Auto-entrepreneur : comprendre le régime pour lancer son activité sereinement

par Stéphane Robert
Publié Lundi 29 décembre 2025

Accessible, souple et rapide à mettre en place, le régime de l'auto-entrepreneur séduit chaque année de nombreux créateurs. Derrière sa simplicité, il repose pourtant sur des règles précises. Voici les points essentiels à connaître avant de se lancer.

Le régime de l'auto-entrepreneur offre une grande simplicité, mais il impose de respecter des seuils et des obligations pour éviter les mauvaises surprises en matière fiscale ou sociale.

Un statut pensé pour démarrer facilement

Le régime de l'auto-entrepreneur, devenu micro-entrepreneur, a été conçu pour faciliter l'accès à l'activité indépendante.

Sa force tient à des démarches simplifiées : une inscription en ligne rapide, l'absence de capital minimum et des obligations comptables allégées.

Ce statut attire ainsi aussi bien les personnes souhaitant tester une idée de business que celles désirant compléter un revenu salarié ou amorcer une reconversion professionnelle.


Sa logique est simple : l'entrepreneur déclare son chiffre d'affaires et paie ses cotisations sociales en pourcentage des sommes réellement encaissées.

Pas de chiffre d'affaires, pas de cotisations.

C'est un fonctionnement particulièrement apprécié lors des débuts, souvent irréguliers.

Les plafonds à respecter pour rester en micro-entreprise

Le maintien dans ce régime dépend du respect de plafonds de chiffre d'affaires. Ils sont de 188 700 euros pour les activités d'achat-revente ou de restauration rapide et de 77 700 euros pour les prestations de services et les professions libérales.

Un dépassement ponctuel peut être toléré une année, mais si les seuils sont franchis deux années consécutives, l'entrepreneur bascule automatiquement vers un régime réel, plus exigeant sur le plan comptable.

Il devra alors produire un bilan, tenir une comptabilité complète et appliquer les règles classiques du bénéfice réel.

Cette vigilance sur les seuils est essentielle pour anticiper l'évolution de son activité et éviter un changement de régime subi.

Fiscalité : un impôt calculé au forfait ou intégré dans la déclaration annuelle

L'auto-entrepreneur a le choix entre deux modalités d'imposition de ses revenus.

Le prélèvement libératoire

Il consiste à payer l'impôt sur le revenu en même temps que les cotisations sociales, via un pourcentage du chiffre d'affaires. Les taux varient selon l'activité : 1 % pour la vente, 1, 7 % pour les prestations de services commerciales et 2, 2 % pour les professions libérales.


Ce système est simple et lisible mais réservé aux foyers ayant un revenu fiscal de référence sous un certain seuil.

Le régime classique

En l'absence de prélèvement libératoire, le chiffre d'affaires est déclaré dans la déclaration annuelle et bénéficie d'un abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 %) pour déterminer le revenu imposable.

Il n'est pas possible, en micro-entreprise, de déduire ses frais réels : c'est un point clé pour les professionnels qui supportent beaucoup de charges.

TVA : une franchise qui peut disparaître en cas de dépassement

L'auto-entrepreneur bénéficie d'une franchise en base de TVA. Il facture donc sans TVA et ne la récupère pas sur ses achats.

Cependant, des seuils spécifiques s'appliquent : 36 800 euros pour les prestations de services et 91 900 euros pour la vente de marchandises.

Lorsque ces seuils sont dépassés, la franchise cesse de s'appliquer. L'entrepreneur doit alors facturer la TVA, la déclarer et la reverser.

Ce changement implique souvent une adaptation des tarifs et une gestion administrative plus lourde.

Des obligations administratives allégées, mais incontournables

Le régime ne dispense pas l'entrepreneur de certaines obligations. Il doit tenir un livre de recettes, ainsi qu'un registre des achats pour les activités commerciales.

Tous les justificatifs doivent être conservés, et une déclaration mensuelle ou trimestrielle du chiffre d'affaires est obligatoire, même si elle est nulle.


Lorsque le chiffre d'affaires dépasse 10 000 euros deux années consécutives, un compte bancaire dédié à l'activité devient obligatoire.

Enfin, certaines professions requièrent des assurances spécifiques ou des qualifications (métiers artisanaux notamment).

Une protection sociale proportionnelle au chiffre d'affaires

L'auto-entrepreneur relève de la sécurité sociale des indépendants. Il cotise pour la retraite, l'assurance maladie et la formation professionnelle.


Ses droits sont toutefois strictement liés au chiffre d'affaires déclaré.

Une année faible en recettes signifie peu ou pas de validation de trimestres de retraite, ce qui peut être un point d'attention pour les porteurs de projets qui envisagent une activité partielle ou saisonnière.

Le statut n'offre pas non plus d'assurance chômage ou d'indemnités en cas d'arrêt prolongé, sauf souscription volontaire à des contrats complémentaires.

Les avantages et limites du régime

Le régime séduit par sa simplicité, son faible coût d'entrée et la rapidité avec laquelle il permet de facturer.

Il constitue un excellent outil de test de marché ou de démarrage progressif.

Cependant, ses limites doivent être bien comprises : impossibilité de déduire ses charges réelles, protection sociale moins avantageuse que celle d'un salarié, seuils pouvant freiner le développement, et absence de TVA récupérable qui peut être pénalisante pour les activités nécessitant des investissements.

Le statut est donc pertinent pour débuter ou pour des activités à faible frais, mais il peut devenir rapidement contraignant pour les projets appelés à croître ou nécessitant une structure plus solide.