Nid d'abeilles

Stéphane Duchêne | Vendredi 9 décembre 2011

Le coup du «Un gars, une fille, une guitare, le blues» c'est pas la première fois qu'on nous le fait. Le truc c'est qu'avec She Keeps Bees, le 18 décembre au Kraspek Myzik en compagnie de Jesus is my girlfriend, ça ne va guère plus loin. La formule n'est pas plus alambiquée, elle ne cherche pas à se compliquer la vie. Jessica Larrabee (un nom à jouer dans un western, auquel elle doit d'ailleurs son surnom, Bee) à une voix à se damner dont elle se sert comme d'un casseur de cailloux pour se donner du courage sous le cagnard. Sans effet de manche aucun, à l'ancienne. Pendant qu'Andy LaPlant (vivace mais pas verte) casse ces mêmes cailloux à grands coups de bâtons. Ressort de l'ensemble, un blues-rock qui tranche avec le reste de la production mixte habituelle : un côté laid-back, une rage rentrée qui jamais ne saute à la gorge. Plus blues de perron que blues de cave. Si bien qu'on pourrait croire ces deux-là échappés de quelques plantations du Sud, quand ils sont de Brooklyn la grouillante. Mais il est vrai que de plus en plus, on garde des abeilles en ville pour préserver l'équilibre naturel du monde.
Stéphane Duchêne

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She Keeps Bees

MUSIQUES | Dig On Names/Naïve

Benjamin Mialot | Mercredi 21 septembre 2011

She Keeps Bees

Fut un temps où le nec plus ultra du rock'n'roll était le binôme mixte : un homme aux cheveux gras, une femme aux cheveux dans les yeux, une guitare saturée, une batterie primitive, et on envoie le pâté. Fut un temps. Car depuis, les White Stripes ont divorcé à l'amiable (pile au moment où ils viraient rock progressif à jabot, ouf), les Kills sont devenus de grotesques musiciens-sandwich pour confectionneurs de vêtements moches et chers, les Magnetix se sont claquemurés dans leur posture de bêtes de foire garage... Dès lors, à quel saint se vouer ? Aux Raveonettes, si vous supportez qu'on les confonde avec un girls group spectorien oublié. Aux Black Keys, si vous vous fichez de la parité comme de votre premier mange-disques. Sinon à Jessica Larrabee et Andy LaPlant, duo de Brooklyn qui, disons-le sans ambages, a tout compris. Compris que la musique du diable pouvait être brute sans être béotienne, négligée sans être poseuse, mélodique sans être passe-partout, charnelle sans être geignarde et bluesy sans sonner comme une reprise pour baloche commémoratif. Écoutez Dig On (et ses deux prédécesseurs, plus versés dans le terroir americana mais tout aussi recommandables) et vous nous par

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