Amis publics

ECRANS | De Édouard Pluvieux (Fr, 1h38) avec Kev Adams, Vincent Elbaz, Paul Bartel… Sortie le 17 février

Vincent Raymond | Mardi 9 février 2016

Photo : © DR


Régulièrement moqué pour l'indigence de son jeu, se résumant à des grimaces de dragueur et des vannes d'élève de seconde écarquillant les prunelles comme Marisol Touraine, Kev Adams a voulu prouver qu'il était au moins aussi grand tragédien que, disons, Lorànt Deutsch (pour citer un classique).

Pour démontrer aux incrédules l'étendue de ses talents, il a fait écrire sur mesure cette histoire de petit frère cancéreux par la faute d'une méchante-vilaine entreprise l'obligeant à commettre une infernale suite d'actes contre-nature ou héroïques : cambrioler des banques, se raser la tête, se déguiser en policier, prendre un air concerné sourcils froncés, tourner un film à Lyon…
Force est de reconnaître que dans cet emploi dramatique, sa désinvolture à l'écran atteint des sommets — le pire étant qu'elle contamine tous ses partenaires. Vivement qu'un scientifique découvre un vaccin contre le syndrome Tchao Pantin ! VR


Amis Publics

D'Edouard Pluvieux (Fr, 1h38) avec Kev Adams, Vincent Elbaz...

D'Edouard Pluvieux (Fr, 1h38) avec Kev Adams, Vincent Elbaz...

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Afin de réaliser le rêve de son jeune frère malade, Léo et leurs meilleurs potes organisent un faux braquage… mais le jour J, ils se trompent de banque. Le faux braquage devient un vrai hold-up. Commence alors l’aventure extraordinaire des Amis Publics ! Inspiré d'une Histoire Fausse.


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Masure douce masure : "La Famille Addams"

Animation | Alors que le jeune Pugsley Addams prépare sa Mazurka, la sinistre quiétude du manoir familial est perturbée par un chantier dans le voisinage : la construction d’un lotissement empestant la joie de vivre, sous la houlette d'animatrice télé qui envisage de “redécorer“ la demeure Addams…

Vincent Raymond | Mardi 3 décembre 2019

Masure douce masure :

Quelque part, il y a une forme de logique à ce que la bande dessinée de Charles Addams, jadis adaptée en série télé, puis en longs-métrages en prises de vues réelles, puis en série animée pour la télévision, revienne sur le grand écran en film d’animation. D’abord, parce que la tendance du moment — éprouvée et approuvée par Disney — c’est de rentabiliser une licence sous toutes ses formes ; ensuite parce que dans le cas particulier de la Famille Addams, il aurait été presque inconvenant de laisser ces personnages reposer en paix sans pratiquer sur eux quelque opération frankensteinesque. C’est l’avantage des monstres et autres figures du monde macabre : il ne peuvent guère souffrir d’une atteinte à leur intégrité ! Vernon & Tiernan jouent donc sur du velours en convoquant ces vieilles connaissances et leur épouvante d’opérette dont les pré-ados (du genre de Tim Burton) raffolent. Derrière les us et coutumes déviants de cette tribu cadavérique, et malgré la vraie-fausse rébellion de l’aînée Mercredi, l’idée est de montrer que les Addams restent soudés comme une f

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Les grands rendez-vous de l'humour

Humour | De Kev Adams à Félix Le Braz, tour d'horizon de l'actualité humoristique de la rentrée.

Elliott Aubin | Mardi 10 septembre 2019

Les grands rendez-vous de l'humour

Passer une soirée dans un café-théâtre ne peut se résumer à l’évaluation d’une prestation artistique, c’est avant tout la découverte d'un cadre, d'une ambiance, d'un parfum et même d'une acoustique… Ces nombreux lieux, malgré leur sensibilité respective, ont un point commun : ils sont des lieux de vie. Que l’on rentre au Complexe Café-théâtre par un passage secret de la rue des Capucins, ou que l’on passe par la grande porte du Radiant, on y retrouvera toujours cet accueil chaleureux, que l’on ne s’explique pas. Parce qu’ils ont de commun cette ambition de préserver ces espaces où l’on chérit une expression libre ? Peut-être. Parce qu'ils sont des lieux intimes qui offrent une parenthèse hors du temps comme une légère suspension dans un quotidien parfois agité ? Sans doute. Parce qu'ils sont des lieux de culture, qui abritent l’hésitation d’une première scène autant que l’assurance des rodages et des perfectionnements ? Certainement. Une chose est sûre, ils sont incontestablement des lieux de partage. Voici notre sélection des spectacles immanquables de cette rentrée, très remplie.

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Pareil, et en moins bien : "Alad'2"

Comédie | de Lionel Steketee (Fr, 1h38) avec Kev Adams, Jamel Debbouze, Vanessa Guide…

Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Pareil, et en moins bien :

Sofia a quitté Sam. Dans l’avion pour la rejoindre, Sam imagine la suite des aventures d’Aladdin, chassé de Bagdad par le cruel Shah Zaman qui, de surcroît veut épouser la princesse Shalila. Aidé par son génie, le rusé voleur repart en conquête de sa promise et de Bagdad… La coutume veut que la suite d’un succès cherche à le superlativer — en y parvenant rarement, d’ailleurs — grâce à une histoire plus époustouflante, la montée en gamme de la réalisation et une distribution de prestige. C’est visiblement ce troisième point qui a été privilégié avec le recrutement de Jamel Debbouze comme co-star (par ailleurs intercesseur idéal pour qui souhaite tourner au Maroc, semble-t-il). Mais associer les deux humoristes revient à mélanger de l’eau et de l’huile (ou l’inverse) ; de fait, chacun déroule son one man show à sa sauce dans son segment de film sans qu’il y ait réellement de rencontre. On suit donc en alternance des sketches où Kev, aventurier aux adbos souriants, croise pléthore de stars venues faire des caméos, et d’autres où Djamel, en félon, b

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Sur le divan : "Love addict"

Flirt | de Frank Bellocq (Fr, 1h33) avec Kev Adams, Mélanie Bernier, Marc Lavoine...

Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

Sur le divan :

Séducteur compulsif, Gabriel a perdu son dernier job à cause de son… inextinguible besoin de conquérir les femmes. Pour conserver son nouveau poste, il a recours aux services d’une psy reconvertie coach, Marie-Zoé. Leur animosité mutuelle ne cache-t-elle pas une vague attirance ? Et si le problème cardinal des films avec Kev Adams, c’était tout simplement Kev Adams ? Dans son genre, Love Addict n’est pas si mal : pour qui s’est infligé Gangsterdam ou Les Aventures d’Aladdin, c’en est presque miraculeux. Car il s’agit d’une variation ne disant pas son nom — se peut-il qu’elle s’ignore ? — et assagie du délirant What’s New Pussycat ? (1965) de Clive Donner. Jadis scénarisée par Woody Allen, cette comédie sur un impénitent collectionneur prend au passage une sale teinte ironique à présent que ce dernier est considéré comme un vieux satyre. Frank Bellocq n’est ni Donner ni Allen, mais il se tire plutôt bien de

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Tout est fini entre nounou : "Daddy Cool"

Comédie | de Maxime Govare (Fr, 1h37) avec Vincent Elbaz, Laurence Arné, Jean-François Cayrey…

Vincent Raymond | Mardi 24 octobre 2017

Tout est fini entre nounou :

Immature professionnel, Adrien a réussi, à force d’enfantillages, à lasser la femme de sa vie. Pour la reconquérir, et aussi pourrir la vie de son “successeur”, il décide d’ouvrir une crèche à domicile dans l’appartement commun (dont il possède quelques misérables %). Est-ce bien raisonnable ? Oh, une comédie de divorce reposant sur l’occupation du domicile conjugal par un ex- à la puérilité aussi vaste que son machisme ! On n’en avait pas vu depuis avril dernier et Sous le même toit, le téléfilm de Dominique Farrugia. Maxime Govare ne descend pas aussi bas dans la beaufitude que son aîné (en même temps, on touchait à l’acmé de l’étalon du parangon) mais il se défend bien questions clichés et gags de seconde main. Une idée vers la fin soulève cependant l’intérêt : Adrien relève autour de lui quantité de signes qui, à la manière d’un jeu de pistes, vont le mener vers sa dulcinée. Dommage que la réalisation ne suive pas dans un grand et beau mouvement ce qui ressemblait, enfin, à une vraie intention de mise en scène.

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"Gangsterdam" : very dumb trip

ECRANS | Pas facile de vivre pour les comédies françaises à l’époque de Judd Apatow, Seth Rogen ou Todd Phillips. En essayant vainement de les imiter tout en (...)

Julien Homère | Mardi 28 mars 2017

Pas facile de vivre pour les comédies françaises à l’époque de Judd Apatow, Seth Rogen ou Todd Phillips. En essayant vainement de les imiter tout en correspondant aux attentes nationales, elles ne font que perdre sur les deux tableaux. Gangsterdam répond bien à cette idée, narrant les aventures de Ruben, Durex et Nora, embarqués malgré eux dans un deal de drogue foireux, entre mafieux aux Pays-Bas. Il n’y a rien de plus triste que de voir un film tentant de ressembler à ce qu’il n’est pas et ne sera jamais. Voix off, blagues de pets et BO moderne passant de Tangerine Dream à Gucci Mane, Romain L

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"Il a déjà tes yeux" : Lorsque l’enfant paraît (trop clair)

ECRANS | de et avec Lucien Jean-Baptiste (Fr, 1h35) avec également Aïssa Maïga, Zabou Breitman, Vincent Elbaz…

Vincent Raymond | Mardi 17 janvier 2017

Paul et Sali s’aiment, viennent d’ouvrir leur magasin, d’acheter leur maison et rêvent de parachever leur bonheur en étant parents. La Nature étant contrariante, ils recourent aux services sociaux leur proposant d’adopter Benjamin, un blondinet, alors qu’eux sont noirs. C’est la joie pour Paul et Sali ; pas pour leur entourage… Lucien Jean-Baptiste a trouvé là un excellent sujet, sans doute le meilleur depuis 30° Couleur : un thème de conte philosophique adapté en comédie de situation. N’étaient quelques invraisemblances grossières — un couple de commerçants débutants et, en théorie, sans fortune disposant d’un emploi du temps aussi souple qu’une gymnaste olympique, voilà qui défie le bon sens — le regard se révèle extrêmement pertinent sur les présupposés sociétaux : la norme n’est, bien souvent, qu’une question d’habitude (voir l’hilarante séquence dans la salle d’attente de la pédiatre), et la plupart des évolutions sont freinées par la peur de l’inconnu. Croquant avec gourmandise tous les travers, le comédien-cinéaste joue adroitement avec les particularismes culturels africains (convivialité d’immeuble,

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"Primaire" : La maîtresse décolle

ECRANS | de Hélène Angel (Fr, 1h45) avec Sara Forestier, Vincent Elbaz, Patrick d'Assumçao…

Vincent Raymond | Mardi 3 janvier 2017

Fleurant la madeleine, la colle en pot parfum amande et la bonne conscience, Primaire s’inscrit dans la lignée de ces films rendant sporadiquement hommage à des membres du corps enseignant… davantage qu’à l’institution dont ils dépendent. Ici, c’est Sara Forestier qui fait le job, en instit’ surinvestie — trop, sans doute, mais plus que ses collègues. Prête à beaucoup pour sauver un gamin manifestant de graves signes d’abandon, elle s’attire le courroux de son propre fils qui va se sentir délaissé, voire trahi. Hélène Angel actualise l’un des thèmes du film-patchwork de Truffaut, L’Argent de poche (1975), mais en adoptant le point de vue des adultes — ce qui amoindrit considérablement l’intérêt. Sans doute pour éviter la redondance avec Le Maître d’école (1980) de Claude Berri ou Ça commence aujourd’hui (1999) de Tavernier, elle amende son sujet de fanfreluches inutiles, comme une fable sentimentale avec un Vincent Elbaz

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Travellings et travelos

ECRANS | Nouvelle édition du festival Écrans mixtes qui met les travestis à l’honneur de sa sélection de cinéma gay, bi et lesbien, avec hommage, invités et événements, dont une séance appelée à faire date autour du "Rocky horror picture show". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 28 février 2013

Travellings et travelos

L’an dernier, le festival Écrans mixtes avait frappé fort avec sa rétrospective John Waters, cinéaste qui avait su faire l’unanimité auprès des cinéphiles amateurs de transgressions. Disons-le, pas d’aussi gros morceau en 2013, et le choix du thème annuel — Sweet transvestite — donne lieu à un panorama hétéroclite un peu fourre-tout, avec documentaires cultes et fictions où la question du travestissement est parfois de l’ordre du clin d’œil. On s’amusera d’ailleurs à voir revenir Divine, acteur-trice fétiche de John Waters, dans un film non signé par son mentor, mais par l’iconoclaste Paul Bartel, dont un autre festival bien aimé (Hallucinations collectives) avait osé une jolie rétrospective il y a deux ans : Lust in the dust, une parodie de western foutraque dans le pur style Bartel, mélange d’outrances et de références bis.   Éclaboussures Pour le cinquantenaire de la mort du peintre-poète-romancier-cinéaste Jean Cocteau, le festival présente un hommage en trois temps. D’abord un documentaire de Jean-Paul Fargier, puis une conférence d’Henry Gidel, biographe de Cocteau, les deux à la MLIS de Villeurbanne. Ensuite, au CNP Terreaux, pr

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L’Assaut

ECRANS | De Julien Leclercq (Fr, 1h30) avec Vincent Elbaz, Grégori Derangère, Mélanie Bernier…

Dorotée Aznar | Mercredi 2 mars 2011

L’Assaut

Avec L’Assaut, le cinéma français a franchi un cap. Celui de la TNT et ses multiples reportages sécuritaires, grands dénis de confiance sociale alimentant une France angoissée. Dans un gris bleu métallisé aux rares éclats de couleurs, L’Assaut entend en effet ressusciter la prise d’otages du vol Alger-Paris par des terroristes du GIA en 1994. Pour Julien Leclerq (Chrysalis, beurk), le film est surtout prétexte à un sous Vol 93, alternant les points de vue dans un simili temps réel au démocratisme vain, puisqu’il préfère le GIGN. N’est pas Greengrass qui veut. Rendant ainsi justice aux flics (avec ce spectre lumineux délavé pour rappeler l’uniforme), L’Assaut est un hyper spot pour nos forces spéciales. Il en faut, mais de là à chanter leur louange sans autre point de vue que la bravoure du soldat, même La Chute du faucon noir n’a pas osé. Effleurant la complexité de la situation d’une fausse ambiguïté aux méthodes puantes, Leclercq est un publiciste de l’UMP. Et de mauvais goût. Jérôme Dittmar

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Tellement proches !

ECRANS | D’Olivier Nakache et Eric Toledano (Fr, 1h42) avec Vincent Elbaz, Audrey Dana, Isabelle Carré…

Christophe Chabert | Mercredi 10 juin 2009

Tellement proches !

Le cinéma français semble s’être trouvé un nouveau pré carré : non plus le couple, mais la famille, prétexte à des modes de récits choraux et à des observations sociétales à vertu identificatoire. Ça peut donner des choses bien (Le Premier Jour du reste de ta vie), mais aussi des désastres (Le Code a changé). Tellement proches ! part d’ailleurs très mal, dans la lignée du navet de Danielle Thompson : un dîner réunissant des stéréotypes humains assez médiocres, dont on prend spontanément la bêtise en grippe. Pas très bien écrite, plutôt mal filmée, cette longue première partie fait penser, et ce n’est pas un compliment, aux chansons de Benabar… Il faudra donc attendre que la folie prenne vraiment le dessus et qu’à force d’outrance, les personnages fassent vaciller leurs propres caricatures, pour que le film trouve la bonne distance. On s’aperçoit alors que les acteurs sont formidables, à commencer par ceux auxquels on ne croyait pas tellement : François-Xavier Demaison et Omar Sy. Mais c’est surtout Vincent Elbaz, dans son meilleur rôle depuis longtemps, qui s’avère le plus touchant. Pas de quoi se relever la nuit, mais pas honteux non plus. CC

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Les Randonneurs à Saint-Tropez

ECRANS | de et avec Philippe Harel (Fr, 1h45) avec Karin Viard, Benoît Poelvoorde, Vincent Elbaz, Géraldine Pailhas…

Christophe Chabert | Mercredi 2 avril 2008

Les Randonneurs à Saint-Tropez

Pour ceux qui, comme nous, ont de l’estime pour Philippe Harel et son cinéma, ces Randonneurs à Saint-Tropez font mal, très mal. Cinéaste du cynisme, qu’il exerce contre le monde (Extension du domaine de la lutte) ou contre un microcosme (Le Vélo de Ghislain Lambert, Tu vas rire mais je te quitte ou le premier Randonneurs), Harel devient ici un cinéaste cynique, multipliant les signes prouvant qu’il n’avait pas du tout envie de faire le film. Il laisse ainsi macérer ses personnages dans leurs stéréotypes, autorisant les seuls acteurs bankables (Viard et Poelvoorde) à faire étalage de leur métier. Les autres n’ont strictement rien à jouer, chacun trimbalant comme un boulet son unique gag décliné vingt fois, montrant physiquement sa lassitude et son dépit d’être là. «On se fait chier» lâche, affalé dans un sofa, un Elbaz qu’on croirait au repos pendant le making of. Ni féroce (pourtant, le cadre tropézien ouvrait un boulevard, en regard de la période bling bling actuelle), ni émouvant, le film n’est qu’une grande soupe tiédasse cuisinée avec les restes avariés du plat précédent. Pas drôle mais surtout très triste… Autant de talents dans un film aussi médiocre, c’

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