Culture interface : le futur au musée

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Photo : © VR


Le film Steve Jobs présente l'éphémère concept NeXTCube, une unité centrale bien nommée, aux dimensions inégales afin de corriger la perspective et d'offrir l'illusion d'une régularité parfaite. Une trouvaille de ce maniaque de Jobs. Obsédé par la symétrie, l'efficacité du trait, il permit à Apple de trouver un second souffle salvateur en lançant au tournant du XXIe siècle des ordinateurs à la robe acidulée et translucide, tranchant avec le beige ayant prévalu jusqu'alors. C'est grâce au mix entre un design attractif et la technologie intuitive des écrans tactiles que sa société régna sur le marché des smartphones dès 2007, devenant la première capitalisation boursière mondiale. Pas étonnant de retrouver aujourd'hui les fameux mobiles parmi les objets sélectionnés par Nicolas Nova comme représentatifs de cette Culture Interface, l'exposition de la Cité du Design dont il est le commissaire et qui célèbre les influences réciproques entre science-fiction et numérique.

HOMO TECHNICOLOGICUS

Organisée par îlots (réalité augmentée, visiocasques, surfaces interactives, montres intelligentes…) et décorée de schémas de brevets, chaque thématique présente un choix d'objets ayant intégré ces évolutions technologiques depuis une trentaine d'années. Si certains ont conquis notre quotidien ou s'apprêtent à le faire (la montre-calculatrice Casio, l'iPhone, l'Oculus Rift), d'autres sont restés dans les cartons des services R&D de grandes entreprises ou des labos d'universités (l'étonnante pipette Slurp destinée à « pomper » et « recracher » un fichier numérique par contact sur l'écran). Surmontant chaque pôle, la projection d'un extrait de film de science-fiction rappelle que le cinéma dans sa foisonnante imagination a souvent anticipé (ou suscité ?) la création d'appendices numériques : le futur esquissé dans 2001 de Kubrick, Strange Days de Kathryn Bigelow, Terminator de Cameron ou Minority Report de Spielberg ont grandement été rattrapés par notre présent. Manque cependant à ce florilège (forcément réduit) une petite évocation de Cronenberg. VR

Culture interface : Numérique et Science-fiction
À la Cité du Design de Saint-Étienne jusqu'au 14 août


Culture Interface : Numérique et Science-fiction

Comment la science-fiction et le design d'interface s'influencent mutuellement ?
Cité du Design 3 rue Javelin Pagnon Saint-Etienne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Cité du Design de Saint-Étienne : Thierry Mandon désigné directeur

Nomination | La Cité du Design de Saint-Étienne sera dirigée par Thierry Mandon à compter du 3 septembre. Il succède à Caroline Tisserand qui était en poste depuis juillet 2017 (...)

Nadja Pobel | Mercredi 29 août 2018

Cité du Design de Saint-Étienne : Thierry Mandon désigné directeur

La Cité du Design de Saint-Étienne sera dirigée par Thierry Mandon à compter du 3 septembre. Il succède à Caroline Tisserand qui était en poste depuis juillet 2017 et a quitté ses fonctions en mars 2018. Thierry Mandon a surtout été connu du grand public sous le mandat présidentiel de François Hollande, puisqu'il a occupé la fonction de secrétaire d'État à la réforme de l'État et à la simplification de juin 2014 à juin 2015, puis de secrétaire d'État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche de juin 2015 à mai 2017. Tout récemment, il a participé à l'aventure du magazine Ebdo, dont il était co-fondateur avec Thierry Beccaria. Publié de janvier au 22 mars 2018, le journal a déposé le bilan, faute de fonds suffisants et de lecteurs. Précédemment, selon le site web Newstank, Thierry Mandon a été député (1988 à 1993), 1er vice-président et président délégué du Conseil Départemental de l’Essone (1997 à 2011) et maire PS de Ris-Orangis (1995 à 2012). Le voici désormais à la tête de cet EPCC stéphanois par ailleurs école d'art et lieu d'accueil de la Biennale

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Paul Maréchal : « il est rare de voir autant de travaux de graphisme de Warhol réunis dans un même endroit »

Andy Warhol Ephemera | Andy Warhol est l'un des artistes les plus prolifiques qui ait existé, notamment par son activité commerciale qu'il n'a jamais cessée et encore moins dénigrée. En découle une importante production d'affiches, éditions, emballages et autres créations éphémères, morceaux du quotidien qui nourrissent notre regard. Entretien avec le collectionneur qui a permis l'exposition actuellement en cours au Musée de l'Imprimerie, Paul Maréchal.

Lisa Dumoulin | Mardi 27 mars 2018

Paul Maréchal : « il est rare de voir autant de travaux de graphisme de Warhol réunis dans un même endroit »

Pourquoi exposer Warhol au Musée de l’Imprimerie ? Paul Maréchal : Ce qui me frappe le plus dans cette exposition, c’est la variété et la destination des supports des œuvres qui sont présentées. Le premier mur en est un exemple tout à fait éloquent : vous avez un projet d’étiquette de vin, une couverture de livre, un article de magazine, une pochette de disque, une affiche de film, une invitation à une fête privée. Ça donne le ton ! Ce travail de graphisme chez Warhol dont tout le génie créateur est basé sur l’imprimé, trouve une place toute naturelle dans le Musée de l’Imprimerie de Lyon, ça devait arriver un jour où l’autre (rires). Les douze premières années de sa carrière sont consacrées à l’illustration de magazine. Il comprend ce qu’est le travail d’équipe et va répliquer ce modèle dans son atelier, la Factory, sauf que ce sera son projet artistique. Et même à la Factory, il va publier un magazine, Interview. Il est rare de voir autant de travaux de graphisme de Warhol réunis dans un même endroit. J’aime beaucoup cet autoportrait qu'il a fait à l’aide d’un photoco

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Steve Jobs : iBiopics et colégram

ECRANS | Mélange de coups d’éclats, d’échecs cinglants, d’incessantes résurrections professionnelles et de drames personnels, la vie du fondateur d’Apple était de nature (...)

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Steve Jobs : iBiopics et colégram

Mélange de coups d’éclats, d’échecs cinglants, d’incessantes résurrections professionnelles et de drames personnels, la vie du fondateur d’Apple était de nature à inspirer les esprits romanesques — d’autant plus titillés par son culte maladif du secret et son art consommé d’une communication maîtrisée. Hollywood ne pouvait rester indifférent à cette poule aux œufs... ou plutôt aux pommes d’or. Le petit écran fut le premier à s’intéresser au phénomène, avec Les Pirates de la Silicon Valley (1999) de Martin Burke, tourné juste après le retour gagnant de Jobs aux manettes de la firme de Cupertino. Racontant sur un mode semi-drolatique l’émergence d’une nouvelle industrie, ce téléfilm se centre sur le portrait croisé des deux frères ennemis Bill Gates (Anthony Michael Hall) et Steve Jobs (Noah Wyle, le Dr Carter de la série Urgences). L’original apprécia tellement la performance qu’il invita Wyle à l’imiter à ses côtés, sur la scène de l’Apple Expo 2000. Jobs eut aussi droit à de nombreuses parodies ; la plus fameuse sous les traits de Steve Mobbs, patron de Mapple en 2008 dans l’épisode Les Apprentis Sorciers de la sér

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Pomme Star : Danny Boyle fait le Jobs

ECRANS | Après s’être égaré en racontant les tribulations gore d’un randonneur se sciant le bras pour survivre (127 heures), Danny Boyle avait besoin de se rattraper. Le natif de Manchester fait le job avec une évocation stylisée du patron d’Apple, première super-pop-star économique du XXIe siècle.

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Pomme Star : Danny Boyle fait le Jobs

« Penser différent »… Érigé en précepte par Steve Jobs lui-même, le slogan exhortant à la rupture créative et intellectuelle semble avoir guidé le scénariste Aaron Sorkin et le réalisateur Danny Boyle dans ce travail autour de la biographie (autorisée) du charismatique fondateur d’Apple, pavé signé Walter Isaacson détaillant par le menu l’existence de Jobs, listant les innovations à mettre à son actif - un livre paru en France en 2011 chez JC Lattès. L’un et l’autre ont emprunté un chemin de traverse, ne se lançant pas dans une illustration chronologique standard visant l’exhaustivité en suivant le sempiternel et prévisible "sa vie, son œuvre". Jobs ayant été, au-delà de toutes les controverses, une manière de stratège imposant sa vision d’une réalité distordue, modelant finalement la réalité à ses désirs, Sorkin et Boyle lui ont taillé un écrin biographique hors-norme. Pour le cinéaste, cela passait par l’abandon de marques de fabrique virant au tic, comme les effets de montage épileptoïdes ou le recours à une bande originale utilitaire, marqueur temporel ou folklorique. Pour l’auteur du script, par la conception d’une sorte

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Rentrée cinéma 2016 : une timide bobine ?

ECRANS | Après une année cinématographique 2015 marquée par une fréquentation en berne —plombée surtout par un second semestre catastrophique du fait de l’absence de films qualitatifs porteurs —, quel sera le visage de 2016 ? Outre quelques valeurs sûres, les promesses sont modestes…

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée cinéma 2016 : une timide bobine ?

L’an dernier à pareille époque se diffusaient sous le manteau des images évocatrices illustrant la carte de vœux de Gaspar Noé et extraites de son film à venir, Love ; le premier semestre 2015 promettait d’être, au moins sur les écrans, excitant. Les raisons de frétiller du fauteuil semblent peu nombreuses en ce janvier, d’autant que, sauf bonheur inattendu, ni Desplechin, ni Podalydès, ni Moretti ne devraient fréquenter la Croisette à l’horizon mai — seul Julieta d’Almodóvar semble promis à la sélection cannoise. Malgré tout, 2016 recèle quelques atouts dans sa manche… Ce qui est sûr... Traditionnellement dévolu aux films-à-Oscar, février verra sortir sur les écrans français The Revenant (24 février) de Iñarritu, un survival dans la neige et la glace opposant Tom Hardy (toujours parfait en abominable) mais surtout un ours à l’insubmersible DiCaprio. Tout le monde s’accorde à penser que Leonardo devrait ENFIN récupérer la statuette pour sa prestation — il serait temps : même Tom Cruise en a eu une jadis pour un second rôle. S’il n’est pas encore une fois débordé par un outsider tel que

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Une Biennale du design de toute beauté

ARTS | Seule ville française à faire partie du réseau des villes créatives UNESCO de design, Saint-Étienne vit jusqu'au 12 avril au rythme toujours plus trépidant de la Biennale Internationale du Design. Tour d'horizon d'un événement incontournable, même pour les Lyonnais. Niko Rodamel

Niko Rodamel | Vendredi 13 mars 2015

Une Biennale du design de toute beauté

Thématique de la Biennale 2015, Les Sens du Beau, interroge l’importance des formes et les sens que celles-ci donnent aux fonctions, aux usages ou à la qualité de vie. L’enjeu de cette Biennale est de montrer que d’autres voies sont possibles que celles, monotones et répétitives, produites par la globalisation. Pour Yann Fabès, directeur de l’Ecole Supérieure d’Art et Design de Saint-Étienne, Les Sens du beau suivi d’un point d’interrogation est «une proposition que l’on pourrait retrouver dans l’épreuve écrite d’un concours d’entrée en école d’art. Mais au-delà des jeux homophoniques qui permettent des déclinaisons à volonté (l’essence du beau, le beau et ses sens, censé être beau…), cette question agit dès que le design pose son analyse par les formes sur ce qui nous environne.» Benjamin Loyauté, co-commissaire général de la Biennale, rappelle lui que le beau n’est pas unique : «Le beau naturel serait universel en opposition au beau culturel qui lui est construit. Tout le monde a un avis sur le beau même si la perception que l’on en a n’est pas la même à Singapour

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