Nous sommes tous des Tunisiens

ARTS | Composée de dessins satiriques, d’affiches au graphisme fort et de nécessaires recontextualisations, l’exposition itinérante Le Peuple Veut s’arrête aux Moulins de Villancourt pendant un mois, et offre aux visiteurs des points de vue singuliers sur la Révolution tunisienne. On est allés à la rencontre de deux de ses instigateurs, Raouf Karray, professeur des arts graphiques à Sfax, et Mohamed Guiga, graphiste à Tunis. Propos recueillis par François Cau

François Cau | Vendredi 25 novembre 2011

Quand vous est venue l'idée de cette exposition ?
Raouf Karray : Le 15 janvier, le lendemain de la fuite de Ben Ali. On était soulagés, on a respiré et on a tout de suite eu l'idée en se concertant avec Mohamed et un ami graphiste français qui vit à Paris. On s'est dit qu'on allait lancer un appel sur Facebook, demander qu'on nous envoie des visuels de soutien et de participation à la révolution tunisienne – un dessin de presse, une caricature, une affiche, peu importe. On pensait qu'avec Internet, ça pouvait faire rapidement un effet boule de neige, et en une semaine, j'ai été bombardé de visuels extraordinaires, de blogueurs tunisiens mais aussi d'ailleurs. On s'est alors demandé que faire de toutes ces choses, et on a lancé un autre appel pour faire savoir qu'on avait ce contenu à disposition. On a eu des retours d'institutions, d'écoles partout dans le monde qui étaient intéressées pour faire une exposition. La France, l'Italie, la Belgique, l'Egypte, le Liban… il y a une liste d'attente énorme !

Parmi les propositions d'artistes tunisiens, avez-vous tout de suite senti une plus grande liberté d'expression ?
RK : Oui, bien sûr. C'est normal,  tout était jusque-là interdit. L'Etat laissait une petite marge de manœuvre sur les blogs, mais tout était en fait contrôlé : si on te laissait t'exprimer, c'était pour mieux t'arrêter derrière. Mais le pouvoir s'est fait déborder par les réseaux sociaux ; il pensait pouvoir s'en servir pour mieux surveiller les communications et les agitateurs, mais le nombre de messages était trop important. Ça a aidé à faire changer la peur de camp.

En corollaire de cette nouvelle donne, on voit également dans les affiches l'apparition d'un humour particulièrement corrosif…
RK : Les blogueurs et les graphistes ont initié ça, et tout le monde a suivi. J'étais très agréablement surpris de voir cet humour-là chez les jeunes. Dans les manifestations, les pancartes et les slogans étaient souvent d'un humour incroyable, des centaines de blagues sont apparues sur les réseaux sociaux, qui les relayaient. C'était indispensable pour désacraliser ce pouvoir-là qu'on croyait intouchable. De sacré, il était devenu ridicule, et il fallait le tourner en dérision. Ça a joué un rôle énorme dans la révolution.

L'exposition s'accompagne d'une revue de presse des événements, qui s'achève sur le cocktail molotov lancé dans les locaux de Charlie Hebdo (revue à laquelle les Moulins de Villancourt ont par ailleurs consacré une exposition l'an dernier). De votre point de vue, vous cautionnez les propos soutenus par Charlie ou vous pensez que ça relève de la liberté d'expression ?
RK : De la liberté d'expression, bien sûr. On a longtemps attendu de vivre cette révolution, et maintenant on attend de voir les réactions partout dans le monde. Chacun peut s'exprimer comme il le souhaite, il n'y a pas de problèmes, bien au contraire, la communication est ouverte.

Il y a une image qui revient souvent chez des artistes pourtant différents, c'est celle du domino…
RK : Evidemment. Il y a eu les événements en Tunisie, en Egypte, en Lybie, au Yémen, en Syrie, au Bahreïn, dont on n'a presque pas parlé, et au Maroc, où il y a des manifestations et des émeutes, jusqu'à aujourd'hui, dont on ne parle pas. Les choses bougent, mais difficilement. Nous, on va rester très vigilants sur les conséquences de notre révolution, mais on reste optimistes.

Justement, que vous inspirent les récents heurts en Egypte ?
RK : Beaucoup de tristesse. Lors des premiers événements en Egypte, on avait très peur que ça n'aboutisse pas là-bas, parce qu'en cas d'échec, on allait se faire massacrer dans la foulée, toujours dans cette logique de domino. On a presque été plus contents du succès de la révolution égyptienne que de la nôtre ! Ça a été une force de soutien extraordinaire, surtout au moment où la Lybie s'est mise à nous menacer. Kadhafi a fait un discours terrible, nous a traités d'ânes, disait que notre président était le meilleur, il a même commencé à préparer une milice pour entrer en Tunisie et nous attaquer – heureusement que son peuple s'est révolté contre lui. Maintenant, ce qu'il se passe en Egypte nous fait mal.

Récemment, la Cinémathèque de Grenoble a montré Tahrir, un documentaire de Stefano Savona qui donne la parole aux manifestants et donne du coup un point de vue totalement différent du traitement qu'on a pu voir de l'événement dans les médias. Est-ce aussi l'un des buts de votre démarche ?
RK : On est des fabricants de l'information, presque au même titre que les journalistes mais d'une autre façon. On était sur le terrain, on a participé à la révolution ; avec mon fils, on a monté des ateliers spontanés pour imprimer des tracts. Pour ce qui est de ce projet, on a fait ça aussi parce qu'on a senti qu'il y avait de mauvaises intentions de la part de la presse, des médias occidentaux, ils ont récupéré le mouvement et en ont fait autre chose. Par l'exemple, l'accent mis sur l'immolation de Mohamed Bouazizi nous emmerde, le terme “Révolution de jasmin aussi“, ce sont des éléments qui ont été imposés. Bouazizi ne s'est pas brûlé pour la révolution, c'était un hasard ; mais les médias ont tout de suite sauté là-dessus parce qu'il y avait une effervescence énorme dans la région au même moment, certes, mais ils ont déformé cette réalité. Dans l'exposition, l'affiche qui mentionne Mohamed Bouazizi a été faite par des graphistes de Marrakech, qui étaient influencés par cette information sans savoir. Mais de mon côté, à Sfax, j'avais des étudiants qui venaient du même coin que Bouazizi, et ils étaient très fâchés de cette histoire, par rapport à leurs propres martyrs. J'en ai parlé aux organisateurs d'Echirolles, et finalement on garde cette affiche, parce qu'ils l'ont choisi. (Mohamed Guiga se joint à la conversation, NdlR). Vas-y, je viens de parler de Bouazizi, tu peux continuer sur le jasmin...
Mohamed Guiga : Oui, tu as donné TON avis ; enfin oui, l'avis de beaucoup de gens…

Vous n'êtes pas d'accord, en fait ?
MG : Je pars du principe que Bouazizi est allé de l'autre côté de la rive ; et chez nous, on dit que quand on parle des morts, il ne faut jamais dire de mal. Ils ne sont plus là pour se défendre, ou pour rétablir une vérité. Pour moi, son acte s'est fait dans une conjoncture précise, c'est un déclic par rapport à des événements qui se sont préparés bien avant, mais ça ne se limite pas à ça. La Tunisie a vécu une Histoire avec des hauts et des bas, des régimes qui ont gouverné dans une seule voie sans rien accepter d'autre. Le résultat est clair et net : on était arrivé à un moment où il était prévisible que ça bouge. Ça a beaucoup surpris, mais essentiellement de l'autre côté de la Méditerranée. Pour le reste… On est d'accord sur le fait que la Tunisie est un pays touristique, où entre autre on vient sentir le jasmin en plein été ; mais associer la révolution au jasmin, pour nous, c'est un non respect du sang qui a coulé. La révolution s'est bâtie sur trois piliers : la dignité, la liberté et le travail. Pour nous, le jasmin évoque les vacances, le tourisme, l'oisiveté…

Finalement, quelles informations souhaitez-vous faire passer dans vos expositions ?
MG : Nous sommes des concepteurs d'images, c'est juste le minimum qu'on puisse faire par rapport à ce qu'on a vécu, nous devons entretenir cette mémoire. Pour moi, tous ceux qui ont répondu à nos appels sur ce projet sont des Tunisiens, quelles que soient leur nationalité. En observant les expositions d'un endroit à l'autre, on se rend compte que chaque partie change la scénographie, le choix des œuvres, on découvre à chaque fois de nouvelles choses sur ce travail. A Echirolles, il y a eu en plus la sollicitation d'établissements scolaires de la région pour des propositions graphiques sur le thème de la révolution, et on a découvert, avec grand plaisir, des résultats dont la sensibilité graphique dépasse parfois celle des graphistes professionnels ! Pendant ce temps d'exposition, pour nous, les habitants d'Echirolles sont des Tunisiens.
RK : On n'amène pas de message. L'intérêt de la chose réside pour beaucoup dans le fait que chaque lieu se l'approprie. Ce qu'on en retire, c'est un grand sentiment de solidarité.

 

Déambulation

En entrant dans les Moulins de Villancourt, deux choix s'offrent à vous : replonger dans l'actualité brûlante des révolutions arabes grâce à la revue de presse éclatée sur le mur de gauche, ou débuter par les premiers dessins de presse sur la droite. Ce panorama se poursuit sur deux murs, avec des attaques irrévérencieuses de Ben Ali mais aussi des réactions françaises des premières heures. Les graphistes tunisiens investissent quant à eux les deux murs suivants. L'espace central accueille les propositions de graphistes internationaux, aussi virulents, plus esthétiquement poétiques. Enfin, la salle attenante héberge les propositions parfois étonnantes de lycéens de l'agglo grenobloise.

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La fabrique d’un hymne national

ARTS | Le Musée de la Révolution française propose une exposition sur la genèse de la Marseillaise et son adoption comme hymne national. Un parcours passionnant qui invite à une réflexion sur la circulation des mots et des images.

Benjamin Bardinet | Mardi 29 juin 2021

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On ne donnait pas cher d’une exposition sur le thème de notre hymne national. Pas tant par manque de patriotisme ou par horreur de ses paroles bellicistes, mais surtout parce qu’on se demandait bien ce que le visiteur allait pouvoir se mettre sous la dent (enfin, sous les yeux…). C’était là ignorer les talents de commissaires des conservateurs des musées de Strasbourg, Marseille et Vizille qui l’ont coproduite. Alain Chevalier, le directeur du musée de Vizille, a fait le choix de s’intéresser à la manière dont la Marseillaise s’incarne dans les arts plastiques. Le parcours, chronologique, démarre en 1792 avec la naissance de ce chant dans les milieux de la bourgeoisie strasbourgeoise à une époque où de nombreux volontaires sont mobilisés en vue d’un affrontement contre la coalition anti-révolutionnaire. Parmi eux, un fameux bataillon de Marseillais contribue à populariser cet hymne lors de son arrivée à Paris en juillet 1792. Plusieurs tableaux montrent la ferveur patriotique propre à la mobilisation de ces volontaires prêts à mourir pour la défense de la Patrie et de la République. Révolutionnaire Remisée au placard sous Napoléon et pendant la Restauration

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"Un peuple et sa Révolution" : quand le peuple sort des cases

Exposition | Publié en janvier chez Actes Sud, la bande dessinée "Liberté" est le premier tome de "Révolution", trilogie consacrée à la Révolution française. Bonne nouvelle : les auteurs Florent Grouazel et Younn Locard exposent leurs planches originales ainsi que leurs carnets de croquis au Musée de la Révolution française de Vizille. Un travail époustouflant !

Benjamin Bardinet | Mardi 2 juillet 2019

Au Musée de la Révolution française, les tableaux représentent, pour la plupart, des figures allégoriques (la Justice, la Liberté…) ou historiques (Marat, Robespierre…) de cet épisode majeur de notre Histoire que fut la Révolution française. Mais dans l’ouvrage titanesque (3 tomes de 250 pages chacun) qu’ils consacrent à ce moment charnière, Florent Grouazel et Younn Locard ont, au contraire, choisi de porter leur regard sur le peuple dans sa diversité. Dans l’exposition qui en découle, les premières planches dévoilent la vie misérable de citadins reclus dans un cloaque sordide, rappelant que les injustices et la misère ont été le terreau de la Révolution. Et que le peuple, souvent en proie aux doutes et aux errances, traversa ce moment sans forcément avoir conscience de ce à quoi il participait. Prenant alternativement la plume, les deux auteurs développent un trait fouillé qui fait merveilleusement état de ce bouillonnement. Fourmillant de détails, chaque case rend compte de l’effervescence qui caractérise le Paris de la fin du XVIIIe siècle. Et quand il s’agit de représenter un événement majeur comme la prise de la Bastill

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PB d'or 2018 : expo

C'était 2018... | Avec une pépite locale et pas mal de musées isérois.

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Le PB d’or du réseau incroyable : les musées départementaux de l’Isère Si l’Année du Japon en Isère (qui dure jusqu’en juin) a été si bien suivie, c’est surtout grâce aux musées départementaux (gérés par le Département de l’Isère donc), dont certains se sont emparés de l’événement avec pertinence, sortant parfois des domaines que leur nom peut laisser penser. Comme le Musée dauphinois, qui a inauguré fin octobre Des samouraïs au kawaii, histoire croisée du Japon et de l'Occident, soit l’une des expositions les plus réussies de 2018 ; le Musée de la Résistance qui, cet été, a accueilli la très forte exposition Hibakusha, dessins des survivants d'Hiroshima et de Nagasaki ; ou encore le Musée de l’Ancien Év

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Quand la Pologne s'affiche au Mois du graphisme d'Échirolles

Festival | Après le Japon en 2016, le Mois du graphisme nous invite cette année à découvrir, au Centre du graphisme (qui l'organise) comme dans d'autres lieux partenaires, et pendant plus d'un mois, la folle créativité des affichistes polonais des années 1950 à aujourd'hui. Visite guidée de ce programme visuellement passionnant.

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Entre le graphisme et Échirolles, c'est une histoire qui dure depuis 1990 ; histoire renforcée en 2016 avec l'ouverture du Centre du graphisme, devenu l'épicentre du Mois du graphisme. Un centre qui, pour cette nouvelle édition baptisée Pologne : une révolution graphique, consacre une rétrospective à la singulière école polonaise de l'affiche. Le parcours propose, grosso modo, de découvrir une génération de créateurs par salle : les pionniers dans la première, leurs élèves dans la seconde et, dans la dernière, la jeune génération. L'accrochage n'y va pas par quatre chemins et, en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, le visiteur est immergé dans l'effervescence créative qui caractérise l'affiche polonaise d'après-guerre. Bien que la personnalité singulière de chaque artiste soit mise en avant par un mur d'affiches qui lui est dédié, il se dégage de cette jungle graphique des sensibilités communes qui témoignent d'un goût prononcé pour le surréalisme, le grotesque et les volutes psychédéliques.

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Yannis Youlountas sera lundi au Club pour "L’Amour et la Révolution"

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Vincent Raymond | Mardi 2 octobre 2018

Yannis Youlountas sera lundi au Club pour

On se souvient qu’il y a deux ans, le réalisateur Yannis Youlountas avait présenté à l’Espace Aragon Je lutte donc je suis, son documentaire sur la situation grecque. Le revoici aujourd’hui, cette fois-ci au Club (lundi 8 octobre à 20h15), pour la suite de son travail montrant les conséquences de l’austérité subie par la république hellénique. Avec un titre (L’Amour et la Révolution) un peu moins désespérant que, au hasard, "la bourse ou la vie" – au moins, on peut concilier amour et révolution. À noter que les bénéfices du film seront reversés à des initiatives solidaires autogérées en Grèce.

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"Queercore : how to punk a revolution" : no future straight

ECRANS | Mardi 29 mai, le festival grenoblois Vues d'en face, centré sur le cinéma LGBT, proposera de découvrir au Club ce fascinant documentaire sur le queercore, « mouvement social et artistique né dans les années 1980 qui a cherché à provoquer, au travers de l’art et de la musique punk, la société hétéronormée ».

Aurélien Martinez | Mardi 22 mai 2018

« Une farce devenue réelle » : voilà comment, dans le documentaire Queercore : how to punk a revolution, le réalisateur Bruce LaBruce explique la genèse de ce mouvement culturel et social né dans les années 1980 pour « élargir le discours ». Aux manettes de cette sous-culture, des artistes et activistes queer et punk qui voulaient non pas réunir les deux scènes mais en créer une nouvelle en se détachant de ce qu’ils abhorraient dans chacune d’elle : le côté bourgeois et apolitique des homos, et les relents misogynes et homophobes des punks. Proposé par Vues d’en face, le festival international du film LGBT de Grenoble, dans le cadre de ses séances mensuelles au Club, ce documentaire de Yony Leyser sorti l’an passé est passionnant du fait de la richesse du panel de témoins interviewés – Bruce LaBruce donc mais également, au rayon des plus connus, les musiciennes Peaches et Kim Gordon ou encore le réalisateur John Waters. Et par les nombreux enjeux qu’ils convoquent en tout juste 1h20. Alors que le mot queer vient de rentrer cette année dans le dictionnaire Robert (« personne dont

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"La Révolution silencieuse" : silence dans les rangs allemands

ECRANS | de Lars Kraume (All., 1h51) avec Leonard Scheicher, Tom Gramenz, Lena Klenke…

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

1956, à Stalinstadt en République démocratique allemande (RDA). Pour protester à leur façon contre la répression en cours à Budapest, Kurt, Theo et Lena proposent à leurs camarades de terminale de procéder à une minute de silence. L’initiative est adoptée, mais les conséquences seront redoutables… Sur les écrans français quelques semaines après que l’on a célébré en Allemagne le 5 février dernier le Zirkeltag (date à partir de laquelle le nombre de jours depuis l’effondrement du Mur dépasse celui durant lequel il balafrait la ville), ce biopic d’anonymes porte une valeur très symbolique outre-Rhin, et purement informative ailleurs. En particulier à destination des générations nouvelles : difficile pour elles d’imaginer que les Corées actuelles correspondent à un modèle superlatif des RFA et RDA d’antan. Pas de révélation en revanche dans la présentation des méthodes coercitives dont le régime "démocratique" pouvait user lorsqu’il s’agissait de "convaincre" une brebis qu’elle s’égarait du bon troupeau et de ses camarades : chantage, manœuvres psychologiques, intimidations… Une sacrée bande de vilains cocos ! Après

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"Interview" : la force de la parole

Théâtre | Voilà un spectacle ("Interview") qui, sur le papier, avait tout pour être austère ; mais qui s’avère être finalement intelligent et ludique à la fois. Et ce grâce au talent de son metteur en scène (le journaliste Nicolas Truong) et de ses interprètes (les excellents Nicolas Bouchaud et Judith Henry), capables de transmettre à un public plus ou moins néophyte l’essence de leurs recherches et réflexions. À découvrir à la MC2.

Aurélien Martinez | Mardi 4 avril 2017

« Impossible d'échapper à cet exercice journalistique qu'est l'interview dans notre monde surmédiatisé […]. Mais, à l'ère du bavardage généralisé, l'enjeu consiste à y faire encore advenir des vérités, des paroles qui viennent rompre le conformisme et la banalité grâce à cet art singulier de "l'accouchement de la pensée" » (extrait de la feuille de salle distribuée cet été aux spectateurs du Festival d’Avignon). Sur scène nous sont donc livrées façon puzzle diverses paroles (Depardon, Pasolini, Duras, Foucault, Morin…), mais toujours avec le souci de les rendre lisibles, et en n'oubliant jamais qu’il est ici question de théâtre. On rit ainsi beaucoup pendant cette création atypique qui propose une véritable émulation intellectuelle. Même si cela n’empêche pas de grands moments de tension dramatique, comme lorsqu’il s’agit d’évoquer la récolte de la parole de ceux qui ont participé à des atrocités. Interview À la MC2 du jeudi 6 au vendredi 14 avril

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Vizille : Révolution française mon amour

ESCAPADES | Le seul musée au monde consacré à la Révolution française se situe en Isère, à Vizille. Logique : c’est ici qu’en 1788 se déroula la réunion des états généraux du Dauphiné. 200 ans (et des poussières) plus tard, on fait le tour du propriétaire.

Tiphaine Lachaise | Mardi 5 juillet 2016

Vizille : Révolution française mon amour

Parmi les dix musées gérés par le département de l’Isère, le plus visité est celui de la Révolution française situé à Vizille. Si le magnifique domaine (dont un immense parc) accueille chaque année quelque 800 000 visiteurs, plus de 60 000 viennent pour le musée et le centre de recherche. Créée en 1983 dans la perspective du bicentenaire de 1989, la collection du musée s’est étoffée d’année en année. Dans un premier temps via un fonds propre au château, mais aussi en puisant dans les différentes collections nationales et départementales, ainsi que grâce aux dépôts et autres dons de particuliers. Aujourd’hui, il est ainsi difficile de dénombrer le nombre exact de pièces présentées. Qu’importe : pour le directeur du musée Alain Chevalier, annoncer un chiffre serait contre-productif puisqu’« un objet de petite taille vaut autant qu’un tableau de huit mètres sur dix… Alors que la proportion n’est pas égale ». Il suffit d’entrer dans le musée pour se rendre compte de cette profusion d’œuvres de styles, de tailles et de genres différents. Évidemment, la première, « c’est le château lui-même

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Le Musée de Vizille veut s'offrir la République

Financement participatif | Et met en place un financement participatif pour acquérir la première peinture conservée représentant la République française, qui a été peinte par Jean-Baptiste Wicar en 1793. On vous explique tout.

Charline Corubolo | Mardi 24 mai 2016

Le Musée de Vizille veut s'offrir la République

Après Spacejunk et son ambitieux projet de restauration de la fresque d'Ernest Pignon-Ernest du côté de la Bourse du travail à Grenoble, c'est au tour du Musée de la Révolution française à Vizille de s'offrir un financement participatif pour, cette fois-ci, acquérir un écusson. Mystérieusement réapparue en 2015 à Rome lors d'une biennale d'antiquaires, l’œuvre peinte par Jean-Baptiste Wicar en 1793 est la première représentation de la première République française, imaginée pour remplacer les fleurs de lys de la monarchie. Une première donc ! Pièce majeure pour l'histoire de France, le médaillon est une esquisse préparatoire d'une peinture murale réalisée sur la façade de la légation française à Florence mais depuis détruite. Afin de participer à cette acquisition, à ce patrimoine collectif, le musée a lancé le 28 avril une campagne de financement participatif. La récolte se termine le 28 juin. Les 15 000 euros espérés viendront s'ajouter aux fonds alloués par le Département de l'Isère. Pour voir rentrer

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Grenoble ramène sa science

ACTUS | À l’occasion du festival Pint of Science organisé du 23 au 25 mai dans vingt villes françaises, on se demande où se pense la science à Grenoble. Echosciences, la Casemate, le projet des Grands Moulins de Villancourt… : on a trouvé plusieurs réponses prometteuses pour l’avenir.

Tiphaine Lachaise | Mardi 17 mai 2016

Grenoble ramène sa science

Au regard de l’agenda de la semaine, la culture scientifique ne saute pas forcément aux yeux à Grenoble et dans l’agglo, alors que la capitale des Alpes est réputée pour être à la pointe dans ce domaine. Un constat qui n’a pas effrayé Élise Delaforge, jeune docteure en biophysique qui a décidé d’importer l’événement Pint of Science à Grenoble : des rencontres avec des scientifiques autour de thèmes précis et dans un bar, pour désacraliser la chose. Le festival entame sa seconde édition grenobloise. « À Grenoble, les gens ont l’habitude d’être curieux » explique-t-elle. Un point de vue que partage Gilles Grand, des Cafés sciences et citoyens de l’agglomération grenobloise, même si selon lui il reste « une certaine défiance du public envers la science ». D’où son envie de « faire le lien entre les citoyens et les scientifiques ». Sur le même principe de rencontres, son association œuvre depuis 10 ans pour la vulgarisation et a su fédérer une communauté – « entre 40 et 80 personnes minimum à chacune de nos rencon

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Parfum de Printemps

ECRANS | de Férid Boughedir (Fr./Tun., 1h39) avec Zied Ayadi, Sara Hanachi, Fatma Ben Saïdane…

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

Parfum de Printemps

Si, dans les faits, la Révolution de jasmin tunisienne a commencé par une immolation à Sidi Bouzid, Férid Boughedir lui imagine des prémices plus fleur-bleue. Cette manière “romantique” de reconsidérer l’Histoire immédiate peut surprendre ; pourtant, elle vaut (par l’esprit, conservons des proportions à chaque entreprise) la latitude que s’octroyait Shakespeare en relatant les guerres civiles britanniques, ou Musset lorsqu’il façonnait Lorenzaccio à partir des rivalités à la cour florentine. Parfait candide, le héros de Parfum de Printemps parcourt une capitale-cocotte-minute peu avant que Ben Ali ne soit déposé. Indifférent aux factions, imperméable aux idéologies, hermétique aux événements, le brave garçon joue pourtant à son insu (mais par amour) un rôle déterminant dans la Révolution. La fable rappelle en cela Bienvenue Mr Chance de Hal Ashby, en gentillet (Zied Ayadi surjoue quand Peter Sellers visait l’understatement) ; quant à Boughedir, il renoue timidement avec l’érotisme de son film le plus connu, Halfaouine. Mais là aussi, en plus naïf…VR

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Le patrimoine en costumes

CONNAITRE | Pour découvrir le patrimoine, il y a donc les visites et les expositions. Mais il y a aussi les animations et autres fêtes, portes d’entrée originales vers un riche passé. En voici trois prévues cet été en Isère. AM

Aurélien Martinez | Mardi 15 juillet 2014

Le patrimoine en costumes

À Vizille La ville située au sud de Grenoble est le berceau de la Révolution française (pour ceux qui auraient oublié leur cours d’Histoire, allez faire un tour sur Wikipédia). Normal donc que chaque été se déroulent ici les Fêtes révolutionnaires. Cette année sera fêté le 220e anniversaire de la victoire de Fleurus, qui eut donc lieu en 1794 (notre calculette et Wikipédia s’accordent sur cette date) et qui sauva ni plus ni moins la Révolution. Les troupes françaises remportèrent ainsi une bataille décisive sur les Autrichiens dans cette ville située entre Charleroi et Namur, dans les Pays-Bas autrichiens (aujourd’hui Belgique). Sur deux jours, seront présents 450 « soldats reconstituteurs » dans le magnifique parc du domaine de Vizille. Seront aussi prévues de nombreuses autres animations – pièces de théâtre, danses révolutionnaires, concert révolution’Air, ou encore défilé de mode révolutionnaire ! Samedi 19 et dimanche 20 juillet, de 5 à 7 euros pour la reconstitutionProgramme complet sur www.fetes-revolutionnairesde

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De mur en mur

ARTS | Elles sont omniprésentes, mais l’homme n’y fait plus guère attention. Les lettres défilent quotidiennement sous nos yeux sans que l’on en saisisse la richesse plastique. La typographie est pourtant un art singulier, que Michel Bouvet et Anita Gallego mettent brillamment en lumière à travers une exposition entre photographies lumineuses et dessins efficaces. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Vendredi 13 décembre 2013

De mur en mur

En préambule de l’exposition Typographies parallèles, actuellement aux Moulins de Villancourt, Michel Bouvet précise qu’il n’est pas photographe, Anita Gallego qu’elle n’est pas typographe. Force est de constater que cela a peu d’importance tant les œuvres dévoilées fascinent par leurs plastiques et leurs messages. Un message en apparence simple, mais dont les deux artistes s’emparent pleinement pour lui redonner toute sa valeur. En parcourant le globe, Michel Bouvet a été frappé par la diversité et l’harmonie typographiques qu’il existe dans les différentes villes du monde. L’affichiste photographie tous ces lettrages urbains à fin d’en dresser un inventaire artistique, directement en prise avec le contexte sociopolitique des lieux. Les clichés offrent des vues de rues et de bâtiments aux quatre coins de la Terre, sur lesquelles la typographie varie. Mais dans ce kaléidoscope de caractères foisonnants une logique apparaît : la même écriture est utilisée à travers les continents pour certains commerces, ou les alphabets sans serif sont privilégiés pour la propagande. Ce n’est pas seulement l’histoire du lettrage qui s’expose, mais aussi celle de notre s

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Jasmine

ECRANS | D’Alain Ughetto (Fr, 1h10) animation

Christophe Chabert | Jeudi 24 octobre 2013

Jasmine

Le projet est beau : Alain Ughetto, qui avait délaissé son travail de cinéaste d’animation en pâte à modeler, décide de reprendre ses personnages et une caméra pour raconter une histoire intime, celle de sa relation avec l’Iranienne Jasmine, qu’il rencontre à Paris en 1979 et dont il tombe amoureux. Il l’accompagne à Téhéran natal pendant la Révolution iranienne, puis la perd de vue, entretenant avec elle une relation épistolaire qui va peu à peu se déliter. On pense aux films autobiographiques d’Alain Cavalier dans ce dispositif à la fois minimal et sophistiqué où l’animation et l’évocation en voix-off construisent un fragment de mémoire personnelle douloureuse mais vivante. Cependant, Ughetto n’a ni l’humour, ni le sens du spectacle de Cavalier, et Jasmine est plombé par son manque dé légèreté, sa quête effrénée d’évocation poétique et son ton solennel. Ce qui intriguait au départ finit par lasser et, bien que le film soit très court, il paraît à l’arrivée trop long, beaucoup trop long. Christophe Chabert

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Miele

ECRANS | De Valeria Golino (It-Fr, 1h36) avec Jasmine Trinca, Carlo Cecchi…

Christophe Chabert | Lundi 23 septembre 2013

Miele

L’entrée en matière de Miele est intrigante et réussie : on suit une jeune femme fébrile et sur la brèche, entre l’Italie, l’Amérique et le Mexique, accrochée à ses écouteurs, sans savoir exactement ce qu’elle cherche. Junkie ? Dealeuse ? La révélation est plus inattendue : sous le pseudonyme de Miele, Irène pratique illégalement des suicides assistés. La scène où on découvre son activité est forte, décrivant avec précision ce protocole qui doit prendre en compte les victimes tout en dissimulant les preuves de ce qui reste un délit. Jasmine Trinca est d’ailleurs au diapason de ce mélange de froideur et d’empathie, vraiment formidable. Mais Valeria Golino choisit ensuite de centrer son film autour de la relation entre Miele et un homme misanthrope et blasé qui décide de mourir par affliction. La cinéaste s’embourbe alors dans une ode au retour à la vie qui confond sensibilité et sensiblerie, mais surtout vient entériner sans le vouloir l’idée que le suicide assisté n’est pas forcément légitime médicalement. Cela reste latent, car Golino insiste surtout sur la métamorphose de Miele, qui à son tour s’ouvre au monde et cesse d’être une passeuse – de mort, de sexe ou

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Blue Jasmine

ECRANS | Aussi surprenant que "Match point" en son temps dans l’œuvre du cinéaste, "Blue Jasmine" de Woody Allen est le portrait cruel, léger en surface et tragique dans ses profondeurs d’une femme sous influence, une Cate Blanchett géniale et transfigurée. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 18 septembre 2013

Blue Jasmine

Le titre du dernier Woody Allen est en soi un formidable puzzle : Jasmine, son héroïne, possède entre autres lubies une passion monomaniaque pour la chanson Blue Moon. Mais c’est aussi son état d’esprit lorsque le film commence : bluesy et déprimée suite à la rupture avec son mari, sorte de Bernie Madoff ruiné par la crise financière. Elle, la femme entretenue, rumine à voix haute sa déconvenue : elle doit quitter son standing new-yorkais pour s’installer chez sa sœur prolo à San Francisco. Il y a peut-être un dernier sens derrière ce Blue-là : Jasmine semble débarquer de nulle part, out of the blue, ou du moins la savante construction dramatique du film laisse-t-il un noir – ou un bleu – sur un passé qu’elle rabâche mais qu’elle est peut-être surtout en train de réinventer. Car dans la première partie du film, Jasmine est une victime, femme bafouée que ce déclin entraîne bord de la folie et qui cherche à tout prix à retrouver sa dignité mais surtout son rang, cette place sociale qu’elle estimait avoir durement conquise. Petits arrangements avec soi-même La question de la lutte des classes n’est pas neuve chez Allen ;

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L’insolente jeunesse des vieux cinéastes

ECRANS | Alors que la rentrée cinéma est dominée par des cinéastes entre 40 et 60 ans, deux octogénaires vont surprendre par la vigueur de leurs derniers opus, aussi inattendus que flamboyants de maîtrise : Woody Allen avec "Blue Jasmine" et Roman Polanski avec "La Vénus à la fourrure". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 27 août 2013

L’insolente jeunesse des vieux cinéastes

Une expression bien aimée de la critique française parle des "films tardifs" des grands cinéastes pour évoquer leurs derniers opus. Manière élégante de dire qu’ils sont comme les combats de trop d’anciens puncheurs n’ayant plus les jambes pour suivre le rythme imprimé par la génération montante et réclamé par un public avide de nouveautés. Si les exceptions ne sont pas rares – de John Huston à Kinji Fukasaku – on a pris cette habitude de regarder vieillir les metteurs en scène que l’on aime avec un mélange d’affection et d’affliction. Or, en cette rentrée 2013 riche en événements, ce sont deux cinéastes ayant dépassé les 80 printemps qui vont frapper très fort, et montrer que le talent, mieux que les cellules, se régénèrent au contact de défis inédits dans leur carrière. Deux cinéastes nomades En même temps, quoi de plus différent que Blue Jasmine de Woody Allen et La Vénus à la fourrure de Roman Polanski ? Et quoi de commun entre les deux cinéastes – à part, diront les mauvais esprits, les scandales de mœurs auxquels ils ont été mêlés ? Allen enchaîne tel un métronome un film par an, au risque pas tou

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Les collections de l'agglo

ARTS | Le musée de Grenoble exerce une sorte d’hégémonie en termes de collections d’art, mais, on vous l’assure, il en existe d’autres à découvrir dans Grenoble et son agglomération…

Laetitia Giry | Lundi 14 mai 2012

Les collections de l'agglo

Va y’avoir du sport Le musée Géo-Charles, musée municipal de la ville d’Echirolles, abrite une collection comportant près de 300 œuvres, garantes de la mémoire de Géo-Charles. Elisabeth Chambon, directrice du musée, nous explique qu’elle a été « reçue en donation en 1982 grâce à son épouse », que celle-ci est le « reflet d’un amateur d’art, d’un collectionneur éclairé, d’un homme de son temps qui suivait des artistes avec qui il était ami et qui s’est fait le champion et le témoin d’avant-gardes aussi bien littéraires qu’artistiques », ce qui explique la présence dans les collections « d’artistes emblématiques du vingtième siècle comme Fernand Léger et Derain (cf visuel). » Féru d’art mais aussi de sport, Géo-Charles oriente encore les choix effectués au musée : « On entretient cette identité singulière originale : le sport dans sa relation à l’œuvre d’art, aux pratiques artistiques, à l’économie, à la philosophie, aux évolutions du monde. Pas le sport dans sa représentation spectaculaire ou télévisuelle, mais comme une discipline, un médium qui permet de dire le rapport de l’homme au monde. » Les œuvres montrées changent souvent, car « c

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Gloire à Jean-Jacques !

ARTS | Une révolution a toujours ses inspirateurs. Ainsi, ceux qui ont porté haut la flamme de 1789 se référaient entre autres à l’écrivain et philosophe Jean-Jacques (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 16 mars 2012

Gloire à Jean-Jacques !

Une révolution a toujours ses inspirateurs. Ainsi, ceux qui ont porté haut la flamme de 1789 se référaient entre autres à l’écrivain et philosophe Jean-Jacques Rousseau, mort onze ans avant la prise de la Bastille, et à ses écrits – notamment Le Contrat social. Pour le tricentenaire de sa naissance, plusieurs évènements ont lieu dans la région, les Alpes ayant souvent été foulées par le Genevois. Le Musée de la Révolution française de Vizille s’intéresse ainsi à l’influence des idées du penseur pendant la décade révolutionnaire, en prenant comme angle d’attaque la volonté de nombre de Français de l’époque de vouloir lui ériger une sculpture monumentale – sculpture qui ne verra pourtant jamais le jour. Ce qui illustre avant tout le besoin de brandir de nouvelles valeurs après la période monarchique. D’où le développement d’un culte autour de la figure de Rousseau, qui conduira à son entrée au Panthéon en 1794. Pour cette (très courte) exposition, le Musée s’appuie sur plusieurs œuvres représentant Rousseau, dont un modèle en plâtre de monument devant lui être dédié, un tableau s’attachant au transfert de ses cendres au Panthéon, ou encore un impressionnant cabinet de cir

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Drapeau noir

MUSIQUES | Les Barbarins Fourchus fêtent ce week-end l’inauguration de la Salle Noire, clôturant ainsi le feuilleton à rebondissements des négociations de leur départ du Théâtre 145. Sur place, on a rencontré Delfino, voix et âme barbarine. Propos recueillis par François Cau

François Cau | Lundi 21 novembre 2011

Drapeau noir

Petit Bulletin : Vos longues discussions avec la municipalité ont finalement abouti… Delfino : En fait, je ne sais toujours pas si c’est signé. Le deal, c’est qu’on va être gestionnaire pour trois ans de cette salle qui devient notre outil de travail, qu’on va essayer de rendre vivant en accueillant d’autres compagnies. Mais après, on a très peu de moyens, on ne peut plus mettre de techniciens à disposition. On va revenir à nos créations, et à des propositions qu’on faisait plus à nos débuts, des apéros-concerts, des petits cabarets, on poursuit aussi nos partenariats avec le festival de la Marionnette, ça se met en place doucement. Et qu’en est-il des ateliers que vous aviez développés dans le quartier ? Ça continue, c’est justement pour ça qu’on voulait rester dans ce coin. Pendant dix piges, on s’est efforcés d’ouvrir ce Théâtre 145 sur l’extérieur, de le rendre vivant et pas seulement quand il y avait un spectacle. Il faut qu’on fasse vivre ce nouveau lieu. On n’est pas loin, on a fait 200 mètres. On se retrouve dans un quartier… on pourrait être à Lille, ce sont les mêmes bâtiments, les mêmes bétonneurs, les mêmes ar

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Casque d'or

MUSIQUES | Tête d'affiche de la soirée de vendredi à la Maison de la Musique de Meylan, le Messin Alexandre Longo, alias Cascadeur, auteur de l'aérien The Human Octopus, nous raconte son goût des masques, ses angoisses et son rapport ambivalent avec la notion de succès. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

François Cau | Mardi 15 novembre 2011

Casque d'or

Qui est Cascadeur ? Alexandre Longo : Lorsque j'ai décidé de créer ce personnage, il était là comme une sorte d'infirmière. Je faisais pas mal de scène avec d'autres groupes [les groupes nancéiens Orwell et Variety Lab, NdlR] mais toujours en tant qu'homme de l'ombre. L'idée d'être au centre, c'était une hantise. J'accumulais les morceaux mais je suis tellement émotif que j'étais ému même quand je les jouais tout seul au piano chez moi. J'ai donc eu l'idée d'une doublure. Or s'il y a bien un individu qui remplit ces fonctions là, c'est bien le cascadeur. C'est la doublure d'une star exposée, dont on ignore le visage. Je voulais créer une sorte d'ambivalence : une musique qui vient de loin et un personnage un peu improbable. Finalement, l'un et l'autre se nourrissent mutuellement. Quand j'ai l'apparence de Cascadeur, je n'ai pas cette sensation d'être déguisé. Quand on vient me voir à la sortie de scène, j'ai souvent encore un masque sur la tête, je finis par l'oublier, ça devient ma peau. En tant qu'ermite autoproclamé, comment as-tu vécu le succès critique de l'album The Human Octopus et l'expos

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Le masque et l'enclume

ARTS | Exposition / Le sculpteur et peintre Jacques Durand, cinquante ans d’activité au compteur et un champ d’expérimentation très large, a souvent exposé dans (...)

François Cau | Vendredi 28 octobre 2011

Le masque et l'enclume

Exposition / Le sculpteur et peintre Jacques Durand, cinquante ans d’activité au compteur et un champ d’expérimentation très large, a souvent exposé dans l’agglo – il est installé à Saint-Paul-de-Varces. Les Moulins de Villancourt proposent ainsi de découvrir certaines de ses œuvres récentes. Car l’artiste est prolifique, comme en témoigne l’impressionnante collection de peintures (une cinquantaine) exposée. Des productions souvent abstraites, surprenantes par leur aspect charnel et l’énergie dégagée. Le travail sur la couleur, avec une utilisation très précise du blanc, renforce le magnétisme intrinsèque des tableaux. En parallèle, sont présentées une vingtaine d’enclumes détournées de leur usage traditionnel : là des seringues sont plantées à l’intérieur, ici des champignons la recouvrent… Une série ironique (notamment par l’utilisation de titres imagés), à découvrir jusqu’au mardi 8 novembre à Pont-de-Claix. AM

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"L’Apollonide, souvenirs de la maison close" : beau bordel

ECRANS | De Bertrand Bonello (Fr, 2h05) avec Jasmine Trinca, Hafsia Herzi, Noémie Lvovsky…

Christophe Chabert | Vendredi 16 septembre 2011

Avec L’Apollonide, Bertrand Bonello nous enferme dans un bordel à la charnière du XIXe et du XXe siècles, avec ses filles (belles, dénudées, frivoles, solidaires), sa mère maquerelle (qui gère et protège sa maison) et ses clients (obsessionnels plus qu’obsédés). La structure du film est celle d’une spirale ou d’un disque rayé, la scène initiale et traumatique (une des filles a été défigurée et ses cicatrices la condamnent à un sourire perpétuel et inquiétant) revenant à intervalles réguliers pour souligner le crépuscule dans lequel s’enfonce cette maison close. Bonello a au moins réussi cela : créer par sa narration, son ambiance sonore et ses images la sensation opiacée d’un monde qui disparaît. Le problème, énorme, de L’Apollonide, c’est que son réalisateur ne résiste jamais à la tentation de se mettre en avant au détriment de ce qu’il raconte : accumulant les références à des cinéastes qui le dépassent de la tête et des épaules (Cronenberg, Kubrick, Argento, Hou Hsiao Hsien et même Renoir !), sautant sur la première idée couillonne qui passe (une scène grotesque où les filles dansent sur Nights in white satin

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Clash Contre le Cinéma

ECRANS | Le Centre Culturel Cinématographique (CCC), ciné-club grenoblois historique, entame la saison dans une conjoncture morose, avec la somme de ses bonnes volontés comme principal atout. Le point avec Pierrette Amiot, présidente de l’association. Propos recueillis par FC

François Cau | Dimanche 11 septembre 2011

Clash Contre le Cinéma

Petit Bulletin : Vous attaquez l’année sans salarié, et avec un budget en baisse…Pierrette Amiot : L’an dernier, on fonctionnait au total avec 7500 euros. On n’a pas subi une très grosse réduction de budget, mais on a quand même une diminution des aides publiques. Le plus embêtant, c’est qu’avec nos subventions, ça fait longtemps qu’on n’a plus les moyens d’avoir un poste ne serait-ce qu’à mi-temps. Jusque-là, on fonctionnait avec des emplois aidés, ça allait bien, on a eu des personnes pendant deux ans. Mais depuis janvier, les emplois aidés ne sont pris en charge qu’à hauteur de 70%, ce qui n’est pas assez pour nous, d’autant que ce n’est plus que sur six mois. Autant de frais et de turn-over, on ne peut pas se le permettre. Ça reste notre problème le plus grave, ça fait beaucoup de travail pour des bénévoles si on n’a pas quelqu’un qui assure la permanence. Si on arrive à venir à bout de cette question, on continuera à exister doucettement comme avant, avec toujours les mêmes problèmes de coût de location des films, le pire étant le transport qui augmente tous les ans et qui coûte vraiment très cher. Mais vous bénéficiez toujours de l’accès au catalogue de

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"Les Vipères se parfument au jasmin" : Nasser Djemaï, conteur moderne

Théâtre | Nasser Djemaï raconte des histoires croisées, enroulées autour de celle de Shéhérazade, jeune apprentie bouchère prise en étau entre les menaces d’expulsion (...)

Aurélien Martinez | Lundi 4 mai 2009

Nasser Djemaï raconte des histoires croisées, enroulées autour de celle de Shéhérazade, jeune apprentie bouchère prise en étau entre les menaces d’expulsion adressées à sa famille et les avances d’un prétendant fortuné. Pourtant, suite à la rencontre avec un prof de chant, et contre toute attente, elle se révèlera avoir une voix en or et espérera ainsi changer de destin. Pour son deuxième solo (après Une étoile de Noël, présenté à l’Hexagone et qui connu un joli succès), Nasser Djemaï y va à fond : il interprète sur scène la petite dizaine de personnages, jonglant entre les uns et les autres sans aucun effet scénique. Il est assez impressionnant de le voir jouer seul une scène écrite pour trois personnages. Mais cet aspect intéressant du spectacle renferme ses limites intrinsèques : notre conteur, pour différencier la fille de la mère ou de la camarade de classe, doit forcer le trait sur chacun de ses héros ordinaires, quitte à tomber quelques fois dans l’excès (on pense à « l’homme de culture », volontairement caricaturé à l’extrême, ce qui serait presque trop). Qu’importe serions-nous tentés de dire : on se laisse tout de même emba

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Métal mental

MUSIQUES | Musique / À l’occasion de la sortie d’Imperial Tzadik, leur nouvel album, et du concert qui l’accompagne, rapide échange avec Emmanuelson du groupe Ellipsis. propos recueillis par DG

Christophe Chabert | Mercredi 31 janvier 2007

Métal mental

Quel est le parcours du groupe ? Emmanuelson : On existe sous cette formation depuis 4 ans ; on a réalisé un maxi, Build The Nation, et 3 albums, Comastory, From Beyond Thematics, et le dernier, Imperial Tzadik, sorti il y a quelques semaines sur notre nouveau label. Et on a tourné avec des groupes comme Opeth, Arcturus, After Forever, Nightmare... Comment décrirais-tu ce nouvel album ? Du métal varié, mélodique mais psychotique, avec des influences qui vont de Nevermore à Faith No More, en passant par Opeth ou Devin Townsend, voire Tool. C’est un album contestataire, en lutte contre la vivisection (on vient d’ailleurs de réaliser notre premier clip avec le titre Perfect Rage, qui traite des animaux de laboratoires), l’expérimentation sur l’homme, la déforestation, les pollutions de toutes sortes engendrées par l’être humain… Jusqu’à la remise en question des religions et politiques, sans oublier cette économie qui est censée ne laisser que les plus forts en vie. Qu’est-ce qui t’attire dans le métal ? C’est une musique qui demande une attention, et une envie particulière. Je pense qu’il ne faut pas avoir d’a priori contre cette musique, ni ce milieu. C’est un style très varié

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Maîtres de cérémonie

MUSIQUES | Ils contribuent au dynamisme des nuits grenobloises, en offrant régulièrement au public des plateaux musicaux de qualités. Rencontre avec deux organisateurs de soirée, Alban d’Interface Electronics, et Pam* d’Hadra.

| Mercredi 31 janvier 2007

Maîtres de cérémonie

ALBAN (INTERFACE ELECTRONICS) L’asso a bientôt 1 an. Quel premier bilan tires-tu ? Alban : On a commencé les soirées Electronic music for open minded people en février 2006 à la MC2 et jusque-là, on n’a eu que des succès : un bon retour du public par rapport au lieu et à la programmation, et un esprit très festif qui se dégage des soirées. En termes de fréquentation, on a fait entre 350 et 400 personnes à chaque soirée, donc c’est un bon résultat. Comment décrirais-tu le public de vos soirées ? On a commencé à fidéliser un certain public, mais il y a toujours des nouvelles têtes. Dans l’ensemble, j’ai l’impression qu’on a un public un peu plus âgé, il y a peu de jeunes entre 18 et 20 ans, qui constituent pourtant la majeure partie des gens qui sortent. En fait, les gens viennent surtout pour découvrir, ils ne sont pas forcément férus de musique électronique, ce sont des personnes qui ne trouvaient pas forcément de lieux à Grenoble qui leur correspondent pour sortir et faire la fête. Depuis début janvier, vous avez mis en place une programmation bi-hebdomadaire au bar MC2… Oui, tous les vendredis et tous les samedis. L’objectif, c’est de proposer un endroit festif, mais pas ch

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PRÉVENTION TOUT TERRAIN

MUSIQUES | Même si l’on est très loin des descriptions apocalyptiques ridicules trop souvent dressées par les journaux à sensation, il serait à l’inverse hypocrite de nier la présence fréquente de conduites à risques (consommation de drogues, rapports non protégés…) au cours des soirées. Entretien avec Audrey Casabielhe, présidente de l’association AIDES Isère, qui tient régulièrement des stands de prévention sur le terrain. Propos recueillis par Damien Grimbert

| Mercredi 31 janvier 2007

PRÉVENTION TOUT TERRAIN

Comment est née cette idée d’établir des stands de prévention ? Audrey Casabielhe : À l’origine, il y avait un groupe régional qui intervenait sur Marseille, et comme Grenoble est quand même une plateforme importante au niveau de tout ce qui est événements festifs et musiques électroniques, il nous a semblé prioritaire de mettre en place des interventions de ce type lors de ces évènements. Depuis quand et où intervenez-vous ? On a commencé l’année dernière, et on est intervenu par exemple sur le festival Hadra à Chorges, sur les soirées Hadra et Icône à la Bastille… Et on travaille également en partenariat avec des personnes-relais, qui ont l’habitude d’être dans ce milieu-là, et qui interviennent tout au long de l’année. On leur fournit des kits de prévention, et de la documentation dont elles peuvent disposer lors de la soirée, et elles interviennent avec leurs méthodes à elles. Ça c’est pour tout ce qui est régulier-régulier, car comme on n’est pas non plus très nombreux, on ne peut pas intervenir tous les week-ends. En quoi consistent ces stands ? Ils ont pour vocation la réduction des risques liés à la consommation de produits psychoactifs et aux relations sexuelles. On y

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«Une diversité d-œuvres»

ARTS | Interview / responsable de l'Artothèque depuis 1982, Michèle Dollman a contribué à l'enrichissement des collections. Propos recueillis par Séverine Delrieu

Séverine Delrieu | Mercredi 7 février 2007

«Une diversité d-œuvres»

Depuis votre arrivée, vous avez recentré les acquisitions sur la photographie. Pour quelles raisons ? Michèle Dollman : Effectivement, dans la collection qui a débuté en 76, il y avait beaucoup d'estampes. Le marché de l'art a explosé dans les années 80, donc on a pu acheter de la photo ; ce n'était pas encore trop cher. Je continue aussi à acheter de la photographie, car je mène parallèlement depuis quelques années une politique d'exposition uniquement de photographies. Justement dans les expositions, vous alternez photographes connus et découvertes. Connus, inconnus, photographes de la région, de Grenoble. C'est bien de mettre en rapport les différents regards : je crois que c'est bénéfique pour des photographes d'ici d'être confrontés à des aînés. Comment avez-vous sélectionné les 50 photographies choisies et exposées au Musée ? La sélection a été faite par Guy Tosatto (le Conservateur du Musée de Grenoble) en partant du principe qu'il fallait montrer des séries pour ne pas que ce soit trop disparate. Il a mis un peu l'accent sur les œuvres qui seraient aujourd’hui patrimoniales : des images que beaucoup de monde connaît, comme celles de Doisneau, Boubat, mais qui sont tout

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Avant eux le déluge

SCENES | Dans un no man’s land post-apocalyptique, un père noie son fils mutique d’une logorrhée verbale sur le bruit d’un monde distant, voire disparu. À la mise en scène, Pascal Mengelle livre sa vision noire et ironique du “Fredon” d’Olivier Gadet. Rencontre. Propos recueillis par François Cau

| Mercredi 7 février 2007

Avant eux le déluge

Comment le texte d’Olivier Gadet entre en résonance avec tes précédents travaux théâtraux ? Pascal Mengelle : Au départ je croise Patrick Zimmermann, qui me donne le texte. Je lis la moitié du livre le jour même, je l’appelle tout de suite et lui dit que je l’adore, que j’aimerais bien le monter. J’y ai vu la présence du fils tout de suite - parce que le roman au départ, c’est un texte un peu étrange, écrit d’un bloc sans paragraphe sans parties sans rien, un flot continu. Mais ce qui est déjà très théâtral, c’est l’écriture au style direct, il parle tout le temps à un fils qu’on imagine. Tout est incertain, toutes les choses pourraient être fausses, les situations, les choses évoquées sont ambiguës, on pourrait être dans une tête, un espace mental. Pour répondre plus concrètement, ce qui m’a plu c’est que j’ai fait beaucoup de rapprochement avec Beckett, un auteur que j’avais exploré pour ma première création, P’tit Coin. Le Fredon sera très différent de P’tit Coin dans la mise en scène mais dans le fond il y a quelque chose qui est là, des thématiques qui me sont chères. Ce que j’aime beaucoup c’est que ça se situe dans un vide, avec toujours une dimension universelle, un peu de

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Ghost in the Shell

SCENES | Conversation / Son spectacle, “Konnecting Souls”, condense les objectifs de ces Rencontres de l’Imaginaire : une interaction intelligente entre art et technologie, qui parvient à interroger les deux disciplines avec une pertinence égale. Entretien avec le chorégraphe Franck II Louise. Propos recueillis par François Cau

| Mercredi 7 mars 2007

Ghost in the Shell

L’utilisation des capteurs sonores sur les danseurs donne au spectacle des couleurs musicales et chorégraphiques définitivement à part. Aviez-vous en tête de créer une nouvelle discipline dans la danse hip hop, un genre de “abstract breakdance“ ? Franck II Louise : Ce qui m’intéresse avant tout, c’est de dépasser le genre. C’est une synthèse de tout ce que j’ai traversé : j’ai commencé avec la danse hip hop, avec les remixs en tant que DJ, après je suis passé sur les claviers, à faire ce qu’on appelait de l’électro-funk. Et pour moi, c’est la suite logique de mon évolution. J’ai traversé pendant toutes ces années d’autres courants musicaux. J’ai bouffé de la musique électro depuis tout petit, en passant par Kraftwerk et tous les autres courants belge, de Détroit, le funk, la musique afro-américaine, africaine... Dans Konnecting Souls, on me reconnaît des racines mais c’est au-delà de ça, et je me fous de savoir si l’on perçoit les origines hip hop ou non. Et en plus, je fais jouer par le corps, ce n’est pas un clavier qui va contrôler les sons, le corps est devenu l’instrument. On est dans une relation très étroite à la danse, dans la lecture de la musique par le mouvement donné.

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La traversée des corps

SCENES | Interview / La célèbre Russell Maliphant Company interprétera un double programme exceptionnel à la Rampe : LES PIÈCES Transmission et Push. Entretien avec son humble chorégraphe, Russell Maliphant. Propos recueillis par Séverine Delrieu

Séverine Delrieu | Mercredi 14 mars 2007

La traversée des corps

Pourquoi et comment la lumière est-elle devenue si importante dans votre travail chorégraphique ? Russell Malliphant : Avant de commencer à créer mes propres projets, j’ai travaillé avec quelqu’un qui est spécialisée dans l’improvisation, Laurie Booth. Au cours de ce stage, j’ai rencontré Michael Hulls (ndlr : créateur lumière et co-directeur de la compagnie Maliphant). Simultanément, j’ai collaboré sur un spectacle à l’écriture du mouvement dans le cadre du Dance Umbrella Festival, Et cela a coïncidé avec le début de la création de mes pièces. J’ai été très chanceux de rencontrer Michael Hulls à cette époque. Notre travail a débuté sur la route, pendant une tournée. On avait plein d’envies. Quand s’est présentée une opportunité de création, qui devait comprendre une partie improvisée et une partie déterminée à l’avance, nous avons pu approfondir notre travail commun, et expérimenter à tout va. Nous avons essayé plein de choses, et de là naissaient de nouvelles idées. Cela nous motivait pour de nouveaux spectacles. Puis, j’ai pu créer une nouvelle pièce. J’ai naturellement fait appel à Michael Hulls. On avait déjà à ce moment là de la matière a explorer : notamment une nouvelle fa

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«L'idée de nation est obsolète»

CONNAITRE | Robert McLiam Wilson l'auteur Irlandais du drôlissime Eureka Street, de Ripple Boggle ou encore du poignant Les Dépossédés, sera un des invités du prochain Printemps du Livre. Rencontre. Propos recueillis par Séverine Delrieu

Séverine Delrieu | Mercredi 14 mars 2007

«L'idée de nation est obsolète»

Dans les Dépossédés, vous parlez de l'échec d'écrire sur la pauvreté. Robert McLiam Wilson : Ce livre c'est une réponse, un hommage. Je ne suis ni un expert, ni un technicien dans ce domaine. Ce livre, je l'ai fait en réponse à un homme que j'ai vu à la télévision anglaise. Dans une très intelligente émission il avait dit : «il n'y a pas de pauvreté en Angleterre, car tout le monde a la télévision». Cet homme était un premier conseiller du premier gouvernement Bush, un homme sérieux, de pouvoir. Et les gens écoutaient ça, ces conneries. Cela m'a rendu fou. Mon livre, c'était une simple réponse à cela. Parce que je n'étais pas un expert, la seule chose que je pouvais faire c'était aller dans les endroits, décrire ce que je voyais. Malheureusement, c'est toujours important de faire cela, car les choses sont les mêmes aujourd'hui. Je viens juste de lire dans une revue française respectable et très académique, un sujet sur «la pauvreté parmi les millionnaires aux États-Unis». My God, j'étais jaloux, j'étais vraiment jaloux ! Parce que c'était la meilleure satire de tous les temps et tout d'un coup, j'ai réalisé que le sujet était sérieux que ce n'était pas du deuxième degré. En France

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Self Défense

ARTS | Installation / Il vient de transformer le LIA en bunker gorgé d’armes de distraction massive. Julien Prévieux nous ouvre les portes de sa “Pseudo-Collision”. Propos recueillis par FC

| Mercredi 21 mars 2007

Self Défense

Tous les éléments de Pseudo-Collision sont des détournements… Julien Prévieux : Surtout le film. J’ai pris un James Bond classique, on peut le dire assez médiocre, et il s’agit donc de rajouter une batterie d’effets classiques hollywoodiens : des flammes, des fumées, des explosions… Il dure deux heures et sur tous les plans on a au moins un petit effet dans un coin, une évolution crescendo, pas loin du cinéma expérimental. Avec la volonté d’épuiser le spectateur… Carrément, sur les deux heures c’est assez dur de tenir. Là, tu l’as vu par séquences, mais sur la durée les effets reviennent vraiment de manière répétée, avec une batterie quand même assez large. Ça partait aussi d’une volonté de s’insérer dans la fin d’une chaîne de production hollywoodienne classique déjà bien rôdée. Ton projet principal, les lettres de non-motivation, c’est un work in progress permanent ou ça va prendre fin un jour ? C’est un projet qui dure depuis maintenant sept ans : il s’agit de refuser du travail quotidiennement pendant certaines périodes, même si maintenant c’est moins régulier. J’achète la presse spécialisée ou quotidienne, je fais comme si toutes ces petites annonces m’étaient personne

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Le(s) déserteur(s)

ECRANS | Avec Volem rien foutre al pais, Pierre Carles poursuit son projet filmique et politique autour de la question du (non) travail, et revendique son indépendance actuelle. Interview. Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Mercredi 21 mars 2007

Le(s) déserteur(s)

Que représente pour vous la sortie en salles de vos films ? Pierre Carles : Depuis Pas vu, pas pris, mes films n’ont en effet pas été vus ailleurs qu’au cinéma, ils ont un peu circulé en échange gratuit sur internet. Mais leur visibilité est surtout liée aux salles art et essai, pas aux salles de cinéma, ils ne passent pas dans les multiplexes. On a réussi avec des petits films bricolés à toucher en moyenne 100 000 personnes, ce qui n’est pas ridicule. Mais ce n’est pas seulement un acte politique, c’est aussi une nécessité économique, et les salles trouvent leur compte à passer ce genre de films. Est-ce une manière de répondre au discours ambiant et télévisuel par un discours de résistance qui se tient sur d’autres écrans ? La question, c’est d’abord de produire des films indépendants qui ne sont pas sous influence, en tout cas pas sous l’influence de la télévision. Les recettes de Pas vu, pas pris ont permis de continuer à produire sans le financement de la télévision, ni des institutions d’ailleurs. Volem rien foutre al païs est le premier à obtenir des financements institutionnels mais on ne les a pas laissés intervenir dans le contenu. Seules les entrées en salles nous fina

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«Je ne suis pas un auteur à hypothèses»

CONNAITRE | Interview / Zahia Rahmani, née en Algérie d’un père harki, est arrivée en France en 1967. Dans “France récit d’une enfance”, elle narre les paysages tumultueux de sa construction. Propos recueillis par Séverine Delrieu

Séverine Delrieu | Mercredi 21 mars 2007

«Je ne suis pas un auteur à hypothèses»

Vous faites le récit de votre construction à travers souvenirs, travail de mémoire. En quoi était-il important, pour vous, d’écrire ce livre ? Zahia Rahmani : Tous les livres sont importants, au moment où on les fait. Je pense qu’à ce moment-là, il y avait deux urgences : l’une était la confrontation avec la question de la mort de ma mère. Ce qui a fait surgir en moi un sentiment de panique, une peur, et la question du territoire. C’est-à-dire, je me suis retrouvée, de fait, convaincue d’être dans un territoire, parce que j’y avais été emmenée, et je ne m’étais pas vraiment posée cette question-là, tant que la mère vivait. C’était ma patrie. D’autre part, les commentaires cumulés ces dernières années sur les individus venant de pays musulmans et plutôt du Maghreb, l’histoire du voile, les émeutes, ne me laissaient pas de répit. En ce sens où moi, je suis arrivée en France en 67, et je n’imaginais pas dans les années 70 d’être confrontée, 20 ou 30 ans plus tard, à une nécessité de dire : je suis d’ici. Et donc dire, je suis d’ici, cela signifiait pour moi raconter comment j’avais grandi dans cette campagne française. Le “je suis d’ici”, cela ne veut pas dire raconter un attachement

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Hors Limites

MUSIQUES | Musicien à la boulimie maîtrisée de plus en plus proche de ses solides référents, Vincent Ségal, violoncelliste on ne peut plus éclectique, revient sur son parcours en avant-goût de sa soirée “Bach to Bach” à la MC2 (et prouve aux sympathiques mauvais esprits qu’aucun lien ne le relie à Steven). Propos recueillis par FC

| Mercredi 21 mars 2007

Hors Limites

Comment s’est constituée votre famille musicale, avec Cyril Attef, Sébastien Martel, Julien Lourau… ? Vincent Ségal : En 1996. C’était à une époque où je ne jouais presque pas sur Paris, je me consacrais aux tournées avec Glenn Ferris (le meilleur tromboniste jazz du monde, ndlr). Je revenais du Brésil, Julien Lourau m’a appelé en disant qu’il avait envie d’expérimenter sur un projet intitulé Olympic Gramophon, j’ai répondu à l’invitation, rencontré les autres et on ne s’est plus quitté. J’ai connu Magic Malik à ce moment-là aussi, il vivait avec Camille à l’époque – peu de gens le savent, mais Malik et Sébastien Martel l’ont beaucoup aidé pour ses premiers pas ; Sébastien m’a présenté Mathieu Chédid pour participer à son premier disque… Ça donne une famille intéressante ; même si maintenant on se voit moins souvent, que Mathieu est devenu ce qu’il est, que Sébastien a développé une nébuleuse de son côté. On ne se voit plus que pour enregistrer, mais quand ça se produit, on a toujours cette impression de faire partie d’une vieille bande. Je fais très attention à la jeune génération également. J’ai appris avec Glenn qu’il fallait être à l’aise, jouer avec le plus de monde possible,

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Les enfants de la toile

CONNAITRE | La déclaration d’Autrans a été adressée aux candidats, à la présidentielle comme aux législatives, par les participants des 11e rencontres Internet qui s’y tenaient, du 10 au 13 janvier. Nous sommes revenus sur certains points avec Thierry Gaudin, actuel président des rencontres. Il est prospectiviste, ancien du conseil général des Mines. Propos recueillis par Bernard de Vienne

| Mercredi 21 mars 2007

Les enfants de la toile

Dans la déclaration d’Autrans, vous faites d’Internet le lieu de la prise de conscience écologique. C’est plutôt un effet collatéral de son utilisation, l’écologie n’y est pas née. Thierry Gaudin : Il est évident que l’outil Internet n’a pas été conçu à cette fin. Mais il favorise la constitution de lobbies écologistes, comme l’Environment Defense Fund en Californie, qui compte 500 000 adhérents. C’est grâce à lui, par exemple, que l‘état de Californie a adopté une législation environnementale beaucoup plus contraignante que celle du reste des Etats-Unis. Vous réclamez la mise en ligne gratuite des résultats de la recherche publique et des données géographiques. N’est-ce pas déjà le cas, par exemple sur les sites de l’INRIA, du CNRS ou de l’IGN ? Le problème est qu’à l’heure actuelle, tout repose sur la bonne volonté des chercheurs. Le système ne les encourage pas au “copyleft“ (par opposition au copyright, qui limite la copie, ndlr). Pour accéder au prix Nobel, il faut être publié dans les revues spécialisées, être remarqué par les comités de lecture, être cité le plus possible... De plus en plus de chercheurs diffusent certes leurs travaux sur le Net, dans un esprit libertaire

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Festival de la Résistance

ECRANS | Entretien / La présidente de l’association du Centre Culturel Cinématographique, Pierrette Amiot, fait le point sur sa situation à l’aune de ses 40 années d’existence. Propos recueillis par FC

| Mercredi 28 mars 2007

Festival de la Résistance

Quelles volontés animent la célébration de ce quarantenaire ? Pierrette Amiot : On a voulu travailler avec différents partenaires, pour consolider des liens et tenter de toucher un autre public, aller à sa rencontre. On a essayé de mélanger des projections de films relativement récents au Club et au Méliès, et de classiques dans la Salle Juliet Berto, avec L’Atalante de Jean Vigo, qui est tout de même le film étendard des ciné-clubs. La programmation demeure fidèle à ce qu’on a l’habitude de faire. Où en est la crise financière qui vous menace ? On avait sonné la sonnette d’alarme l’année dernière et les collectivités y ont répondu. On a eu une hausse de la subvention municipale, et la création d’une subvention du Conseil Général dont on nous promet une reconduction en 2007. On remercie notre public et donc nos adhérents, pour leurs aides financières et psychologiques, qui sont très loin d’être négligeables. Ça équilibre nos frais généraux, qui restent importants. Les coûts de location des films ont augmenté, les coûts de transport aussi aux dernières nouvelles, il y a de moins en moins de copies 16MM en circulation… Est-ce que la loi régissant les ciné-clubs est adaptée au c

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Sans concession

MUSIQUES | Allumé, salace et ravageur, le son des ghettos de Baltimore sort progressivement de l’ombre. À l’occasion de son passage à Grenoble, entretien avec le DJ parisien Kazey, ambassadeur français de la discipline. Propos recueillis par Damien Grimbert

Christophe Chabert | Mercredi 28 mars 2007

Sans concession

La Baltimore club music reste assez méconnue. Comment la présenterais-tu ? Kazey : Comme son nom l’indique, cette musique est née a Baltimore au milieu des années 90. Elle est issue des ghettos de cette ville. Ses influences premières sont la Miami bass, la ghetto house de Chicago, et la gogo music de Washington (des styles musicaux orientés vers la danse, à mi-chemin du hip-hop et des musiques électroniques, et souvent issus des quartiers les plus pauvres des villes précitées, ndlr). Les lyrics sont souvent “explicit”, les basses énormes et le groove imparable. C’est l’essence même de la musique pour les clubs : sexy et dynamique. Comment as-tu découvert cette musique, et quel était ton parcours de DJ avant cela ? J’ai commencé à acheter du hip-hop et de la hip-house à la toute fin des années 80, mais je ne me suis mis à mixer qu’en 91 après un court séjour à Londres. J’ai aimé, et j’aime toujours, beaucoup de styles musicaux différents, de la techno de Detroit au dirty south (branche du hip-hop spécifique au Sud des Etats-Unis, ndlr) en passant par la drum’n’bass ou l’électro-rock. J’ai toujours eu les oreilles grandes ouvertes en fait, il y a du bon dans tous les styles. Biza

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«Fusionner l’instrumental et les machines»

MUSIQUES | entretien / Directeur des Abattoirs et responsable de la programmation du festival ElectroChoc, José Molinas a répondu à nos questions. Propos recueillis par Damien Grimbert

| Mercredi 4 avril 2007

«Fusionner l’instrumental et les machines»

Qu'est ce qui vous a donné envie de créer ce festival ? Quel est son objectif ? José Molinas : Le projet de la Smac –les Abattoirs, initié par la Ville de Bourgoin Jallieu, a débuté en 1999 et dés les premiers concerts hors les murs, le public a répondu présent et particulièrement en ce qui concerne les esthétiques liées aux musiques utilisant les nouvelles technologies ; ce fut le cas pour des concerts du type Mei Té sho, Ez3kiel, et autre High Tone, tous des groupes de la scène régionale et précurseur sur le plan national d’une certaine fusion machines et instruments. Les conditions acoustiques des lieux que nous utilisions n’étaient pas top , loin de là, malgré le matériel son et lumières que nous mettions en place, la qualité était minimale aussi nous avons levés le pied sur ces esthétiques des musiques actuelles en attendant d’avoir une « vraie » salle ! D’autre part, le Nord Isère renferme un certain nombre de DJ’s et autres livers , plus habitués aux « Raves » sous les bois et même s’il agit d’une organisation porteuse d’un certain état d’esprit, la qualité technique de ces soirées confond la puissance ( souvent excessive ) et la qualité du son. Avec l’arrivée de notre

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Sans réserve

ARTS | Exposition / Dernière exposition en date présentée à Spacejunk, Convince me réunit pas moins de 4 artistes différents sur un support commun. Entretien avec deux (...)

| Mercredi 11 avril 2007

Sans réserve

Exposition / Dernière exposition en date présentée à Spacejunk, Convince me réunit pas moins de 4 artistes différents sur un support commun. Entretien avec deux d’entre eux, les photographes Stéphanie Solinas et Bertrand Trichet. En quoi consiste Convince me ? Bertrand Trichet : C’est le rassemblement de trois types de travaux différents : une photo, un poème, et la sérigraphie pour lier tout ça. Les photos, c’est Stéphanie et moi-même, les poèmes, c’est Scott Bourne, un skateboarder professionnel américain qui en écrit régulièrement, et la sérigraphie, c’est Jérémy Cortial, de El Shopo. Comment est née l’idée de ce projet commun ? Stéphanie Solinas : En fait, on a fait un portfolio dans un magazine, avec ces images de paysages en polaroid, qu’on a associé aux poèmes de Scott. C’était la première idée. On le connaît depuis longtemps, et on trouvait que ses poèmes correspondaient vraiment à ce qu’on disait dans nos photos, ça nous a donc semblé assez évident de les associer matériellement, et de faire un travail graphique unique. L’idée, c’était d’arriver chacun avec ses trucs et de faire un travail commun : ce n’est pas une expo collective, c’est une expo de travaux collectifs,

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Génération perdue

CONNAITRE | Rencontre avec l’auteur phare de la nouvelle scène BD chinoise Benjamin, à l’occasion de son passage il y a quelques semaines à la librairie BD Fugue Café de Grenoble. Propos recueillis par Damien Grimbert (interprète : Yann Kerhuel)

Christophe Chabert | Mercredi 18 avril 2007

Génération perdue

En France, on découvre tout juste les bandes dessinées chinoises. Est-ce qu’à l’inverse, les bandes dessinées européennes, les comics, et les mangas sont largement répandus en Chine ? Benjamin : Le marché chinois est inondé de mangas, mais il s’agit quasi uniquement de contrefaçon, donc ça ne passe pas par les circuits classiques des éditeurs. La bande dessinée française, on en trouve, mais en très petite quantité, il y a à peu près 300 titres. Les comics, en revanche ne sont pas diffusés. Quelles sont, à tes yeux, les particularités de la bande dessinée chinoise ? Pour simplifier, on peut distinguer les artistes chinois en deux groupes : ceux qui ont essayé de copier les mangas, et qui ont échoué, puisqu’ils faisaient la même chose en moins bien. Et une autre école qui a commencé à prendre plus ses influences du côté de l’Europe et des Etats-Unis, mais qui n’a pas très bien marché non plus sur le marché chinois, où le lectorat est assez jeune, et très féminin. Et au milieu, moi et mes amis, qui avons acquis une certaine reconnaissance grâce à nos bandes dessinées qui plaisaient plus, au départ, à un public féminin, même si cela a évolué depuis. Est-elle plutôt considérée comme

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Le serpent assume

ARTS | Exposition / Les peintres Asger Jorn, Pierre Alechinsky, Karel Appel, Corneille, Constant (entre autres) et des poètes tels que Chrisitian Dotremont, (...)

| Mercredi 2 mai 2007

Le serpent assume

Exposition / Les peintres Asger Jorn, Pierre Alechinsky, Karel Appel, Corneille, Constant (entre autres) et des poètes tels que Chrisitian Dotremont, Joseph Noiret appartiennent au mouvement Cobra fondé en 48 et qui s’achève 3 ans plus tard. Une vie courte, mais intense. Intensément libre. Puisque ce mouvement prend racine dans un désir de rupture et d’émancipation. En effet, les membres du mouvement prônent le travail en collectif et international qui plus est - CoBrA acronyme des lettres initiales Copenhague, Bruxelles, Amsterdam- ; ils sont en rupture avec le surréalisme jugé trop dogmatique ; ils travaillent la couleur, se rapprochant de l’Art Brut ; veulent désacraliser l’Art et expérimenter à tout va, en collaborant avec des poètes, écrivains, dramaturges. Au final, leur production réunit peintures, peintures-mots, film. Un mouvement d’avant-garde, aujourd’hui à tort, méconnu. Ainsi, aux Moulins de Villancourt, l’exposition Cobra et Cie rectifie un peu le tir. Lithographies, dessins, affiches, une soixantaine d’œuvres au total permettent de pénétrer cet univers tonique, quelque fois explosif et remuant. On retiendra, les dessins d’Asger Jorn, des figures pseudo humaines, des

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Peur Bleue

ECRANS | Entretien / La scène se déroule le 19 avril. Emmanuelle Cuau, terrorisée par l’échéance du 22, défend son film tant bien que mal, en essayant de ne pas penser au devenir de notre société. Mais entre le propos de son film, sa date de sortie ou ses problèmes personnels, c’est dur. Propos recueillis par François Cau

| Mercredi 2 mai 2007

Peur Bleue

Pourquoi avoir eu envie de faire ce film en particulier, au sortir de douze ans d’absence du grand écran ? Emmanuelle Cuau : J’ai quand même un peu travaillé, sur des téléfilms pas terribles pour Arte et M6 ou avec Jacques Rivette. Il y avait un projet auquel je tiens beaucoup, intitulé L’Affaire Riesman, je m’y suis accroché pendant dix ans avant de laisser tomber. J’ai eu des éléments douloureux dans ma vie personnelle, qui m’ont pris l’énergie nécessaire pour porter un film à bout de bras. J’ai ensuite rencontré la scénariste Agnès Caffin, on est parti dans l’écriture avec une idée : comment une personne peut rendre l’autre folle. D’autres interrogations sont venues se greffer, c’est quoi être normal ou anormal dans notre société, est-il normal de voir un psychiatre comme on va chez le dentiste… Au départ le projet se focalisait sur la vie quotidienne de deux frères. On a fait un break dans l’écriture, on a travaillé sur d’autres choses, le temps a passé. Lorsqu’on a repris l’écriture, la question posée par le script est devenue celle de savoir si ce n’était pas notre société qui nous rendait un peu fou, parano. Qu’est-ce qui a motivé ce changement d’axe ? Tout le long du f

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