Lyon : Nuits de Fourvière, le grand retour

Festival / Oui – trois fois youpi ! – les Nuits de Fourvière auront bien lieu cette année en juin et juillet. Avec au menu, une édition quelque peu adaptée – horaires, jauges, mesures barrières – mais surtout une édition en vrai, avec des gens. On vous détaille la programmation ici, où vous pourrez retrouver une bonne partie des têtes d'affiche et spectacles empêchés l'an dernier.

La Biennale de la Danse, des fidélités, quelques reports de l’édition avortée et au final pas moins de onze propositions théâtre-cirque-danse aux Nuits de Fourvière cette année qui se dérouleront en très grande partie aux amphithéâtres et puis tout près, chez les voisins du 5e arrondissement (ENSATT et Point du Jour) jusqu’à faire un pas à la Renaissance d’Oullins.

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L’ouverture du festival se fera le 1er et 2 juin à 19h30 (attention horaires avancés en raison du couvre-feu), en collaboration avec la Biennale de la Danse devenue estivale, avec Alarm clocks are replaced by floods and we awake with our unwashed eyes in our hands … a piece about water without water signé de la chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin qui retrouve pour l’occasion la chanteuse Camille après leur première collaboration sur l’album Ilo Veyou de cette dernière. L’interprète (qui se fait aussi danseuse) sera également au générique de Comprendre, en tant que co-compositrice et arrangeuse de la pièce théâtre et musicale de sa sœur Sonia Bester autour d’un sujet intime, la douleur. Joué au Point du Jour du 17 au 20 juin, ce travail sera précédé de restitutions d’ateliers de travail avec du personnel de l’hôpital lyonnais Les Massues, Des mots sur les maux.

Les Enfants du Paradis

Ce qui aurait dû ouvrir les Nuits en 2020 fera les belles soirées des 15 et 16 juillet. FIQ ! la nouvelle création des Acrobates de Tanger, dirigés par la "circographe" (mise en scène de spectacle de cirque) Maroussia Diaz Verbèke a eu le temps d’être affiné depuis leur première à Marrakech en janvier du temps d’avant. Cette plongée, haute en couleurs, dans les aspirations, déconvenues et espoirs de la jeunesse marocaine sera dans le grand théâtre. Car pas question de monter des chapiteaux en ce moment, trop fermés et peu Covid compatibles qu’ils sont. C’est pourquoi l’autre spectacle cirque, Maria de Bueno Aires aura aussi lieu dans cette grande enceinte et marque, du 24 au 26 juin, le retour des très athlétiques acrobates de la compagnie australienne Circa pilotée par Yaron Lifschitz. Elle avait été associé notamment au Quatuor Debussy pour Opus (2013) et à l’ONL pour Le Sacre du printemps (2018) ; ils sont ici au service de l’opéra-tango de Piazzolla accompagné par l’Orchestre National d’Auvergne et l’Orchestre de l’Opéra de Lyon.

Autres habitués du festival : la formidable compagnie Marius dont le travail est aussi accessible au tout public (et notamment à ceux qui fréquentent peu ou pas les théâtres) que précis. Pagnol, Dickens, Shakespeare, Beaumarchais et maintenant, entre leurs mains, le scénario de Jacques Prévert du film de Marcel Carné, Les Enfants du paradis. À découvrir à l’Odéon et non plus dans leurs gradins en bois transportables partout, du 18 au 20 juin. Reste à voir si leurs traditionnels repas ou en-cas pourront être servis aux entractes.

Antigone à Molenbeek

Puisque nous sommes en Flandres, restons-y via les tg STAN avec lesquels les Marius ont d’ailleurs fait leurs premières gammes. Ils seront présents, du 12 au 14 juillet pour leur version française de Poquelin II. Et l’anversois Guy Cassiers, très rare à Lyon, présentera son diptyque Antigone à Molenbeek et Tirésias les 11, 12 et 13 juin pour cette première française avec le Quatuor Debussy.

Par ailleurs, un partenariat fort se poursuit avec l’ENSATT. Le spectacle de fin de formation des étudiants de cette école nationale supérieure qui regroupe tous les métiers du théâtre au sein de neuf départements, est à nouveau inclus dans le programme des Nuits. Cette année c’est le roman de Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux, rimé par le Goncourt 2018 qui est proposé par le metteur en scène Simon Delétang, ancien directeur du théâtre lyonnais des Ateliers.

Enfin, retour à la danse qui aura la part belle en ce début de festival avec deux reports de 2020 : Omma, l’intrigante nouvelle création du passionnant Joseph Nadj (les 9 et 10 juin) suivi de A room with a view (13 et 14 juin). Le collectif (La) Horde et le Ballet National de Marseille, que ce jeune trio dirige, ainsi que le musicien Rone ont inventé cette grande forme sur les derniers spasmes d’une civilisation avant effondrement. Brutalement balayé par le premier confinement, ce spectacle se déploie maintenant.

Polyfolie

Côté programmation musicale – oui, de la musique, à nouveau, en chair et en notes – celle-ci ne prendra possession du théâtre antique qu'à partir de fin juin – c'est l'usage à Fourvière. Mais comme d'usage aussi un avant-goût de taille en sera donné dès le lundi 7 juin avec le projet 3MA, sorte de all-stars de l'instrument à cordes traditionnels réunissant Balaké Sissoko, le king de la kora malienne, Driss El Maloumi, le prince du oud marocain, et Rajery, empereur de la valiha malgache (un spectacle précédé sur scène par Al Kindi et les fascinants derviches tourneurs de Damas). Deuxième, préambule musical avec la Nuit du jazz italien, qui convie le trompettiste Enrico Rava et le saxophoniste Stefano Di Battista (le mardi 15 juin).

Pour revenir à la sono mondiale, la seconde partie des Nuits de Fourvière, qui débutera le vendredi 25 juin – et qui comprend, on s'en doute, beaucoup de spectacles reportés de l'édition 2020, investira le Musée des Confluences avec Polyphonie-Polyfolie "Opéra d'Afrique Centrale", un opéra mené par les chœurs Pygmées Aka et les danses traditionnelles de Banda Linda, sur une composition signée du guitariste Camel Zekri. Le mercredi 30 juin, deux reports de 2020 concentrés en un soir jazz, le Valetti Quintetto et le Trio Minvielle, Lubat, Vieira pour une création. Musiques du monde à nouveau, le samedi 10 juillet avec un double plateau conviant la chanteuse-koriste anglo-gambienne Sona Jobarteh et l'ethno-groove d'Orange Blossom. Musette, le 11 juillet à l'Amphi de l'Opéra, avec Dominic Cravic & les Primitifs du Futur pour un hommage au guitariste italien Henri Crolla, dont on devait fêter le centenaire de la naissance l'an dernier. World toujours et enfin, avec le rock psychédélique pan-turc d'Altin Gün qui devrait faire tourner quelques têtes. Et jazz de nouveau, mais plus si affinités, au soir du 18 juillet avec Stefano Bollani et le Supersonic de Thomas de Pourquery. Au milieu de ce deuxième mois, on pourra aussi retrouver du classique – la IXe de Beethoven par l'ONL le vendredu 9 juillet – et de l'inclassable, mais au Théâtre de la Renaissance – avec le Quatuor Bella & Albert Marcœur.

Foule sentimentale

Bien sûr, Fourvière ne serait pas Fourvière sans le gros de sa programmation – son versant le plus attendu, on ne va pas se raconter d'histoire – celle consacrée aux musiques actuelles, au rock, à la chanson française, à la variété et toutes ces sortes de choses. Même quelque peu amoindrie, elle sera quand même conséquente. C'est Alain Souchon qui ouvrira les festivités empêchées l'an dernier pour un report de ses deux dates prévues, le lundi 28 et mardi 29 juin devant une foule forcément très sentimentale. Suivront ensuite le 2 juillet, Jane Birkin pour son spectacle Oh ! Pardon tu dormais..., du titre de son dernier album, et, le même soir, Louis Chedid. Le lendemain, samedi 3 juillet, le grand Philippe Katerine viendra présenter, enfin, ses Confessions – pas impossible, connaissant l'animal, qu'il s'agisse d'un des concerts de la saison.

Le dimanche 4 juillet, un autre drôle de bonhomme très attendu, se présentera sur scène puisque François Morel proposera son spectacle La Vie (titre provisoire) en version symphonique accompagné par l'Orchestre du Conservatoire à Rayonnement Régional. S'ensuivra une belle triplette de vedettes françaises avec Benjamin Biolay pour deux dates – mardi 6 et mercredi 7 juillet –, Stephan Eicher, le dimanche 11 juillet – précédé sur scène de la transposition scénique de son InBach par le Lyonnais Arandel, à voir absolument – et Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko le lundi 19 juillet. Puis, le festival des frenchy se refermera avec l'ascensionnelle Pomme pour deux dates sises les mardi 27 et mercredi 28 juillet, et la révélation Suzane que précédera sur scène la Lyonnaise au flow diabolique Tracy de Sà.

Côtés internationaux, il seront, on s'en doute, moins nombreux pour la raison que vous savez, alors on se permettra d'y ajouter pour faire le nombre le Lyonnais Woodkid, dont la dimension a très vite dépassé les frontières françaises dans la décennie précédente. Le musicien-réalisateur, dont le deuxième album est sorti en octobre dernier, 7 ans après le premier, investira le Grand Théâtre pour trois soirs du mardi 20 au jeudi 22 juillet. Avant cela, le lundi 5 juillet, les amateurs de velours vocal pourront aller applaudir Miss Melody Gardot, puis le 23 juillet, la Belge Selah Sue. Enfin, ce sont les tonitruants post-rockeurs écossais de Mogwaï qui se chargeront de clôturer cette édition 2020. Avant cela, il ne faudra pas avoir raté, en amont de ces réjouissances internationales, le jeudi 1er juillet, la venue de l'extra-terrestre Asaf Avidan. Pour Asaf Avidan, bien sûr, et surtout sa voix cosmique, mais aussi pour sa première partie qui verra monter sur scène le fils préféré de la scène lyonnaise depuis quelques mois, le folk-bluesman Théo Charaf. Ce seront deux des voix les plus singulières que vous entendrez cette année dans l'enceinte de Fourvière. Et ça fera beaucoup de bien.

Nuits de Fourvière
Au Théâtre Antique de Fourvière (sauf mentions) du 1er juin au 30 juillet

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