Du neuf dans du vieux au festival Textes en l'air

SCENES | Entre le 27 et le 31 juillet, c'est à Saint-Antoine-l'Abbaye que ça se passe. Avec notamment la reprise de deux excellents spectacles créés l'an passé à Grenoble (ou aux alentours).

Aurélien Martinez | Lundi 18 juillet 2016

Photo : Charlotte Kim


Il existe un festival à quelques dizaines de kilomètres de Grenoble qui est un point de refuge estival pour la foisonnante scène culturelle grenobloise. Son (joli) nom ? Textes en l'air. Son lieu de villégiature ? Le (lui aussi joli) village médiéval de Saint-Antoine-l'Abbaye. Des vieilles pierres oui, mais qui servent d'écrin à un art théâtral (mais pas que – il y a aussi de la musique) on ne peut plus contemporain, qu'il vienne de Grenoble donc, mais aussi de toute la France – faut pas être sectaire !

Au petit jeu du "je mets en avant ce que je veux dans la programmation de cette année", on retient surtout les nombreuses reprises de spectacles marquants. Ainsi du passionnant et intelligent Rue des voleurs de la Fabrique des petites utopies, adaptation par le metteur en scène Bruno Thircuir du roman de Mathias Énard sur les aspirations d'un jeune Marocain. Ainsi également du Au Pont de Pope Lick, passage au plateau par la metteuse en scène Anne Courel d'un texte de Naomi Wallace sur des gamins paumés et désespérés dans les États-Unis de 1936, en pleine dépression.

Ainsi surtout du joyeux et foutraque Carnaval des somnambules (photo) de la compagnie Les Gentils, sur un marchand de sable chantant accompagné de petits êtres très drôles. Le monde est tellement plus sympa avec de la musique et des paillettes.

Textes en l'air
À Saint-Antoine-l'Abbaye (Isère) du mercredi 27 au dimanche 31 juillet

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Résistance artistique avec le festival Textes en l'air

SCENES | « Textes en l’air est une association, un collectif donc, qui a résisté à une année de réunion à distance pour vous préparer ces cinq jours de (...)

Aurélien Martinez | Lundi 19 juillet 2021

Résistance artistique avec le festival Textes en l'air

« Textes en l’air est une association, un collectif donc, qui a résisté à une année de réunion à distance pour vous préparer ces cinq jours de festival », écrit la directrice artistique Valérie Charpinet dans l'édito du programme de la dix-septième édition titré « Résister, collectivement ». À sa lecture, on devine l'équipe motivée à l'idée de revenir face au public, avec dans ses cartons certains des spectacles initialement prévus l'été dernier. Et d'autres nouveaux. Comme chaque été, Textes en l'air sera ainsi humblement du côté de la scène contemporaine, de l'art qui se crée aujourd'hui. On en aura une nouvelle fois la preuve avec du théâtre (le programme grenoblois dédié à l'émergence Les Envolées ; pas mal d'autres propositions du coin comme de plus loin qui, sur le papier, donnent très envie), de la musique (

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En attendant le public...

SCENES | Le spectacle vivant, c'est leur métier : à défaut de pouvoir se produire en public, les compagnies de théâtre et de danse réfléchissent à leur avenir, continuent parfois de travailler et attendent impatiemment un retour à la normale. Nous sommes allés à la rencontre de quatre d'entre elles, dans l'agglo grenobloise. Témoignages.

La rédaction | Jeudi 28 janvier 2021

En attendant le public...

Bruno Thircuir – La Fabrique des petites utopies Dans la région grenobloise, La Fabrique des petites utopies, compagnie qui « tente de raconter le monde d’aujourd’hui de manière politico-poétique », est une institution en place depuis 21 ans. D’où, sans doute, le fait que l’équipe traverse plutôt sereinement cette période compliquée comme nous l’a expliqué son metteur en scène Bruno Thircuir lorsqu’on lui a demandé comment il allait. « Ça va. On a la chance de travailler, d’être en répétition [dans la région grenobloise comme ailleurs en France – NDLR] puisque, bien avant toute cette crise, on avait monté un joli temps de création pour notre nouveau spectacle jeune public Et si l’océan dont les premières dates de jeu n’auront lieu que début mars. On peut donc continuer notre activité pendant ce temps, avec même un petit papier en poche pour r

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Passé, présent, futur au festival Textes en l'air

Festival | Que verrons-nous du mercredi 24 au dimanche 28 juillet à Saint-Antoine-l’Abbaye ? Tentatives de réponses.

Aurélien Martinez | Mercredi 19 juin 2019

Passé, présent, futur au festival Textes en l'air

C’est le festival isérois du milieu de l’été, implanté dans l’un des plus beaux villages de France (il y a même un label national qui l’assure). Un village médiéval répondant au doux nom de Saint-Antoine-l'Abbaye, qui accueille ainsi un événement dédié à la création contemporaine répondant, lui, au doux nom de Textes en l’air. Une manifestation où l’on aime se rendre pour se retrouver comme dans une bulle entre passé et présent. Et (re)découvrir les propositions artistiques (principalement des spectacles et des concerts) que l’équipe artistique a programmées. Il y a ainsi souvent, à Textes en l’air, des pièces déjà vues dans l’agglo grenobloise. Et pas les moins intéressantes. Comme, par exemple, Mines de Rien (photo) de Bruno Thircuir (la Fabrique des petites utopies), création tout public (donc ouverte au jeune public mais tout de même visible par des grands enfants de plus de 18 ans) sur le handicap d’une grande finesse. Et il y a aussi des a

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"Confidences de Drac et dragonnes" : quartier libre

Spectacle de rue | Samedi 16 juin après-midi, la Fabrique des petites utopies proposera un spectacle déambulatoire dans le quartier Chorier Berriat de Grenoble.

Alice Colmart | Mardi 12 juin 2018

Après le festival Écoute(s) qui, en avril dernier, invitait à découvrir le quartier Saint-Bruno de Grenoble grâce au son, c’est la compagnie La Fabrique des petites utopies du metteur en scène Bruno Thircuir qui propose ce samedi 16 juin de le parcourir à travers un spectacle-balade gratuit poétiquement nommé Confidences de Drac et dragonnes. « L’idée était de construire un spectacle gratuit et tout public avec un suivi théâtral. C'est-à-dire que trois comédiens et un musicien accompagneront les spectateurs d’étapes en étapes. À chacune de ces étapes, ils leur raconteront des histoires qui se basent sur des faits historiques au sujet du quartier » explique Marika Gourreau, chargée de communication pour la compagnie. Ces histoires, écrites grâce aux témoignages d'habitants du quartier, aborderont plusieurs thèmes parmi l

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"Le Grand jeu de l’ouïe" : ceci est un blind test théâtral

Spectacle | La compagnie grenobloise des Gentils tourne avec un nouveau spectacle participatif et, surtout, très drôle. Prochaine date : dimanche 11 mars à l'Espace 600.

Aurélien Martinez | Mardi 6 mars 2018

Nous voici convoqués au pilote d’une future émission visant à tester les connaissances musicales des téléspectateurs. Aux commandes du show, un duo au sourire ultra bright accompagne un pianiste qui enchaîne les airs issus de grands films – ça brasse large, tant en style qu’en période. À la clé pour l’équipe gagnante, un chèque – enfin, si la prod veut bien le signer, ce qui ne semble pas évident. Le Grand jeu de l'ouïe est ainsi une drôle de mise en abyme qui permet à la compagnie grenobloise des Gentils de livrer une proposition à deux niveaux de lecture, comme le public est véritablement amené à participer au jeu tout en assistant à un véritable spectacle. Et dans le rôle des présentateurs Georges et Corine, on retrouve deux des jeunes comédiens grenoblois les plus intéressants, que ce soit avec les Gentils ou en dehors : Colin Melquiond et Doriane Salvucci. Avec l’excellent (et taiseux) François Marailhac au piano, et le metteur en scène

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"La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi" : fantastiquement fantasque

Théâtre | La compagnie grenobloise les Gentils va reprendre sa création à succès du mardi 19 au jeudi 21 décembre au Théâtre 145. Et c'est immanquable.

Aurélien Martinez | Lundi 11 décembre 2017

C’est le spectacle le plus fédérateur de la compagnie théâtrale grenobloise les Gentils, répondant au doux nom de Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi. Soit six comédiens qui, sur scène et accompagnés d’un (excellent) pianiste, tissent une histoire en interprétant (plus ou moins bien – c’est d’ailleurs ce que fait le charme de l’aventure) différents vieux morceaux français au canevas très narratif – Annie Cordy qui, dans Six Roses, ne comprend pas le surnom (cirrhose) qu’on lui a attribué ; Tino Rossi qui, dans Écris-moi, vocalise tout son amour ; les Frères Jacques qui, dans Le Complexe de la truite, narrent les aventures d’une jeune fille découvrant les plaisirs de la chair… Une sorte de comédie musicale déglinguée que la troupe guidée par son metteur en scène Aurélien Villard avait un peu délaissée depuis sa création en 2012 et le grand nombre de représentation qui avait suivi, pour développer d’autres projets ; mais qu’elle a finalement décidé de reprendre au Théâtre 145 pour trois dates exceptionnelles (du mardi 19 au jeudi 21 décembre), avant une possible nouvelle tournée. Un conseil d’amis : si vous ne l’ave

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"Mines de rien" : ensemble c’est tout, n'est-ce pas la Fabrique des petites utopies ?

Jeune public | L'une des dernières créations de la compagnie grenobloise est à découvrir dimanche 3 décembre à la Salle rouge, dans le cadre du Mois de l’accessibilité en ville.

Aurélien Martinez | Mardi 28 novembre 2017

« Spectacle de théâtre d’objets questionnant le handicap et la différence », Mines de rien est une petite pépite jeune public (mais finalement tout public) créée cet été par la compagnie grenobloise la Fabrique des petites utopies. Soit, en plusieurs tableaux visuellement riches, l’histoire d’un enfant différent (« Rien est cet enfant qui n’a pas de place dans un monde qui rejette les différents » – extrait de la note d’intention) qui cherche un sens à sa vie. Et va finir par le trouver... Il n’est pas facile de parler de handicap avec justesse sur le plateau. Le metteur en scène Bruno Thircuir y est arrivé en évitant aussi bien les discours larmoyants censés forcer l'empathie du spectateur que la mise à distance froide censée démontrer le recul de l’artiste. Son ton est juste, touchant, grâce notamment aux deux comédiennes qui portent l’histoire. Et, surtout, à la féerie convoquée sur scène (des marionnettes, des jeux d'ombres et lumières ou encore de la vidéo se déploient autour de différents livres pop-up éclairant le parcours de Rien) qui donne un côté fantastique à ce récit d’apprentis

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"Échecs et Mâts" : le petit jeu de Bruno Thircuir

Cirque | Le metteur en scène grenoblois de la Fabrique des petites utopies revient avec un spectacle interprété par des circassiens et des comédiens dans lequel le jeu d'échecs permet d'aborder des questions plus larges et contemporaines.

Aurélien Martinez | Lundi 25 septembre 2017

Sous chapiteau, en guise de scène, un échiquier posé sur la piste centrale, avec des circassiens et des comédiens habillés en noir ou en blanc comme des pions : dans Échecs et Mâts, sa dernière création « pour fous et stratèges » que nous avons découverte à quelques jours de la première, le metteur en scène grenoblois Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies file la métaphore « des cases dans lesquelles chacun de nous est enfermé ». D’accord. Mais l’axe choisi autour des rêves des uns (le public, sondé en arrivant) et des autres (les interprètes) s’apparente très vite à un mât pas très stable, les différentes scènes s’empilant avec plus ou moins de finesse (les tentatives d’humour noir tombent à plat) pendant plus d’1h30 de spectacle. Et ce même si, bien sûr, on en prend parfois plein les yeux grâce aux circassiens (qui viennent du Maroc, d’Argentine, du Bénin…) ; même si l’interaction avec le public donne du dynamisme à l’ensemble, et même si la métaphore du jeu d’échecs a un côté ludique appréciable. C’est déjà ça. Pour info, la

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Textes en l’air et main à la pâte

Festival | Le festival Textes en l’air, qui a lieu depuis 12 ans à Saint-Antoine-l’Abbaye, ça n’est pas que des spectacles et des concerts ; c’est aussi des gens qui se bougent pour le faire exister. Jacques Puech, directeur artistique de l’événement, nous dresse le portrait de son équipe sans qui rien ne serait possible.

Nicolas Joly | Mardi 27 juin 2017

Textes en l’air et main à la pâte

« À Textes en l'air, il y a deux professionnels : une administratrice et un directeur artistique – moi-même –, ainsi qu’un conseil d’administration de 12 membres » résume Jacques Puech, qui est donc le directeur artistique du festival Textes en l’air. Organisé depuis 12 ans dans la commune de Saint-Antoine-l’Abbaye (classée parmi les plus beaux villages de France), ce rassemblement accueillait quelque 7500 festivaliers l’année dernière. Impossible du coup de mettre sur pied un tel événement sans cette équipe, « cheville ouvrière du festival ». Ce sont ses membres qui décident de la répartition des tâches et qui coordonnent les 60 bénévoles, répartis par commissions : « cuisine, billetterie, nettoyage, sécurité, matériel, manutention, librairie, signalétique, concert et accueil ». Une vraie ruche dédiée à l'art sous toutes ses formes. « Conserver notre identité conviviale » Cette année Textes en l’air se tourne vers l’étranger, avec une programmation consacrée au voyage et à la migration, « un sujet totalement d’actualité ». Toutefois, même si cette thématique fait écho

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Textes en l’air appelle à l’aide

Festival | La manifestation organisée chaque été à Saint-Antoine-de-l’Abbaye (Isère) lance un appel aux dons pour « permettre le maintien des rendez-vous artistiques gratuits pour le public durant le festival ». Sa présidente nous en dit plus.

Aurélien Martinez | Mardi 16 mai 2017

Textes en l’air appelle à l’aide

« On a voulu créer une espèce d’électrochoc » nous explique Geneviève Romey, présidente de l'association Textes en l’air qui organise depuis 14 ans fin juillet un festival pluridisciplinaire du même nom dans la commune de Saint-Antoine-de-l’Abbaye – 8 000 spectateurs l’an passé. Une manifestation plus qu’appréciable, que ce soit niveau programmation ou ambiance (comme on s’en fait l’écho dans chacun de nos numéros festivals), qui serait pourtant en danger au vu de l’appel aux dons lancé ce mois-ci : « Permettre le maintien des rendez-vous artistiques gratuits pour le public durant le festival. » Un « électrochoc » donc, plus qu’un réel risque de mort. « On ne plonge jamais trop profondément » nous assure Geneviève Romey, qui annonce une perte de 10 000 euros en 2016 sur un budget global de 135 600. Plusieurs pistes ont été envisagées pour redresser la barre, comme la suppression d’un jour de festival ou l

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Les Gentils : la nuit ils chantent

SCENES | La jeune compagnie grenobloise adepte du théâtre musical présente sa nouvelle création. On a pu en apercevoir des bouts prometteurs.

Aurélien Martinez | Mardi 9 février 2016

Les Gentils : la nuit ils chantent

Ce qu’il y a de bien avec les artistes basés à Grenoble, c’est qu’on peut suivre de près leur processus de création fait de doutes, de tentatives, de changements de direction… Et puis, parfois, de réussites. Jeudi 11 et vendredi 12 février, on pourra ainsi découvrir à l’Odyssée d’Eybens Le Carnaval des somnambules, nouvelle proposition de la jeune compagnie Les Gentils dont on a plus que souvent dit du bien dans ces colonnes – on adore leur Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi ! Cette fois-ci, il sera donc question de sommeil, de nuit, mais aussi de peurs à ce que l’on a pu constater lors deux étapes de travail auxquelles nous avons assisté. Si on ne peut en dire plus sur le fond (le metteur en scène Aurélien Villard essayant plusieurs pistes), la forme, elle, contient déjà les nombreux ingrédients qui font la spécificité des Gentils, entre chansons (ici écrites principalement autour d’autres connues – leur C'est la mère Michel version rockabilly est grandiose) et humour (ah, le running gag autour de la laitièr

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PB d'or 2015 : théâtre et danse

SCENES | Cette année, deux spectacles de théâtre nous ont fait un bien fou. Et un ponte de la danse a dû faire ses cartons.

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : théâtre et danse

Le PB d’or des spectacles grenoblois qui font du bien : Rue des voleurs (Bruno Thircuir) et Mon frère, ma princesse (Émilie Le Roux) Que ce soit avec le roman Rue des voleurs de Mathias Énard (sur un jeune ­Marocain qui finira à Barcelone) ou la pièce jeune public Mon frère, ma princesse de Catherine Zambon (sur un gamin de cinq ans qui veut simplement porter des robes), deux metteurs en scène grenoblois (Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies et Émilie Le Roux des Veilleurs) ont, cette année, embrassé avec finesse des thèmes sociétaux forts pourtant sujets aux crispations et aux délires les plus dingues – la question des migrants pour l’un et celle des études de genre pour l’autre. En a résulté deux spectacles dépassionnés et, surtout, passionnants qui illustrent parfaitement comment des artistes peuvent défendre un discours humaniste et intelligent simp

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Vers un pôle des arts nomades à Grenoble

ACTUS | Pendant quinze jours, le fameux camion-théâtre de la compagnie grenobloise La Fabrique des petites utopies de Bruno Thircuir va ouvrir ses portes à diverses compagnies et esthétiques en plein parc Paul-Mistral. Une sorte d'avant-goût d'un projet plus vaste baptisé Parc(s) des arts.

Aurélien Martinez | Mardi 1 décembre 2015

Vers un pôle des arts nomades à Grenoble

À Grenoble, la Fabrique des petites utopies est une compagnie à part. D’abord du fait des sujets qu’elle traite, souvent très forts et ouverts sur le monde qui l’entoure (voir Rue des voleurs, son dernier spectacle en date qui évoque la question des migrants) ; ensuite du fait de la forme mise en place : des pièces jouées dans un camion-théâtre et non dans des salles classiques. Un camion-théâtre que le metteur en scène Bruno Thircuir a justement décidé de mettre à la disposition sur un temps donné de différents partenaires culturels dans le but « d’ouvrir un espace temporaire et libre de création » en plein parc Paul-Mistral – là où la Fabrique s’était installée le week-end dernier, dans le cadre de Migrant’scène. Jusqu’au 13 décembre, il y a aura donc plusieurs propositions à découvrir dans cet espace atypique : du théâtre, de la magie, de la musique (avec l’a

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Une saison théâtrale du côté de la scène locale

SCENES | Plusieurs compagnies grenobloises (ou apparentées) reprennent cette saison des spectacles créés les années précédentes. Mais comme ils sont excellents, pourquoi se priver de les (re)découvrir ?

Aurélien Martinez | Mardi 15 septembre 2015

Une saison théâtrale du côté de la scène locale

Ces dernières années, les metteurs en scène grenoblois ont livré des spectacles qui ont connu un succès considérable ici et là. On va passer rapidement sur le cas Grégory Faive et de son Pourvu qu’il nous arrive quelque chose dont on a dit du bien maintes fois – en gros, c’est du théâtre généreux et drôle sur les coulisses du théâtre. Créée en 2011, la pièce sera de retour dans l’agglo pour deux dates : le vendredi 11 décembre à la Faïencerie (La Tronche) et le jeudi 14 janvier au Grand Angle (Voiron). Une autre aventure théâtrale qui risque de suivre la même voie (celle du succès), peut-être même en encore plus grand : Mon frère, ma princesse (photo) d’Émilie Le Roux. Du jeune public pour tous sur un petit garçon qui veut porter des robes créé en 2014 à l’Espace 600 et repris le mercredi 20 janvier à l’Odyssée d’Eybens. À noter que cette saison, l’Espace 600 pro

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La "rêvolution" des Gentils

SCENES | Alors que leur "Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi" est toujours sur les routes, les Gentils dévoilent cette semaine à Eybens une nouvelle création baptisée "Et que vive la Reine !". Une joyeuse petite forme un brin politique autour de la fameuse Alice au Pays des merveilles. Et une réussite. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 24 mars 2015

La

Au Pays des merveilles, c'est un peu comme en Corée du Nord : pour son grand « jubilage », la terrible Reine Rouge-Noire-Rouge a commandé à ses ouailles un grand show la mettant à l'honneur, quitte à réécrire l'histoire pour que celle-ci en mette plein la vue. C'est au Chapelier que la mission revient ; chapelier qui est du coup terrorisé de peur de décevoir et de se retrouver la tête tranchée – c’est la mode là-bas. Au Fond du Gouffre, du nom du bar clandestin que son pote Le Lièvre tient, il essaie de faire de son mieux, utilisant ses camarades d'infortune comme comédiens d’une journée : Le Lièvre, mais aussi l'excentrique Miss Le Loir et le taiseux La Carpe, préposé au piano. Et que vive la Reine !, la nouvelle création de la compagnie grenobloise Les Gentils, transpire Les Gentils de tous ses pores : une fantastique scénographie bricolée (et cette fois-ci immersive, le public étant dispersé dans plusieurs coins de la taverne), des chansons ici et là (mais beaucoup moins que dans la

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Mémoires d’un jeune fougueux

SCENES | Avec son adaptation du roman "Rue des voleurs" de Mathias Énard, Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies livre un spectacle sur un héros « prisonnier de sa condition de jeune arabe de Tanger, de l’Histoire coloniale, de la peur de l’Occident ». Une réussite. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 17 mars 2015

Mémoires d’un jeune fougueux

La Fabrique des petites utopies de Bruno Thircuir est une compagnie grenobloise bien connue pour son théâtre engagé qui tente de « raconter le monde d’aujourd’hui de façon politico-poétique ». Rue des voleurs, dernière proposition en date créée fin février en camion-théâtre, est celle qui illustre sans doute le mieux les aspirations du metteur en scène – en gros : faire du théâtre à la fois populaire et engagé. Soit l’histoire de Lakhdar, jeune Marocain paumé entre des traditions qui l’étouffent et un Occident qui l’attire. Mais cet eldorado se refuse à lui, le gamin ouvert sur le monde et féru de roman policier, comme il se refuse également à tout un pan de l’humanité. Entre Tanger et (finalement) Barcelone, on suit donc Lakhdar à la trace, lui qui doute (face à des fondamentalistes religieux suspects), qui vivote (avec différents petits boulots), et qui surtout s’enflamme pour une jeune Européenne. Un désir ardent qui lui fera côtoyer un monde en ébullition, passant des Printemps arabes aux Indignés espagnols. Seul contre tous Le roman de Mathias Énard est un matériau riche et solide qui colle aux basques du

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Les projets des Gentils en cours

SCENES | « Un jour, Lucie Duriez [la directrice de l’Espace 600] nous a dit que les Gentils, c’était comme La Comédie humaine de Balzac : une grande fresque qui se (...)

Aurélien Martinez | Mardi 16 décembre 2014

Les projets des Gentils en cours

« Un jour, Lucie Duriez [la directrice de l’Espace 600] nous a dit que les Gentils, c’était comme La Comédie humaine de Balzac : une grande fresque qui se déclinerait en plein de spectacles. C’est ça, oui ! Du coup, peut-être que dans trois ans, on verra la galette, le Brésilien ou l’ange [des personnages de La Carriole – NDLR] passer dans un autre spectacle. On va créer une grande famille. » (Aurélien Villard) La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi On en a déjà parlé 1258 fois, toujours en des termes on ne peut plus élogieux. On l’a déjà vue de nombreuses fois, si bien que l’on connaît maintenant les chansons par cœur – le CD édité par la compagnie nous a aussi aidés. Oui, cette Carriole est l’un des spectacles "made in Gre" (enfin, "made in Saint-Antoine-l’Abbaye") les plus enthousiasmants de ces dernières années, avec surtout des comédiens excellents, dont certains ont d

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Les Gentils, petits plaisirs entre amis

SCENES | Bienvenue dans le monde déjanté des Gentils, jeune compagnie iséroise adepte d’un théâtre généreux, non intimidant et très drôle fait avec à peu près tous les matériaux textuels possibles – dont beaucoup de chansons. À l’occasion de son passage par Eybens avec "La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi", sa plus grande réussite, zoom sur l’une des bandes d’acteurs les plus enthousiasmantes du moment. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 16 décembre 2014

Les Gentils, petits plaisirs entre amis

Depuis quelque temps, on entend beaucoup parler de la compagnie des Gentils. À Grenoble et dans l’agglo d’abord : du côté de l’Espace 600, salle qui leur a très vite ouvert les portes ; d’Eybens, une ville qui commence à bien les aimer, de Saint-Égrève où ils sont attendus en avril… Et en dehors de l’Isère aussi : du côté de Lyon où un grand théâtre jeune public (le TNG) leur a donné de beaux moyens l’an passé, d’Avignon cet été pendant le fameux festival, de plusieurs autres villes (Saint-Étienne, Macon, …) où ils sont programmés dans d’importants théâtres. Oui, pour les Gentils, ça commence à bien marcher même si, comme dirait l’autre, nul n’est prophète en son pays : il est par exemple assez dingue de constater que, finalement, très peu de professionnels grenoblois de la culture connaissent cette compagnie à qui l’on avait pourtant décerné l’an passé le "PB award" du meilleur espoir théâtral ! En même temps, pas sûr que le statut de prophète intéresse tant que ça Aurélien Villard et toute sa petite bande. « Populaire et

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C’est gentil chez eux

SCENES | En une de ce numéro panorama, une photo extraite de "La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi", excellent spectacle de la compagnie grenobloise Les Gentils, tout en chant, en humour et en poésie. L’un des temps forts de cette saison 2014 / 2015. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 9 septembre 2014

C’est gentil chez eux

En décembre dernier, dans notre traditionnel numéro bilan de fin d’année, nous décernions le Petit Bulletin award du meilleur espoir théâtral à la compagnie grenobloise les Gentils. 2013/2014 a ainsi véritablement été la saison du décollage pour la jeune troupe d’Aurélien Villard, grâce à son spectacle La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi qui, après un beau festival d’Avignon cet été, continue son bonhomme de chemin dans des salles de plus en plus grandes – l’Opéra-théâtre de Saint-Étienne, le TNG de Lyon, la scène nationale de Macon... Et, pour cette saison, deux passages par des théâtres de l’agglo grenobloise aux jauges conséquentes : l’Odyssée d’Eybens et la Vence scène de Saint-Égrève. Avant, on l’imagine, une tournée encore plus grande, le spectacle étant une réussite locale qui fait plaisir à voir. Notre cœur fait boum Toujours animé par l’esprit de troupe qui le guide depuis ses débuts il y a sept ans, par son envie de fair

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Auprès de mes arbres

SCENES | Une partie du travail du metteur en scène grenoblois Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies était volontairement frontal, dans le but de (...)

Aurélien Martinez | Mardi 1 avril 2014

Auprès de mes arbres

Une partie du travail du metteur en scène grenoblois Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies était volontairement frontal, dans le but de secouer le spectateur pour l’amener à réagir. Cette partie-là semble derrière lui comme il nous l’expliquait en 2012 (« niveau violence, on ne peut pas aller beaucoup plus loin que ce que l’on a fait sur Kaïna Marseille [spectacle de 2008 sur l’immigration – ndlr] »), et comme le confirme avec éclat La nuit, les arbres dansent, sa dernière création dévoilée la semaine passée dans le cadre du festival Les Détours de Babel. Une fable écologiste jeune public centrée sur quatre contes faisant référence à « des légendes des quatre coins du monde », toutes tournant au

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Awards 2013 théâtre

SCENES | L’award du meilleur espoir : la compagnie des Gentils Ça fait un bout de temps que la petite bande issue en partie du conservatoire de Grenoble et (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 19 décembre 2013

Awards 2013 théâtre

L’award du meilleur espoir : la compagnie des Gentils Ça fait un bout de temps que la petite bande issue en partie du conservatoire de Grenoble et réunie autour du metteur en scène Aurélien Villard fait son nid dans le milieu grenoblois, toujours guidée par l’envie de proposer un théâtre généreux et non intimidant. On a souvent pu la croiser à l’Espace 600, qui la soutient depuis longtemps, mais aussi à l’Amphidice (sur la fac) ou au festival Textes en l’air de Saint-Antoine-l’Abbaye (Aurélien Villard vient de ce village isérois). Pourquoi un award maintenant du coup ? Parce que 2013 est véritablement l’année du décollage pour les Gentils, grâce à leur création La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi qui vient d’être produite par le Théâtre nouvelle génération de Lyon – et non par une structure grenobloise, mais bon ! Un acte de professionnalisation (avant, c’était en mode débrouille, alors que là, tout le monde est payé) qui ouvre de nouvelles voies à ces saltimbanques adeptes du théâtre chanté et,

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Made in Grenoble

SCENES | Être gentil, c’est bien. Et drôle dans le cas des Gentils. La compagnie grenobloise, dont on a souvent dit du bien dans ces colonnes, sera cet été au (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 juin 2013

Made in Grenoble

Être gentil, c’est bien. Et drôle dans le cas des Gentils. La compagnie grenobloise, dont on a souvent dit du bien dans ces colonnes, sera cet été au festival Textes en l’air de Saint-Antoine-l’Abbaye avec sa Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi (photo), cabaret déjanté et volontairement désuet. Sur les extraits vidéo que l’on a pu découvrir, on a retrouvé tout l’esprit Do it yourself de ces saltimbanques poétiques au sens de l’humour affuté. À noter que plusieurs autres artistes de la scène grenobloise seront présents à Saint-Antoine : le politique Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies, avec son repas-spectacle kafkaïen Nous sommes tous des K ; la metteuse en scène jeune public Émilie Le Roux avec sa création Contre les bêtes, en collaboration avec le chanteur Xavier Machault, le tout sur un texte de Jacques Rebotier ; ou encore la très cérébrale

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Bruno Thircuir : « On est toujours l’étranger du coin »

SCENES | Le Grenoblois Bruno Thircuir et sa Fabrique des petites utopies sont de retour avec "Nous sommes tous des K", repas-spectacle populaire basé sur un texte de Kakfa qui sera joué dans plusieurs lieux de l’agglo les semaines à venir. Rencontre avec le metteur en scène pour évoquer ce projet, et plus globalement les mutations de sa compagnie. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 28 mars 2013

Bruno Thircuir : « On est toujours l’étranger du coin »

La Fabrique des petites utopies est une institution à Grenoble. Une compagnie menée par Bruno Thircuir qui propose depuis douze ans un théâtre fort et engagé, que ce soit sur le fond (notamment avec un regard pertinent sur l’Afrique) ou sur la forme (avec son camion-théâtre). Que le metteur en scène se confronte aujourd’hui à Kafka et l’une de ses œuvres phares qu’est Le Château (1926) n’est donc pas une surprise. « Quand je l’ai lu il y a vingt ans, je me suis dit que cet auteur avait deviné que l’on allait vers une paralysie des relations. C’est de ça dont souffre cet étranger lorsqu’il arrive dans ce village d’Europe [le personnage de K, arpenteur, se heurte à l’hostilité des villageois et – surtout – à celle de l’administration – NDLR]. Je l’ai acheté au Benin en 1996, et je me suis alors dit qu’un jour, je le monterai avec un comédien noir dans le rôle de K. Parce qu’aujourd’hui, ce n’est plus un Juif qui est exclu de la société [Kafka était de confession juive – NDLR], c’est un Noir, un Arabe… En choisissant très radicalement de mettre K noir, ça nous bascule dans cette situation que vivent énorméme

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Les Sacrifiés du printemps

CONNAITRE | Littérature / S’il y a une qualité que l’on ne peut pas retirer à l’écrivain français Mathias Énard, c’est bien l’efficacité de son écriture. Dans Rue des voleurs, (...)

Laetitia Giry | Vendredi 9 novembre 2012

Les Sacrifiés du printemps

Littérature / S’il y a une qualité que l’on ne peut pas retirer à l’écrivain français Mathias Énard, c’est bien l’efficacité de son écriture. Dans Rue des voleurs, son dernier roman, le récit avance avec la célérité de la société contemporaine, sans jamais perdre ni lasser le lecteur. Lakhdar est un adolescent marocain, échantillon représentatif d’une population qui rêve de liberté et à qui il arrive tous les malheurs possibles et imaginables. Éclairage littéraire sur une Histoire brûlante, le roman déroule les événements du Printemps arabe, ses conséquences et ses racines, à travers son regard, à la fois neutre et malicieux. Le regard d’un être sur qui glisse l’Histoire ; rejeté par sa famille pour avoir « fauté », accueilli par des Islamistes convaincus d’être investis d’une mission et probablement impliqués dans des activités terroristes, exploité par un directeur d’entreprise français, amoureux d’un mirage européen incarné par une jeune Barcelonaise… Le caractère lisse mais fondamentalement libre de ce narrateur fait finalement la réussite d’un roman qui milite pour l’épanouissement personnel au sein d’une société qui serait prête à l’accepter, en même temps qu’il a

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La meilleure défense, c’est la parade

SCENES | Zoom / Un beau jour (ou peut-être une nuit), le metteur en scène Bruno Thircuir de la compagnie de spectacles itinérantes La Fabriques des Petites Utopies (...)

François Cau | Lundi 19 mars 2012

La meilleure défense, c’est la parade

Zoom / Un beau jour (ou peut-être une nuit), le metteur en scène Bruno Thircuir de la compagnie de spectacles itinérantes La Fabriques des Petites Utopies jette une oreille aux dernières compositions de son complice musicien Philippe Codecco. Tout de go, il décrète que cette musique est faite pour prendre la rue avec une grandiose création ad hoc – l’une des (nombreuses !) obsessions d’un homme de théâtre adepte du défi foutraque comme de l’émulation populaire. Et le projet de prendre forme par une coproduction des Détours de Babel dans le cadre de leur festival : sous leur impulsion, se greffent alors au projet Bruno Théry, concepteur du bestiaire de la future parade, et Bastien Mots Paumés, qui en écrira les divers textes. Très vite, sous l’inflexion bouillonnante de Bruno Thircuir, le projet prend des allures de cauchemar logistique : quatre parades, drivées chacune par un char et des musiciens dans sa foulée, doivent partir d’Eybens, Crolles, Fontaine et Grenoble, pour se rejoindre lors d’un finish grandiloquent. Fort heureusement, l’enthousiasme du metteur en scène, en balance avec le pragmatisme de son ingénieur / bras droit François Gourgues, fédère tous les partenaires m

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Dessine-moi une fiction

SCENES | Avec "Les enfants d’Icare", la Fabrique des Petites Utopies poursuit inlassablement son exploration des cultures lointaines et incite tous les publics à la contemplation onirique. FC

François Cau | Vendredi 18 mars 2011

Dessine-moi une fiction

Les dernières pérégrinations de la compagnie l’ont porté jusqu’en Birmanie, nation sous la coupe d’un simulacre de gouvernement hostile, culturellement carnassier, et dans laquelle les artistes – c’est rien de le dire – ont plutôt du mal à s’exprimer. Perdurent cependant les traditions liées aux marionnettes, dont les mécanismes intemporels (et largement sacralisés dans le pays) continuent d’être animés par des passeurs vieillissants et une jeune scène à l’avenir pour le moins incertain. Bruno Thircuir, metteur en scène de la Fabrique, s’est donc mis en tête de créer un spectacle voulu comme un pont entre les sociétés birmane et française, pour lequel les membres de son équipe auraient créé des marionnettes de différents styles, afin de les incorporer à un récit pensé comme une exaltation de l’imaginaire. Un enfant d’argile y prendrait forme au gré d’aventures oniriques, contées par trois voix singulières. Il serait donc l’héritier du fils de Dédale, rêverait d’une île inatteignable, d’un roi obstiné, de machines aliénantes, d’un cosmonaute, d’un robot, et tomberait finalement amoureux. Chaos debout La scène du camion-théâtre de la compagnie es

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Utopie toi-même

SCENES | Armée d’une volonté à toute épreuve (il fallait bien ça), l’équipe de la Fabrique des Petites Utopies inaugure ce samedi le Caravansérail, pôle d’art nomade situé au cœur du quartier Mistral. Point sur la genèse d’un lieu encore en préfiguration. François Cau

François Cau | Lundi 22 novembre 2010

Utopie toi-même

Au Petit Bulletin, on suit le travail de la Fabrique des Petites Utopies et de son metteur en scène Bruno Thircuir depuis les débuts. On a toujours été francs sur leur boulot, tour-à-tour enthousiastes et plus réservés. Et au-delà de toute considération purement artistique, on leur a toujours reconnu le mérite considérable de s’ouvrir vers l’ailleurs, que ce soit par le choix de l’itinérance dans leur camion-théâtre, leur constant et salutaire travail de médiation auprès de tous les publics, ou leur soif inaltérable de pérégrinations qui a pu les mener en Bosnie, en Afrique et bientôt en Birmanie (où le climat politique ne s’est absolument pas détendu, malgré les récentes apparences). Pour résumer, même si l’on peut faire les fines bouches sur certaines créations, on les respecte pour leur incroyable détermination et leur croyance, tout simplement superbe, que rien n’est réellement impossible. La preuve : ces trois dernières années, tout en continuant leurs tournées, les utopistes ont implanté un chapiteau au beau milieu du quartier grenoblois dit “sensible“ de Mistral. Ils sont allés à la rencontre de ce lieu qu’une maigre poignée de rêveurs, comme les membres de Cultur’Act (vo

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Plein les yeux

SCENES | La Fabrique des petites utopies de Bruno Thircuir, l’une des compagnies locales les plus intéressantes, va poser ses valises au Grand Angle de Voiron (...)

François Cau | Lundi 4 octobre 2010

Plein les yeux

La Fabrique des petites utopies de Bruno Thircuir, l’une des compagnies locales les plus intéressantes, va poser ses valises au Grand Angle de Voiron pour une résidence de trois ans au cœur de la ville. Cette arrivée se fera en fanfare avec la présentation de deux spectacles aériens. D’abord Cabaret perché, dernière livraison en date de la compagnie. Le boss a ainsi fait confiance à ses circassiens, qui chacun ont proposé un numéro original. À lui ensuite de faire le liant avec ses comédiens, façon grande famille d’artistes ambulants (ce qu’ils sont vraiment, puisqu’ils habitent dans des caravanes itinérantes, même en hiver !). Tour Babel ensuite, spectacle déjà présenté la saison dernière sur le campus et au parc Bachelard : une création basée sur le mythe de la tour de Babel avec là aussi circassiens et comédiens. Avec ces deux propositions, on comprend ainsi que Bruno Thircuir, comme il nous l’a affirmé, souhaite construire des formes accessibles et généreuses rentrant dans une certaine tradition du spectacle vivant (moins cérémonial et plus perméable). On lui en sait gré. Mais on regrette simplement que le discours très fort de la compagnie, présent dans le

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Tout le monde il est beau…

SCENES | Partie à l’assaut du festival depuis maintenant deux ans (en animant les labos mis en place par l’équipe de Textes en l’air pour soutenir les jeunes (...)

François Cau | Mercredi 16 juin 2010

Tout le monde il est beau…

Partie à l’assaut du festival depuis maintenant deux ans (en animant les labos mis en place par l’équipe de Textes en l’air pour soutenir les jeunes artistes en devenir), la compagnie grenobloise Les Gentils sera cette année dans la programmation In de la manifestation estivale de Saint-Antoine-l’Abbaye. Façon de démontrer qu’après un premier passage remarqué à l’Espace 600 de Grenoble en novembre dernier, ils ne sont pas prêts de lâcher les interstices de reconnaissance que les "professionnels de la profession" leur offrent. Ça tombe plutôt bien, car les Gentils, emmenés par le metteur en scène Aurélien Villard, développent création après création une conception du théâtre ouverte et non bloquée sur des bases que certains souhaiteraient fondamentales. Que ce soit en déterrant Barbara ou en "comédie-musicalant" la messe du dimanche, ils font preuve d’une irrévérence frondeuse tout en lyrisme et détournements. Après plusieurs spectacles écrits par Aurélien Villard lui-même, ils ont récemment monté Ouasmok ? : un texte de Sylvain Levey (auteur associé à l’Espace 600 et au festival) lu par ces mêmes Gentils lors de l’édition précédente de Textes en l’air (tout se t

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Encore

SCENES | Si l’on n’avait pas spécialement accroché à Tour Babel, la dernière création un brin facile de La Fabrique des Petites Utopies présentée en octobre dernier, rien (...)

François Cau | Lundi 29 mars 2010

Encore

Si l’on n’avait pas spécialement accroché à Tour Babel, la dernière création un brin facile de La Fabrique des Petites Utopies présentée en octobre dernier, rien ne nous interdit de nous replonger dans les anciens spectacles de la compagnie. Ce sera chose possible du jeudi 1er au mercredi 7 avril au Terrain d’aventure (Saint-Martin-d’Hérès) où la Fabrique installe son camion-théâtre : l’équipe de l’Espace 600 reprogramme Kaïna Marseille, une proposition forte sur ces migrants à la recherche d’un eldorado porteur d’espoir. Bruno Thircuir est parti du roman de Catherine Zambon, qui avait soulevé une polémique phénoménale lors de sa publication : peut-on raconter la violence du monde aux adolescents sans l’édulcorer ? Sont-ils capables de tout entendre ? Thircuir répond à ces questions par un oui franc, en enfonçant le clou avec une mise en scène efficace et glaçante… Retrouvez sur notre site web la critique publiée lors de la création du spectacle la saison passée.

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«Ne pas prendre les enfants pour des imbéciles»

SCENES | JEUNE PUBLIC. Cette année, Sylvain Levey est l’auteur associé à l’Espace 600, où trois de ses textes seront mis en scène. A l’occasion du début de l’aventure la semaine prochaine avec Ouasmok ?, présenté par la compagnie grenobloise Les Gentils, on a rencontré Sylvain afin d’évoquer ses projets pour cette résidence. Propos recueillis par Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 23 octobre 2009

«Ne pas prendre les enfants pour des imbéciles»

Petit Bulletin : Pourquoi avoir accepté la proposition de l’Espace 600 ?Sylvain Levey : C’était une envie politique, car un auteur en résidence dans un lieu comme la Villeneuve a du sens. Je ne suis pas un auteur qui travaille seul chez lui, j’aime bien être en déplacement, à la rencontre des gens. J’ai un parcours aussi avec le lieu ; Villeneuve, pour moi, représente quelque chose : c’est un de mes premiers déplacements en tant qu’auteur avec Ouasmok ?. J’ai commencé à beaucoup apprécier Geneviève Lefaure [l’ancienne directrice de l’Espace 600, qui a quitté son poste en juin dernier NDLR]. J’ai trouvé que la reprise du projet par Laure-Anne Legrand [la nouvelle directrice NDLR] était faite de façon intelligente, donc je me suis dit "ok, je peux y aller" ! Comment s’articulera cette résidence ?C’est un grand projet qui prend du temps et de l’esprit. Il va y avoir plein de rencontres et de choses très riches à faire avec les jeunes. Je les ai déjà rencontrés, c’était très fort. Ils sont disponibles, ouverts d’esprit, capables de se faire surprendre… J’aime bien cette idée de travailler sur la Villeneuve. J’ai

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Un autre théâtre est possible

SCENES | Alors que le vingt-et-unième siècle est à peine entamé, Bruno Thircuir, ancien collaborateur de Chantal Morel, décide d’impulser à sa jeune compagnie, La Fabrique (...)

François Cau | Lundi 1 décembre 2008

Un autre théâtre est possible

Alors que le vingt-et-unième siècle est à peine entamé, Bruno Thircuir, ancien collaborateur de Chantal Morel, décide d’impulser à sa jeune compagnie, La Fabrique des Petites Utopies, une série de directives fondamentales dans son approche à part du médium théâtral. Leur travail sera tourné vers l’étranger ; le but étant de se nourrir de cet ailleurs souvent intimidant, qu’il faudra dompter coûte que coûte via de multiples voyages et autres collaborations avec des auteurs et acteurs venus d’autres pays. Les moyens de diffusion seront atypiques, centrés sur l’idéal a priori désuet d’une scène itinérante, à même de transporter les créations dans les endroits les plus insolites, histoire de faire partager leurs spectacles aux laissés-pour-compte des grandes tournées internationales, et surtout d’entamer une relation plus poussée avec les publics. La rencontre de Bruno Thircuir avec son directeur technique François Gourgues sera à ce titre décisive : ce dernier donnera corps au projet de Fabrique Errante imaginée par le metteur en scène - un camion modulable, se transformant miraculeusement en théâtre ambulant. La pièce inaugurale de ce dispositif, Quichott, l’homme qui n’y était po

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Voyage au bout de l’enfer

SCENES | À travers le destin d’une jeune fille de treize ans, Bruno Thircuir et sa compagnie La Fabrique des petites utopies évoquent les drames ordinaires de l’immigration. C’est "Kaïna Marseille", et c’est tout simplement glaçant. Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 28 novembre 2008

Voyage au bout de l’enfer

« Si tu veux savoir où tu vas, il te suffit de regarder d’où tu viens. » Ces mots sont ceux de Kaïna, la grand-mère de Mamata qui, avant de mourir, conseille à sa petite-fille de fuir son village natal pour rejoindre l’eldorado français. Là-bas espère-t-elle, Mamata sera libre et échappera au mariage forcé auquel elle est promise dans son pays. « Le monde, pour Kaïna, commençait au bout du village » sourit, désabusée, la jeune fille. Désabusée, car ce qui devait être le paradis se transforme en enfer, sous la forme d’un container du port de Marseille. Très loin de l’idéal d’une terre accueillante… Mamata a treize ans. Pourtant, elle a déjà connu l’horreur du monde. Pourtant, elle est déjà enceinte d’un avocat véreux qui la violait en lui promettant de l’aider. Pourtant, elle continue à vivre, malgré tout. Avec Kaïna Marseille, Bruno Thircuir clôt magistralement sa trilogie africaine entamée début 2007. Les deux premiers volets (Et si l’Homme avait été taillé dans une branche de baobab, d’après le roman Désert de Jean-Marie Gustave Le Clézio et Niama-Niama, inspiré de contes du monde entier) étaient des fables enchanteresses,

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«Un spectacle coup de poing»

SCENES | Auteur, metteur en scène et comédienne, Catherine Zambon a écrit le texte qui a servi de matériau à la Fabrique des petites utopies. Propos recueillis par AM

François Cau | Jeudi 27 novembre 2008

«Un spectacle coup de poing»

Petit Bulletin : Comment est né Kaïna Marseille ?Catherine Zambon : Je me suis intéressée au sort des enfants clandestins en France, et particulièrement à ceux qui sont le moins pris en charge par les associations, à savoir les filles. Il y a très peu de filles qui arrivent de manière clandestine, mais celles qui arrivent sont rapidement repérées par des réseaux de prostitution. Vouliez-vous livrer un message politique ?Entre le moment où je l’ai écrit, il y a cinq ans, et la période actuelle, la tension s’est tellement resserrée autour des problèmes d’immigration qu’évidemment ce qui était déjà un propos engagé à l’époque – à savoir attirer l’attention sur le sort de toute cette partie du monde qui est en souffrance – est encore plus violent maintenant. Si je devais écrire Kaïna Marseille aujourd’hui, j’en ferais sûrement quelque chose d’encore plus dur. Donc oui, il y a un message politique, mais aussi humain, humanitaire, et surtout humaniste. La mise en scène de Bruno Thircuir semble encore plus sombre que votre texte…Entre l’écriture du texte et ce qu’en a fait Bruno, il y

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La danse de mort

SCENES | Ambitieux galop d'essai du Nouveau Théâtre de Création, l'adaptation de “Manque” de Sarah Kane marque le retour de la Fabrique des Petites Utopies à une forme nécessairement plus intime. François Cau

| Mercredi 23 novembre 2005

La danse de mort

Passé le chaos debout de son Juliette je Zajebala Romeo, la Fabrique des Petites Utopies fait une nouvelle fois muter son lieu de création ambulante (le Theatrum Stadium). L'espace scénique s'est replié sur lui-même, s'est recroquevillé en une carapace à jauge violemment restreinte. L'équipe s'est réduite, elle aussi. Le metteur en scène Bruno Thircuir, sans renier les affres de son précédent spectacle, apprécie plutôt la tournure des événements. Son nouveau coup de foudre théâtral appelait nécessairement une forme condensée, un travail approfondi avec les comédiens. L'objet du délit ? Le texte 4.48 Psychose, de l'auteure anglaise Sarah Kane, étoile filante du New British Theatre, partie beaucoup trop vite après nous avoir asséné une poignée de textes mordants, choquants, vibrants. Jouissant de l'accueil enthousiaste du Nouveau Théâtre de Création, les Petites Utopies se sont vues encouragées dans l'élaboration d'un dyptique, la pièce Manque (Crave en VO) apportant un complément précieux dans l'appréhension de l'œuvre de Sarah Kane, et surtout sur sa relecture par le dénommé Bruno Thircuir. Intime en fusion Ce dernier commenc

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Aveuglement

SCENES | Si vous nous suivez un brin, vous avez dû vous en rendre compte : on suit avec fidélité le travail de Bruno Thircuir et de la Fabrique des Petites (...)

| Mercredi 11 janvier 2006

Aveuglement

Si vous nous suivez un brin, vous avez dû vous en rendre compte : on suit avec fidélité le travail de Bruno Thircuir et de la Fabrique des Petites Utopies. Non pas pour de basses turpitudes extraprofessionnelles (quoique), ni pour notre potentiel amour immodéré de formes théâtrales un tant soit peu iconoclastes. Disons que le fil commun qui nous séduisait le plus, dans Quichott, Juliette je Zajebala Romeo et dernièrement Manque, greffon providentiel de son présent travail sur l'auteur culte Sarah Kane, c'était cette instabilité manifeste que le metteur en scène et son équipe parvenaient à transformer en force. À la grâce d'un enthousiasme indéfectible, mais aussi à une sorte d'ingéniosité du désespoir donnant lieu à de beaux instants de théâtre, à un pessimisme étouffant sur une nature humaine confinée à ses plus bas instincts. C'est pour toutes ces raisons qu'on attendait 4.48 Psychose avec une expectative confiante, d'autant que le stress véhiculé par Manque nous avait pris à rebrousse-poil. Cette nouvelle création nous fait entrer dans un nouveau décor sis au sein du camion-théâtre, inverse de la sombre alcôve de Manque, où le spe

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