Diane Krüger : « Fascinée par les personnages qui se cherchent et qui sont compliqués »

The Operative | De passage à Paris où elle tourne le film d’espionnage 355, la comédienne internationale Diane Krüger évoque son travail sur "The Operative", où elle interprète une agent du Mossad s’affranchissant de ses donneurs d’ordre. Rencontre.

Vincent Raymond | Jeudi 25 juillet 2019

Photo : © Kolja Brandt


Le travail d'espion présente-t-il des similitudes avec celui d'actrice, dans la mesure où vous devez entrer dans un personnage, le tenir…
Diane Krüger : Quand on est actrice, on fait semblant ; on observe des gens et pendant 6 à 8 semaines, on simule. Mais les agents du Mossad que j'ai pu observer durant mon stage ont vécu sous des fausses identités, ont mené de fausses vies pendant des années. Il faut un mental incroyable pour cela : sur 5000 personnes, le Mossad n'en recrute qu'une !

Vous dites que vous avez fait un stage ?
Oui, ils étaient “partenaires“ du film. Ils m'ont fait faire des petits exercices. Par exemple, avec un passe qu'ils m'ont fabriqué, j'ai dû essayer d'entrer à l'aéroport international de Tel-Aviv — après, je ne sais pas jusqu'à quel point c'était préparé, mais quand même… Avec des cheveux foncés, sans maquillage et en changeant de vêtement, on passe inaperçu. Finalement, le but, c'était de montrer que les meilleurs agents, ce sont madame et monsieur Tout-le-monde, sans signe distinctif.

Dans quelle mesure étaient-ils partenaires, vu que le film donne au finale de la légendaire infaillibilité du Mossad une image étrange…
Les agents qui nous ont aidés ont quitté le Mossad — mais on ne qui jamais réellement ; le Mossad était forcément au courant. L'auteur du livre dont le film est inspiré était le superviseur de l'agent ; celle-ci vit en Israel, mais je n'ai pas pu la voir : elle n'en avait pas envie. Après, c'est difficile de connaître tous les détails : elle était très forte pour raconter ce qu'elle avait envie de raconter. J'avais quand même le sentiment quand elle me parlait au téléphone, beaucoup de choses restaient tues. C'est compliqué, cette histoire… Même les anciens du Mossad qui m'ont aidée pour ma formation ont une relation d'amour/haine avec l'agence : ils sont fiers de ce qu'ils ont accompli et honte de certaines choses. Je crois que la Mossad est l'agence la plus forte au monde. Mais je pense aussi qu'il y a beaucoup plus de missions qu'on croit qui sont mises en danger à cause d'histoires d'amour — c'est normal.

Y a-t-il une difficulté supplémentaire à jouer quelqu'un qui “joue à jouer“ ?
Oui et non. Au début, j'avais du mal à croire qu'une personne non juive puisse être recrutée par le Mossad. Mais en fait, c'est un avantage car n'ayant pas de passeport israélien, ni de lien avec Israël, elle passe plus facilement dans des pays comme l'Iran.

J'ai échangé par téléphone avec la personne dont l'histoire du film s'est inspirée. C'est quelqu'un qui se cherchait beaucoup dans sa vie, qui a eu une enfance difficile, dont le père était juif mais pas elle et qui s'est retrouvée en Israël face à cette cause juive très forte — moi-même, je me suis rendue compte à quel point les Israéliens font tout pour la défendre ; en tant qu'allemande, ça ne me viendrait pas à l'idée de faire deux ans de service militaire sans être payée — et la déception qu'elle avait ressentie après des missions au long cours…

Est-ce plus difficile d'être un homme ou une femme agent ?
Il y a plein d'avantage à être une femme agent. Toutefois, les hommes que j'ai rencontrés y ont aussi laissé un peu de leur peau : on sent qu'ils ont payé, qu'il y a une faille, lorsqu'ils sorte d'une mission d'enfer.

Lorsque votre personnage dit « je ne sais pas où est ma place », il y a comme un effet miroir. En tant que comédienne allemande jouant en anglais et en français, avez-vous parfois le sentiment d'être égarée ?
J'avais ça plus jeune. Aujourd'hui, avec la maturité, mon attache c'est ma famille : à Paris ou à Atlanta ou New York.

Justement, ce personnage vous a-t-il intéressée du fait de ses télescopages culturels ?
Peut-être inconsciemment. En tout cas, je ne l'ai pas recherché. Les personnages qui me fascinent sont ceux qui se cherchent, qui sont compliqués. J'ai trouvé quelque chose de fascinant chez elle parce qu'elle se cherche et veut appartenir à quelque chose, parce qu'elle veut trouver une raison d'être et finalement se trouve, sans avoir besoin d'une cause plus grande qu'elle.

Selon vous, son superviseur éprouve-il pour elle quelque chose allant au-delà d'une relation de travail ?
Chaque agent a un superviseur et le Mossad veut que leur relation soit très fusionnelle, que le superviseur sache tout de l'agent. Il faut que l'agent ait 100% confiance. Ici, tout se brouille. On a envisagé un moment aller davantage dans cette direction, mais c'était bien de laisser de l'ambiguïté. Mais le seul fait que mon personnage mente à son superviseur, suffit pour attirer des suspicions.

Comment le scénario vous est-il parvenu ?
C'est Yuval, le réalisateur, qui me l'a proposé directement. J'avais vu son film Bethléem qui était en compétition à Venise quand j'étais membre du jury. Vis-à-vis du sujet, j'ai été intéressée par le fait qu'il soit Israélien : c'était à mes yeux un gage d'authenticité.

Comment avez-vous travaillé avec lui ?
C'est un professeur, une tête : il vit à New York, il a eu une vie avant, il a écrit des livres d'histoire, d'anglais… Il adore discuter, alors on a beaucoup répété. Ça a un avantage : tout est clair sur le tournage. Moi, j'aime répéter certaines scènes, et ne pas en toucher d'autres. Lui est moins émotionnel que cérébral, et mon travail est souvent le contraire. J'adorerais refaire un film avec lui.

Avez-vous trouvé des similitudes avec le personnage de In the fade ?
J'ai l'impression d'avoir payé de ma personne pour In the fade : j'ai passé 6 mois de préparation, en assistant tous les jours à des groupes de thérapie ; très sincèrement, rien que de me remémorer les témoignages de ces femmes, ça m'émeut encore aujourd'hui — même là j'ai les larmes aux yeux. Pour ce film-là, ce n'est pas pareil.

Il y a des conséquences psychologiques à interpréter un tel rôle ?
Je ne sais pas comment vous répondre, cela dépend de chacun. Avant In the fade, je n'avais jamais eu de mal à marquer une différence entre ma vie privée et un film. Mais ce film m'a tellement affectée dans votre vie, qu'il a remis plein de choses en question. C'est ça d'être vivant, je devrais le faire sans être actrice, être plus à l'écoute, me poser les bonnes questions.


The Operative

De Yuval Adler (2019, All-Fr-Isr, 1h56) avec Diane Kruger, Martin Freeman...

De Yuval Adler (2019, All-Fr-Isr, 1h56) avec Diane Kruger, Martin Freeman...

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À la fin des années 2000, alors que le monde craint que l'Iran ne se dote de l'arme atomique, Rachel, ex-agente du Mossad infiltrée à Téhéran, disparaît sans laisser de trace.


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Sous couverture, dans de sales draps : "The Operative"

Thriller | Recrutée par le Mossad pour infiltrer une entreprise iranienne, Rachel a dérogé aux règles en nouant une liaison avec l’homme qu’elle devait espionner. Des années plus tard, elle reprend contact avec son superviseur avec à la clef un marché visant à la prémunir de toutes représailles…

Vincent Raymond | Jeudi 25 juillet 2019

Sous couverture, dans de sales draps :

Jadis monopolisé par James Bond et sa collection d’épigones, le cinéma d’espionnage a depuis déserté le registre spectaculaire ou ludique pour investir celui d’une authenticité et d’une complexité souterraine plus en adéquation avec le monde contemporain ; celui où un bureaucrate des services de renseignement couleur beige terne à l’instar du Smiley de John Le Carré est plus à redouter qu’un milliardaire mégalomane. De fait, ce sont bien les stratégies “d’intelligence“ via le système de recrutement et d’utilisation des “correspondants“ que Adler dépeint ici, dans toute sa perversité manipulatrice. Ramener l’humain au centre du jeu quand il est d’habitude question d’intérêts étatiques et d’actions menées par des agents surhumains, voilà qui est intéressant. Et de même que certains de ses compatriotes cinéastes dénoncent des mesures pratiquées sur le territoire intérieur, ou que d’autres confrères et consœurs étrangers vitupèrent l’interventionnisme occulte de leurs agences de renseignement (les Étasuniens avec le CIA, par exemple), Adler montre que l’intérêt d’une agence passe avant tout : qu’importe la prés

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Soudain, le vide : "In the Fade"

Drame | de Fatih Akın (All-Fr, avec avertissement, 1h46) avec Diane Kruger, Denis Moschitto, Numan Acar…

Vincent Raymond | Mercredi 17 janvier 2018

Soudain, le vide :

Allemagne, de nos jours. Katja a épousé Nuri, un commerçant d’origine turque, jadis petit délinquant mais rangé des voitures depuis qu’ils ont eu leur fils Rocco. Leur bonheur familial est brusquement réduit à néant quand un attentat perpétré par des nazis tue Nuri et Rocco… Depuis Head On (2004), on sait qu’il faut compter avec Fatih Akin sur les épaules de qui pèsent la plupart des espoirs placés dans le renouveau du cinéma allemand, après le malheureux feu de paille Florian Henckel von Donnersmark. Avec ce film complexe à l’indiscutable maîtrise (successivement une tragédie, un film de procès et un revenge movie), Akin embrasse sans barguigner la somme des réalités contemporaines d’outre-Rhin — notamment la résurgence d’activistes nazis décomplexés. Il signe en sus un bouleversant portrait de femme dans toutes les acceptions organiques du terme, offrant à Diane Kruger son premier réel grand rôle dans sa langue maternelle. Le fort signifiant politique de ce retour aux sources artistique — dûment distingué à Cannes — lui confère une étiquette d

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Tant mieux… : "Tout nous sépare"

Polar | de Thierry Klifa (Fr, 1h38) avec Catherine Deneuve, Diane Kruger, Nekfeu…

Vincent Raymond | Mardi 7 novembre 2017

Tant mieux… :

Tout chez Thierry Klifa trahit le désir de faire des “coups” : confronter la briscarde Deneuve à l’apprenti comédien Nekfeu, faire que Nicolas Duvauchelle la rudoie salement ; donner à Diane Kruger un rôle de camée estropiée et meurtrière… Oh, il reconnaît bien volontiers avoir bâti en partie son scénario autour de l’image de la Reine Catherine empoignant un fusil de chasse à la manière de Clint Eastwood pour défendre son territoire, mais cette fugace séquence n’est pas de nature à bouleverser ni le cours du récit, ni l’Histoire du cinéma. Tout au long du film, la comédienne reste en effet fidèle à ce qu’elle a toujours incarné et représenté : une bourgeoise (ici cheffe d’entreprise) à la paupière distante et la diction précieuse, fumant du bout de ses ongles peints en rouge des cigarettes slim. La dimension tragique de ce polar pâtit en sus d’une séquence de meurtre terriblement maladroite, puisque l’emballement des personnages menant au geste fatal sonne faux. Si l’on a du mal à croire à la réalité de l’acte, la suite du drame nous indiffère.

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Le Hobbit : La Désolation de Smaug

ECRANS | Ce deuxième épisode retrouve les défauts d’"Un voyage inattendu", même si Peter Jackson a soigné et densifié en péripéties son spectacle, seul véritable carte dans sa manche pour faire oublier qu’au regard de la première trilogie, ce "Hobbit" fait figure de série télé sur grand écran. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 11 décembre 2013

Le Hobbit : La Désolation de Smaug

Tout d’abord, la sortie de ce deuxième volet du Hobbit donne lieu à une surenchère technologique quant à sa diffusion, si bien qu’entre la 2D, la 3D, l’IMAX, le HFR, le Dolby Atmos et ce truc tellement XXe siècle qu’est la VO, il y a presque autant de versions du film que de cinémas qui le projettent — quoique certains les diffusent toutes, sait-on jamais, faudrait pas perdre un spectateur potentiel et sa carte illimitée.… Cela pourrait être purement anecdotique, mais cela en dit long aussi sur le statut même de cette nouvelle trilogie tirée de Tolkien : elle semble chercher à compenser par de la nouveauté technique son évidente infériorité thématique par rapport au Seigneur des anneaux, comme un petit frère qui voudrait à tout prix se hisser sur les épaules de son aîné. Rien n’y fait pourtant, et même si les efforts de Jackson sont louables pour inverser les carences manifestes d’Un voyage inattendu, La Désolation de Smaug ne tient pas la comparaison avec Les Deux tours, l’opus

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Le Hobbit : un voyage inattendu

ECRANS | Premier volet d’une nouvelle trilogie adaptée de Tolkien par Peter Jackson, «Le Hobbit» fait figure de longue exposition délayant un matériau moins passionnant que celui du «Seigneur des Anneaux», sauvée dans sa dernière partie par une mise en scène assez virtuose. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 13 décembre 2012

Le Hobbit : un voyage inattendu

À sa sortie, Le Seigneur des anneaux ressemblait à un pari un peu fou : une trilogie tirée de Tolkien par un cinéaste néo-zélandais jusqu’ici connu pour des films gore potaches, s’attaquant à un monument de la contre-culture et de l’héroïc fantasy dont personne ne savait, à l’époque, s’il était capable de dépasser son cercle de fans. Dix ans plus tard, la donne a bien changé : reconnu à la fois par le public, la critique et même par les oscars, Jackson retourne en Terre du milieu avec une nouvelle trilogie en forme de flashback. Littérairement, Bilbo le Hobbit est une œuvre qui préfigure la mythologie du Seigneur des anneaux, écrite des années auparavant, et qui se retrouve, cinématographiquement parlant, dans la situation inverse : une prequel dont on attend qu’elle s’inscrive dans la lignée d’une saga à la mythologie désormais connue de tous, ou presque. Bilbo et les douze nains C’est évidemment là que le bât blesse : en cherchant à donner la même ampleur à ce récit d’aventure reposant sur les principes basiques de la naissance d’un héros selon Joseph Campbell, Jackson en est fatalement réduit à tirer à la ligne. Pa

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Un plan parfait

ECRANS | De Pascal Chaumeil (Fr, 1h45) avec Diane Kruger, Dany Boon…

Christophe Chabert | Mercredi 24 octobre 2012

Un plan parfait

Le navet français de cette rentrée, ce n’est ni Les Seigneurs, ni Astérix, ni Stars 80, tous échappant peu ou prou à l’infamie, mais bien ce calamiteux Plan parfait. C’est une surprise car Pascal Chaumeil avait, avec son très bon Arnacœur, su revitaliser un genre (la comédie française) en lui insufflant charme et légèreté, et en misant sur un impeccable double duo d’acteurs (Paradis / Duris et Damiens / Ferrier). Un plan parfait tente de refaire le coup mais le casting est sa faiblesse la plus criante : le tandem Kruger / Boon n’est jamais crédible, elle peu à l’aise avec des gags il est vrai éculés, lui jamais émouvant dans la partie romantique. Quant aux deux seconds rôles comiques, ils ont été confiés à des comédiens dont la médiocrité et la vulgarité p

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Forces spéciales

ECRANS | De Stéphane Rybojad (Fr, 1h47) avec Diane Kruger, Djimon Hounsou…

Dorotée Aznar | Vendredi 28 octobre 2011

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L’armée de terre, c’est super, mais les forces spéciales, c’est encore mieux. Franchement, y a une super ambiance de camaraderie virile, on sort des vannes entre deux fusillades, on voyage dans plein de pays, on peut buter autant d’enturbannés qu’on veut et on fait tomber toutes les meufs, même les journalistes gauchistes qui sous-entendent qu’on n’a rien à foutre en Afghanistan (les putes). C’est simple, ces enfoirés de terroristes ne sont en fait que des jaloux, qui kiffent leur race quand ils trouvent par hasard un tube de Nestlé (©). Fort de toutes ces constatations, Stéphane Rybojad emballe donc la version (très) longue du récent spot de l’armée de terre avec une réalisation insupportable à force de décadrages et un scénario qui ne relève pas vraiment de la suspension d’incrédulité, mais plutôt de sa pendaison. Aux deux tiers du film, coupant court à un magnifique débat sur l’ingérence militaire, le personnage de Djimon Hounsou, s’exprimant vraisemblablement pour l’auteur du film, déclare «On n’est pas là pour faire de la politique». Malgré le niveau de bêtise réactionnaire et d’irresponsabilité de Forces spéciales, on réalise, fasciné, qu

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Sans identité

ECRANS | De Jaume Collet-Serra (ÉU-Fr-All-Ang-Jap, 1h50) avec Liam Neeson, Diane Kruger…

Christophe Chabert | Mercredi 23 février 2011

Sans identité

Série B modeste et efficace, "Sans identité" marche sur les pas de Jason Bourne, mais Collet-Serra, artisan consciencieux, s’en démarque en ne cherchant pas à faire du Paul Greengrass. Soit un scénario astucieux où un médecin invité avec sa femme à un colloque en Allemagne se retrouve, après un spectaculaire accident, dépossédé de son identité. Le casse-tête conduit à un amusant circuit policier dans Berlin, entre Histoire oubliée (Ganz en ex-agent de la STASI a quelques répliques assassines) et contemporanéité hallucinée, le tout ponctué de climax filmés avec classicisme et retenue. Le combat final, qui préfère la continuité visuelle au surdécoupage, ferait presque penser à du MacTiernan. Rien de révolutionnaire là-dedans, mais en matière de divertissement, "Sans identité" est loin d’être honteux. CC

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Pour elle

ECRANS | De Fred Cavayé (Fr, 1h36) avec Vincent Lindon, Diane Kruger…

Christophe Chabert | Mercredi 26 novembre 2008

Pour elle

Dans le puits sans fond du cinéma français en cette fin d’année, il est sûr que Pour elle surnage aisément. Plutôt bien fait, sans énorme faute de goût ou idéologie douteuse (enfin, presque), bien servi par Vincent Lindon (acteur formidable, toujours), Fred Cavayé se démarque des catas signées Ribes, Veber, Haïm ou Salles. Cela étant, ce thriller lorgnant violemment vers Prison Break est aussi un film absolument impersonnel, surproduit (musique envahissante, décors too much, lumières irréalistes) qui ne tente rien et se contente de ne pas marcher en dehors de ses plates-bandes. On aurait aimé plus d’ambiguïté dans le récit (Kruger est trop rapidement non coupable), même si le film se rattrape un peu lors d’une scène de violence inattendue et sans concession. Vite vu, vite oublié, mais pas nul : c’est déjà ça de pris ! CC

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