"Vertigo" : et à la fin, il n'en reste plus qu'un…

ECRANS | Le chef-d'œuvre d’Hitchcock, devenu "Sueurs froides" en français, est sans doute l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma. Oui oui.

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Le temps aura fini par rendre justice à l'œuvre la plus spectaculairement audacieuse d'Hitchcock. Dédaigné à sa sortie – voire méprisé par un public décontenancé que le cinéaste britannique spécialiste du suspense ait eu l'outrecuidance de s'extraire de la case où il l'avait trop tôt relégué – Vertigo (Sueurs froides en français) n'a cessé au fil des ans de gagner des admirateurs à sa somptueuse cause. Au point qu'il détrône aujourd'hui l'étalon Citizen Kane de Welles au palmarès des films les plus importants de l'histoire du cinéma, selon le classement décennal de la revue de référence Sight & Sound.

Rien d'étonnant à cela : Vertigo combine la beauté tragique d'une histoire d'amour mélodramatique et macabre à un canevas policier ; il est émaillé d'innovations techniques ahurissantes (dont le travelling compensé – ou "dolly zoom" – engendrant des distorsions optiques dont ne saurait plus se passer à présent), d'une séquence onirique avant-gardiste d'anthologie et de contributions si fameuses que sa distribution à des allures de "all star game". Saul Bass signe le générique, Bernard Herrmann compose une suite belle comme un poème symphonique – une de ces partitions indépassables et envoûtantes qui jamais ne rongent ni ne lassent. Célébration de la mélancolie nécrophile et du voyeurisme, passeport pour l'éternité de Kim Novak, Vertigo est à mille égards une curiosité…

Vincent Raymond

Vertigo
Au cinéma Art et Plaisirs (Voreppe) vendredi 11 mars à 20h30


Sueurs froides

D'Alfred Hitchcock (EU, 2h09) Drame thriller

D'Alfred Hitchcock (EU, 2h09) Drame thriller

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Rendu responsable de la mort d'un collègue, Scottie, sujet au vertige, quitte la police. Une ancienne relation le contacte afin qu'il suive son épouse, possédée selon lui par l'esprit de son aïeule. Scottie s'éprend bientôt de la jeune femme.


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Ndagga Rhythm Force : pour l’amour des rythmes

Mbalax sénégalais | Si son nom n’évoquera a priori pas grand-chose à grand monde, soyons très clairs cependant : dans certains cercles spécialisés, le Berlinois Mark Ernestus (...)

Damien Grimbert | Mardi 12 novembre 2019

Ndagga Rhythm Force : pour l’amour des rythmes

Si son nom n’évoquera a priori pas grand-chose à grand monde, soyons très clairs cependant : dans certains cercles spécialisés, le Berlinois Mark Ernestus est considéré comme une véritable légende vivante. Aux côtés de son ami Moritz Von Oswald, il a en effet donné naissance dès les années 1990 à une talentueuse scène dub techno à tendance minimaliste, inspirée par l’héritage des pionniers jamaïcains. Flashback en 2011 : Ernestus part à Dakar à la recherche de disques de Mbalax, un style musical sénégalais caractérisé par ses fascinantes polyrythmies qui le passionne depuis longtemps. Il se retrouve finalement à enregistrer en studio avec une vingtaine de percussionnistes et musiciens locaux et pose ainsi la première pierre d’un projet, qui, après de nombreuses autres collaborations intensives avec un certain nombre d’entre eux, finira par donner naissance à la fabuleuse formation Ndagga Rhythm Force. Subtile, envoûtante et hautement novatrice, la musique enfantée par le groupe n’a à peu près rien à voir avec les tentatives fusionnelles maladroites entre musique électronique et musique africaine dont est malheureusement abreu

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Deux soirées avec Alfred Hitchcock à la Cinémathèque de Grenoble

ECRANS | Au faîte de sa gloire hollywoodienne, Alfred Hitchcock se pencha au mitan des années 1950 sur le petit écran pour y semer de nouvelles graines. La récolte (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Deux soirées avec Alfred Hitchcock à la Cinémathèque de Grenoble

Au faîte de sa gloire hollywoodienne, Alfred Hitchcock se pencha au mitan des années 1950 sur le petit écran pour y semer de nouvelles graines. La récolte s’avéra tout aussi fructueuse que sur le grand, en témoigne la série Alfred Hitchcock présente dont il réalisa quelques épisodes, parmi lesquels la Cinémathèque de Grenoble a composé la programmation d’une soirée (prévue jeudi mars à 20h) promettant d’allier virtuosité et esprit ludique. Le lendemain, le public aura droit à un de ces exercices de style dont le Maître raffolait : avec Lifeboat (1944), sur un scénario de Steinbeck, Hitch s’offre un huis clos sur une embarcation de sauvetage, en résolvant ironiquement le problème de sa traditionnelle apparition – lui qui détestait de surcroît l’eau. Une curiosité à voir.

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"La Soif du mal" : Orson Welles à la frontière du bien et du mal

ECRANS | Le Ciné-Club de Grenoble programme ce chef-d'œuvre mercredi 25 avril. Et inaugure par là même un cycle consacrée à la corruption.

Pierre Deroudilhe | Mardi 17 avril 2018

Tout commence avec le plus long plan-séquence à la grue de l’histoire du cinéma. Nous sommes à Los Robles, ville frontalière entre les États-Unis et le Mexique. Une bombe est déposée dans le coffre de la voiture d’un notable d’un côté de la frontière, elle explose de l’autre. L'enquête qui s'ensuit nécessairement oppose deux policiers, deux versions différentes de la Justice : Vargas (Charlton Heston), haut fonctionnaire de la police mexicaine en voyage de noces avec sa jeune épouse américaine (Janet Leigh), flic intègre, beau jeune homme amoureux ; et Hank Quinlan (Orson Welles), peu amène vis-à-vis de ce fringant étranger, flic pourri prêt à toutes les bassesses pour arriver à ses fins (quitte à fabriquer lui-même ses propres vérités). Le rythme de La Soif du mal (quel titre !) est celui de la précision maniaque de son auteur et interprète Orson Welles : tout est millimétré dans ce jeu de longues prises compliquées et de flashs rapides et violents. Welles signa ainsi en 1958 ce long-métrage dans un genre que, pourtant, il méprisait, usant de ses codes pour mieux les retourne

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"Rebecca" forever

ECRANS | Le seul film d'Hitchcock qui ait obtenu l'Oscar du meilleur film sera projeté jeudi 21 décembre à Mon Ciné.

Vincent Raymond | Mardi 19 décembre 2017

Première incursion hollywoodienne d’Hitchcock à l’invitation de David O. Selznick, Rebecca (1940) hurle son extraction britannique par toutes les perforations de sa pellicule : du cadre à l’auteur du roman Daphne du Maurier en passant par les très shakespeariens interprètes Laurence Olivier et Judith Anderson (alias Mrs Danvers). Un fragment d’Angleterre presque intact qui remporta l’Oscar du meilleur film et qui convainquit Alfred de persister aux États-Unis. À y repenser, les votants étaient culottés de désigner un film dont la narratrice et héroïne (campée par Joan Fontaine) n’est pas nommée, où tout le monde semble la menacer, en particulier un personnage très occupé à vivre une passion homosexuelle quasi-nécrophile. Des thèmes prometteurs qui annoncent les chefs-d’œuvre à venir, mais que l’on ne savoure pleinement qu’après avoir effectué un pèlerinage à Manderley… À (re)voir jeudi 21 décembre à 16h30 à Mon Ciné (Saint-Martin-d’Hères)

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"Phase IV" de Saul Bass : des fourmis et des hommes

ECRANS | Unique long-métrage réalisé par Saul Bass, graphiste de génie rentré dans la postérité pour avoir signé quelques-uns des génériques les plus emblématiques de la filmographie d’Alfred Hitchcock ("Sueurs Froides", "La Mort aux trousses", "Psychose"…), "Phase IV" est une véritable perle oubliée du cinéma américain des années 1970. Rendez-vous le vendredi 6 octobre au Club pour le constater.

Damien Grimbert | Mardi 3 octobre 2017

Passionnant thriller de science-fiction centré autour d’une intrigue minimaliste (l’investigation menée par deux scientifiques pour tenter d’expliquer l’étrange évolution comportementale d’une colonie de fourmis dans le désert d’Arizona), Phase IV (1974) surprend d’emblée par son incroyable beauté graphique, qui se double rapidement d’une approche quasi-métaphysique de son sujet. Loin de la petite série B horrifique sur fond de menace animalière comme le cinéma de l’époque en produisait à la pelle, Phase IV fait au contraire preuve d’une ambition démesurée dans son traitement qui n’est pas sans rappeler celle de Stanley Kubrick sur son 2001, sorti quelques années plus tôt. Faisant monter la pression cran par cran tout au long du film, Saul Bass conjugue ainsi un sens de l’efficacité à toute épreuve a un traitement visuel proche du psychédélisme, le tout au service d’un récit en perpétuelle évolution dont le climax final laisse le spectateur littéralement subjugué. Parce qu’un tel joyau méritait bien un écrin digne de ce nom, sa projection en copie restaurée sera couplée, à l’initiative de l’association La R

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Le Vertigo : voilà, c’est fini

ACTUS | Le monde de la nuit grenoblois va changer. Le Vertigo, club mythique du centre-ville, fermera ses portes samedi 14 octobre après 20 ans de service. On a rencontré son boss Camille Bahri pour connaître ses motivations et savoir ce que deviendra le lieu.

Aurélien Martinez | Jeudi 28 septembre 2017

Le Vertigo : voilà, c’est fini

L’info a été lâchée mercredi 27 septembre sur le Facebook du club : le Vertigo, qui a fêté ses 20 ans en juin, va définitivement fermer, son boss et fondateur Camille Bahri ayant décidé de vendre – ça lui trottait dans la tête depuis longtemps. On le retrouve le lendemain, dans un bar du centre-ville. « J’ai duré 20 ans, j’aurais pu continuer encore un petit peu – je reste jeune dans l’esprit même si je suis vieux ! – mais l’opportunité de vendre les murs et le fonds s’est présentée alors je l’ai saisie. » Le Vertigo, c’est un club mythique à Grenoble, qui a vu passer pas mal de grands noms de l’éléctro – Laurent Garnier, Miss Kittin, Jeff Mills, Brodinski… L’annonce de la fermeture a donc eu un écho considérable chez ceux qui l’ont fréquenté, au vu du nombre de réactions reçues par Camille Bahri et son équipe – le post Facebook a été très commenté. « Ça me fait chaud au cœur, je suis très ému. C’est une récompense. »

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20 ans du Vertigo : trois souvenirs de sa jeunesse

MUSIQUES | Zoom sur la programmation des trois soirs de fête qu'organise le club du centre-ville à l'occasion de ses 20 ans.

Damien Grimbert | Mardi 6 juin 2017

20 ans du Vertigo : trois souvenirs de sa jeunesse

Histoire de fêter avec l’emphase qu’il se doit l’anniversaire de ses vingt ans d’existence, le Vertigo a concocté une programmation sur trois soirs qui devrait laisser les noctambules sur les rotules mais avec de beaux sourires sur les lèvres. Le jeudi, c’est la nouvelle génération d’activistes de la scène électronique grenobloise qui sera mise en avant avec pas moins de huit DJs différents au line-up. Tous issus de différents collectifs bien connus des afficionados du clubbing grenoblois (Mouvement Perpétuel, The Dare Night, Groove Jam, La Maiz, Icône, Eddy Rumas et on en passe), mais tous réunis par le même amour du groove et de la house, Amen, Mazigh, Cosmic Clap, Limon, StinkyB, Nikizi, Nemoz et Mendez viendront ainsi faire souffler un vent de fraîcheur bienvenu sur ce premier soir, le tout en entrée libre s’il vous plaît ! Les deux soirs suivants mettront quant à eux à l’honneur plusieurs figures historiques de la scène grenobloise et habitués de longue date du club du centre-ville avec lequel ils entretiennent une histoire

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20 ans du Vertigo : vertige de la nuit

Story | Et là, beaucoup de Grenoblois (ceux qui n’ont plus vingt ans depuis un moment) vont prendre un coup de vieux en apprenant que le Vertigo, mythique petit club du centre-ville, a 20 ans ce mois-ci. 20 ans, oui. Avant de fêter ça en grandes pompes pendant trois soirs (notamment avec la légendaire Miss Kittin), on est allés interroger son fondateur Camille Bahri, histoire de recueillir ses confidences sur autant d’années de fête, d’électro et de clubbeurs.

Aurélien Martinez | Mardi 6 juin 2017

20 ans du Vertigo : vertige de la nuit

« J'ai fait mes études aux États-Unis, à Los Angeles. À l'époque, en 1986, il y avait au centre-ville une grande boîte qui s'appelait le Vertigo – ils étaient 40 à la sécurité pour vous donner un ordre de grandeur. C’était le club à la mode dans lequel venait tout le gratin de LA. L'accès y était assez difficile, je me suis fait refouler quelques fois avant que l'on m'accepte. Une fois rentré, j'ai adoré ! J'ai gardé ce nom en tête, ça sonnait bien pour un club. Je m'étais toujours dit que si un jour j'avais la chance d'ouvrir un établissement, je l’appellerais Vertigo. » C’est dans son Vertigo vide de monde (pour cause, il est 14h), sur une banquette défraîchie à deux pas des platines du DJ, que l’on rencontre l'imposant Camille Bahri, gérant de la boîte de nuit grenobloise depuis son ouverture il y a 20 ans. « Avant, j’étais déjà dans le monde de la nuit grenobloise – au Phoenix, au Drac Ouest, au Progrès qui est devenu le XIII… Un jour, j’ai appris qu’une boîte qui s’appelait la Fièvre était vendue aux enchères. On l'a achetée avec mon associé Alexandre Peyrot et c’est devenu le Vertigo. » Voilà pour l’historique.

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Passions afro-caribéennes avec Voilaaa Sound System et Commandant Coustou

MUSIQUES | Mardi 16 mai, ce sera « soirée au format XXXL à prix libre » à la Bobine. Avec notamment « le crew Voilaaa au grand complet pour 6 heures de mix dans le bar et la salle ». On vous en dit plus.

Damien Grimbert | Mardi 9 mai 2017

Passions afro-caribéennes avec Voilaaa Sound System et Commandant Coustou

Au commencement était le disque… Un disque en tout cas : On te l’avait dit de Voilaaa, irrésistible projet afro-disco collaboratif initié en 2015 par le producteur lyonnais Bruno "Patchworks" Hovart. Devant l’accueil enthousiaste rencontré par le disque en question, Voilaaa se mue rapidement en véritable sound-system, réunissant quatre DJs et crate-diggers émérites (James Stewart, Freakistan, Boolimix et Chylorama), un MC (Pat Kalla, déjà présent sur l’album) et le susnommé Bruno Hovart aux "sound effects". Auteur de sets dansants en diable où se rejoignent et s’entrecroisent influences disco, funk, hip-hop, house et grooves 70’s afro-caribéens, le collectif se bâtit rapidement une réputation de véritable bête de scène, qu’il viendra défendre pendant près de 6h durant mardi dans la salle et le bar de la Bobine. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, sera également présent en début de soirée le très bon quintet de musiciens lyonnais Commandant Coustou (en photo), qui ressuscite sur

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À vous de voir : l’embarras du choix à Saint-Egrève

Festival | Les Rencontres cinématographiques de Saint-Egrève reviennent pour « 6 jours de fête autour du cinéma ». En tout, 34 films dont 9 avant-premières et 10 films jeune public seront projetés. Présentation de cette deuxième édition prévue du 17 au 22 février, à la Vence scène.

Julien Homère | Jeudi 16 février 2017

À vous de voir : l’embarras du choix à Saint-Egrève

Pour ceux qui ont du temps libre et raffolent des buffets à volonté, le festival de Saint-Egrève À vous de voir promet pour sa deuxième édition un mélange de saveurs capable de rassasier la plus vorace des gourmandises. En guise de mise en bouche le vendredi 17 février, un concert des partitions de Nino Rota ou encore Georges Delerue donnera le "la" à "Musique et cinéma", la thématique du festival ici accommodée sur scène par 120 chanteurs servis show pendant 2 heures. Ce hors-d’œuvre déjà copieux avalé, optez pour un vol-au-vent à travers les montagnes mongols en compagnie de La Jeune Fille et son aigle (photo), documentaire d’Otto Bell. Si vous êtes soucieux des questions sociétales, vous ne resterez pas sur votre faim : Un paese di Calabria, là présenté par sa co-réalisatrice Shu Aiello, et Chez nous de Lucas Belvaux (en avant-première) montreront les côtés tantôt lumineux, tantôt sombres des crises migratoires européennes. Quant aux enfants, i

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"Le Procès" à la Cinémathèque

ECRANS | La Cinémathèque poursuit son cycle sur l'Américain Gordon Matta-Clark avec un nouveau double-programme de choix. D’abord, Substrait de Matta-Clark (...)

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

La Cinémathèque poursuit son cycle sur l'Américain Gordon Matta-Clark avec un nouveau double-programme de choix. D’abord, Substrait de Matta-Clark lui-même s’intéresse au travail à travers la dichotomie ontologique entre prolétaires et bourgeois. Puis Le Procès (1962), de Welles d’après Kafka, où un pauvre persécuté se débat dans l’enfer de l’absurde et de l’injustice. Une distribution de prestige sert cet fable tragique : Welles, Anthony Perkins, la gare d’Orsay et… Romy Schneider. Rendez-vous jeudi 12 janvier à 20h, au cinéma Juliet-Berto.

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Grenoble : nos bons plans pour le réveillon du 31 décembre

GUIDE URBAIN | Il y a mille façons de célébrer la nouvelle année. Si vous êtes adepte des boums dans le salon d’un ami ou de repas en petit comité dans la salle à manger d’un autre, on vous laisse vous débrouiller. Par contre, si l’envie vous prenait de vous mêler à des inconnus dans un bar, une boîte ou une salle de spectacle, on a ce qu’il vous faut. Bonne soirée.

Aurélien Martinez | Mardi 20 décembre 2016

Grenoble : nos bons plans pour le réveillon du 31 décembre

Un before avec les Barbarins fourchus « Un show bouillant pour un before 2017 débridé qui vous mettra en bonne marche vers votre soirée de la Saint-Sylvestre » nous assurent les fameux Barbarins fourchus. Rendez-vous donc de 20h à 22h30 dans la très modulable Salle noire du collectif musical (mais pas que) grenoblois pour « un set rock’n’roll endiablé, des années 1950 à nos jours ». Libre à vous ensuite de célébrer minuit avec de la musique plus actuelle. 15€ Attention, jauge limitée. Réservations : 06 16 82 87 78 ________ Du clubbing au Vertigo Un 31 décembre dans l’une des boîtes les plus mythiques de Grenoble (nichée en plus en plein centre-ville, ce qui est pratique pour rentrer chez soi) ? Pourquoi pas. « Au programme, et comme le veut la tradition : cotillons, musique festive, petit-déjeuner à l'aube avec café et viennoiseries. » Tout ça de 23h30 jusqu’à 9h du matin. Alors on danse ? Entrée : 10€ avec une consommation offerte. Vestiaire obligatoire (2€). Réservati

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Kumbia Boruka : pour chalouper

Sono Mondiale | Après un bel été passé à visiter des festivals de choix, muni d'un mini album en poche, Kumbia Boruka attaque l'hiver pied au plancher. Rendez-vous samedi à la Bifurk.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 novembre 2016

Kumbia Boruka : pour chalouper

Si notre région a pris un tram' de retard dans la vague nu-cumbia qui déferle depuis quelques années dans les clubs et festivals (Dengue Dengue Dengue, le génial label de Buenos Aires ZZK, El Hijo de la Cumbia, Bomba Estereo...), avec le Mexicain Hernán Cortés, ce rythme sud-américain calorifère a fini par se trouver un ambassadeur prêt à relever le défi. Avec un certain succès ces derniers mois : un mini album est sorti en juin et les quelques dates en festivals qui ont suivi (le Montreux Jazz Festival, la clôture des Nuits de Fourvière...) entérinent l'idée que cette musique aussi chaloupée qu'elle peut être psyché prend place dans le paysage. Cette percée ne doit rien au hasard : déjà, par la personnalité et le parcours du leader de la bande, l'accordéoniste Hernán Cortés, venu de Monterrey où la scène cumb

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Appelez-moi le Stewart !

ECRANS | Cette semaine, James Stewart est à l'honneur à la médiathèque de Domène (programmation hors les murs de la Cinémathèque de Grenoble) et au cinéma Le Club.

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2015

Appelez-moi le Stewart !

Pendant plus d’un demi-siècle, James Stewart a promené à travers le cinéma hollywoodien sa silhouette dégingandée (six pieds, trois pouces sous la toise) et sa prunelle cristalline d’éternel émerveillé, offrant à l’Amérique l’incarnation idéale du brave type de la porte d’à-côté. Mélange de naïveté sincère et d’opiniâtreté conquérante ; capable de jouer du biceps fluet quand la situation l’impose comme de faire chavirer les plus élégantes donzelles malgré une diction bredouillante, le comédien fétiche d’Hitchcock et de Capra fut également une figure de la comédie sentimentale et du western. Preuves à l’appui dans The Shop around the corner (1940), délicieuse romance d’Ernst Lubitsch projetée cette semaine à la médiathèque de Domène (vendredi 9 octobre à 18h30, événement hors les murs de la Cinémathèque de Grenoble). Notre bon géant y correspond tendrement avec une belle inconnue… qui n’est autre que la collègue avec laquelle il ne peut pas s’entendre. Bien que l’intrigue se déroule à Budapest, Jimmy y reste un parangon d’Étasunien moyen - quel talent ! Dans L’Homme qui tua Libert

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Le Vertigo, culture club

GUIDE URBAIN | Depuis dix-sept ans, le Vertigo Club anime les nuits grenobloises sur des sons électro. Novateur à son époque, il s'est aujourd'hui imposé auprès d'un public varié. Adeline Gailly

Aurélien Martinez | Vendredi 5 décembre 2014

Le Vertigo, culture club

Inspiré de la tendance électro, le Vertigo naît en 1997 alors que le style peine à être reconnu. « J'étais un extraterrestre à l'époque quand j'écoutais de l'électro » se rappelle Camille, le fondateur. Il relève néanmoins le défi de créer une boîte de nuit dédiée à ce type de musique. Pari réussi puisque la discothèque du centre-ville attire toujours les adeptes d’un genre désormais étendu au grand public. Ce type d'établissement n'était pourtant pas nouveau dans les années 90 à Grenoble. Aujourd'hui disparu, le Drac'Ouest, à Fontaine, organisait déjà des rave-parties. La mauvaise réputation, Camille ne s'en souciait guère : « L'électro c'était l'interdit, c'était synonyme de décadence mais j'ai misé là-dessus, je trouvais que c'était différent. » De Laurent Garnier au David Guetta des débuts en passant par Cassius ou encore Martin Solveig, nombre de DJ reconnus aux styles bien différents ont usé les platines du Vertigo. « Ce sont ces têtes d'affiche qui permettent de ramener du monde » dixit Camille, qui refuse pour autant

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La culture, c’est aussi la nuit !

ACTUS | Depuis quelques années, grâce à l’activisme passionné d’une pléiade de petites associations, Grenoble bénéficie enfin d’une offre musicale nocturne à la hauteur de ses ambitions culturelles. Qui se voit plébiscitée en retour par un public sans cesse plus nombreux, plus diversifié, et plus ouvert musicalement. Retour sur un petit miracle encore fragile, mais néanmoins bien réel. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Lundi 6 janvier 2014

La culture, c’est aussi la nuit !

Longtemps restée l’apanage d’une petite poignée de villes, la club culture semble enfin avoir trouvé un point d’ancrage à Grenoble. La club culture ? Une vision des soirées dansantes qui ne se limite pas au défoulement, à l’ivresse, à la drague et à l’ostentatoire, mais propose également une véritable dimension artistique, des moments d’échanges humains et de découverte ainsi qu’une vraie mixité sociale, avec comme centre névralgique une passion commune et partagée pour les musiques émergentes. En d’autres termes, un projet de vie nocturne ambitieux, généreux et innovant qui repose sur une alchimie subtile et bien moins évidente qu’il n’y paraît entre différents éléments : une grande diversité dans l’offre musicale, des lieux nocturnes nombreux, variés et accessibles, un public réactif, diversifié et ouvert musicalement, des associations nombreuses, complémentaires et exigeantes musicalement, et enfin l’existence de "soirées paliers" permettant à un public non spécialisé de s’initier aux différentes tendances musicales, aux DJs émergents de faire leurs premier pas, et aux organisateurs de proposer une programmation musicale plus ouverte et non soumise aux exigences du

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Hitchcock

ECRANS | Quand il entreprend de tourner Psychose, Alfred Hitchcock sort du triomphe de La Mort aux trousses, un projet qu’il a longuement mûri et qui marque (...)

Christophe Chabert | Mercredi 30 janvier 2013

Hitchcock

Quand il entreprend de tourner Psychose, Alfred Hitchcock sort du triomphe de La Mort aux trousses, un projet qu’il a longuement mûri et qui marque l’apogée de son style des années 50. Craignant de se répéter – et donc de lasser le public – il voit dans l’adaptation du roman de Robert Bloch, lui-même inspiré de l’histoire vraie du serial killer Ed Gein, un nouveau territoire à explorer, plus cru, plus choquant et plus viscéral. C’est ce cinéaste, finalement plus occupé par le désir des spectateurs que par sa propre postérité, que croque Sacha Gervasi au début de Hitchcock, et c’est sa grande qualité – en plus de la légèreté gracieuse de la mise en scène : refusant les habituelles tartes à la crème sur le génie et son inspiration, il montre un metteur en scène pragmatique, calculateur et prêt à défier studios et censeurs. Dans le film, Hitchcock a un double : son épouse Alma, véritable collaboratrice artistique qui, lassée de vivre dans l’ombre de son mari, entreprend de prêter son talent à un scénariste bellâtre. Tout cela est très juste historiquement – la bio de MacGilligan en avait fait un de ses angles – mais se révèle plus

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Happy Birthday, Mr Vertigo

MUSIQUES | Pour fêter en beauté son quinzième anniversaire ce week-end, le Vertigo Club a vu les choses en grand avec pas moins de deux soirées de célébration consécutives, (...)

Damien Grimbert | Vendredi 15 juin 2012

Happy Birthday, Mr Vertigo

Pour fêter en beauté son quinzième anniversaire ce week-end, le Vertigo Club a vu les choses en grand avec pas moins de deux soirées de célébration consécutives, précédées à chaque fois d’un before à la Gallery histoire de se mettre en jambes. Début des hostilités ce vendredi avec la venue de Nicolas Masseyeff (photo) pour la quatrième édition des soirées Party Intime. Fort d’un parcours de plus de quinze ans sur la scène électronique européenne, ainsi que d’un joli premier album sorti à l’automne sur le label berlinois Herzblut Recording (The Motherland), le DJ/producteur d’Antibes ne devrait pas avoir de mal à faire monter la sauce à coup de sélections tech-house et minimal bien affûtées. Le lendemain, place au Belge Kolombo et au Britannique Hot Since 82, deux protégés du label danois Noir Music bien connus des amateurs de deep house et de techno racée. Côté DJ locaux, il faudra enfin compter avec Yannick Baudino, Stefa Nof et Tanguy le vendredi, et Thomas Villard, JB Nightraffic et Redaster le samedi. Un véritable petit festival ! Damien Grimbert  

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Accords et à cri

MUSIQUES | Adeptes de canevas musicaux complexes transcendés à grands coups de déflagrations noise et de sonorités électroniques, les groupes Aucan et Picore devraient séduire aussi bien érudits rock qu’amateurs d’émotions pures. Damien Grimbert

Aurélien Martinez | Lundi 13 février 2012

Accords et à cri

En dépit du compte-rendu absolument dithyrambique d’un de leurs concerts par un membre haut placé de la rédaction qu’on ne citera pas ici et d’une signature sur le label Africantape qui nous a jusqu’à présent habitués à des sorties de très bon goût, force est de reconnaître qu’on attendait d’écouter Black Rainbow, le deuxième album du trio italien Aucan, avec une certaine appréhension. Pour une raison toute bête d’ailleurs : l’appellation dubstep-noise annoncée n’allait-elle pas déboucher sur une espèce de fusion un peu dégueulasse, comme ces groupes de néo-métal pourrissimes des années 90 avec pseudo-DJ-qui-fait-des-scratches pour faire joli ? La réponse est heureusement tout autre. Après quelques morceaux introductifs un peu trop trip-hop pour être honnêtes, l’alchimie entre les deux styles s’établit rapidement pour aboutir à la création de climats sonores hallucinés et assez superbes, où wobbles ravageurs et murs de guitares s’entrechoquent avec une belle violence, non dénuée d’inventivité pour autant. Seul petit défaut, les vocaux n’apportent objectivement pas grand-chose. On ne peut pas tout avoir, hein. Ah, et comme on vous l’a dit plus haut, en live, c’est visibl

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Les lois du dancing

MUSIQUES | Mesures antitabac, renforcement des contrôles de la sécurité routière, crise économique… Face aux nouvelles contraintes, les boîtes de nuit s’adaptent pour rester des lieux de fête. Tour d’horizon - non exhaustif - des discothèques grenobloises. REINE PARIS

François Cau | Vendredi 18 novembre 2011

Les lois du dancing

1h30 du matin. Le Vertigo se remplit brusquement. Cela fait vingt ans que Fred travaille dans le monde de la nuit. En experte, elle se faufile entre les tables et sert les boissons à bout de bras. Elle s’interrompt de temps en temps pour faire la bise aux habitués. Depuis 17h, elle refuse les réservations. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les effets de la crise, des mesures anti-tabac et autres lois, ne semblent pas se faire ressentir ici.  « Les gens ne viennent pas pour la déco, mais pour le service à table. On peut être dans un cube, ce qui fait tout, c’est l’accueil et la musique. Ici, on a vu naître de grands DJ », dit-elle, citant Laurent Garnier et David Guetta. « On passe de la house, quelques vieux thèmes toujours d’actualité, mais on essaie surtout de donner une éducation sur les nouveautés parce que tout le monde ne va pas à Ibiza tous les étés », s’enthousiasme-t-elle. Dans ce club qui a déjà connu plusieurs vies sous les noms du Flamand rose et de La Fièvre, les gens se pressent dès la fermeture des bars. « On est relativement bien accueilli, estime de son côté Charline, 20 ans, perchée sur son tabouret, l’air blasé. On est tranqu

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La Corde

ECRANS | Inspiré d’une pièce de théâtre à huis clos, "La Corde" est l’un des grands classiques d’Alfred Hitchcock, qui restera dans l’histoire pour être le premier film en couleur du maître du suspens, et surtout une splendide tentative de réalisation d’un long-métrage en un seul plan-séquence. Aurélien Martinez

François Cau | Lundi 12 avril 2010

La Corde

« Le crime parfait peut être un art. Tuer peut procurer autant de joie que de créer. » Brandon, étudiant charismatique, a décidé de suivre les préceptes de son ancien directeur d’école. Ce dernier considère ainsi que le crime est « l’apanage d’une petite élite », elle seule capable de décider du sort des êtres inférieurs – qui eux, n’apporteraient rien à la société. Pour cela, aidé de son compagnon Philip (bien que l’homosexualité ne fusse jamais évoquée par Hitchcock ou la Warner, elle est sous-jacente tout au long du film), Brandon va assassiner un ancien camarade de classe, placer le corps dans un coffre au milieu du salon, et organiser ensuite une soirée avec la famille et les amis du mort. Et surtout avec Rupert Cadell, le professeur en question et l’instigateur non conscient du meurtre philosophique selon le cinéaste anglais. Véritable chef d’œuvre de psychologie et de suspens, La Corde est un incontournable du cinéma hitchcockien, le réalisateur faisant preuve ici d’un talent incontestable. Il place le spectateur dans une tension permanente, bien que ce dernier soit maître des cartes depuis le début, contrairement à la plupart des personnages. « Un truc a

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Une nuit pas si noire

ACTUS | La crise a-t-elle tué les noctambules, trop fauchés pour sortir de leurs intérieurs si moelleux ? Pour le savoir, on est partis à la rencontre des gérants de bars et discothèques locaux pour recueillir leurs avis sur la question. Réponses surprenantes.

Aurélien Martinez | Vendredi 13 novembre 2009

Une nuit pas si noire

On ne vous apprendra rien : c’est la crise, depuis au moins une bonne année. De la ménagère de moins de cinquante ans à la personne âgée, en passant par l’étudiant et la majorité des travailleurs, tous nous expliquent (souvent au JT de TF1) qu’ils sont contraints de se serrer la ceinture sous peine de finir sur la paille. En s’intéressant donc au monde de la nuit en cette période morose, on s’attendait à trouver des gérants de bars et discothèques dépressifs, seuls derrière leur comptoir à attendre l’hypothétique client. Or, cette bougre alarmiste de Laurence Ferrari nous a induits en erreur : non, les Français ne sont pas tous au bord du gouffre ; oui, ils continuent à sortir, comme nous le signalent tous les patrons rencontrés au cours de cette enquête empirique. Même si évidemment, certains sont un peu moins optimistes que d’autres. « Un autre demi steuplé ! » « On a toujours été très apprécié, on n’a donc pas de soucis de ce côté-là » constate Arkange Ottaviano du Vieux Manoir, un bar-boîte de quatre salles rue Saint-Laurent. Même son de cloche au Subway où Frédéric Lachman, le gérant, « ne constate pas de réel changement dans les

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