Crazy Amy

ECRANS | De Judd Apatow (ÉU, 2h05) avec Amy Schumer, Bill Hader, Brie Larson…

François Cau | Mardi 17 novembre 2015

Nouvelle star du rire new-yorkais, Amy Schumer incarne un humour féminin décomplexé (comprenez, volontiers salace sur scène) si populaire qu'il ne pouvait laisser le cinéma indifférent. D'ordinaire adroit avec les sujets graveleux (40 ans toujours puceau), Judd Apatow s'est joliment fourvoyé en incitant Schumer à écrire et interpréter son film — l'histoire d'une journaliste adepte de l'homme jetable, suivant en cela l'exemple d'un père volage, jusqu'à ce qu'elle rencontre un chirurgien maladroit mais sensible (soupir).

Moues porcines, gags poussifs et vulgarité aseptisée (afin que cette comédie romantique ne subisse pas de rédhibitoire classification) s'enchaînent donc durant deux très longues heures. S'il ne faut pas compter sur les talents d'acteur de LeBron James (cabotinage à trois points), l'accent aussi improbable que le brushing de Tilda Swinton ou le faux-film avec Daniel Radcliffe offrent quelque dérivatif à l'ennui…


Crazy Amy

De Judd Apatow (ÉU, 2h05) avec Amy Schumer, Bill Hader...

De Judd Apatow (ÉU, 2h05) avec Amy Schumer, Bill Hader...

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Depuis sa plus tendre enfance, le père d’Amy n’a eu de cesse de lui répéter qu’il n’est pas réaliste d’être monogame. Devenue journaliste, Amy vit selon ce crédo – appréciant sa vie de jeune femme libre et désinhibée loin des relations amoureuses, qu’elle considère étouffantes et ennuyeuses...


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"Gangsterdam" : very dumb trip

ECRANS | Pas facile de vivre pour les comédies françaises à l’époque de Judd Apatow, Seth Rogen ou Todd Phillips. En essayant vainement de les imiter tout en (...)

Julien Homère | Mardi 28 mars 2017

Pas facile de vivre pour les comédies françaises à l’époque de Judd Apatow, Seth Rogen ou Todd Phillips. En essayant vainement de les imiter tout en correspondant aux attentes nationales, elles ne font que perdre sur les deux tableaux. Gangsterdam répond bien à cette idée, narrant les aventures de Ruben, Durex et Nora, embarqués malgré eux dans un deal de drogue foireux, entre mafieux aux Pays-Bas. Il n’y a rien de plus triste que de voir un film tentant de ressembler à ce qu’il n’est pas et ne sera jamais. Voix off, blagues de pets et BO moderne passant de Tangerine Dream à Gucci Mane, Romain L

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40 ans, mode d’emploi

ECRANS | De Judd Apatow (ÉU, 2h13) avec Paul Rudd, Leslie Mann, John Lithgow…

Christophe Chabert | Mercredi 6 mars 2013

40 ans, mode d’emploi

La quarantaine, ses bonnes résolutions, ses petits renoncements et ses grands compromis ; la vie de couple avec enfants selon Judd Apatow ressemble à une chanson de Bénabar ou à un film de Cédric Klapisch : rire sur l’écran de notre médiocrité ordinaire. Programme peu ragoûtant, même s’il y a là une vraie qualité d’écriture et de direction d’acteurs — plus que dans son précédent et à moitié réussi Funny people. Sauf qu’en cours de route, une mélancolie s’insinue dans ce film jusqu’ici en trop bonne santé, liée aux deux générations qui encadrent le couple vedette (Paul Rudd et Leslie Mann, au demeurant excellents) : d’un côté, les propres filles d’Apatow, adolescentes qui se témoignent leur amour en s’insultant copieusement ; de l’autre, les deux pères indignes, l’un envahissant et irresponsable (Albert Brooks), l’autre démissionnaire et arrogant (John Lithgow). De beaux personnages de fiction, superbement campés, et non pas des substituts du spectateur auxquels il comparerait pour validation son propre vécu. Le goût du second rôle et de l’improvisation comique, habituel chez Apatow, est ici canalisé et retrouve sa fonction première ; apporte

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