rencontrer, de tous les connaître… Je suis même devenu un peu drogué à ces rencontres dans lesquelles j’apprends plein de choses ! Et en plus, j’adore les librairies. J’aurais adoré être libraire. Les libraires font partie, pour moi, des gens les plus précieux de notre société. Surtout dans les petites villes où l’on parle tout le temps de désertification : ils sont porteurs de lien social, ils créent des communautés autour d’eux. Je rêve de monter une librairie un jour. D’ailleurs, si on me demande si je me sens plutôt Syrien ou Français, je dirais que je me sens plutôt lecteur et amateur de livres ! V

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"Les Fleurs bleues" : bouquet final signé Andrzej Wajda

ECRANS | de Andrzej Wajda (Pol., 1h38) avec Bogusław Linda, Aleksandra Justa, Bronislawa Zamachowska…

Vincent Raymond | Lundi 20 février 2017

Le Polonais Andrzej Wajda (1926 – 2016) achève sa carrière par un film retraçant le combat de Władysław Strzemiński, artiste peintre opprimé par la férule communiste à Łódź au mitan des années cinquante, soit pile au moment où le réalisateur y étudiait le cinéma. Quel troublant symbole ! Nullement crépusculaire ni testamentaire, ce portrait-hommage d’un homme défendant sa liberté jusqu’à l’ultime extrémité (ce qui n’est pas un vain mot pour Strzemiński, amputé d’une jambe et d’un bras) use d’un classicisme formel pour célébrer l’audace, voire la subversion de ce théoricien et précurseur de l’art contemporain. Mais classicisme ne signifie pas académisme : Wajda intègre le minimalisme chromatique, le dépouillement décoratif et architectural emblématique de son œuvre dans l’esthétique de son film. Ce faisant, il réinscrit l’artiste polonais dans son époque, à la barbe de ses détracteurs, et montre qu’après la triste parenthèse soviétisante valant à Władysław d’être martyrisé à la façon d’un Joseph K., la postérité lui a donné raison. Mention particulière à Bogusław Linda, l’interprète de Str

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À vous de voir : l’embarras du choix à Saint-Egrève

Festival | Les Rencontres cinématographiques de Saint-Egrève reviennent pour « 6 jours de fête autour du cinéma ». En tout, 34 films dont 9 avant-premières et 10 films jeune public seront projetés. Présentation de cette deuxième édition prévue du 17 au 22 février, à la Vence scène.

Julien Homère | Jeudi 16 février 2017

À vous de voir : l’embarras du choix à Saint-Egrève

Pour ceux qui ont du temps libre et raffolent des buffets à volonté, le festival de Saint-Egrève À vous de voir promet pour sa deuxième édition un mélange de saveurs capable de rassasier la plus vorace des gourmandises. En guise de mise en bouche le vendredi 17 février, un concert des partitions de Nino Rota ou encore Georges Delerue donnera le "la" à "Musique et cinéma", la thématique du festival ici accommodée sur scène par 120 chanteurs servis show pendant 2 heures. Ce hors-d’œuvre déjà copieux avalé, optez pour un vol-au-vent à travers les montagnes mongols en compagnie de La Jeune Fille et son aigle (photo), documentaire d’Otto Bell. Si vous êtes soucieux des questions sociétales, vous ne resterez pas sur votre faim : Un paese di Calabria, là présenté par sa co-réalisatrice Shu Aiello, et Chez nous de Lucas Belvaux (en avant-première) montreront les côtés tantôt lumineux, tantôt sombres des crises migratoires européennes. Quant aux enfants, i

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La Cuvée Grenobloise revient ravir vos papilles

MUSIQUES | Pour la seizième année consécutive, l'association Retour de scène - Dynamusic revient présenter sa Cuvée Grenobloise. Au programme : 14 projets du coin, tous différents, sélectionnés par un jury aguerri. Autant de raisons de foncer à la Belle Électrique pour la soirée de lancement, le 2 février.

Gabriel Cnudde | Mardi 31 janvier 2017

La Cuvée Grenobloise revient ravir vos papilles

Si les Lyonnais peuvent se targuer de fêter chaque année l'arrivée du Beaujolais nouveau, les Grenoblois peuvent, eux, fanfaronner avec leur cuvée d'un tout autre genre. Pour la seizième année consécutive, l'association Retour de scène - Dynamusic édite sa Cuvée Grenobloise, un millésime pour les amateurs de la scène locale et pour les stars de demain. Bien plus qu'une simple compilation d'artistes émergents de la scène grenobloise, la Cuvée est un système de repérage et d'accompagnement sur le long terme. Une initiative associative confortablement installée dans le paysage musical de la région et à saluer pour son originalité et son dévouement. Cette année encore, l'appel à candidature a été un franc succès, attirant près d'une centaine d'artistes triés sur le volet par un jury de professionnels et de passionnés. Au final, ce sont 14 projets qui ont été retenus et qui figurent sur la compilation, qui sera en vente dès le 1er février dans plusieurs boutiques de la ville. La sortie sera suivie d'un grand concert à la Belle Électrique, le 2 février, avec trois groupes de la Cuvée (As A New Revolt, Altavilla et Eight Sins). Une fête où se réuniront artistes, partenaires e

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"La Jeune fille sans mains" : on applaudit à tout rompre

ECRANS | de Sébastien Laudenbach (Fr., 1h13) animation

Vincent Raymond | Mardi 13 décembre 2016

Un pauvre meunier se fait circonvenir par le Diable et lui cède sa fille en échange d’une fortune. Mais la belle étant trop pure pour être corrompue, le démon ne peut la toucher. Le père a beau couper les mains de sa fille, rien n’y fait… Cette adaptation animée des frères Grimm tranche littéralement avec le tout-venant, d’emblée par l’originalité de sa technique : toutes signées Sébastien Laudenbach, les illustrations la composant sont davantage des évocations, des esquisses à l’encre émaillées de masses colorées vibrantes que des images sagement bouclées. Il en ressort une intensité fiévreuse, une intranquillité en parfaite adéquation avec un sujet ne s’embarrassant pas de précautions inutiles – un conte étant un tissu de cruautés dont il faut tirer une morale, en adoucir les contours par crainte de choquer les jeunes esprits frise toujours le contresens ! Triomphant sans hargne de toutes injustices de la vie avec opiniâtreté, classe et optimisme, l’héroïne La Jeune Fille sans mains est une élégante incarnation du combat contre les discriminations. Un modèle transgressif, même si la vie réelle n’a rien d’un conte d

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"Le Bruit de l'eau" : le grand Bleu

MUSIQUES | Après s'être révélés avec "À présent", les Grenoblois de Bleu reviennent avec "Le Bruit de l'eau". De l'accueil d'un nouveau membre à la recherche d'un nouveau son, François Thollet, chanteur entre autres fonctions, nous aide à analyser ce nouvel album qui sortira le 8 décembre, date du concert prévu à l'Ampérage.

Gabriel Cnudde | Mardi 6 décembre 2016

Depuis la sortie en 2010 de leur premier album À présent, le groupe grenoblois Bleu a pris une nouvelle teinte. « À présent était un album qu'on avait voulu très doux » confie François Thollet, chanteur et multi-instrumentiste du groupe. « Le nouveau retranscrit notre expérience scénique ensemble. Le son est sans doute plus costaud. » Difficile de le contredire. Le Bruit de l'eau, bien que toujours très aérien, referme de véritables tempêtes. Les douze pièces qu'il comprend illustrent à merveille ce titre parfaitement évocateur. L'eau coule, ruisselle, tombe en averse, cliquette, produisant une palette sonore large qu'on retrouve sur des morceaux comme Bienvenu ou Soleils couchants. « On a décidé du titre après l'enregistrement. C'est en écoutant ces morceaux qu'on a trouvé un lien assez évident avec le bruit de l'eau. Quelque chose coule sur ce disque... » « Un beau second so

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Guerre des sexes et lutte des classes par Lina Wertmüller

ECRANS | Le film de l'Italienne, intitulé "Vers un destin insolite sur les flots bleus de l’été" (1974), sera diffusé jeudi 24 novembre à la Cinémathèque de Grenoble, dans le cadre des Rencontres du cinéma italien. On vous explique pourquoi c'est culte.

Damien Grimbert | Mardi 22 novembre 2016

Guerre des sexes et lutte des classes par Lina Wertmüller

[Mise à jour : Dolce cinema nous annonce que le film ne sera pas diffusé comme prévu, et sera remplacé par "Film d'amore e d'anarchia" sur le même thème et avec les mêmes acteurs] Objet d’un abyssal remake avec Madonna au début des années 2000 (autant évacuer d’emblée ce douloureux souvenir), Vers un destin insolite sur les flots bleus de l’été fait partie de ces films comme, selon la formule consacrée, on serait bien incapable d’en faire aujourd’hui. Réalisé en 1974 par l’Italienne Lina Wertmüller, il affiche en effet dès son introduction une frontalité sociale terrassante : d’un côté les riches oisifs, réunis sur un voilier le temps d’une croisière entre amis bien nés, et de l’autre les pauvres matelots prolétaires à leur service, chacun détestant l’autre au dernier degré et ne se privant pas de le faire savoir, langage fleuri à l’appui. Pour autant, lorsque la jeune bourgeoise la plus arrogante du lot se retrouve soudain isolée sur une île déserte avec pour seule compagnie un marin insoumis aussi mar

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"La Fille de Brest" : potion amère (comme le Mediator)

ECRANS | de Emmanuelle Bercot (Fr., 2h08) avec Sidse Babett Knudsen, Benoît Magimel, Charlotte Laemmel…

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

Une pneumologue brestoise découvre une corrélation entre prise d’un médicament, le Mediator, et atteinte cardiaque. Elle se battra quasi-seule face au lobby pharmaceutique et à ses confrères parisiens pour que les autorités reconnaissent la nocivité du produit… Bien moins inspirée que pour son viscéral La Tête haute (2015), Emmanuelle Bercot signe une adaptation longue, pesante et scolaire du combat acharnée du Dr Frachon. À sa décharge, un tel exercice n’a certes rien d’une sinécure. Et pour qu’une histoire "reposant-sur-des-faits-réels" récente farcie de procédures judiciaires et de jargon technique se transmute en épopée attractive, il faut au moins l’écriture divergente d’un Aaron Sorkin (The Social Network, Steve Jobs) ! Si Sidse Babett Kn

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Des vacances au théâtre avec le programme Vive les vacances

ACTUS | Quand plusieurs salles de spectacle de l'agglo décident d'ouvrir leurs portes aux plus jeunes pendant les vacances scolaires, on ne peut qu'applaudir.

Aurélien Martinez | Mardi 18 octobre 2016

Des vacances au théâtre avec le programme Vive les vacances

Et c’est parti pour la saison 4 de Vive les vacances, programme lancé en 2013 qui porte plutôt bien son nom. Soit plusieurs salles de l’agglomération grenobloise qui ont décidé de programmer des spectacles destinés au jeune public pendant les petites vacances scolaires, périodes où ces salles étaient habituellement fermées – oui, on l’a écrit (et regretté) de nombreuses fois dans ces pages, mais on ne comprend pas ce calendrier culturel construit autour d’une forte activité certains mois (mars et novembre par exemple) et de plus d’activité du tout à d’autres moments. Mais revenons-en à cette chouette initiative. Sur la saison 2016/2017, dix spectacles seront ainsi donnés dans huit salles de l’agglo. Pendant ces premières vacances de l’année, celles de Toussaint, on pourra se rendre à la MC2 pour découvrir Dormir 100 ans de l’auteure et metteuse en scène Pauline Bureau – une pièce qui, nous dit-on, « explore ce passage particulier de l’entrée dans l’adolescence ». À la Rampe, on aura plutôt droit à de la chanson (avec la souvent vue dans l’agglo Tartine Reverdy), a

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"La Fille inconnue" : les Dardenne, inconnus à cette maladresse

ECRANS | de Luc & Jean-Pierre Dardenne (Bel.-Fr., 1h46) avec Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémie Renier…

Vincent Raymond | Mardi 11 octobre 2016

Une jeune médecin, s’estimant responsable de la mort d’une fille à qui elle avait refusé d’ouvrir la porte de son cabinet, mène son enquête en parallèle de la police pour établir son identité. Ses recherches perturbent beaucoup de monde… Jamais, auparavant, les Dardenne n’ont donné cette impression de passer à côté de leur film en racontant une histoire à laquelle on ne croit pas ; où l’on anticipe le moindre retournement scénaristique, même le plus improbable. Tous leurs ingrédients habituels se trouvent pourtant réunis : précarité, lâcheté, culpabilité, Gourmet, Renier, rédemption… Mais ici, ça ne prend pas. Rien que le fait de contenir une actrice explosive comme Adèle Haenel (revoyez Les Ogres ou Les Combattants pour bien apprécier l’énergie de son jeu) dans un rôle quasi statique et un cadre exigu ne cessant de se restreindre, induit de la distorsion à leur effet de réel. Et puis la vivacité

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Un été fait de concerts et de patrimoine

MUSIQUES | Jusqu'au 30 juillet, on pourra assister à des concerts gratuits dans divers lieux patrimoniaux isérois. On vous explique tout.

Aurélien Martinez | Mardi 5 juillet 2016

Un été fait de concerts et de patrimoine

Dans le cadre du temps fort estival Les Allées chantent organisé par le département de l’Isère, on pourra assister en juillet à plusieurs concerts gratuits dans des lieux souvent magnifiques – car, comme il est écrit sur son site, l’événement « investit des lieux remarquables et patrimoniaux, du nord au sud de l’Isère jusque dans les plus petites communes ». Quelques dates auront ainsi lieu à ou près de Grenoble : Le jeudi 7 juillet au parc de la Grille de Moirans (un très beau jardin à la française conçu au XVIIIe siècle) et le vendredi 8 au Musée Hébert de La Tronche (avec lui aussi un très beau jardin), on a rendez-vous à 20h avec le groupe très jazz New Orleans Louise & The Po’ Boys. Le dimanche 17 juillet, c’est dans le cadre plus urbain du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, à Grenoble, qu’on pourra croiser à 16h le Palomar Trio avec sa mandoline électrique, son tuba et ses percussions. Le jeudi 21 juillet, le (splendide) Musée archéologique de Grenoble accueillera à 19h le bal folk d

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Quintana : sprinteur rock

MUSIQUES | Le musicien grenoblois sera mercredi 29 juin à la Belle électrique en showcase gratuit (et au Cabaret frappé mi-juillet). Vu son nom, on ne va pas se gêner pour filer la métaphore cycliste.

Stéphane Duchêne | Mardi 28 juin 2016

Quintana : sprinteur rock

Quand on s'appelle Quintana, c'est le moment de l'année idéal pour montrer le bout de son nez. On n'a par exemple jamais senti le grimpeur colombien Nairo Quintana aussi chaud bouillant à l'approche du Tour de France, en sortie d'une Route du Sud (une course cycliste du sud-ouest de la France) qu'il vient de remporter pour la seconde fois. Un tournant pour le Nairo ? Le tournant, en même la boucle, qu'elle soit grande ou pas, cela concerne tout autant le musicien grenoblois Piero Quintana dont la carrière derrière un micro est bien plus longue que celle de son homonyme sur une bicyclette. Désormais fixé sur le simple nom de scène Quintana (après Quintana Roo, Liga Quintana), la sortie de son nouvel album est l'occasion d'opérer un virage à 69 degrés (puisque 69 est le titre dudit album) où son rock aux mollets déjà explosif, puissamment secondé par la basse du poisson-pilote dénommé Spike, semble avaler les kilomètres à l'allure d'un train fou, dopé qu'il est par l'utilisation de machines. Si bien que la chose, déroulée en anglais, aurait pu s'appeler comme un célèbre film de Robert Aldritch, En quatrième vitesse. Plus sprinter-rouleur que

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Les Allées chantent : le chant isérois

MUSIQUES | Cet été jusqu'au 31 juillet, plusieurs concerts gratuits auront lieu dans des sites patrimoniaux du département. Suivez le guide.

Charline Corubolo | Mardi 21 juin 2016

Les Allées chantent : le chant isérois

En Isère, on aime donner de la voix ! Et qui plus est, nous avons un sublime (n’ayons pas peur des mots) patrimoine. Voici une combinaison parfaite, pas du tout à la noix, qui a donné naissance en 2012 au festival Les Allées Chantent. Chaque année pilotée par l’Agence iséroise de diffusion artistique, la manifestation propose 80 concerts gratuits partout en Isère, avec comme particularité donc de se produire dans des lieux atypiques : châteaux, églises, parcs, musées… Un véritable tour du patrimoine en-chantant. Cet été, la mélodie des Allées passera par Moirans, Grenoble, Vizille et Mens (pour ne citer que ces villes), sur les notes jazzy de Louise & The Po’ Boys et du Palomar Trio, ou encore aux sons folk de Tralala Lovers. Mais ça sera surtout l’occasion de retrouver les Barbarins fourchus, bien de Grenoble, avec un bal populaire où l’inventif rejoint le décalé pour une soirée musicalement détonante. Et fin juillet, ça sera au tour du q

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Les Malheurs de Sophie

ECRANS | Cinéaste aux inspirations éclectiques (mais à la réussite fluctuante), Christophe Honoré jette son dévolu sur deux classiques de la Comtesse de Ségur pour une surprenante adaptation à destination des enfants autant que des adultes… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Lundi 18 avril 2016

Les Malheurs de Sophie

La filmographie de Christophe Honoré ressemble à la boîte de chocolats de Forrest Gump (« on ne sait jamais sur quoi on va tomber »), à la différence notable que chacune de ses douceurs est dûment ornée d’une étiquette… omettant de signaler sa teneur en poivre ou piment. Résultat : appâtés par ses distributions appétissantes, becs sucrés et novices ressortent invariablement de ses films la gueule en feu ; quant aux autres, à force d’être échaudés, ils ont appris la méfiance et à espérer davantage de saveur dans la “seconde couche”, lorsque l’enrobage les déçoit. Sophistication, heurs et malheurs Bien que prolifique auteur de romans jeunesse, Honoré n’avait encore jamais franchi le pas au cinéma, où il flirte avec un public de préférence âgé de plus de 16 ans. S’emparant d’un pilier des bibliothèques respectables que sont Les Malheurs de Sophie, il procède à l’inverse de Jean-Claude Brialy, lequel avait réalisé en 1981 une transposition sagement premier degré, aux remugles de vieille confiture. Plutôt qu’égrener les sottises de la gamine dans une enfilade de saynètes (ce que l’ouvrage, dans sa forme théâtrale, incite à faire, et l’amorce du

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Au nom de ma fille

ECRANS | de Vincent Garenq (Fr., 1h27) avec Daniel Auteuil, Sebastian Koch, Marie-Josée Croze…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Au nom de ma fille

À l’époque de Présumé coupable (2011), Vincent Garenq confessait avec l’aplomb d’un Cahuzac moyen ne pas connaître le cinéma d’André Cayatte, auquel son deuxième film (consacré à l’affaire d’Outreau) revoyait immanquablement. Depuis, soit il a rattrapé un manque et succombé au charme suranné du spécialiste français des films “accusé-seul-contre-tous-levez-vous” avec questions de société intégrées, soit il a enfin décidé d’assumer l’héritage de son devancier. Ce qui implique de se ruer sur tous les faits divers montrant un innocent malmené par la Justice : ils sont susceptibles de se transmuter en scénario à procès ! Après Denis Robert et Clearstream pour L’Enquête (2015), place au combat d’André Bamberski, l’opiniâtre père qui lutta contre les chancelleries pour que l’assassin présumé de sa fille soit poursuivi, extradé, jugé et condamné en France pendant près de 30 ans, et dut pour cela commanditer l’enlèv

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Trois questions sur la Cuvée grenobloise

ACTUS | Rencontre avec le coordinateur de la fameuse compilation dédiée à la scène locale, produite par Retour de scène–Dynamusic. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 26 janvier 2016

Trois questions sur la Cuvée grenobloise

C’est quoi la Cuvée grenobloise ? Chaque année, on recueille une centaine de candidatures – un chiffre à peu près constant depuis quelque temps. Avec un jury composé de divers professionnels de la musique à Grenoble, on sélectionne une quinzaine de groupes pour les faire figurer sur la compilation. Quel est le but ? On a deux objectifs. D’abord toucher le grand public en local. C’est pour ça qu’on continue à presser le disque sur support physique. La Fnac Victor Hugo le prend en dépôt-vente – une exception comme ils ne prennent plus de groupes locaux en dépôt-vente. La mairie nous achète également pas mal d’exemplaires qu’elle offre aux nouveaux arrivants. Et puis on travaille aussi sur les professionnels au niveau national. On envoie la compilation à entre 300 et 500 contacts : des tourneurs, des labels… Quels sont les retours pour les groupes sélectionnés ? On a du mal à les quantifier. Ils peuvent être directs ou venir quelques mois après. Ce qui est sûr, c’est que le disque est écouté par les professionnels. Après, il faut évidemment que le groupe ou son équipe de management

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Quai d'Orsay : They can be pop-rock heroes

MUSIQUES | Alors que sort ce mercredi 27 janvier la quinzième Cuvée grenobloise, compilation éditée par l'association Retour de scène–Dynamusic, on s'intéresse à l'un des groupes présents sur la précédente édition. À l'occasion de leur carte blanche prévue ce jeudi à l'Ampérage, rencontre avec les jeunes ténébreux de Quai d'Orsay pour causer pop-rock mélodique, langue anglaise, premier album ou encore, forcément, Cuvée grenobloise. Propos recueillis par Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 26 janvier 2016

Quai d'Orsay : They can be pop-rock heroes

En terres grenobloises naquit il y a maintenant trois ans Quai d'Orsay. Un groupe qui, comme son nom ne l'indique pas, préfère flirter langoureusement avec la pop-rock anglaise plutôt qu'avec la variété française. Si de trois à ses débuts la formation est passée à quatre musiciens aujourd'hui, c'est en trio que nous retrouvons Quai d'Orsay pour percer le mystère de ceux qui ne font pas que monter à Grenoble, mais creusent aussi leur sillon vers la capitale. Est-ce grâce à leurs sons aussi ébouriffants que leurs cheveux ? Ou grâce à leur présence sur la Cuvée grenobloise 2015, sortie il y a un an ? « La Cuvée grenobloise, c'est quelque chose de cool. Ça nous a fait faire deux-trois concerts sympas, notamment dans le bus du Cabaret frappé l'été dernier, et ça nous a donné un petit coup de pouce en local. Mais ça n'a rien changé de majeur » confient Rémi, Basil et Vadim – pour notre interview, ils ont laissé Charles, fraîchement arrivé dans l'aventure il y a un an et demi, à sa besogne étudiante. Fort de

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La Fille du patron

ECRANS | De et avec Olivier Loustau (Fr, 1h38) avec Christa Théret, Florence Thomassin…

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

La Fille du patron

Premier long-métrage de fiction d’un fidèle de Kechiche formé de surcroît au documentaire, La Fille du patron ne surprendra donc pas par son réalisme social, à la tonalité presque anglaise : un courant affectif et solidaire lie entre eux les protagonistes, mais aussi les attache à leur usine, qui est comme un prolongement organique de leur être. Ce qui étonnera en revanche, c’est la détermination sans faille du personnage Vital campé par le réalisateur : chacun de ses choix (dans la sphère professionnelle ou privée) est irrévocable – remords et regrets lui étant étrangers. Un caractère entier et droit, couplé à un profil plutôt taciturne, conférant à ce héros prolo le mixte de mystère et de charisme expliquant la fascination qu’il exerce sur la fameuse “fille du patron”, au-delà des clichés relatifs aux différences d’âges, de milieux sociaux... S’écartant des insupportables standards réclamant de la happy end, La Fille du patron s’achève tout en nuances, confirmant si besoin était l’ineptie du manichéisme simpliste…

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