Il était une fois Cyrano

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

Photo : © DR


De même que la pièce de Rostand constitua le chef-d'œuvre et l'apogée du théâtre romantique bien après le règne du genre, l'adaptation cinématographique que Jean-Paul Rappeneau signa de Cyrano de Bergerac (1990) marqua le triomphe d'un classicisme respectueux et d'une “qualité française” à nouveau digne de ce nom. Dix César sanctionnèrent ce film reprenant la presque intégralité des vers originaux et propulsèrent Depardieu de Cannes à Hollywood — l'Oscar lui échappa, à la suite d'une campagne médiatique révélant qu'il avait assisté enfant à un viol. Alors que ressort en DVD dans une version restaurée l'intégrale de l'œuvre du cinéaste, il faut profiter de chaque occasion offerte de revoir ses films héroïques et fantaisistes sur grand écran. Cyrano ne fait évidemment pas exception.

Cyrano de Bergerac
Aux Pathé Bellecour & Vaise le jeudi 25 octobre à 20h

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L’amour fou

SCENES | Deux heures trente qui passent comme une lettre à la poste : le "Cyrano de Bergerac" mis en scène par Dominique Pitoiset et interprété par Philippe Torreton est une réussite éclatante, qui redonne ses lettres de noblesse au théâtre de répertoire. Aurélien Martinez

Benjamin Mialot | Jeudi 16 mai 2013

L’amour fou

Les plupart des grands textes, dont on nous assure à longueur de plaquette qu’ils sont toujours d’actualité (façon de justifier des choix souvent guidés par de simples soucis de remplissage – oui, Molière, Shakespeare & co déplacent encore les foules), sont de véritables machines à jouer. Les prendre tel quel aujourd’hui est une excellente manière de les transmettre au public. Le metteur en scène Dominique Pitoiset livre ainsi un Cyrano de Bergerac savoureux car défendu par des comédiens investis, avec au centre un Philippe Torreton royal et magistral. Refusant le grandiloquent auquel certains interprètes de Cyrano nous ont habitué (dont l’inoubliable Depardieu dans le film de Jean-Paul Rappeneau), il donne à son personnage, ce grand amoureux qui se sacrifiera justement par amour, une humanité touchante, tout en accentuant avec panache son côté cabotin lettré. Une performance captivante. Balcon 2.0 Car il y a dans ce spectacle une véritable envie d’attraper le public pour l’emmener dans les arcanes du très savoureux texte d’Ed

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Depardieu, évidemment…

ECRANS | Entretien / Jean-Paul Rappeneau, cinéaste rare, précieux et exigeant, présentera au troisième festival Lumière la copie restaurée du Sauvage et, pour la séance de clôture, celle de Cyrano de Bergerac, en hommage à Gérard Depardieu, Prix Lumière 2011. Propos recueillis par Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Vendredi 30 septembre 2011

Depardieu, évidemment…

L’année dernière vous êtes venu présenter La Vie de château avec Pierre Lhomme, votre chef opérateur, au festival Lumière. Quelles avaient été vos impressions ?Jean-Paul Rappeneau : J’en garde un souvenir magnifique. Ni moi, ni Pierre Lhomme n’avions vu le film depuis longtemps, en tout cas pas en salles. Se retrouver avec un public très nombreux, notamment beaucoup de garçons et de filles qui ne l’avaient jamais vu parce qu’ils étaient trop jeunes, et qui à la fin applaudissent longuement, c’était formidable. En plus, cette année, avec l’hommage à Gérard Depardieu, Cyrano de Bergerac va être projeté dans la Halle Tony Garnier ; du coup, je vais venir avec un de mes petits-fils de 8 ans, et j’ai hâte de voir la tête qu’il va faire quand il verra le film dans cette salle ! Vous avez deux actualités pendant le festival : cette projection de Cyrano, et la copie restaurée du Sauvage. Comment avez-vous été associé à cette restauration ?Le négatif original du Sauvage avait été abîmé parce qu’on avait tiré trop de copies, et il n’était plus possible d’en tirer d’autres. Pour préserver le film, il fallait restaurer.

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