Un Matisse au Musée des Beaux-arts

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 mai 2021

Photo : Henri Matisse, Katia à la chemise jaune, 1951 © Succession H. Matisse © MBA / Martial Couderette


C'est une femme sans visage, vêtue de jaune, peinte par Matisse (1869-1954) en 1951, qui vient rejoindre les collections du Musée des Beaux-Arts de Lyon. Épure des formes, absence de traits de la figure, psychologie du modèle effacée : on retrouve là quelques-uns des motifs récurrents de la dernière période de l'artiste.

Katia à la chemise jaune rejoint plusieurs œuvres de Matisse déjà conservées au musée (dessins et peintures), et son acquisition fait suite à l'importante exposition Henri Matisse, le laboratoire intérieur présentée en 2016-2017. Acheté à la Fondation Pierre et Tana Matisse à New York pour la coquette somme de 4 800 000 euros, le tableau a été financé par des mécènes du musée (4 100 000 euros), l'État (500 000 euros) et la Ville de Lyon (200 000 euros).

À partir du mercredi 19 mai, il est présenté au public parmi un nouvel accrochage des collections du XXe et XXIe siècles. Parallèlement, le Musée ouvre une nouvelle exposition temporaire consacrée aux trois frères Flandrin, trois artistes qui ont marqué la scène lyonnaise au XIXe siècle.

Nouvelles perspectives, collections XXe/XXIe siècles
Au Musée des Beaux-Arts jusqu'au 7 mars 2022

Hippolyte, Paul, Auste. Les Flandrin, artistes et frères
Au Musée des Beaux-Arts jusqu'au 5 septembre 2021


Hippolyte, Paul, Auguste : Les Flandrin, artistes et frères


Musée des Beaux-Arts 20 place des Terreaux Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Cinq expos à voir cet été

Bons Plans | Du XIXe au XXIe siècles, des frères Flandrin à Weerasethakul, voici notre sélection éclectique des expositions d’art à ne pas manquer cet été.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 15 juillet 2021

Cinq expos à voir cet été

Apichatpong Weerasethakul, entre rêve et réalité Le cinéaste (Palme d’or à Cannes en 2010 pour Oncle Boonmee…) et artiste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul investit l’ensemble des espaces de l’IAC pour un véritable trip en images vidéo. De salle en salle, on est immergé, entre rêve et réalité, dans différents dispositifs de projections, où l’on découvre de jeunes gens jouant avec un ballon de feu, un couple se promenant dans un jardin de sculptures, d’étranges chiens fantomatiques… Un parcours hallucinant ! Apichatpong Weerasethakul, Periphery of the night À l’Institut d’Art Contemporain à Villeurbanne jusqu’au 28 novembre La fratrie Flandrin Auguste, H

Continuer à lire

La route des Flandrin : trois artistes lyonnais au Musée des Beaux-Arts

Peinture Néo-classique | Le Musée des Beaux-Arts réunit les trois frères artistes Hippolyte, Paul et Auguste Flandrin, acteurs clefs de la scène lyonnaise du début du XIXe siècle. L’exposition foisonnante explore leur complicité artistique, et dévoile, dans un parcours thématique, nombre d’œuvres méconnues.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 juin 2021

La route des Flandrin : trois artistes lyonnais au Musée des Beaux-Arts

Comment ne pas tomber amoureux de La Florentine et de son doux regard bleu d’une pureté désarmante, glissant de biais vers le spectateur ? Le drapé de sa tunique blanche et lâche souligne (en le cachant) la sensualité de son corps, et le cadrage serré sur le haut de son buste nous la rend très proche malgré la fuite éternelle de son regard… À quelques pas de là, dans un autre tableau, un jeune homme nu repose la tête entre ses genoux et les yeux fermés, assis sur un rocher juchant la mer… Dans ces deux toiles de la fin des années 1830 signées Hippolyte Flandrin, nous sommes frappés par la sérénité de la beauté des corps et des visages. Même si affleurent possiblement dans ces toiles tristesse ou abandon, quel calme, quelle douceur dans les formes et dans les poses ! Mais l’on se rend compte bientôt que, le temps d’un regard, nous étions plongés dans un monde idyllique, idéal, hors d’atteinte. C’est là à la fois le charme et le vertige du néoclassicisme pictural dont la figure tutélaire se nomme Jean-Auguste Ingres

Continuer à lire

Lyon : cinq expositions à voir en juin

Bons Plans | Des frères Flandrin à l’entreprise de bio-chimie Monsanto, en passant par l’enfance vue par Marine Joatton, le mois de juin est placé sous le signe de la diversité, dans les musées et les galeries du Grand Lyon.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 3 juin 2021

Lyon : cinq expositions à voir en juin

Aller voir ailleurs La galerie photo Le Réverbère a eu des envies d’ailleurs et a proposé à (presque) tous ses photographes de présenter un petit ensemble d’images autour de cette thématique. L’ailleurs ici peut être bien sûr le voyage lointain, mais aussi l’ailleurs intime et nocturne avec deux photographies prises depuis une voiture par Julien Magre, l’ailleurs des images avec un travail sur leur texture par Serge Clément, l’ailleurs dans le temps avec des images anciennes de Bernard Plossu. Envie(s) d’ailleurs ! Au Réverbère jusqu’au 31 juillet La fratrie Flandrin Auguste, Hippolyte et Paul Flandrin ont marqué la scène artistique lyonnaise du XIXe siècle, et au-delà. Artistes et frères, ils furent aussi et surtout complices dans leurs projets de création, formant une sorte de collectif familial. Le Musée des Beaux-Arts propose de (re)découvrir leurs œ

Continuer à lire

« Matisse, ce n'est que ça »

Verbatim | Matisse a beaucoup écrit et parlé autour de son œuvre (réflexions réunies dans l'ouvrage Écrits et propos sur l'art). Voici une sélection de ses citations sur son travail et sa conception de l'art.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 20 décembre 2016

« Matisse, ce n'est que ça »

Famille artistique « De Delacroix à Van Gogh et principalement à Gauguin en passant par les impressionnistes qui font du déblaiement et par Cézanne qui donne l'impulsion définitive et introduit les volumes colorés, on peut suivre cette réhabilitation du rôle de la couleur, la restitution de son pouvoir émotif. » Création « J'ai travaillé des années pour qu'on dise : "Matisse, ce n'est que ça". » « Créer c'est exprimer ce que l'on a en soi. Tout effort authentique de création est intérieur. Encore faut-il nourrir son sentiment, ce qui se fait à l'aide des éléments que l'on tire du monde extérieur. Ici intervient le travail, par lequel l'artiste s'incorpore, s'assimile par degré le monde extérieur, jusqu'à ce que l'objet qu'il dessine soit devenu comme une part de lui-même, jusqu'à ce qu'il l'ait en lui et qu'il puisse le projeter sur la toile comme sa propre création. » Modèle « Je n'ai pas assez cultivé la mémoire des formes pour me passer de la présence du modèle qui compte non comme une possibilité de renseignement sur sa constitution, mais pour me tenir en émotion, en état d'une s

Continuer à lire

Matisse, trait à trait

Musée des Beaux-Arts | L'exposition Matisse au Musée des Beaux-Arts nous ouvre les portes de son "laboratoire intérieur", à travers, surtout, sa pratique du dessin. Là, comme plus ostensiblement dans ses toiles ou ses sculptures, l'artiste fait vaciller la figure pour l'emporter parmi un flux et un élan vital plus vastes.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 20 décembre 2016

Matisse, trait à trait

Henri Matisse est un besogneux et n'a pas les mêmes facilités virtuoses, ni le style tonitruant, que son contemporain Picasso. On l'éprouve très concrètement en découvrant ses dessins au Musée des Beaux-Arts : il cherche de feuille en feuille, il expérimente, il échoue, il recommence, il répète, il hésite... Devant un dessin de femme allongée, Matisse confie en 1931 à un critique d'art : « Pouvez-vous imaginer que je suis resté plus de deux mois à ce dessin ? Chaque soir j'y ai travaillé une heure et demie. Il consiste si vous voulez en centaines d'esquisses superposées... Si vous regardez la feuille avec attention, vous verrez par exemple combien de fois j'ai changé l'attitude du bras. » Plus rarement chez Matisse, le dessin jaillit en une ligne limpide et semble alors facile, évident, léger. Il semble paradoxal d'organiser une exposition centrée sur les dessins de Matisse, alors qu'il est emblématiquement l'un des inventeurs de la modernité de la couleur, de sa libération contre la domination classique du... dessin ! Mais, comme souven

Continuer à lire

Matisse au crayon

ARTS | À partir de ce vendredi 2 décembre (et jusqu'au 6 mars 2017), le Musée des Beaux-Arts nous invite à nous plonger dans le Laboratoire intérieur de Henri (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 29 novembre 2016

Matisse au crayon

À partir de ce vendredi 2 décembre (et jusqu'au 6 mars 2017), le Musée des Beaux-Arts nous invite à nous plonger dans le Laboratoire intérieur de Henri Matisse (1869-1954), c'est-à-dire dans sa pratique quotidienne du dessin. C'est à partir de ce médium que Matisse se donne toutes les libertés formelles pour réaliser ensuite ses sculptures et ses peintures. L'exposition rassemble environ 250 de ses œuvres (dessins, peintures, sculptures).

Continuer à lire