Et revoilà Cyrano

Nadja Pobel | Mardi 27 janvier 2015

Photo : Marie Clauzade


Pour qui a vu la version survoltée de Cyrano de Bergerac par Dominique Pitoiset avec le sidérant Philippe Torreton (en mars 2013 à la MC2), celle de Georges Lavaudant (du 27 au 31 janvier à la même MC2) risque de paraître fade. Costumes d'époque, décor naturaliste... : l'époque et le cadre de l'action sont respectés mais rien ne  bouscule le spectateur. Bien sûr, avec un texte aussi puissant et une troupe d'acteurs expérimentés emmenée par un fidèle parmi les fidèles de Lavaudant (Patrick Pineau), ce n'est pas bâclé, ni même raté.

D'où vient alors cette forme d'ennui qui s'installe dans un spectacle – il faut le préciser – naissant lorsque nous l'avons découvert à sa création à Lyon lors des Nuits de Fourvière 2013 ? Il manque un point de vue fort. Lavaudant est un parfait homme-orchestre qui colle trop au texte. Il l'a d'ailleurs souvent fait dans des productions absolument remarquables comme les Labiche et Feydeau dont il est un grand metteur en scène (mémorables Un chapeau de paille d'Italie, Un fil à la patte...) mais ces dernières années, il manque d'éclat et semble à la remorque de ses choix (se souvenir de sa fade Nuit de l'iguane en 2009 à la MC2), loin de l'impertinence et de la créativité qui émanaient de ses collaborations épatantes avec Ariel Garcia Valdès dans La Rose et la hache.

Nadja Pobel


Cyrano de Bergerac

D'Edmond Rostand, ms Georges Lavaudant, avec Patrick Pineau, Marie Kauffmann, Frédéric Borie...
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Les théâtres de Grenoble et de l'agglomération ont de nouveau dégainé des programmations bourrées de propositions qu'on avait envie de défendre. Suivez-nous ! Par Aurélien Martinez et Nadja Pobel

La rédaction | Mercredi 14 octobre 2020

Voici 23 spectacles pour une saison théâtrale grenobloise variée

Western ! À Grenoble et aux alentours (ce que l’on appelle de par chez nous le Dauphiné), Serge Papagalli est une légende qui foule les scènes de la région depuis maintenant 50 ans. Pour célébrer cet anniversaire comme il se doit, et avant de le croiser fin novembre sur grand écran dans le film Kaamelott (le fameux Guethenoc le paysan, c’est lui) d’Alexandre Astier, notre homme se lance dans le western-spaghetti et théâtral, lui qui revendique fièrement ses origines italiennes. Avec une douzaine de comédiennes et comédiens à ses côtés (dont pas mal de fidèles de chez fidèles toutes générations confondues), son Western ! était forcément très attendu par un paquet de monde. Dont nous. AM À la MC2 du mardi 13 au jeudi 22 octobre Au Théâtre Jean-Vilar (Bourgoin-Jallieu) vendredi 6 et samedi 7 novembre Au

Continuer à lire

"La Rose et la hache" : soudain, Ariel Garcia-Valdès

Théâtre | Le metteur en scène Georges Lavaudant reprend son spectacle culte créé à Grenoble en 1979. Avec toujours le fascinant Ariel Garcia-Valdès dans le rôle-titre de Richard III. À (re)découvrir à la MC2 jusqu'au samedi 17 novembre.

Aurélien Martinez | Lundi 12 novembre 2018

Un acteur à la puissance magnétique : voilà comment l’on pourrait qualifier Ariel Garcia-Valdès en sortant de l’heure passée en sa compagnie grâce à La Rose et la hache. Un spectacle mythique qui a vu le jour en 1979 et que le metteur en scène et ancien directeur de la MC2 (du temps où elle s’appelait Maison de la culture) Georges Lavaudant a décidé de reprendre pour les 50 ans de cette même MC2. Ou comment le monstre shakespearien qu’est Richard III, revu ici par le dramaturge italien Carmelo Bene, accéda au pouvoir en tuant tous ceux qui lui barraient le chemin, et en premier lieu les membres de sa famille. Richard III, sur scène, c’est donc Ariel Garcia-Valdès, qui ne fait qu’un avec le personnage monstrueux tant physiquement que moralement. À ses côtés, quatre comédiens (dont Lavaudant lui-même) se répartissent les autres rôles de cette tragédie de poche donnée dans une scénographie glaçante – une table couverte de verres de vin (ou plutôt de sang). On comprend alors po

Continuer à lire

"Cyrano de Bergerac" s'invite jeudi soir aux Pathé

ECRANS | De même que la pièce d'Edmond Rostand constitua le chef-d’œuvre et l’apogée du théâtre romantique bien après le règne du genre, l’adaptation cinématographique que (...)

Vincent Raymond | Vendredi 19 octobre 2018

De même que la pièce d'Edmond Rostand constitua le chef-d’œuvre et l’apogée du théâtre romantique bien après le règne du genre, l’adaptation cinématographique que Jean-Paul Rappeneau signa de Cyrano de Bergerac (1990) marqua le triomphe d’un classicisme respectueux et d’une "qualité française" à nouveau digne de ce nom. Dix César sanctionnèrent ce film reprenant la presque intégralité des vers originaux et propulsèrent Depardieu de Cannes à Hollywood – l’Oscar lui échappa, à la suite d’une campagne médiatique révélant qu’il avait assisté enfant à un viol. Alors que ressort en DVD dans une version restaurée l’intégrale de l’œuvre du cinéaste, il faut profiter de chaque occasion offerte de revoir ses films héroïques et fantaisistes sur grand écran. Cyrano ne fait évidemment pas exception : rendez-vous jeudi 25 octobre à 20h aux Pathé Échirolles et Chavant.

Continuer à lire

"Cyrano de Bergerac" : l’amour fou par Pitoiset et Torreton

Théâtre | Deux heures trente qui passent comme une lettre à la poste : le "Cyrano de Bergerac" mis en scène par Dominique Pitoiset et interprété par Philippe Torreton est une réussite éclatante, qui redonne ses lettres de noblesse au théâtre de répertoire. On dit oui !

Aurélien Martinez | Vendredi 22 mars 2013

Les plupart des grands textes, dont on nous assure à longueur de plaquette qu’ils sont toujours d’actualité (façon de justifier des choix souvent guidés par de simples soucis de remplissage – oui, Molière, Shakespeare & co déplacent encore les foules), sont de véritables machines à jouer. Les prendre de la sorte aujourd’hui est une excellente manière de les transmettre au public. Cette semaine à la MC2, le metteur en scène Dominique Pitoiset livre ainsi un Cyrano de Bergerac savoureux car défendu par des comédiens investis, avec au centre un Philippe Torreton royal et magistral. Refusant le grandiloquent auquel certains comédiens nous ont habitués en interprétant Cyrano (dont l’inoubliable Depardieu dans le film de Jean-Paul Rappeneau), il donne à son personnage, ce grand amoureux qui se sacrifiera justement par amour, une humanité touchante, tout en accentuant avec panache son côté cabotin lettré. Une performance captivante. Balcon 2.0 Car il y a dans ce spectacle une véritable envie d’attraper le public pour l’emmener dans les arcanes du très savoureux texte d’Edmond Rostand : une p

Continuer à lire

Mortel combat

SCENES | La Mort de Danton est un monument théâtral du XIXe siècle, écrit par Georg Büchner, l’un des dramaturges allemands de renom malgré sa très faible production (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 13 avril 2012

Mortel combat

La Mort de Danton est un monument théâtral du XIXe siècle, écrit par Georg Büchner, l’un des dramaturges allemands de renom malgré sa très faible production (tout juste trois pièces), du fait de sa mort à vingt-trois ans du typhus. L’auteur s’intéresse ici à la Révolution française, à travers la figure de Danton qui sera condamné à mort par Robespierre au nom de l’implacable Terreur. Sur cette partie de l’histoire encore largement commentée aujourd’hui, Büchner a son avis, puisqu’il déplore le bain de sang au nom de la Révolution, mais n’accuse pas, relatant les faits avec ses mots et sa vision. « La Révolution, comme Saturne, dévore ses propres enfants. » Toute la pièce est construite autour de cette fin inéluctable (les amis de Danton le pressent de fuir, ce que lui refuse). Georges Lavaudant, metteur en scène star qui passa par le Centre dramatique national des Alpes et la Maison de la culture à la fin des années 70, s’attelle de nouveau à ce texte qu’il avait déjà monté en 2002. Toujours avec une certaine maestria dans la mise en scène et la direction d’acteurs (notamment les excellents Patrick Pineau en Danton et Gilles Arbona en Robespierre - photo), pour

Continuer à lire

La longue nuit de Lavaudant

SCENES | Pour son retour dans sa ville natale et dans la maison de la culture grenobloise dont il a dirigé le centre national dramatique dans les années 80, (...)

François Cau | Vendredi 27 novembre 2009

La longue nuit de Lavaudant

Pour son retour dans sa ville natale et dans la maison de la culture grenobloise dont il a dirigé le centre national dramatique dans les années 80, Georges Lavaudant amène avec lui une atmosphère mexicaine. Pour explorer plus encore ce pays qui lui est cher, Lavaudant a choisi d'adapter un texte bavard et peu joué de Tennessee Williams, La Nuit de l'iguane. Tcheky Karyo est un pasteur américain répudié pour fornication et blasphème et qui s'est transformé en guide de voyages de seconde zone. Il traine son groupe de touristes jusqu'au petit hôtel Costa Verde tenu par une de ses amies. Mais il se traine surtout lui-même. L'écrivain américain a créé un personnage trop à l'étroit dans son corps et dans la fonction sociale qu'il s'était assignée, coincé entre son envie d'assouvir ses plaisirs sur quelques femmes de passage et sa volonté de réussir ce métier de pasteur peu compatible avec ses désirs. Pour suggérer encore plus le cul de sac dans lequel se débat mollement Shannon, le fidèle scénographe de Lavaudant, Jean-Pierre Vergier, a construit un décor grandiose fait d'agaves et cactus démesurément grands et piquants. Cette image splendide est cependant trop immobi

Continuer à lire