Les vêtements ont-ils un sexe ?

Jérémy Tronc | Mardi 2 novembre 2021

Une collection de vêtements non pré-assignée à un genre, voilà le créneau sur lequel vient de se lancer la marque grenobloise Intrépide studio. Tee-shirts roses, hoodies noirs, sweats mauves ou bordeaux, peu importe son sexe, son orientation sexuelle, sa morphologie : les 24 pièces de la collection d'Intrépide studio sont censées être portées indifféremment par tout le monde.

À une époque où le vêtement se fait de plus en plus “sans genre”, la démarche de la marque est-elle purement opportuniste ou bien « authentique et sincère » comme elle le proclame ? Justine Blanchin, sa créatrice, nous répond : « Nous avons imaginé une marque qui soit la plus éthique et la plus proche possible de nos valeurs. Nous voulions qu'elle apporte de la visibilité à ceux qui n'en ont pas, qu'elle donne une vraie représentation de la société et qu'elle soit parfaitement transparente. » Elle nous assure d'ailleurs avoir vérifié les bonnes conditions de travail de l'entreprise marocaine qui fabrique les vêtements, tous en coton bio labellisé GOTS.

La marque, qui reverse une partie de ses bénéfices à des associations militantes, s'affiche aussi comme « un outil communautaire et un outil militant et inclusif » et décline des slogans engagés ou plus inoffensifs : "nique la peau lisse" ; "Métro boulot vibro" ; "Badass" ; "Non, c'est non" ; "Féministe"… Un marketing bien rôdé qui fonctionne : lors de la campagne de financement participatif de la marque, l'objectif des 100% a été atteint en une heure.

> http://www.intrepide-studio.fr

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Le corps des vieux et l'esprit vieille

Rencontre | La librairie Les Modernes organise une rencontre lecture avec Anooradha Rughoonundun, comédienne et auteure du texte "Le Corps des vieux", et deux journalistes du magazine Panthère Première, qui consacre son dossier à "l’Esprit vieille". Le tout au centre d’une exposition photo fort à propos, "Les petites combines de la vie", signée Nadine Barbançon.

Valentine Autruffe | Mardi 19 octobre 2021

Le corps des vieux et l'esprit vieille

Convoités au titre de la "silver économie", numérotés par certains gestionnaires d’Ehpad qui chronomètrent le temps de la toilette, résumés à leur statut de "personnes fragiles", fustigés pour l’état de la planète et de la dette... Les vieux s’en prennent plein la tête, on les ignore, ils nous embêtent. On ne les écoute pas. Pourtant ces vieux, c’est vous, c’est nous. Quartier Championnet, la librairie Les Modernes cultive un autre regard avec Anooradha Rughoonundun, auteure et comédienne, qui a fréquenté les vieux de très près. Parmi les petits boulots qu’elle a enchaînés pour arrondir ses fins de mois d’artiste, celui d’aide à domicile dans le Trièves. Elle en a tiré Le corps des vieux, un récit court et cru. Elle parle de ces corps tordus, figés et affaissés par le temps, des os qui grincent, des mains qui n’arrivent plus à pincer pour ouvrir une braguette. Elle parle aussi de l’écho sur son corps à elle, et des jeunes corps d’hommes contre lesquels elle se blottit le soir. Printemps des veuves A la lecture de ces lignes sans fioritures, deux journ

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Trois soirées pour danser

MUSIQUES | 08.10.21 > Drak-Art Unleashed #4 Pour le quatrième volet de ses soirées techno « underground, inclusives et LGBTQI+ friendly » Unleashed, (...)

Damien Grimbert | Mercredi 6 octobre 2021

Trois soirées pour danser

08.10.21 > Drak-Art Unleashed #4 Pour le quatrième volet de ses soirées techno « underground, inclusives et LGBTQI+ friendly » Unleashed, l’équipe d’Infrason a invité en tête d’affiche l’une des sensations du moment, le jeune Parisien Trym. Ses caractéristiques : ressusciter l’âge d’or de la rave des années 90 par tous les moyens en sa possession : techno haute intensité, hardtrance, samples vocaux, acid… Une formule éprouvée, tout sauf subtile, mais d’une efficacité absolument redoutable, comme en témoigne son récent set pour la série Hard Dance de Boiler Room. 08.10.21 > Belle Electrique I Hate Models / Vel / Tauceti Figure de proue de la scène techno industrielle actuelle, I Hate Models fusionne dans sa musique une force de frappe sans commune mesure, un goût affirmé pour les sonorités sombres, rugueuses et brutes de décoffrage, mais également une facette plus mélodique et subtile, issue d’un héritage mélancolique qui trouve ses sources dans

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Apparat, épopée pop

Electro | Auteur d’une pop ciselée et élégante teintée de subtiles textures électroniques, le prodige allemand Apparat sera de passage mercredi 22 septembre à la Belle Electrique le temps d’un live qui s’annonce prometteur.

Damien Grimbert | Mardi 7 septembre 2021

Apparat, épopée pop

Figure emblématique de la scène électronique allemande depuis maintenant plus de deux décennies, Sascha Ring alias Apparat aura consacré une bonne partie de sa carrière à apprivoiser et faire sien un format auquel il était à l’origine totalement étranger : celui de la pop music. Après quelques années à écumer les clubs en tant que DJ techno, il sort ainsi en 2001 sur le label Shitkatapult qu’il dirige avec Marco Haas son premier album Multifunktionsebene, qui propose une IDM minimaliste peuplée de rythmiques brutes et de mélodies mélancoliques. Puis, au fil des années et des sorties d’albums, ses compositions vont s’étoffer progressivement d’instruments acoustiques, de chants et de collaborations avec d’autres musiciens comme Ellen Allien, au côté de laquelle il signe en 2006 un remarqué Orchestra of Bubbles sur Bpitch Control, le label de cette dernière. Un cap est passé, qui va encore s’affiner dans les années qui suivent au point qu’à la sortie de son album The Devil’s Walk sur Mute en 2011, les orchestrations pop, l’ambient et les inspirations shoegaze jouent déjà amplement à part égal

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Esthétiques transalpines

ARTS | Avec Italia Moderna, le musée de Grenoble propose, en écho à l'oeuvre de Morandi, une exposition qui dresse un bel aperçu d’un siècle de création transalpine à travers la sélection d’une soixantaine de pièces issues de ses collections.

Benjamin Bardinet | Jeudi 20 mai 2021

Esthétiques transalpines

Pensé de façon chronologique, le parcours de l'exposition Italia Moderna permet de réaliser à quel point, tout au long du XXe siècle, les artistes italiens ont marqué l’histoire de l’art occidental grâce à des formes artistiques singulières, propres à ce territoire et à son histoire. Cet accrochage est en effet l'occasion de contempler plusieurs chefs d’œuvre de la modernité italienne : un magnifique portrait de Modigliani, les inquiétants Époux de Chirico mais également quelques œuvres futuristes dont les représentants vouaient une fascination pour les aspects les plus radicaux de la modernité industrielle – comme une manière de s’émanciper une bonne fois pour toutes de l’héritage étouffant de la Renaissance. Daté de 1930, Le Scaphandrier des nuages de Prampolini témoigne du goût particulier des futuristes pour l’aéronautique et préfigure la conquête de l’espace à venir. Dans les années 1950, c’est à une autre forme de conquête de l’espace que nous invite Fontana dont le geste iconoclaste et minimal qui consiste à percer la surface de la toile annonce le désir des artistes de s’exprimer en dehors de celle-ci. Puis, les a

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Morandi en (future) prolongation

Exposition | Le Musée de Grenoble l’a confirmé : sa grande exposition consacrée au peintre italien, qui devait ouvrir en décembre dernier et reste actuellement portes closes, verra sa date de clôture reportée.

Martin de Kerimel | Mardi 2 mars 2021

Morandi en (future) prolongation

Cela fera bientôt trois mois que le Petit Bulletin a, comme d’autres médias, eu la chance de découvrir le nouvel accrochage du Musée de Grenoble. Cette mise à l’honneur de Giorgio Morandi, maître italien méconnu et spécialiste des natures mortes, nous avait emballés. On imagine volontiers le désarroi de l’équipe du Musée face à l’impossibilité de la présenter au grand public, crise sanitaire oblige, et alors même que l’ouverture officielle de l’événement était prévue le 12 décembre dernier. On est donc ravi d’apprendre que la date de clôture a pu être reportée : alors que tout devait s’achever le 14 mars, c’est finalement jusqu’au 4 juillet que le Musée pourra jouer les prolongations. Un rappel : c’est à travers le regard de l’un de ses collectionneurs que l’exposition entend proposer une introduction intimiste à l’univers de l’artiste bolonais. Aux cinquante pièces prêtées par la Fondation italienne Magnani-Rocca s’en ajoutent d’autres conservées en France. Reste en suspens la question du premier jour d’ouverture. C’est aussi parce que l’événement est double – et propose une section Italia Moderna, autour de la présentation d’une soixantaine d’œuvres de la co

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Libraires et disquaires lèvent le rideau

ACTUS | Reprise. À l’image de l’ensemble des commerces, librairies et disquaires ont pu rouvrir leurs portes samedi 28 novembre. Une reprise d’activité espérée pendant de longues semaines et attendue par leurs clients.

Sandy Plas | Mardi 8 décembre 2020

Libraires et disquaires lèvent le rideau

Il y a eu l’attente et l’incompréhension. Puis, finalement, l’annonce au sommet de l’État de la réouverture des commerces. Une bouffée d’oxygène espérée, notamment par les commerces culturels, contraints à la fermeture, fin octobre, car jugés non-essentiels. À Grenoble, comme partout en France, les libraires ont donc pu lever le rideau samedi 28 novembre, pour accueillir à nouveau leurs clients, qui étaient au rendez-vous en ce premier jour d’ouverture : « On est très contents d’avoir rouvert, les clients étaient bien là dès le samedi, c’était une très belle journée, tout le monde avait le sourire », raconte Noémie Leclercq, responsable de la librairie spécialisée BD Momie Folie. À la librairie les Modernes, spécialiste notamment du livre jeunesse, installée dans le quartier Championnet, le constat est le même : « La réouverture est très sportive, il y a du monde et du travail. » « Comme lors du premier déconfinement, les gens sont là en nombre, note, de son côté, Nicolas Trigeassou, directeur de la librairie du Square. Les lecteurs ont énormément de plaisir à retrouver un lieu qui leur est cher. Rien ne remplace le fait de flâner dans la

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Morandi comme espéré

ARTS | Peinture. C'est LE grand événement du Musée de Grenoble prévu pour la fin de l'année : une grande exposition consacrée au peintre italien Giorgio Morandi doit ouvrir ses portes le 16 décembre. Et ce n'est pas tout...

Martin de Kerimel | Mardi 8 décembre 2020

Morandi comme espéré

Le prochain grand événement du Musée de Grenoble approche à grand pas : du 16 décembre au 14 mars prochain, l’établissement mettra à l’honneur le grand peintre et graveur italien Giorgio Morandi (1890-1964). De quoi surprendre les visiteurs du Musée des deux précédentes expositions temporaires, consacrées à Pablo Picasso et aux artistes grenoblois du XIXe siècle. Les esthètes apprécieront cette diversité thématique, mais on veut croire que les profanes seront eux aussi intéressés par les œuvres de ce spécialiste des natures mortes. Une précision issue du dossier de presse : « C’est à travers le regard de l’un de ses collectionneurs, Luigi Magnani, que l’exposition se propose d’aborder l’univers du maître bolonais. Grâce au prêt généreux consenti par la Fondation Magnani-Rocca de 50 œuvres de l’artiste, complété par celles conservées dans les musées français, le parcours se veut avant tout une introduction intimiste à l’univers de Morandi. » Le Musée parvient à faire coup double, en organisant – aux mêmes dates – une exposition en contrepoint : Italia Moderna, autour d’une sélection d’une soixantaine d’œuvres de sa collection d’art italien du XXe siècle. On a h

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Panthère Première, le fond et la forme

CONNAITRE | Rencontre / Épatante revue indépendante d’une centaine de pages lancée en septembre 2017, Panthère Première investira la librairie Les Modernes du jeudi 1er au samedi 3 octobre, le temps de deux expositions, d’une discussion et d’un atelier de gravure à prix libre.

Damien Grimbert | Mardi 22 septembre 2020

Panthère Première, le fond et la forme

Épatante revue indépendante d’une centaine de pages lancée en septembre 2017, Panthère Première investira la librairie Les Modernes du jeudi 1er au samedi 3 octobre, le temps de deux expositions, d’une discussion et d’un atelier de gravure à prix libre. Forcément, un nom aussi éclatant, ça interpelle, mais ce n’est pas pour autant, loin s’en faut, sa seule singularité, comme nous l’explique Gaëlle Partouche, fondatrice de la librairie de la rue Lakanal : « Panthère Première, c’est une revue de critique sociale, qui interroge la porosité entre ce qui relève de la sphère privée et ce qui relève de la sphère publique, et la manière dont nos vies privées sont traversées par le politique. » Proposant dans chaque numéro des thématiques à l’intersection de « ce qui est renvoyé à l’intime (famille, enfance, habitat, corps, maladie, sexualités…) et des phénomènes qui cherchent à faire système (État, industrie, travail, colonialisme, rapports de genre…) », la revue aborde une impressionnante diversité de sujets écrits et illustrés par des contributeurs et contributrices, mais sélectionnés par un collectif éditorial constitué exclusivement de femmes. Un choix d

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Nouveau chapitre

Lectures | La lecture a été pour beaucoup un moyen d’évasion pendant le confinement. Aujourd’hui, la réouverture des bibliothèques et librairies enthousiasme de nombreux lecteurs. Ces structures nous en disent plus sur leurs conditions de reprise.

Nathalie Gresset | Mardi 9 juin 2020

Nouveau chapitre

« Beaucoup de personnes sont venues à la librairie depuis le 12 mai. Elles étaient contentes de nous retrouver et certaines avaient choisi d’attendre qu’on rouvre pour acheter des livres chez nous. C’était très émouvant. » Cet enthousiasme des lecteurs que constate Gaëlle Partouche, gérante des Modernes, a aussi été observé par d’autres libraires de la ville. « Les clients nous ont communiqué leur joie de revenir dans un lieu qui leur est cher et dont on mesure d’autant plus l’importance après une période de privation. Le fait que les librairies soient l’un des premiers lieux de culture à rouvrir participe à cette impression d’engouement », note Claire Criscuolo, directrice de la librairie Arthaud. Pendant le confinement, certaines boutiques avaient mis en place un système de retrait de livres, réservés en amont, et pouvaient déjà constater la très grande attente des lecteurs. «Quand on a instauré ce dispositif fin avril, la queue des personnes venant chercher leur commande faisait presque 100 m, remarque Nicolas Trigeassou, à la tête de la librairie Le Square.On a réalisé à quel point on était attendu. On a aussi reçu de nombreu

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Made In Taïwan

Cycle | La Palme de l'originalité à la Cinémathèque de Grenoble : jeudi 12 et vendredi 13 mars, l'établissement programme une série de films taïwanais. De quoi surprendre... agréablement !

Damien Grimbert | Mardi 10 mars 2020

Made In Taïwan

C’était le genre d’événement à vous faire regretter de ne pas vivre à Paris : en avril dernier, la Cinémathèque française consacrait une impressionnante rétrospective au "cinéma de (mauvais) genre taïwanais" des années 60 à 80, composée de treize films rares et à peu près invisibles en toute autre circonstance. C’est donc peu dire que l’on est ravi du choix de la Cinémathèque de Grenoble de reprendre à son tour une partie de ce cycle jeudi 12 et vendredi 13 mars au cinéma Juliet-Berto, avec une sélection allant du film d’auteur contestataire (The Mountain, The End of the Track) au film de sabre en langue taïwanaise (The Vengeance of the Phoenix Sisters), en passant par la comédie sociale transgressive (The Elegant Mr Hu). Comme l’explique Wafa Ghermani, curatrice de la rétrospective, « le titre de la rétrospective joue sur la polysémie de l'expression mauvais genre. Il s'agit de mettre en avant des films qui tentaient de s'échapper de la chape du discours dominant imposé par le gouvernement nationaliste chinois en place. Les films officiels mettaient en scène une société idéale sous l'autorité du gouvernement. Les films

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"Entre deux genres d'humanité" : splendeur et misère par Louis Jammes

Exposition | Visite guidée de l'exposition que l'Espace Vallès de Saint-Martin-d'Hères consacre au photographe français.

Benjamin Bardinet | Lundi 10 juin 2019

Né à Carcassonne en 1958, Louis Jammes s’est fait connaître dans les années 1980 en photographiant les artistes superstars de l’époque dans des décors inspirés par leurs œuvres. Il appartenait alors à une génération soucieuse de rompre avec le dogme moderniste qui, depuis les années 1950, défendait un art pur, élitiste, autoréférentiel et généralement abstrait. Issu de la figuration libre, Jammes revendiquait au contraire un usage complètement libéré des techniques, produisant des images hybrides "photographico-picturalo-théâtrales". Avec le temps, sa pratique s’est formellement assagie. Il intervient désormais rarement graphiquement sur ses tirages. Et, surtout, privilégie une pratique plus documentaire et sociale. D’où le fait que sur le grand mur de l’Espace Vallès qui l’expose, ce ne sont pas des photographies de stars qui sont présentées mais celles de femmes, d’hommes et d’enfants dans ce qu’ils ont de plus humain. On y découvre des immeubles défoncés par des impacts de balles, des enfants jouant à la guerre avec des armes factices (et, même, parfois, sur de vrais tanks)… Des femmes en fichu et les graffitis en cyrilliques nous laissent

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Un Microsaloon pour « donner un bon panorama de l’univers de la microédition »

Événément | Cinquième édition ce samedi 25 mai pour le salon de microédition à ciel ouvert au succès sans cesse renouvelé, organisé à Grenoble dans les rues Lakanal et Aubert-Dubayet (quartier Championnet) par l’asso RbGp. L’occasion de faire le point avec ses deux fondateurs, Gaëlle Partouche et Richard Bokhobza.

Damien Grimbert | Mardi 21 mai 2019

Un Microsaloon pour « donner un bon panorama de l’univers de la microédition »

Ce n’est pas une mince affaire que de fédérer un public aussi large autour d’une pratique aussi confidentielle que celle de la microédition. C’est pourtant la gageure remportée depuis cinq ans par le Microsaloon, porté à bout de bras par Gaëlle Partouche et Richard Bokhobza. Une manifestation aujourd’hui bien inscrite dans le paysage, comme l’explique le duo. « Ça reste un événement singulier, mais le fait que ça se passe dehors, dans la rue, en accès libre et gratuit, permet de limiter le risque d’entre-soi. Le public est très passant, très familial, et ça crée un brassage, des discussions, qu’on ne pourrait pas avoir dans un lieu fermé : beaucoup tombent dedans à la sortie du marché des créateurs, on les voit arriver, et 1h30 plus tard, ils sont encore là. C’est là qu’on se dit que c’est gagné. » Un succès que l'on doit aussi à la programmation. « Il y a du renouveau dans les exposants, on accueille des gens de Grenoble mais aussi de Lyon, de Turin, de Bordeaux, de Lille, de Paris, de Belgique… Certains reviennent d’année en année, d’autres viennent pour la première fois, il y a des jeunes de 20

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Off Models : modern love

Concert | Le groupe de Valence dévoilera son premier album jeudi 21 mars sur la scène de l'Ampérage. On lui prédit un avenir prometteur.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Off Models : modern love

L’album d'Off Models sorti l’an passé a pour titre Never Fallen in Love et s'ouvre sur un morceau baptisé Fast Life. Voilà qui résonne étrangement comme Ever Fallen in Love et Fast Cars, deux des hymnes romantico-punks emblématiques des Buzzcocks, formation du regretté Pete Shelley. D'autant que le sextet valentinois, issue des galaxies H-Burns / Forest Pooky, s'inscrit à plein dans cette veine indie punk avec de jolies aspirations mélodiques et romantiques grattant les stigmates d'amours roulées dans la poussière et des frustrations sans remède éternellement adolescentes. Laquelle veine embrasse également un son plus ou moins lo-fi… Mais les gu

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Grand bain musical à Musilac

Festival | Vieilles gloires, valeurs sûres, piliers de festoche, jeunes pousses, smoothies de genres et autres étrangetés à découvrir : le festival lacustre Musilac, prévu du jeudi 12 au dimanche 15 juillet à Aix-les-Bains (Savoie), va baigner l'été musical d'un éclectisme qui attire les foules comme les amateurs éclairés, jusqu'à les confondre. La preuve avec la programmation détaillée par jour.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Grand bain musical à Musilac

Old Wave le jeudi D'une certaine manière, s'il fallait un hymne en ouverture de cette édition 2018 de Musilac, il pourrait consister en trois bouts de refrains se répondant depuis le fin fond des âges 80 ; quand les uns martèleraient « I Just can't get enough », les autres répondraient « Don't you forget about me » ou « Always the sun ». Car, on l'aura compris, c'est une soirée très marquée "ressac de la new wave" que celle du jeudi, avec Depeche Mode, Simple Minds et The Stranglers – quand bien même les carrières de chacun de ces groupes britanniques n'auraient pas résisté d'égale manière au passage du temps. Pour le reste, on notera que J. Bernardt, transfuge des Belges de Balthazar, remplacera numériquement son collègue Warhaus, présent l'an dernier ce même soir ; que le rock indé répondra présent avec le Stroke Albert Hammond Jr. (le meilleur d'entre eux, sans doute), Findlay et The Mistery Lights ; que les amateurs de bizarrerie en auront pour leur compte avec le black metal-gospel-blues de Z

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Microsaloon : quand la microédition tient salon en pleine rue

Événement | Organisé pour la quatrième année consécutive dans les rues Lakanal et Aubert-Dubayet par l’association RbGp, le Microsaloon, prévu ce samedi 26 mai, est désormais un événement bien établi… qui n’en reste pas moins parfois un peu mystérieux pour le néophyte. Explications.

Damien Grimbert | Jeudi 24 mai 2018

Microsaloon : quand la microédition tient salon en pleine rue

Véritable vivier artistique d’une créativité peu commune, l’univers de la microédition regroupe d’innombrables créations imprimées de façon indépendante et le plus souvent artisanale par le biais de multiples procédés comme la sérigraphie, la photocopie, la risographie, la ronéotypie… pour n’en citer qu’une poignée. Permettant d’expérimenter tant sur le fond (ce qu’on imprime) que sur la forme (la façon dont on imprime), elle offre ainsi une infinité de possibilités dont se sont emparés au fil des années une pléiade d’artistes et de (micro-)éditeurs adeptes de l’autoproduction. Émanation de la culture "Do It Yourself" qui permet de créer par ses propres moyens sans reposer sur le bon vouloir des réseaux de production établis, elle a de ce fait attiré en premier lieu dans son sillage des artistes oscillant le plus souvent dans les marges de la création artistique officielle et des cultures populaires. Une scène essentiellement "underground" donc, qui peut aujourd’hui, grâce à des initiatives telles que le Microsaloon, s’exposer au grand jour et à la découverte de publics non-initiés.

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I Hate Models : le feu et la glace

Soirée | « I Hate Models est une des figures fortes de la techno française en ce début d'année 2018 » nous assure l’asso The Dare Night qui le programme vendredi 9 mars à l’Ampérage. On vous en dit plus.

Damien Grimbert | Mardi 6 mars 2018

I Hate Models : le feu et la glace

À l’instar de bon nombre d’artistes évoluant aux confins de la scène techno industrielle européenne actuelle, le Français I Hate Models fusionne dans ses productions comme dans ses DJ-sets diverses influences qui pourraient – a priori – sembler contradictoires. D’un côté, une force de frappe sans commune mesure et un goût affirmé pour les sonorités sombres, rugueuses et brut de décoffrage. Et de l’autre une facette plus mélodique et subtile, issue d’un héritage mélancolique qui trouve ses sources dans la synth-pop, la cold-wave et l’ambient, ainsi que les premières vagues rave et trance du tout début des années 1990. Cette confluence entre puissance d’impact et sophistication, atmosphères éthérées et brutalité rythmique, est pour beaucoup dans l’accueil chaleureux reçu par la flopée d’EPs sortis par le jeune artiste entre 2016 et 2017 pour des labels comme Arts, Columbia, Monnom Black, Voitax ou Toxic Waste Buried. On retrouve d’ailleurs un goût du paradoxe assez similaire (mais dans une veine plus déconstruite et expérimentale) dans la musique du Parisien Paulie Jan (Container, Tripalium Corp, Intervision), dont la performance live de

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Grégory et Lagarce, à table

Soirée lectures | Mercredi 14 février, le metteur en scène et comédien grenoblois Grégory Faive proposera une soirée de lectures autour de textes de Jean-Luc Lagarce, l'un des auteurs contemporains de théâtre les plus joués en France.

Aurélien Martinez | Mardi 6 février 2018

Grégory et Lagarce, à table

Le collectif grenoblois Troisième bureau aime bien défendre les auteurs contemporains de théâtre. L’Université Grenoble Alpes aussi. Du coup, pour la quatrième fois consécutive, les deux se sont associés pour une soirée de lectures, cette année consacrée à Jean-Luc Lagarce (photo), comète de la fin du siècle dernier (il est mort du sida en 1995, à 38 ans) qui a laissé derrière lui une œuvre très appréciée par le monde du théâtre – et même au-delà, sa pièce Juste la fin du monde ayant été adaptée au cinéma en 2016 par Xavier Dolan. Aux commandes de ce projet, le metteur en scène et comédien grenoblois Grégory Faive qui, cela tombe bien, a « une affec

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La techno autrement avec Modeselektor et Avalon Emerson

Soirée | S’ils officient chacun dans des registres distincts, le duo de vétérans berlinois Modeselektor et la jeune artiste américaine Avalon Emerson n’en partagent pas moins une volonté commune de sortir la techno et la house des ornières dans lesquelles elles semblent trop souvent embourbées. On en aura la confirmation samedi soir sur la scène de la Belle électrique.

Damien Grimbert | Mardi 21 novembre 2017

La techno autrement avec Modeselektor et Avalon Emerson

Il en va des musiques électroniques comme de tout autre champ artistique : une fois passées les premières années d’existence, on a vite tendance à sombrer dans la routine, le confort et la répétition. Et cela, l’iconoclaste duo Modeselektor l’a compris mieux que quiconque : de leurs premiers EPs remarqués pour le label BPitch Control au début des années 2000 à leur acclamée trilogie d’albums de 2005, 2007 et 2011 en passant par les sorties de leur label Monkeytown, Gernot Bronsert et Sebastian Szary n’ont eu de cesse d’introduire de nouvelles influences dans la techno pour mieux en ressusciter sa puissance d’évocation initiale. L’œuvre de Modeselektor est ainsi définie en bonne partie par son caractère collaboratif : rappeurs avant-gardistes (TTC, Busdriver, Antipop Consortium), rockers alternatifs (Thom Yorke, PVT), sans oublier bien sûr leur side-project au long cours Moderat aux côtés d’Apparat. Pour autant, la véritable force du duo réside avant tout dans sa capacité à conserver une cohérence parfaite au sein de projets qui, entre des mains moins habiles, auraient vite pu virer au fourre-tout indigeste. Cohérence

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"Wallace & Gromit : cœurs à modeler" : ils sont de retour (et tant mieux)

ECRANS | de Nick Park (G.-B., 0h59) animation

Vincent Raymond | Mardi 7 novembre 2017

Têtes de gondole de la maison Aardman, Wallace et Gromit reviennent ces derniers mois sur les écrans à la faveur de rééditions aussi agréables à revoir que frustrantes : depuis Le Mystère du Lapin-Garou (2005), les deux comparses semblaient avoir été délaissés au profit d’un personnage plus mignon ou plus lucratif puisqu’il est devenu le héros d’une série autonome : Shaun le mouton. Composé de deux courts métrages, Cœurs à modeler accentue ce double sentiment puisqu’il réunit A Close Shave (une fantaisie fantastique de 1995 entre Delicatessen et Terminator, marquant d’ailleurs la "naissance" du jeune ovidé Shaun) et A Matter of Loaf and Death, un inédit de 2008 où Wallace, reconverti dans la boulange, tombe sous le charme d’une femme fatale aux allures d’ogresse jetant son dévolu sur tous les mitrons. Heureusement que l’enfariné benêt pourra compter sur la clairvoyance muette de Gromit pour le tirer de ce fichu pétrin… Bourrée d’astuces visuelles virtuoses et rythmée par un sens du gag irrésistible, cette série représente ce que l’animation britannique a fait de mieux da

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"Le Prix du succès" : la rançon de la gloire (et la monnaie de sa pièce)

ECRANS | de Teddy Lussi-Modeste (Fr., 1h32) avec Tahar Rahim, Maïwenn, Roschdy Zem…

Vincent Raymond | Mardi 29 août 2017

Sur scène, Brahim (Tahar Rahim) fait rire. Et son succès profite à toute sa famille, en particulier à son irascible aîné Mourad (Roschdy Zem) qui le cornaque depuis toujours. Violent, jaloux de Linda (Maïwenn), la fiancée et metteuse en scène de Brahim, Mourad devient un obstacle dont son frère décide se séparer. Sans le lui dire… Teddy Lussi-Modeste quitte le monde gitan servant de décor à sa première réalisation Jimmy Rivière mais n’abandonne pas pour autant les histoires d’emprises claniques, où la parole (autant le verbe que la promesse) joue un rôle central. Il reste également proche des Écritures : ces histoires de bisbille entre frères, de prodigalité, de respect des anciens, de trahison des proches, de tentation… Tout cela à des relents ma foi bien bibliques. Mais si la progression dramatique de son intrigue impliquait un inéluctable virage vers le genre polar, celui-ci intervient hélas trop tard, dans un croupion de film – alors qu’il y avait matière à en faire un ress

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"Genre humain" : le genre ludique de Kinton

Centre d'art | Une exposition à découvrir aux Moulins de Villancourt jusqu’au samedi 24 juin.

Charline Corubolo | Mardi 13 juin 2017

De jeux de mots en sculptures pop surréalistes, Kinton nous emmène dans un univers ludique et décalé où l’œuvre se fait interactive. Jouant avec les signes et la sémantique, cet ancien professeur de sémiologie et dessinateur de presse détourne les codes de la représentation pour amener le visiteur dans un monde plastique où le sens passe par une odeur, une image, un son... Dans l’antre des Moulins de Villancourt, c’est plus de 300 sculptures et tableaux qui envahissent l’espace dans un bazar joyeusement absurde abordant des sujets aussi variés que la musique, la guerre, la société, les réseaux sociaux... Au cœur de cette brocante artistique, petits et grands sont invités à interagir avec les œuvres pour se les approprier. À travers une esthétique originale, l’exposition Genre humain éveillera les sens des enfants, tandis que les contrepoints textuels soigneusement choisis interrogeront les plus grands. Une proposition récréative à découvrir jusqu’au samedi 24 juin.

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Le Microsaloon défend « une édition qui prend son temps »

Événement | Le Microsaloon, manifestation couteau suisse consacrée à la microédition, revient ce samedi 20 mai pour une troisième édition grenobloise. Temple à ciel ouvert de la sérigraphie, du fanzine et du "do it yourself" de l’édition, ce "saloon" prône un artisanat de qualité. Rencontre avec Gaëlle Partouche et Richard Bokhobza qui l'organisent.

Charline Corubolo | Mardi 16 mai 2017

Le Microsaloon défend « une édition qui prend son temps »

Samedi 20 mai aura lieu quartier Championnet à Grenoble la troisième édition du "saloon" de la microédition. Quelle est votre définition de la microédition ? Gaëlle Partouche et Richard Bokhobza : Il s'agit de la fabrication d’objets papier, que ce soit l’écriture, le dessin, le graphisme…, par des passionnés, qu’ils soient éditeurs indépendants, artistes ou pratiquants amateurs. Des objets produits ​de façon autonome et bien souvent artisanale. En résumé : livres, fanzines, affiches, tracts, dépliants... Les techniques tournent autour de la main : photocopie, sérigraphie, collage... C’est donc une édition qui prend son temps, qui a peu d’argent et qui favorise l’expression libre et les expérimentations, dans une idée de partage et de transmission des savoirs et des moyens de production.​ Quel est le but de ce "saloon" ? Il a pour vocation de présenter un large panel des productions papier d’ici et de maintenant, de faire découvrir la ​formidable (sur)

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En attendant le Microsaloon...

Preview | En amont de la troisième édition du salon de la microédition de Grenoble (le désormais fameux Microsaloon, qui se déroulera samedi 20 mai rue Lakanal et (...)

Damien Grimbert | Mardi 2 mai 2017

En attendant le Microsaloon...

En amont de la troisième édition du salon de la microédition de Grenoble (le désormais fameux Microsaloon, qui se déroulera samedi 20 mai rue Lakanal et sur lequel on reviendra plus en détail le moment venu), la librairie Les Modernes, co-organisatrice de l’événement avec l’Atelier Octobre, propose une pléiade d’animations en relation tout le mois de mai. Outre une infra-librairie éphémère in situ, qui réunira les œuvres "Do It Yourself" d’une soixantaine de micro-éditeurs, on vous recommande aussi chaleureusement le vernissage d'Il Paraît, exposition des collages d’Audrey La Delfa (photo) le jeudi 4 mai à 19h, qui sera ponctué d’une lecture collage. Le mardi 9 mai à 18h, place à une rencontre-dégustation avec Antonin Iommi-Amunategui, auteur du Manifeste pour le vin naturel et du Manuel pour s'initier au vin naturel. Le jeudi 11 mai entre 12h et 14h, c’est l’École Supérieure d’Art de Grenoble qui prendra le relai avec une « cantine Fanzing » qui permettra de découvrir en avant-première un échantillon du Microsaloon. Enfin, retour aux Modernes le samedi 13 mai où le professeur Draw Draw viendra dévoiler son alléchant « m

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"Rencontres avec Elliott" : fiction rock signée Sylvain Ansoux

CONNAITRE | L'auteur installé à Grenoble présentera son premier ouvrage vendredi 1er juillet à la librairie Les Modernes. Petite rencontre.

Damien Grimbert | Mardi 28 juin 2016

Passionné de musique et de littérature, Sylvain Ansoux a logiquement consacré son premier ouvrage Rencontres avec Elliott à un musicien. En l’occurrence l’Américain Elliott Smith, figure adulée de la scène rock indépendante des années 1990, disparu à 34 ans dans des circonstances tragiques. « J'ai pensé que ça ferait un bon début d'histoire. Puis je me suis vite rendu compte que, des années plus tard, ses proches restaient complètement fascinés par cet artiste, une obsession qui rejoint celle de notre époque pour les chanteurs morts. » D’où l’idée de confronter l'univers d'Elliott Smith avec celui « d’un fan de pop lambda, mais qui quelque part est comme une espèce de double du musicien ». « Plutôt que de faire une biographie, j'ai préféré écrire un roman car à mon sens la fiction saisit parfois mieux le réel » explique l'auteur installé à Grenoble qui a conçu son récit en forme de thriller comme un hommage conjoint « aux années 1990, à la scène grunge et aux polars français de l'époque ». Soit autant de sujets dont on pourra discuter avec lui à l’occasion de sa séance de dédicaces, organisée ce vendredi de 18h à 21h à la li

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Microsaloon : la micro-édition prend la rue

CONNAITRE | Dédié aux "objets-papiers" de toutes formes (fanzines, livres, posters, collages…) fabriqués et édités de manière artisanale par des artistes indépendants, le Microsaloon de la petite édition revient ce samedi dans deux rues grenobloises pour une nouvelle… édition. On a rencontré les organisateurs.

Damien Grimbert | Mardi 24 mai 2016

Microsaloon : la micro-édition prend la rue

Pratique artistique peu médiatisée et encore souvent confinée à l’underground, la micro-édition ne cesse pour autant de gagner en influence (et en affluence) avec les années. « À l’origine, il y a ce besoin, ou cette volonté, de créer un objet imprimé par soi-même, avec des moyens très limités » expliquent Gaëlle Partouche et Richard Bokhobza, à l’origine de la manifestation. « Pendant longtemps, ce sont les systèmes de production qui ont influé directement sur l’objet : il y a eu une explosion dans les années 1980 avec l’apparition de la photocopieuse, qui s’est ajoutée à la pratique de la sérigraphie depuis les années 1960 et 1970, et à la ronéotypie encore avant. Tout ça s’est un peu atténué à la fin des années 1990, mais là, il y a vraiment une résurgence depuis quelque temps. » Rançon de la gloire, le champ de la micro-édition, déjà pas évident à circonscrire, s’est encore complexifié. « Avant, les créateurs de fanzines ou d’affiches démarraient avec des contraintes fortes, tout en aspirant au savoir-faire du graphisme ; il y avait une volonté de tirer les choses vers le haut. Maintenant, c’est un peu l’inverse, certains éditeurs ou graphiste

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Des hommes et des balles avec le collectif Petit travers

SCENES | Le collectif lyonnais s'arrête à Voiron et à Échirolles avec deux spectacles différents (une grande forme et un trio) néanmoins portés par la même ambition : celle d'un jonglage poétique fort en images.

Aurélien Martinez | Mardi 3 mai 2016

Des hommes et des balles avec le collectif Petit travers

Avec Le Petit travers (à lire : notre interview), on est clairement du côté du jonglage poétique. Une poésie qui se retrouve jusque dans les titres à rallonge des spectacles que le collectif donnera cette semaine dans l’agglo grenobloise. Les Beaux Orages qui nous étaient promis d’abord, ballet pour sept interprètes à la technicité remarquable. Un art du jonglage parfaitement maîtrisé qui s’enrichit de l’apport d’autres arts, comme la danse ou encore la musique – elle a été créée par le compositeur Pierre Jodlowski, très branché musique contemporaine. Pan-Pot ou modérément chantant ensuite, petite forme pour trois jongleurs et une pianiste elle plutôt branchée classique (Liszt, Beethoven, Mozart, Bach, Wagner…) pour une incroyable chorégraphie de balles comme autant de notes de musique échappées de partitions invisibles. Poétique donc. On avait découvert Pan-Pot en

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Julien Clément (Petit travers) : « Avoir un spectateur à l’affût »

Spectacles | Le collectif Petit travers, défenseur depuis treize ans d’un jonglage poétique fort en images, débarque à Grenoble avec deux spectacles – une grande forme pour sept interprètes et un trio avec piano. Deux véritables réussites qui nous ont donné envie de passer un coup de fil à Julien Clément, co-directeur artistique du collectif.

Aurélien Martinez | Mardi 3 mai 2016

Julien Clément (Petit travers) : « Avoir un spectateur à l’affût »

Avec le collectif, vous faites du jonglage, mais pas un jonglage simplement limité à la performance… Julien Clément : Oui. On utilise le jonglage comme un matériau, comme un outil de scène, comme une possibilité de langage. Et tout ça dans une visée poétique et musicale. On essaie de proposer un cadre assez simple pour jouer sur la surprise, pour avoir un spectateur à l’affût, pour l’étonner, le surprendre… Avec, en stars de chaque spectacle, les balles de jonglage. Même si, dans les deux créations que vous présentez à Grenoble, leur rôle est très différent… Pour chaque spectacle, on essaie de redéfinir cet objet, de savoir si c’est quelque chose d’abstrait ou si c’est un être animé d’une vie propre. Dans le tout début de Pan-Pot ou modérément chantant, il y a la mise en place de l’histoire de ces balles qui sont comme autonomes, qui ont leur trajectoire de vie : même si on comprend qu’elles sont jonglées, on ne voit pas les jongleurs, on ne voit pas leurs mains, ils sont vraiment dépersonnalisés. Pour Les Beaux Orages qui nous étaient promis, on a plus pris ces balles co

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Les Malheurs de Sophie

ECRANS | Cinéaste aux inspirations éclectiques (mais à la réussite fluctuante), Christophe Honoré jette son dévolu sur deux classiques de la Comtesse de Ségur pour une surprenante adaptation à destination des enfants autant que des adultes… Vincent Raymond

Vincent Raymond | Lundi 18 avril 2016

Les Malheurs de Sophie

La filmographie de Christophe Honoré ressemble à la boîte de chocolats de Forrest Gump (« on ne sait jamais sur quoi on va tomber »), à la différence notable que chacune de ses douceurs est dûment ornée d’une étiquette… omettant de signaler sa teneur en poivre ou piment. Résultat : appâtés par ses distributions appétissantes, becs sucrés et novices ressortent invariablement de ses films la gueule en feu ; quant aux autres, à force d’être échaudés, ils ont appris la méfiance et à espérer davantage de saveur dans la “seconde couche”, lorsque l’enrobage les déçoit. Sophistication, heurs et malheurs Bien que prolifique auteur de romans jeunesse, Honoré n’avait encore jamais franchi le pas au cinéma, où il flirte avec un public de préférence âgé de plus de 16 ans. S’emparant d’un pilier des bibliothèques respectables que sont Les Malheurs de Sophie, il procède à l’inverse de Jean-Claude Brialy, lequel avait réalisé en 1981 une transposition sagement premier degré, aux remugles de vieille confiture. Plutôt qu’égrener les sottises de la gamine dans une enfilade de saynètes (ce que l’ouvrage, dans sa forme théâtrale, incite à faire, et l’amorce du

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The Danish girl

ECRANS | De Tom Hooper (GB, 2h) Avec Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Ben Whishaw…

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

The Danish girl

Cela va finir par se voir : certains réalisateurs et comédiens n’aspirent qu’à garnir leur cheminée de trophées. Peu leur importe le film, du moment qu’il satisfait à quelques critères d’éligibilité : biopic avec sujet concernant, pathos et performance d’interprète bien apparente. Sa sinistre parenthèse Les Misérables refermée, Tom Hooper renoue donc avec le portrait académique en jetant son dévolu sur Einar Wegener, peintre danois(e) entré(e) dans l’Histoire pour avoir fait l’objet d’une opération de réattribution sexuelle. Mais Hooper, léger comme un bison scandinave, tangue entre clichés niais et ellipses hypocrites – ah, la ridicule propension à occulter les aspects biographiques trop abrupts ! Il ne suffit pas de costumer un acteur aux traits androgynes pour créer un personnage authentique, ni de lui demander d’exécuter des poses délicates et des grimaces pleines de dents comme Jessica Chastain pour figurer le trouble ou l’émoi. L’inspiration et l’originalité du Discours d’un roi semblent, décidément, taries…

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Bang Gang

ECRANS | Des lycéens comblent le désert de leur existence en se prenant en main, c’est-à-dire les uns avec les autres et dans tous les sens… Inspirée par un fait divers, Eva Husson n’a pas froid aux yeux pour son premier long-métrage qui, sans être bégueule, se révèle plus stuporeux que stupreux…

Vincent Raymond | Mardi 12 janvier 2016

Bang Gang

Identifié par ses pom-pom girls aux pectoraux avantageux, ses capitaines d’équipe de football athlétiques mais bas du front, ainsi que par ses forts en thème malingres, myopes, boutonneux et polycomplexés, le film de lycée ("high school movie") est un genre à part entière outre-Atlantique. Cette catégorie de comédies plus ou moins émoustillantes destinées à être consommées avec popcorn et boy/girlfriend sort rarement de l’ornière, à moins d’un miracle ou d’une volonté de pervertir les codes – voir Carrie (1977) de De Palma ou Retour vers le futur (1985) de Zemeckis. Si le cinéma français s’adonne parfois à ces bluettes sucrées (La Boum, LOL), il propose aussi des traitements alternatifs de l’âge “ingrat” – ou “des possibles”. Dans des œuvres saisissant l’adolescence comme un état mystérieux ou inquiétant, et ceux qui la traversent pareils à une tribu autonome, abandonnée à elle-même ; des œuvres valant parfois davantage pour les ambiances construites, nimbées d’interdits et de tabous transgressés que les histoires racontées. De par son climat d’étrangeté diffuse, son goût pour l’architecture froide des banlieues pavillonnai

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Nouveau cirque : nos coups de cœur de la saison

SCENES | Du jonglage, des acrobates vietnamiens et, bien sûr, du Yoann Bourgeois.

Aurélien Martinez | Jeudi 17 septembre 2015

Nouveau cirque : nos coups de cœur de la saison

Les Beaux Orages… / Pan-Pot… Né il y a plus de dix ans, le collectif Petit Travers déploie depuis un langage visuellement impressionnant construit autour de l’art du jonglage. Mais du jonglage grandiose et expressif qui, plus qu’un simple numéro, devient le cœur de leurs spectacles. Leur création de 2009 Pan-Pot ou modérément chantant, qui repasse cette saison à la Rampe, en est un exemple frappant : sur scène, une pianiste, trois jongleurs et des balles blanches en grand nombre ; point. Un postulat de départ minime qui offre pourtant un grand moment de poésie visuelle, notamment lorsque les balles semblent devenir des notes de musique s’échappant de la portée imaginaire qui les maintient. Ces circassiens d’un autre genre seront également cette année au Grand Angle avec Les Beaux Orages qui nous étaient promis, création de 2013 (que nous n’avons pas vue) pour cette fois-ci sept jongleurs. « Cet effectif d

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Attention, ça va penser

CONNAITRE | Manifestation pointue et pas très rock’n’roll sur le papier, Mode d’emploi souhaite redonner de l’ampleur aux débats en sciences sociales et en (...)

Aurélien Martinez | Mardi 18 novembre 2014

Attention, ça va penser

Manifestation pointue et pas très rock’n’roll sur le papier, Mode d’emploi souhaite redonner de l’ampleur aux débats en sciences sociales et en philosophie, avec des intervenants on ne peut plus légitimes – comprendre, pas l’éditorialiste qui a lu trois lignes dans le train avant de venir, mais des universitaires, des chercheurs, des penseurs... Une démarche plus louable. Piloté depuis Lyon par la Villa Gillet, le festival organise plusieurs rencontres en région, dont trois à Grenoble. Une première mardi 25 novembre à 18h à la librairie le Square avec le penseur Yves Citton sur « l’écologie de l’attention », et une troisième le lendemain à 18h30 à la Maison de tourisme avec l’historienne Anne-Marie Granet-Abisset sur les questions relatives à sa spécialité. Mais le grand événement (et le deuxième dans le temps) sera celui du mardi soir à la MC2 autour du thème ambitieux « vivre dans une société plurielle : politique, minorités et diversité religieuse ». Grand événement par son sujet donc, mais aussi par le casting qu’il convoque avec plusieurs u

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Le point G.

SCENES | Faux pauvre type arrogant mais vraie bête de scène, Gérémy Crédeville revient à la Basse cour avec "G., parfait et modeste", un premier one-man-show aussi transpirant que grinçant. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 2 septembre 2014

Le point G.

Gérémy Credeville a tout pour lui : un visage de jeune premier du twist (genre Johnny Hallyday avant sa période cuir et bandana), une chevelure de mannequin Vivelle Dop, un indice de masse grasse d'ailier du Top 14 et une croyance en ses qualités physiques quasi-pathologique. Mais cela ne l'empêche pas d'être un loser patenté. En tout cas dans G., parfait et modeste, son premier one-man-show qu’il avait joué en fin de saison dernière à la Basse cour et qu’il redonne pendant ces deux semaines de rentrée. Car lorsqu'il cesse de tourner en dérision ses mésaventures intimes et professionnelles et repasse de l'autre côté du quatrième mur, ce jeune Lillois qui, il y a à peine deux ans de cela, gagnait (bien) sa vie en composant des programmes de remise en forme pour des femmes au foyer aisées, est l'un des humoristes les plus prometteurs de sa génération, du genre à sortir en tête de tous les tremplins auxquels il prend part. Le mime était presque parfait Qu'est-ce qui séduit tant chez lui ? Sans doute sa singularité logi

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Festival du court : la compétition glisse sur la fiction

ECRANS | À l’inverse de l’an dernier, pas de grand choc dans la compétition du festival, mais quelques films qui arrivent à sortir de la glu du réel ou de son imitation pour s’aventurer vers la fiction. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 30 juin 2014

Festival du court : la compétition glisse sur la fiction

En 2013, deux films avaient secoué la compétition du festival : The Mass of men et Avant que de tout perdre ; ils ont logiquement trusté ensuite le palmarès, avant de poursuivre une belle carrière dans d’autres festivals et jusqu’aux César. On peut dire, sans trop se risquer, qu’il n’y aura pas de tels favoris dans la compétition 2014 ; pour être honnête, celle-ci étouffe un peu derrière des propositions de cinéma sans surprise, où l’angoisse de ne pas coller à la réalité – sociologique, psychologique ou documentaire – paralyse les cinéastes et les conduit à tourner des films formatés et mornes, quand ils ne confondent pas carrément la radicalité d’un plan fixe avec une totale absence de mise en scène. Sans parler de ceux qui, pensant témoigner de leur époque, semblent la regarder à travers le prisme de la télévision, que ce soit le JT ou les sitcoms – la litanie des clichés sur la banlieue, notamment, est assez embarrassante. Échappées belles Heureusement, il y a une poignée d’alternatives stimulantes à cette uniformis

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« Quand on parle d’un film d’auteur, les gens fuient… »

ECRANS | Rencontre avec Lucas Belvaux autour de son dernier film, "Pas son genre".

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

« Quand on parle d’un film d’auteur, les gens fuient… »

Pourquoi, lorsque vous abordez des histoires de couple, en parlez-vous toujours sous l’angle de l’inquiétude, de la crise ou de la distance ? Lucas Belvaux : Parce que les gens heureux n’ont pas d’histoire. Il y a un ressort dramatique forcément. Et puis je pense que l’amour est toujours extrêmement fragile et qu’il repose sur une forme d’inquiétude. Il faut peu de choses pour provoquer un désamour. La différence, c’est qu’ici, dans Pas son genre, vous montrez un couple en train de se former, alors qu’auparavant, c’était des couples installés, tellement installés qu’ils étaient au bord de la crise… C’était le roman, mais c’était aussi une manière d’avoir de la légèreté. L’inquiétude ici vient du fait que c’est un amour asymétrique. Comme il y a des conflits avec une armée lourde d’un côté et une guerilla de l’autre, ici c’est une femme sujette au coup de foudre et un homme qui a du mal à s’engager, qui est à

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Pas son genre

ECRANS | Lucas Belvaux raconte l’histoire d’amour utopique et contrariée entre un prof de philo parisien et une coiffeuse d’Arras, avançant sur le fil des clichés pour renouveler adroitement son thème de prédilection : la lutte des classes, ici envisagée sous l’angle de la culture. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

Pas son genre

Pas son genre débute comme une version sérieuse de Bienvenue chez les Ch’tis, avec un prof de philo parisien dans le rôle de Kad Merad. Muté à Arras, qui prend la place de Bergues en guise de punition sociale, il ne tombe pas amoureux de la chaleur humaine des gens du Nord, mais d’une coiffeuse, mère célibataire, lectrice d’Anna Gavalda et adepte du karaoké. D’où choc culturel. Grâce à la mise en scène de Lucas Belvaux, ce choc est aussi cinématographique : si Clément semble l’héritier naturel d’une tradition "nouvelle vague" d’intellectuels beau parleur, un brin arrogants et peu avares en citations littéraires, Jennifer paraît s’être échappée d’un film de Jacques Demy, aimant la vie, les couleurs, les chansons et la légèreté. Belvaux démarre donc leur romance sur le fil des clichés, même s’il a l’intelligence de les renverser régulièrement : Jennifer décale sans cesse le moment de la relation physique, tandis que Clément se pique au jeu de cet amour courtois anachronique envers celle qu’il a d’abord

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Mode de culture

CONNAITRE | Pour la majorité des gens, le binôme syntaxique « mode d’emploi » renvoie à la notice de montage de leur meuble Ikea. Mais en culture, si on utilise ce (...)

Charline Corubolo | Jeudi 7 novembre 2013

Mode de culture

Pour la majorité des gens, le binôme syntaxique « mode d’emploi » renvoie à la notice de montage de leur meuble Ikea. Mais en culture, si on utilise ce paradigme, c’est pour parler d’une manifestation bourrée d’idées amenées à éveiller l’esprit, chose que nous allons faire ici. Ainsi donc, Mode d’emploi est un festival né l'an passé de l’initiative de la Villa Gillet et des Subsistances à Lyon, avec plusieurs évènements en Rhône-Alpes.  À Grenoble, on commencera le mercredi 13 novembre à la MC2 par une conférence animée par les anthropologues Philippe Descola et Tim Ingold, et intitulée « être au monde : quelle expérience commune ? ». Si vous vous demandez encore « être ou ne pas être ? », c’est l’opportunité parfaite pour éclaircir ce point. S’en suivront nombre de riches expériences, comme une visite au Musée de la Révolution française de Vizille avec l'historienne Sophie Wahnich pour découvrir le visage de la France du siècle dernier, alors que le lendemain, vendredi 22 novembre, la philosophie repointera le point de son nez avec une conférence de Sébastien Charbonnier. Enfi

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L'Artiste et son modèle

ECRANS | De Fernando Trueba (Esp, 1h45) avec Jean Rochefort, Aida Folch, Claudia Cardinale...

Aurélien Martinez | Lundi 11 mars 2013

L'Artiste et son modèle

Avec sa filmographie hétéroclite et transcontinentale, Fernando Trueba compte parmi ces auteurs dont on ne sait pas trop quoi faire. Après Chico et Rita, tentative pas déshonorante quoique consensuelle de musical cubain en dessin animé, le cinéaste ibérique s'attaque à L'Artiste et son modèle, portrait d'un sculpteur regagnant en peu de vitalité lorsqu'une jeune fille devient sa muse. Situé en pleine occupation, le film veut retrouver l'époque bénie de la France de Matisse, cette France d'une avant-garde tourbillonnante, tout en tissant la double trajectoire de ses personnages : l'un crépusculaire, vieux et déçu par le monde, l'autre, la fille naïve, jeune et résistante, montrant que rien n'est perdu. La rencontre, sur fond de métaphysique artistico-érotique, est bien jolie sur le papier, mais Trueba confond film sur l'art, et filmer l'acte de création au travail ; ce qui cinématographiquement change tout. Le résultat, gentiment académique, laisse de marbre. Forcément.

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40 ans, mode d’emploi

ECRANS | De Judd Apatow (ÉU, 2h13) avec Paul Rudd, Leslie Mann, John Lithgow…

Christophe Chabert | Jeudi 7 mars 2013

40 ans, mode d’emploi

La quarantaine, ses bonnes résolutions, ses petits renoncements et ses grands compromis ; la vie de couple avec enfants selon Judd Apatow ressemble à une chanson de Benabar ou à un film de Cédric Klapisch : rire sur l’écran de notre médiocrité ordinaire. Programme peu ragoûtant, même s’il y a là une vraie qualité d’écriture et de direction d’acteurs – plus que dans son précédent et à moitié réussi Funny people. Sauf qu’en cours de route, une mélancolie s’insinue dans ce film jusqu’ici en trop bonne santé, liée aux deux générations qui encadrent le couple vedette (Paul Rudd et Leslie Mann, au demeurant excellents) : d’un côté, les propres filles d’Apatow, adolescentes qui se témoignent leur amour en s’insultant copieusement ; de l’autre, les deux pères indignes, l’un envahissant et irresponsable (Albert Brooks), l’autre démissionnaire et arrogant (John Lithgow). De beaux personnages de fiction, superbement campés, et non pas des substituts du spectateur auxquels il comparerait pour validation son propre vécu. Le goût du second rôle et de l’improvisation comique, habituel chez Apatow, est ici canalisé et retrouve sa fonction première ; apporter de la coule

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Cuvée, décuver

MUSIQUES | On est d’accord, l’appellation « musique locale » ne veut pas dire grand-chose ! Ce label sert tout juste à regrouper des groupes aux identités différentes (...)

Laetitia Giry | Vendredi 15 février 2013

Cuvée, décuver

On est d’accord, l’appellation « musique locale » ne veut pas dire grand-chose ! Ce label sert tout juste à regrouper des groupes aux identités différentes et ayant pour point commun d’être « d’ici ». Des groupes – petits ou grands – que l’association Dynamusic écoutent un à un chaque année depuis douze ans pour choisir ceux qui figureront sur la compil Cuvée grenobloise… « Représentative mais pas exhaustive », cette sélection sur disque (sortie ce 20 février) est l’occasion d’un concert spécial. Sur scène : les bien connus et actifs Trompe le monde avec leur rock un peu déjanté, les étonnants Apple Jelly, fiers d’un son rappelant les Kinks et incitant fortement l’auditeur à remuer les pieds (voire les mains) de manière frénétique. Et pour finir, le folk des Modern Folks (dont on a déjà parlé) et qui, décidément, a ce quelque chose de séduisant qui fonctionne. Du côté des absents du concert mais présents sur le disque : les inénarrables

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Désacraliser Bourdieu

CONNAITRE | Réfléchissons ! C’est l’injonction que nous lance le festival Mode d’emploi, qui débarque à la MC2 le temps d’une soirée consacrée au renouveau de la critique sociale. Avec, comme intervenants, Luc Boltanski et Nancy Fraser. Aurélien Martinez (avec Jean-Emmanuel Denave)

Aurélien Martinez | Lundi 19 novembre 2012

Désacraliser Bourdieu

À Lyon, un nouveau festival vient de voir le jour, à l’initiative de la Villa Gillet (ce « lieu de recherche et de dialogue autour de la pensée et des arts contemporains ») : Mode d’emploi. « L’idée, confie son directeur Guy Walter, est de redonner au débat intellectuel toute sa vigueur, surtout en ces temps de crise où se pose le problème crucial du vivre ensemble. » Selon ce dernier, nous serions aujourd’hui, après la disparition des grandes figures intellectuelles dans les années 1990, dans une période de retour des penseurs, « avec de nouveaux questionnements sur les thèmes de l’environnement, de la mondialisation, des nouvelles technologies ; avec une nouvelle urgence à penser ». Si l’essentiel de la manifestation se déroulera à Lyon, l’équipe organisatrice fera un crochet cette semaine par Grenoble, avec une conférence qui n’est pas forcément la plus simple et grand public. Son thème ? « Domination et émancipation : pour un renouveau de la critique sociale. » Les intervenants ? Le sociologue Luc

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Jeunes et Modern

MUSIQUES | Leur nouveau EP "Care for Colors" à peine sorti, les Grenoblois de Modern Folks viennent fêter ça à domicile. L'occasion de découvrir une facette plus lumineuse du groupe, déjà entraperçue mais qui ici crève les yeux. Une chose est sûre : Modern Folks a trois ans d'existence et l'avenir devant lui. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 2 novembre 2012

Jeunes et Modern

On dit souvent que c'est en la dépouillant de tout ses atours, ses arrangements avec la nature, pour la livrer dans sa vérité la plus nue, défauts compris, qu'on sait si une chanson est vraiment belle. Et si le compositeur qu'il y a derrière est un cador ou pas. Avec Modern Folks, qui officie dans un genre assez indéterminé, quelque part entre des Talking Heads qui n'auraient jamais vu l'Afrique, les Doors et Television, Interpol et Vampire Weekend (qui ont vu l'Afrique à la télé), il suffit d'écouter leur reprise d'un de leurs morceaux phares, So Overrated, en version acoustique pour s'apercevoir vraiment à qui on a affaire – on le savait déjà, mais quand on voit l'objet du désir nu pour la première fois ça fait toujours quelque chose. Même débarrassée de ses atours dark, de ses guitares carillonnantes, de ses choeurs et de ses claviers ascensionnels (mais pas de la voix de leur chanteur qui joue sur le terrain de Matt Berninger de The National), livrée à deux seules guitares acoustiques et un piano jouet, So Overrated reste un petit chef d'oeuvre, folk(s) et bien plus lumineux qu'à l'origine. Quelque chose nous dit qu'on peut faire le test avec n'importe quel

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Identité internationale

MUSIQUES | La rencontre de la carpe grenobloise et du lapin stéphanois. D'un côté, Modern Folks, « jeune groupe » né en 2009 qui, à force d'hésiter entre folk et new-wave, (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 6 septembre 2012

Identité internationale

La rencontre de la carpe grenobloise et du lapin stéphanois. D'un côté, Modern Folks, « jeune groupe » né en 2009 qui, à force d'hésiter entre folk et new-wave, a choisi de marier les deux pour le meilleur et pour l'épique. Soit une sorte de pop hybride à la fois sombre et roborative, un trou noir qui renverrait la lumière – écouter absolument la version acoustique de So Overrated – et laisse entrevoir quelques grâces fracassantes à la The National. De l'autre, B r oad way (photo), avenue principale reliant en pointillé le Forez au meilleur rock 'n' roll, et sans doute l'un des groupes français les plus injustement déconsidérés. Surtout au vu de son dernier album en date, le magnifique Solo System Revolution, grand virage pop d'un groupe jusque-là plus conceptuel, porté par le single Days of Reckoning l'un des titres les plus cannibales de cette année. Soit deux preuves que parfois le meilleur de la musique "anglo-saxonne" est là, juste sous nos fenêtres. SD Modern Folks + B r oad way, le 9 novembre à la Source (Fontaine)

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Le mardi, c'est cannibalisme

MUSIQUES | En ce qui concerne Modern Folks, le 24 juillet au Kiosque, bien penser au "s" final de leur nom qui précise qu'on a affaire à des « gars modernes » et pas (...)

François Cau | Mardi 24 juillet 2012

Le mardi, c'est cannibalisme

En ce qui concerne Modern Folks, le 24 juillet au Kiosque, bien penser au "s" final de leur nom qui précise qu'on a affaire à des « gars modernes » et pas à un énième groupe de folk. Dans un sens ils en sont un, mais un qui aurait écouté beaucoup trop de new-wave, aurait plongé sa guitare dans le goudron en oubliant les plumes, et battu la mesure avec la tête un peu trop près du mur. On les a décrits un jour à l'occasion du mal nommé single So overrated (une merveille de groove psychotique qui aurait, enfin, vu la lumière) comme « Vampire Weekend avalé par Interpol ». Il y a un peu de ça. SD Modern Folks - So Overrated par LARTSENIC

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Le Cabaret frappé, jour par jour

MUSIQUES | Que verra-t-on au Jardin de Ville du 23 au 28 juillet? Réponse ici, sous forme de sélection.

Aurélien Martinez | Lundi 16 juillet 2012

Le Cabaret frappé, jour par jour

Le lundi, c'est révolutionTony Allen, co-inventeur du style afro dans les années 60, fut aussi le batteur de The good, the Bad and the Queen, grand groupe de rock de la fin des années 2000. Passé seul à la Maison de la musique de Meylan en 2009, pour un concert dont les âmes présentes se souviennent encore avec un large sourire et des fourmis dans les pieds rien qu’à son évocation, il revient dans le coin avec ses Black series, accompagné de toute une équipée. Et ce pour nous délivrer un style qui fusionne de la musique traditionnelle nigérienne (la patte de Tony) et du hip-hop (celle de son acolyte Amp Fiddler, tout droit venu de Detroit). Voilà pour les réjouissances sous Chapiteau, qui ne doivent pas nous faire oublier le passage de l’admirable Emel Mathlouthi sous le Kiosque deux heures avant. Cette Tunisienne militante fan de Joan Baez prête sa voix toute en émotion à des compositions trip-hop orientales, mélange d’électro et de tradition dont la portée dramatique a de quoi faire frissonner. LG

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Rive gauche

MUSIQUES | La période qui s’achève aura été chargée pour le Parti communiste français (et, plus largement, pour le Front de gauche), entre espoirs nourris et légères (...)

Aurélien Martinez | Lundi 25 juin 2012

Rive gauche

La période qui s’achève aura été chargée pour le Parti communiste français (et, plus largement, pour le Front de gauche), entre espoirs nourris et légères désillusions quant aux résultats escomptés. Vient maintenant le temps du bilan ; ce qui n’exclut pas celui de la fête, les deux pouvant même cohabiter. Ainsi, pour la nouvelle édition de la Fête du travailleur alpin (mini Fête de l’Huma iséroise créée en 1929), entre le métal de Lofofora et l’électro balkanique de DJ Tagada, on retrouvera le samedi soir HK & les Saltimbanks, formation musicale imaginée en 2006 par HK, ancien du Ministère des affaires populaires : un groupe (aujourd’hui en pause) composé de rappeurs avec accordéons et violons, qui connut un certain succès au mitan des années 2000, grâce à sa musique festive et à ses paroles très marquées. Car les membres de MAP, « fils d’immigrés algériens, enfants du plat pays et citoyens du monde », étaient clairement engagés (très) à gauche. Que l’on retrouve HK (c’est lui le fils d’immigrés algériens) & les Saltimbanks, nouveau projet plus « personnel » d’HK, à la Fête du travailleur alpin semble aller de soi. D’autant plus que le Front de gauche a

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Jimmy Rivière

ECRANS | De Teddy Lussi-Modeste (Fr, 1h30) avec Guillaume Gouix, Hafsia Herzi…

François Cau | Vendredi 4 mars 2011

Jimmy Rivière

Ça y est, à force de nous imposer ses crises de foi en série, le cinéma d’auteur français nous a soulevé le bide. Malgré ses maigres bonnes intentions, ce chemin de croix d’un jeune gitan tiraillé entre sa nouvelle confession pentecôtiste et ses passions pour la boxe et le corps de sa copine est aussi incertain que son héros, semble même pétrifié à l’idée de traiter véritablement son sujet. La mise en scène hésite en permanence entre naturalisme et esthétisation, pour un rendu tout sauf immersif. Le scénario, tout en boucles mal fermées et répétitions pénibles, s’enfonce dans le sol à force de piétiner, et la direction d’acteurs chaotique (même Hafsia Herzi en devient insupportable) achève malheureusement de rendre la vision de ce premier film assez douloureuse. FC

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"Pan-Pot ou modérément chantant" : plaisirs sensuels avec le Collectif Petit Travers

SCENES | Une pianiste, trois jongleurs et des balles blanches en grand nombre : une équation de départ on ne peut plus simple et un brin éculée pour un spectacle (...)

Aurélien Martinez | Lundi 29 mars 2010

Une pianiste, trois jongleurs et des balles blanches en grand nombre : une équation de départ on ne peut plus simple et un brin éculée pour un spectacle contemporain. Sauf que le Petit Travers (un collectif d’auteurs, jongleurs, danseurs, musiciens et comédiens venus d’horizons divers) transcende ce postulat initial pour y adjoindre de la poésie et du burlesque. Ce qui donne un résultat inattendu et surprenant, où le plaisir des sens est roi, et où l’imaginaire fait office de foi. Dans une scénographie épurée savamment étudiée (très belle création lumière), les trois jongleurs Nicolas Mathis, Julien Clément et Denis Fargeton, tout de noir vêtus, donnent vie à leurs balles, qui deviennent les véritables interprètes du spectacle : elles dansent les unes avec les autres, glissant contre le corps d’un jongleur, s’entrechoquant ici et là, bondissant sauvagement, chutant soudainement, s’évaporant en un clin d’œil. Une chorégraphie de l’aléatoire en somme, même si l’ensemble apparaît rudement maîtrisé. Et c’est bien ce qui séduit dans ce Pan-Pot ou modérément chantant : cette construction qui semble ne tenir qu’à un fil, laissant le spectat

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