Tenir au carreau

ARTS | Exposition en deux volets, l'un au Musée Dini, l'autre à la Fondation Bullukian, «Passages» rassemble une vingtaine d'artistes contemporains autour du thème et du motif important de la fenêtre. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 1 avril 2014

Photo : Jérémy Liron / Jean-Antoine Raveyre


De la théorisation de la perspective par Leon Battista Alberti (1404-1472) à Windows ou aux appareils photo de nos téléphones portables, il existe une ligne continue et cohérente, que l'on pourrait résumer par cette phrase fameuse d'Alberti : «Je trace d'abord sur la surface à peindre un quadrilatère de la grandeur que je veux, et qui est pour moi une fenêtre ouverte par laquelle on puisse regarder l'histoire». Cette idée de peinture ou de photographie comme fenêtre ouverte sur le monde, cette idée de "réalisme", est en fait une vision de ce monde, une certaine manière de l'appréhender selon des lois optiques et géométriques précises. Dès la Renaissance, Léonard de Vinci notait avec une belle clairvoyance critique : «La perspective est le frein et le gouvernail de la peinture». Quelques siècles plus tard, Cézanne fera de la Montagne Sainte-Victoire un «paysage avec ses déformations, ses empiétements, ses ambiguïtés, ses divergences, tel qu'on peut le voir avant de le regarder, avant que la coordination orthogonale de ses lieux soit faite» (Jean-François Lyotard).


Fenêtre, miroir, écran...


On sait aujourd'hui que la soi-disant fenêtre transparente de la perspective est aussi un miroir (où le sujet "voit" sa propre manière d'appréhender le monde) ou bien un écran (on ne voit du monde que ce que la "fenêtre" veut bien nous en montrer). S'intéressant au devenir contemporain de la fenêtre, l'exposition Passages a donc du grain à moudre en s'attelant à un tel enjeu névralgique de la peinture et des arts plastiques en général.

 

En ordre un peu dispersé, elle rassemble au Musée Dini et à la Fondation Bullukian plusieurs artistes contemporains régionaux abordant le motif ou le concept de la fenêtre : de Jacques Truphémus au beaucoup plus jeune Jérémy Liron, des facéties de Samuel Rousseau aux très sérieuses images mises en espace d'Aurélie Pétrel, du travail sur l'abstraction de Stéphane Braconnier ou Damien Béguet aux belles photographies de Jacqueline Salmon ou de Véronique Ellena... Libre alors au spectateur de tendre des liens entre les artistes et d'élaborer quelques réflexions théoriques. Quoique Fernando Pessoa nous prévienne : «Il ne suffit pas d'ouvrir la fenêtre / pour voir les champs et la rivière. / Il ne suffit pas de n'être pas aveugle / pour voir les arbres et les fleurs. / Il faut également n'avoir aucune philosophie».


Passages

Au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône,  jusqu'au dimanche 14 septembre et à la Fondation Bullukian, jusqu'au samedi 7 juin


Passages

Œuvres de Damien Beguet, Fabrice Lauterjung, Jérémy Liron, Aurélie Pétrel, Jean-Antoine Raveyre, Jacques Truphémus.
Fondation Bullukian 26 place Bellecour Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Passages

Œuvres de Damien Beguet, Stéphane Braconnier, Corinne Chotycki, Nicolas Delprat, Philippe Favier, Aurélie Pétrel, Jacques Truphémus...
Musée Paul-Dini 2 place Faubert Villefranche-sur-Saône
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Jacqueline Salmon, quarante ans de photographie

Photographie | La Bibliothèque Municipale de Lyon propose une rencontre avec la photographe Jacqueline Salmon, à l’occasion de la sortie d’une monographie, Futurs antérieurs, réunissant quarante ans de travail.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 novembre 2021

Jacqueline Salmon, quarante ans de photographie

La photographie de Jacqueline Salmon qui accompagne cet article est l’image d’un reflet de vieux miroir au tain au mercure, prise à Venise. Elle fait partie d’une série datant de 2009, Miroirs de Venise, qui était une manière pour l’artiste de « représenter la ville de Venise dans toute l’épaisseur de son histoire, figée dans un rêve qui la dépasse et qui l’éternise. » C’est sans doute aussi la série d’images la plus plasticienne de Jacqueline Salmon, celle où l’image y est la plus trouble. Pour le reste, les œuvres de Jacqueline Salmon sont aussi diverses dans leurs motifs que dénuées d’ajouts subjectifs, de marque stylistique, de transformation plastique du réel. C’est ce que l’on peut vérifier tout au long des quelque 450 pages de sa monographie, réunissant quarante ans de travaux et un texte introductif de Georges Didi-Huberman. Éthique de la sensibilité Née à Lyon en 1943, vivant actue

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Une sorte de monstre contemporain...

Art Contemporain | Ludovic Chemarin a mis fin à son activité artistique en 2005. Damien Beguet et P. Nicolas Ledoux font renaître l'artiste à travers l'entité (juridique, économique, imaginaire) Ludovic Chemarin©. Et des expositions interrogeant la notion d'auteur jusqu'à l'os et au vertige.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 13 février 2019

Une sorte de monstre contemporain...

En 2005, l'artiste lyonnais Ludovic Chemarin (auteur surtout d'installations) annonce qu'il cesse son activité. En 2011, deux autres artistes, Damien Beguet et P. Nicolas Ledoux rachètent le nom et les droits patrimoniaux de Ludovic Chemarin, et créent l'improbable entité Ludovic Chemarin©, artiste tout à la fois réel et fictif, concret et désincarné, unique et biface, disparu et ressucité... Cet acte est au fond un simple acte juridique mais transgresse bien des codes du monde de l'art, des conceptions normales de l'auteur, voire d'un simple individu. Ludovic Chemarin© est une sorte de monstre contemporain, de Frankenstein juridique et artistique, tout droit sorti de l'imagination vampirique de deux cannibales ou de deux pirates ! Depuis 2011, Ludovic Chemarin© multiplie (mais faut-il conjuguer ce verbe au singulier ou au pluriel ? Au présent, au passé ou au futur ?) des expositions où les œuvres de Chemarin sont

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Jacques Truphémus, Jérémy Liron et la mélancolie

Peinture | Le Musée Paul Dini réunit deux peintres, Jacques Truphémus et son cadet Jérémy Liron, sous le signe des "silences de la peinture".

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 juin 2018

Jacques Truphémus, Jérémy Liron et la mélancolie

C'est, pour le critique d'art, une véritable gageure de trouver des points communs entre le plus connu des peintres lyonnais, Jacques Truphémus (1922-2017), et Jérémy Liron (né en 1980). Rien ne semble relier le style atmosphérique et post-impressionniste du premier à la clarté méditerranéenne et à la rigueur géométrique du second... Si ce n'est, bien sûr, une particulière attention à la lumière, le goût du paysage (urbain ou autre), et peut-être une certaine mélancolie. Mélancolie qui se traduit chez Jacques Truphémus par une quasi disparition de la figure humaine, engloutie parmi les fumées lumineuses de ses intérieurs de cafés lyonnais, les brumes de la ville, les coulures végétales dans les Cévennes. Le Musée présente d'ailleurs l'un des derniers tableaux cévenols, et sans doute le plus étrange, du peintre récemment disparu : sa Sieste sous la tonnelle datant de 2007. Deux personnages ensommeillés à une table, d'un blanc fantomatique, semblent se dissoudre

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Cinq expos à voir en juin

Sélection | Les cinq expositions à voir absolument avant l'été, de Jacques Truphémus le Lyonnais au méconnu photographe chinois LU Yangpeng.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 juin 2018

Cinq expos à voir en juin

Jacques Truphémus et Jérémy Liron au Musée Paul Dini Il y a peu de points communs a priori entre la peinture atmosphérique de Jacques Truphémus (1922-2017) et celle, plus moderniste et architecturée, de Jérémy Liron (né en 1980)... Si ce n'est, peut-être, une certaine mélancolie diffuse et embrumée chez Truphémus, solaire et urbaine chez Liron, insistant sur la fragilité des formes et des choses. L'exposition est, en tout cas, une belle occasion de découvrir deux œuvres fortes sur le traitement de l'espace et le rapprochement du dehors et de l'intime. Jacques Truphémus et Jérémy Liron​, Les silences de la peinture Au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône jusqu'au 16 septembre Adel Abdessemed au Musée d'Art Contemporain Dans une courte vidéo, Adel Abdessemed (né en 1971 à Constantine) est soudain perforé d'un javelot, alors qu'il déambule dans son atelier... Une mise en scène symbolique pour un artiste qui se veut littéralement traversé par la violence et l'actualité du monde. Ses œuvres ne cessent d'agir et

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Le peintre Jacques Truphémus est mort

Peinture | Au Café Bellecour, où il avait ses habitudes, on ne croisera plus la silhouette de Jacques Truphémus. Le peintre lyonnais est décédé vendredi 8 septembre, à 94 (...)

Sébastien Broquet | Samedi 9 septembre 2017

Le peintre Jacques Truphémus est mort

Au Café Bellecour, où il avait ses habitudes, on ne croisera plus la silhouette de Jacques Truphémus. Le peintre lyonnais est décédé vendredi 8 septembre, à 94 ans. Il n'avait jamais cessé de peindre. Né à Grenoble en octobre 1922, ville où il se nourrira goulûment de l'influence de ses visites au Musée de Grenoble, y découvrant Matisse, Picasso et bien d'autres, Truphémus se lancera à son tour dans la peinture en 1937. L'élève d'Antoine Chartres se révéle en 1948 lorqu'il expose à la chapelle du Lycée Ampère avec la jeune garde de la peinture lyonnaise (tous ont moins de 30 ans, la plupart sont issus de l'École des Beaux-Arts de la ville que Truphémus a intégré en 1941), mouvement que Paul Philibert-Charrin baptisera "sanzisme" le temps de cette exposition. Jacques Truphémus est celui qui sera le plus vite reconnu par les institutions : les musées de Genève et d'Annecy, dès les années 50, se dotent chacun d'une de ses œuvres. Le Musée des Beaux-Arts de Lyon lui consacre une première rétrospective dès 1986, comme le Musée Paul-Dini de Villefranche-sur-Saône en 2005. Un reportage de FR3 tourné en 1974 le montre s'e

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L'abstraction fait bonne figure au musée Paul Dini

musée Paul Dini | Le Musée Paul Dini présente les œuvres d'une quinzaine d'artistes régionaux, présents dans ses collections, sous le signe de l'abstraction. Un genre pictural toujours aussi vivant et pluriel.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 avril 2016

L'abstraction fait bonne figure au musée Paul Dini

Kandinsky, aujourd'hui reconnu comme le pionnier de l'abstraction, se serait dit-on affranchi de la figuration vers 1910 en découvrant la beauté de l'une de ses toiles rangée à l'envers ! Le musée de Grenoble consacrera bientôt une exposition à Kandinsky (sur ses années parisiennes en fin de sa carrière, plus précisément, à partir du 29 octobre). En attendant, on pourra aller voir les œuvres de certains des héritiers régionaux de l'artiste russe au musée Paul Dini. Depuis le début du 20e siècle, l'abstraction n'a cessé d'essaimer courants et contre-courants : Expressionnisme abstrait, Art informel, Abstraction lyrique, Abstraction géométrique, Minimalisme, etc.. Si l'exposition du musée de Villefranche-sur-Saône n'a nulle vocation historique ni exhaustive, on y trouve représentés un grand nombre des déclinaisons de l’abstraction à travers des œuvres relativement récentes d'artistes en majorité lyonnais. La rapidité de l'escrime L'accrochage, très aéré et très réussi, profite de l’espace et de la luminosité de l'Espace Cornil (une ancienne usine) pour rapprocher des œuvres de factures parfois très différentes, souvent de grand format. Une imposante

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Truphémus se raconte

ARTS | Un tout frais documentaire réalisé par Florence Bonnier, édité en DVD, nous permet d'entrer dans l'univers du peintre Jacques Truphémus : et c'est un (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 2 mars 2016

Truphémus se raconte

Un tout frais documentaire réalisé par Florence Bonnier, édité en DVD, nous permet d'entrer dans l'univers du peintre Jacques Truphémus : et c'est un plaisir de pénétrer dans son atelier, qui fut celui d'Étienne Morillon, d'écouter ce vieil homme de 93 ans nous conter longuement son inspiration comme les chocs picturaux ressentis devant les toiles de Matisse, qu'il décrit longuement, ou Picasso : « Guernica, quand je l'ai vu, si je l'avais touché c'était presque comme s'il n'était pas sec ». Passionnant. À se procurer à la galerie Le Soleil sur la Place, dans le 2ème.

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La lame à l’œil pour Jérémy Liron

ARTS | La Fondation Bullukian consacre au jeune peintre Jérémy Liron sa première exposition personnelle à Lyon. Un labyrinthe aux motifs architecturaux où le regard du spectateur se perd et s'aiguise.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 2 mars 2016

La lame à l’œil pour Jérémy Liron

Jérémy Liron a chamboulé l'espace d'exposition de la Fondation Bullukian. Une grille, qu'il a forgé lui même, nous barre l'accès à des peintures au loin. Des sculptures massives font obstacle à nos déplacements spontanés. Et la variation incessante de ses formats de tableaux nous oblige à zigzaguer parmi les images, à essayer des distances, à remarquer, aussi, des reflets volontaires sur le plexiglas où notre œil se mire. L'artiste, ostensiblement, dispose ses toiles et ses volumes pour "indisposer" le regard normé, pour le décaler ou le faire sortir de ses "gonds" et "faisceaux" monotones. Ses motifs, en revanche, évoluent peu depuis ses débuts : des fragments ou des ensembles architecturaux relativement banals, remarqués lors de déambulations urbaines et pris dans un premier temps en photographies. « Le travail, écrit Jérémy Liron, commence à la prise de vue, je l'ai répété souvent, lorsqu'il s'agit de prendre note de ce qui m'a retenu dans l'arrangement particulier de volumes : leurs formes, leurs couleurs, le dessin, comment se déposent la lumière et les figures plus ou moins complexes qui sinuent dans tout ça, quand on décortique ce qui fait image.

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Le petit théâtre photo d'Aurélie Pétrel

ARTS | Á l'Espace d'arts plastiques de Vénissieux, Aurélie Pétrel poursuit son exploration des registres du voir, du montrer, du représenter. Dès ses débuts, la (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 avril 2015

Le petit théâtre photo d'Aurélie Pétrel

Á l'Espace d'arts plastiques de Vénissieux, Aurélie Pétrel poursuit son exploration des registres du voir, du montrer, du représenter. Dès ses débuts, la photographe (née en 1980) a exposé ses travaux de différentes manières dans l'espace, poussant le spectateur à s'interroger sur cet obscur objet du désir qu'est l'image. La photographie relève chez elle de la construction d'un théâtre au sens étymologique du terme («lieu où l'on regarde»). Á Vénissieux, Aurélie Pétrel a d'ailleurs concrètement travaillé avec le metteur en scène Vincent Roumagnac, qui a "activé" ses photographies d'abord disposées sur une scène de théâtre puis déplacées contre un mur, en tas, devenant dès lors peu ou pas visibles. Empêcher ou perturber le voir fait partie des directions de travail de l'artiste avec, sous-jacentes, ces questions : l'image est-elle si transparente que cela, toute image est-elle montrable ? Ailleurs, ce sont des maquettes au sol qui nous permettent de découvrir des photographies de petit format, comme autant d'expositions miniatures. Aurélie Pétrel a aussi invité un autre artiste à partager l'espace d'exposition avec elle, le dessinateur Jérôm

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Levées de rideaux

ARTS | Si une image peut en cacher une autre, elle peut aussi disparaître ou muter. De rideaux contemporains en œuvres déliquescentes et jusqu'aux expériences hybrides de l'Asie du Sud-est, l'année 2015 s'annonce plastiquement ouverte et surprenante. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 janvier 2015

Levées de rideaux

Curieuse année qui s'annonce, avec des thématiques qui pourraient sembler caduques ou oubliées. La prochaine Biennale d'art contemporain (à partir du 10 septembre), par exemple, ouvre un cycle de trois éditions consacrées au terme... "moderne" ! Alors que l'on se pensait au moins post-post-modernes, Thierry Raspail parie sur ce concept pour dire le contemporain et invite le britannique Ralph Rugoff à plancher sur cette problématique. Plus surprenant encore, l'Institut d'Art Contemporain invite l'historienne d'art Marie de Brugerolle pour une exposition collective sur le thème du rideau (du 6 février au 3 mai) ! Une fois passée l'idée désuète du rideau peint de théâtre, on attend beaucoup de cet événement qui invitera sans doute à passer derrière le miroir, à réfléchir sur la notion essentielle de seuil, d'écran, de suspens, etc. Et ce "à travers" les œuvres de Marc Desgrandchamps, Felix Gonzales-Torres, Urs Lütti, Gustav Metzger, Steven Parrino... En résonnance à cette exposition, on signalera celle du photographe canadien Serge Clément au Réverbère (mai-juillet), qui joue avec le "rideau" des surfaces miroitantes (vitri

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Jacques Truphémus au Musée des Beaux-Arts

ARTS | À l’occasion de la parution de l’ouvrage Jacques Truphémus en famille par RH Éditions, le Musée des Beaux-Arts de Lyon présente, jusqu'au 14 janvier, un (...)

Nadja Pobel | Vendredi 20 décembre 2013

Jacques Truphémus au Musée des Beaux-Arts

À l’occasion de la parution de l’ouvrage Jacques Truphémus en famille par RH Éditions, le Musée des Beaux-Arts de Lyon présente, jusqu'au 14 janvier, un accrochage d’une dizaine d’œuvres de l’artiste. Les réalisations les plus récentes de Jacques Truphémus sont montrées en compagnie de deux œuvres des années 70 issues des collections du musée. L’ensemble de ces œuvres est visible dans les collections du XXe siècle du Musée, au côté d’œuvres d’Edouard Vuillard et de Pierre Bonnard. Quelques photos noir et blanc tirées de l’ouvrage Jacques Truphémus en famille seront également présentées jusqu’au 7 janvier devant la librairie du musée.   Liste des œuvres exposées : Papiers, 1980, huile sur toile Nature morte au pot vert, 2013, huile sur toile Paysages Cévennes, 2013, huile sur toile Terrasse à Cauvalat, 2013, huile sur toile Le parc des châtaigniers au Vigan, 2013, huile sur toile Terrasse au Cauvalat, 2013, huile sur toile

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Truphémus en signature

ARTS | À l’occasion de l’exposition Jacques Truphémus, les Trois lumières, actuellement au Plateau – Hôtel de Région (lire notre article ici !), Jacques Truphémus (...)

Christophe Chabert | Vendredi 16 mars 2012

Truphémus en signature

À l’occasion de l’exposition Jacques Truphémus, les Trois lumières, actuellement au Plateau – Hôtel de Région (lire notre article ici !), Jacques Truphémus viendra signer la monographie qui lui est consacrée, préfacée par le poète Yves Bonnefoy (récent titulaire du Prix Kowalski) et publiée aux éditions RH. La signature aura lieu le samedi 24 mars de 16h à 18h au Plateau.

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Un demi siècle de lumières

ARTS | Regarder les 120 toiles lumineuses de la rétrospective Jacques Truphémus au Plateau est un bonheur simple. Et comme tous les bonheurs simples au long cours, celui-ci cache quelques étrangetés, inquiétudes, fragilités insoupçonnées. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 7 mars 2012

Un demi siècle de lumières

Parmi un grand nombre de paysages des Cévennes, nous découvrons tout à coup deux étranges personnages fantomatiques, assis à une table sous une tonnelle composée de coulures de peinture... On dirait un Marc Desgrandchamps ou un tableau de l'un de ces nombreux jeunes peintres contemporains explorant les frontières ambiguës entre présence et absence, figuration et défiguration, image et délitement. La toile est en réalité signée Jacques Truphémus, en 2007 à l'âge de 85 ans. Cette Sieste sous la tonnelle est un petit chef-d’œuvre récent, comme, sans crier gare, a pu en composer quelques autres l'artiste lyonnais de 1951 à 2011. Un artiste discret, au long cours, dont Balthus a fait les louanges et dont la célèbre galerie Claude Bernard à Paris défend le travail. «Je crois qu’il faut toujours se laisser aller à ses émotions et à ses sensations. Aujourd’hui, à quatre-vingts ans, je me sens beaucoup plus libre qu’à vingt ans», nous confiait le peintre lors d'un entretien en 2006. La rétrospective en 120 toiles de la Région fait d'ailleurs la part belle aux compositions récentes de Truphémus qui y libère

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Podcast / Entretien avec P. Nicolas Ledoux

ARTS | Afin d’aller voir, une fois n’est pas coutume, ce qui se passe en dehors de la région Rhône-Alpes, nous nous sommes rendus à Paris à la galerie Magda Danysz afin de découvrir la nouvelle exposition de P. Nicolas Ledoux présente jusqu’au 25 Février et construites sur de multiples collaborations et emprunts.

Dorotée Aznar | Mercredi 1 février 2012

Podcast / Entretien avec P. Nicolas Ledoux

Date de première diffusion:  31 Janvier 2012Emission n°95 Durée: 32’22 minInvité: P. Nicolas Ledoux, artiste.Contenu: Afin d’aller voir, une fois n’est pas coutume, ce qui se passe en dehors de la région Rhône-Alpes, nous nous sommes rendus à Paris à la galerie Magda Danysz afin de découvrir la nouvelle exposition de P. Nicolas Ledoux présente jusqu’au 25 Février et construites sur de multiples collaborations et emprunts. C’est sa façon d’aborder la production et la réception de l’oeuvre d’art qui a focalisé notre attention dans ce dialogue avec l’artiste.   Chroniques: Marie Bassano et Simon Feydieu nous livrent leur dernière capsule cinématographique en date; Gwilherm Perthuis revient sur quatre entretiens de Gordon Matta-Clark. Liens utiles : Site web de P. Nicolas Ledoux Retrouvez également : le blog

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Aurélie Pétrel, la place des images

ARTS | Dans une pièce en étage élevé, une jeune femme photographie la baie de Tokyo à travers une baie vitrée. Aurélie Pétrel la photographie à son tour, de dos, et tire son (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 octobre 2011

Aurélie Pétrel, la place des images

Dans une pièce en étage élevé, une jeune femme photographie la baie de Tokyo à travers une baie vitrée. Aurélie Pétrel la photographie à son tour, de dos, et tire son cliché sur une très grande plaque de verre qu’elle posera ensuite inclinée sur une cimaise de la galerie. Jeux de transparences, mise en abyme des images, perspectives successives… Tout cela s’imbrique dans la même image, sans compter encore les rayons du soleil qui, à certains moments de la journée, «projettent» l’image sur le mur blanc. Pour sa première exposition à la galerie Houg, la jeune photographe (née en 1980 et vivant à Lyon) opère ainsi, avec autant de précision que de sobriété, des mises en espace de ses images, elles-mêmes représentant souvent d’autres espaces ou fragments d’architectures : des chambres d’hôtel, de simples portes entrouvertes laissant filtrer un mince filet de lumière, des extérieurs d’immeubles au Japon, en Chine ou ailleurs… Les tirages photographiques sont présentés dans des volumes, ou bien derrière une cimaise, «sortant» de leur propre cadre, dans des box lumineux, etc. «Le geste architectural et la pratique photographique sont assez proches, ils ont en commun l’écriture avec la l

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«La contradiction est la règle d'or»

ARTS | Expo / Entretien avec le photographe Jean-Antoine Raveyre à l'occasion de l'exposition «Amours» au Musée Paul Dini. L'artiste revient sur sa méthode de travail et sur l'une de ses très belles images, Cœur, bouche, action et vie. Propos recueillis par Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 16 avril 2011

«La contradiction est la règle d'or»

Petit Bulletin : Votre mode de travail photographique est singulier : vos images sont composées comme de véritables mises en scène cinématographiques. Pourriez-vous décrire ce processus et dire pourquoi vous travaillez ainsi ?Jean-Antoine Raveyre : Le processus est long vous l’imaginez bien. Intuition, écriture, croquis, recherche et documentation. Budgétiser la réalisation, chercher les productions, financer la mise en scène. Chercher ou réaliser les accessoires, construire le décor, manipuler le décor… Cette méthode de travail est laborieuse, mais utile, car le souhait est la réalisation en intégralité des mises en scène en chantier. Vous parlez "d'images narratives"... En quoi le médium photographique vous permet d'ajouter au narratif une certaine ambiguïté entre réel et fiction par exemple ?Par excellence, la photographie est le mensonge d’une vérité, le choix du cadrage et le moment arrêté par le photographe témoignent d’une opinion dirigée et donc fausse. Il me semble juste d’introduire ces questionnements «vérité, mensonge» ou «réalité, fiction» au cœur du travail d’écriture des mises en scène. De

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Véronique Ellena, "Natures mortes"

ARTS | La photographe Véronique Ellena (née en 1966) a eu la chance en 2008-2009 d'être pensionnaire de la Villa Médicis à Rome. De ce séjour, elle a notamment ramené une (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 16 avril 2010

Véronique Ellena,

La photographe Véronique Ellena (née en 1966) a eu la chance en 2008-2009 d'être pensionnaire de la Villa Médicis à Rome. De ce séjour, elle a notamment ramené une série de natures mortes réalisées à la chambre. Les images de grand format sont superbes, riches de lumières subtiles et de jeux de matières, représentant poulpe, brioches, grenades, poisson, oiseaux... Au-delà, et sachant qu'une belle image n'est jamais qu'une belle image, les photographies de l'artiste parviennent à nous faire ressentir ce suspens méditatif du temps, et cette indécision permanente entre la vie et la mort, la beauté et la décrépitude, l'attirance et le rejet. Un travail très réussi qui s'inscrit parfaitement bien dans les espaces de la Fondation Bullukian où il est présenté jusqu'au samedi 22 mai. JED

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Stéphane Braconnier Liaisons

ARTS | Non, la peinture abstraite n’est pas morte ! Inlassablement dans son atelier-laboratoire, le lyonnais Stéphane Braconnier (né en 1958) expérimente pigments, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 26 février 2009

Stéphane Braconnier Liaisons

Non, la peinture abstraite n’est pas morte ! Inlassablement dans son atelier-laboratoire, le lyonnais Stéphane Braconnier (né en 1958) expérimente pigments, matières, transparences et même parfois les volumes de ses toiles. Il présente actuellement à la Galerie Houg, et jusqu’au 7 mars, ses dernières œuvres, une série intitulée «Liaisons». Soient de très grandes toiles composées sur le modèle d’un diptyque, confrontant deux couleurs complémentaires accolées sans détour l’une à côté de l’autre. Peu à peu apparaissent aussi, par transparence, d’autres motifs géométriques, d’autres profondeurs, d’autres liaisons picturales et formelles, amoureuses ou mystérieuses…

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