Dix bonnes raisons d'écouter Camille

MUSIQUES | Camille est sans aucun doute ce qu’il est arrivé de mieux à la chanson française ces dernières années. À l’occasion de son concert grenoblois, retour sur le parcours de cette artiste atypique et prolifique en dix titres. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 19 octobre 2012

Photo : Armelle Bouret


Les Ex

(album Le Sac des filles)
L'histoire raconte que Camille a validé son stage de fin d'études à Sciences-Po Paris en 2002 avec l'enregistrement du Sac des filles. Un premier album agréable mais pas forcément révolutionnaire, sur lequel l'auteure-compositrice fait néanmoins preuve d'un certain talent dans l'écriture. En témoigne le titre Les Ex, construit en allitérations : « Tu m'exaspères avec tes ex / Avec tes ex à deux vitesses [...] / Mais je sais / Que les ex c'est sexe c'est sexy. » Si la version studio n'est pas déplaisante, c'est en live que le morceau prend véritablement toute sa force. Comme tout l'univers de Camille !

La version du titre présente sur l'album Live au Trianon


Seeing Is Believing

(album Ennemy & Lovers de Scratch Massive)
Jean-Louis Murat, Gérard Manset, Sébastien Martel... Dès le début de sa carrière, Camille a collaboré avec du beau monde. Au rayon des rencontres inattendues, elle a notamment coécrit et interprété un morceau sur le premier album de Scratch Massive sorti en 2003. Morceau où l'électro-rock du duo parisien se marie à merveille avec la voix chaude et langoureuse de Camille, que l'on croit sans sourciller quand elle nous affirme que « the world will never look quite the same again ». Dans le même registre, elle a aussi travaillé avec Étienne de Crecy sur le très club Someone like you. Et là aussi, mariage réussi.


Too Drunk to Fuck

(album Nouvelle Vague de Nouvelle Vague)
La new wave version bossa nova ? Sur le papier, l'idée aurait pu en choquer plus d'un. Mais les producteurs Marc Collin et Olivier Libaux s'accrochent à leur idée, qui voit le jour en 2004 avec le projet Nouvelle Vague. Des chanteuses pas forcément très connues reprennent des standards comme Love Will Tear Us Apart de Joy Division ou Just Can't Get Enough de Depeche Mode. Mais c'est surtout Camille qui porte l'album, en reprenant quatre classiques, dont le Too Drunk to Fuck des Dead Kennedys dans une version détonante qu'elle donnait encore en concert en 2008.


Ta Douleur

(album Le Fil)
Depuis le début de sa carrière, Camille était donc un peu partout et nulle part à la fois. Jusqu'en 2005, l'année de la sortie du Fil, son plus grand album, et l'un des plus grands tout court dans le vaste monde de la musique française. Le single Ta douleur enclenche le phénomène : un bourdon (une note – le si – qui court en fond sonore), une ligne de basse, des percussions corporelles et vocales. Comme si, en trois minutes, Camille réinventait la musique, avec des ingrédients pourtant vieux comme le monde. Une petite révolution.


Au Port

(album Le Fil)
Mais au-delà de la forme, Le Fil, c'est surtout quinze pépites nées d'une rupture sentimentale, comme elle l'explique métaphoriquement dans Au port, le titre le plus punchy de l'album: « Mais lui c'est différent, il est né sur l'océan / C'est un grand capitaine, un amant monument / Tu t'es perdue dedans. » Sur scène, pour sa première grande tournée, Camille s'entoure de trois musiciens (Martin Gamet à la basse et à la contrebasse, Sly Johnson du Saïan Supa Crew en human beatbox, et Majiker au piano) : leur version d'Au port, présente sur le live, en jette.


J'ai tort

(album Le Fil, version augmentée)
Le Fil connaît un succès phénoménal. Deux clans se forment alors : les pros, voyant en elle une grande, voire très grande, et les antis, crispés par ses postures ou son originalité soi-disant feintes. La guerre est ouvertement déclarée – Camille est l'une des artistes récente qui clive le plus. Qu'importe : fort de tout ce tapage, elle sort une édition augmentée du Fil, avec trois inédits. Dont un J'ai tort qui aurait eu toute sa place sur la version initiale de l'album.

En écoute ici


Money note

(album Music Hole)
Que faire après de tels éloges ? Le défi était de taille. En 2008 sort Music Hole, disque tout en anglais où Camille joue avec les mots et leur sonorité. Succès mitigé. « Music Hole est avant tout un projet scénique, on le comprend vraiment quand on le voit sur scène » nous expliquait-elle en interview. Elle a eu amplement raison : la tournée de Music Hole reste à ce jour sa plus forte, sa plus explosive, sa plus pop. Il fallait la voir terminer chaque concert sur le summum de l'album qu'est Money note, sept minutes construites comme de véritables montagnes russes où elle affirme vouloir détrôner Mariah Carey, Céline Dion et Whitney Houston à la fois. Quand on la découvrait dans sa robe noire moulante et échancrée partir dans des suraigus avec une maîtrise parfaite, on ne pouvait qu'exploser avec elle.


Le Festin

(bande originale du film Ratatouille)
En quelques années, Camille devient bankable, notamment à l'étranger. La preuve : les studios Pixar font appel à elle en 2007 pour qu'elle prête sa voix à l'un des personnages de leur film Ratatouille. Et, en toute logique, elle interprète Le Festin, la chanson phrase du film. Sympa comme tout !


Pleasure

(album Ilo Veyou)
En 2011 sort Ilo Veyou, un quatrième album très tourné vers les sentiments amoureux (Camille est totalement in love et mère d'un petit garçon). Un état qui transparaît notamment sur le single L'Étourderie, qui frôle la niaiserie. Mais si Camille peut avoir l'amour cul-cul par moments, elle l'a aussi lubrique sur certains titres, comme sur ce Wet Boy érotiquement osé (heureusement que les paroles sont en anglais !), ou Pleasure, ode charmante à la masturbation féminine. « Il suffit de deux doigts à peine / Pour faire un feu / Mieux que silex au creux de l'aine. » Un morceau qu'elle chante sur scène plongée dans le noir, comme une marque de pudeur. Seule sa voix se fait entendre, voix impressionnante, à l'image de ce qu'elle fait sur le titre Tout dit, qui clôture l'album.


Wanna Be Starting Something

(version live)
Camille qui reprend Mickael Jackson ? Oui. Car elle a un sens du groove remarquable, et une voix malléable à l'envi qui se prête parfaitement aux succès du roi de la pop. Sa version de Wanna Be Starting Something, qu'elle ne donne depuis quelques mois qu'en live et sur les plateaux télé, est épatante, entre fidélité assumée et relecture bienvenue sur certains passages. Une réappropriation qui fait office de synthèse idéale du monde de Camille.

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"Yakari, le film" : indien vaut mieux que deux tu l’auras

ECRANS | De Xavier Giacometti & Toby Genkel (Fr.-All.-Bel, 1h22) animation

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Parce qu’il a sauvé le mustang sauvage Petit-Tonnerre au péril de sa vie, le petit Sioux Yakari se voit récompensé par son animal-totem, Grand-Aigle : désormais, il aura la faculté de comprendre la langue des animaux. Un don bien utile, car pour l’heure, il est perdu et loin de chez lui… Une thématique inconsciente galopait-elle cette année au Festival du film d’animation d’Annecy ? L’Ouest, le vrai, consacré à travers le magnifique Calamity (à l’automne sur les écrans) sert également de toile de fond à cette nouvelle adaptation de la BD de Derib + Job précédemment transposée par deux fois en série télévisée : en 1982 (de manière aussi calamiteuse que Les Schtroumpfs à la même époque), puis en 2005 sous l’heureuse supervision de Xavier Giacometti. Ce même réalisateur est encore à la manœuvre pour raconter, en investissant au mieux le grand écran et en usant d’une animation fluide, la "formation" de Yakari. Il co-signe donc ici une manière de reboot replaçant chacun des protagonistes dans sa fonction ou son histoire, y compris certains, comme Arc-en-ciel et Graine-d

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"Sonic le film" : hérisson carré contre Carrey hérissant

ECRANS | De Jeff Fowler (É.-U., 1h40) avec James Marsden, Jim Carrey, Tika Sumpter…

Vincent Raymond | Mercredi 12 février 2020

Exilé sur la planète Terre, le hérisson bleu Sonic vit heureux caché dans une petite ville, jusqu’au jour où il déclenche accidentellement une gigantesque décharge énergétique. Le gouvernement dépêche un savant fou, le Dr Robotnik, pour tirer les choses au clair… La nostalgie n’ayant pas d’âge, chacun·e éprouve une douce mélancolie à la remembrance des décors de sa jeunesse. Quand les septuagénaires susurrent Âmes fifties, les quinqua beuglent L’Île aux enfants et les trentenaires s’emparent de leur console pour se taper des parties de Sonic. Point commun à tous ces comportements innocents : la recherche d’un plaisir régressif et irénique ; le retour à ce fameux paradis perdu à l’âge adulte, auquel ils accèdent par saccades lors de ces plongées dans le bleu des souvenirs… ou du logo Sega, en l’occurrence. Sonic le film illustre bien cette quête sans fin (n’est-ce d’ailleurs pas le propre d’un jeu vidéo d’être construit en quête ?) en révélant le désir un brin réactionnaire des fans de tout retrouver intact – la polémique sur l’évolution morphologique de leur personnage fétiche née de la première bande-annonce en tém

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"La Dernière Vie de Simon" : des débuts prometteurs

ECRANS | Les grands débuts de Léo Karmann réalisateur de long-métrage offre un film fantastique à la française tout à fait séduisant. Une histoire d'ados qui bascule également dans le drame ou le mélo. Vivement recommandée !

Vincent Raymond | Mardi 4 février 2020

À part Thomas et Madeleine, personne ne connaît le secret de Simon, petit orphelin capable de prendre l’apparence de ceux qu’il touche. Quand Thomas est victime d’un accident, Simon le remplace sans prévenir qui que ce soit. Dix ans plus tard, Simon va "ressurgir"… Du fantastique à la française ! C’est-à-dire héritier de la (bonne) littérature de la fin du XIXe siècle, du Horla de Maupassant, de L’Homme à l’oreille cassée d’About, de La Cafetière de Gautier, tous ces romans et nouvelles ayant profité du mouvement positivo-scientiste pour entrouvrir les volets du paranormal, pendant que Jules Verne conservait une rigueur toute cartésienne. Ici, point de pyrotechnie ni de super-héros en cape et collants, mais l’instillation perpétuelle du doute et de l’inquiétude : sur les visages, dans les regards, et même dans la douceur fluide des mouvements de caméra. Conte fantastique, La Dernière Vie de Simon tient également de l’habile réflexion identitaire, métaphorisant la dualité intérieure que peut ressentir un enfant adopté, même si l’amour qu’il reçoit de sa famille d’accueil lui permet de développer a

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Camille Lellouche trace sa route

Humour | Toulouse le 28 janvier, Bordeaux le lendemain, Nantes, Nancy, Dijon… les dates s’enchaînent à un rythme soutenu pour l’humoriste. Le public grenoblois ne s’en plaindra pas : l’humoriste doit débarquer au Summum jeudi 6 février.

Martin de Kerimel | Mardi 4 février 2020

Camille Lellouche trace sa route

Cela fait un petit moment déjà que l’on a vu Camille Lellouche faire une déclaration d’amour anticipée au public grenoblois. Un coup de com’ sympa avant sa première dans une salle de l’agglo de cette importance. « C’est un véritable bonheur, bien évidemment, que de faire le métier que l’on aime dans ces conditions. » Désormais, on a hâte, nous aussi, de découvrir sur scène cette pile électrique, douée à la fois pour jouer, improviser, chanter et danser. Les femmes qu’elle incarne sont toutes différentes, mais avec pour point commun d’affronter la solitude. Pour rire, bien sûr ! Précision : l’artiste souligne qu’elles existent réellement, au moins dans le souvenir des innombrables visages qu’elle a croisés lors des quinze années de sa vie professionnelle. Pudeur oblige, Camille préfère ce défilé à un spectacle autocentré, même si certains de ses personnages féminins lui ressemblent aussi, parfois. « Il s’agit avant tout de femmes de tous les jours, que vous pourriez rencontrer dans un magasin ou au restaurant », assure-t-elle, en malicieuse alchimiste de ces moments attrapés au vol. Un succès "explosif" C’est donc en observant ses contempor

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"Les Éblouis" : il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir

Cinema | De Sarah Suco (Fr., 1h39) avec Camille Cottin, Jean-Pierre Darroussin, Eric Caravaca…

Vincent Raymond | Mardi 19 novembre 2019

Depuis que sa famille a rejoint la communauté chrétienne de Luc-Marie, Camille a vu sa mère sortir de son apathie dépressive. Mais les règles et les rites qui lui sont imposés, ainsi qu’à ses frères, l’étouffent. Camille sent bien l’anormalité de cette aliénation souriante, au nom de la foi… Dans une semaine faste en films d’épouvante, Les Éblouis ne dépare pas. S’inspirant de ses souvenirs personnels, la comédienne Sarah Suco signe un premier long-métrage d’autant plus effrayant qu’il se passe d’effets en décrivant au jour le jour et à travers les yeux d’une adolescente, les conséquences du mécanisme d’embrigadement sectaire. Comment un loup aux allures débonnaires se déguise en berger pour attirer à lui les proies qu’il a flairées fragiles, en l’occurence, la mère de Camille, dépressive et flétrie dans son existence. Et parvient à tout obtenir d’elles grâce à un conditionnement culpabilisateur. Se revendiquant du christianisme et pratiquant une lecture très personnelle des Écritures, la communauté déviante de Luc-Marie est l’un de ces trop nombreux cercles de fêlés prétendant détenir la vérité en droite l

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"Camille" : la femme à la caméra

ECRANS | De Boris Lojkine (Fr.-Centr.-, avec avert., 1h30) avec Nina Meurisse, Fiacre Bindala, Bruno Todeschini…

Vincent Raymond | Lundi 14 octobre 2019

Jeune photographe fascinée par l’Afrique, Camille Lepage part en indépendante couvrir les remous en Centrafrique qui déboucheront sur la guerre civile. Sans couverture, elle va plus loin que les photo-reporters de guerre professionnels. Au risque de se perdre… C’est un double, voire un triple film que Boris Lojkine signe ici. D’abord, évidemment, un portrait de Camille Lepage (1988-2014) au cours des derniers mois de son intense existence. Le biopic d’une journaliste investie par la nécessité d’éveiller les consciences occidentales à l’imminence du drame centrafricain, mais aussi d’une jeune femme piégée par sa trop grande proximité avec son sujet. Une proximité affective se retrouvant dans sa pratique photographique, puisqu’elle cadre physiquement au plus près des événements et des gens, mais qui dénote également un manque de recul dans son approche. Ce qui conduit à l’insoluble question éthique de la photographie de guerre : celui (ou celle) qui la réalise peut-il/doit-il rester neutre lorsqu’il témoigne d’une situation ? À côté de confrères expérimentés accrédités par les grands quotidiens se conduisant en expats hautains

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"Chambre 212" : la clé des songes

ECRANS | De Christophe Honoré (Fr.-Bel.-Lux., 1h27) avec Chiara Mastroianni, Vincent Lacoste, Camille Cottin…

Vincent Raymond | Mardi 8 octobre 2019

Vingt ans après le début de son idylle avec Richard (Benjamin Biolay), Maria (Chiara Mastroianni) quitte le domicile conjugal pour faire le point dans l’hôtel d’en face, chambre 212. La nuit étant propice aux prodiges, Maria est submergée par les fantômes de ses amours du temps jadis, et ceux de son conjoint. Chambre 212 est un peu une version sentimentale (et érotisée) du Christmas Carol de Dickens où le personnage visité par des esprits du passé et se baladant dans des uchronies ne serait plus Scrooge l’avaricieux mais une quadragénaire random en plein cas de conscience. Et où les apparitions – en l’occurrence des doubles de ses amants d’antan – seraient plus désorganisées. Cette fantaisie grave oscillant entre le réalisme cru du drame sentimental et une artificialité assumée, comme elle module du cocasse au bizarre, évoque le cinéma de Blier où tous les temps et destins se superposent dans un cauchemar quantique ; où les personnages coexistent parfois sous divers âges et visages. On ne s’étonnera donc pas que le réalisateur de Merci la vie ! compte parmi les remerciements au géné

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Musique classique : une saison, huit étapes

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Avec des stars, des jeunes pousses, des compisteurs d'hier comme d'aujourd'hui...

La rédaction | Jeudi 19 septembre 2019

Musique classique : une saison, huit étapes

Camille et Julie Berthollet Le 27 décembre 2014, pour la première édition de Prodiges sur France 2 (une émission consacrée aux jeunes talents du classique), quatre millions et demi de téléspectateurs suivirent les mouvements d’archet de Camille Berthollet. Une virtuose de quinze ans qui, dans une robe rouge coquelicot, réchauffa l’hiver par son interprétation fougueuse de L’Eté des Quatre saisons de Vivaldi. Un choix gagnant qui lui assura un début de carrière fulgurant, mais pas solitaire. Sur son premier opus bientôt disque d’or, elle associa ainsi sa sœur aînée Julie, également violoniste. Depuis, la surprenante paire construit des aqueducs où Schubert et Brahms côtoient Stromae et Nino Ferrer. Un programme cosmopolite qui, en dehors de refléter des goûts éclectiques, aspire en douce à faire venir les plus jeunes au classique. Au Grand Angle (Voiron) mardi 8 octobre Joachim Horsley Auteur de musiques pour le cinéma et pianiste dans l’ombre des succès de John Legend et Mich

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"Le Fils" : la fabrique russe des petits soldats

ECRANS | D'Alexander Abaturov (Rus-Fr, 1h11) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 28 mai 2019

Deux trajectoires parallèles : celle du cousin du réalisateur, Dima, soldat d’excellence russe mort au combat, et celle des nouvelles recrues aspirant à rejoindre le corps d’élite des Spetsnaz dont Dima était issu. D’un côté, le deuil sobre ; de l’autre, l’exaltation d’une jeunesse ultra patriote… On aimerait que cela fût une fiction et non point un documentaire. Mais Alexander Abaturov dépeint une réalité crue et froide : celle de super-soldats contemporains interchangeables et soudés au sein d’une unité impatiente de servir la mère Russie. N’était leur marinière rouge, ils pourraient être les bidasses du Full Metal Jacket (1987) de Stanley Kubrick effectuant leurs classes sous les ordres d’instructeurs les conditionnant psychologiquement et physiquement, sélectionnant les plus solides (environ un quart du contingent), seuls aptes à porter le distinctif béret rouge des Spetsnaz. Entre les parcours dans la boue, les pugilats "pour de rire" (avec pommettes en charpie et nez explosé), les cérémonies d’hommage aux aînés tombés pour la patrie, le documentariste glisse des instants de la vie des parents orphelins de Dima, trompant leur pe

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La Trilogie, ou quand le Magasin des horizons, le CCN2 et le Pacifique « assument publiquement » leur trio

ACTUS | Nous étions à la conférence de presse organisée jeudi 14 mars au Magasin des horizons.

Aurélien Martinez | Mardi 19 mars 2019

La Trilogie, ou quand le Magasin des horizons, le CCN2 et le Pacifique « assument publiquement » leur trio

« On a voulu concrétiser quelque chose qui se passe déjà » : voilà comment Camille Planeix, coordinatrice du Magasin des horizons, explique le pourquoi du comment de la petite conférence de presse organisée la semaine dernière dans une des salles du centre d’art pour lancer officiellement la « coalition pluri·elles et opérationn·elles » baptisée La Trilogie. Un regroupement composé du Magasin des horizons, du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) et du Centre de développement chorégraphique national de Grenoble le Pacifique. Soit trois structures qui ont vu leur direction changer en 2016, et qui se sont alors rapidement rapprochées. « Jusque-là, c’était très intuitif » a expliqué Erell Melscoët, directrice du pôle territoire du CCN2. On peut par exemple parler des Grands Rassemblements du CCN2, auxquels le Magasin et le Pacifique ont été associés. « Maintenant, on assume publiquement et plus clairement ce trio. »

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"Le Mystère Henri Pick" : édition très limitée

ECRANS | de Rémi Bezançon (Fr, 1h40) avec Fabrice Luchini, Camille Cottin, Alice Isaaz…

Vincent Raymond | Mardi 5 mars 2019

Une éditrice découvre dans une bibliothèque pour manuscrits refusés le roman d’un pizzaïolo breton que personne n’a jamais vu écrire une ligne de son vivant. Publié, le livre est un succès et suscite les doutes d’un critique télévisuel qui mène l’enquête en compagnie de la fille de l’écrivain… Si l’on met de côté les invraisemblances en chaîne du dénouement (qu’on ne révèlera pas ici) et les revirements incessants du personnage joué par Camille Cottin (rivalisant avec le chat de Schrödinger, puisqu’elle est à la fois l’alliée et l’ennemie de l’enquêteur tentant de prouver que son père est un imposteur), on peut trouver crédible de voir Fabrice Luchini pratiquer la dissection littéraire avec l’opiniâtreté d’un microtome et le flux verbal d’un Onfray croisé Sollers. Dommage, en revanche, que le réalisateur Rémi Bezançon, lui, ne semble pas croire assez à son intrigue pour oser un vrai thriller, préférant une version édulcorée pour soirée télé où le bon mot ou la pirouette tranquille viennent par convention conclure chaque séquence. Un exemple parmi d’autres de son irrésolution : le pseudo reportage d’archives

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Une Nuit des idées pour « créer des rencontres »

Événement | Jeudi 31 janvier, et pour la deuxième fois, le Magasin des horizons participera à la manifestation nationale (voire plus) La Nuit des idées autour du thème "Yes we care". Un temps gratuit pour prendre soin de soi, de son esprit et plus encore comme nous l’explique Camille Planeix, coordinatrice du projet.

Alice Colmart | Mardi 29 janvier 2019

Une Nuit des idées pour « créer des rencontres »

Alors que jeudi 31 janvier dans le monde entier, grâce à l’Institut français, La Nuit des Idées invitera des milliers de personnes à dialoguer et réfléchir, à Grenoble, ce sera au Magasin des horizons que cela se passera pour la deuxième fois (après une première en janvier 2017). L’occasion, selon la coordinatrice du projet Camille Planeix, « de découvrir ou redécouvrir ce lieu culturel », centre d’art devenu aussi « lieu d’incubation de la pensée » depuis son changement de direction en 2016. Mais l’objectif principal de cette soirée est, surtout, de réfléchir autour du thème "Yes we care" (oui, en référence au célébrissime slogan de l’ancien président américain). « La notion du "care" est difficile à traduire en français. Ça se rapproche de l’idée de prendre soin de soi mais il y a aussi quelque chose de l’ordre de la sollicitude. Parmi les sujets, on va notamment réfléchir à comment agir à l’heure de la catastrophe du réchauffement climatique. »

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Pierre Salvadori « "En liberté !" est le film où Camille Bazbaz me complète et comprend le mieux mon univers »

ECRANS | L’accord entre un cinéaste et son compositeur est la clé invisible de nombreuses réussites cinématographique. Pierre Salvadori le confirme en évoquant sa collaboration harmonieuse avec Camille Bazbaz sur "En Liberté !". Avec, en prime, un solo de Pio Marmaï…

Vincent Raymond | Jeudi 1 novembre 2018

Pierre Salvadori «

Ce n’est pas la première fois que vous travaillez avec Camille Bazbaz… Pierre Salvadori : Oui, c’est le quatrième film ensemble après Comme elle respire, Les Marchands de sable, Hors de prix… Pio Marmaï (surgissant) Quelle fripouille celui-ci. J’adore ! Il a une identité musicale ce film, c’est un chef-d’œuvre – César ou je meurs ! T’imagines, le roublard ? Je veux voir son costume ! Vous l’auriez vu, à Cannes. On avait un look… PS : Moi je m’en fous de l’avoir, mais je prie pour que Camille retire un peu de gloire. Entre nous, c’est une vieille histoire. Comment vous êtes-vous rencontrés ? PS : Par la musique, dans les années 1990. Dans le XVIIIe arrondissement, il y avait un endroit qui s’appelait l’Hôpital Éphémère, un squat, avec des peintres où il avait son studio de répétition. J’allais voir ses concerts

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"L'Amour est une fête" : et ce film, une défaite

ECRANS | de Cédric Anger (Fr, 1h59) avec Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Camille Razat…

Vincent Raymond | Mardi 18 septembre 2018

Vous qui entrez dans la salle, abandonnez tout espoir de tomber sur un équivalent à la française de Boogie Night, fameux film de Paul Thomas Anderson. Narrant l’infiltration de deux flics (Guillaume Canet et Gilles Lellouche) dans l’univers des peep-shows et du X en plein dans les années 1980 parisiennes, cet Amour est une fête n’en a ni le rythme, ni la folie. Présente-t-il quelque gravité dramatique, des attraits comiques insoupçonnés ? Pas davantage. Diable… Oserait-il, alors, s’appuyer sur ce décor ou ce contexte favorable pour créer un authentique film érotique doté d’une intrigue ? Pas plus que Yann Gonzalez avec sa (dé)pantalonnade Un couteau dans le cœur : on se trouve en présence de cinéastes qui vendent hypocritement l’idée du soufre, en craignant d’en prononcer le nom, et passent leur film à moquer leurs aînés du cinéma bis ou Z, tout en les pillant et les contrefaisant (mal) à coups de néons roses et de cheveux peroxydés. Ne parlons pas hommage, puisqu'il s’agit de dérision. Il n’y a là ni amour, ni fête ; d’ailleurs, ce n’est ni fait, ni à faire… Seule lumière au tableau : la B.O

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"Photo de famille" : dans la famille clichés…

ECRANS | de Cécilia Rouaud (Fr, 1h38) avec Vanessa Paradis, Camille Cottin, Pierre Deladonchamps…

Vincent Raymond | Mardi 4 septembre 2018

La mort d’un grand-père place une famille éclatée face à une épineuse question : que faire de la grand-mère qui perd la boule ? Le fils pense à la maison de retraite, le petit-fils se défausse mais deux des petites-filles proposent de l’héberger à tour de rôle. Embrouilles en vue… Depuis le succès de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, les films de famille sont produits par wagons entiers et déversés en toute saison sur les écrans. Parfois l’on trouve une variante "de remariage" ou une sous-espèce "avec des morceaux d’Alzheimer dedans" (voire un hybride des deux comme ici), mais le principe actif est le même : une fratrie de petits-bourgeois se déchire, découvre une ou deux vérités profondes façon secret de feuilleton avant de recoller les morceaux en faisant trompéter ses mouchoirs à l’unisson autour d’un mariage/d’un enterrement/d’une bar-mitsva de la réconciliation. Bref, une trame convenue pour des films globalement inutiles car redondants, que peuvent sauver une écriture atypique et/ou des comédiens bien guidés. Las ! La réalisatrice Cécilia Rouaud charge sa barque avec tant de personnages principaux qu’elle en éclipse certain

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"Sauvage" : vous avez dit sauvage ?

ECRANS | de Camille Vidal-Naquet (Fr, 1h39) avec Félix Maritaud, Éric Bernard, Philippe Ohrel…

Vincent Raymond | Lundi 27 août 2018

Pour se fournir sa came quotidienne, Léo se vend ici ou là à des hommes, traînant son corps délabré de SDF sur les pavés parisiens. Des occasions de s’en sortir se présentent à lui parfois, mais il préfère vivre dans l’instant présent, l’adrénaline du fix et la sueur des corps incertains… Venir après Van Sant, après Téchiné, après Chéreau, après Genet, enfin après tout le monde en somme, dans la contre-allée de la représentation des éphèbes clochardisés vendant leur corps contre au mieux une bouffée de drogue, c’est déjà risqué. Mais ensuite tomber dans le maniérisme esthétique du pseudo pris sur le vif (avec coups de zooms en veux-tu, en voilà, rattrapage de point), dérouler les clichés comme on enfile des perles (boîtes gays nids à vieux fortunés, musicien vicieux rôdant tel le vautour…) pour nous conduire à cette fin prévisible comme si elle avait été claironnée… Était-ce bien nécessaire ? L’ultime plan, en tant qu’évocation indirecte de Verlaine, a plus d’intérêt, de force et de sens que bien des simagrées précédentes. On peut également sauver une ou deux répliques, assez bien troussées – elles.

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"Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête" : (petite) nuit de folie

ECRANS | de Ilan Klipper (Fr, 1h17) avec Laurent Poitrenaux, Camille Chamoux, Marilyne Canto…

Vincent Raymond | Mardi 22 mai 2018

Jamais remis d’avoir publié un roman encensé voilà vingt ans, Bruno traîne sa dépression, vivant en peignoir dans une colocation, lutinant sa voisine à l’occasion. Quand un jour débarquent à l’improviste famille, ami et une demoiselle, il n’imagine pas qu’on veut l’interner… Pour son bien. Inégale dans son rythme et dans sa forme (peut-être pour restituer le tempérament bipolaire de son héros), cette comédie a des allures de film court s’étant doté d’un prologue pour devenir un (tout juste) long-métrage. Ici chez lui comme sur scène (on le voit souvent au théâtre), Laurent Poitrenaux s’y dénude volontiers pour meubler l’espace en soliloquant, se montrant tour à tour fragile, extraverti et inquiétant face à cet envahissement inquisitorial orchestré par une mère juive assez gratinée. On sombrerait dans l’anecdotique simple si le réalisateur Ilan Klipper n’avait l’idée avant le dénouement de dynamiter la structure de son récit en disséminant des flashes proleptiques, rappelant les éclats pulsatiles des étoiles de son titre. Il s’agit là d’un bien modeste tribut pour ce film laissant au bilan l’impression d’une promesse pas tout

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Miou-Miou : « Il y a dans "Larguées" des phrases que je n’avais jamais entendues, des tirades lapidaires vraiment superbes »

ECRANS | La moindre des choses, quand on a eu 18 ans en 1968, est d’entretenir vivace l’impertinence de l’esprit. Miou-Miou ne s’est jamais conformée aux règles. Ce n’est pas aujourd’hui qu’elle va commencer. Entretien à l’occasion de la sortie de "Larguées" d’Éloïse Lang.

Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

Miou-Miou : « Il y a dans

Eloïse Lang, la réalisatrice de Larguées, affirme que vous êtes d’une liberté totale. C’est la liberté de Françoise, le personnage qu’elle vous a offert, qui vous a décidée à accepter le film ? Miou-Miou : Alors non ce n’est pas que pour ça ; c’est l’ensemble : l’histoire, l’écriture… Il y a des phrases que je n’avais jamais entendues, des tirades lapidaires, formidables, vraiment superbes. Et je me suis aperçue en lisant le scénario et en voyant le film que je pratiquais, moi, une autocensure inconsciente. De quelle nature ? Si j’avais fait un film, je n’aurais pas mis de la drogue, des clopes, du rhum, de la baise… Des trucs libres et naturels, finalement. C’est là que je me suis rendu compte que je pratiquais une autocensure inhérente à l’époque, aux réactions incroyables, aux interdictions, aux choses procédurières… Sans m’en rendre compte, inconsciemment, comme nous tous, j’ai l’impression. C’est dans le sens où : pas fumer, pas boire, toutes

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"Larguées" : maman, on n'a pas raté l'avion

ECRANS | de Éloïse Lang (Fr., 1h32), avec Miou-Miou, Camille Chamoux, Camille Cottin…

Aliénor Vinçotte | Mardi 17 avril 2018

Le scénario tient en une phrase : deux sœurs, Rose et Alice, l’une célibataire déjantée et sans-gêne, l’autre mariée responsable et sage, organisent un voyage à La Réunion pour tenter de remonter le moral de leur mère, Françoise, délaissée par son mari pour une trentenaire. Pas besoin d’éruption volcanique pour mettre le feu aux poudres... Même si, au premier abord, le synopsis manque d’originalité, avec ses personnages caricaturaux, on se laisse séduire par le cocktail étonnant formé par Miou-Miou et Camille Cottin (l'une des deux filles de Françoise) – la première signant au passage son retour sur grand écran, avec pas moins de trois films cette année. Ici, les répliques fusent, les situations burlesques s’enchaînent grâce aux plans foireux de Rose, qui va devoir assumer de voir sa mère flirter avec l’animateur belge du club de vacances. Les deux actrices brisent les tabous du célibat et abordent sous un regard humoristi

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Leçon d'Histoire avec "Nuit et Brouillard" et "Le Fils de Saul"

ECRANS | Jeudi 1er février, la Cinémathèque de Grenoble propose une soirée pour dire l'horreur des camps de la mort.

Vincent Raymond | Mardi 30 janvier 2018

Leçon d'Histoire avec

La voix aigrelette et froidement monocorde de Michel Bouquet pour parler de l'indicible. Pour dire l'innommable des camps de la mort, à travers les mots sobres du poète et romancier Jean Cayrol accompagnant un mélange d’images d’archives et de ruines. Des ruines filmées après la catastrophe, dévorées par l'abandon, gagnées par la végétation et surtout hantées par l'absence de celles et de ceux qui furent ici, avec une barbarie méthodique, exterminés. Court-métrage au minimalisme glaçant, Nuit et brouillard (1956) d'Alain Resnais est une leçon d'Histoire marquante, autant que d'éthique cinématographique : l'évocation convoque l'horreur, sans qu'il soit "nécessaire" de recourir à l'obscénité de la monstration. Dix ans après la révélation au monde entier stupéfait de l’existence des usines de mort nazies, ce film constitue le socle d’un traitement réfléchi et digne d’une des pires ignominies jamais accomplies. Ainsi qu’un pense-bête moral à l’attention des mémoires défaillantes – il fut ainsi diffusé sur toutes chaînes de télévision en 1990 après la profanation du cimetière juif de Carpentras. La Cinémathèque le projette dans le cadre d

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"Ami-ami" : viens pas chez moi, j’habite avec une copine

ECRANS | de Victor Saint Macary (Fr., 1h26) avec William Lebghil, Margot Bancilhon, Camille Razat…

Vincent Raymond | Lundi 15 janvier 2018

Vaste famille ayant donné naissance au meilleur (L’Auberge espagnole) comme au pire (Five), la comédie-de-colocation-entre-potes s’enrichit d’un nouveau rejeton tentant le vaudeville contemporain sans pour autant recourir à la grivoiserie. Louable effort compensant les maladresses d’usage d’un premier film alternant potacherie classique et audaces scénaristiques. Le cœur brise par son ex, le "héros" de ce badinage s’installe avec sa meilleure copine, en tout bien tout honneur. Une nouvelle histoire d’amour lui cause un double embarras : il n’ose avouer à sa conquête qu’il "vit" avec une amie, laquelle se montre plus que jalouse : possessive. Si le côté Guerre des Rose (film de Danny DeVito sorti en 1990) avec saccage majuscule de l’appartement sent le réchauffé, reconnaissons que le réalisateur Victor Saint Macary surprend en renversant une situation très convenue : ici, ce n’est plus le mec qui rompt un pacte d’amitié homme-femme et en détruit l’harmonie mais bien l’amie éconduite – ce qui sort le film du schéma du m

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Académie de la marche : le Magasin des horizons se met en marche

ACTUS | Samedi 16 décembre, le Magasin des horizons lance son Académie de la marche : un projet de rencontres transdisciplinaires (et sportives) auxquelles le public pourra participer tout au long de l’année 2018. Intriguant...

Alice Colmart | Mardi 12 décembre 2017

Académie de la marche : le Magasin des horizons se met en marche

Qui a dit que le sport n’était pas un sujet artistique ? À travers des rencontres, des assemblées, des expositions, l’Académie de la marche initiée par le centre d’art le Magasin des horizons compte bien lier les deux sujets. « La marche est un sujet traversé par les artistes depuis très longtemps. D’ailleurs, dès les années 1970, les artistes de land art pratiquaient la marche pour réaliser leurs œuvres » nous explique Camille Planeix, coordinatrice de l’événement au sein du centre d'art. Un projet original qui sera lancé samedi 16 décembre au centre de développement chorégraphique le Pacifique, lieu tout sauf anodin. « Pour l’inauguration, nous projetterons notamment des vidéos de la chorégraphe Trisha Brown qui a réalisé plusieurs pièces chorégraphiques autour de la marche. » Une inauguration au chaud avant le commencement des choses sérieuses en 2018… « Faire se rencontrer artistes et marcheurs » Ainsi, de janvier à mars, une dizaine de rencontres, ouvertes à tous, sont prévues en bivouacs. « On veut faire se rencontrer artistes et marcheurs pour qu’ils puissent discute

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Camille-cature

Chanson | La chanteuse française sera mercredi 8 et jeudi 9 novembre à la Belle électrique, à guichets fermés, dans le cadre de la tournée de son sixième album "OUÏ". Pas le plus réussi de sa carrière, même si sa carrière, elle, est l'une des plus réussies de France.

Aurélien Martinez | Jeudi 2 novembre 2017

Camille-cature

Il est agaçant OUÏ, le sixième album de Camille sorti début juin. Agaçant parce que la chanteuse semble donner raison à tous ses contempteurs, se renfermant par moments dans une sorte de musique beaucoup trop intellectualisée. Avec, en guise de preuve ultime, le titre Langue qui clôture l’album où le mot en question est répété pendant une minute – on dirait un sketch. N’empêche, se glissent ici et là quelques morceaux magnifiques : le single Fontaine de lait à l’érotisme décalé, l’entêtant (même si abscons) Je ne mâche pas mes mots ou le très beau Seeds tout en anglais… Des exemples qui confirment ainsi que Camille est une artiste immense, aussi bien en studio (Le Fil, son deuxième album sorti en 2005, est un véritable chef-d’œuvre qui restera dans l’histoire de la chanson française) qu’en concert. Car Camille est une bête de scè

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Le Vertigo : voilà, c’est fini

ACTUS | Le monde de la nuit grenoblois va changer. Le Vertigo, club mythique du centre-ville, fermera ses portes samedi 14 octobre après 20 ans de service. On a rencontré son boss Camille Bahri pour connaître ses motivations et savoir ce que deviendra le lieu.

Aurélien Martinez | Jeudi 28 septembre 2017

Le Vertigo : voilà, c’est fini

L’info a été lâchée mercredi 27 septembre sur le Facebook du club : le Vertigo, qui a fêté ses 20 ans en juin, va définitivement fermer, son boss et fondateur Camille Bahri ayant décidé de vendre – ça lui trottait dans la tête depuis longtemps. On le retrouve le lendemain, dans un bar du centre-ville. « J’ai duré 20 ans, j’aurais pu continuer encore un petit peu – je reste jeune dans l’esprit même si je suis vieux ! – mais l’opportunité de vendre les murs et le fonds s’est présentée alors je l’ai saisie. » Le Vertigo, c’est un club mythique à Grenoble, qui a vu passer pas mal de grands noms de l’éléctro – Laurent Garnier, Miss Kittin, Jeff Mills, Brodinski… L’annonce de la fermeture a donc eu un écho considérable chez ceux qui l’ont fréquenté, au vu du nombre de réactions reçues par Camille Bahri et son équipe – le post Facebook a été très commenté. « Ça me fait chaud au cœur, je suis très ému. C’est une récompense. »

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"Des trésors plein ma poche" : trésors (jeunes) publics

ECRANS | de Ana Chubinidze, Natalia Chernysheva, Camille Müller & Vera Myakisheva (Fr., 0h35min) animation

Vincent Raymond | Mardi 26 septembre 2017

Il était une fois un bonhomme miniature, un dragon mélomane, une araignée tricoteuse, un écureuil amateur de luge, une baleine et une poule voulant voler. Il était une fois six réalisatrices à l’origine de ces histoires. Quand il n’en réalise pas lui même, le studio valentinois Folimage aime à rassembler des courts-métrages à destination du tout jeune public dans des programmations à l’éclectisme graphique réjouissant. Les six films ici présentés remplissent leur office, même si comme dans tout trésor qui se respecte, certains joyaux brillent davantage que d’autres. Par exemple, on remarque ici l’aquarelle d’Alena Tomilova sur Le Nuage et la Baleine rappelant évidemment Le Moine et le Poisson de Michael Dudok de Wit ; ou bien La Luge de Olesya Shchukina, qui n’est pas sans évoquer le style anguleux, voire atome, de l’illustration jeunesse de la fin des années 1950.

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Et voici les 20 concerts de l’automne

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Une sélection à base de stars de la chanson, de rock qui déménage ou encore de surprises musicales bienvenues.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Et voici les 20 concerts de l’automne

A-Wa Les trois sœurs Haim n'en finissent plus de passer près de chez nous – ce sera leur cinquième date dans la région en tout juste deux ans. Et de s'ouvrir toutes les portes depuis la parution de leur Habib Galbi, transformé en hit au fil des mois (y compris en Israël, chose très rare pour un morceau chanté en arabe) et flanqué d'un album tout aussi réjouissant baptisé du même nom. Soit des chansons issues du répertoire traditionnel yéménite qu'elles ont souhaité s'approprier, le malaxant de leurs multiples influences allant des Beach Boys (ah, les harmonies vocales !) à Kendrick Lamar. On est fans, surtout en concert. À la Rampe mardi 26 septembre Amadou et Mariam Ils sont loin les Dimanche à Bamako (15 ans déjà) qui ont mis Amadou et Mariam sur la carte de la musique internationale (après 15 ans d'une première carrière) et ont permis de démontrer que la musique malienne allait bien au-delà de la kora traditionnelle e

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Vercors Music Festival : nos cinq coups de cœur

Festival | En 2015 a vu le jour à Autrans, dans le massif du Vercors, un nouveau festival tout simplement baptisé Vercors Music Festival – parce qu’en anglais c’est plus classe ? Avec tout de suite l’envie de jouer dans la cour des grands en proposant de grosses têtes d’affiche. En amont de la troisième édition prévue du 7 au 11 juillet, zoom sur cinq artistes que l’on pourra écouter là-haut dans la montagne, et discussion avec l'un des organisateurs pour en savoir un peu plus.

La rédaction | Mardi 20 juin 2017

Vercors Music Festival : nos cinq coups de cœur

Barbagallo Batteur des Australiens de Tame Impala et de l'étrange créature pop française Aquaserge, Julien Barbagallo est tiraillé entre deux mondes : celui d'une pop anglo-saxonne aux vents psychédéliques et au souffle progressif et celui d'une tradition très française de chanson s'accomplissant jusqu'à l'absurde dans la langue de Molière. Estimant que chanter en anglais serait pour lui un non-sens, l'Occitan se positionne à l'intersection de ces (ses?) deux mondes, se nourrissant des expériences piochées ça (Tame Impala) et là (Aquaserge). C'est sur la route avec les premiers et à Melbourne que Barbagallo a écrit son dernier album Grand chien (traduction du surnom dont on l'affuble en Australie, « Big Dog ») sur lequel il joue de chaque instrument et qui n'est pas sans rappeler les grandes heures d'un Polnareff piétinant avec grâce et en français, à coups de textes farfelus et de glaçages médiévaux, les plates-bandes de ses confrères d'outre-Manche. SD Vendredi 7 juillet à 19h

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20 ans du Vertigo : vertige de la nuit

Story | Et là, beaucoup de Grenoblois (ceux qui n’ont plus vingt ans depuis un moment) vont prendre un coup de vieux en apprenant que le Vertigo, mythique petit club du centre-ville, a 20 ans ce mois-ci. 20 ans, oui. Avant de fêter ça en grandes pompes pendant trois soirs (notamment avec la légendaire Miss Kittin), on est allés interroger son fondateur Camille Bahri, histoire de recueillir ses confidences sur autant d’années de fête, d’électro et de clubbeurs.

Aurélien Martinez | Mardi 6 juin 2017

20 ans du Vertigo : vertige de la nuit

« J'ai fait mes études aux États-Unis, à Los Angeles. À l'époque, en 1986, il y avait au centre-ville une grande boîte qui s'appelait le Vertigo – ils étaient 40 à la sécurité pour vous donner un ordre de grandeur. C’était le club à la mode dans lequel venait tout le gratin de LA. L'accès y était assez difficile, je me suis fait refouler quelques fois avant que l'on m'accepte. Une fois rentré, j'ai adoré ! J'ai gardé ce nom en tête, ça sonnait bien pour un club. Je m'étais toujours dit que si un jour j'avais la chance d'ouvrir un établissement, je l’appellerais Vertigo. » C’est dans son Vertigo vide de monde (pour cause, il est 14h), sur une banquette défraîchie à deux pas des platines du DJ, que l’on rencontre l'imposant Camille Bahri, gérant de la boîte de nuit grenobloise depuis son ouverture il y a 20 ans. « Avant, j’étais déjà dans le monde de la nuit grenobloise – au Phoenix, au Drac Ouest, au Progrès qui est devenu le XIII… Un jour, j’ai appris qu’une boîte qui s’appelait la Fièvre était vendue aux enchères. On l'a achetée avec mon associé Alexandre Peyrot et c’est devenu le Vertigo. » Voilà pour l’historique.

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Venin Carmin : cache ton venin

MUSIQUES | « Si Lilith avait porté du rose, et le vice avait un goût de réglisse, la new wave s'appellerait Venin Carmin » dit la bio du duo lyonnais de passage au Bauhaus le jeudi 1er juin. C'est là une manière tout à fait adéquate de décrire l'essence de Venin Carmin.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 mai 2017

Venin Carmin : cache ton venin

Venin Carmin, c'est une dark wave pas si dark, tant la chose est empreinte d'éruption pop qui rendent Glam is gone, leur album, diablement addictif comme du Joy Division chanté par Blondie. Camille-Marine Bourgeois aborde ainsi son chant comme une lolita bubble-gum qui tenteraient de d'échapper aux vieux démons prisonniers du brouillard new wave depuis la nuit des temps (on saluera ici le travail sur les guitares et les basses aqueuses façon Peter Hook de Joy Division-New Order). Avec un fond de fausse innocence à la bouche, superficielle par profondeur comme disait le poète, et une certaine douceur venimeuse. Car c'est bien elle ici qui tient les rênes, chevauchant dans cette drôle d'atmosphère des mélodies parfaites, et il s'agirait peut-être davantage de séduction que de fuite. Ce qui pourrait faire dire que si le Glam is gone, il n'est pas allé bien loin.

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Un verre et des emplettes : notre sélection de concept stores grenoblois

GUIDE URBAIN | Faire son shopping en buvant en verre ou un café ? Un concept qui se répand peu à peu à Grenoble, à la faveur de certains lieux, boutiques et cafés dont il fait bon pousser la porte. Voici une sélection de bonnes adresses.

Sandy Plas | Mercredi 26 avril 2017

Un verre et des emplettes : notre sélection de concept stores grenoblois

Le Fil rouge, entre deux mondes Au numéro un de la rue Gabriel Péri, Pierre et Ginette ont décidé de dédier un lieu unique à leurs passions respectives : le vin pour lui, les vêtements vintage pour elle, ancienne costumière. Un mix réussi entre le rouge et la fripe, mais attention, rien de cheap ici : les chemises à motifs, kimonos anciens, jeans usés naturellement et autres vestes en velours sont sélectionnés avec soin, pour leur style et leur qualité. Même démarche du côté de la carte des vins, qui propose des crus coup de cœur, sélectionnés en direct chez les producteurs. Du joli chez L’Étourdi Il y a encore quelques

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Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons

Playlist | Depuis 25 ans, Philippe Katerine se promène dans le vaste monde de la chanson française, naviguant à sa marge tel un dadaïste pop tout en produisant par moments, et presque sans le faire exprès, de véritables tubes. Pour bien comprendre tout le génie qui se cache derrière le personnage fantasque, on remonte le fil de l’histoire en dix titres emblématiques de son parcours.

Aurélien Martinez | Lundi 13 mars 2017

Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons

1996 : Parlez-vous anglais Mr Katerine ? Après Les Mariages chinois, premier album qu’il enregistre tout seul dans son coin, et L'Éducation anglaise, deuxième tentative sur laquelle il ne chante carrément pas (c’est sa sœur et sa compagne de l’époque qui s’y collèrent), Phillipe Katerine publie en 1996 Mes mauvaises fréquentations, bijou qui lancera véritablement sa carrière. On perçoit déjà un côté gentiment décalé, à l’image de ce Parlez-vous anglais Mr Katerine ? très bossa-nova, même si le plus grand des voyants aurait bien eu du mal à prédire la voie (ou plutôt les voies) suivie(s) ensuite par Katerine. 1999 : Je vous emmerde Présent sur Les Créatures, album ambitieux enregistré avec la formation jazz et musique improvisée The Recyclers, ce morceau emmène Katerine sur un terrain qu’il va de plus en plus affectionner au fil des ans : celui de la chanson théâtrale, où la forme compte autant que le fond. Ici, c’est un Katerin

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"Faut pas lui dire" : ni le voir non plus d'ailleurs

ECRANS | de Solange Cicurel (Fr.-Bel., 1h36) avec Jenifer Bartoli, Camille Chamoux, Stéphanie Crayencour…

Vincent Raymond | Mardi 3 janvier 2017

Trois sœurs-cousines complices décident de ne pas révéler à la quatrième, sur le point de se marier, qu’elles ont surpris son promis avec un homme. Mais aussi que son ex, disparu brutalement il y a des années, est de retour… C’est à n’y pas croire (ou à désespérer) : au 4 janvier, tiendrait-on déjà le plus médiocre long-métrage de l’année ? Croisement tératogène entre Comme t’y es belle (pour l’ambiance famille juive) et Le Cœur des hommes version féminine (pour le quatuor principal partageant ses petits secrets intimes), Faut pas lui dire appartient à cette catégorie de films que chacun regrettera d’avoir vu… ou fait – on a, à ce sujet, une pensée pour les malheureuses comédiennes et réalisatrice ayant à vivre lestées du poids de cette ineptie. À peine digne d’une production AB (manquent les rires enregistrés), cette sottise tentant de rebondir sur des ressorts comiques distendus de vaudeville rétrograde, masque l’indigence de sa trame narrative en la parsemant des plus purs clichés. Tout y passe, sans aucune subtilité : la cougar nympho tombant enfin amoureuse, la femme parfaite rencontrant son prince charmant idéal et l’aïeule BCBG balanç

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PB d'or 2016 : théâtre et danse

C'était 2016... | Une excellente surprise dansée et une salle qui mériterait d'être plus exposée.

Aurélien Martinez | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : théâtre et danse

Le PB d’or de la salle discrète mais nécessaire : l’Espace 600 Lové dans le quartier grenoblois de la Villeneuve, au rez-de-chaussée d’une barre d’immeuble, l’Espace 600 mène depuis des années un travail capital en direction du jeune public, avec une ligne artistique forte qui veut qu’un spectacle dit tout public soit aussi travaillé et réfléchi qu’un spectacle dit pour adulte. Comprendre, du coup, que cette scène est plus proche artistiquement de ses voisines type MC2 & co que d’une garderie où l’on demanderait simplement aux enfants de s’époumoner et de taper des mains face à des comédiens infantilisants simplement là pour obtenir un cachet. « Faisons confiance à la jeunesse pour recevoir les créations les plus audacieuses. Faisons confiance aux artistes qui choisissent de se frotter à ce public d’une extrême exigence » comme l’écrivait en octobre dans une tribune publiée par nos soins la directrice Lucie Duriez. C’est exactement ça.

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"R.A.G.E" : les Anges au plafond ont un fil sur la langue

SCENES | Depuis une quinzaine d’années, la compagnie Les Anges au plafond fait des merveilles avec ses marionnettes géantes. La preuve une nouvelle fois avec ce spectacle-puzzle centré sur la vie d’un écrivain qui nous embarque dans une aventure folle et visuellement captivante. À découvrir à la Rampe.

Aurélien Martinez | Jeudi 1 décembre 2016

C’est une histoire dont on ne peut pas dire grand-chose, la compagnie ayant demandé à tous les spectateurs de garder le secret sur l’identité du personnage principal de leur spectacle R.A.G.E. Du coup on obéit, même si bon, on ne voit pas ce que cela gâcherait d’en savoir un peu plus avant d’entrer en salle – on n’est pas sur du rebondissement à la 24 heures chrono non plus ! Surtout que cet aspect énigmatique ne doit pas masquer la force incroyable se dégageant de la dernière création des géniaux Anges au plafond, spécialisés dans le théâtre marionnettique grand format et plutôt bricolé. Une pièce-puzzle visuellement dingue, où le récit, sorte de biopic d’une figure littéraire plutôt célèbre (vous n’en saurez pas plus !), se déploie grâce à des interprètes manipulateurs de marionnettes géantes donc, mais aussi techniciens à vue d’un décor et d’une scénographie (un poil magique) sans cesse en mouvement. Un tourbillon théâtral d’1h45 captivant et intelligemment pensé qui confirme une nouvelle fois que la compagnie de Camille Trouvé

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"Iris" : thriller mon œil !

ECRANS | de et avec Jalil Lespert (Fr., 1h39) avec également Romain Duris, Charlotte Le Bon, Camille Cotin…

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Pendant qu’un riche banquier d’affaires pleurniche sa race maudite auprès de la police la disparition soudaine de son épouse Iris, un garagiste lié à l’affaire sent l’étau se resserrer. Mais s’il tombe, il ne sera pas le seul… Porté par le succès de son très sage biopic autorisé Yves Saint Laurent (2014) et de la série Versailles, Jalil Lespert enchaîne avec un polar aux allures sulfureuses, car agitant le spectre d’Édouard Stern, banquier adepte de pratiques SM, abattu au cours d’un de ses petits jeux. Il vient aussi (consciemment ?) manger dans la gamelle de Boileau-Narcejac et Hitchcock en s’autorisant une sorte de relecture de Vertigo. Sauf que Lespert n’a pas vraiment le métier ni l’originalité stylistique d’un De Palma pour proposer une variation inventive. Ici, c’est l’asepsie générale : voyeurisme réduit au minimum, lyrisme mélancolique en

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Philippe Lioret : « J’avais besoin de faire un film solaire »

Interview | Apaisé et souriant, le réalisateur aborde avec confiance la sortie de son film franco-québécois "Le Fils de Jean".

Vincent Raymond | Mardi 30 août 2016

Philippe Lioret : « J’avais besoin de faire un film solaire »

Comment vous-êtes vous libéré du livre original de Jean-Paul Dubois ? Philippe Lioret : Cela m’a pris beaucoup de temps de réflexion, de maturation… Je l’ai lu il y a une dizaine d'années : je l’ai trouvé formidable. C’est un grand livre habité. En cinéaste, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander comment "l’emmener" au cinéma, mais il me semblait qu’il n’y avait rien à faire avec ses voix intérieures permanentes. J’ai fait d’autres films sans jamais l’oublier et, doucement, je me suis mis à me re-raconter l’histoire, bizarrement devenue très personnelle. En le relisant, j’ai constaté qu’il n’avait plus rien à voir avec ce que je pensais en faire : des mots-clés restaient (Canada, père, fratrie), mais tout avait changé. J’ai racheté les droits du livre (même si je n’en avais plus besoin légalement) parce qu’il m’avait inspiré, et j’ai envoyé mon scénario à Jean-Paul Dubois. Il m’a répondu ce truc très rigolo : « Ah oui, c’est bien… Fai

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"Le Fils de Jean" : Philippe Lioret va bien, ne vous en faites pas

ECRANS | Philippe Lioret renoue ici avec le drame sensible en milieu familial qui lui avait fait signer sa plus grande réussite, "Je vais bien ne t’en fais pas". Une heureuse décision, soutenue par une paire d’acteurs qu’il ferait bien d’adopter : Pierre Deladonchamps et Gabriel Arcand.

Vincent Raymond | Mardi 30 août 2016

Dire que Philippe Lioret s’offre une manière de résurrection avec ce film où un fils part à la rencontre du fantôme de son père naturel ne manque pas de sel. Le réalisateur a surtout clos une parenthèse engagée ouverte par Welcome et devenue franchement boiteuse avec Toutes nos envies, l’adaptation démembrée du récit d’Emmanuel Carrère. Quittant la chronique de la misère sociale et le mélo-chimio, il a isolé dans un roman de Jean-Paul Dubois une graine que son inspiration a su faire joliment germer. L’histoire d’un secret de naissance qu’il a eu la décence d’aborder avec tact, plutôt qu’en visant l’œil de cette pleurnicharde de Margot. Ainsi, dans Le Fils de Jean, il place ses personnage à la lisière des émotions et des mots supe

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Le Fils de Joseph

ECRANS | de Eugène Green (Fr./Bel., 1h55) avec Victor Ezenfis, Natacha Régnier, Fabrizio Rongione…

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

Le Fils de Joseph

En acclimatant au 7e art son obsession viscérale pour la prononciation baroque, Eugène Green est devenu l’auteur d’une œuvre anticonformiste, unique car identifiable dès la première réplique. Il exige en effet de ses interprètes l’usage de la liaison systématique et appuyée, telle que codifiée par son courant de prédilection – au risque de créer des impressions (fautives) de mauvaises liaisons en cascades. Inscrite dans un dialogue déclamé d’une voix blanche par des comédiens semblant avoir reçu pour consigne d’adopter le plus désincarné des jeux possibles, cette particularité participe donc d’un ensemble singulier : son style, auquel on peut souscrire comme à une convention ou à un dogme religieux. Un intégrisme bien inoffensif, s’il prête à sourire : à côté d’Eugène Green, le rigoriste Rohmer passerait pour un cuistre barbarisant la langue française ! Tous deux ont cependant en commun la fascination pour les lettres classique et la jeunesse, ainsi que l’art d’attirer à eux les acteurs – au point d’en faire des apôtres. Déjà convoqués par le passé, Natacha Régnier, Fabrizio Rongione et Mathieu Amalric sont ainsi réunis autour de ce Fils de Joseph.

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Détours de Babel : nos quatre coups de cœur

MUSIQUES | Zoom sur quatre propositions piochées dans la programmation de la sixième édition des Détours de Babel, « festival des musiques du monde contemporain ».

Aurélien Martinez | Mardi 22 mars 2016

Détours de Babel : nos quatre coups de cœur

29.03 > Hexagone (Meylan) Strange Strings Le joueur de kora Ballaké Sissoko, que l’on avait mis en "une" du journal l’an passé lors de la précédente édition du festival, va confronter son univers avec celui de trois autres grands solistes dont le violoncelliste Vincent Segal avec qui il collabore souvent – leur album Chamber Music est une pure merveille. Les deux autres invités ? Le contrebassiste Renaud García-Fons et le joueur de kemençe (vielle traditionnelle turque) Derya Türkan. Certes, le concert est complet, mais une liste d’attente a été ouverte. 31.03 > MC2 Yātrā C’est, après Israel Galván, l’autre grand nom espagnol du flamenco qui a fougueusement investi les scènes européennes avec son art ancestral revisité. Dans ce spectacle (que nous n’avons pas vu), Andrés Marín ira ainsi du flamenco à l’Inde du Nord en passant par le hip-hop de Kader Attou. Un grand écart oui, mais souvent parfaitement maîtrisé dans son

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Rosalie Blum

ECRANS | de Julien Rappeneau (Fr., 1h35) avec Noémie Lvovsky, Kyan Khojandi, Alice Isaaz, Anémone…

Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Rosalie Blum

On se réjouissait de voir portée à l’écran une BD parmi les plus originales de cette dernière décennie ; dommage que pour son premier film en tant que réalisateur, le scénariste Julien Rappeneau ait manqué le coche en signant cette adaptation de l’œuvre de Camille Jourdy. A-t-il été trop fidèle à l’original ? Pas assez rigoureux sur la direction d’acteurs ? Seul le décor urbain d’une province insipide (pardon pour la ville de tournage) semble ne pas souffrir de la transposition. Ce n’est pas le cas de certains personnages. Si Kyan Khojandi offre une neutralité bienveillante au sien, Noémie Lvovsky, dans le rôle-titre, surjoue l’effacement chuchoté avec une affection calamiteuse. Révélée dans des emplois pétulants, à l’aise lorsqu’il s’agit de faire passer force ou menace, la réalisatrice-actrice se montre beaucoup moins convaincante dans les minauderies. On se console ici avec des comédiens égaux à eux-mêmes (au point qu’ils doivent être inquiétants dans la vie quotidienne), Anémone et Philippe Rebbot…VR

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Que faire à Grenoble pendant les vacances de Noël ?

CONNAITRE | Si cette période de l’année n’est pas la plus riche culturellement parlant (doux euphémisme), il y a tout de même moyen de s’occuper intelligemment. Le PB vous propose un programme jour par jour, fait de visites, de cinéma, de musique, de spectacles… Libre à vous de le suivre ou non, dans l’ordre ou dans le désordre. La rédaction

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

Que faire à Grenoble pendant les vacances de Noël ?

Mercredi 23 décembre Avant-dernier jour pour foncer au fameux Marché de Noël de Grenoble et ainsi se mettre dans l’ambiance fêtes si ce n’est pas encore fait. Un journée qui se terminera avec un concert gratuit du groupe Funky Caravane à 18h square du Docteur Martin. Jeudi 24 décembre Si de la famille et/ou des amis viennent vous rendre visite à Grenoble pendant les fêtes, emmenez-les absolument au Musée archéologique de Grenoble. Oui, on en a déjà souvent parlé, mais comme pas mal de monde ne semble pas encore connaître l’un des lieux les plus fascinants de la ville… En plus, l’entrée est gratuite, donc vous pouvez y aller en nombre. Attention tout de même : le musée est fermé le mardi et les 25 décembre et 1er janvier. Vendredi 25 décembre

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Sublime Arcosm

SCENES | On en avait déjà causé en septembre dans notre Panorama de rentrée culturelle : c’est la compagnie lyonnaise Arcosm de Thomas Guerry (à gauche) et (...)

Aurélien Martinez | Mardi 10 novembre 2015

Sublime Arcosm

On en avait déjà causé en septembre dans notre Panorama de rentrée culturelle : c’est la compagnie lyonnaise Arcosm de Thomas Guerry (à gauche) et Camille Rocailleux (à droite donc !) qui sera en résidence à la Rampe d’Échirolles pendant trois saisons. Une bonne nouvelle tant les deux artistes (l’un chorégraphe, l’autre musicien) ont développé un langage commun original, matérialisé notamment dans Echoa, leur plus grand succès. Une résidence qui commence officiellement cette semaine avec la présentation de leur nouvelle pièce jeune public Sublime. Une pièce imaginée au sein d’un ensemble plus grand comme nous l’explique le chorégraphe Thomas Guerry : « On a d’emblée pensé ça en deux temps. Sublime est donc le premier volet de ce diptyque. Quant au second volet, il s’appellera Subliminal. Deux pièces qui vont tourner autour de notre rapport à l’image : pour Sublime, cette manière que l’on a de sans cesse sublimer notre image, de la manipuler pour ressembler à une icône ou à

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Le Fils de Saul

ECRANS | Comment raconter une tragédie intime au sein de l’une des plus immenses et indicibles tragédies de l’histoire humaine (la Shoah) ? László Nemes s’y risque dans son premier long métrage. Grand Prix à Cannes.

Vincent Raymond | Mardi 3 novembre 2015

Le Fils de Saul

Représenter la Shoah figure parmi les pires casse-dents pour un artiste, en particulier au cinéma. Trop peu montrer la réalité des camps d’extermination, c’est risquer d’en minorer l’abomination, voire de la nier à force de prendre des précautions : il faut avoir le sens de la symbolique comme Costa-Gavras dans Amen et être capable d’activer un hors-champ suffisamment puissant pour faire comprendre par l’absence ou à travers les réactions des observateurs directs, ce que la monstruosité provoque. Mais trop montrer, c’est encourir l’obscénité et la spectacularisation de l’horreur – soit sa banalisation. Pendant près de trois quarts de siècle, les cinéastes ont rivalisé d’acrobaties éthiques pour parvenir à une mise en image digne dans des films à vocation historique. Peut-être parce qu’il appartient à une toute jeune génération, bien à distance des faits (il a 38 ans), László Nemes ose se servir de ce contexte douloureusement sacré pour y installer une fiction – qui n’a rien d’anodine. Membre des Sonderkommandos (ces détenus en sursis chargés de "l’entretien" des fours crématoires d’Auschwitz), Saul reconnaît son fils parmi les corps qu’il doit brûler. Avec obs

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Par accident

ECRANS | De Camille Fontaine (Fr, 1h25) avec Hafsia Herzi, Émilie Dequenne, Mounir Margoum…

Vincent Raymond | Mardi 13 octobre 2015

Par accident

Amra écrase un piéton alors qu’elle est au téléphone. Effondrée, cette jeune mère, dont l’époux n’est pas en règle, s’attend au pire. Mais à sa grande surprise, Angélique, une jeune infirmière délurée, témoigne en sa faveur. Elles deviennent amies… Sur le papier, tout semble y être : une ébauche d’intrigue à la Highsmith, un contexte social bien marqué avec des personnages dignes de Guédiguian et même la touche arty – le Beau Bizarre (Christophe) pour une B.O.… bizarre. Pourtant, ça ne prend jamais tout à fait, malgré des comédiens estimables – parmi lesquels la découverte Mounir Margoum. Peut-être aurait-il fallu n’épouser que le point de vue d’Amra pour sentir une tension grandissante de thriller, et non des fragments. Le vrai mystère du film concerne cependant le look Bruno Gollnisch d’Emmanuel Salinger. Est-il délibéré ? En tout cas, il effraie.

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Danse : une saison, cinq spectacles

SCENES | On a épluché les programmations des différentes salles de l'agglo qui proposent de la danse. On a retenu cinq propositions, à base d'Akram Khan, de Kaori Ito, de Josette Baïz, d'Arcosm ou encore de Chicos Mambo.

Aurélien Martinez | Lundi 14 septembre 2015

Danse : une saison, cinq spectacles

Sublime « Arcosm, une nouvelle compagnie en résidence pour trois saisons » : voilà, la plaquette de la Rampe d’Échirolles confirme la nouvelle. L’excellente nouvelle même, le danseur et chorégraphe Thomas Guerry et le musicien et compositeur Camille Rocailleux ayant mis en place en presque quinze ans un univers artistiquement fort matérialisé notamment dans Echoa, leur plus grand succès, ou dans des pièces aussi originales que, par exemple, La Mécanique des anges. Un univers où la danse côtoie la musique le plus simplement du monde, comme une évidence. On pourra donc suivre de près la naissance de leurs deux prochaines créations présentées sous forme d’un dytique : Sublime cette saison, proposition tout public pour quatre interprètes sur le paraître, l’apparence et toutes les dérives qui en découlent, et Subliminal à l’automne 201

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Cannes 2015 : une compétition la tête à l’envers

ECRANS | Entre déceptions, ratages et réussites inattendues, la compétition du 68e festival de Cannes est, à mi-parcours, encore difficile à cerner, le renouvellement souhaité n’ayant pas toujours porté ses fruits. Mais on peut déjà en dégager deux films majeurs : "Le Fils de Saul" de László Nemes et "Carol" de Todd Haynes. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 18 mai 2015

Cannes 2015 : une compétition la tête à l’envers

En laissant à la porte de la compétition quelques très grands auteurs contemporains (Arnaud Desplechin, Apichatpong Weerasethakul – dont on s’apprête à découvrir le nouveau film) pour faire de la place à des cinéastes encore jeunes et parfois novices dans la "top list" du festival, Thierry Frémaux avait pris le risque assumé de surprendre. À mi-parcours, on ne se hasardera pas à faire de généralités, ni même à lancer de grandes phrases définitives sur la réussite d’une telle position, car chaque exemple semble produire son contre-exemple, tel metteur en scène acclamé et palmé pouvant livrer une de ses œuvres les plus abouties pendant qu’un autre, au statut similaire, se fourvoyait dans une énorme plantade. Idem pour les nouveaux venus : si la plupart ont peiné à justifier l’honneur qui leur a été fait, c’est pour l’instant un premier film qui a fait la plus forte impression au sein de la compétition. Promotion ratée À la case déceptions, s’empilent déjà les noms de Yorgos Lanthimos et Joachim Trier. Avec The Lobster, Lanthimos montre dès son quatrième film, pourtant tourné dans des conditions bien plus confortables que le

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"Bounce !", la bloc party d'Arcosm

SCENES | Deux hommes, deux femmes, un parallélépipède et des tas de possibilités : avec "Bounce !", Thomas Guerry et Camille Rocailleux de la compagnie Arcosm affinent avec brio leur idéal de mise en geste du rythme. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 21 avril 2015

Dans 2001 : l'odyssée de l'espace, un enregistrement dans lequel le Dr. Floyd fait état de la découverte, sur la Lune, d'un monolithe de fabrication extraterrestre, se conclut par ces mots : « Son origine et sa fonction demeurent totalement mystérieuses. » On pourrait en dire autant de l'hexaèdre en bois qui se dresse au milieu du plateau de Bounce !, la nouvelle création de Thomas Guerry et Camille Rocailleux. En tout cas pendant ses cinq premières minutes. Passé ce délai et une collision inopinée avec un interprète, il deviendra tour à tour, par le truchement de subtils jeux de lumière et de la propension de ses concepteurs à faire du moindre élément de décor un support de jeu, une bombe à retardement, un bord de précipice, un cajón géant ou encore, justement, une allusion au film de Kubrick. Pour la beauté du geste Au fil des minutes, il apparaît surtout comme un condensé de la structure métallique d'Echoa, (l'indépassable ?) première création de la compagnie Arcosm, magnifiant comme elle par l'

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Inupiluk + Le Film que nous tournerons au Groenland

ECRANS | De Sébastien Betbeder (Fr, 32 min + 32 min) avec Thomas Blanchard, Thomas Scimeca…

Christophe Chabert | Mardi 24 février 2015

Inupiluk + Le Film que nous tournerons au Groenland

Après le très réussi 2 automnes, 3 hivers, Sébastien Betbeder est revenu au format court avec Inupiluk : en trente minutes bien tassées, il suit deux potes hipsters et glandeurs, Thomas et Thomas, qui accueillent Ole et Adam, venus directement du Groenland pour passer quelques jours en France. Ponctué par des notations intimes (le père de Thomas vit au Groenland, sa copine ne répond plus à ses SMS), Inupiluk s’amuse du décalage de langue et de culture pour tisser un récit de vacances à la Jacques Rozier, de la Tour Eiffel à la dune du Pilat. Cette sensation de liberté et d’improvisation est franchement séduisante, et Betbeder confirme sa capacité à séduire un air du temps contemporain qui laisserait l’inquiétude à la porte. Pour cette sortie en salles, il y a adjoint un autre court, Le Film que nous tournerons au Groenland, qui en est le prolongement logique : les deux acteurs retrouvent le cinéaste pour élaborer une suite où cette fois-ci ce sont les Français qui partiraient dans le village de leurs nouveaux amis gro

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Le Vertigo, culture club

GUIDE URBAIN | Depuis dix-sept ans, le Vertigo Club anime les nuits grenobloises sur des sons électro. Novateur à son époque, il s'est aujourd'hui imposé auprès d'un public varié. Adeline Gailly

Aurélien Martinez | Vendredi 5 décembre 2014

Le Vertigo, culture club

Inspiré de la tendance électro, le Vertigo naît en 1997 alors que le style peine à être reconnu. « J'étais un extraterrestre à l'époque quand j'écoutais de l'électro » se rappelle Camille, le fondateur. Il relève néanmoins le défi de créer une boîte de nuit dédiée à ce type de musique. Pari réussi puisque la discothèque du centre-ville attire toujours les adeptes d’un genre désormais étendu au grand public. Ce type d'établissement n'était pourtant pas nouveau dans les années 90 à Grenoble. Aujourd'hui disparu, le Drac'Ouest, à Fontaine, organisait déjà des rave-parties. La mauvaise réputation, Camille ne s'en souciait guère : « L'électro c'était l'interdit, c'était synonyme de décadence mais j'ai misé là-dessus, je trouvais que c'était différent. » De Laurent Garnier au David Guetta des débuts en passant par Cassius ou encore Martin Solveig, nombre de DJ reconnus aux styles bien différents ont usé les platines du Vertigo. « Ce sont ces têtes d'affiche qui permettent de ramener du monde » dixit Camille, qui refuse pour autant

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Notre sélection de Noël

ACTUS | Pour Noël, plusieurs choix de cadeaux culturels sont possibles. Les palpables (bouquins, DVD, CD...) comme les immatériels. Nous avons privilégié les seconds, en vous concoctant une sélection de concerts et spectacles (dont il reste des places) à voir dans la région. Une sélection très ironiquement thématisée ! La rédaction

Aurélien Martinez | Mardi 10 décembre 2013

Notre sélection de Noël

Pour les teufeurs proprets Nuits sonores (le festival électro de Lyon, cette année du 28 mai au 1er juin) et Musilac (à Aix-les-Bains du 11 au 13 juillet) sont des festivals sympathiques : ils lâchent avant Noël des places à des tarifs avantageux. Pour Nuits sonores, on peut réserver un pass 3 nuits à 77 €, sans néanmoins connaître la prog (qui est toujours de haut niveau). Pour Musilac, où sont déjà annoncés Motörhead, Stromae, Shaka Ponk ou encore –M–, 10 000 pass 3 jours sont en vente au prix de 89, 90 € (au lieu de 119, 90 €). À noter que comme la date du 17 avril au Summum est complète (ainsi que celle de Lyon la semaine d’après), pour voir le phénomène Stromae dans la région, ce sera forcément à Aix-les-Bains.www.nuits-sonores.comwww.musilac.com

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