Allocations chômage : ce qui a changé depuis le 1er avril 2025
Tour d'horizon complet de ce qu'il faut retenir concernant le dispositif d'indemnisation chômage, avec une attention particulière portée sur certains publics spécifiques : créateurs ou repreneurs d'entreprises, saisonniers et séniors, intermittents du spectacle...
Conditions générales pour bénéficier de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE)
Il faut être inscrit comme demandeur d'emploi auprès de France Travail ; résider sur le territoire national, être physiquement apte à l'exercice d'un emploi ; être à la recherche effective et permanente d'un emploi ; être involontairement privé d'emploi, c'est-à-dire ne pas avoir quitté volontairement son emploi ; ne pas avoir refusé à deux reprises au cours des 12 mois une proposition de CDI à la suite d'une fin de CDD ou de contrat de mission ; avoir travaillé pendant au moins 130 jours (ou 910 heures) dans les 24 derniers mois (ou 36 mois pour les plus de 55 ans).
Des règles d'indemnisation modifiées
Mensualisation de l'allocation de l'ARE
Avant le 1er avril 2025, le montant mensuel de l'ARE versée variait selon le nombre de jours du mois concerné (28/30/31). Désormais, le paiement de l'ARE est fixé à 30 jours peu importe le mois. Le montant de l'allocation ne varie donc plus en fonction du nombre de jours compris dans le mois. Cette mesure s'applique à l'ensemble des allocataires, y compris ceux en cours d'indemnisation au moment de l'entrée en vigueur de cette disposition.
Réduction de la durée maximale d'indemnisation
La durée d'indemnisation correspond au nombre de jours calendaires entre le début de votre premier contrat, identifié sur les 24 ou 36 derniers mois, et la date de fin de votre dernier contrat précédant votre inscription à France Travail. Les jours non travaillés (inter-contrats) sur la période sont plafonnés à 70 % des jours travaillés (au lieu de 75 %).
Possibilité de quitter un emploi repris étendue à quatre mois
Si, durant la période pendant laquelle vous percevez une indemnisation France Travail, vous acceptez un emploi, puis que vous rompez ce contrat de travail avant le 88e jour travaillé (environ quatre mois), vous pouvez récupérer votre droit à l'allocation-chômage. Cette rupture n'est donc pas assimilée à du chômage volontaire.
Créateurs et repreneurs d'entreprises : choix entre versement de l'ARE et l'Arce
En cas de reprise ou de création d'entreprise, les demandeurs d'emploi indemnisés ont une option entre :
- Soit le maintien partiel de l'ARE, qui permet de recevoir chaque mois l'allocation ARE, en plus des rémunérations issues de la nouvelle activité non salariée, dans la limite de 60 % du montant des droits restants au démarrage effectif de l'activité. Le montant de l'ARE varie tous les mois en fonction des rémunérations tirées de l'activité reprise.
- Soit le versement de l'aide à la reprise et à la création d'entreprise (Arce), qui permet de recevoir, en deux fois, une somme correspondant à un « capital de droits » calculé en fonction de leurs droits restants à l'allocation-chômage.
Attention, il n'est pas possible de cumuler ARE et Arce.
Trois conditions à remplir pour recevoir l'Arce
Avoir créé ou repris une entreprise en France après la fin de votre contrat de travail et, au plus tôt, à compter de votre inscription comme demandeur d'emploi ; bénéficier de l'ARE ; bénéficier de l'aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise (Acre).
Montant de l'Arce
Le montant de l'Arce est égal à 60 % d'un capital correspondant aux droits ARE restants au jour de la création versé en deux montants égaux. Le premier versement intervient à la date à laquelle vous réunissez l'ensemble des conditions d'attribution de l'Arce. Le second versement intervient six mois après la date du premier, à condition de toujours exercer l'activité pour laquelle l'aide vous a été accordée, et que vous ne soyez pas en CDI à temps plein.
Cumul de l'ARE et des revenus issus de l'entreprise plafonné à 60 % du reliquat du capital des droits
Une reprise de l'indemnisation sur la base des 40 % restants est toutefois possible si l'entreprise ne dégage pas de bénéfices ou cesse son activité (à justifier). Le choix entre Arce et ARE est donc à calculer sur ces nouvelles bases, chaque option ayant ses contraintes propres (justificatifs des revenus, situation personnelle...).
Attention nouveauté 2026 : l'exonération de cotisations sociales accordée aux créateurs et repreneurs d'entreprises est réduite à 25 % des cotisations dues et son champ d'application est resserré à trois types de bénéficiaires.
Saisonniers
Les salariés saisonniers doivent justifier de 5 mois de travail (108 jours travaillés ou 758 heures travaillées) dans les 24 derniers mois (ou 36 derniers mois pour les plus de 55 ans). De plus, la durée minimum d'indemnisation étant directement liée à la durée minimum de travail permettant d'ouvrir un droit au chômage, la durée minimale d'indemnisation pour les travailleurs saisonniers (employés uniquement via des contrats saisonniers) est abaissée à 5 mois, contre 6 mois pour les salariés non saisonniers.
Séniors
Évolution des bornes d'âge pour bénéficier d'une durée d'indemnisation plus longue (décalées de 2 ans en raison du décalage de l'âge légal de départ à la retraite)
À compter du 1er avril 2025, les durées d'indemnisation maximales sont de 18 mois pour les allocataires âgés de moins de 55 ans à la fin du contrat de travail ; 22 mois et demi pour les allocataires âgés de 55 ou 56 ans à la fin du contrat de travail (contre 53 ou 54 ans avant) ; 27 mois pour les allocataires âgés d'au moins 57 ans à la fin du contrat de travail (contre au moins 55 ans avant).
Évolution des bornes d'âge pour bénéficier d'un allongement de la durée d'indemnisation en cas de formation
Les règles d'assurance-chômage permettent aux demandeurs d'emploi séniors qui suivent une formation de bénéficier d'un allongement de leur période d'indemnisation. Cette possibilité est désormais ouverte aux allocataires de 55 ans et plus (contre 53 ans précédemment) dont la dernière fin de contrat a lieu après le 1er avril 2025.
Condition d'âge pour le bénéfice du maintien de droits jusqu'à l'âge de la retraite à taux plein
Le dispositif de maintien permet de maintenir le droit chômage de l'allocataire jusqu'à l'âge de la retraite à taux plein. L'âge est également progressivement décalé, en cohérence avec le rythme prévu par la réforme des retraites, pour atteindre 64 ans
en 2030.
Évolution du seuil d'âge à partir duquel la dégressivité de l'allocation n'est pas appliquée
Ce point concerne les demandeurs d'emplois dont l'allocation journalière est supérieure à 92, 11 euros (environ 4 916 euros de salaire brut mensuel). Le demandeur d'emploi doit avoir moins de 55 ans au moment de la fin de son contrat de travail (au lieu de 57 ans).
Situation spécifique des intermittents du spectacle
Embauchés en contrat de travail à durée déterminée (CDD) ou en contrat de travail à durée déterminée d'usage (CDDU), les ouvriers ou techniciens du spectacle doivent justifier d'au moins 507 heures de travail dans les métiers du spectacle durant les 12 mois précédant leur dernière fin de contrat. Cette date de fin de contrat sert de référence pour définir la "date d'anniversaire" du droit, c'est-à-dire la date de fin de droit. L'indemnisation court donc sur 12 mois, renouvelable à condition de remplir à nouveau les critères. Les intermittents ne sont pas concernés par la mensualisation sur 30 jours ni par la dégressivité. Ce statut reste protégé.
Détenus
Depuis le 1er janvier 2025, le travail en détention, réalisé dans le cadre d'un contrat d'emploi pénitentiaire, permet d'acquérir des droits à l'assurance chômage, y compris pour les contrats d'emploi pénitentiaire en cours au 1er janvier 2025.
Allocation de fin de droits
L'allocation de fin de droits est une aide forfaitaire (353, 97 euros au 1er juillet 2024) qui est attribuée sur demande à l'allocataire ayant épuisé ses droits et ne pouvant bénéficier de l'allocation de solidarité spécifique (ASS) pour un motif autre que la condition de ressources. Elle sera versée
automatiquement.

