Wanted : Rodriguez

MUSIQUES | Attendu comme le Messie, le Sugar Man Rodriguez a déçu lors de ses récentes prestations parisiennes. Et si, à la veille de son concert à Jazz à Vienne, en première partie de Ben Harper, on attendait finalement un peu trop de cet extraordinaire songwriter qui a déjà beaucoup donné sans jamais rien demander ? Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Dimanche 30 juin 2013

« Sugar Man (…), je suis fatigué de ce cirque (…), las de ces jeux dangereux. » À presque 71 ans, Rodriguez est un homme fatigué qui a raté son rendez-vous avec la gloire. C'est elle qui, tel un dealer, l'a rattrapé maintes fois par le col pour mieux le repousser : « False friend » (Sugar Man) d'un homme dont les dépendances occasionnelles n'ont jamais inclus argent ni célébrité, aujourd'hui trimbalé, à cet âge pré-canonique, le long d'une interminable tournée mondiale. Ses concerts parisiens – pris d'assaut – se sont révélés catastrophiques – loin de ses prestations américaines et anglaises. Rodriguez a promis de se « reprendre ». Comme s'il nous devait quoi que ce soit.

 

 

À coups de compte-rendus au pire scandalisés, au mieux condescendants, on l'a dit fatigué, dépassé, quasi aveugle, de nouveau porté sur la boisson, trop vieux. Qu'on ne s'y trompe pas : voir aujourd'hui un concert de Bob Dylan n'est pas moins pathétique. Oui mais voilà, Dylan is Dylan. Rodriguez n'est « que » Rodriguez. Or, il ne l'est pas, ou plus, depuis longtemps. L'a-t-il d'ailleurs jamais été ? Lui sur qui les rumeurs les plus folles ont couru : immolé par le feu, suicidé sur scène, overdosé en prison. Récemment, Rue 89 a ironiquement titré : « Sixto Rodriguez existe-t-il vraiment ? » On connaît la fameuse maxime : « la plus grande ruse du diable est de nous faire croire qu'il n'existe pas ». Après un (ré-)apparition fracassante, Rodriguez y parvient toujours.

 

Hobo fantôme

 

Sa force ? Un mystère naturellement entretenu, personne n'a jamais su qui est cet étrange personnage : ouvrier le jour, musicien la nuit, hobo fantôme tout droit sorti du Morning Glory de Tim Buckley, où le conteur-vagabond passe son chemin comme on passe son tour, pour cause de marche trop haute. Au succès, superficiel, Rodriguez a-t-il peut-être fini par préférer la profondeur : celle de textes militants, politiques, décrivant, d'une plume comparable à celle d'un Bob Dylan, la réalité sociale de Detroit qui, à la fin des 60's, a déjà des airs de ville bombardée par la misère.

 

Sans le savoir c'est ainsi qu'il construit sa légende, passant sa vie à paraître et à disparaître. À se cacher. Il faut se souvenir du passage du documentaire Searching for Sugar Man où son premier producteur Mike Theodore raconte que, même dans le bar interlope où il se produisait dans un nuage de fumée(s) à couper au cran d'arrêt, Rodriguez jouait de dos. Plus tard, un showcase devant des promoteurs de concert organisé par Clarence Avant, directeur de Sussex Records, vire à la catastrophe, Rodriguez est tétanisé par le trac et, ivre, tourne définitivement le dos, au sens propre, à la gloire.

 

Définitivement ou presque, car celle-ci revient frapper à sa porte à la faveur d'une tournée australienne à l'aube des années 80. Puis sa carrière s'arrête de nouveau. Il en profite pour passer un diplôme de philosophie à l'Université Wayne State, et candidater à la mairie de Detroit, ignorant qu'au même moment, il est en train de devenir une légende dans l'Afrique du Sud de l'anti-Apartheid. Jusqu'en 1998 – nouvelle tournée, triomphale, puis retour à l'anonymat – et avant qu'en 2008, le réalisateur suédois Malik Bendjelloul ne s'empare du versant sud-africain de son histoire.

 

Ses deux albums, introuvables, s'apprêtent alors seulement à être réédités. Bendjelloul découvre donc par hasard le destin de cette star inachevée. Quatre ans plus tard, le film terminé, Rodriguez est définitivement et mondialement panthéonisé, acclamé. Le récit, partiel, de sa vie oscarisé. Les promoteurs tournent casaque et s'emparent du mythe trop longtemps ignoré, flairant la poule aux œufs d'or. Enfin, mais trop tard sans doute.

 

Alive

Quand, en 1998, Rodriguez lance à la foule du Cap : « Thanks for keeping me alive », on y entend l'écho de ce message envoyé par sa fille en réponse à l'avis de recherche de fans-limiers Sud-Africains : « Sometimes, the fantasy is better left alive. » « Alive » était aussi le titre de la précitée tournée en Australie. Comme s'il fallait toujours s'assurer que Rodriguez est en vie, qu'il existe bel et bien, quand sa carrière n'est qu'une suite de succès mort-nés et de résurrections.

 

 

À propos de ces fameux concerts parisiens, le journal Marianne a parlé de « crucifixion artistique ». Or, finalement, tel était peut-être le destin de celui qui signait ses chansons « Jesus » Rodriguez : une vie en forme de traversée du désert, ponctuée d'éternels retours vécus avec la désinvolture induite par une intégrité absolue, quasi-christique. Et une tournée en forme de chemin de croix devant un public de la dernière pluie d'autant plus déçu qu'il l'attendait comme le Messie. Oui, le conte de fée habilement brodé est un peu défait.

 

Mais ce qui compte ici ne se dénombre pas en espèces sonnantes et trébuchantes, en demandes de rappel : c'est la postérité de chansons éternelles et universelles, seul moyen d'appréhender le « véritable » Rodriguez. Le reste, l'intéressé s'en amuse peut-être, en profite sans doute, mais surtout s'en moque, comme il s'en moquait sur son premier single, publié sous le nom de Rod Riguez, I'll slip away (1967): « Vous pouvez garder vos symboles de réussite, je poursuivrai mon propre bonheur. Vous pouvez garder vos horloges et vos routines, j'irai réparer tous mes rêves brisés. Peut-être qu'aujourd'hui... Je m'éclipserai.» Encore.


 

Ben Harper & Charlie Musselwhite + Rodriguez, vendredi 5 juillet, au Théâtre antique de Vienne


BEN HARPER & CHARLIE MUSSELWHITE + RODRIGUEZ + GUILLAUME PERRET & THE ELECTRIC EPIC


Théâtre Antique de Vienne Vienne
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Jazz à Vienne : les derniers noms

Festival | Jazz à Vienne complète sa programmation avec quatre nouvelles soirées de choix. Revue de détail.

Stéphane Duchêne | Mardi 27 avril 2021

Jazz à Vienne : les derniers noms

Bien décidé à se tenir à peu près normalement, à partir de fin juin, Jazz à Vienne avait annoncé la majeure partie de sa programmation début avril. La voici désormais complète avec l'ajout de quelques noms et non des moindres, qui avancent le début des festivités au 23 juin. Le festival allobroge vient en effet d'annoncer la tenue de quatre nouvelles soirées au théâtre antique. Le 24 juin d'abord, une soirée New Generation en compagnie du Portico Quartet et du Tigran Hamasyan trio (auxquels s'ajouteront les talents Adami Jazz Gauthier Toux et Nils Petter Molvaer). Le 26 juin ensuite pour une soirée Brésil avec deux amis de longue date, Seu Jorge & Rogê, enfin sur scène ensemble, et une carte blanche à Lucas Santana. Le samedi 3

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Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

Festival | Et si le monde d'après commençait le 25 juin en l'antique théâtre de Vienne avec pour bande-son un peu (beaucoup) de jazz ? Alors que sonne la débandade au royaume des festivals estivaux, Jazz à Vienne veut y croire en dévoilant une programmation à l'ancienne avec de vrais musiciens à présenter à un public en chair et en os. Les promesses n'engageant que ceux qui y croient, on y croit. Un peu.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 avril 2021

 Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

18 soirées, trois hommages, huit cartes blanches, voilà ce que nous promet Jazz à Vienne pour son édition 2021 placée sous le signe de la « relance », du « combat » et de la « générosité ». Il faudra au moins ça pour que le festival débute bien le 23 juin (prochain, pas 2022) et se termine comme une fleur le 10 juillet. Ça, de bonnes doses de vaccins et accessoirement de chance aussi. Car quand on dit « voilà ce que nous promet Jazz à Vienne », il faut bien admettre qu'il s'agit davantage d'un vœu pieu déguisé en promesse de la part d'un événement malgré tout conscient du caractère incertain de l'avenir quand on se trimballe un présent pareil. Mais enfin bon puisque programmation il y a, alors parlons de programmation sans nous attarder, ça nous changera, sur les moyens de la mettre sur scène cet été et devant un public avec ça. Tout commencerait donc le 23 juin avec une soirée qui commence à trouver le temps long puisque déjà prévue pour l'an dernier : celle de l'ouverture qui accueillera le petit fiancé de Jazz à Vienne, Jamie Cullum, et

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Jazz à Vienne 2019 : voici la programmation

Festival | Jazz à Vienne vient d'annoncer un programme d'autant plus touffu qu'il ne s'étale que sur une quinzaine (du 28 juin au 13 juillet). En voici les grandes et incontournables lignes.

La rédaction | Mardi 19 mars 2019

Jazz à Vienne 2019 : voici la programmation

À lire sur le PB Lyon.

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Robert Rodriguez : « "Alita" est certainement le plus grand défi de ma carrière »

ECRANS | Appelé par l’équipe d’"Avatar" pour réaliser "Alita : Battle Angel", Robert Rodriguez signe un divertissement d’anticipation visuellement éblouissant transcendé par la comédienne Rosa Salazar. Tous deux évoquent la conception d’un film au fond politique assumé.

Vincent Raymond | Lundi 18 février 2019

Robert Rodriguez : «

Jon Landau, coproducteur du film avec James Cameron, dit qu’Alita a constitué le plus grand défi de votre carrière. Partagez-vous son opinion ? Robert Rodriguez : Il s’agit certainement du plus grand défi de ma carrière. Et c’est génial ! Quand on commence à avoir une carrière assez longue comme la mienne, on a envie de faire des choses nouvelles. Ça fait longtemps que je suis ami avec James Cameron – dont je suis aussi fan. Je m’étais toujours demandé, à la façon d’un éternel étudiant, comme il pouvait continuer à fabriquer des films comme un artisan. On n’imagine pas que James a fait ses débuts avec des films à petit budgets – après tout, il a travaillé pour Roger Corman, il a fait Terminator pour presque rien comme j’ai fait El Mariachi. Comment a-t-il pu faire ce saut vers le “gros cinéma“ avec de gros budgets et des échelles bien plus importantes ? J’ai toujours choisi des films à budget modeste, et comme James je v

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"Alita : Battle Angel" : Pinocchio 2.0

ECRANS | de Robert Rodriguez (ÉU, 2h02) avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly…

Vincent Raymond | Mardi 12 février 2019

Le XXVIe siècle, après une féroce guerre. Dans la décharge de la ville basse d’Iron City, un docteur/mécanicien trouve une cyborg démantibulée ultra-sophistiquée qu'il répare et nomme Alita comme sa fille défunte. Il découvre qu’elle présente d’étonnantes dispositions au combat… La récente poussée des membres de la trinité mexicaine Iñarritu/Cuarón/del Toro ne doit pas oblitérer leurs camarades, actifs depuis au moins autant longtemps qu’eux dans le milieu. Tel le polyvalent Robert Rodriguez, Texan d'origine mexicaine, qui signe ici après Sin City (2005) une nouvelle adaptation de BD – en l’occurrence un manga futuriste de Yukito Kishiro. On reconnaît dans cette version augmentée de Pinocchio (où la marionnette serait une cyborg et son Gepetto un savant doublé d’un traqueur de criminels) l’empreinte du producteur James Cameron : perfection formelle absolue des images, rigueur du récit, spectaculaire immersif (les courses en motorball ne déchirent pas : elles dévissent), distribution soignée… Peut-être tient-on un pendant à Blade Runner, en moins hermétique sur le plan m

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John Zorn, Chassol et Hocus Pocus programmés à Jazz à Vienne 2019

Annonce | Jazz à Vienne dévoile les premiers noms de l'édition 2019 et celui de l'auteur convié à réaliser l'affiche de la prochaine édition : Jacques de Loustal.

La rédaction | Mardi 20 novembre 2018

John Zorn, Chassol et Hocus Pocus programmés à Jazz à Vienne 2019

Plus d'info sur le site du PB Lyon.

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"Carmen et Lola" : gitanes sans filtre

ECRANS | de Arantxa Echevarría (Esp, 1h43) avec Rosy Rodriguez, Zaira Romero, Moreno Borja…

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

Carmen s’apprête à convoler avec un jeune Gitan de sa communauté madrilène, quand elle rencontre Lola, travaillant sur les marchés comme elle. Rebelle, grapheuse et lesbienne, Lola lui révèle la possibilité d’une autre romance. Avec, comme conséquence, le secret ou l’exil… De la difficulté de sortir du rang et des traditions séculaires… Drame sentimental urbain et bariolé, Carmen et Lola est aussi un film ethnographique où Arantxa Echevarría montre à quel point l’homosexualité féminine, considérée comme une malédiction dans une culture soumise à des codes ultra patriarcaux, peut encore créer rejet et violence, avec de surcroît – hélas – la complicité des femmes de la précédente génération. En filigrane, la réalisatrice montre l’ostracisme et la méfiance dont les Gitans sont l’objet en Espagne, qui les contraint à demeurer en vase clos, dans un analphabétisme humiliant. Ce contexte permet de mieux mesurer la menace pesant sur les deux protagonistes hors du groupe : une marginalisation définitive sans espoir de futur, ni retour en arrière possible. Et dire qu’il y a trente ans en Espagne, Mecano chantait Mujer co

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Jazz (en) fusion à Jazz à Vienne grâce à Magma

Festival | Avec Magma, Christian Vander a opéré dès la fin des années 1960 une petite révolution musicale dont beaucoup ne se sont jamais remis et dont lui-même n'est jamais sorti. Toujours au front, le légendaire batteur aux étranges glossolalies sera à Jazz à Vienne mercredi 11 juillet pour opérer la fusion du Théâtre antique.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Jazz (en) fusion à Jazz à Vienne grâce à Magma

À ce jour, en quasiment 50 ans de carrière, Magma a enregistré plus de live que d'albums studio et, de fait, il est peu de personnes qui, pour s'être trouvées un jour à un concert de Magma, toutes époques confondues, n'en ont pas gardé de sérieuses séquelles, plaçant là le groupe parmi les expériences musicales live les plus intenses qui puissent exister. Les plus sérieusement vrillées aussi car un concert de Magma ne ressemble, encore aujourd'hui, à aucun autre. Sans doute parce que Magma ne ressemble à personne. C'est que son fondateur Christian Vander a été à bonne école, grandissant, grâce à un père musicien, dans le giron direct de grands batteurs tels qu'Elvin Jones (frappeur de Coltrane) et Kenny Clarke, des amis de la famille à l'esprit libre comme l'air. Et quand on se fait offrir sa première batterie par le maverick de la trompette Chet Baker, c'est que l'on est promis à un destin particulier. Plus grand que la vie et au-delà du raisonnable, c'est ainsi qu'ont toujours résonné les projets de Vander, dont l'influence principale reste le free-jazz – la liberté toujours – de John Coltrane. Zeuhl Lorsqu'il c

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Ojo Loco : la folie des grandeurs (cinématographiques)

ECRANS | Zoom sur l'ambitieuse sixième édition du festival Ojo Loco, dédié au cinéma ibérique et latino-américain et piloté par l'association Fa Sol Latino.

Aliénor Vinçotte | Lundi 19 mars 2018

Ojo Loco : la folie des grandeurs (cinématographiques)

Pas si fous que ça les Ojo Loco ! Pour composer leur programmation, les responsables du festival grenoblois de cinéma ibérique et latino-américain sont allés faire leur marché parmi les candidats aux Goya (les César espagnols), en y ressortant des films plébiscités comme Handía (sur l’histoire vraie d’un homme atteint de gigantisme au XIXe siècle, que le comédien Iñigo Aranburu viendra présenter en avant-première), El Autor, Une femme fantastique ou encore Été 93. Mais ils ont bien sûr élargi le tir, puisqu'ils proposent, dans la section "compétition fictions", onze films non distribués en France en lice pour recevoir le prix du public. Trois d'entre eux seront accompagnés à Grenoble par leur réalisateur : El Autor (lauréat de deux Goya donc) de Manuel Martín Cuenca, Cabros de Mierdas du Chilien Gonzalo Justiniano et Últimos Días en la Habana (photo) du Cubain Fernando Pérez. Ce dernier présentera aussi, lors d’une soirée "cinéma de patrimoine", deux de ses ré

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Université Grenoble Alpes : la ruée vers l’art avec l’Espace scénique transdisciplinaire

ACTUS | Jeudi 14 septembre sur le campus, dans le cadre de la journée de rentrée de l’Université Grenoble Alpes, sera ouvert un nouvel équipement culturel plus que prometteur – l’UGA mise vraiment sur la culture. Son nom ? L’Est, pour Espace scénique transdisciplinaire. On l’a visité en amont, et on a interrogé ses responsables pour comprendre à quoi il servira.

Aurélien Martinez | Mardi 5 septembre 2017

Université Grenoble Alpes : la ruée vers l’art avec l’Espace scénique transdisciplinaire

Nous voici sur le campus de Saint-Martin-d’Hères, une matinée de fin août, afin de découvrir l’Est – acronyme pour le nom pas très sexy d’Espace scénique transdisciplinaire. Soit le nouvel équipement culturel de l'Université Grenoble Alpes, implanté à côté d’Eve – l’Espace vie étudiante. S’il se fait relativement discret avec son architecture sobre et sa surface au sol assez faible, c’est en pénétrant en son sein qu’on se rend compte de sa richesse : une salle de spectacle de 150 places on ne peut plus moderne et, surtout, quatre studios de création munis de grandes baies vitrées donnant sur l’extérieur. Plus des loges, un atelier de construction de décors et des bureaux pour l’équipe. Le grand luxe. Enfin, pas forcément pour Vanessa Delfau, directrice de la culture et de la culture scientifique à l’UGA. « C'est un équipement qui correspond au dimensionnement de l'université qui est la nôtre : on a l'un des plus gros départements arts du spectacle en France. On ne s'étonne pas d'avoir des salles de TP en chimie ou en physique extrêmement bien équipées. Un étudiant en chimie a besoin d'éprouvettes et de paillasses ; un étudiant en a

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Jazz à Vienne rend hommage à la légende John Coltrane

Jazz | Quoi de plus normal que de célébrer les 50 ans de la disparition du géant du sax ténor John Coltrane dans un festival de jazz ? Quoi de plus évident que de le faire à Jazz à Vienne ? Qui de plus qualifié pour cela que le vénérable, et lui aussi légendaire, Archie Shepp, entouré pour l'occasion d'un groupe all-star pour dire son suprême amour de celui qu'on appelait « Trane » ? Lundi 3 juillet est assurément LA soirée à ne pas louper cette année à Jazz à Vienne.

Stéphane Duchêne | Mardi 20 juin 2017

Jazz à Vienne rend hommage à la légende John Coltrane

Il y a des rencontres et des figures qui vous changent une vie. En ce qui concerne le saxophoniste de jazz américain Archie Shepp, ce sera celle de John Coltrane. Shepp a 23 ans lorsqu'il voit Coltrane sur scène un soir de 1960 au Five Spot à New York. Le jeune homme est déjà musicien (piano, clarinette, sax alto), jazzman, mais Coltrane est, lui, déjà un poids lourd comme on dirait en boxe et, plus que ça, un génie. La révélation est telle qu'elle pousse Shepp à passer, comme lui, au sax ténor. Rapidement, il fait partie avec des musiciens comme Cecil Taylor, Don Cherry et Ornette Coleman, des pionniers inspirés par quelques travaux remontant aux années 1940 déjà qui, las des conventions du be-bop ou du hard-bop, décident d'en briser les codes, d'en casser le tempo et d'en libérer les improvisations. Ce sont les débuts du free-jazz. Coltrane est lui aussi en train d'emprunter ce virage qui donnera lieu à quelques classiques du genre tels que A Love Supreme. La route des deux hommes n'a alors de cesse de se recroiser. Ascension C'est par l'entremise de Coltrane que Shepp signe chez Impulse ! où il publier

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"L'Homme aux mille visages" : espion, venge-toi !

Thriller | Transformant une escroquerie d’État des années 1980 en thriller rythmé et sarcastique, Alberto Rodríguez, réalisateur du fameux "La Isla minima", poursuit à sa manière son exploration critique de la société espagnole post-franquiste, quelque part entre "Les Monstres", "L’Arnaque" et "Les Affranchis".

Vincent Raymond | Lundi 10 avril 2017

Remercié par les services secrets espagnols et ruiné, le rusé Paco Paesa a dû se reconvertir du trafic d’armes vers l’évasion fiscale. Quand Luis Roldán, patron de la Garde Civile soupçonné de détournement de fonds, réclame son aide, il flaire le bon coup pour se refaire. Du billard à mille bandes… Contrairement à Fantômas, Paco Paesa n’a nul besoin de revêtir de masque ni d’user de violence pour effectuer ses coups tordus. C’est par la parole et l’apparence, en douceur, qu’il arrive à ses fins, laissant croire à son interlocuteur ce qu’il a envie de croire. En cela, L'Homme aux mille visages rappelle la grande époque de la comédie italienne, dans sa manière notamment de ridiculiser (voire d’infantiliser) les puissants, ravalés au rang en marionnettes dans les mains d’un manipulateur habile. Et de prendre les ambitieux, surtout les corrompus, au piège de leur avidité – c’est l’"arrosé" arrosé, en somme. Faux et usage de vrai Alberto Rodríguez est de ces cinéastes qui, à l’instar de l'Italien Paolo Sorrentino dans

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Jazz à Vienne 2017 : voici la programmation !

Festival | Jazz à Vienne, qui regarde souvent et encore vers l'avenir en faisant mûrir en son sein les jeunes talents, jette un joli coup d'œil cette année au passé et à ses disparus sous la forme d'une demie-douzaine d'hommages, parmi lesquels Fela, Prince ou David Bowie. Sans compter quelques autres morceaux de choix (De La Soul, Mary J. Blige...) pour tous les goûts.

Stéphane Duchêne | Lundi 27 mars 2017

Jazz à Vienne 2017 : voici la programmation !

On analyse tout ça sur le site du PB Lyon.

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Ils re-Vienne (à Jazz à Vienne)

MUSIQUES | Quel est le comble pour un festival de jazz ? De faire du classique. Ce pourrait être une blague récurrente du côté du Théâtre antique de la cité allobroge, mais c'est aussi la formule qui fait de Jazz à Vienne un incontournable de l'été. Où, en sus, il reste toujours quelque chose à découvrir.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Ils re-Vienne (à Jazz à Vienne)

Toi aussi joue chaque année avec Jazz à Vienne au bingo des noms – c'est un peu comme compter les ponts ou les Peugeot rouges sur l'autoroute avec papa et maman lors des départs en vacances. Qui est venu? Qui revient ? Quand et comment ? Quand l'a-t-on vu pour la dernière fois ? Qui opère son baptême du feu ? Et toi, dis, quand reviendras-tu ? Reste qu'un festival qui parvient à ce point à fidéliser ses invités ne peut être qu'un événement où l'on a envie de revenir, y compris en tant que spectateur. Et puis il y a ce travail de défrichage de l'ombre avec les scènes dites annexes, qui depuis tant d'années laisse aux jeunes pousses le temps de fleurir et de revenir en tête d'affiche – on pourrait appeler cela la jurisprudence Cecile McLorin Salvant / Chromb / Gregory Porter. Forever Chet Il faudra donc compter cette année, outre les précités, sur les présences de Diana Krall, de l'immense guitariste John McLaughlin, de l'incontournable Erik Truffaz, de la désormais pop star internationale Ibrahim Maalouf (photo), invité dans les plus grands raouts planétaires (cf Cannes), de Goran Bregovic et de son Orchestre des mariages et des enterrements (ce qu

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Florence Verney-Carron : « Marquer de façon visible l’action de la région »

ACTUS | Depuis l'élection de Laurent Wauquiez (Les Républicains) à la tête de la région Auvergne Rhône-Alpes en décembre dernier, le monde de la culture s'est inquiété, parfois offusqué, au minimum s'est posé des questions, notamment suite à une déclaration pour le moins malheureuse en pleine campagne sur les formations « fantaisistes » de circassien et de marionnettiste. C'est peu dire que Florence Verney-Carron, vice-présidente en charge de la culture, est attendue par pas mal de monde. On l’a rencontrée.

Sébastien Broquet | Mardi 3 mai 2016

Florence Verney-Carron : « Marquer de façon visible l’action de la région »

En janvier, après l'élection, vous demandiez du temps avant de dévoiler votre feuille de route concernant la culture. Aujourd’hui, pouvez-vous nous dire quels sont les points qui vont être privilégiés ? Florence Verney-Carron : C’est la première fois qu'une élection se déroulait en décembre. C’était très compliqué de nous atteler au budget 2016 en si peu de temps. Durant ces trois premiers mois, j’ai analysé pas mal de choses. On avait un certains nombre de principes, déjà évoqués par Laurent Wauquiez durant la campagne, notamment deux points très forts : d'abord accompagner évidemment les créateurs culturels de premier plan, ensuite encourager l’émergence – ce qui est l’essentiel pour une collectivité publique. Ça nous a amenés à tracer deux grands points de notre politique culturelle : avoir une offre de qualité partout, même dans les endroits les plus reculés du territoire, et y apporter beaucoup d’attention : ce peut-être une librairie, un festival, un cinéma. Le second point, ce sera de respecter et d’encourager tous les lieux de création. Et comme nous arrivons au moment de la fusion des régions, il est aussi

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Jazz à Vienne dévoile sa programmation

MUSIQUES | Les festivals s'effeuillent en cette fin d'hiver : au tour de Jazz à Vienne de présenter son programme, relevé et concentré sur les valeurs sûres. Voici notre top 5 (et la programmation complète).

Sébastien Broquet | Mardi 29 mars 2016

Jazz à Vienne dévoile sa programmation

Article à retrouver sur le site du PB Lyon.

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La Isla minima

ECRANS | Deux flics enquêtent sur des assassinats de femme dans une région marécageuse et isolée, loin des soubresauts d’un pays en pleine transition démocratique. En mélangeant thriller prenant et réflexion historique, Alberto Rodríguez réalise avec maestria un "True Detective" espagnol. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 15 juillet 2015

La Isla minima

Au tout début des années 1980, l’Espagne continue sa transition entre la dictature franquiste et la monarchie républicaine. Les échos de cette mutation ne parviennent que lentement vers une région reculée de l’Andalousie cernée par les marais, où les habitants ont définitivement renoncé à mettre leurs pendules à l’heure. Pourtant, l’assassinat de deux jeunes filles lors des fêtes annuelles va conduire deux flics venus de Madrid à débarquer dans cette communauté fermée et discrète pour faire surgir la vérité et lever les hypocrisies morales. Alberto Rodríguez, cinéaste jusqu’ici plutôt mineur au sein de la nouvelle génération espagnole, parvient très vite à lier ensemble son thriller et le contexte politique dans lequel il l’inscrit. Et ce grâce à la personnalité de ses deux enquêteurs : l’un, Juan, obsédé par la résolution de l’affaire, représente la nouvelle Espagne qui se met en place lentement et tente de remplacer les méthodes expéditives des milices franquistes ; l’autre, Pedro, a plus de mal à oublier ses vieux réflexes et y voit surtout une forme d’efficacité non entravée par les droits des suspects. Mais cette tension se retrouve aussi dans l’intrigue elle-même

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Caetano & Gil : amicalement vôtre

MUSIQUES | « Deux amis, un siècle de musique », c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 juin 2015

Caetano & Gil : amicalement vôtre

« Deux amis, un siècle de musique », c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène avec chacun une guitare et un répertoire immense. Caetano & Gil se sont un peu les Brett Butler et Danny Wilde de la musique brésilienne, aux trajectoires individuelles marquées mais dont le destin restera irrémédiablement lié pour l'Histoire, l'esprit indissociable malgré les désaccords et les différences. Nés la même année, en 1942, et tous deux grandis à Salvador de Bahia, l'un est blanc issu d'un milieu modeste, l'autre noir et fils de médecin, les deux sont très engagés politiquement mais quand Gil est nommé ministre de Lula (premier président de gauche depuis leurs propres tribulations tropicalistes), Veloso est dubitatif avant de se raviser. Leurs caractères aussi sont rigoureusement opposés – Veloso est un hyperactif et bon vivant, Gil un gros dormeur (et c'est lui qui sera ministre) et quasiment maître zen – mais ils se complètent comme se complétaient Lennon et Macca et se sont trouvés comme on trouve l'amour, chacun vouant à l'autre une admiration sans bornes et jamais envieuse.

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Jazz à Vienne à tous les temps

MUSIQUES | Entre éternels retours et renouvellement forcenés des talents, Jazz à Vienne continue pour sa 35e édition de puiser aux sources du jazz tout en se posant en laboratoire de la musique de demain. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 24 juin 2015

Jazz à Vienne à tous les temps

On pourrait dire cela de chacune des éditions de Jazz à Vienne, mais c'est particulièrement vrai pour celle-ci : elle marque un retour aux sources, et même plusieurs. D'abord avec une ouverture en forme d'hommage et de déclaration d'amour à la ville-mère du jazz, La Nouvelle-Orléans. Où l'on croisera entre autres Dee Dee Bridgewater, mais aussi la fascinante Leyla McCalla, et dont le point d'orgue sera la présence, peu commune, du pianiste, chanteur, auteur-compositeur et surtout producteur de R'n'B originel Allen Toussaint. Comme chaque année, c'est un retour aux sources en chaîne qui s'opère derrière. Retour un peu permanent avec l'éternel comeback de figures comme George Benson ou Didier Lockwood, mais aussi de genres oubliés, avec le légendaire Golden Gate Quartet, qui prêche le gospel depuis 80 ans, et Gilberto Gil et Caetano Veloso, ce couple inspiré qui mit le feux aux poudres de la musique brésilienne (et de la musique tout court) à la fin des années 60 pour accoucher d'un mouvement qu'on appela "tropicalisme". Dans le genre "all-stars", ne pas manquer non plus le "featuring" de princes maliens (Salif Keita, Cheick Tidiane Seck et Amadou Baga

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Jazz à Vienne 2015 : la programmation

MUSIQUES | La programmation de Jazz à Vienne ? Du classique jamais trop classique, des habitués qui prennent le temps de se changer, des têtes d'affiche de tous ordres. Bref, Vienne tel qu'en lui même : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

Article complet ici.

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Jazz à Vienne 2015 : la programmation

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Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

Après un premier vrai-faux départ sous forme d'Extra Night avec Pharrell Williams, c'est en mode pas moins happy que va débuter cette année Jazz à Vienne le 26 juin avec un week-end aux accents carnavalesques de la Nouvelle Orléans : de la légendaire figure locale Allen Toussaint au Dirty Dozen Brass Band et à la fascinante et prometteuse Leyla McCalla. En passant, on serait tenté de dire "bien sûr", par Dee Dee Bridgewater qui, après avoir gratifié Vienne de tout le spectre esthétique de la black music, revient en compagnie du New Orleans Jazz Orchestra. Et puisqu'on en est à parler des habitués du festival – ceux dont on a l'impression qu'ils sont là même quand ils ne le sont pas, comme Jean-Jacques Milteau, Éric Bibb, Didier Lockwood ou Éric Truffaz – on ne peut faire l'économie d'un Marcus Miller qui, en compagnie de l'ONL, dirigé pour l'occasion par Damon Gupton, retourne aux sources musicales et géographiques du jazz – un projet au départ discographique baptisé Afrodeezia et première in

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La Belle jeunesse

ECRANS | Jaime Rosales continue son chemin très personnel fait d’expérimentations formelles et de constat socio-politique sur l’Espagne actuelle, même si "La Belle jeunesse", hormis quelques éclairs de génie dans la mise en scène, patauge un peu dans un naturalisme éventé. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 9 décembre 2014

La Belle jeunesse

Filmer la crise en Espagne, ses conséquences sur une jeunesse qui tente, malgré les impasses sociales, d’avancer et d’élaborer un projet d’avenir : c’est l’ambition de Jaime Rosales et c’est plutôt étonnant de le voir viser si frontalement une question d’actualité. Jusqu’ici, son cinéma parlait de son pays de biais, à travers des dispositifs formels très forts : les split screens de La Soledad, les plans-séquences au téléobjectif d’Un tir dans la tête, le noir et blanc et les ellipses de Rêve et silence. Cinéaste passionnant, Rosales est aussi un metteur en scène aventureux et en quête d’expérimentations. Sa façon de suivre Natalia et Carlos, le couple de La Belle jeunesse en quête laborieuse de jobs foireux et mal payés, surprend donc par le cliché visuel qui lui sert de forme : caméra à l’épaule et image HD mal éclairée, soit l’ordinaire d’un naturalisme dont nous Français avons sérieusement fait le tour. Rosales tient donc l

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Les soirées de décembre et janvier

MUSIQUES | The Speed Freak En activité depuis bientôt 25 ans et auteur d’une discographie longue comme le bras, l’Allemand Martin Damm alias The Speed Freak est sans (...)

Damien Grimbert | Mardi 2 décembre 2014

Les soirées de décembre et janvier

The Speed Freak En activité depuis bientôt 25 ans et auteur d’une discographie longue comme le bras, l’Allemand Martin Damm alias The Speed Freak est sans doute l’un des artistes les plus emblématiques de la scène techno hardcore européenne, à laquelle il a contribué à donner ses lettres de noblesse dès le tout début des années 90. Outre la longévité de sa carrière et sa capacité à frapper à la fois plus vite et plus fort qu’une bonne partie de la concurrence, il a également pour caractéristique de puiser son inspiration dans les styles musicaux les plus divers, enrichissant ainsi d’autant une esthétique musicale qui a parfois trop tendance à tourner en circuit fermé. À l’occasion de la sortie de son nouvel album WTF!? (What The Freak!?) sur le label Audiogenic, il sera de passage à Grenoble aux côtés des Français Maissouille et Psyko le temps d’une soirée qui devrait marquer durablement les esprits… et les tympans. Freakz ! avec The Speed Freak, Maissouille et Psyko, vendre

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Quincy et cie

MUSIQUES | Rares sont les hommes de l’ombre de l’industrie musicale dont le nom est aussi évocateur que celui de Quincy Jones. à part Phil Spector et George Martin, et peut-être Berry Gordy de la Motown et Sam Philips de Sun Records. Aucun d’entre eux n’aura toutefois été aussi omniscient et omniprésent que Quincy Jones dans la musique américaine. Preuve qu’il l’est toujours, à plus de quatre-vingt ans, il nous présente à Jazz à Vienne ses derniers protégés. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 juin 2014

Quincy et cie

Pour le grand public, Quincy Jones sera à jamais l’homme qui se cache derrière les plus grands succès de l’ascension fulgurante de Michael Jackson. Celui qui fit d’un jeune homme au talent inégalé une superstar planétaire, “The King of Pop“. Mais Jones, producteur de génie – et par producteur, il faut entendre toutes les acceptions de ce terme – est aussi et surtout un musicien né. Ou presque né, gagné par le virus de la musique dès son enfance. Clark Terry lui apprend la trompette à treize ans et Ray Charles l’art de la composition – tant pis si c’est en braille. Il a quinze ans lorsqu’il joue aux côtés de Billie Holiday et Cab Calloway. à la fin de ses études, il rejoint l’orchestre d’un Lionel Hampton bluffé par ses compositions. On dit partout que Quincy a une oreille phénoménale et les plus grands jazzmen s’arrachent ses arrangements. Après un détour par Paris dans les années 50, où il en profite pour suivre les cours de la papesse de la pédagogie musicale Nadia Boulanger – et accessoirement pour diriger Barclay Musiques – Jones revient aux States pour se rapprocher de la pop et enchaîne les succès avec Peggy Lee (If you Go), Lesley Gore (It’s my Party), Sin

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Du côté des festivals

MUSIQUES | Les gros festivals musicaux de la région ont dévoilé leur prog, parfois au compte-gouttes pour faire le max de bruit possible. On fait le point afin d’y voir plus clair et cocher les bons jours sur le calendrier.

Aurélien Martinez | Jeudi 22 mai 2014

Du côté des festivals

Le Cabaret frappé Du 21 au 26 juillet, à Grenoble Frànçois and The Atlas Mountains, l’un des meilleurs groupes de pop made in France, mais aussi le vétéran Tricky (ancien membre fondateur, et démissionnaire, de Massive Attack), le masqué Cascadeur, le Français Fakear et son électro, ou encore le mariage attendu entre Moriarty et Christine Salem : une poignée de noms nous donne bien envie. À noter que les dates de chaque concert seront précisées plus tard.   Les Rencontres Brel

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Jazz à Vienne 2014, la programmation

ACTUS | Entre stars du rock, chouchous assignés à résidence et métamorphes musicaux, Vienne parvient chaque année à faire du neuf avec une formule qui n'en finit plus de faire ses preuves. À l'image d'une édition 2014 (27 juin – 12 juillet) de haute volée qui s'achèvera en apothéose.

Stéphane Duchêne | Mardi 18 mars 2014

Jazz à Vienne 2014, la programmation

Article à lire sur l'édition lyonnaise du Petit Bulletin

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Jazz à Vienne se dévoile

ACTUS | Pas facile de se distinguer quand on porte le nom de la capitale d'un autre pays ou celui d'un département situé à l'autre bout de la France... à Vienne. (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 21 mars 2013

Jazz à Vienne se dévoile

Pas facile de se distinguer quand on porte le nom de la capitale d'un autre pays ou celui d'un département situé à l'autre bout de la France... à Vienne. N'est pas Rome qui veut. Encore que. Car chaque saison, la cité des Allobroges nous rejoue en son Théâtre antique des jeux du cirque jazzy dont le premier temps consiste à présenter les gladiateurs à la foule. Jazz à Vienne, ceux qui vont jouer te saluent. Et ils sont nombreux, comme on le prouve ici!

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Sugar Man

ECRANS | C’est le phénomène musical et cinématographique de la rentrée : un documentaire qui part à la recherche de Sixto Rodriguez, folkeux américain génial et maudit dans les années 70, devenu sans le savoir une star en Afrique du Sud. Le film est une petite chose, mais le personnage est immense. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 14 janvier 2013

Sugar Man

La sortie atypique de ce Sugar Man (d’abord deux salles à Paris et une à Lyon fin décembre, puis des écrans supplémentaires courant janvier dans d’autres villes), son succès instantané, sa nomination à l’oscar du meilleur documentaire et l’explosion des ventes de sa bande originale, tout cela contribue à faire du film de Malik Bendjeloul un petit phénomène. Attention pourtant à ne pas surestimer la valeur cinématographique d’un tel objet, qui tient du 52 minutes allongé par tous les moyens. Bendjeloul a visiblement pris conscience de l’or qu’il avait entre les doigts : la redécouverte d’un folkeux obscur des années 70, Sixto Diaz Rodriguez, auteur de deux albums fantastiques où il s’impose comme un Dylan latino-indien, songwriter inspiré servi par des arrangements très en avance sur son époque. Il n’a connu aucun succès dans son pays (les États-Unis), a disparu des radars (la légende le disait mort sur scène, où il se serait immolé par le feu !), avant que l’Afrique du Sud (du moins, les Afrikaners) ne s’emparent de sa musique et finissent par lui vouer un véritable culte. Le documentaire se contente, dans sa première partie, de retracer le parcours par

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Oiseaux Jazz

MUSIQUES | Qui dit été dit festivals, qui dit festivals dit jazz, qui dit jazz dit "Jazz à Vienne", point de rencontre annuel de la grande migration des jazzeux du monde entier. Stéphane Duchêne

Aurélien Martinez | Jeudi 21 juin 2012

Oiseaux Jazz

Avec l'été et l'avènement des festivals, on assiste chaque année à une migration qui pourrait nous rappeler celle de certains volatiles sensibles au climat (oies, grues, etc...). Chaque été, à la même période, c'est la grande transhumance des jazzmen, irrésistiblement attirés par la qualité du climat français, et ici, rhônalpin, et la qualité de ses sites antico-historico-touristiques. Parmi ceux-ci, le théâtre antique de Vienne n'est pas le moins prisé. Or, la notoriété et le talent de ces drôles d'oiseaux aux cris étranges, trompettistes, saxophonistes, chanteurs, pianistes, guitaristes, n'est pas sans attirer de concert toute une foule d'amateurs qui, elle aussi opère une migration vers ce lieu de rassemblement, comme le fauve attiré par la pause réhydratation d'un troupeau de flamands roses. Passage de témoin Cette année, à Vienne, les oiseaux sont encore une fois loin de se cacher pour mourir, même si une partie d'entre-eux n'est pas de prime jeunesse. Mais ce sont eux qui ont construit la légende du jazz et par là d'un festival qui n'a de jazz que la raison sociale, car toutes les espèces de musiques y sont acceptées ou presque. Eux, les

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Jazz à Vienne – Nuit funk

MUSIQUES |

François Cau | Lundi 4 juillet 2011

Jazz à Vienne – Nuit funk

Inséparable de l’histoire du funk – et de celle du LSD, mais c’est une autre histoire –, Bootsy Collins a livré dernièrement une sorte de testament funk, The Funk Capitol of The World. Le bréviaire d’une carrière longue de plus de 40 ans où il rend hommage aux artistes avec lesquels il a collaboré. Car si Bootsy Collins est devenue une légende du funk, c’est d’abord dans l’ombre des mythes du genre : James Brown, George Clinton… Et aussi grâce à des costumes constellés d’étoiles et de scintillements divers qui feront de lui une sorte de Père Noël (ou de sapin) cosmique, contribuant presque autant à sa légende que sa musique. La carrière “solo“ de Bootzilla, qui s’étend de 1976 à aujourd’hui sous différentes appellations, sera inégale, mais The Funk Capitol of the World en est un beau résumé. Pour un soir (samedi 9 juillet), notre homme fera donc de Vienne la capitale du funk.

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Jazz à Vienne

MUSIQUES | On vous l'a dit, Jazz à Vienne a sorti cette année le tapis rouge pour un plateau de très haute volée qui comprend le bassiste funk et bigarré Bootsy Collins, (...)

François Cau | Mardi 14 juin 2011

Jazz à Vienne

On vous l'a dit, Jazz à Vienne a sorti cette année le tapis rouge pour un plateau de très haute volée qui comprend le bassiste funk et bigarré Bootsy Collins, le grand George Benson, auteur du suave Give me the night, le tombeur de permanentes Tom Jones, un tribute à Miles Davis, un autre vieux de la vieille (né la même année que Rollins) : Ahmad Jamal, un ex-ministre (Gilberto Gil), les petits jeunes Ayo, Raphaël Saadiq et Jamie Cullum, et même Cindy Lauper qui n'a rien trouvé de mieux pour se faire remarquer que de se mettre au blues. Et faute de place on en passe. Pour le reste, il faudra voir sur place, si places il reste. SD Jazz à VienneDu 29 juin au 13 juillet

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Machete

ECRANS | De Robert Rodriguez et Ethan Maniquis (ÉU, 1h45) avec Danny Trejo, Robert De Niro…

François Cau | Mercredi 24 novembre 2010

Machete

Nostalgie du film de vidéo-club, suite. Après Expendables et Piranha, voilà Machete, équivalent mexicain des films de la blaxploitation dans les années 70. Parti d’une fausse bande-annonce (géniale) pour le double programme Grindhouse, Machete est devenu un vrai long-métrage, gonflant son casting de départ de stars (De Niro, qui va loin dans la bouffonnerie) et de super has-beens (Don Johnson, Lindsay Lohan et surtout Steven Seagal, toujours aussi farci aux pancakes — big up, Yannick Dahan !). Le début du film est excellent : l’intro où la femme et l’enfant de Machete (Danny Trejo, très drôle dans son sérieux absolu et ses répliques badass, dont le déjà légendaire «Machete don’t text») sont massacrés sous ses yeux est gore à souhait, puis le premier acte où, devenu un clandestin ordinaire, il est recruté pour abattre un politicien réac, tient ses promesses. Le film possède alors la solidité d’un bon Carpenter. Mais plus il avance, moins il dissimule sous un second degré bien pratique son je-m’en-foutisme évident. Les divers fils de l’intrigue sont grossièrement résolus (rien à voir avec la virtuosité de Planète terreur du même Rodriguez) et la grande scène finale est un sommet de b

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