Sur le divan : "Love addict"

Flirt | de Frank Bellocq (Fr, 1h33) avec Kev Adams, Mélanie Bernier, Marc Lavoine...

Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

Photo : © Metropolitan Film Export


Séducteur compulsif, Gabriel a perdu son dernier job à cause de son… inextinguible besoin de conquérir les femmes. Pour conserver son nouveau poste, il a recours aux services d'une psy reconvertie coach, Marie-Zoé. Leur animosité mutuelle ne cache-t-elle pas une vague attirance ?

Et si le problème cardinal des films avec Kev Adams, c'était tout simplement Kev Adams ? Dans son genre, Love Addict n'est pas si mal : pour qui s'est infligé Gangsterdam ou Les Aventures d'Aladdin, c'en est presque miraculeux. Car il s'agit d'une variation ne disant pas son nom — se peut-il qu'elle s'ignore ? — et assagie du délirant What's New Pussycat ? (1965) de Clive Donner. Jadis scénarisée par Woody Allen, cette comédie sur un impénitent collectionneur prend au passage une sale teinte ironique à présent que ce dernier est considéré comme un vieux satyre.

Frank Bellocq n'est ni Donner ni Allen, mais il se tire plutôt bien de ce premier long, avec quelques bonnes idées (les thèmes musicaux à l'anciennes pour “habiller” les personnages, d'agréables surprises dans la distribution), pour contrebalancer les poncifs (la chorégraphie de Grease, la panouille d'une star hollywoodienne dans le rôle du méchant). La direction d'acteurs, en revanche, a été oubliée sur l'aire d'autoroute : même Marc Lavoine — le Tonton YOLO de service — surcabotine (et très mal) par contiguïté adamsesque. On n'attendra pas le remake, puisqu'il a déjà été tourné avant…


Love addict

De Frank Bellocq (Fr, 1h33) avec Kev Adams, Mélanie Bernier...

De Frank Bellocq (Fr, 1h33) avec Kev Adams, Mélanie Bernier...

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Gabriel est un love addict, un amoureux compulsif des femmes. Un sourire, un regard, un parfum… Il craque. Mais à force de dérapages de plus en plus acrobatiques entre sa vie sociale et sa vie professionnelle, Gabriel est totalement grillé. Bien décidé à changer (ou du moins à essayer), il recourt aux services d’une agence de « Minder », sorte de coach personnel 2.0. C’est Marie-Zoé, aux méthodes plutôt atypiques, qui va prendre en main le cas de Gabriel pour une thérapie de choc …


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Masure douce masure : "La Famille Addams"

Animation | Alors que le jeune Pugsley Addams prépare sa Mazurka, la sinistre quiétude du manoir familial est perturbée par un chantier dans le voisinage : la construction d’un lotissement empestant la joie de vivre, sous la houlette d'animatrice télé qui envisage de “redécorer“ la demeure Addams…

Vincent Raymond | Mardi 3 décembre 2019

Masure douce masure :

Quelque part, il y a une forme de logique à ce que la bande dessinée de Charles Addams, jadis adaptée en série télé, puis en longs-métrages en prises de vues réelles, puis en série animée pour la télévision, revienne sur le grand écran en film d’animation. D’abord, parce que la tendance du moment — éprouvée et approuvée par Disney — c’est de rentabiliser une licence sous toutes ses formes ; ensuite parce que dans le cas particulier de la Famille Addams, il aurait été presque inconvenant de laisser ces personnages reposer en paix sans pratiquer sur eux quelque opération frankensteinesque. C’est l’avantage des monstres et autres figures du monde macabre : il ne peuvent guère souffrir d’une atteinte à leur intégrité ! Vernon & Tiernan jouent donc sur du velours en convoquant ces vieilles connaissances et leur épouvante d’opérette dont les pré-ados (du genre de Tim Burton) raffolent. Derrière les us et coutumes déviants de cette tribu cadavérique, et malgré la vraie-fausse rébellion de l’aînée Mercredi, l’idée est de montrer que les Addams restent soudés comme une f

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Les grands rendez-vous de l'humour

Humour | De Kev Adams à Félix Le Braz, tour d'horizon de l'actualité humoristique de la rentrée.

Elliott Aubin | Mardi 10 septembre 2019

Les grands rendez-vous de l'humour

Passer une soirée dans un café-théâtre ne peut se résumer à l’évaluation d’une prestation artistique, c’est avant tout la découverte d'un cadre, d'une ambiance, d'un parfum et même d'une acoustique… Ces nombreux lieux, malgré leur sensibilité respective, ont un point commun : ils sont des lieux de vie. Que l’on rentre au Complexe Café-théâtre par un passage secret de la rue des Capucins, ou que l’on passe par la grande porte du Radiant, on y retrouvera toujours cet accueil chaleureux, que l’on ne s’explique pas. Parce qu’ils ont de commun cette ambition de préserver ces espaces où l’on chérit une expression libre ? Peut-être. Parce qu'ils sont des lieux intimes qui offrent une parenthèse hors du temps comme une légère suspension dans un quotidien parfois agité ? Sans doute. Parce qu'ils sont des lieux de culture, qui abritent l’hésitation d’une première scène autant que l’assurance des rodages et des perfectionnements ? Certainement. Une chose est sûre, ils sont incontestablement des lieux de partage. Voici notre sélection des spectacles immanquables de cette rentrée, très remplie.

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Pareil, et en moins bien : "Alad'2"

Comédie | de Lionel Steketee (Fr, 1h38) avec Kev Adams, Jamel Debbouze, Vanessa Guide…

Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Pareil, et en moins bien :

Sofia a quitté Sam. Dans l’avion pour la rejoindre, Sam imagine la suite des aventures d’Aladdin, chassé de Bagdad par le cruel Shah Zaman qui, de surcroît veut épouser la princesse Shalila. Aidé par son génie, le rusé voleur repart en conquête de sa promise et de Bagdad… La coutume veut que la suite d’un succès cherche à le superlativer — en y parvenant rarement, d’ailleurs — grâce à une histoire plus époustouflante, la montée en gamme de la réalisation et une distribution de prestige. C’est visiblement ce troisième point qui a été privilégié avec le recrutement de Jamel Debbouze comme co-star (par ailleurs intercesseur idéal pour qui souhaite tourner au Maroc, semble-t-il). Mais associer les deux humoristes revient à mélanger de l’eau et de l’huile (ou l’inverse) ; de fait, chacun déroule son one man show à sa sauce dans son segment de film sans qu’il y ait réellement de rencontre. On suit donc en alternance des sketches où Kev, aventurier aux adbos souriants, croise pléthore de stars venues faire des caméos, et d’autres où Djamel, en félon, b

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"Gangsterdam" : very dumb trip

ECRANS | Pas facile de vivre pour les comédies françaises à l’époque de Judd Apatow, Seth Rogen ou Todd Phillips. En essayant vainement de les imiter tout en (...)

Julien Homère | Mardi 28 mars 2017

Pas facile de vivre pour les comédies françaises à l’époque de Judd Apatow, Seth Rogen ou Todd Phillips. En essayant vainement de les imiter tout en correspondant aux attentes nationales, elles ne font que perdre sur les deux tableaux. Gangsterdam répond bien à cette idée, narrant les aventures de Ruben, Durex et Nora, embarqués malgré eux dans un deal de drogue foireux, entre mafieux aux Pays-Bas. Il n’y a rien de plus triste que de voir un film tentant de ressembler à ce qu’il n’est pas et ne sera jamais. Voix off, blagues de pets et BO moderne passant de Tangerine Dream à Gucci Mane, Romain L

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"La Prunelle de mes yeux" : Maladroit de regard

ECRANS | de Axelle Ropert (Fr, 1h30) avec Mélanie Bernier, Bastien Bouillon, Antonin Fresson…

Vincent Raymond | Mardi 20 décembre 2016

Tout commençait pourtant bien, par le choix d’exhumer pour la B.O. une excellente chanson des mésestimés The Gist, Love At The First Sight. Et puis sur l’affiche, la pétillante Mélanie Bernier avec son sourire éclatant… Après Un peu, beaucoup, aveuglement, elle enchaîne une nouvelle romance dans laquelle elle ne voit pas son galant — mais cette fois car elle est atteinte de cécité. Le coquin, c’est son nouveau voisin, un joueur de rebetiko raté, qui va feindre d’être lui aussi aveugle. D’abord chien et chat, le duo finira par s’accorder. Très référencée comédie sentimentale à l’américaine, cette petite chose possédait de bonnes intentions, mais hélas pas le rythme adéquat pour une fantaisie trépidante : ses baisses de tonus et son écriture laborieuse la plombent rapidement. Demeurent quelques inattendues trouées d’humour, dont une à mettre au crédit du scénariste-réalisateur Serge Bozon — son épouvantable La France (2006) hante pourtant encore nos mémoires. Ici interprète d’un voisin rockeur, il est hilarant en rebelle de ca

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Amis publics

ECRANS | De Édouard Pluvieux (Fr, 1h38) avec Kev Adams, Vincent Elbaz, Paul Bartel… Sortie le 17 février

Vincent Raymond | Mardi 9 février 2016

Amis publics

Régulièrement moqué pour l’indigence de son jeu, se résumant à des grimaces de dragueur et des vannes d’élève de seconde écarquillant les prunelles comme Marisol Touraine, Kev Adams a voulu prouver qu’il était au moins aussi grand tragédien que, disons, Lorànt Deutsch (pour citer un classique). Pour démontrer aux incrédules l’étendue de ses talents, il a fait écrire sur mesure cette histoire de petit frère cancéreux par la faute d’une méchante-vilaine entreprise l’obligeant à commettre une infernale suite d’actes contre-nature ou héroïques : cambrioler des banques, se raser la tête, se déguiser en policier, prendre un air concerné sourcils froncés, tourner un film à Lyon… Force est de reconnaître que dans cet emploi dramatique, sa désinvolture à l’écran atteint des sommets — le pire étant qu’elle contamine tous ses partenaires. Vivement qu’un scientifique découvre un vaccin contre le syndrome Tchao Pantin ! VR

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Le Cœur des hommes 3

ECRANS | De Marc Esposito (Fr, 1h53) avec Marc Lavoine, Jean-Pierre Darroussin, Bernard Campan, Eric Elmosnino…

Christophe Chabert | Mercredi 16 octobre 2013

Le Cœur des hommes 3

Le deuxième volet était déjà atroce, mais ce troisième épisode le surclasse encore dans l’infamie. Le cœur des hommes, ici, c’est plutôt leurs «couilles», terme généreusement employé tout au long de dialogues d’une absolue vulgarité, à l’avenant de la beaufitude satisfaite de ses quatre personnages. Qui, non contents d’accueillir chaleureusement le spectateur par une charge anti-fonctionnaires sur l’air du "on les paie à rien foutre avec nos impôts", vont ensuite s’employer à démontrer, dans un chorus de phallocrates rigolards, que les femmes ne serviraient à rien s’il n’y avait pas les hommes pour donner un sens à leur vie. La preuve : quand elles font chier, la meilleure chose à faire est de les virer — du pieu ou de leur boulot — ou de leur donner une bonne petite leçon en allant voir ailleurs. Et, bien sûr, tout cela se conclut par un éloge du mariage… Décomplexé politiquement, Le Cœur des hommes 3 l’est aussi, et c’est bien le pire, vis-à-vis de la forme télévisuelle, qu’il repique sans aucune mauvaise conscience : ouvertures de séquences avec le même panoramique sur les toits de Paris, mise

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L’Assaut

ECRANS | De Julien Leclercq (Fr, 1h30) avec Vincent Elbaz, Grégori Derangère, Mélanie Bernier…

Dorotée Aznar | Mercredi 2 mars 2011

L’Assaut

Avec L’Assaut, le cinéma français a franchi un cap. Celui de la TNT et ses multiples reportages sécuritaires, grands dénis de confiance sociale alimentant une France angoissée. Dans un gris bleu métallisé aux rares éclats de couleurs, L’Assaut entend en effet ressusciter la prise d’otages du vol Alger-Paris par des terroristes du GIA en 1994. Pour Julien Leclerq (Chrysalis, beurk), le film est surtout prétexte à un sous Vol 93, alternant les points de vue dans un simili temps réel au démocratisme vain, puisqu’il préfère le GIGN. N’est pas Greengrass qui veut. Rendant ainsi justice aux flics (avec ce spectre lumineux délavé pour rappeler l’uniforme), L’Assaut est un hyper spot pour nos forces spéciales. Il en faut, mais de là à chanter leur louange sans autre point de vue que la bravoure du soldat, même La Chute du faucon noir n’a pas osé. Effleurant la complexité de la situation d’une fausse ambiguïté aux méthodes puantes, Leclercq est un publiciste de l’UMP. Et de mauvais goût. Jérôme Dittmar

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Liberté

ECRANS | De Tony Gatlif (Fr, 1h51) avec Marc Lavoine, Marie-Josée Croze, James Thierrée…

Christophe Chabert | Mardi 16 février 2010

Liberté

Étrange concours de circonstances : à quelques semaines d’intervalle sortent sur les écrans des films qui, frontalement ou de biais, évoquent les camps de la mort. Avant l’insupportable "La Rafle" et le chiantissime "L’Arbre et la forêt", en même temps que le Scorsese, voici Tony Gatlif filmant la déportation des tziganes par la France de Vichy. Un sujet idéal pour le cinéaste, qui n’a cessé d’évoquer la mémoire des Roms dans ses films précédents. Trop, sans doute… Car on ne retrouve que par instants la liberté qui faisait le prix des meilleurs Gatlif. Si la mise en scène évite la complaisance et affirme même une assez belle tenue formelle, c’est bien le scénario, déconcertant de linéarité, qui plombe le film. Le maire humaniste joué par Marc Lavoine ou l’institutrice résistante incarnée par Marie-Josée Croze, personnages certifiés conformes à la réalité, ressemblent à l’écran à de purs stéréotypes de fiction. Gatlif se rattrape quand il filme la communauté tzigane, apportant un humour bienvenu et une vie qui passe autant par la musique — une scène dit en cinq minutes tout ce que Joann Sfar essaie maladroitement de résumer dans son Gainsbourg — que par la prestation éblouissante

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