Le Magasin et ses artistes bien mont(r)és

Aurélien Martinez | Lundi 30 septembre 2013

Photo : "Restricted Sensation" de Deimantas Narkevizius


On lit avec le sourire ce début de présentation du CNAC : « Deimantas Narkevizius est un des artistes lituaniens les plus reconnus sur la scène artistique internationale... » En l'occurrence un ancien sculpteur qui travaille aujourd'hui sur la narration et le thème de la Guerre Froide à travers des vidéos. Si nous nous amusons que le Magasin joue encore à qui a la plus grande, nous nous réjouissons de pouvoir y découvrir des artistes singuliers, lointains et parfois émergents. D'autant que notre célébrité exposera en compagnie d'un autre Lituanien, Vytautas Virzbickas, mettant en scène de manière quasi théâtrale des sculptures réalistes et d'autres éléments d'installations.

Après cette immersion balte (du 13 octobre au 5 janvier), le Magasin proposera une alléchante exposition monographique consacrée à l'ancienne performeuse américaine Ericka Beckman (du 8 février au 27 avril). L'artiste réalise maintenant essentiellement des films expérimentaux qui mettent sens dessus dessous les codes filmiques et les structures narratives habituels. Concrètement, cela peut prendre la forme aussi bien de « comédies musicales » loufoques et surréalistes, que de films très plastiques et presque abstraits assez fascinants.

JED


Works 1978-2013

Films expérimentaux, inspirés de la structure, du rythme et de l'imagerie des jeux, d'Ericka Beckman + toiles et volumes de Philippe Decrauzat + œuvres néon de Blair Thurman
Le Magasin des Horizons Site Bouchayer-Viallet, 8 esplanade Andry Farcy Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Da Capo

Exposition du Lituanin Deimantas Narkevicius. Installations, sculptures, vidéos... + expo du jeune artiste Vytautas Virzbicka, intitulée "Comment te raconter une histoire connue - Ne la raconte pas?"
Le Magasin des Horizons Site Bouchayer-Viallet, 8 esplanade Andry Farcy Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Grenoble : zoom sur douze bâtiments phares du XXe siècle

Sélection | Grenoble est une très vieille ville, pleine d’impressionnants vestiges des siècles passés. Mais Grenoble est également une ville en mouvement que les architectes ont continué de façonner au siècle dernier. La preuve en douze monuments phares du XXe siècle, de la fameuse tour Perret au grandiose Musée de Grenoble, en passant par l’imposant Palais des sports ou le moderne (pour l’époque) Hôtel de Ville. Suivez-nous, la visite commence.

Charline Corubolo | Mardi 18 avril 2017

Grenoble : zoom sur douze bâtiments phares du XXe siècle

La tour Perret, phare grenoblois en quête d'avenir Illuminée de bleu en son sommet et révélée une fois par an par les feux d’artifices du 14 juillet, la tour Perret, située en plein parc Paul-Mistral, demeure un emblème grenoblois, à plus d’un titre. Car malgré sa façade grisâtre, l’édifice de presque un siècle, inauguré en 1925 pour l’Exposition internationale de la houille blanche et du tourisme, porte les ambitions modernistes du début du XXe, entre esthétique épurée et béton armé. Mais malgré les prouesses techniques, la tour se dégrade. Un chantier de rénovation va donc être lancé pour redorer le phare Perret. On remonte le fil de l'histoire dans cet article. Des halles au Magasin

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Art contemporain : le Magasin se cherche un nouveau directeur

ACTUS | Yves Aupetitallot, qui dirigeait le centre depuis 1996, n'est plus directeur depuis octobre 2015 nous apprend le mail du Magasin officialisant le recrutement. Une fin à la crise rendue publique cet automne ?

Aurélien Martinez | Vendredi 8 janvier 2016

Art contemporain : le Magasin se cherche un nouveau directeur

La situation au Magasin semblait bloquée depuis quelques mois suite à la grève lancée par les salariés en septembre 2015 pour réclamer le départ du directeur Yves Aupetitallot – on a tout résumé ici il y a moins d'un mois avec notre bilan de 2015. Mais voilà qu'un mail vient de nous arriver ce vendredi 8 janvier informant que le centre d'art contemporain recherche un nouveau directeur / une nouvelle directrice, Yves Aupetitallot ne l'étant plus depuis octobre selon ce même mail. Si ça vous dit de postuler, l'annonce est à découvrir ici. En espérant que tout cela redonne une nouvelle impulsion à ce lieu important sur le plan local comme national pour l'art contemporain. Sinon, on le rappelle, l'expo en cours de Didier Faustino est prolongée jusqu'à la fin mars.

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Noël ne se passe pas comme prévu

ARTS | Pour sa neuvième édition, l'exposition de Noël du Magasin s'avère inégale même si certains artistes méritent le détour. Direction l'Ancien musée de peinture.

Charline Corubolo | Mardi 22 décembre 2015

Noël ne se passe pas comme prévu

Le Magasin, centre national d'art contemporain de Grenoble, dévoile en cette fin d'année sa désormais traditionnelle Exposition de Noël à l'Ancien musée de peinture. Ayant pour ambition de présenter dans un même lieu une sélection hétéroclite d'artistes contemporains de la région Rhône-Alpes, cette nouvelle édition tient malheureusement plus du déballage de cadeaux de Noël que de la manifestation défricheuse de nouveaux talents artistiques. Comme au petit matin du 25 décembre, il y a certaines pièces présentées place Verdun que l'on souhaiterait échanger sur eBay. Mais fort heureusement ça reste Noël, avec dans le lot toujours de bonnes surprises. On (re)trouve les photographies de nature mortifère d'Alexis Berar découvertes en octobre à la galerie Ex Nihilo. Jérôme Cavaliere et Stéphane Déplan, eux, présentent une vidéo intitulée Désaccords faite de séquences de baston récupérées sur Internet sur lesquelles ont été apposés des sous-titres ironiques sur le discours de l'art. Dès lors, un dialogue plein d'humour et de

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PB d'or 2015 : bonus

ACTUS | Cette année à Grenoble, on a notamment eu droit à de la politique culturelle difficile à suivre et de l'art contemporain dans la tourmente.

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : bonus

Le PB d’or du truc qu’on regarde d’un œil depuis longtemps sans toujours vraiment comprendre ce que c’est : la politique culturelle de la Ville de Grenoble Bon, on ne va pas encore tirer sur l’ambulance, mais quand même… On a pourtant essayé de comprendre, on est allés à tous les "chantiers de la culture" organisés par la mairie, on a disséqué toutes les paroles publiques du maire Éric Piolle et, surtout, de son adjointe aux cultures Corinne Bernard… Pourtant, rien n’y fait, on ne comprend toujours pas où ils veulent aller quand ils parlent de culture – la chasse aux gros ? le local à tout prix ? la culture jugée élitiste à la poubelle ? (oui, on se pose les mêmes questions que l’an passé). Et on n’est visiblement pas les seuls, le milieu culturel grenoblois, qui avait énormément soutenu Éric Piolle pendant la campagne des municipales de 2014, semblant lui aussi de plus en plus remonté après diverses décisions municipales abruptes – comme

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Suspension de la grève au Magasin, le Centre national d’art contemporain de Grenoble

ACTUS | Onze des quinze salariés demandaient le départ du directeur Yves Aupetitallot. Ils suspendent leur mouvement de grève jusqu’au conseil d’administration prévu mercredi.

Aurélien Martinez | Jeudi 24 septembre 2015

Suspension de la grève au Magasin, le Centre national d’art contemporain de Grenoble

Le communiqué laconique reçu ce jeudi après-midi explique qu’ « après concertation, les 11 salariés grévistes du Magasin, en grève depuis le jeudi 17 septembre, ont décidé à l’unanimité de suspendre leur mouvement de grève à compter du vendredi 25 septembre au matin, et ce jusqu’à la tenue du conseil d’administration programmé le mercredi 30 septembre prochain ». Les grévistes dénonçaient la gestion du directeur ainsi qu’un manque de moyens pour travailler (tout est expliqué ici). Plus d’infos la semaine prochaine donc. D'ici là, vous pouvez en profiter pour découvrir l'exposition de Didier Faustino (photo).

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Fantaisie filmique

ARTS | Les œuvres filmiques que l'Américaine Ericka Beckman présente au Magasin abordent la question de l’apprentissage et de la mémoire, dont les symboles sont parfois difficiles à appréhender. Mais son univers excentrique, entre jeux et contes, amuse le regard, sans pour autant dévaloriser la pertinence du discours. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 11 février 2014

Fantaisie filmique

L’exposition Works 1978-2013, comme son nom l’indique, dévoile des travaux de l’Américaine Ericka Beckman de 1978 à 2013, et s’affiche comme l’une de ses premières rétrospectives en France. Plusieurs films sont présentés, l’essence même de sa pratique artistique, accompagnés de props, anglicisme pour "accessoires de plateau", et de dessins. Depuis le début de sa carrière, elle s’appuie sur les théories en psychologie du développement du Suisse Jean Piaget qui assure que l’action physique est le fondement de toute communication. L’artiste reprend à son compte cette théorie pour créer des animations dans lesquelles les images sont performées – autrement dit il ne s’agit pas d’un moment filmé mais d’une performance enregistrée. Le mouvement devient un modèle récurrent et prend la forme du jeu, dans sa dimension physique. Dans les premières salles, un espace est occupé par trois vidéos, et des objets architecturaux qui en sont issus, mettant en scène une personne qui s’amuse avec des jouets, une autre qui s’adonne à un rite gestuel. Alors que Out Of Hand (1980-2010) plonge le spectateur dans un univers enfantin, entre modules à jouer coloré

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En bref

ARTS | Made in USA La vidéo demeure pour la nouvelle année au Magasin qui débute en février, mais dans un style radicalement opposé à l’exposition précédente. Ericka (...)

Charline Corubolo | Vendredi 10 janvier 2014

En bref

Made in USA La vidéo demeure pour la nouvelle année au Magasin qui débute en février, mais dans un style radicalement opposé à l’exposition précédente. Ericka Beckman, artiste américaine adepte de la camera Super 8, propose un balayage de son travail de 1978 à 2013. Elle décrit ses films comme des « performances de l’image » qui cherchent à questionner les usages d’apprentissages de nos sociétés occidentales à travers une esthétique « violente », jouant sur les modes de perception. Un ensemble, sur le papier, dur à appréhender mais qui éveille la curiosité. Rendez-vous le vendredi 8 février. Subculture Fin avril, l’œuvre multi-référentielle d’Arnaud Maguet s’installe au Centre d’art Bastille. Croisant de nombreuses cultures, de la musicale à la cinématographique en passant par la littéraire, l’artiste questionne les bases de la subculture des années 1950-1970 en invoquant figures mythiques ou méconnues. Souvenirs d’une mémoire collective, les œuvres offrent une vision altérée du passée. Un travail marqué par la diversité des médiums ; projection, installation, vidéo, impression, dont on ne connaît pas encore la forme.

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Un centre d'art, késaco?

ACTUS | Mac, Frac ou encore Cnac sont autant d'acronymes qui définissent des lieux d’exposition pour la création contemporaine. Mais en quoi sont-ils différents ? (...)

Charline Corubolo | Lundi 9 décembre 2013

Un centre d'art, késaco?

Mac, Frac ou encore Cnac sont autant d'acronymes qui définissent des lieux d’exposition pour la création contemporaine. Mais en quoi sont-ils différents ? Alors qu’un Musée d’art contemporain (comme celui de Lyon, très réputé) et un Fonds régional d’art contemporain (celui de la région Rhône-Alpes est à Villeurbanne ) ont pour vocation d’établir une collection, un Centre national d’art contemporain (comme le Magasin à Grenoble), ou tout simplement un centre d’art, a pour objectif premier d’être un lieu d’expérimentation et de production, et non un espace de conservation (il n'y a donc pas de collections). Sous l’impulsion d’initiatives personnelles et de la loi de décentralisation de l’art de Jack Lang au début des années 1980, ces vitrines artistiques se sont multipliées. Aujourd’hui, la majorité des centres d’art sont de type associatif et peuvent être en régie directe avec la région, le département ou même la municipalité (comme c'est le cas au Vog et à l'Espace Vallès), ce qui leur permet d’être en partie subventionnés par la ville ou même l’État. Des lieux d’exposition qui ne se contentent pas de promouvoir seulement des artistes locaux, mais

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Le Magasin des suicides

ECRANS | De Patrice Leconte (Fr-Belg-Canada, 1h25) animation

Jerôme Dittmar | Vendredi 21 septembre 2012

Le Magasin des suicides

Quand Disney était à son âge d'or, les dessinateurs endossaient par défaut le rôle du réalisateur. Depuis la victoire de l’esprit Pixar sur Disney (le dernier a racheté le premier en 2006), les réalisateurs du cinéma d'animation sont aussi des dessinateurs. En terme de mise en scène, ça change tout. Faut-il donc penser que désormais un mauvais film animé est le fruit d'un mauvais cinéaste ? Le Magasin des suicides pourrait bien faire jurisprudence. Pour sa première incursion dans le genre, Patrice Leconte adapte Jean Teulé et livre un conte macabre neuneu qui lui va comme un gant. Sur la base d'un pitch à l'humour ironique et lourdingue (c'est la crise, une échoppe familiale fait fortune en vendant mille moyens de se suicider, jusqu'au jour où arrive le petit dernier qui voit la vie en rose), l'auteur se fait Tim Burton du dimanche. Gags aussi poussifs que répétitifs, parties musicales chantées par des casseroles, univers et personnages fonctionnels, tout ça vire au cabinet des supplices jusqu'à une auto-citation des Bronzés. Jérôme Dittmar

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Melting pot

ARTS | Art contemporain / L’exposition de Noël organisée par le Magasin présente les travaux de 30 artistes distingués par un jury parmi plus de 400 candidatures. (...)

François Cau | Vendredi 9 décembre 2011

Melting pot

Art contemporain / L’exposition de Noël organisée par le Magasin présente les travaux de 30 artistes distingués par un jury parmi plus de 400 candidatures. Pour participer, un seul critère : avoir un lien avec la région Rhône-Alpes. Résultat : il y en a pour tous les goûts. Il est à noter que cette cinquième édition, plutôt chargée, fait la part belle aux installations et à l’interactivité. Dans ce vaste catalogue d’œuvres, certaines ont plus particulièrement attiré notre attention. C’est le cas des Candidatures spontanées de Pierre Buttin, qui a détourné le règlement du concours en se servant du formulaire d’inscription comme support artistique afin de confectionner un calendrier de l’Avent. On ne ratera pas non plus Migrant de Cyrille André pour sa folie des grandeurs et sa poésie : la gigantesque sculpture d’un homme à l’abandon s’envole, emportée par des ballons en polystyrène. Li Li, quant à elle, tente les gourmands, mais attention, pas de grignotage sans effort : il faudra grimper à l’échelle pour manger des bretzels. Et enfin, même si on n’a pas tout compris, on a quand même remarqué la persévérance de Maria Landgraf qui tous les jeudis après-midis obéi

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Jeunes et fous

ARTS | Oui, il faut être un peu fou pour se lancer dans une carrière artistique. Alors on se demande quelles options s’offrent aux aspirants artistes plasticiens dans notre chère ville… Et on en trouve plusieurs, vertigineuses et simples. Laetitia Giry

François Cau | Lundi 10 janvier 2011

Jeunes et fous

La vingtaine un peu entamée, l’étudiant sortant de cinq ans à l’école des Beaux-Arts de Grenoble se retrouve dans une jungle impossible à prévenir. Bien sûr, comme tous les autres étudiants, il la redoute et la voit venir cette jungle sans pitié, mais l’affronter est la prochaine étape de son parcours. Comme nous le fait remarquer Pascale Riou (du centre d’art OUI) : « le côté professionnalisant des écoles d’art est un peu fictif », d’où la nécessité pour ces jeunes de créer eux-mêmes les occasions susceptibles de faire (sur)vivre leur travail. D’après Anaëlle, chargée de production au Magasin – CNAC, « l’important n’est pas de se montrer dans les vernissages mais bien de fournir un réel travail, construire son identité artistique, tenter de s’intégrer à un réseau tout en assumant bien souvent des difficultés financières forçant à faire un travail alimentaire ». Nombreux sont ceux à quitter le pays pour des eldorados plus bouillonnants : si Paris fut un temps une destination appropriée, il semble que la prolifération incontrôlable de propositions et la vie de plus en plus chère aient eu raison de sa bienveillance à l’égard des jeunes artistes. Berlin a pris le

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La bonne distance

ARTS | exposition / Deux nouvelles expos au Magasin : l’une stimulante réalisée quasi in situ par le jeune plasticien français Franck Scurti, et l’autre, une première rétrospective de Lothar Hempel, un trajet plus onirique, narratif, un brin empesé. SD

| Mercredi 28 février 2007

La bonne distance

L’espace de la “rue” du Magasin, n’aura jamais été autant appréhendé comme tel. Mais, en réalité, on sait qu’elle n’en est pas une, de rue. Elle est un espace au milieu d’un Centre d’Art, haut lieu dévolu à l’art contemporain. Franck Scurti, plasticien à l’humour subtil, joue, travaille sur cette ambiguïté. Dans cet espace, il aligne régulièrement sur toute la longueur, cinq grandes sculptures reproduites sur le modèle de styles reconnaissables dans l’histoire de l’Art : constructivisme, minimalise, biomorphisme, on pense à Arp, Lichtenstein ou Vasarely. Chacune d’entre elle, pourtant, est réalisée avec des irrégularités, des décalages, des inexactitudes. Réelles, mais parodiques donc. Sur la première, par exemple, un nu féminin, que l’on trouverait dans n’importe quel square, Scurti a remplacé la tête par un cube. Une télé, cette tête ? Mais l’idée, aussi brute que forte, et qui permet de prendre de la distance pour se poser toutes sortes de questions, c’est que ces sculptures sont pré-taguées ou pré-graffitées ; ces écritures, signatures taguées reproduites sont gravées, sculptées dans la sculpture en quelque sorte. Donc, ineffaçables. Elles sont traces, empruntes (de tribus mod

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