Yael Naim et le Quatuor Debussy : corps à cordes

MUSIQUES | Depuis plus d’un an, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (deux violons, un alto et un violoncelle) sont tombés en amour. Un amour qui prend la forme d’une tournée revisitant avec douceur le répertoire passé et présent de la Franco-Israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties cette semaine à la Rampe d’Échirolles.

Stéphane Duchêne | Lundi 9 janvier 2017

Photo : Isabelle Chapuis / Bernard Benant


Ce n'était qu'un concert surprise en juin 2015, né du désir de rencontre d'une chanteuse qui les multiplie, Yael Naïm, et d'un quatuor de chambre qui n'aiment rien tant que briser les barrières à coups d'archets. Au départ donc, forcément, un concert de presque rien ; trois ou quatre titres (bizarrement, aucun des protagonistes ne semble se souvenir du chiffre exact), presque improvisé. « On a travaillé un peu en amont, mais on ne s'est vraiment rencontrés avec le quatuor que le jour même. C'était super, c'est un quatuor classique très pointu et en même temps très ouvert, complètement rock'n'roll » explique Yael Naim.

Et quelque chose s'est produit qui n'était pas prévu. Quelque chose de magique. « J'ai rarement vécu une telle émotion dans un concert, on s'est vraiment sentis très chanceux d'être là. » Christophe Colette, violoniste du quatuor, d'ajouter : « Ce concert improvisé, sur le pouce, a été tellement magique qu'avec les membres du quatuor, on se surprenait à prendre autant de plaisir à écouter Yael qu'à jouer avec elle. » Le genre de moment pour lequel on aimerait pouvoir dire : j'y étais.

« Prolonger la rencontre »

Ça tombe bien, le couvert est remis en tournée pour quelques dates. Yael Naim : « On a eu envie de prolonger cette rencontre autour d'un set complet, de jouer des titres que l'on avait envie d'entendre avec ces arrangements. » Un travail effectué par l'entremise de Nicolas Worms, chargé d'adapter les chansons de Yael Naim tout en laissant la latitude suffisante au Quatuor Debussy pour exprimer son talent d'incontournable référence de la musique de chambre. Christophe Colette : « Ce qui est important, c'est de ne pas refaire en quatuor ce qui existe déjà. Pour Yael, trouver quatre excellents musiciens pour lui faire une plage sonore de cordes, il n'y a rien de plus facile. Mais si elle nous a choisis, c'est pour nos spécificités, notre son. »

Aujourd'hui, la magie continue d'opérer, même dépourvue de la beauté des premières fois. Et le public est au rendez-vous, les deux concerts échirollois étant complets. Yael Naïm : « La rencontre entre des univers différents suscite beaucoup de curiosité et attire justement des gens qui viennent de ces univers différents. Ça crée un crossover intéressant. Il y a là quelque chose qui fait marcher l'imaginaire des gens. » Christophe Colette : « Autant la première était une rencontre impromptue, autant là les gens semblent avoir confiance dans ce concept. Certains connaissent Yael, d'autres nous connaissent, ils découvrent. » Il ne reste que cela à faire avant de pouvoir dire pour de bon, cette fois : j'y étais.

Yael Naim et le Quatuor Debussy
À la Rampe (Échirolles) jeudi 12 et vendredi 13 janvier à 20h


Yael Naim et le Quatuor Debussy


La Rampe 15 avenue du 8 mai 1945 Échirolles
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Musique classique : une saison, huit étapes

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Avec des stars, des jeunes pousses, des compisteurs d'hier comme d'aujourd'hui...

La rédaction | Jeudi 19 septembre 2019

Musique classique : une saison, huit étapes

Camille et Julie Berthollet Le 27 décembre 2014, pour la première édition de Prodiges sur France 2 (une émission consacrée aux jeunes talents du classique), quatre millions et demi de téléspectateurs suivirent les mouvements d’archet de Camille Berthollet. Une virtuose de quinze ans qui, dans une robe rouge coquelicot, réchauffa l’hiver par son interprétation fougueuse de L’Eté des Quatre saisons de Vivaldi. Un choix gagnant qui lui assura un début de carrière fulgurant, mais pas solitaire. Sur son premier opus bientôt disque d’or, elle associa ainsi sa sœur aînée Julie, également violoniste. Depuis, la surprenante paire construit des aqueducs où Schubert et Brahms côtoient Stromae et Nino Ferrer. Un programme cosmopolite qui, en dehors de refléter des goûts éclectiques, aspire en douce à faire venir les plus jeunes au classique. Au Grand Angle (Voiron) mardi 8 octobre Joachim Horsley Auteur de musiques pour le cinéma et pianiste dans l’ombre des succès de John Legend et Mich

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Musique classique : neuf concerts pour une saison cadencée

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Avec du classique de chez classique mais aussi de la philosophie en musique, du lyrisme théâtralisé ou encore du violoncelle.

Régis Le Ruyet | Mercredi 13 septembre 2017

Musique classique : neuf concerts pour une saison cadencée

Orchestre philharmonique de Radio France Muse géniale de l’opéra contemporain, la soprano canadienne Barbara Hannigan stupéfiait, en 2011, les spectateurs du festival Présences de Radio France par ses talents de cheffe. Combinant audace et précision, la chanteuse y soutenait les plus folles vocalises du Grand Macabre de György Ligeti pendant que, d'une poigne ferme, elle menait en extase les musiciens finnois de l'Avanti ! Chamber. Un exercice de direction et de haut vol lyrique qu’elle réitéra à Grenoble avec l’Orchestre philharmonique de Radio France dans les atours de Lulu d'Alban Berg et de la Fille folle de George Gershwin. À la MC2 le 6 octobre Michel Onfray et Henri Demarquette – musique et philosophie Accompagné par le violoncelliste Henri Demarquette, le philosophe hédoniste Michel Onfray nous expliquera comment, avec les penseurs, dire et entendre le monde. Une passionnante rencontre en pe

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Cordes en Ballade : festival vagabond

En Ardèche | Pour sa 19e édition, le festival Cordes en Ballade nous emmène parcourir le monde entier à la rencontre des "cultures en harmonie". Au cœur de l’Ardèche méridionale, le Quatuor Debussy, initiateur de l’évènement, a su conquérir un large public.

Pascale Clavel | Mercredi 21 juin 2017

Cordes en Ballade : festival vagabond

Le festival de musique classique itinérant Cordes en Ballade ne ressemble à aucun autre. Depuis sa création, il est poussé par une exigence de grande qualité artistique et une volonté constante d’ouvrir le répertoire classique à d’autres formes musicales. Une douzaine de concerts en dix jours dans un cadre merveilleux et souvent inattendu : en plein air, dans des églises romanes, au beau milieu d’une longue randonnée. Le Quatuor Debussy vient même d’inaugurer des siestes musicales. Dans un monde en tensions permanentes, le thème qui traverse cette année Cordes en Ballade ne peut du coup que séduire : "cultures en harmonie". Où comment nos différences peuvent nous rapprocher, comment la musique peut casser les frontières... Rien d’anecdotique, le tout puissamment tricoté pour offrir un moment d’harmonie et de fraternité. Demandez le programme En ouverture du festival, dans la cathédrale Saint-Vincent de Viviers, le Quatuor Debussy et le violoniste Jasser Haj Youssef nous inviteront à un moment de métissage musical, entre un Orient et un Occident aux sonorités chaudes, aux influence

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Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Panorama rentrée 2017 | Les prochains mois, il y aura du bon, voire du très bon, à écouter dans les salles grenobloises et de l'agglo. On vous détaille nos coups de cœur.

La rédaction | Mardi 3 janvier 2017

Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Yael Naim et le Quatuor Debussy À la faveur d'un concert exceptionnel à Lyon en 2015, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable et plus travaillée. La chanteuse et le quatuor baroque ont donc lancé une tournée qui revisite avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de la franco-israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. À la Rampe (Échirolles) Jeu 12/01 et ven 13/01 _______ Camera Les années 1970 inspirent plus que jamais les artistes d'aujourd'hui et ce ne sont pas les Berlinois de Camera qui diront le contraire. Figure de proue de la renaissance du krautrock, ce genre tombé aux oubliettes pendant de longues années, le trio guitare-clavier-batterie n'a rien de conventionnel. Il épr

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Les onze concerts de l'automne (onze, oui)

Saison 2016 / 2017 | On fait quoi jusqu'à la fin de l'année ? On va écouter qui ? Voici une sélection extraite de notre panorama de rentrée culturelle sorti le 14 septembre. Mais allez fouiller aussi sur notre site, dans le coin "les choix de la rédaction" ; vous verrez : on attend de nombreux autres concerts !

La rédaction | Jeudi 15 septembre 2016

Les onze concerts de l'automne (onze, oui)

Ben Harper À en croire la chanson titre de son album Call it what it is, et en tout cas sur ce morceau au moins, Ben Harper continue, après un album avec maman, de revenir aux sources et aux tripes du blues, quelque part du côté de chez Taj Mahal, mais sans se départir de ses accents politiques. Ici, il est question de la vague de bavures meurtrières de la police américaine à l'endroit de nombre de jeunes noirs. C'est donc un Ben Harper habité, comme il l'est aussi en mode Stevie Wonder sur Shine, que l'on retrouvera sur la scène du Summum pour la deuxième en deux ans. Au Summum mardi 4 octobre __________ Stranded Horse Génial esprit transversal, le dénommé Yann Tambour n'en finit plus de tirer le fil que constituent les cordes d'une kora, produisant un mariage de folk, de pop et bien sûr de musique traditionnelle mandingue qui est allé un jour jusqu'à s'échouer magnifiquement sur les terres grises de Joy Division (ah, cette reprise de

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Classique pour tous à Cordes en Ballade, en Ardèche

MUSIQUES | Début juillet, pour les fans de musique classique comme pour les autres, c'est en Ardèche que ça se passe, grâce au génial festival du Quatuor Debussy.

Aurélien Martinez | Mardi 21 juin 2016

Classique pour tous à Cordes en Ballade, en Ardèche

En Ardèche, l’été depuis 18 ans, le festival Cordes en Ballade réjouit tous les vacanciers, des mélomanes aguerris aux simples touristes qui passent là par hasard. Un festival comme un rendez-vous singulier, atypique, inattendu, impulsé par l’excellent Quatuor Debussy, en renouvellement perpétuel, exigeant, poétique et drôle. Une programmation pointue mais pour tous, à venir écouter sans aucune modération. Pour cette édition, Mozart et Schubert seront les points d’ancrage et autour d’eux vont graviter des compositeurs plus confidentiels. Ces cordes nous baladent de chefs-d’œuvre en pièces intimes, ouvrant des horizons musicaux inespérés. Quant à l’itinérance voulue comme une mise en jambe nécessaire, ce sera l’occasion de (re)découvrir le riche patrimoine de l’Ardèche méridionale. Les clivages musique classique / musique populaire sont ici balayés, pour preuve ce concert captivant où l’accordéoniste virtuose Richard Galliano et le Quatuor Debussy revisitent ensemble le Quintette avec clarinette de Mozart. Une perle ra

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Le Quatuor Debussy, rock star du classique

MUSIQUES | Mardi, les quatuors de Beethoven vont vibrer d'un nouveau souffle. Le Quatuor Debussy, habitué à ravir les oreilles du public de la Rampe, revient à Échirolles avec une proposition exclusivement classique, et assurément contemporaine.

Charline Corubolo | Mardi 1 mars 2016

Le Quatuor Debussy, rock star du classique

Si aujourd'hui, pour stimuler son conduit auditif, le public semble préférer la gratte à l'archet, c'est qu'il ne s'est pas encore frotté aux cordes du Quatuor Debussy. Lorsque celles-ci viennent titiller l'oreille, elles provoquent ainsi un plaisir digne de l'extase musicale. Car formation classique ne veut pas dire ennui ou élitisme : avec ce quatuor-là, on embarque à chaque fois pour de nouvelles contrées classiques réinventées et parfois même dans d'autres registres comme le cirque avec la compagnie Circa, la danse avec Sylvie Guillermin ou récemment à Lyon la pop avec Yael Naim. Des écarts de conduite et de note qui permettent de souligner la grande liberté et virtuosité de ces quatre musiciens lyonnais qui œuvrent à décloisonner la musique de chambre depuis presque 30 ans. Et c'est d'ailleurs avec celle de Ludwig van Beethoven qu'on les retrouve à la Rampe, pour un ré-enchantement

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Musique classique : les cinq temps forts du semestre

MUSIQUES | En 2016, on a rendez-vous à la MC2 avec l'Aurora Orchestra, à la Rampe avec le Quatuor Debussy, à l'église Saint Martin avec certains des Musiciens du Louvre Grenoble, à l'Odyssée d'Eybens avec le mandoliniste Vincent Beer-Demander ou encore à l'Auditorium du Musée de Grenoble avec la comédienne Natacha Régnier.

Régis Le Ruyet | Mercredi 6 janvier 2016

Musique classique : les cinq temps forts du semestre

Beethoven Passion Depuis quelques années, une union indéfectible associe le Quatuor Debussy à la Rampe. Sur la scène échirolloise, la formation rhônalpine a déjà croisé l'archet avec nombre de partenaires allant des acrobates australiens de Circa à la chorégraphe grenobloise Sylvie Guillermin. Cette fois, ces habitués des chemins de traverse iront seuls affronter trois des titanesques quatuors à cordes de Beethoven. Une forme reine définie par Haydn, aux canons rééquilibrés par Mozart et que Beethoven questionnera jusqu'à la rupture au cours des quatre dernières années de sa vie. Séquentiellement considéré comme le premier et écrit vers l'âge de 30 ans, les traces du Quatuor n°3 opus 18 remontent à 1798. Le compositeur y montre son assimilation des héritages tout en laissant poindre quelques lumineuses inventions. Quant à l'Opus 59 n°3, dédié au comte Razumovsky, intitulé Eroica et commençant dans une obscurité mélodique, il demeure l'un des plus joués au monde. Enfin, ébauché en 1826 et dernier de tous, le Quatuor opus 135, que Beethoven n'entendit jamais, porte la dédicace prémonitoire de "la résolut

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Les joyeuses Cordes en ballade du Quatuor Debussy

MUSIQUES | « Le violon, de deux choses l’une ; ou tu joues juste, ou tu joues tzigane. » Cet été, Les Cordes en Ballade tordent le cou à cette chanson de Bobby Lapointe et prennent pour thème Alla Zingarese : à la tzigane. Philippe Yves

Philippe Yves | Mercredi 24 juin 2015

Les joyeuses Cordes en ballade du Quatuor Debussy

Chaque été, le versatile Quatuor Debussy quitte Lyon pour faire vibrer les cordes sensibles des villages d’Ardèche lors de son festival Les Cordes en Ballade. Une quinzaine durant, concerts, masterclasses et rencontres ont pour décor les églises, chapelles, cours et cloîtres du département. Les Debussy, directeurs artistiques du festival, ont beau être les instigateurs de ces ballades, ils n’oublient pas pour autant d’être partageurs et invitent à les rejoindre de brillants solistes, mais aussi des nouveaux talents, au sein d’une académie pour jeunes quatuors européens. L’âme tzigane, thème de cette édition 2015, c’est l’art du contraste : passer de l’allégresse au plus vibrant pathos en un claquement d’archet. Et le programme de cette 17e édition sera riche en contrastes, dessinant des allers-retours entre folklore, klezmer et musiques savantes. Des voyages qui s’annoncent passionnants et mettent en évidence l’influence que le folklore hongrois a exercé sur des compositeurs tels que Brahms, Dvorak, Bartok, Liszt ou les contemporains Kurtag (fil rouge du festival) et Philippe Hersant. Côté solistes, on retrouve en alternance des pointures du classique et des grands nom

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Le Quatuor Debussy : «décloisonner les musiques»

SCENES | En juin 2013, le prestigieux festival lyonnais Les Nuits de Fourvière fut illuminé par "Opus", création mêlant nouveau cirque, danse et musique, emmenée par la compagnie australienne Circa et le Quatuor Debussy. Une réussite entre poésie et force dans laquelle les interprètes, circassiens comme musiciens, offrent une vision sublimée d'un art collectif. Avant le passage du spectacle par la Rampe d’Échirolles, rencontre avec Christophe Collette, premier violon et membre fondateur du Quatuor Debussy. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 26 mai 2015

Le Quatuor Debussy : «décloisonner les musiques»

Comment est née l’idée d’une rencontre sur scène entre votre Quatuor Debussy et la compagnie australienne Circa ? Christophe Collette : La rencontre a été provoquée par Dominique Delorme, directeur du festival lyonnais Les Nuits de Fourvière, qui connaît notre appétence pour les croisements artistiques. Un jour à Montréal, il est tombé sur Yaron Lifschitz, directeur artistique de la compagnie Circa, qui lui a parlé de son envie depuis des années de faire quelque chose autour de Chostakovitch [compositeur russe de la période soviétique – NDLR]. Comme Dominique savait qu’on était depuis des années un des quatuors spécialistes de Chostakovitch, il a voulu que l’on se rencontre avec Yaron pour voir si ça pouvait marcher. Ce n’est pas la première fois que vous collaborez avec des artistes venus du spectacle vivant – Mourad Merzouki, Maguy Marin, Anne Teresa De Keersmaeker… On fait ça depuis presque vingt ans, on a été très novateurs dans cette démarche artistique. Sa

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Musique de haute voltige avec Opus

SCENES | Critique du (fabuleux) spectacle de la compagnie Circa et du Quatuor Debussy avant son passage par la Rampe d'Échirolles.

Charline Corubolo | Mardi 26 mai 2015

Musique de haute voltige avec Opus

René Magritte, artiste surréaliste belge adepte de l'illusion, peignait en 1929 La Trahison des images avec au centre de la toile une pipe et en sous-titre « Ceci n'est pas une pipe ». La création Opus, définie comme du cirque puisqu'il faut une case, pourrait être sous-titrée « Ceci n'est pas du cirque », tant c'est bien plus que ça. Et comme le peintre susmentionné, la compagnie Circa et le Quatuor Debussy, à l'origine de cette magnétique proposition, sont également adeptes de l'illusion et de l'enchantement. De peinture il n'est donc pas question ici mais d'un spectacle d'une grande virtuosité mêlant danse et nouveau cirque, dont les 14 acrobates de la compagnie australienne Circa se font les fervents représentants, accompagnés par le Quatuor Debussy, ensemble lyonnais qui, depuis plus de 25 ans, réinvente la musique de chambre. C'est dans leur amour partagé pour les compositions du russe Chostakovitch que la collaboration a émergé, compositions dont les notes mélodiques se sont transformées en narration visuelle de corps qui repoussent sans cesse leurs limites dans le jeu, qu'il soit musical ou en mouvement. Car ce sont bien deu

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Cordes en voyage

MUSIQUES | En plein cœur de l’Ardèche, le Festival Cordes en Ballade prépare une seizième édition latine. Le Quatuor Debussy à la commande depuis l’origine, on s’attend à de l’inattendu, forcément ; à de l’humour et du décalage parfois ; à de la haute volée musicale toujours. Pascale clavel

Pascale Clavel | Mardi 24 juin 2014

Cordes en voyage

Le Quatuor Debussy, par tous ses projets, bouscule sans modération la chose artistique, revigore nos oreilles endormies. Le festival Cordes en Ballade, dont il a la charge, ne fait pas exception. Ses trois dernières éditions ont même impulsé une dynamique encore plus inattendue : en 2011, “On en pince pour les cordes” explorait la musique française par le biais des cordes pincées ; l’année suivante, “Welcome America !” déroulait une humoristique “Route 07” musicale, homologue ardéchoise de la fameuse Route 66 ; enfin, en 2013, Cordes en Ballade avait ébloui par un mélange subtile de musique classique, con-temporaine et de jazz, sous l’intitulé “De Bach à Haydn, la musique en héritage”. Pour l’édition 2014, un cran supplémentaire est franchi. Avec “Viva Latina !”, c’est tout un répertoire coloré et sensuel qui nous est donné à entendre. Une programmation sur les pas des conquistadors qui nous emmènera au Portugal, en Amérique du Sud et en Espagne. Métissage, éclectisme et jubilation Ils exultent toujours, les Debussy, lorsqu’ils concoctent une nouvelle programmation. Cette édition les voit se lâcher un peu plus, et c’est peu dire que leur folie est conta

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Second acte

MUSIQUES | Musique classique / Le rideau se lève sur une deuxième partie de saison très riche et enthousiasmante. Bref aperçu en quelques coups de cœur. Régis Le Ruyet

Régis Le Ruyet | Vendredi 11 janvier 2013

Second acte

Il y a un an, le quatuor Debussy boxait sur la scène de la Rampe avec le danseur Mourad Merzouki. En 2013, on retrouve les musiciens le 24 janvier pour un programme intime et fugueur. Cherchant une manière symbolique et originale de célébrer le deux cent cinquantième anniversaire de la naissance de Mozart, il délaisse les vingt-trois quatuors du génie de Salzbourg et enregistre la version pour cordes du Requiem transcrite en 1802 par Peter Lichtenthal, un must auquel s'adjoindront des fugues de Piazzola, Beethoven et Bach. À la MC2, le pianiste et artiste associé Alexandre Tharaud continue ses propositions plus alléchantes les unes que les autres. Tout commence le 25 janvier par une Nuit du piano baroque et romantique où, en monsieur loyal, le musicien souhaite faire découvrir, à raison d'un soliste par heure, quatre jeunes confrères et consœurs. La carte blanche se poursuivra lors d'une semaine multiforme du 4 au 8 juin, des Variations Goldberg au registre des musiques du XXe jusqu'en une apothéose pop au casting de prestige. Unis depuis 1981, cela fait plus de trente ans que le quatuor Parisii, consacré par des prix internationaux, enchante le public en suiva

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On the road, again

MUSIQUES | Après la mythique route 66 aux États-Unis, le festival Cordes en ballade invente la route 07 en France, en Ardèche. Il faut comprendre cette saison que le (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 22 juin 2012

On the road, again

Après la mythique route 66 aux États-Unis, le festival Cordes en ballade invente la route 07 en France, en Ardèche. Il faut comprendre cette saison que le festival nous emmène de-ci de-là, en itinérance pour des moments consacrés presqu’entièrement à la musique américaine. Depuis 1999, sous la houlette du Quatuor Debussy, Cordes en ballade s’applique à tricoter des moments d’une grande qualité musicale où se croisent des interprètes confirmés et de jeunes ensembles. Bien sûr, de la musique américaine, les classiques, les Bernstein, Barber ou encore Gershwin seront à l’honneur, mais aussi le jeune et fascinant compositeur Marc Mellits, invité cette année en résidence. Et puis, parce que l’Amérique ne suffit pas, le Quatuor Debussy célèbre le 150e anniversaire de la naissance de… Debussy. Pour cette occasion, le pianiste Hervé Billaut et la jeune harpiste Pauline Haas se joindront au quatuor, pour une journée exceptionnelle autour du compositeur. Et aussi un ciné-concert, des balades en vélo électrique dans le village de Viviers, un repas champêtre, une promenade bucolique dans les vignobles avec aubade musicale, une soirée jazz… Le Quatuor Debussy est bien vivant, étonne encore,

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L'uppercut!

SCENES | Danse / Pour sa nouvelle création, Mourad Merzouki revient à ses premières amours : les arts de combat qu’il mêle au cirque en n’oubliant pas le hip-hop. Avec "Boxe Boxe", il ne renie rien de son parcours et l’enrichit aussi de la présence sur scène du détonnant Quatuor Debussy. NP

Aurélien Martinez | Mardi 10 janvier 2012

L'uppercut!

Baignée de noir, la scène s’illumine doucement pour laisser poindre quelques étoiles. Des hululements sont les premiers sons de la nouvelle création de Mourad Merzouki avant que ne se fasse entendre Schubert par le quatuor Debussy (deux violons, un violoncelle, un alto). Nous sommes loin de la folle énergie qui se dégageait de l’incroyable spectacle Agwa ou de son jumeau dansé par des Brésiliens, Correria (vus en mai 2010 à l'Hexagone). Boxe Boxe est une pièce de cordes, celles du ring, et celles travaillées par les musiciens sur leur instrument. C’est une partition qui ramène le chorégraphe de Käfig au sens premier de la signification du nom de la compagnie en allemand et en arabe : la cage. Au commencement, les corps des danseurs sont prisonniers, condensés dans une cage-ring. Seuls des gants de boxe tendus au bout de leurs bras en dépassent et entament une chorégraphie, comme des marionnettes. Suivent des duos clownesques où Merzouki délaisse le travail physique intense au profit d’un découpage des gestes, comme un film muet au ralenti. De cinéma, il est d’ailleurs question tout au long du spectacle. Les musiciens évoluent sur des chaises à roulette

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