Les Huit salopards

ECRANS | Des chasseurs de primes et leur prisonnière pris en étau entre le blizzard et de potentiels agresseurs dans une baraque de fortune. Près de trois heures de palabres sanglantes rythmées par les notes de Morricone. Ça aurait pu tourner au théâtre filmé ; c’est du pur cinéma à grand spectacle. Tarantino se bonifie avec le temps. Et les westerns.

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

De par sa connaissance monstrueuse du cinéma et son admiration pour Howard Hawks, Tarantino devait s'y attendre : lorsque l'on commence à s'immiscer dans l'univers du western, s'en extraire n'a rien d'une sinécure. Une question d'adhérence (celle du sang frais et visqueux aux bottes ?) ou d'adhésion intime à sa logique dramaturgique parfaite et épurée. Car l'Ouest n'est pas un monde sans foi ni loi. Connaissant des règles absolues et définitives, il séduit par sa radicalité claire, impitoyable, ne souffrant pas la moindre circonstance atténuante. L'Histoire américaine s'y est écrite, forgée à partir de mythes (con)fédérateurs.

Depuis, nombreux sont les auteurs et cinéastes à être venus puiser dans cet immense territoire narratif, cet idéal de liberté faisant figure de paradis perdu et abstraction du rigorisme moral contemporain — tel Tarantino. Vous ne trouverez donc pas de minauderies hypocrites dans Les Huit salopards, ni de révisionnisme des comportements d'époque pour éviter de heurter nos ligues de vertu d'aujourd'hui. Puisque l'histoire se déroule après la Guerre de Sécession, ça fume, ça boit, ça jure, ça donne du «nigger», ça avoine les femmes comme les hommes. Et ça tue. Froidement. Ce que l'on cache sous le tapis, le refoulé de l'Amérique héroïque, ressurgit en rouge vif.

Ce cadre sans tabou est un champ idéal pour animer des figures épiques et des villains plus qu'abominables. Mais aussi pour cultiver des symboliques personnelles (en insistant avec malice jusque dans le générique sur le 8, pareil à la bille noire du billard marquée du fatidique chiffre) ou relever des défis techniques. Par exemple, s'offrir le parangon de l'image argentique en tournant, chose inédite depuis les années 1970, en 70mm Ultra Panavision 2.76 — un format peu habituel pour des scènes d'intérieur et de rares extérieurs enneigés, et cependant attaché à l'image «bigger than life» du western.

Le (re-)nouveau western

On objectera que QT n'a pas attendu Django Unchained (2013) pour signer des westerns : d'une certaine manière, depuis Reservoir Dogs (1991), son œuvre entière est constituée de variations ou de transpositions sur ce thème, décalées dans le contexte du polar ou du film de genre. S'il se garde ici d'appliquer servilement tous les codes attendus, il se montre très respectueux de ce qui constitue pour lui sa forme originelle (Hawks, Leone et Corbucci) en se refusant de l'hybrider violemment à d'autres ambiances, comme il se plaît à le faire ordinairement — même la séquence whodunit qu'il s'octroie s'intègre sagement dans l'intrigue.

Un privilège qui en amène un autre : l'accord d'Ennio Morricone, sollicité pour une partition originale. Coiffé du Stetson de westerner, Tarantino ne fait plus “le malin” accumulant d'improbables citations érudites. Il s'est trouvé, s'est recentré — jamais trop tard pour bien faire. Fini l'épate punky-funky : dans Les Huit salopards, son attention semble toute entière portée sur la construction dramatique et les problèmes de réalisation pure posés par un quasi huis clos, catalyseur majuscule du western canonique. Les héros sont ici pris au piège dans un espace réduit, comme dans Rio Bravo (1959) et ses nombreux dérivés (dont Assaut de Carpenter). La menace est à la fois extérieure — le froid du blizzard — et intérieure — des commensaux qui ne sont pas ce qu'ils prétendent être —, ce qui n'est pas sans évoquer… The Thing (1982) de Carpenter, adapté par le même Hawks au début des années cinquante. On reste en terrain de connaissance ; mais paradoxalement QT réalise grâce à cela quelque chose de totalement neuf.

L'aversion longue ?

Il fut un temps, pas si lointain, où Tarantino proclamait que «le cinéma [était sa] religion et la France [son] Vatican». Des mots prononcés à l'occasion de la remise en 2013 de son Prix Lumière dans la ville de Lyon — qui, si l'on extrapole sa pensée, devenait l'équivalent de la chapelle Sixtine ; la région Rhône-Alpes se transformant en basilique Saint-Pierre du 7e art. Que dirait le fidèle paroissien du sort réservé à son lieu de culte vénéré, privé de messe… c'est-à-dire négligé par la «tournée nationale d'avant-premières» des Huit salopards qui s'est déroulée durant les fêtes ? Une tournée de projections de la version de prestige de 3h07, présentant un préambule musical, un entracte et surtout la particularité d'être effectuée au format 70mm Ultra Panavision 2.76 — celui du tournage, donc conforme aux souhaits du réalisateur.

Las ! Seules cinq salles commerciales en France semblaient disposer du matériel adéquat/de l'envie/du public/de l'autorisation du distributeur (biffez la proposition superflue) pour organiser ces séances. Tant mieux pour les spectateurs de Lomme, Elbeuf, Rochefort, Aix-en-Provence et accessoirement Paris (où le film dispose de toutes façons d'une salle permanente en 70mm) et à leurs dynamiques exploitants — l'un d'entre eux est d'ailleurs le Président de la Fédération Nationale des Cinémas Français — et dommage pour les publics de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne qui ont fait pénitence. Même cinématographique, une religion demeure soumise aux caprices du clergé et aux trahisons des apôtres…

Les Huit salopards
De Quentin Tarantino (ÉU, 2h47/3h07) avec Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh…


Les Huit salopards

De Quentin Tarantino (ÉU, 2h48) avec Samuel L. Jackson, Kurt Russell...

De Quentin Tarantino (ÉU, 2h48) avec Samuel L. Jackson, Kurt Russell...

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Quelques années après la Guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth, dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre.


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“Possessor” de Brandon Cronenberg : de la mort des marionnettes

VOD | Possessor aurait pu constituer l’Easter Egg idéal du festival Hallucinations Collectives si… Mais avec des si, les cinémas seraient ouverts et on ne serait pas obligé de voir le Grand Prix de Gérardmer signé Brandon Cronenberg en direct to DVD en espérant qu’il sorte enfin sur grand écran…

Vincent Raymond | Mardi 13 avril 2021

“Possessor” de Brandon Cronenberg : de la mort des marionnettes

Dans un monde parallèle, une firme hi-tech vend à ses très fortunés clients ses “talents“ consistant à téléguider neurologiqument des individus afin qu’ils commettent des meurtres ciblés. Tasya Vos, l’une de ces marionnettistes du subconscient, éprouve de plus en plus de difficultés à sortir de ses missions. Et la dernière qu’elle accepte pourrait bien lui être également fatale… En d’autres circonstances, on aurait été embarrassé d’évoquer le père à travers le fils. Mais ici tout, du thème au style organique choisis par Brandon, renvoie au cinéma de David Cronenberg et tend à démontrer par l’exemple (et l’hémoglobine) la maxime « bon sang ne saurait mentir ». Non qu’il s’agisse d’un film par procuration, plutôt de la perpétuation logique d’un esprit, de la manifestation d’un atavisme cinématographique. Avant que le concept soit énoncé et surtout banalisé dans toutes gazettes, l’idée de l’Humain augmenté — quel que soit le moyen choisi (hybridation vidéo, amélioration psychique,

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Quentin se fait son cinéma : "Once Upon a Time… in Hollywood"

Tarantino | Les coulisses de l’usine à rêves à la fin de l’ère des studios, entre petites histoires, faits divers authentique et projection fantasmée par Quentin Tarantino. Une fresque uchronique tenant de la friandise cinéphilique, mais qui s’égare parfois dans ses digressions.

Vincent Raymond | Mercredi 14 août 2019

Quentin se fait son cinéma :

Hollywood, 1969. Rick Dalton, vedette sur le déclin d’une série TV, Cliff Booth, son cascadeur homme à tout faire ; leur voisine, la jeune comédienne Sharon Tate, épouse Polanski : trois destins parallèles et convergents dans une ville entre décors, faux-semblants et rêves brisés… Lors de l’une de ses venues au Festival Lumière, Quentin Tarantino avait concocté une sélection de films portant l’estampille 1970. Au-delà du nombre rond, cette année charnière marque en effet l’ancrage définitif du Nouvel Hollywood, l’irrésistible ascension de ses nouveaux moguls et l’inéluctable déclin des anciens nababs. Autant dire que le choix de 1969 pour situer cette semi-fiction est signifiant : il correspond à la fin d’un âge d’or — en tout cas idéalisé par ceux qui l’ont vécu a posteriori. Et à travers l’écran d’argent. Dans sa reconstitution appliquée, Tarantino est loin de tout repeindre en rose pailleté, même si la tentation est grande : le Hollywood de 1969 transpire de coolness ambiante, d’érotisme débridé, ruisselle de musiques indépassables —

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En verre et contre tous : "Glass"

Thriller | Sorti du purgatoire avec The Visit (2016), M. Night Shyamalan signe un combo magique avec cette double suite d’Incassable (2000) ET de Split (2016) réunissant James McAvoy, Bruce Willis et Samuel L. Jackson pour un thriller conceptuel, à revoir pour le plaisir de l’analyse.

Vincent Raymond | Lundi 14 janvier 2019

En verre et contre tous :

Kevin Crumb et ses identités multiples ayant à nouveau enlevé des jeunes filles, “l’incassable“ David Dunn se lance à ses trousses. Mais lors de la capture, Dunn est lui aussi arrêté et transféré avec Crumb dans un hôpital où une psy veut les convaincre qu’ils ne sont pas des super-héros… L’intrigue de Glass risque de surprendre les adeptes de tarabiscotages et d’artifices par son apparente simplicité. Mais tout comme la tétralogie Scream a permis à Wes Craven de dérouler du concept sur l’architecture générale du film d’horreur (et de ses séquelles) par la mise en abyme, Glass constitue pour Shyamalan un parfait véhicule théorique visant à illustrer ses principes cinématographiques, les stéréotypes narratifs et à donner un écho supplémentaire à ses films. Ligne de partage des os Se situant pour l’essentiel dans un hôpital psychiatrique, Glass fait de ses héros des objets d’étude placés sous l’œil permanent de caméras ubiquistes. De fait,

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M. Night Shyamalan : « j’aime les films incomplets où le public remplit les béances de la narration »

Glass | De passage en France pour présenter la fin de sa trilogie entamée il y a 19 ans, M. Night Shyamalan était accompagné d’un seul comédien, mais qui interprète une vingtaine de rôles, James McAvoy. Fragments d’une conférence de presse…

Vincent Raymond | Mercredi 16 janvier 2019

M. Night Shyamalan : « j’aime les films incomplets où le public remplit les béances de la narration »

L’apparition finale de Bruce Willis après le générique de Split signifiait-elle que Glass déjà planifié, écrit et prêt à être tourné ? M. Night Shyamalan : Cela s’est passé étape par étape. Je tenais à faire avec Split un thriller autonome, et j’ai demandé à Disney la permission d’utiliser le personnage de David, joué par Bruce Willis dans Incassable. Contre toute attente, ils ont accepté pour un film Universal. Cette autorisation nous a permis d’envisager la suite. Mais je n’ai rien écrit avant la sortie de Split, j’ai attendu, au cas où le film ne fonctionnait pas, ça n’aurait pas été la peine de tourner une suite. Puis il a fallu demander l’autorisation à Disney et Universal — étant donné que chacun des deux studios est propriétaire à 100% des films et donc de tous les personnages —, en leur précisant que je tenais à en assurer la production, que cela demeure un “petit“ film et que les deux le distribuent conjointement. Ils ont dit OK, c’est ce qui a déclenché le film.

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Lose poursuite : "Good Time" de Ben & Joshua Safdie

Thriller | de Ben & Joshua Safdie (E-U-Lux, 1h40) avec Robert Pattinson, Ben Safdie, Jennifer Jason Leigh…

Vincent Raymond | Mardi 12 septembre 2017

Lose poursuite :

Connie Nikas et son frère handicapé mental Nick braquent une banque. Dans la fuite, Nick est capturé. Alors Connie fait l’impossible au cours d’une nuit riche en rebondissements pour le libérer. Par les voies légales d’abord. Et puis les autres… Incroyable : Robert Pattinson peut afficher une gueule expressive et des nuances de jeu ! Merci aux frères Safdie pour cette révélation, ainsi que pour ce thriller nocturne haletant rappelant ces polars signés Hill, Carpenter, Scorsese et consorts qui éraflaient le New York crasseux des années soixante-dix. L’effet vintage et déréalisant se trouve conforté par la B.O. synthétique de Daniel Lopatin, alias Oneohtrix Point Never, ainsi que par le matraquage de visages hallucinés, cabossés, arrachés à la pénombre, systématiquement cadrés en gros — voire très gros — plan. Dans leur quête formelle, les Safdie n’empruntent pas le chemin de l’esthétique pure, à la différence de NWR. Et s’ils partagent sa soif d’urgence ou son aptitude à fabriquer des sensations organique

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Quentin Tarantino pour l'ouverture du festival Lumière

Festival Lumière | Le Festival Lumière vient de dévoiler une surprise : la venue de Quentin Tarantino pour l'ouverture, trois ans après son prix Lumière. Il assistera à la (...)

Vincent Raymond | Mercredi 5 octobre 2016

Quentin Tarantino pour l'ouverture du festival Lumière

Le Festival Lumière vient de dévoiler une surprise : la venue de Quentin Tarantino pour l'ouverture, trois ans après son prix Lumière. Il assistera à la projection de Butch Cassidy et le Kid, le western que George Roy Hill tourna un casting de choc : Paul Newman, Robert Redford (son future duo gagnant de L'Arnaque) et Katharine Ross. Le film sera présenté en 35mm. Ce sera le samedi 8 octobre à 18h, à la Halle Tony Garnier.

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"Miss Peregrine et les enfants particuliers" : abracadabra, Tim Burton est ressuscité !

ECRANS | Semblable à une histoire de X-men — où le Pr. Xavier serait chevelue et campée par Eva Green — ce conte fantastique permet à Tim Burton d’animer des mutants, des squelettes, de manipuler à sa guise son vieil ennemi le temps et (surtout) de signer enfin un bon film.

Vincent Raymond | Mardi 4 octobre 2016

Dépositaire des histoires de son grand-père qui vient d’être assassiné et énucléé par un monstre, un ado part à la recherche d’une boucle temporelle où vit depuis le 3 septembre 1943 Miss Peregrine et son orphelinat pour enfants doués de pouvoirs surnaturels. Son but ? Vraisemblablement les protéger, venger son aïeul et plus si affinités… Comme un enfant pour grandir doit se résoudre à abandonner ses antiques doudous chéris, fallait-il que Tim Burton se défasse de tous ses collaborateurs de longue date pour arrêter de tourner en rond — ou en vain ? Au rebut, Johnny “mono-expression figée” Depp, Helena “harpie transformiste” Bonham-Carter, Danny “boîte à musique” Elfman, pareils à des objets transitionnels le raccrochant à ses vieux pots éventés desquels il ne sortait plus que de vilaines soupes depuis des années. Il lui a sans doute fallu se faire violence pour aller chercher des talents compatibles avec son univers — certains, comme Eva Green, Terrence Stamp ou Bruno Delbonnel avaient déjà fait un round d’observation chez lui. Mais le résultat vaut le “sacrifice” : Miss Peregrine… e

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Kingsman : services secrets

ECRANS | De Matthew Vaughn (Ang, 2h09) avec Colin Firth, Taron Egerton, Samuel L. Jackson…

Christophe Chabert | Mardi 17 février 2015

Kingsman : services secrets

Drôle de film raté que ce Kingsman, antipathique à force de chercher la connivence et le deuxième degré avec le spectateur. L’idée est de créer une sorte de James Bond 2.0 qui connaîtrait par cœur les codes de son modèle et se plairait à les pasticher en multipliant clins d’œil et références décalées. Une sorte de Scream de l’espionnage que Matthew Vaughn, tentant de reprendre la formule déjà contestable de son Kick-Ass, plonge dans une esthétique de comic book où la violence, pourtant extrême — corps coupés en deux, têtes qui explosent — serait dans le même temps totalement déréalisée. Même le propos politique, plutôt judicieux sur le papier — comment un nerd félé, incarné par un Samuel L. Jackson s’amusant manifestement à jouer avec son cheveu sur la langue, utilise le consumérisme ambiant pour pratiquer une ségrégation radicale entre les élites et le peuple, promis à l’autodestruction — ne va finalement pas plus loin qu’une grosse baston dans une église et des décapitations en série transformées en feux d’artifices multicolores. Des idées to

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Tarantino et les glorieux inconnus du cinéma

ECRANS | Au sein de sa pléthorique programmation, et grâce à l’implication de son Prix Lumière Quentin Tarantino, le festival Lumière fait la part belle aux redécouvertes. Cinéastes, acteurs et même chefs opérateurs, voici quelques-uns de ces soldats méconnus du septième art qui auront droit à leur part de Lumière… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 10 octobre 2013

Tarantino et les glorieux inconnus du cinéma

En se choisissant comme Prix Lumière 2013 Quentin Tarantino, le festival du même nom a ouvert la boîte de Pandore. Non seulement Tarantino sera honoré, fêté, célébré, acclamé, non seulement l’intégralité de son œuvre sera présentée au public — dans des copies 35 mm, exigence non négociable du cinéaste lui-même — mais, en plus, il est allé fouiller le coffre à trésors de son château sur Hollywood Hills pour en ramener quelques films oubliés, réunis dans ce que le festival a nommé «un voyage personnel de Quentin Tarantino à travers le cinéma». La cinéphilie du réalisateur de Pulp fiction est du genre éclectique, mais il a ce goût de la perle rare et de l’œuvre que personne d’autre que lui ne connaît. Ce plaisir-là transparaît dans ses films, qui accumulent les références et les citations, faisant réapparaître à la surface le souvenir d’un petit maître laissé pour compte par les historiens du cinéma ou, plus fort encore, d’un acteur depuis longtemps relégué au second, troisième ou dernier plan, et qu’il remet au centre de l’écran. Qui connaissait vraiment Michael Parks avant que Tar

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Insomniaque - Semaine du 16 au 22 octobre

MUSIQUES | Les 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Join the Navy au Sirius, Quentin's Club Experience au Sucre et Hunkpapa au Club Transbo. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 9 octobre 2013

Insomniaque - Semaine du 16 au 22 octobre

17.10 Join the Navy #1 Le Sirius flotte mais ne sombre pas. Au contraire : non seulement la péniche la plus rock'n'roll du quai Victor Augagneur a fêté la semaine dernière son onzième anniversaire, mais elle inaugure ce jeudi un nouveau rendez-vous baptisé Join the Navy. Nul disco carnavalesque au programme de celui-ci, mais de la musique à guitares de premier choix, sélectionnée notamment par The Dukebox Stuntmen, duo marseillais aussi imposant - l'un ressemble à un gentleman belliqueux à la Bronson, l'autre à un wife-beater échappé d'un film de Rob Zombie, les deux aiment jouer avec le feu - que sudatoire

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Lumière s’annonce brillant

ECRANS | Ouverture ce lundi du cinquième festival Lumière, avec d’ores et déjà un engouement exceptionnel lié à la venue de Quentin Tarantino. Mais il ne sera pas le seul invité prestigieux de cette édition… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 4 octobre 2013

Lumière s’annonce brillant

Une heure pour les 3000 places du Prix Lumière, deux pour les 4600 places de la Halle et la clôture du festival. C’est le temps qu’il a fallu pour que les deux séances de Lumière 2013 rendant hommage à Quentin Tarantino affichent sold out, record qui n’est pas lié à la rareté des films présentés — Jackie Brown et Pulp fiction — mais bien à la présence du maître Quentin, sorte de cinéaste-cinéphile-DJ dont on murmure qu’il ira se mettre aux platines du Sucre après la remise de son prix ! Car si certains se lamentent de n’avoir pu récupérer un précieux ticket pour voir leur idole en chair et en os, qu’ils soient rassurés : Tarantino sera omniprésent au cours du festival, dirigeant sa version de la Sortie de l'usine Lumière et allant présenter les films qu’il a choisis dans sa «Proposition», mélange de curiosités absolues — Hitler dead or alive, Le Justicier du Minnesota, western post-Django de Corbucci, Le Spécialiste du même Corbucci avec notre Johnny national, Le Déserteur, film soviétique daté 1939 que Tarantino voulait absolument vo

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Pulp fiction en clôture de Lumière - Actualisée

ECRANS | Sans grande surprise pour ceux qui avaient étudié attentivement le programme, c'est Pulp fiction et son réalisateur Quentin Tarantino qui viendront mettre (...)

Christophe Chabert | Mardi 24 septembre 2013

Pulp fiction en clôture de Lumière - Actualisée

Sans grande surprise pour ceux qui avaient étudié attentivement le programme, c'est Pulp fiction et son réalisateur Quentin Tarantino qui viendront mettre le point final au festival Lumière 2013, le dimanche 20 octobre à 15h à la Halle Tony Garnier. Le film, Palme d'or au festival de Cannes en 1994, a imposé le cinéaste sur le plan international, et n'a pas pris une ride depuis sa sortie. Les places seront en vente à partir de ce mercredi 25 septembre à 13h et, si tout se passe comme pour le Prix Lumière, elles devraient partir comme des petits pains. Et on ne s'y est pas trompé : les 4600 places de la Halle sont parties en deux heures top chrono ! Impressionnant, et sans doute désespérant pour ceux qui espéraient entrapercevoir le maître Tarantino. On leur donne un petit conseil d'ami : allez simplement voir des films à Lumière, il y a de fortes chances que vous l'y croisiez, et sans dotue pas très loin de là où vous serez assis…

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Jackie Brown pour accompagner le Prix Lumière à Tarantino - Actualisée

ECRANS | C’est finalement Jackie Brown, troisième film de Quentin Tarantino, adapté du regretté Elmore Leonard et qui réunissait la star de la blaxploitation Pam (...)

Christophe Chabert | Mercredi 18 septembre 2013

Jackie Brown pour accompagner le Prix Lumière à Tarantino - Actualisée

C’est finalement Jackie Brown, troisième film de Quentin Tarantino, adapté du regretté Elmore Leonard et qui réunissait la star de la blaxploitation Pam Grier, le fidèle Samuel L. Jackson mais aussi Robert De Niro, Bridget Fonda, Michael Keaton et Robert Forster, qui sera projeté le vendredi 18 octobre à l’Amphithéâtre-Centre de Congrès de Lyon, pour accompagner la remise du Prix Lumière à son réalisateur. La soirée commencera à 19h45 par la remise du Prix et la projection aura lieu à 21h30 après une entracte. La billetterie, ouverte ce jeudi à 13h, a été littéralement prise d'assaut, si bien que toutes les places sont parties en quelques heures ! Le festival annonce toutefois que quelques unes seront sans doute remises en vente le soir-même à l'Amphithéâtre.

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Présentation du festival Lumière

ECRANS | Vous le savez, le cinéphile et de plus en plus radical Quentin Tarantino sera à l'honneur de la prochaine édition du festival Lumière, qui se tiendra du 14 au (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 22 août 2013

Présentation du festival Lumière

Vous le savez, le cinéphile et de plus en plus radical Quentin Tarantino sera à l'honneur de la prochaine édition du festival Lumière, qui se tiendra du 14 au 20 octobre. Mais quid du reste du programme ? Pour s'en faire une idée, vous pouvez soit relire l'avant-papier rédigé par nos soins au moment de l'annonce du festival, soit vous procurer à sa sortie notre numéro 722 (daté du 4 septembre), soit assister, sur simple inscription au 04 78 78 18 85, à l'une des huit soirées de présentation qu'animera Maelle Arnaud, programmatrice de l'Institut Lumière. En voici les dates : Mardi 10 septembre à 19h et 20h30Jeudi 12 septembre à 19h et 20h30Samedi 14 septembre à 11h30Jeudi 3 octobre à 19h et 20h30Mardi 8 octobre à 19h

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Tarantino : glourious basterd

ECRANS | En choisissant Quentin Tarantino pour recevoir le cinquième Prix Lumière, le festival Lumière, qui aura lieu du 14 au 20 octobre prochain, frappe un grand coup, dans une édition placée sous le signe de la "célébration du 35 mm". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 21 juin 2013

Tarantino : glourious basterd

Au terme d’un suspens soigneusement orchestré, c’est sous des hurlements de joie qu’a été annoncé le nom du cinquième Prix Lumière, qui sera remis le 18 octobre prochain (avec, au passage, un petit changement de date, la cérémonie ayant lieu le vendredi et non plus le samedi) : Quentin Tarantino. Le cinéaste avait le profil parfait pour le recevoir, tant il mène une œuvre singulière et, son Django unchained l’a prouvé, sans doute déjà à son apogée ; mais il est aussi un cinéphile fervent, qui travaille à la redécouverte de films et d’auteurs oubliés, devenant au fil du temps, avec Martin Scorsese, un des plus grands défenseurs du patrimoine cinématographique. Ses trois derniers films — Boulevard de la mort, Inglourious Basterds et Django unchained — ont aussi démontré quelle haute idée Tarantino se faisait du cinéma et de son histoire, ceux-ci étant capables de venir panser les plaies de l’Histoire elle-même, inventant une sorte d’uchronie où les minorités persécutées — femmes, juifs ou noirs — prenaient une revanche sur leurs oppresseurs via leurs doubles de celluloïd. Le 35 mm fait de la résistance C’est aussi un d

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Quentin Tarantino : un Prix Lumière cinéphile et fédérateur

ECRANS | En choisissant Quentin Tarantino pour recevoir le cinquième Prix Lumière, le festival Lumière, qui aura lieu du 14 au 20 octobre prochain, frappe un grand coup, dans une édition placée sous le signe de la «célébration du 35 mm». Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 20 juin 2013

Quentin Tarantino : un Prix Lumière cinéphile et fédérateur

Au terme d’un suspens soigneusement orchestré, c’est sous des hurlements de joie qu’a été annoncé le cinquième Prix Lumière, qui sera remis le 18 octobre prochain (avec, au passage, un petit changement de date, la cérémonie ayant lieu le vendredi et non plus le samedi) à rien moins que Quentin Tarantino. Le cinéaste avait le profil parfait pour le recevoir, tant il mène une œuvre singulière et, son Django unchained l’a prouvé, sans doute déjà à son apogée ; mais il est aussi un cinéphile fervent, qui travaille à la redécouverte de films et d’auteurs oubliés, devenant au film du temps, avec Martin Scorsese, un des plus grands défenseurs du patrimoine cinématographique. Ces trois derniers films — Boulevard de la mort, Inglourious Basterds et Django unchained — ont aussi démontré quelle haute idée Tarantino se faisait du cinéma et de son histoire, ceux-ci étant capables de venir panser les plaies de l’Histoire elle-même, inventant une sorte d’uchronie où les minorités persécutées — femmes, juifs ou noirs — prenaient une revanche sur leurs

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Qui es-tu Django ?

ECRANS | Django unchained, hommage ou remix ? Les deux et plus encore. Au commencement il y a Django, légende du western italien. Année 1966 : dans la foulée de Pour (...)

Jerôme Dittmar | Jeudi 10 janvier 2013

Qui es-tu Django ?

Django unchained, hommage ou remix ? Les deux et plus encore. Au commencement il y a Django, légende du western italien. Année 1966 : dans la foulée de Pour une poignée de dollars, Sergio Corbucci explore le genre avec frénésie et s'inspire d'une BD où un personnage trimballe partout un cercueil. De cette figure, il tire une intrigue épurée (un pistolero venge sa femme tuée par un chef de gang raciste), prétexte à une relecture décharnée des Sept samurais. Plantant son décor dans un Far West fantomatique et boueux, peuplé de personnages violents et corrompus, Django se taille alors vite une réputation de petit objet déviant et sulfureux. Succès populaire, le film acquiert une telle aura qu'il engendre quantité de pseudo-suites, clones bâtards, les distributeurs étrangers ne se gênant pas pour rebaptiser Django tout ce qui vient d'Italie avec un colt. Il faut attendre 1987 pour enfin voir débarquer une suite, officielle, sans Corbucci aux commandes mais toujours Franco Nero dans le rôle titre (le Django original). Stallonemania oblige, le film a des airs de Rambo 2 dans l'Ouest - un juste retour des choses quand on sa

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Django unchained

ECRANS | Chevauchée sanglante d’un esclave noir décidé à retrouver sa fiancée en se vengeant de blancs cupides et racistes, «Django Unchained» n’est pas qu’une occasion pour Quentin Tarantino de rendre hommage aux westerns ; c’est aussi un réquisitoire contre l’Histoire américaine, d’autant plus cinglant qu’il conserve le style fun de ce définitivement immense cinéaste. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 7 janvier 2013

Django unchained

Première réaction à la sortie de ce Django unchained : Tarantino est fidèle à lui-même, et c’est pour ça qu’on aime son cinéma. De fait, ils sont peu aujourd’hui à offrir 2h45 de spectacle qui semblent passer en quelques minutes, sans pour autant renier le fondement de leur style : des scénarios écrits contre toutes les règles hollywoodiennes, privilégiant le dialogue et la durée des épisodes à une construction en trois actes où l’action et la parole sont dosées équitablement. Tarantino y ajoute cette élégance de mise en scène qui frappe dès le générique, où une chaîne d’esclaves torses nus et l’haleine fumante traverse de nuit une étendue aride et rocailleuse. Pourtant, il convient de tempérer ce jugement hâtif : oui, Tarantino est immense et oui, Django unchained est un très grand film, mais il n’est que l’aboutissement d’une mue amorcée entre les deux volumes de Kill Bill. Cette césure n’avait rien d’artificiel : elle marquait un tournant décisif, celui où le cinéaste cessait de déployer sa maestria en cinéphile compulsif visitant avec une gourmandise enfantine le cinéma bis, et où il donnait une réelle gravité à ses sujets, prenant ce qu’il montre

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Inglourious basterds

ECRANS | Fidèle à lui-même et pas à la caricature qu’on veut donner de son cinéma, Quentin Tarantino enthousiasme avec cette comédie de guerre dont l’enjeu souterrain est de repenser l’Histoire récente à partir de ses représentations cinématographiques. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Jeudi 9 juillet 2009

Inglourious basterds

«Il était une fois dans la France occupée…» C’est le titre du premier chapitre d’Inglourious basterds. Comme le reste du film, ce chapitre est une séquence entière, ce qui représente en cinéma d’avant une «bobine» ; comme si Tarantino prenait comme rythme celui d’un projectionniste pour qui chaque passage d’une bobine à l’autre ouvrait sur un nouveau modèle de cinéma. Dans une ferme française, un nazi polyglotte (Christoph Waltz, immense révélation d’un casting fourni en talents) interroge un paysan pour obtenir des informations sur une famille juive. L’échange commence en Français, puis se poursuit en Anglais au prix d’un subtil dialogue qui renvoie avec malice aux conventions du «cinéma hollywoodien à l’étranger». Dans cette introduction brillante, Tarantino joue donc sur les codes du cinéma classique et sur leur relecture ironique par Sergio Leone, le tout appliqué à un sujet sérieux. Le triomphe du cinéma Dans le chapitre suivant, où l’on fait connaissance avec les «basterds» du sergent Raine (Brad Pitt), des juifs scalpeurs de nazis, Tarantino retrouve un territoire plus familier : un cinéma bavard mais badass. Va-t-il su

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Blog : Bâtards !

ECRANS | Jeudi 21 mai :

Christophe Chabert | Jeudi 21 mai 2009

Blog : Bâtards !

C’était la guerre aux alentours du festival pour accéder aux projections, certains inventant des pancartes plutôt marrantes pour attendrir le festivalier chanceux doté d’une invitation. La plus drôle : «Je suis un Juif solitaire, auriez-vous une invitation ?». C’était la guerre pour voir la guerre selon Tarantino, Inglourious basterds, sans doute le film le plus attendu de la compétition. Et sur l’écran, de guerre, il n’y eût pas. On a trouvé la formule passe-partout pour parler du film (et prévenir le désenchantement de certains fans) : on pensait voir un Leone, et on a eu un Lubitsch. Cette équation posée, autant vous le dire tout de suite, Inglourious basterds est un grand film, une surprise seulement annoncée dans la carrière de Tarantino par le virage à mi-parcours de Boulevard de la mort. Le film est une comédie, une vraie, mais aussi une déclaration d’amour fracassante au cinéma. C’est aussi l’œuvre la moins référentielle du cinéaste qui, à l’inverse d’un Johnnie To par exemple, remplace le fétichisme cinéphile par une approche de plus en plus théorique de son art, sans perdre de vue le fait qu’il est avant tout un créateur ludique. Une comédie

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Quentin n’a que l’amour

ECRANS | Jusqu’à la fin de la saison, le samedi soir à l’Institut Lumière sera dédié à Quentin Tarantino : ses films, ceux qu’il a écrits, ceux de ses amis… L’occasion de revenir sur un parcours sans-faute et de tordre le cou à plusieurs clichés. CC

Christophe Chabert | Jeudi 1 mai 2008

Quentin n’a que l’amour

Qu’aime Quentin Tarantino ? Pêle-mêle et sans prendre trop de risques, on pourrait énumérer : le cinéma de genre, Jean-Pierre Melville, les dialogues qui crépitent, les gunfights et les duels au sabre, les jolies filles et les belles femmes, les pieds en gros plans, les plans depuis le coffre d’une voiture, le cinéma d’exploitation asiatique, la blaxploitation, les acteurs cultes, Robert Rodriguez, le funk, la soul et la pop des années 70, les fast-foods et la contre-culture… Depuis Reservoir dogs, son cinéma explore ainsi, entre fétichisme et gourmandise, la palette infinie de ses affinités, de ses plaisirs coupables et de ses passions majuscules. Mais Tarantino, auteur à tous les sens du terme, a su faire germer de cet inventaire à la Prévert quelque chose qui n’appartient qu’à lui, une marque, un style reconnaissable entre mille, que beaucoup lui envient jusqu’au plagiat éhonté et sans talent. Défis et des corpsDu talent, Tarantino en a à revendre. Chacun de ses films est ainsi un défi qu’il se lance à lui-même. Reservoir dogs ? Faire un film de casse sans jamais montrer le braquage et en ne racontant que le strict minimum sur le passé des personnages, anonymes et

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