Humour à Lyon : Deux festivals et des stars

Sébastien Broquet | Mardi 6 septembre 2016

Photo : © DR


Commençons par ce qui gratte : deux festivals d'envergure pour le café-théâtre à Lyon, c'est une belle idée et clairement, il y a un public pour les faire vivre tous les deux. Sauf que... quelle idée saugrenue de les organiser exactement aux mêmes dates, tous deux prenant fin le 1er octobre ! Collision regrettable, mais programmations délectables pour qui aime les bons mots.

À l'Espace Gerson, c'est la 4e édition du festival d'Humour qui accueille en parrain Vincent Roca cette année, lequel donnera deux soirs d'affilée son Délirium Très Mots (26 et 27 septembre) créé en 2010 : virtuose de la langue, jongleur de mots, concurrent direct des titreurs de Libé, il s'est offert une belle notoriété en alignant les chroniques sur France Inter durant onze ans, dans le Fou du Roi de Stéphane Bern. Côté découvertes, se côtoieront Jérémy Vaillot, Margot Winch et Félix Dhjan (le mercredi 28 septembre), Ben H, Timothé Poissonnet et Pierre Daverat qui oscillent entre chanson et humour (jeudi 20 septembre) ou encore Haroun, Mathias Pradenas et Perrine Rouland (vendredi 30 septembre) avant un final hors-les-murs en compagnie de Guillaume Meurice, au Radiant-Bellevue, le vendredi 30 septembre et le lendemain pour la soirée de clôture, d'ores et déjà sold-out.

De son côté, Juste pour Lyon, émanation du festival Juste pour Rire créé en 1983 à Montréal (Québec) par Gilbert Rozon, l'un des plus importants rendez-vous du genre, prend pied pour la troisième année consécutive dans une ville friande de café-théâtre et d'humour, collaborant avec des spots reconnus (le Boui Boui, le Complexe du Rire, le Rideau Rouge, les Tontons Flingueurs...) tout en planifiant quelques grands raouts comme le "plateau politique" mené par Régis Mailhot au Cité Centre de Congrès le samedi 24 septembre, lequel sera entouré d'un aéropage d'humoristes aimant brocarder des anciens de l'ENA, tels Gérald Dahan, Bernard Mabille ou encore Willy Rovelli.

On guettera aussi l'humour belge d'Alex Vizorek, repéré sur Paris Première, dans Ça Balance à Paris où il a pris l'habitude de sortir des sentiers battus de l'humour en piochant ses inspirations dans l'histoire des arts. À noter aussi, le traditionnel grand gala le lundi 26 septembre réunissant (toujours au Cité Centre de Congrès) Éric Antoine, Claudia Tagbo, Rachid Badouri, Alex Vizorek, Régis Mailhot, Ahmed Sylla autour du maître de cérémonie et créateur du festival, Gilbert Rozon. Autre gros rendez-vous : La Nuit des Gones, le jeudi 29 septembre, présentée par l'iconoclaste Thomas VDB (ancien critique rock reconverti sur les planches où il a donné un remarqué Thomas VDB chante Daft Punk) et réunissant autour de lui la fine fleur de la scène locale.

Enfin, parmi les stars attendues lors de ce second semestre, on retiendra trois dates : la délicieuse Valérie Lemercier à la Bourse du Travail le mardi 18 octobre, la troupe du Jamel Comedy Club à la Bourse du Travail le samedi 5 novembre et enfin l'ancien petit génie de la série Bref sur Canal Plus, Kyan Khojandi le mardi 8 novembre au Radiant-Bellevue.

Mais sont aussi annoncés les routards du one-man/woman-show que sont Pierre Palmade & Michelle Laroque pour deux soirées à la Halle Tony-Garnier (les 29 et 30 novembre), Sellig à l'Espace Louise Labe de Saint-Symphorien d'Ozon le vendredi 23 septembre, Vincent Dedienne au théâtre de la Croix-Rousse du 29 septembre au 1er octobre, Patrick Timsit à la Bourse du Travail le jeudi 6 octobre, Fellag le jeudi 10 novembre au Centre Culturel Charlie Chaplin à Vaulx-en-Velin ou encore Elie Semoun le mercredi 14 décembre au Radiant-Bellevue. De quoi se marrer.

L'Espace Gerson fait son festival d'Humour
À l'Espace Gerson et au Radiant-Bellevue du 26 septembre au 1er octobre

Juste Pour Lyon
Au Cité Centre de Congrès et divers lieux du 24 septembre au 1er octobre


Vincent Dedienne

"S'il se passe quelque chose"
Théâtre de la Croix-Rousse Place Joannès Ambre Lyon 4e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Vincent Roca

"Delirium très mots"
Espace Gerson 1 place Gerson Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Thomas VDB : « il y a un effet miroir dans le stand-up »

Humour | Il est journaliste, chroniqueur radio, comédien et derrière son air nonchalant se cache en vérité un chien fou. Entre l’écriture de son prochain spectacle et une chronique pour France Inter, la voix fatiguée mais passionnée, Thomas VDB nous parle de son spectacle Bon Chienchien mis en scène par Kader Aoun.

Elliott Aubin | Mardi 12 novembre 2019

Thomas VDB : « il y a un effet miroir dans le stand-up »

« Est-ce qu’un bébé ça doit manger tous les jours ? Est-ce grave d’avoir un survêtement qui sent le tabac ? Attend-on une réponse quand on demande à son chien "c’est qui le pépère" ? ». Que de questions existentielles ! Vous n’abordez donc pas ici l’actualité, avec la fougue que l’on vous connaît ? Thomas VDB : C’est un stand-up classique. Non, je n’évoque presque pas de sujets d’actu. Ça, je le fais sur Inter. Ici j’essaye de donner mon regard sur le monde. C’est plus intemporel que le traitement de l'actualité. Je parle de sujets divers… de ma patience affectée par mon addiction à Internet. Des efforts de concentration que je dois faire pour lire un livre jusqu’au bout ou rester tout au long d’un concert. Je parle aussi de ma paternité nouvelle. De ma quarantaine passée. Je parle de moi, oui, mais au travers de sujets du quotidien dans lesquels les gens se retrouvent. Il y a, pour le public, forcément un effet miroir dans le stand-up. Vous jouez ici, à Lyon, salle Victor Hugo. Que vous évoque cette ville ? Lyon, c’est d’abord pour moi le tunnel de Fourvière, la route des vacances ! J’adore c

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"La Colle" de Alexandre Castagnetti : un Breakfast Club sans fin

ECRANS | de Alexandre Castagnetti (Fr, 1h31) avec Arthur Mazet, Karidja Touré, Thomas VDB…

Vincent Raymond | Mercredi 5 juillet 2017

Si le regretté Harold Ramis revenait d’entre les morts, il croirait à une caméra cachée. Voire irait fissa réclamer des droits d’auteur à la multitude de disciples ou d’épigones accommodant à son imitation (et à toutes les sauces) le concept de boucle temporelle d’Un jour sans fin (1993). Après Edge of Tomorrow et avant Happy Birthdead, voici donc ici la tentative française. Pour brouiller les pistes, Alexandre “La Chanson du Dimanche” Castagnetti pousse le vice en hybridant le bazar avec l’intrigue du Breakfast Club (1985) de John Hugues. Résultat : son héros se retrouve en heure de colle sous la garde d’un pion ringard avec un échantillon d’élèves mal assortis, et ne peut fuir de sa boucle que s’il conclue avec la belle Leila dont il est l’amoureux transi — laquelle forcément ignore un crapaud de son espèce. Après environ 72 heures de gags potaches répétitifs, c’est bon, les deux roucoulent pendant que tous les punis deviennent de chouettes copains, peace ; Sonia Rolland essaie les prothèses mammaires de Halle Berry dan

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"Marie-Francine" : le retour en grâce de Valérie Lemercier

Le Film de la Semaine | Valérie Lemercier célèbre la rencontre de deux quinquas bouillis par la vie dans une comédie sentimentale touchante ranimant les braises d’une délicatesse désuète. Un beau couple de personnages qu’épouse un duo d’acteurs idéal : la cinéaste et l’extraordinaire Patrick Timsit.

Vincent Raymond | Mardi 30 mai 2017

Tuiles en cascades pour la quinquagénaire Marie-Francine : son mari la quitte pour une jeunesse, elle perd son boulot de chercheuse puis doit retourner vivre chez ses parents (et supporter leurs manies hors d’âge). Une éclaircie tempère ce chaos : sa rencontre avec Miguel, un cuisinier attentionné traversant peu ou prou les mêmes galères qu’elle. Et si le bonheur était à venir ? On avait laissé, pour ne pas dire abandonné, Valérie Lemercier seule face à la Bérézina que constituait 100% Cachemire (2013), film trahissant un essoufflement ultime dans sa mécanique de comédie. Comme une fin de cycle en triste capilotade. Changement de ton et de registre ici, avec ce qui pourrait bien être la plus belle réussite de la cinéaste : sous l’impulsion de sa coscénariste Sabine Haudepin, Valérie Lemercier sort en effet de sa zone de confiance, au-delà de l’aimable charge contre les bourgeois — plus prévisible que corrosive chez elle. Certes, elle s’octroie le (petit) rôle de la jumelle snobinarde de Marie-Francine, clone des emplois qu’elle a mille fois tenus, mais ce d

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Le festival Juste pour rire débarque à Lyon

SCENES | ​Cette fois c'est la bonne : Juste pour rire, le plus important festival d'humour au monde, largue ses amarres canadiennes le temps d'une halte lyonnaise moins intrusive qu'on ne l'aurait cru.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

Le festival Juste pour rire débarque à Lyon

De loin, ça ressemble à un passage en force. Car quand le cirque Juste pour rire arrive en ville, il ne fait pas les choses à moitié : il s'associe non seulement à un puissant groupe de loisirs – Partouche, par l'entremise du casino Le Lyon Vert, où se déroulera la majorité de cette déclinaison rhodanienne – mais aussi à la Ville qui, pour cette première véritable édition (après moult tergiversations et un coup d'essai à la Comédie-Odéon l'an passé), lui a apporté un soutien financier significatif. À entendre ses relais locaux, le producteur / directeur de café-théâtres (Le Boui Boui, Le Rideau Rouge et Le Palace, en Avignon) Stéphane Casez et le metteur en scène / éleveur de champions Jocelyn Flipo, c'est tout le contraire : une véritable collaboration, respectueuse de la longue tradition de Lyon en matière de mobilisation du diaphragme. On est tenté de les croire. Déjà parce que la plupart des boîtes à rires du coin sont associées à l'événement, notamment dans le cadre d'une carte blanche le 6 octobre – grand absent, l'Espace Gerson a préféré, fidèle à sa réputation de battant, mené à terme la cuvée 2015 de son festi

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La rentrée café-théâtre 2015/2016

SCENES | Deux festivals, de nouvelles pièces d'auteurs chéris, le retour d'un illustre représentant de la trop lointaine école anglo-saxonne... La saison café-théâtre démarre plutôt fort.

Benjamin Mialot | Mardi 8 septembre 2015

La rentrée café-théâtre 2015/2016

En temps normal, il est presque inconvenant de parler d'une "rentrée" en matière de café-théâtre, les lieux homonymes ne connaissant de pauses que celles qui précèdent les punchlines de leurs invités. Cette saison 2015/2016 n'a cependant rien d'habituel ; pour preuve, elle s'ouvrira, passée la traditionnelle Semaine de l'humour (10€ dans les lieux participants, du 16 au 27 septembre) sur deux festivals. À gauche l'arlésienne Juste pour Lyon, émanation à crinière du célèbre raout canadien Juste pour rire qui, du 28 septembre au 7 octobre, investira en off la plupart des salles de musculation des zygomatiques de la ville. La programmation officielle sera elle délocalisée au casino Le Lyon Vert et verra se succéder les solitaires-en-scène les plus prometteurs du moment : la soundbank humaine Jibé (qui commence à faire son trou chez nos cousins d'Amérique), le chic type survitaminé Vérino (pour une édition spéciale de son inglorious comedy club, en présence notamment du couple star de Bref), la team Jocelyn Flipo (Alex Ramirès, Yann Guillarme, Gérémy Crédeville.

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100% Cachemire

ECRANS | De et avec Valérie Lemercier (Fr, 1h38) avec Gilles Lellouche, Marina Foïs…

Christophe Chabert | Vendredi 6 décembre 2013

100% Cachemire

Un drôle de désir semble avoir guidé Valérie Lemercier pour son quatrième film en tant qu’actrice-réalisatrice… S’approprier un fait divers glauque où une mère adoptive décide de rendre son fils après quelques mois "d’essai" ; faire le portrait acide d’une bourgeoisie étranglée entre bonne et mauvaise conscience ; mais aussi s’écrire un personnage détestable dont la caméra, toutefois, ne se détache jamais, exercice narcissique très curieux et, à l’image du film tout entier, plutôt déplaisant. Car si Lemercier a un vrai talent pour écrire des dialogues de comédie qui claquent, et si elle sait les mettre dans la bouche de comédiens ravis de s’amuser avec cette musique virtuose, le scénario de 100% Cachemire n’a pas de centre, sinon une misanthropie qui s’exerce aveuglément sur les riches et les pauvres, les premiers très cons, les seconds très cons et très moches. Il y avait pourtant une idée magnifique, hélas laissée en jachère : cet enfant russe muet et impavide, mur indéchiffrable sur lequel les émotions des adultes alentour ricochent ou se fracassent. Mais la mise en scène semble fuir ce trou noir émotionnel, préférant se réfugier dans la peinture sarc

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Le café-théâtre veille au grain

SCENES | Une nouvelle salle l'an passé, un nouveau festival cette saison : bien que tous ses acteurs ne s'y retrouvent pas, le secteur du rire confirme sa vitalité. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 8 septembre 2013

Le café-théâtre veille au grain

L'an passé, à cette période, le milieu du café-théâtre était en passe d'être bousculé par l'ouverture de la Comédie-Odéon. Cette rentrée, plus calme, est l'occasion d'en tirer un premier bilan. Il fait d'état d'une seule victime : le Complexe du Rire qui, à une poignée de lointaines reprises près (comme le solo sportif de Yoann Metay, du 19 mars au 5 avril), ne propose quasiment plus que de l'impro et des comédies mineures dont on doute que la Semaine de l'humour (du 5 au 20 octobre), ce dispositif visant, un peu comme Balises, à promouvoir et éclaircir les nombreuses programmations du secteur, suffira à nous les rendre amusantes. D'autant que l'Espace Gerson s'en est désolidarisé pour mieux «faire son festival» (du 26 au 28 septembre à la salle Rameau, où se produiront d'ailleurs le toujours frondeur Christophe Alevêque le 10 octobre et la pétillante Bérengère Krief le 21 décembre). On en reparlera le moment venu, pas seulement parce

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Seb, c'est bien

SCENES | Au Petit Bulletin comme ailleurs, il nous arrive de casser un peu de la distance critique qui nous sépare des artistes peuplant nos pages. Généralement (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 5 juillet 2013

Seb, c'est bien

Au Petit Bulletin comme ailleurs, il nous arrive de casser un peu de la distance critique qui nous sépare des artistes peuplant nos pages. Généralement par amitié – pour un auteur rencontré au sortir du berceau, un prof de philo qui fut intellectuellement déterminant, un metteur en scène devenu quasi voisin de palier... Cela, nous le faisons bien sûr très rarement, et le prix à payer en culpabilité est à chaque fois élevé. Le cas de Seb Mellia est un peu particulier : avant de le voir à l'œuvre sur la petite scène du Boui-Boui (où il est à l'affiche jusqu'à la fin du mois), nous ne le connaissions que de réputation et pourtant, le mettre ainsi en avant heurte notre éthique. Sans doute parce que ce Parisien de vingt-six printemps, qui après avoir fait ses armes dans le comedy club de Jamel anime celui fondé par le mec de Bref (le Bordel Club, au Théâtre Galabru) est, avec son sourire à la Parker Lewis, son débit de tuyauteur et ses bafouillages p

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Les pitres et jeunes acteurs

SCENES | Les demi-saisons café-théâtrales se suivent et ne se ressemblent pas : là où le premier semestre de l'année 2012 se résumait à des prolongations et des big names, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 4 janvier 2013

Les pitres et jeunes acteurs

Les demi-saisons café-théâtrales se suivent et ne se ressemblent pas : là où le premier semestre de l'année 2012 se résumait à des prolongations et des big names, celui qui débute ces jours fait la part belle aux concepts inédits et aux futurs grands. Au Comédie-Odéon par exemple, deux rendez-vous réguliers peuvent valoir le détour. D'un côté La Revue de presse, sorte de Petit rapporteur

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Main dans la main

ECRANS | De et avec Valérie Donzelli (Fr, 1h25) avec Jérémie Elkaïm, Valérie Lemercier…

Christophe Chabert | Mardi 11 décembre 2012

Main dans la main

Ceux qui ont sacralisé le tandem Donzelli / Elkaïm sur la foi de leur il est vrai correcte Guerre est déclarée vont en être pour leurs frais. Avec Main dans la main, c’est retour à la case départ, celle de leur premier film, ce navet indescriptible qu’était La Reine des pommes. L’argument (un danseur du dimanche tombe en «synchronicité» avec une prof de danse de l’Opéra Garnier) s’épuise en trente minutes et ne donne même pas lieu à une quelconque virtuosité physique ou gestuelle : tout est approximatif et ruiné par un surdécoupage qui traduit une réelle absence de point de vue. On assiste alors à un film entre potes (Lemercier, pièce rapportée, semble paumée au milieu de la bande) dont les blagues ne feront rire personne au-delà du XVIe arrondissement parisien et où l’amateurisme est presque une condition pour faire partie du club (pourquoi avoir donné un tel rôle à Béatrice De Staël, absolument nulle d’un bout

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Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

ECRANS | Passant après le calamiteux épisode Langmann, Laurent Tirard redonne un peu de lustre à une franchise inégale en misant sur un scénario solide et un casting soigné. Mais la direction artistique (affreuse) et la mise en scène (bancale) prouvent que le blockbuster à la française se cherche encore un modèle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 11 octobre 2012

Astérix et Obélix : au service de sa Majesté

Dans quel âge se trouve le blockbuster français ? Économiquement, sans parler d’âge d’or, on peut dire que l’affaire roule ; même une chose laborieuse comme Les Seigneurs remplit sans souci les salles. Artistiquement, en revanche, on est encore à l’âge de pierre. La franchise Astérix en est le meilleur exemple : après le navet ruineux de Thomas Langmann, c’est Laurent Tirard, fort du succès glané avec son Petit Nicolas, qui a récupéré la patate chaude. Avec un budget quasiment divisé par deux (61 millions quand même !), il n’avait guère le choix : finies les courses de char dispendieuses et les packages de stars ; retour aux fondamentaux. Tirard et son co-auteur Grégoire Vigneron prennent ainsi deux décisions payantes : remettre le couple Astérix et Obélix au centre du film (ainsi que les comédiens qui les incarnent, Baer et Depardieu, excellents), et soigner un casting pour lequel chaque personnage semble avoir ét

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Adieu Berthe !

ECRANS | De et avec Bruno Podalydès (Fr, 1h40) avec Denis Podalydès, Isabelle Candelier, Valérie Lemercier…

Christophe Chabert | Jeudi 14 juin 2012

Adieu Berthe !

Berthe est morte, mémé n’est plus. C’est ce qu’apprend Armand Lebrec (Denis Podalydès), la tête dans une boîte transpercée de sabres factices. Son affliction à l’annonce du décès est, elle aussi, purement factice : cette grand-mère était si discrète que tout le monde l’avait oubliée dans la famille (son père en particulier, atteint d’une forme de démence burlesque ; un numéro aussi bref que grandiose pour Pierre Arditi). De toute façon, Armand a d’autres chats à fouetter : une femme qu’il tente vainement de quitter, une autre avec qui il essaie de trouver un modus vivendi, une pharmacie appartenant à une belle-mère intrusive… Après l’inégal Bancs publics, Bruno Podalydès revient à des territoires plus familiers de son cinéma : la comédie de l’indécision sentimentale, sur un mode plus grave et plus mature, âge des protagonistes oblige. La première moitié est effectivement hilarante, notamment la peinture de pompes funèbres délirantes, l’une tenue par une sorte de gourou new age (Michel Vuillermoz, génial), l’autre par un tax

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Bienvenue à bord

ECRANS | D'Eric Lavaine (Fr, 1h45) avec Franck Dubosc, Valérie Lemercier, Gérard Darmon…

Dorotée Aznar | Jeudi 29 septembre 2011

Bienvenue à bord

Franck Dubosc dans un ersatz de Croisière s'amuse par l'auteur de Poltergay, forcément ça fait peur. Sans miracle, Bienvenue à bord se hisse pourtant par-dessus la mêlée des comédies françaises qui font de la peine. Inutile de tergiverser sur les fantasmes hollywoodiens d'Eric Lavaine, le film est un brouillon de comédie US. Trop gras pour convaincre mais avec un échafaudage qui par rares moments fonctionne. L'essentiel c'est bien sûr Dubosc, dont la nullité intrigue. Idiot généreux et fédérateur, son personnage (toujours le même) rappelle parfois ceux de Will Ferrell. Le talent en moins, mais avec la même envie de déjouer l'ironie, d'être plus littéral que parodique, sentimental que cynique ou juste caricatural. Jérôme Dittmar

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Arme de distraction massive

SCENES | Humour / Les premières notes du P.I.M.P. de 50 cent résonnent, et Valérie Lemercier fait son entrée sur scène au gré d’une chorégraphie délicieusement décalée. Ça ne vaut (...)

Christophe Chabert | Vendredi 13 mars 2009

Arme de distraction massive

Humour / Les premières notes du P.I.M.P. de 50 cent résonnent, et Valérie Lemercier fait son entrée sur scène au gré d’une chorégraphie délicieusement décalée. Ça ne vaut peut-être pas sa mémorable danse aux Césars sur Zouk Machine, mais il ne nous en fallait pas plus pour être déjà un minimum conquis. Après cette pétulante intro, il faudra attendre l’ultime sketch pour revoir notre hôte s’adonner à quelques pas de danse (dans le rôle d’une odieuse prof de danse russe). Mais avec une interprète de ce calibre sur scène, pas besoin d’entrechats : Valérie Lemercier est un effet spécial à elle toute seule. Elle a su roder l’écriture d’un spectacle écrit dans l’urgence, se saisir des moindres inflexions de voix susceptibles de provoquer l’hilarité, développer les inénarrables gestuelles de ses personnages, peaufiner l’efficacité de ses virgules (notamment via deux personnages récurrents, une saoularde apostrophant les célébrités à Roland-Garros et une mauvaise conscience bobo moralisatrice), et offrir ainsi un tour de montagne russe humoristique au charme mutin. Ce qui séduit, ce sont donc avant tout les qualités d’interprétation mais aussi d’écriture. On retrouve ici un sens de la form

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Agathe Cléry

ECRANS | D’Étienne Chatiliez (Fr, 1h50) avec Valérie Lemercier, Anthony Kavanagh…

Christophe Chabert | Mercredi 26 novembre 2008

Agathe Cléry

Avec un tel slogan («Elle est blanche, elle est raciste, elle va devenir noire»), on pensait sortir les couteaux contre la pachydermie habituelle d’Étienne Chatiliez. Surprise : ce n’est même pas la peine car Agathe Cléry frappe surtout par son indolence cinématographique. Il faut plus d’une moitié de film pour introduire son argument, et la suite (développement et résolution) est expédiée à la va-vite. Question réalisation, Chatiliez régresse carrément : filmé platement, y compris les séquences de comédie musicale, monté, mixé et étalonné gauchement, Agathe Cléry est un produit bâclé et en fin de compte assez laid. Tout est résumé par le maquillage de Valérie Lemercier (grande actrice, ici cernée de toute part par la médiocrité ambiante) qui ne crée aucun trouble chez le spectateur, sinon la gêne de passer un film entier avec un effet si mal foutu sous le nez. Un vrai gâchis ! CC

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