Avec le temps, avec le vent : "Meltem"

Drame | De Basile Doganis (Fr-Gr ; 1h27) avec Daphne Patakia, Rabah Naït Oufella, Lamine Cissokho…

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Photo : © Elezevir Films


Un an après le décès de sa mère, Elena se rend sur l'île de Lesbos solder la succession en compagnie de deux potes, afin d'éviter de rester en tête-à-tête avec son beau-père. Le trio va se dessiller en découvrant les réfugiés sur place et Elena peu à peu se rabibocher avec son passé…

Sous des dehors de comédie d'été entre grands ados à la plage, sentant bon la mélancolie et le sable chaud, Basile Doganis signe un premier film joliment ambitieux, tissant beaucoup de thèmes sans jamais s'emmêler. Il faut en effet une enviable finesse pour raconter l'accomplissement d'un deuil, mettre en perspective l'écartèlement entre plusieurs cultures d'hier et d'aujourd'hui, selon que l'on vienne de France ou de Syrie, et parsemer ces sujets graves de grâce et d'insouciance — qualités naturelles infusant le cœur et le corps des jeunes adultes.

Doux-amer et pétillant, ce cocktail chavirant en un clin d'œil de la gravité à la légèreté, rappelle le (bon) cinéma de Klapisch, dans les questionnements métaphysiques que se posent (ou s'imposent) les personnages, et leur volonté de se positionner dans un monde contemporain de plus en plus indéchiffrable.

Ni film-dossier sur les réfugiés noyés en Méditerranée, ni support à bons mots djeun's, ni prétexte à reluquer de la chair bronzée, Meltem est un peu de tout sans être rien de tout cela : une œuvre généreuse pour ses comédiens et prometteuse pour son auteur.

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"Grave" : tu vas prendre chair !

Le Film de la Semaine | Parabole initiatique apprêtée en conte ogresque, la première réalisation de Julia Ducournau conjugue gore soft avec auteurisme arty. Un galop d’essai qui vaut une pinte de bon sang, même s’il finit, hélas, en eau de boudin. À réserver à celles et ceux qui ont de l’estomac.

Vincent Raymond | Mardi 14 mars 2017

Débarquant en école vétérinaire, la frêle Justine est saisie d’une étrange pulsion : elle se découvre un goût soudain pour la viande… humaine. Cet appétit contre-nature, qui surgit parmi moult perturbations et dérèglements, affecte dans un premier temps cette jeune femme issue d’une famille de végétariens. Avant de lui ouvrir de nouveaux horizons… Pour asseoir leur aura horrifique, les œuvres d’épouvante font volontiers précéder leur sortie de rumeurs insolites censément survenues lors des premières séances publiques, nourries d’évanouissements, syncopes et autres catalepsies. Grave n’échappe pas à cette tradition (commerciale) ; il tranche cependant par son origine “exotique” pour un film de genre — la France — et ses aspirations esthétiques revendiquées. Le fait qu’il ait en sus été présenté à la Semaine de la Critique l’a nimbé d’emblée d’un prestige de ravissant monstre, qui a alléché tous les assoiffé(e)s d’hémoglobine scandaleuse et de transgressions sur grand écran. Le grand écarlate Julia Ducournau use avec délices des lignes de fuites et des profondeurs offertes par le décor de l

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