Photos anciennes et pierres illustres

Laetitia Giry | Mardi 25 septembre 2012

Photo : Petit Michel, Robert Doisneau


Chaque année, un petit tour parmi les programmations des musées départementaux nous semble indispensable. Garants de la préservation et de la mise en valeur du patrimoine, ils présentent un peu partout dans le département de l'Isère des collections permanentes nichées au sein de lieux historiques : la maison du peintre Hébert pour le musée du même nom, la crypte Saint-Laurent pour le Musée archéologique… Des lieux vibrants d'un passé que des expositions temporaires viennent éclairer régulièrement. Au musée de la Résistance, Justes de l'Isère se proposera de faire honneur à ceux qui ont aidé les Juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Avec, comme d'habitude, la salutaire ambition de saluer le courage là où il existe, célébrer ceux qui le méritent pour ne pas oublier (rendez-vous le 23 novembre). Les photographies d'époque occupent bien souvent une place de choix dans ces musées, le mois de novembre ne fera pas mentir cette assertion avec Chambre noire pour amateurs éclairés, présentation de la collection photographique de Flandrin, peintre du XIXe siècle que l'on découvrira donc sous un autre jour. Les Alpes de Doisneau au musée de l'ancien évêché sera quant à elle l'occasion de voir Doisneau avant Doisneau. Célèbre photographe aux fameux clichés d'amoureux ou de rues parisiennes, Doisneau fut d'abord photographe-illustrateur, travaillant pour des magazines et obéissant plus au goût du lecteur qu'à ses envies d'artiste. Cent vingt clichés réalisés dans les Alpes ont été choisis parmi cette colossale production balayant une longue période (entre les années 1930 et 1960). De quoi attiser diverses curiosités.


Les Alpes de Doisneau

Avant de devenir ce grand artiste célébré mondialement, Robert Doisneau (1912-1994) exerce le métier de photographe-illustrateur. Ses clichés, réalisés entre le début des années 1930 et la fin des années 1960, répondent aux impératifs de son métier : satisfaire aux exigences de la presse et de l’édition avec des photos qui collent aux envies, aux goûts et aux curiosités des Français. Et dans l’imaginaire collectif de ce milieu du 20e siècle figurent en bonne place les Alpes et la montagne. L’exposition propose de découvrir une sélection de cent vingt images piochées dans le fonds de l'atelier Doisneau à Montrouge, qui ont pour décor le massif alpin, du Tyrol au Mercantour en passant par Grenoble et Laffrey.
Musée de l'Ancien Évêché 2 rue Très-Cloîtres Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Justes de l’Isère

"Le sauvetage des Juifs, 1940-1944" Plus d’une centaine d’Isérois ont été faits « Justes parmi les nations » par le Mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem. Cette distinction honore au nom de l’État d’Israël ceux qui ont mis en danger leur existence durant la Seconde Guerre mondiale afin de sauver des Juifs. À l’heure où les derniers de ces Justes sont encore en vie, le musée souhaite leur consacrer une exposition pour rappeler leur engagement pendant les années sombres et plus largement rendre hommage à celles et ceux qui, souvent restés anonymes, ont tenté d’empêcher les persécutions. Face à la barbarie nazie, les solidarités dont la population juive a pu bénéficier durant la guerre demeurent encore trop méconnues
Musée de la Résistance et de la Déportation 14 rue Hébert Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Chambre noire pour amateurs éclairés.

La collection photographique Flandrin
Musée dauphinois 30 rue Maurice Gignoux Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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PB d'or 2018 : expo

C'était 2018... | Avec une pépite locale et pas mal de musées isérois.

La rédaction | Mardi 18 décembre 2018

PB d'or 2018 : expo

Le PB d’or du réseau incroyable : les musées départementaux de l’Isère Si l’Année du Japon en Isère (qui dure jusqu’en juin) a été si bien suivie, c’est surtout grâce aux musées départementaux (gérés par le Département de l’Isère donc), dont certains se sont emparés de l’événement avec pertinence, sortant parfois des domaines que leur nom peut laisser penser. Comme le Musée dauphinois, qui a inauguré fin octobre Des samouraïs au kawaii, histoire croisée du Japon et de l'Occident, soit l’une des expositions les plus réussies de 2018 ; le Musée de la Résistance qui, cet été, a accueilli la très forte exposition Hibakusha, dessins des survivants d'Hiroshima et de Nagasaki ; ou encore le Musée de l’Ancien Év

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"Allons voir la mer avec Doisneau" : les gens de la mer

Exposition | "Allons voir la mer avec Doisneau" : voilà ce à quoi nous invite le Couvent Sainte-Cécile des éditions Glénat avec cette exposition centrée sur les clichés savoureux que cette figure majeure de la photographie d'après-guerre a réalisés sur le littoral français. Une proposition réussie, notamment niveau scénographique, qu’on a visitée et dont on a causé avec sa commissaire d’exposition.

Benjamin Bardinet | Mardi 16 octobre 2018

Réalisée en collaboration avec l'Atelier Robert Doisneau dont la mission est de valoriser et faire vivre les archives du photographe, l’exposition Allons voir la mer avec Doisneau a pour ambition de mettre en lumière une facette méconnue de la production du fameux photographe français né en 1912 et mort en 1994. La mer n'est effectivement pas le sujet de prédilection de ce natif de la banlieue parisienne, mais il s'avère que de nombreux reportages et commandes publicitaires l'ont amené à tourner son objectif vers ce territoire dont on peut constater avec enthousiasme qu'il fut stimulant. La première salle du parcours a le mérite de dévoiler quelques clichés assez inattendus : une vue sous-marine, une série documentaire sur les épaves et quelques photographies très graphiques (une minuscule embarcation perdue au milieu d'une mer infinie, la découpe d'un canyon en contre-jour...) ; avant de nous amener vers un parcours présentant des clichés plus fidèles à ce que l'on connaît de Robert Doisneau. Marmots rigolards et min

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Les disciples de Narcisse

ARTS | Exercice de fascination depuis des millénaires, l’autoportrait est bien plus qu’une simple représentation de soi. Tout comme le portrait révèle autant de choses sur le sujet que sur celui qui l’exécute. L'exposition "Vis-à-vis" à la Bibliothèque centre-ville dévoile un ensemble de (auto)portaits remarquables avec notamment des grands noms de la photographie comme Robert Doisneau, Denis Roche, Patrick Tosani...

Charline Corubolo | Mardi 24 novembre 2015

Les disciples de Narcisse

Si, théoriquement, les premiers autoportraits ont été réalisés en peinture, ceux actuellement exposés à la Bibliothèque centre-ville relèvent de la photographie. Vis-à-vis, en marge de l’événement (terminé le week-end dernier) consacré à Vivian Maier, présente une exposition collective de photographes adeptes de cette représentation de soi par l’image, clichés issus de la collection de l’Artothèque de Grenoble. Un exercice de projection qui, au fil des âges, s’est diversifié pour offrir de nouvelles formes et des esthétiques renouvelées. En ouverture de ce panorama, Jing Wang (re)montre ses autoportraits scénarisés renversant la prise de vue. S’en suit un panel dense qui met en lumière les diverses approches de cette application. Samuel Fosso s’immortalise de face mais grimé en quelqu'un d’autre, quand Patrick Tosani et Dieter Appelt brouillent la photographie aux moyens de flous et de superposition

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Vacances à la neige

ARTS | Doisneau, grand et fameux photographe français, a plus d’un tour dans son sac… Le Musée de l’ancien évêché a ainsi déniché plus d’une centaine de clichés effectués dans ce qui fait la fierté de notre région : les Alpes. Un parcours ni transcendant, ni très excitant, mais dont l’intérêt pour les amoureux de Doisneau ou des montagnes est indéniable ! Laetitia Giry

Laetitia Giry | Vendredi 16 novembre 2012

Vacances à la neige

On connaît bien Robert Doisneau pour ses photos de Paris : de ses amoureux à ses travailleurs, de ses parcs à ses rues… Tout un folklore qui explique à la fois sa renommée mondiale et la tendresse générale éprouvée par les Français à son égard. D’abord illustrateur pour des magazines, comme le montre la série effectuée pour le magazine Vogue – amusantes prises de vue de mannequins bien réelles, pas encore déformées par les facéties de Photoshop –, il fut surtout un "reporter photographe" et un expérimentateur gourmand. L’exposition Les Alpes de Doisneau nous propose un parcours plus intime, dans le sens où nous découvrons là des photos de vacances, d’amis, prises à l’époque où il n’était pas un artiste célébré mais un producteur d’images à la commande. Regarder partout Lui qui se considérait comme un artisan (et nous le rejoignons assez sur ce point), refusait tout sec une quelconque réflexion sur son travail ; l’une de ses filles rapporte ainsi ses propos : « Si tu fais des images, ne parle pas, n’écris pas, ne t’analyse pas, ne réponds à aucun questionnaire. Suggérer, c’est créer, décrire c’est détruire. » Entre les années 1930 et 1

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Sortie d’atelier

ARTS | Photographie / Faite de pièces sombres abritant en grande partie des petits formats, l’exposition Chambre noire pour amateurs éclairés nécessite un état (...)

Laetitia Giry | Vendredi 9 novembre 2012

Sortie d’atelier

Photographie / Faite de pièces sombres abritant en grande partie des petits formats, l’exposition Chambre noire pour amateurs éclairés nécessite un état d’esprit précis. L’idéal est sûrement d’y aller avec le désir de découvrir quelques trésors, de surprendre son œil au contact des nombreux daguerréotypes, instantanés et autres techniques photographiques développées entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. À partir des originaux de la collection de la famille Flandrin (dont bien des membres furent des photographes professionnels ou amateurs), se dresse un panorama à la fois historique et intime. On découvre ainsi les évolutions progressives du médium photographique et le rôle des Flandrin à cet égard. Un diaporama consacré aux photos d’enfants illustre à merveille le changement d’attitude devant et derrière l’objectif à mesure que la technique s’affine : de la photo d’atelier guindée où le sujet pose, on passe au naturel de la prise de vue rapide. Comme les peintres impressionnistes sortis de leur atelier, les photographes vont au contact du bouillonnement de la vie, avec notamment des séries de photos de loisirs : la montagne, les automobiles, les courses hippiq

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