Ondes de choc : "Waves"

Drame | Jeune espoir de la lutte, Tyler cache à son père — lui-même ancien sportif de haut niveau ayant réussi sa reconversion — la gravité de douleurs lancinantes. Son stress le plonge dans la surmédication, altère son humeur, cause sa rupture et va provoquer une cascade de drames à l’échelle familiale…

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

Photo : © A24


Les ambitions de Trey Edward Shults sont manifestes : illustrer la théorie des dominos en l'appliquant à une famille où la pression excessive d'un père control freak va bousiller la vie de son fiston en provoquant d'irréparables dégâts collatéraux — un indice : ça va mal se finir, et au tribunal. Mais aussi désagréger ladite famille. Au passage, le fait que celle-ci soit afro-américaine ajoute une lecture sociologique supplémentaire : la stricte méritocratie ne suffisant pas dans un contexte hyperconcurrentiel au sein d'une population où une forme de ségrégation perdure, on peut supposer que l'acharnement du père à voir son rejeton suivre scrupuleusement ses traces pour conserver son statut fraîchement acquis est lié à un complexe de classe.

Volontiers démonstratif — et surtout, répétitif — dans son arsenal stylistique multipliant panoramiques circulaires en milieu clos et effets clinquants, Shults s'offre cependant une belle séquence abstraite au mitan de son film confinant au cinéma expérimental. Un pur moment hallucinatoire faisant sens symboliquement et narrativement puisqu'il fait office de transition efficace : Waves change alors de personnage principal, afin d'observer le ressac des premières vagues. Inégal sans être déplaisant, hétérogène et un peu tape-à-l'œil.

Waves
Un film de Trey Edward Shults (É-U, 2h16) avec Kelvin Harrison Jr., Taylor Russell McKenzie, Sterling K. Brown…

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Le game qui tue le game : "Escape Game"

Thriller | De Adam Robitel (E-U-Af du S, avec avert., 1h39) avec Taylor Russell McKenzie, Logan Miller, Deborah Ann Woll…

Vincent Raymond | Mardi 26 février 2019

Le game qui tue le game :

Ils sont six à avoir reçu en cadeau une invitation à tester le plus formidable escape game de la ville. Six alléchés par la prime offerte au vainqueur. Six à déchanter lorsqu’ils découvrent que les pièces infernales s’enchaînent et qu’elles essayent toutes de les tuer. Pour de vrai… Il fallait bien que cela arrive : l’essor et l’engouement pour les escape games devait inspirer une adaptation cinématographique. Un juste retour des choses, puisque ces espaces ludiques hautement scénarisés tirent leurs ambiances pour partie d’univers littéraires et majoritairement d’atmosphères filmiques, à grand renfort de sound design. Mélange assez pervers d’éléments connus aperçus dans Dix petits nègres, Cube, Destination finale, Action ou vérité et Saw (la dimension fantastique en moins), Escape Game fait défiler une série de décors-énigmes témoignant de l’ingéniosité vicieuse des auteurs. On s’attend à être crispé sur son fauteuil

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Sous l’œil du PB

MUSIQUES | Pour la deuxième année consécutive, Le Petit Bulletin était invité par la Ville de Lyon à élaborer, en compagnie notamment de la reine des basses Flore (qui se (...)

Benjamin Mialot | Mardi 17 juin 2014

Sous l’œil du PB

Pour la deuxième année consécutive, Le Petit Bulletin était invité par la Ville de Lyon à élaborer, en compagnie notamment de la reine des basses Flore (qui se produira elle-même, comme l'an passé, à l'Estaminet K-nar), à la programmation de la scène électro installée au Parc des berges. Sur la grosse soixantaine de jeunes gens passés sous nos fourches caudines, une vingtaine s'en est tirée sans égratignure – au contraire des ahurissants Light Emitting Deejays, qui sont à Kraftwerk ce qu'un Jacky est à un pilote de F1. Parmi eux Steo Le Panda, qui partage avec un certain ursidé doré un goût prononcé pour les bonnets imitatifs et les arrangements zen – qu'il extirpe de son iPad avec la dextérité d'une dactylo –, Le Son Étrange, nouveau projet tout en riddims cybernétiques de l'ex-Peuple de l'Herbe DJ Stani, PCKRZ, duo dont l'électro-hip hop bien gueudin n'est pas sans rappeler les virulentes clowneries de Stupeflip, Wild Wild Waves, étonnant quatuor qui redonne du volume au trip hop à coups de vibraphone et de contrebasse, ou encore Rednik, mystérieuse formation versée dans le du

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L'électro sur son 31

MUSIQUES | Les musiques électroniques sont, dans bien des métropoles françaises, le parent pauvre de la Fête censée les célébrer. À Lyon, elles en sont plutôt l'enfant gâté. Benjamin Milaot

Benjamin Mialot | Jeudi 14 juin 2012

L'électro sur son 31

À Clermont-Ferrand, les musiques électroniques servent de jingles publicitaires à des patrons de bar plus sensibles au tintement de l'or nordique qu'au foisonnement de la scène britpop scandinave. À Grenoble, où l'on enflamme plus volontiers des bolas que des dancefloors, elles sont tout juste bonnes à raviver chez les étudiants le souvenir des soirées «désintégration» données un mois plus tôt. À Tulle, elles sont des beats de foires, qu'on fait parader au rythme trépidant d'un petit train touristique. Quid de Lyon ? Il en va tout autrement : ici, la house, la minimale et toutes leurs copines synthétiques sont autant de Grâces pour lesquelles aucun temple n'est trop beau. Cette année encore, la Ville a ainsi réquisitionné les environs du terrain de Tola Vologe, usuellement dévolu aux entrainements de l'Olympique Lyonnais, pour y installer six remorques sur et aux abords desquels se relaieront de la tombée de la nuit au petit jour des Dj's sélectionnés par des assos aussi notoires que Elektro System,

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